vendredi 11 juin 2010

Dix films à la maison, avant les films d'avion

Avant de repartir à l'étranger, j'ai continué mon petit rattrapage cinéma (DVD, en fait), comme ça, à mon retour... je ne serai en retard que de quelques mois sur les sorties de cet été! :-)
Prétexte donc, en terminant mes bagages, pour vous parler des dix derniers films que j'ai visionnés.
Cette série de commentaires sur les films s'ajoutent donc (et terminent) mes critiques de printemps entamées plus tôt cette année. Il ne reste plus qu'a me souhaiter d'avoir des bons films dans mon vol New-York-Malaga!
J'y vais donc comme ça vient, sans ordre précis.

From Paris with Love est un film produit par Luc Besson. Et comme Besson est aussi à l'origine de l'idée derrière le scénario, on est prévenu dès le générique. Le film comporte beaucoup des qualités typiques des films que le cinéaste français aime produire; scènes d'action musclées, personnages cool, humour bon enfant, et revirements inattendus. Évidemment, il comporte aussi les défauts correspondants; manque de cohérence de l'intrigue, rythme trop rapide de dévoilement d'information, poursuite et scène d'action over the top et simplicité des relations entre les personnages. Pourtant, From Paris with Love - pour peu qu'on aime le genre - est plutôt réussi. L'intrigue est juste assez relevée, éclatée et imprévisible par moment pour soutenir l'intérêt, Travolta - qui est un habitué de ce genre de personnage - campe un personnage sympathique malgré ses excès et la réalisation n'est pas prétentieuse pour deux sous. Il y a plein de clin d'oeil (celui à Pulp Fiction est... savoureux) et j'ai fini par passer un très bon moment dans mon salon avec ce film.

Dans un registre tout autre, Sunshine Cleaning est ce genre de petit film indépendant à l'intrigue décalée et originale, à mi-chemin entre le drame et la comédie, bref, un beau petit film sympathique et souvent drôle. Ça raconte l'histoire de deux soeurs bien différentes, qui s'associent dans une entreprise de nettoyage de scène de crime. L'idée est mince, mais elle est complétée par les intrigues et personnages secondaires; le fils à l'imagination débordante qui se voit rejeter de l'école, le père toujours à essayer de faire un coup d'argent avec des idées farfelues et la soeur plus ou moins délinquante - délicieusement interprétée par Émily Blunt. Si vous aimez les films comme Little Miss Sunshine, vous allez apprécier Sunshine Cleaning. (Le lien entre les titres est fort probablement un clin d'oeil, puisque les producteurs des deux films sont les mêmes).

Si, comme moi, vous êtes un fan des films de Jean-Marc Vallée, vous devriez trouver votre tasse de thé dans The Young Victoria, qui raconte les premières années de la jeune princesse devenant reine. Incursion dans la famille royale d'une autre époque, jeux politiques et manipulations, nouvelle reine dotée d'un fort caractère, on aurait presque l'impression que je parle d'Elizabeth, avec Cate Blanchett. Vallée évite toutefois de voir son film comparé à celui de Shekhar Kapur, puisqu'il adopte une approche différente, un peu plus lente, plus personnelle. Émily Blunt (oui, la même que dans Sunshine Cleaning) fait un excellent travail pour rendre une jeune Victoria attachante et les acteurs de soutien (dans des rôles de noms très connus comme Wellington et Melbourne par exemple), de même que Rupert Friend, jouant le Prince Albert, sont tous convaincants. Mais ce qui élève ce film au-dessus de bien des autres, c'est sa beauté visuelle. Les films d'époque sont souvent le terreau d'une cinématographie et de costumes grandioses et The Young Victoria ne fait pas exception. Si vous aimez le genre, c'est à voir absolument. Et on continue à espérer que Vallée réalise encore plusieurs films.

Celui-là est un ovni. D'abord, il date de quelques années déjà. Je l'avais vu à l'époque, mais mes colocs Stéphane et Suze non, alors j'ai loué The Darjeeling Limited avec eux pour leur faire découvrir. Il s'agit d'une comédie originale signée Wes Anderson (qui avait réalisé The Royal Tenenbaums, quelques années plus tôt). C'est l'histoire de deux frères qui acceptent l'invitation de leur aîné, de le rejoindre en Inde et d'y faire un voyage en train, entre frères, pour se redécouvrir. Dépaysement, choc culturel, histoire familiale passée et imprévus divers parsèment le parcours de ces trois types aux personnalités bien différentes. Si l'aspect dépaysant de l'Inde, du train, et des situations loufoques dans lesquelles les trois frères s'embarquent formeraient déjà un scénario intéressant, c'est leur personnalité, certaines situations hilarantes et les savoureux dialogues qui élèvent ce film au rang de film à voir absolument. Les trois interprètes sont parfaits dans leurs rôles, et si jamais vous louez le DVD, il y a un prélude, un très bon court métrage intitulé Hôtel Chevalier (qu'il vaut mieux, paradoxalement, voir après le film), qui met aussi en vedette Natalie Portman (que l'on aperçoit sinon au passage, dans une courte scène muette dans The Darjeeling Limited).

Ça doit bien faire des années que je n'ai pas vu un film de Mel Gibson qui ne m'apparaisse pas prétentieux. Gibson fait du grandiloquent depuis un moment déjà, et Edge of Darkness me semblait plutôt relever de son époque Payback. J'ai loué un peu par défaut, ne sachant pas trop quoi visionner ce soir-là, et n'ayant pas l'humeur d'un film trop songé. Ma foi, je n'ai pas regretté, puisque Edge of Darkness est un polar bien ficelé, non dépourvu d'action et de retournements, et qui se laisse regarder avec un intérêt soutenu. Je m'attendais à un film plus fort en scènes d'action pure, et j'ai d'abord été surpris par ses intentions plus dramatiques, mais au final, ce choix s'avère une bonne idée. L'intrigue a juste ce qu'il faut de rebondissements pour ne pas aller dans les directions que l'on imagine, ce qui n'est pas si courant dans ce genre de film. Ce n'est pas le meilleur film de l'année, on se comprend, mais souvent, ça ne prends pas grand chose pour qu'un film dépasse les attentes, et c'est souvent suffisant pour passer un bon moment devant un écran, petit ou grand.

Impossible de ne pas penser qu'il s'agit du dernier film à figurer l'acteur Heath Ledger quand on voit The Imaginarium of Doctor Parnassus, réalisé par Terry Gilliam (qui ne signe pas le film, qui est signé: "A film by Heath Ledger's friends"). C'est un film souvent léger malgré les allées sombres et glauques qu'il emprunte pour raconter cette histoire de pacte avec un diable amateur de pari. Visuellement superbe et inventif, raconté avec vigueur et humour, le film comporte sa part de trouvailles - dont le changement d'allure du personnage de Ledger lorsqu'il est est - littéralement - de l'autre côté du miroir (Jude Law, Colin Farrel et Johnny Depp se chargent de ces scènes). Globalement, juste pour l'univers mis en scène et les décors - même dans le "vrai" monde qu'il nous montre - le film vaut amplement le détour. Mais même si j'ai trouvé que c'était un très bon film, intéressant et amusant, dramatique et léger à la fois, au final, on ne peut ignorer le destin de son acteur principal - ce qui teinte le film d'une aura totalement autre.

Ok, un autre ovni, mais pas du tout sur le même registre que The Darjeeling Limited. Je n'avais jamais entendu parler de War, inc. avant de voir le DVD sur une tablette de mon club vidéo cette semaine. (Le film avait eu une carrière de festival avant de sortir en vidéo). War, inc. se veut d'abord une satire politique, ce qui avait déjà de quoi me plaire. Mais le film s'avère à la fois plus et moins, mais le plus est tellement gros, tellement amusant et horrible, tellement différent, que l'ensemble devient à la fois admirablement inqualifiable, un peu brouillon, mais jamais, non, jamais, inintéressant. L'histoire? Dans un futur malheureusement proche, un assassin à la solde d'agences de renseignements américaines est expédié au Turaqistan pour un contrat. Le pays est occupé par une compagnie américaine, sous-traitant de l'armée, et dirigée par un ex vice-président. La guerre vue comme une business, ça évoque quelque chose? Pire que ça; des publicités de cigarettes "Democracy light" aux annonces de Casino sur les tanks de la compagnie, rien n'est épargné. La scène avec les danseuses de cancan portant des prothèses, "généreusement" données par les américains, suite à leurs amputations de guerre, est épouvantablement... drôle. L'ensemble part dans plusieurs directions, mais le film demeure - étonnamment - intéressant, original et soutenu malgré les dérapages romantico-dramatiques. Surréaliste? Un peu. Mais étrangement jamais incohérent malgré l'absurdité de sa prémisse. Pensez Three Kings, par exemple, sans le budget ni l'intention de faire une vraie satire à la Kubrick ou Chaplin et pensez Tropic Thunder, pour certains aspects qui auraient pu rater la cible mais qui fonctionnent. Les acteurs jouent très sérieusement des personnages trop gros pour être vrais, dans un univers difficile à prendre au sérieux vu la satire accentuée de l'ensemble. Pourtant, ça marche fort bien. Comme pour Grosse Pointe Blank, John Cusack, acteur de talent, a porté ce projet comme producteur et co-scénariste et s'est entouré d'un casting hétéroclite mais parfait pour ce film. Sa soeur Joan est parfois hilarante, Marisa Tomei est toujours aussi bonne, Dan Aykroyd joue un vice-président délirant et - et voici une phrase que je n'aurais jamais pensé écrire un jour - Hilary Duff était un excellent choix pour jouer la starlette irakienne! Oui, oui. J'aime beaucoup le cinéma original, et j'aime que les créateurs se laissent aller le plus possible, même si c'est un peu brouillon, moins léché ou maîtrisé comme scénario. C'est le genre de film que certains détesteront, mais pour moi, War, inc. s'est révélé une des jolies surprises de mon printemps.

