mercredi 4 mars 2026

Les intrigantes ruines de Guachimontones de Teuchitlan - une aventure

"Station" de bus de Periferico Sur.
Dans un précédent billet, je mentionnais que j'avais du renoncer à mon plan de visite du site archéologique de Teuchitlan à cause d'une période imprévue de confinement le dimanche 22 février. Quelques jours plus tard, voyant que la situation était revenue à la normale, j'ai donc renoué avec cette idée de visite et planifié m'y rendre le vendredi en après-midi.

En principe, il y a un bus qui part de Central Vieja, mais mon expérience de voyage dans le secteur m'a permis d'économiser du temps, car ce bus, il passe ensuite à Periferico Sur (et prend au moins 30 minutes  pour s'y rendre). Ainsi, au lieu de me rendre à Central Vieja (mon plan original), j'ai pris le métro Linea 1 vers Periferico Sur pour y attendre mon bus. On m'avait informé qu'il y passait un bus au 30 minutes et qu'il mettait 45 minutes à joindre le pueblo de Teuchitlan. De là, le site était à 24 minutes de marche.

Il faut savoir que le bus passe
par cette "station".
Évidemment, étant en Amérique latine, ça ne s'est pas passée comme ça. J'ai bien débarqué à Periferico Sur, et le bus y passait bien. Mais en ce vendredi midi, il semble qu'il ne passait qu'aux heures, et avec ma chance légendaire, j'ai donc du attendre 45 minutes pour le voir arriver. Ensuite, le bus s'arrête littéralement partout sur son chemin pour prendre ou laisser des passagers (un chicken bus), roule lentement, on fait une pause à Tala, et, bien que parti à 11h15 de la maison, après avoir attrapé le bus de Periferico Sur à 12h40, j'ai finalement atteint le pueblo à 14h30. 

Le dimanche précédent, j'avais toute ma journée, donc je n'avais pas réellement consulté les heures d'ouverture du site. Ce vendredi non plus puisque je croyais pouvoir arriver à Teuchitlan vers 13h, au pire, 13h30. Arrivé à 14h30, j'ai réalisé que si le site fermait à 15h pour une raison ou une autre, j'allais rater ma visite si je mettais 30 minutes à faire les 24 minutes séparant la ville de l'entrée. 

J'ai donc entrepris cette marche d'un bon pas, malgré le soleil tapant, l'absence d'ombre sur mon chemin - un chemin pavé de roche... qui zigzaguait en pente à 30 degrés s'éloignant du pueblo dans la montagne. Une pente qui ajoutait au défi de couvrir la distance en peu de temps par 35 degrés (à l'ombre, mais je n'avais pas d'ombre!).

Chemin menant de Teuchitlan vers l'entrée 
du site de Guachimontones.
Mais heureusement, j'ai réussi, arrivant à la guérite de Guachimontones à 14h55. La dame du guichet m'a vendu mon billet (30 pesos), et m'a indiqué l'emplacement du musée/centre d'interprétation à cinquante mètres plus loin... en m'indiquant du même élan que les ruines elles-mêmes étaient à 15-20 minutes plus haut dans la montagne! 

J'ai passé outre le musée (j'y reviendrais si j'avais le temps) pour monter encore plus haut dans la montagne vers le site archéologique. Que j'ai (enfin!) atteint quelques 15 minutes plus tard, essoufflé, assoiffé et trempé.

Heureusement, malgré la difficulté de m'y rendre rapidement, le site valait la peine d'être exploré. Et peut-être à cause de ces difficultés, j'étais seul parmi les ruines tout au long de ma visite.

Le site est appelé Guachimontones, mais les archéologues y réfèrent à la "culture Teuchitlan" (en référence au nom du pueblo fondé des siècles après l'occupation de Guachimontones). Ça créé une certaine confusion.

La culture Teuchitlan aurait occupé un vaste site dont les ruines visibles aujourd'hui était le centre cérémonial. On sait bien peu de choses de cette culture, dont l'installation dans ce secteur serait antérieure à Teotihuacan. On parle donc ici de culture pré-aztèque, donc les informations vérifiables sont très limitées.

On peut quand même y voir (et admirer) quelques structures identifiables, comme ce juego de pelota dont la tradition a été transmises à pratiquement toutes les civilisations pré-colombiennes d'Amérique centrale, des Aztèques aux Mayas aux Toltèques.


Ce petit ami qui ressemble à un écureuil, mais est plus gros, se déplaçait rapidement, plus comme un chien de prairie qu'un écureuil.


Il y a trois pyramides à Guachimontones. La plus grande est celle-ci, qu'on n'a pas pu sauver ou restaurer. Lors de la découvert du site (en 1970!), la plupart de ses pierres avaient déjà été retirées au fil des siècles passés pour être utilisées dans la construction de bâtiments au pueblo de Teuchitlan.


La seconde plus haute pyramide a pu être restaurée. On a aussi pu explorer son intérieur et découvrir qu'elle a été érigée en cinq étapes distinctes (un peu comme pour plusieurs sites ayant été occupés pendant quelques siècles on avait tendance à agrandir les plus importantes pyramides).
Les pyramides de Guachimontones ont ceci de particulier; elles sont circulaires (formant une sorte de cône en gradins). Ce n'est pas unique à ce site, mais les endroits où on peut encore en voir sont quand même assez rare.


Sinon, on peut aussi apercevoir diverses structures. Les plus intéressantes sont ces podiums rectangulaires que l'on retrouve partout autour des pyramides circulaires.


Vue de la pyramide #2 entourée de podiums rectangulaires.


Avant de quitter le site, j'ai aperçu un autre secteur - en retrait du secteur principal et de l'autre côté du chemin dans la montagne - on