Ici, je vais vous épargner le prix d'une location et quelques heures: Nine est une déception du début à la fin. Nine est un musical, un genre que j'adore, avec Penelope Cruz, Nicole Kidman, Marion Cotillard, bref, Nine avait tout pour me plaire. J'étais vendu d'avance, même si mes attentes étaient amoindries par des critiques mitigées. Au pire, que je me disais, si le scénario est moyen, je vais me contenter de profiter des numéros chantés, et de la performance de bonnes actrices. Mais, déception, le scénario est d'un ennui mortel, le personnage principal, Guido, un réalisateur italien de génie, passe d'insignifiant à antipathique, les chansons sont quelconques, les chorégraphies arrivent à soulever l'intérêt ici et là, mais à peine... En réalité, le film comporte deux bons moments; la performance de Fergie (Be Italian), et celle de Marion Cotillard (la deuxième, car la première est ennuyante)... Ces deux moments nous font voir ce qu'aurait dû être le film, s'il avait été bon. Si Judy Dench, Penelope Cruz et Nicole Kidman s'en tirent bien (j'ai moins aimé Kate Hudson), elles n'apparaissent que trop peu, et souvent trop tard. Le numéro de Kidman, très intense, n'arrive pas à émouvoir, puisque nous ne connaissons rien de son histoire et de son personnage avant cette scène. Et le numéro de Dench est deux fois trop long, on regarde sa montre en baillant. Bref, on s'en fout... comme on se fout pas mal de l'histoire de ce réalisateur italien - un clin d'oeil à Fellini et à 8 et demi, pour ceux qui n'auraient pas remarqué. Le problème du film vient de sa construction même; tous les numéros musicaux sont issus de l'imagination du personnage; il y a constant décalage entre ces numéros et le reste du scénario. Les meilleures images du film - en terme de cinéma - sont ces scènes de jeunesse de Guido, tournées en noir et blanc et hommages au cinéma italien. Rob Marshall, qui avait réalisé Chicago avec compétence, démontre ici ses limites, lui que je considérais déjà comme un réalisateur surestimé après Chicago.

Un autre "vieux" film, Angels and Demons, le prequel/sequel de The Da Vinci Code. Même réalisateur, même acteur (mais avec une coupe de cheveux différente, hum), et même romancier derrière l'histoire, avec toutes les qualités et les défauts que cela comporte. En tant que lecteur, j'aime bien Dan Brown pour ce qu'il fait, et j'ai toujours trouvé qu'Angels and Demons était un meilleur roman que The Da Vinci Code. J'espérais donc simplement que le film adapté de ce roman serait meilleur que le film précédent, qui était correct sans être excellent. Eh bien c'est le cas. Le film est moins bavard que le précédent, l'intrigue est plus concentrée et les scénaristes ont fait l'excellent choix de démonter une partie de la finale pour en faire une histoire moins grosse et un peu plus crédible (en terme d'action - je pense à toute la scène avec l'hélicoptère, par exemple). S'il manque de chimie entre Robert Langdon et Vittoria Vetra (qui fait acte de présence, sans plus; on s'ennuie de la jolie Audrey Tautou), et que le casting est moins prestigieux, l'ensemble est mieux ficelé et est filmé avec un meilleur rythme que son précédent. Fait intéressant; on a décidé de situer l'action après The Da Vinci Code, ce qui permet quelques clin d'oeil en début de film. Le film a rapporté pratiquement deux fois moins que son prédécesseur - même s'il est meilleur, ce qui est tout de même bon signe pour la production de The Lost Symbol, prévu pour 2012.

Quel bon timing que de voir ce film avant le début de la coupe du monde de la FIFA en Afrique du sud!
Les films de Clint Eastwood sont toujours excellents. Il y en a qui frôlent le génie, d'autres moins, mais comme avec Scorcese, par exemple, même un moins bon Eastwood demeure un excellent film. Invictus ne fait donc pas exception à cette règle. C'est l'histoire de l'intérêt obstiné du nouveau président de l'Afrique du Sud (Nelson Mandela, joué avec aplomb par Morgan Freeman) pour l'équipe nationale de rugby, essentiellement composée de blanc et très impopulaire auprès des africains noirs. Mais c'est surtout l'histoire d'un visionnaire, d'une idée de la politique qui dépasse les intérêts personnels, c'est l'histoire d'un personnage plus grand que nature, et cette histoire-là est poignante et drôle. Oui, il y a plusieurs scènes de rugby, alors Invictus s'apparente parfois à un drame sportif, mais sur le fond - et dans son propos et sa réalisation - c'est bien plus ambitieux et réussi comme histoire qu'un simple drame sportif conventionnel. L'interprétation de Matt Damon est aussi à souligner (et l'a été, comme celle de Freeman, par une nomination aux plus récents Oscars pour les deux), puisque ces deux personnages diamétralement opposés en terme d'expérience de vie, se montrent inspirant à bien des niveaux. On se prend à rêver d'un monde meilleur, en Afrique du Sud comme ailleurs. Feel good movie? Oui, Invictus l'est définitivement. Et parfois, c'est justement ce dont on a besoin. On serait fou de s'en priver quand le good feeling vient avec un aussi bon film.
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Burkina, téléphonie à la carte ou pourquoi je tarde à donner des nouvelles du projet de QSF.

Humeurs et anecdote...
Suze, qui est au Burkina, n'a pas accès à de très bons cafés internet, et dans le cadre de son projet, a un meilleur accès à un téléphone cellulaire. Paradoxalement, les téléphones cellulaires ne sont pas très chers ailleurs dans le monde, alors qu'en Amérique du Nord, le moindre appareil et le moindre forfait coûte assez cher dès que l'on veut l'utiliser un tant soit peu. Ici, j'ai à peine les moyens de me payer un cell - trouvant les tarifs exorbitants - mais en Équateur et au Pérou, mes amis n'ont pas ces problèmes!
Téléphone over Internet, donc, si je veux rester en contact avec Suze et en apprendre un peu plus sur l'évolution de son projet au Burkina.
D'ici, pour appeler au Burkina - ou n'importe où au tiers-monde - la meilleure option est d'acheter des cartes prépayées d'interurbains internationaux. Il doit bien exister entre 40 et 90 compagnies dans ce commerce lucratif; chacune a ses particularités, ses tarifs, ses small prints et des pays de prédilection. Il faut donc faire attention et tenter d'acquérir la bonne carte. Tenter... Tenter car les informations semblent assez floues dans la plupart des cas. Certains détaillants ont des feuilles sommaires explicatives, mais c'est rarement exact. D'ailleurs, à l'endos de ces cartes, un long texte explique que les minutes et les tarifs varient sans préavis.
Après avoir réussi à communiquer relativement bien avec une carte Crazy à 2,50$ dont le seul défaut était de m'informer que j'avais 20 minutes mais d'expirer 10 minutes plus tard, mon revendeurs de cartes téléphoniques n'en avait plus, et il semble qu'avec sa popularité, les autres vendeurs de cartes du quartier non plus. Je me suis rabattu sur Yellow, des cartes à 2,50$ qui vous informent que vous avez 28 minutes, puis expire en moins de 10, en vous déconnectant sans avis à toutes les 3-4 minutes... et ça, c'est si vous avez une connexion où vous pouvez réellement converser.
Des nouvelles du Burkina Faso?
Voyons voir, grâce à cette retranscription de ma conversation de la soirée avec Suzie.
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(Je compose le no. de Montréal de la carte)
- Press one for english, appuyez sur 2 pour français.
(j'appuie sur 2)
- Entrez le numéro de votre carte.
(J'entre les 10 chiffres au clavier)
- Votre solde est de 2,50$. Entrez le numéro de votre correspondant.
(J'entre les 14 chiffres du numéro burkinabé)
- Vous avez 28 minutes.
(Dring, dring)
- Allo?
- Allo!
- Allo?
- Tu m'entends?
- Allo? Est-ce que tu m'entends?
- (hurlant) Oui!! Pas toi?
- Allo?
------ conversation coupée. Durée: moins de 2 minutes.
Je reprends toutes les étapes du processus...
... (J'entre les 14 chiffres du numéro burkinabé)

- Vous avez 16 minutes.
(? What the.. ?)
- Allo?
... même chose qu'auparavant, mais en un peu plus court.
Je raccroche.
Je rappelle avec le processus de tous les numéros et appuyez ici et là...
Même scénario, mais Suze semble comprendre que je l'entends elle, même si elle ne perçoit que quelques "sons d'extraterrestre" quand je hurle quelques phrases.
Suzie me dit que je peux tenter de la rejoindre le lendemain soir.
Je tente une salutation finale... 
- Il vous reste 30 secondes.
------- appel coupé. Durée après l'avertissement: 2 secondes.
Voilà donc en ce qui concerne les nouvelles du Burkina Faso pour le moment.
Je me suis donc rendu dans les dépanneurs du coin pour me procurer une autre sorte de carte pour demain soir... 
TIA, j'imagine.
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mercredi 9 juin 2010

L'autre Ugo globetrotteur... au Burkina Faso!

Eh oui, qui l'eut cru, il y a un autre Ugo (sans H) qui se balade de par le monde, coopère occasionnellement et écrit sur ses voyages! Je connais les activités d'Ugo depuis quelques années, alors qu'il s'était lié à Julie, de retour de l'Équateur après le tournage d'un film documentaire dont j'avais parlé ici, pour un projet commun en Inde.
Enfin, Ugo, ce globetrotteur, a même publié un récit de son voyage ... au Burkina Faso, en 2002.
(On peut consulter son site officiel pour plus d'infos sur ses activités littéraires et à l'étranger).
Si je vous parle d'Ugo Monticone aujourd'hui, c'est évidemment en relation avec le projet de Suze au Burkina, puisque suite à son départ, j'ai décidé de lire le récit de mon quasi-homonyme pour me mettre dans l'ambiance ouest africaine.
Son livre, La Terre des hommes intègres, est un récit amusant et dépaysant, mélangeant anecdotes locales, philosophie de vie, critique sociale et opinions politiques. L'auteur en était probablement à ses premiers pas en littérature de voyage, mais le manque d'expérience et de direction littéraire n'empêchent aucunement le lecteur curieux d'apprécier les histoires (aventures et mésaventures) racontées par Ugo. Sa plume est légère et honnête, et il brosse un tableau désorganisé mais saisissant de son expérience en Afrique. Bref, un tableau vraisemblable et à l'image du continent en question.
Question de vous faire partager cette ambiance particulière à l'Afrique, et de tenter d'imaginer Suze et son groupe dans ce milieu différent, voici quelques extraits que je retiens de La Terre des hommes intègres.
Sur la ponctualité: «L'heure du départ arrive, mais notre avion, lui, non. La préposée au comptoir s'excuse pour le retard et m'explique à voix basse que c'est plus difficile de respecter les horaires des vols quand il faut transiger avec l'Afrique. "Vous voyez, il faut leur imposer un système qui n'est pas vraiment le leur... la ponctualité".»
Sur l'administration: «Une douanière nous distribue des cartes de débarquement et nous demande de remplir la partie "Réservé à l'administration, ne rien inscrire dans cet espace".»
Sur l'éducation: «Il faut dire que, grâce au programme d'ajustements structurels du FMI, qui impose une réduction des effectifs de l'université et une réduction de ses dépenses, il y a une baisse annuelle d'environ 40% des étudiants admis à l'université.»
Le commentaire politique qui suit me plait particulièrement (puisque j'aurais pu écrire quelque chose de similaire dans la même situation) : «Historiquement, presque invariablement, c'est une élite intellectuelle insatisfaite qui est à l'origine des révolutions sociales. Lorsqu'il y a moins de diplômés universitaires, moins d'intellectuels, la stabilité sociale est plus grande. Le peuple est heureux quand il n'a pas besoin de réfléchir.»
Quand son stage - développement de programmes de communication sociale dans le cadre de pédagogie alternative (il est censé monter des contes et pièces de théâtre avec les jeunes d'un orphelinat) - tombe à l'eau à cause de disputes locales entre le Canada et la France, il se retrouve avec rien à faire (ou plutôt dans l'attente d'une nouvelle affectation par son chargé de projet local, ce qui prend des semaines). Il souligne alors: «En Afrique, on peut te demander de venir faire des tartes aux pacanes et, finalement, tu dois fabriquer des Boeing.»
Il se voit donc nommé scénariste et est jumelé à un metteur en scène renommé... pour apprendre que le type en question, en tournée en France, ne revient pas avant des mois, et qu'à ce moment, lui, le coopérant, sera parti... «... On l'apprend très vite, en Afrique, que non seulement 1+1 n'égale pas 2, mais en plus, on ne sait même pas si le résultat est un chiffre.»
Enfin, je termine sur une citation sur le voyage en général. Un peu poético-machin-chose, mais tout de même cute (et plutôt vrai): «Partir est toujours pénible. En fait, c'est d'arriver qui est si euphorisant. (...) Partir est le lourd tribut à payer pour avoir la chance d'arriver.»
... «À l'étranger, l'étranger c'est nous.»
Pour les intéressés, il y a des photos et extraits sur cette page du site d'Ugo.
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mardi 8 juin 2010

Le "N" dans ONG - et autres paradoxes de la coopération internationale

Je poursuis mes observations sur la coopération internationale. J'en ai fait à petite échelle, et j'ai été observateur occasionnel, mais je n'ai jamais fait de projet majeur (on parle de long terme, genre un an ou deux à l'étranger sur un mandat spécifique), ce qui viendra éventuellement. D'ici là, je m'informe sérieusement sur ce qui se fait dans ce milieu, ici comme ailleurs.
En coopération internationale - comme dans bien d'autres domaines impliquant la société civile, comme la défense de l'environnement - on parle beaucoup d'ONG, ces fameuses Organisations Non Gouvernementales.
Les principaux critères définissant une ONG sont :
1- L'origine privée de sa constitution
2- Le but non lucratif de son action
3- L'indépendance financière
4- L'indépendance politique
5- La notion d'intérêt public
Or, ces ONG, dans quelle mesure sont-elles réellement Non gouvernementales?
Dans le cas de la coopération internationale effectuée à partir du Canada... très peu en fait.
J'en prends pour preuve les points 3 et 4 ci-dessus. Il n'y a qu'à jeter un oeil sur les rapports annuels des organismes oeuvrant dans le domaine au pays et supervisant l'envoi de centaines de coopérants pour se rendre compte que leur financement - et parfois même leur existence - est très largement dépendant des fonds de l'Agence Canadienne de Développement International (ACDI), agence qui relève entièrement du gouvernement du Canada (via la Ministre de la coopération internationale).
C'est bien simple, la plupart des organismes qui envoient des coopérants volontaires à l'étranger tirent en moyenne 49% de leurs revenus de subventions de l'ACDI (1). Et si on épure des revenus les contributions en nature des bénévoles, ce pourcentage dépasse souvent les 65% (1). Leur indépendance financière est donc illusoire.
Comme l'ACDI opère par une politique de Gestion axée sur les résultats, les ONG financées par l'ACDI doivent plaire à l'agence pour se voir demeurer dans ses bonnes grâces (2). Ceci ne veut pas dire que l'ACDI ne fait rien de bon, ou que les ONG ne font pas de bons programmes, au contraire, mais le cadre financier dans lequel ces organisations évoluent ne leur permet pas réellement d'être des organismes non gouvernementaux au sens principal décisionnel et financier du terme.
Enfin, sans entrer dans le panier de crabe que constitue l'orientation actuelle de l'ACDI sous le gouvernement Harper (3), il suffit de souligner que l'orientation de l'ACDI dépend des influences et orientations politiques du gouvernement, et que cette orientation est directement imposée aux ONG qui reçoivent des fonds de l'ACDI s'ils veulent éviter de voir leur financement fondre rapidement. Leur indépendance politique est donc illusoire également. (Bien que dans ce cas-ci, certains dirigeants d'ONG peuvent donner le change pendant un temps, jouer le jeu de l'ACDI en attendant que des élections amènent un renouveau politique qui correspond plus à leurs valeurs).
Ainsi, le N, dans ONG, semble moins fort qu'on pourrait le croire. Dans certains cas, on peut même parler de simples succursales de l'ACDI. Il ne faut donc pas ignorer ce point de vue quand on analyse les actions d'une ONG oeuvrant en coopération internationale.
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L'univers de la coopération est aussi plein d'autres paradoxes. Comme on parle de fonds qui se chiffrent en millions de dollars, la coopération internationale est devenue une business, ce qui engendre parfois des décisions qui semblent totalement irrationnelles d'un point de vue de coopération internationale (comme certaines décisions administratives prises essentiellement pour assurer la continuité d'un organisme, au détriment des pays en développement, mais qui prévoie être plus utile ainsi à long terme).
Et comme on parle de fonds publics, et que le public du Canada a été échaudé à plusieurs reprises dans les dernières années, on parle de reddition de compte, donc d'un appareil bureaucratique imposant et très coûteux. On peut se demander pourquoi l'argent n'est pas plus largement distribué au lieu de servir à créer des emplois et des structures administratives au pays, mais c'est le prix à payer si on veut un système de reddition de compte et de suivi des fonds et des projets.
Parmi les autres paradoxes observés - à l'échelle micro cette fois-ci - il apparaît étrange que l'on demande à certains volontaires (souvent un peu idéalistes, écologistes, ou simplement sensibilisés aux problèmes actuels du monde) d'aller à l'encontre de leurs principes afin de réaliser leur projet de coopération. Je prends pour exemple les stagiaires Québec Sans Frontière du groupe que je suis au Burkina Faso actuellement, et qui se sont fait avertir d'apporter des vêtements formels (et neufs si possible), pour mettre lorsqu'ils seraient au travail, car les gens du Burkina ont une culture très formelle en ce qui concerne l'habillement au travail. Dans certains cas, nous parlons d'étudiants (dont deux en Développement International) qui adoptent un mode de vie plus proche de la simplicité volontaire que du capitalisme galopant. Or cet argent, dépensé dans des boutiques au pays - et, pourquoi pas, sur des vêtements fabriqués dans des pays en voie de développement - n'aurait-il pas été mieux utilisé s'il avait été dépensé (ou carrément donné, tiens), au Burkina même? La culture d'accueil se permet ce paradoxe dans une certaine ignorance ou naïveté, mais les ONG qui parrainent le projet ne devraient-elle pas être là pour expliquer et modifier ces manière de penser à l'opposé de l'idée même de coopération internationale?
Enfin, je m'arrête ici, puisque les paradoxes dans ce milieu sont légion. Je ne veux pas faire de ce billet une liste négativiste de l'univers de la coopération, loin de là, puisque globalement, ce qui est fait est utile et positif. (Bien que largement insuffisant, mais c'est une autre histoire, puisqu'elle dépend justement des orientations et budgets des grandes agences comme l'ACDI, malheureusement contrôlée par les gouvernements aux vues à court terme).
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(1) Moyenne tirée de l'analyse des états financiers annuels de 2008/2009 du Centre d'Étude et de Coopération Internationale (plus de 400 coopérants), de Solidarité Union COopération (50 coopérants), de CUSO-VSO (150 coopérants), de Carrefour Canadien International (60 coopérants), de Managers sans frontières (20 coopérants) et de l'AQOCI.

(2) Voir à ce sujet "GAR en lien avec l'approche GED", un "Guide destiné aux organismes membres de l'AQOCI" (Association Québécoise des Organismes de Coopération Internationale), qui explique avec détails, exemples et exercices, le système de GAR appliqué par l'ACDI - Guide rendu possible grâce à l'appui financier de l'ACDI.

(3) De la position non officielle sur l'avortement au tiers-monde, à la présence humanitaire armée que l'on a en Afghanistan, choisissez votre crabe!
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lundi 7 juin 2010

Retour sur compagnies minières canadiennes, l'or, la violence et le Guatemala

Je reviens une fois de plus sur mon dossier de compagnies minières canadiennes opérant à l'étranger (que j'avais exploré du point de vue des habitants du Guatemala, directement touché par les mauvaises pratiques de ces compagnies).
Si je reviens sur le sujet, c'est que je suis tombé sur un article du journal Le Devoir, paru le 25 mars dernier dans lequel plusieurs journalistes du Devoir soulignent les menaces de poursuite baillon (slapp) envers un éditeur et des auteurs d'un livre même pas encore publié, mais portant sur les compagnies minières et le Canada. J'avais déjà fait référence à la poursuite baillon intentée contre les éditeurs et auteurs de Noir Canada cet hiver. Celle-ci s'ajoute aux autres prises de contrôle de l'information via le contrôle de fait de l'appareil judiciaire par ces compagnies.
Vous noterez que la compganie dont il est question, Barrick Gold, compte parmi ses administrateurs de renom l'ex-Premier Ministre Conservateur Brian Mulroney.
Le projet de loi C-300, dont j'avais aussi parlé, est revenu sur le tapis, étant à l'étape de la première lecture. Il ne fait aucun doute qu'il ne sera pas adopté avant le congé de la fin juin... ce qui donne donc encore plusieurs mois avant de reprendre le processus et bien des éléments permettant à ses opposants (les conservateurs) de repousser son adoption tant qu'ils le désirent. (On me traitera de cynique, mais je pense que trop d'argent et d'intérêts personnels conservateurs sont en jeu pour que le gouvernement adopte cette loi, point. Nous en sommes là, au Canada, c'est plate mais c'est ça. Le cynisme n'est peut-être pas très positif, mais l'hypocrisie - ou l'aveuglement volontaire - de certains lucides anti-cyniques est encore bien pire).
Aussi, j'ai appris trop tard pour y assister l'existence d'une soirée, présentée à l'UQAM le 25 mais dernier, sur la spoliation des ressources naturelles et la résistance autochtone au Guatemala, par une conférence de Javier de Leon traitant du cas Goldcorp.
On y présentait aussi des extraits en avant-première du film documentaire de Gregory Lassalle intitulé Le business de l'or au Guatemala (ou Chronique d'un conflit annoncé), film qui est actuellement disponible en DVD via le Projet Accompagnement Québec Guatemala, et en attente de distribution au Québec.
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dimanche 6 juin 2010

Quand l'inquiétante réalité rattrape la fiction

Je ne sais pas pour vous, mais quand je lis des livres comme les thriller politiques de Jean-Jacques Pelletier ou les romans de SF de Daniel Sernine, je trouve leur vision du monde - et du proche avenir - inquiétant, vraiment inquiétant, mais en même temps tellement réaliste, tellement possible... tellement probable, que ça rend les choses encore plus inquiétantes.
On pourrait toujours lire ces romans et se réfugier dans l'idée qu'il s'agit de fiction - et je suis certain que la majorité des lecteurs de Pelletier le font, c'est ainsi beaucoup plus facile de continuer à vivre sa petite vie comme si on n'avait pas eu cette vision de réalité qui dérange.
On pourrait. Sauf que parfois, la réalité - cette chose parfois plus inquiétante que la fiction - rattrape celle-ci avec des échos qui font frémir.
Qui a lu La Suite du Temps de Sernine ne peux pas ignorer la situation des changements climatiques, l'inéluctable destin qui s'en vient et la réponse tellement erronée et inapproprié de l'humanité trop préoccupée par des visions économiques à court terme. (Exemple patent: la plus récente tragédie écologique est issue du dangereux mélange de négligence de la compagnie BP et de règles trop permissives sur les forages en mer, comme l'absence de puits secondaires).
De même, qui a lu Les Gestionnaires de l'Apocalypse de Pelletier ne peux pas ignorer les inquiétantes nouvelles des dernières semaines.
Des exemples? La gestion de la "crise" H1N1 par l'Organisation Mondiale de la Santé, remise en cause par le British Medical Journal : "Selon l'enquête du BMJ, les recommandations de l'OMS sur l'utilisation des antiviraux ont été préparées par des experts nommés comme consultants par les fabricants des antiviraux, Roche et GlaxoSmithKline. Ainsi, lorsque l'OMS a officiellement déclaré qu'il y avait pandémie, d'énormes contrats de vaccins ont été signés". (1)
Mieux encore, le "don" de Monsanto aux cultivateurs d'Haïti, décrié par plusieurs comme une mainmise de la compagnie et ses semences hybrides sur l'agriculture d'Haïti alors que d'autres saluent le geste; on se croirait réellement dans le 4e tome de la série de Jean-Jacques, La Faim de la Terre! (2)
Certains d'entre vous auront peut-être aussi vu les nouvelles sur les bananes que vous mangez aujourd'hui mais dont vous devrez éventuellement vous priver si les choses continuent comme ça.
Enfin, dans le journal du métro du 26 mai, j'ai trouvé cet article (photo de gauche, cliquez pour lire), article qui semble tout droit sorti du dernier roman de la série de Pelletier.

Vous ne trouvez pas inquiétant, vous, de savoir (oui, savoir) que les crises iront en se multipliant, tant du côté climatique, que financier et alimentaire? Moi, oui. Et avec la réalité qui calque les fictions les plus inquiétantes, ce sentiment ne va pas s'améliorer.
Sans y voir la manifestation de théories du complot (ce qui fait autrement de la sacrée bonne fiction), on ne peut s'empêcher de voir les liens entre les divers groupes d'intérêts, formant un désespérant mélange de gouvernements trop à droite, d'intérêts privés les supportant (contrôlant? (2)) et d'électeurs mal informés. Les trop puissantes multinationales (des OGM ou du secteur pharmaceutique), les règles imposées par le FMI, la Banque Mondiale et le Programme Alimentaire Mondial auprès des pays grands cultivateurs, les intérêts privés dominant le système financier, les gouvernements négationnistes des changements climatiques (ou pire encore, ceux qui prétendent faire des choses mais ne font rien de concret ni de très utile, comme celui des États-Unis ou du Canada), tout ce beau monde précipite notre perte plutôt que de retarder ou tenter d'éviter le pire.


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On se demandera peut-être comment je fais pour continuer à vivre ma petite vie à moi, à voyager, à parler de films ou de bières sur mon blogue, malgré tout. Et bien, sans vouloir entrer dans une longue confession philosophique, je dirais simplement que même si le monde s'enfonce lentement mais surement, ma foi, je n'ai pas d'enfants, et rien de mieux à faire en attendant. Ultimement, je ne crois pas pouvoir le sauver, quoi que je fasse, alors je tente de profiter de la vie pendant que j'en ai encore l'occasion, tout simplement.
Paradoxalement, la lecture de Sernine et Pelletier fait partie de ces plaisirs de la vie :-)...
Pourtant, quand les informations s'approchent autant de la fiction, on dirait qu'il est plus ardu de s'accrocher au temps qu'il nous reste sans trouver épouvantable et tellement stupide que les décideurs et tenants du pouvoir aient autant de vues à court terme (3).
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(1) Le télé-journal de Radio-Canada, 4 juin 2010. Le surlignage en caractère gras est de moi.
(2) L'histoire de cette compagnie, impliquée dans le pharmaceutique, la culture du sucre, les armes nucléaires, les pesticides divers et les OGM, ainsi que la liste de leurs "contacts" politiques, donne froid dans le dos. Et on ne parle ici que d'une compagnie.
(3) Paradoxe ou monde à l'envers - que j'ai déjà soulevé sur ce blogue;  ce sont généralement ces gens qui ont des enfants, ce sont eux qui devraient être préoccupés, pas moi!

samedi 5 juin 2010

Premières impressions de Suze à Ouaga

Quelques jours à peine après leur arrivée à Ouagadougou, j'ai eu mes premiers contacts avec Suze, membre de l'équipe QSF au Burkina Faso.
Voici donc quelques impressions (1) de ces premières heures en terre africaine, avec quelques données contextuelles.
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Ouaga est situé à 12 degrés et des poussières de latitude nord. C'est dire que c'est à peine quelques degrés au-dessus de l'équateur terrestre. Ceci implique deux observations. Premièrement, le soleil s'y lève et s'y couche pratiquement à la même heure tout au long de l'année, soit aux environs de 6h30 et 18h30. Deuxièmement, il fait chaud, à Ouagadougou. Au moment d'écrire ce billet, il est 2h du matin à Ouagadougou, et il fait 28 degrés Celcius, même si le soleil est couché depuis des heures. le site de météo média mentionne qu'avec le facteur humidité, la température ressentie, à 2h du matin, est de 39 degrés.
La chaleur est donc le premier sujet de conversation avec les étranger qui passent par Ouagadougou...

Comme Suze a déjà connu la chaleur et l'humidité du Nicaragua et de la Malaisie, par exemple, je me demandais comment elle réagirait à ses premiers jours à Ouaga.
Moi: Comme tu es près de l'Équateur... le soleil se lève et couche vers 6h30-18h30? Ça doit faire drôle le soir maintenant que t'es habituée à plus de clarté, au Québec?
Suzie: Ouais, mais ça fait quand même du bien sans le soleil je pense… Des fois y’a une petite brise … hier soir on était bien…
Moi: Il fait aussi chaud que dans le livre d'Ugo? (2)
Suzie: Euh je crois que oui:)). Mais il y avait des nuages hier alors c'était super!
Moi: Hahaha! Suze qui aime les nuages!
Suzie: Oui!!!!!! lol Et c’est poussiéreux, comme au Cambodge.
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Même s'il est classé comme un des pays les plus pauvres du monde, le Burkina Faso est reconnu comme étant un des plus stables de l'Afrique de l'ouest. On y parle le français (langue officielle, héritage de l'époque coloniale), mais aussi plusieurs langues locales, dont le mooré, parlé par le plus important groupe ethnique du pays, les Mossis, qui sont majoritaires dans le plateau central, où se trouve Ouagadougou. Suze et son groupe ont d'ailleurs pris des cours de mooré pendant quelques mois avant leur départ.
Le groupe doit débuter son travail avec les coopératives regroupant des productrices de produit du karité cette semaine.  Entre temps, les choses semblent plutôt officielles:
Moi: Et avec le groupe, ça va?
Suzie: Oui oui c’est cool. Mais c'est vraiment relax… Même si aujourd’hui on a passé à la télé. Parce qu’hier, on est allé à l’inauguration et la rencontre avec l’ambassadeur du Canada.
Moi : Je ne savais même pas qu’on avait un ambassadeur sur place, au Burkina!

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En terminant ce premier survol... Je demande à une voyageuse qui, en dix ans, a foulé le sol de nombreux pays répartis sur 4 continents:
Moi: Question: Est-ce l'endroit le plus dépaysant où tu as mis les pieds à ce jour?
Suzie: Oui.
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(1): Impressions récoltées lors d'une séance de clavardage; séance tenue malgré quelques problèmes techniques. Le 5 juin 2010.
(2): La Terre des Hommes Intègres, Ugo Monticone (Récit de voyage d'un coopérant au Burkina Faso). Dans les 50 premières pages de son récit, l'auteur parle abondamment de la chaleur intense, qu'il trouve difficile à supporter.

Mon mondial de la bière :-)

Cette fin de semaine, à Montréal, c'est le Mondial de la bière.
Pour les amateurs, c'est l'occasion de pouvoir déguster diverses bières du monde, la plupart étant difficile à se procurer hors-festival.
Je me souviens qu'il y a quelques années, j'avais tenté d'aller visiter le site et profiter de ce mondial de la bière, Gare Windsor, au centre-ville. Il y avait tellement de monde et les files d'attentes étaient tellement longues, que j'avais fini par me balader un peu sur le site - en jouant des coudes pour voir une ou deux bouteilles mais sans jamais être capable d'approcher un kiosque - et j'avais abandonné l'idée d'y passer plus de temps.
Évidemment, j'ai un avantage sur la plupart des visiteurs. En globetrotteur, j'ai pu, au fil de mes vagabondages, goûter plusieurs bières du monde. J'en ai parlé à l'occasion, mais je profite du mondial de la bière pour vous inviter à goûter les bières artisanales du monde; certaines brasseries et micro-brasseries produisent d'excellents produits. Des belges fortes et goûteuses aux irlandaises et anglaises riches et crémeuses, en passant par les latinos douces et pétillantes, le voyage est un mondial de la bière permanent.
Évidemment, même si le voyageur a l'opportunité de réaliser des importations privées en petites quantités, le backpacker lui, limité qu'il est par son bagage et son style de voyage, profite rarement de cette opportunité (je me serais mal vu voyager pendant 2 mois avec plusieurs bières du Vietnam dans mon backpack en parcourant le Cambodge et la Thailande, par exemple).
Il arrive toutefois que je puisse profiter de l'occasion, mais essentiellement, je me fais mon mondial de la bière au fil du voyage. Des Moza et Gallo au Guatemala, Angkor au Cambodge et Cusquena au Pérou à la Amstel au Pays Bas ou la Tiger de Singapour, en passant par la Newcastle Brown Ale de l'Angleterre, les occasions de manquent pas de déguster une bonne bière dans le monde.
Sinon, le Québec importe sa part de bières du monde. Le choix est relativement limité - puisque nos micro-brasseries produisent beaucoup d'excellentes bières - mais les curieux peuvent tout de même explorer un brin.
Alors bonne semaine du mondial de la bière, et... à votre santé, cheers, salud, kanpai!
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Photo: Six bières du monde en importation privée, et une bière bien d'ici: Tiger (Singapour), Samuel Adams (USA), Tremblay (Québec), Corona (Mexique), Chang (Thaïlande), Negra Modelo (Mexique), Bruge Zot (Belgique).
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Les dangers de la Coopération Internationale?

Je commente rarement l'actualité, mais dans ce cas-ci, je ferai exception, puisque l'on parle ici d'une attaque contre un convoi humanitaire et que depuis quelques mois, je m'intéresse plus activement à la Coopération Internationale.
Vous aurez compris que je parle de l'attaque que l'état d'Israël a mené contre un navire battant pavillon étranger, en eaux internationales, en début de semaine. L'attaque est scandaleuse, et les justifications d'Israël sont complètement farfelues; en fait, sous prétexte d'éviter l'importation d'armes vers Gaza, ils privent les palestiniens de nourriture et autres biens essentiels que transportaient ce cargo humanitaire. Un canadien (de la BC) ainsi qu'un écrivain que j'aime beaucoup (le suédois Mankell) faisaient parti du convoi... dont nous n'avons  pas encore vu les fameuses armes qu'il était censé transporté et au noms desquelles Israël s'est permis de tuer des passagers du navire. (On se demande s'il ne s'agit pas de ces célèbres armes de destruction massive, tiens!).
Malgré la protestation de la population mondiale (il y a eu beaucoup de manifestations un peu partout dans le monde, dont une à Montréal, aujourd'hui même), certains politiciens semblent ne pas pouvoir remettre en cause leur appui inconditionnel à Israël, ce qui est proprement scandaleux. On accepte l'inacceptable et ça me dépasse; n'importe quel pays attaquant un bateau étranger en eaux internationale serait considéré comme ayant commis un acte de guerre, rien de moins. Or dans le cas d'Israël, on dit "regretter profondément les pertes de vie et les blessures causées dans cet incident" (*) en demandant simplement à l'état coupable des explications. Cet état semble pouvoir faire n'importe quoi sans jamais voir ses appuis politiques remis en question. Malgré le passé et l'histoire, je trouve ça inacceptable. Et qu'on ne vienne pas me traiter d'antisémite à cause de cette position!
Il y a un peu plus de trois ans, je soulignais déjà mon malaise face à cet appui, dont le Canada fait toujours parti. Et en 2007, dans un autre billet, je marchais sur des oeufs (lire la troisième conversation: Tali, l'exception culturelle) en parlant de ce problème.
Le monde entier semble confondre juifs et israéliens... Or de nos jours, la distinction semble importante.
Ce ne sont pas les juifs, en tant que groupe culturel, qui ont attaqué le cargo humanitaire, cette semaine, c'est l'état d'Israël. Supporté - même quand il cause l'horreur - par les États-Unis... et le Canada!
Enfin, je vous invite à lire la chronique de Pierre Foglia, qui dans La Presse de ce matin, expose mieux que moi sa position, que je partage à 100 %.
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(*) Réaction officielle du Premier Ministre du Canada, Stephen Harper, tel que rapporté par Radio-Canada le 31 mai 2010.
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vendredi 4 juin 2010

Annette de printemps

Je n'ai pas eu le temps de vous parler de ma soirée avec Annette.
J'ai assisté à la première montréalaise - qui célébrait aussi le lancement de son nouvel album (en français): J'peux pas demander mieux - il y a deux semaines, et comme je partais le lendemain pour Boston, j'ai manqué de temps pour vous parler de cette soirée. je me reprends donc ici, avec un peu de retard.
Annette, c'est cette fransaskoise, dont j'avais glissé un mot lors de la sortie de l'album précédent (an anglais): You Gotta Laugh. Annette Campagne a un nom de famille rendu célèbre par elle, son frère et ses soeurs à l'époque où ils composaient le groupe Hart Rouge, avant qu'elle ne quitte le nid familial du groupe pour faire carrière solo. Les plus jeunes reconnaîtront également le nom de sa soeur Carmen, qui a fait le bonheur des touts petits pendant plusieurs années.
Même si je suis plus ou moins la carrière d'Annette depuis plusieurs années, je n'avais jamais vu Annette en spectacle; plus souvent qu'autrement, je suis à l'étranger lorsqu'elle se produit à Montréal.
Le hasard aura donc voulu que cette fois-ci, nous soyons tous les deux à Montréal en même temps (elle habite maintenant Régina) et j'en ai profité pour la voir enfin live, dans un environnement intime (Le Balcon, salle de 80 places, dans le Vieux Montréal).
Elle nous a interprété avec beaucoup de vigueur et d'entrain plusieurs de ses succès, incluant quelques nouvelles chansons, alternant français et anglais dans une généreuse prestation de deux heures. Dans cette salle intimiste, elle était accompagnée au clavier par son conjoint et à la guitare par sa soeur Michelle (membre de Hart Rouge, qui a aussi joué la choriste), un ensemble qui convenait parfaitement à l'endroit, ainsi qu'à la musique folk/rock d'Annette.
Elle est de ses artistes à qui la scène va bien; il y a des chanteurs comme ça qui, sur scène, réussissent à transcender ce qu'ils font en studio et c'est le cas d'Annette.
La présence de Michelle a aussi apporté une touche de complicité et d'humour à la soirée; les échanges entre les soeurs étant souvent amusants et sympathiques ("On la fait en anglais celle-là? Je ne pense pas que tu la connaisse en français. - Oh, chante-là dans n'importe quelle langue et je vais la connaître."). En plus, leurs voix se complètent à merveille.
Enfin, là où des chanteurs réussissent à leur mieux dans la tourmente et la peine, Annette réussi à éclairer la scène avec des textes fluides et souvent joyeux, sans qu'ils ne soient simplistes pour autant. Il n'y a qu'à écouter la pièce titre de son précédent album, You Gotta Laugh ou encore la pièce Ma fenêtre d'appartement sur son nouvel opus pour s'en convaincre. En un mot, ce soir là, je me suis dit que voilà une chanteuse à qui le bonheur va très bien. (Elle avoue elle-même être dans une période très heureuse dans sa vie, et le titre de son nouvel album confirme aussi cette impression).
Parmi les surprises, on notera l'interprétation de quelques pièces de Hart Rouge, mais aussi une chanson d'Alice Cooper (oui, oui, après avoir expliqué en quoi Alice Cooper était une des raisons pourquoi elle faisait ce métier!); Only Women Bleed. Impossible de ne pas remarquer la gamme de styles dans lesquels la chanteuse est à l'aise, lorsque Benoît Gagné (ex-membre des Colocs), armé de son trombone, est venu se joindre au trio pour un blues endiablé.
C'était donc une très agréable soirée, que cette première montréalaise.Merci Annette!
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jeudi 3 juin 2010

Hommage à une muse voyageuse: Suze regardant le monde

Je profite de l'absence de Suze pour publier 5 photos d'elle (hehehe).
En fait, j'utilise ce billet comme prétexte pour lui rendre hommage, puisque sa passion pour le voyage, la nouveauté, la découverte, bref, l'autre, m'a souvent inspiré dans mes voyages, ma vie et mes écrits.
Hommage à ma muse du voyage, donc, en 5 photos thématiques.
Vous comprendrez en les voyant, que la thématique est on ne peut plus appropriée à cet hommage, puisqu'il s'agit de 5 photos similaires (tirées d'une collection intitulée Suze regardant le monde), prises dans 5 endroits différents du monde.
Et vous noterez aussi le timing; ce billet souligne aussi son départ pour Ouagadougou, au Burkina Faso et sa première présence sur le continent africain.
Merci Suze! Ma vie ne serait pas la même sans toi: ce blogue non plus (même si souvent, je te fais simplement jouer le rôle de poupoune de service ;-)
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Paris - France


La Mitad del Mundo -Équateur


Salta - Argentine


Porto - Portugual


Santiago - Chili

mercredi 2 juin 2010

Les chats du monde

Pour ceux que ce genre de chose intéresse - et pour les amateurs de chats -, je me suis amusé à regrouper quelques photos de chats que j'ai pris un peu partout sur le globe pendant mes voyages et séjours à l'étranger... France, Guatemala, Argentine, Honduras, Canada, Thaïlande, États-Unis, Belgique... Je me suis rendu compte que souvent, les chats faisaient des sujets intéressants pour une photo.
J'en ai donc fait un petit album thématique, qui présente 4o photos de chats du monde.
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Étranges nouvelles du Guatemala

Étranges en effet, que ces deux nouvelles, ces derniers jours, en provenance du pays où j'ai passé mon dernier hiver...
Si la nouvelle d'une éruption importante du volcan Pacaya n'est pas si étrange, elle surprend quand même un peu par l'ampleur des problèmes qu'elle a causés; évacuations, dégâts divers, quelques disparus... On imagine toujours qu'un pays comprenant autant de volcans actifs serait un peu mieux préparé, mais il faut croire que c'est toujours difficile de procéder à des mesures d'urgences... dans l'urgence d'une éruption.
Mais la nouvelle la plus étrange est certainement ce cratère gigantesque qui a avalé un morceau d'un quartier de Guatemala Ciudad, suite au passage du premier ouragan de la saison (Agatha). Tellement étrange que plusieurs se sont demandés s'il ne s'agissait pas d'un canular (les photos). Mais il s'avère que l'affaire est bien réelle; on retrouve quelques photos sur le compte flickr du gouvernement du Guatemala (ou l'on cite l'état d'alerte suite à cette tempête et à l'éruption du Pacaya). Au Guate, on parle des infrastructures déficientes qui se sont complètement affaissées lors de la tempête... Un ami suggère qu'il y ait eu une cenote sous ces installations, ce qui n'est pas du tout impossible dans cette région d'Amérique centrale... Certains experts parlent aussi d'une doline, un phénomène proche de celui qui permet la création de cenote, justement.
Ce n'est pas la première fois que ça arrive à Guatemala Ciudad, en plus... et des journalistes de La Hora parlent d'autres dolines en formation dans la ville... Pas de quoi rassurer les visiteurs dans la capitale :-)...
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(Toute autre considération mise à part, il faut avouer que la photo dénichée ci-haut est pas mal cool, avec l'ombre de l'hélico juste dans le cratère!)

dimanche 30 mai 2010

Retour sur un mini-road trip.

Je sais, la boucle que nous avons semi-improvisé, entre Montréal, Boston, New York et Philadelphie n’est pas à proprement parler un road trip, puisque nous avons évité de nous arrêter dans plusieurs petits villages ou petites villes entre nos destinations principales, n’avons visité aucun musée des horreurs ou mémorial aux vétérans du Vietnam ni campé en forêt entre nos excursions urbaines. Toutefois, n’ayant pas encore de plan clair la veille même du départ, et faisant l’ensemble de ce petit voyage d’une semaine en voiture, j’ai pu expérimenter une manière différente de voyager de celle que je privilégie habituellement.
L'Amérique du Nord a imposé ce choix, si on me demande mon avis. Car contrairement au reste du monde (ou en tout cas à celui où j’ai mis les pieds), la Nord-Amérique comporte deux éléments qui rendent difficile les voyages en indépendant que j’aime tant.
Le premier élément est le coût des déplacements qui est exorbitant si on compare à pratiquement tous les pays que j’ai visités ailleurs dans le monde. Un billet de bus vers Dolmis au Lac St-Jean coûte bien au-delà de 100$ ; un simple aller-retour Montréal-Québec va chercher plus que l’ensemble du coût de mes déplacements au Guatemala l’hiver dernier. Le choix de la voiture, puisque nous étions trois, s’est donc imposé ; il devenait beaucoup moins cher de partager le coût de l’essence, des péages et des stationnements que de prendre des billets de bus.
Le second élément, c’est qu’en Amérique du Nord, la culture de l’hébergement bon marché n’est pas très développée, sinon inexistante. Si vous êtes habitués aux motels en périphérie, aux hôtels ou aux Bed and breakfast d’ici, vous ne savez même pas ce que c’est, que l’hébergement bon marché. En Europe, en Amérique du Sud, en Asie, jamais je n’ai eu beaucoup de difficulté à me loger pour moins de 20$ par nuit, et la grande majorité du temps pour moins de 10$ par nuit. Même le plus cheap motel de région au Québec vous chargera trois ou quatre fois ces sommes.
Je l’ai déjà mentionné dans un billet sur ma manière de voyager, je dors dans des dortoirs d’auberge, dans de petits hôtels familiaux, chez l’habitant et j’ai même passé quelques nuits dans des couvents!
Or, en Amérique du Nord, même les rares auberges de jeunesses qui existent chargent plus cher qu’ailleurs au monde (à de très rares exceptions près). Et comme ces hébergements sont rarissimes, ils sont courus et souvent complet des jours et des semaines à l’avance. Rien d’utile quand on improvise un road trip, quoi.
Ces considérations nous ont amené à y aller plus mollo sur l’improvisation, car en Amérique du Nord, arriver à 22h dans une ville sans réservation, c’est s’imposer une dépense de quelques centaines de dollars automatique, et aucun voyageur indépendant sur le genre de budget que j’utilise en voyage ne peut se permettre ce luxe. Nous avons donc réservé quelques nuits, et nous avons également prévu un road trip d’une semaine plutôt que le genre de longs voyages que je fais habituellement.
Car, vous aurez remarqué le paradoxe; grand amateur de voyage et de séjours prolongés que je suis, je ne voyage presque jamais en Amérique du Nord, le continent qui m’a vu naître et que je connais bien moins que la vieille Europe ou que l’Amérique Latine, par exemple. Bien sûr, j’ai visité quelques coins de notre beau et vaste continent, mais des visites de 3-4 jours ici et là à Ottawa, Charlevoix, Québec, San-Francisco ou New York ne se comparent en rien aux mois passés au Guatemala, en Équateur ou aux plusieurs semaines à Paris.
Voici donc pourquoi ce pas-tout-à-fait-road-trip semi-improvisé a trouvé son existence et sa forme ce printemps.
Et voici quelques photos souvenirs de cette expérience qui nous aura fait, quand même, traverser sept états.


Passé la frontière (et passé quelques amusantes petites villes comme Venise-en-Québec), nous nous sommes retrouvés au Vermont, où Istvan a voulu être immortalisé devant les drapeaux d’une aire de repos.


L’Esprit Vagabond au volant! Une fois de plus, c’était un des éléments les plus différents de la plupart de mes voyages; à part quelques motos louées ici et là, je ne conduis que rarement en voyage. Après avoir croisé une partie du New Hampshire, nous sommes entrés au Massachusetts.


Dans l’auberge Farrington, à Boston (près de Harvard Avenue, à une dizaine de minutes du centre en voiture, à environ 30 minutes par le métro). Dans le couloir de cette vieille maison qui ressemble justement aux hôtels familiaux bon marché de la France ou l’Espagne, on retrouvait un vieil orgue devant notre porte de chambre.


Cette chambre, une triple avec salle de bain partagée sur l’étage, nous revenais à 30$ par personne, ce qui est excellent dans une ville comme Boston mais loin des 12$ que je payais pour une chambre similaire dans le centre-ville de Lisbonne, ou celui de Segovia, par exemple. Chapeau qu’Istvan a acquis au Guatemala, avec bière Samuel Adams brassée au Massachusetts, sur fonds d’olympiques vintage: les jeux de Montréal!


Seconde partie du road trip, nous menant de Boston à New York. Traversée du Connecticut, sur des autoroutes étonnamment vertes. Cette photo nous montre la route devant moi, où s’étire pendant des km, les deux voies séparées (même largeur et nombre de voies que la 20 ou la 40 au Québec, ou la nouvelle autoroute dans le Parc des Laurentides). On notera la présence d’arbres et l’aspect tranquille qui se dégage de cette route fort agréable.


Après le Connecticut, c’est l’arrivée dans l’état de New York. C’était la 4e fois en 4 ans que je mettais les pieds à New York… ce qui en fait ma destination de prédilection en Amérique du Nord, semble-t-il. (à peu près ex-aequo avec la ville de Québec, où je passe souvent quelques jours en balade; je ne compte pas Montréal, qui est mon port d’attache).


Justement, l’entrée dans la ville de New York ! Ici, en fait, je triche, je vous montre le George Washington Bridge – par où je suis entré lors de ma visite précédente. Cette fois-ci, arrivant du nord-est, nous sommes entrés par le Bronx, et avons eu cette vue du pont avant d’arriver à Manhattan.


En sortant de New York, nous avons traversé une bonne partie du New Jersey… jusqu’en Pennsylvanie, où nous sommes arrivés en soirée, donc avec peu d’opportunité de photos. Le lendemain matin, quittant notre auberge de banlieue, nous avons eu notre première «vue» du skyline de Philadelphie.


Cette vue comportait son lot de détails amusants, surtout en cette période de série Canadiens-Flyers, comme on peut le voir au bas de cette affiche publicitaire sur l’autoroute. :-)


Mes complice de voyage, dans notre auberge du centre-ville de Philadelphie alors qu’ils relaxent avant notre souper, cuisiné dans les installations de l’auberge en question (l’excellent Apple Hostel) – Un des grands avantages de ces établissements, trop rares en Amérique du Nord, comme je l’ai mentionné plus haut, est l’accès à une cuisine, question de réduire les frais de repas au restaurant souvent associés aux voyages coûteux.

Le retour vers Montréal s’est opéré via le New Jersey et l’état de New York, du côté ouest du Lac Champlain (nous étions passés du côté est du même lac lors de l’aller vers Boston). Cette fois-ci, nous avons emprunté quelques routes régionales, passant entre autres par Princeton, dont l’université (après Harvard, NYU et Yale), était la 4e d’importance sur notre parcours. Ce "détour" nous a permis de profiter du décor enchanteur et paisible et des maisons ancestrales qui parsèment la campagne autour de Princeton.


Sinon, ce détour nous aura aussi fait "perdre" (mais c'était aussi enrichissant) une heure de route, puisque des centaines d’autres véhicules avaient le même plan en tête, et que nous avons roulé pare-choc à pare-choc pendant une heure, ayant tout le loisir d’admirer les vieilles maisons de pierre.
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samedi 29 mai 2010

Ouagadougou : Suze et compagnie en Afrique!

Il y a quelques mois, mon amie Suze a été sélectionnée avec quelques autres volontaires pour un stage de coopération internationale en Afrique.
Elle se prépare depuis à un séjour de deux mois à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.
Suze part dans quelques jours, donc, pour Ouagadougou, après une escale à Casablanca, au Maroc.
Ceux qui ont suivi ce blogue pendant les derniers mois auront noté mon intérêt pour la coopération internationale, et ce projet est donc une occasion idéale de me pencher (une fois de plus) sur le sujet avec des observations de première main.
L'équipe de Suzie, composée de sept volontaires, travaillera sous la supervision du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) dans le domaine de la commercialisation et de la mise en valeur des produits de karité.
Lors de sa campagne de financement, Suze nous informait que "Au Burkina Faso, la filière karité rassemble des groupements de productrices de beurre de karité. La fabrication du beurre de karité est une activité traditionnellement réservée aux femmes africaines. Elle est le résultat d’un savoir-faire transmis de mère en fille et de génération en génération. Le beurre de karité est surnommé «l’or des femmes africaines» puisqu’il représente souvent l'unique source de revenus pour ces femmes qui n'ont souvent accès à aucune autre ressource. Les productrices regroupées, mieux formées et mieux outillées augmentent la qualité, la diversité de leurs produits et leur capacité de production. Elles peuvent alors négocier des prix plus élevés, accroître leurs revenus et ainsi améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille. Les productrices de beurre de karité participent activement au développement social et économique de leur communauté."
Pour ma part, je vais tenter de m'intéresser à deux aspects de leur projet. Premièrement l'aspect humain/culturel de leur présence là-bas; choc culturel, réactions des burkinabés à leur présence, expériences d'intégration et d'immersion, dynamique de vie de groupe pendant deux mois en terre étrangère, etc. Aussi, d'un point de vue plus large, considérations sur la coopération internationale, situation au Bukina Faso, utilité de leur présence et de la coopération en général, etc.
Je garderai donc contact avec Suze et son groupe, tentant d'intégrer des nouvelles de leurs activités à mes réflexions sur la coopération internationale. L'étiquette "Ouagadougou", créé pour cette occasion regroupera l'ensemble des billets qui traiteront du projet et des réflexions qu'il engendrera chez l'Esprit Vagabond pendant ces deux mois.
Pour le moment, voici quelques données de base sur le Burkina Faso, mais je me promets déjà de revenir sur le contexte politico-culturel de ce projet dans un prochain billet.


QUELQUES STATISTIQUES :

Le BURKINA FASO est situé en Afrique  sub-saharienne.

Superficie : 274 200 km2

Population : 15,2 millions d’habitants

L’espérance de vie à la naissance est de 52 ans

Le Revenu national brut (RNB) par habitant est de 430 $ US. Le Burkina Faso est classé au 173e rang sur 179 pays selon l’indice de développement humain de l’ONU.


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(Note: Suzie avait annoncé en début de projet que ce stage se déroulerait au Niger. Le Ministère des relations internationales, de pair avec le CECI et Uniterra ont jugé que la situation politique au Niger se dégradait de semaines en semaines, rendant difficile d'assurer la sécurité des stagiaires. Le projet a donc été relocalisé au Burkina Faso).
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lundi 24 mai 2010

Avec les jumeaux en Nouvelle-Angleterre

Comme je l'avais fait avec Londres (entre autres), voici un petit billet-photo qui fait un survol de notre passage en Nouvelle-Angleterre... les jumeaux complices de plusieurs de mes voyages, et moi. Sans prétention, et surtout pour les remercier de leur amitié et leur complicité.

Dans le parc Boston Common; ils ne discutent pas du tout du monument à George Washington, mais plutôt d'un petit teckel que l'on vient de croiser!


Quincy Market dans le downtown Boston, avec une célébrité locale immortalisée sur un banc.


Istvan effectuant un appel... en Asie? Chinatown Boston.


Du haut de ses six pieds trois, Istvan est le modèle idéal à avoir sous la main lorsque vous voulez prendre une si petite porte en photo. Boston.


Prenant une pause au Washington Square Park, pendant une très longue marche depuis la 56e rue jusqu'à Canal Street. Manhattan.


Istvan attendant patiemment après ses deux compagnons (plus lents marcheurs), SoHo, New York.


Suze se pointant le nez dans mon auto-photo sur arrière-plan de Flatiron Building. New York.


Fifth Avenue, en fin de journée, après la visite du Rockfeller Center.


Impossible de résister à prendre des photos rigolotes avec ces deux-là, surtout quand un commerçant local place un Hulk gonflable sur notre chemin! Philadelphie.


Logan "Square". Centre-ville de Philadelphie. Les guillemets sont de moi; puisque je trouve étrangement rigolo que ce "square" soit un cercle, en fin de compte, et avec une belle fontaine circulaire pour souligner mon point! Le City Hall est caché derrière le jet d'eau, et Istvan m'attends encore (!) alors que Suze le rejoint et que je traîne de la patte, en train de prendre des photos :-)


Perdus dans leurs pensées? Devant le musée Rodin (le penseur, hum), Philadelphie.


Avec un Phillie Phanatik, Philadelphie.

dimanche 23 mai 2010

Jouons à Philadelphie

Philadelphie est aussi une ville très amusante. la preuve en neuf photos.

Ha! Celle-là est pour mon père, J.E., avec qui j'ai été un amateur de base-ball du temps des Expos. Rapport? Me voici, au centre-ville de Philadelphie, avec un Phillie Phanatik! Le Phanatik est l'équivalent de Youppi pour les amateurs des Phillies. Philadelphie a fait installer plusieurs Phanatiks réalisés par divers artistes, à la manières des épaulards ou des vaches de diverses autres villes du monde. L'effet est très amusant.


Si le Roi est installé au City Hall, alors je positionne mon fou pour le mettre en échec.


Les célèbres "Rocky steps" du Philadelphia Museum of Art; si vous ne savez pas de quoi il s'agit, faites vos devoirs, louez le film Rocky (le premier) et revoyez la scène d'entrainement... En grimpant ces marches deux par deux, on ne peut s'empêcher de chanter Gonna Fly Now! Sur cette photo, un groupe de jeunes arrivés en autobus fait la course jusqu'en haut des marches... devenues plus populaires que le musée lui-même.


Alors que mes compagnons de voyage se reposent près d'un pion de Sorry ou de Parchesi, j'en profite pour déplacer subtilement ma tour...


N'ayant pas porté attention, j'ai réalisé juste à temps que ces dominos géants étaient en train de tomber les uns sur les autres!


Un autre Phillie Phanatik, celui-là, devant le Franklin Institute (un musée de science, que nous avons préféré éviter - à part le superbe hall d'entrée - vu la présence massive de groupes de jeunes hurlant de tous bords et tous côtés dans les couloirs - ce qui semble être la norme dans les musées de science).


Suze se repose sur le O-69 alors que l'on vient de tirer le I-29. Bingo!


Et voici le héros fictif le plus célèbre de Philadelphie: Rocky Balboa, qui, comme Franklin, a sa statue en ville... judicieusement placée près des marches du musée qu'il rendues célèbres. Notez l'imbécile de touriste qui lève les bras en une tentative d'imitation du boxeur, de l'autre côté de la haie - ce genre de bozo risque toujours de vous gâcher une photo!


Dans le Reading Market, en plein centre-ville, Istvan et moi n'avons pas pu nous retenir d'afficher nos couleurs face à une bannière encourageant les Flyers. Nous avons fabriqué un logo des Canadiens (oui, fait maison, au feutre sur une feuille de papier!) et posé fièrement au coeur de la forteresse ennemie! :-)
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(Pour être certain que vous ayez remarqué, le bozo derrière Rocky était personnifié par Istvan) :-)
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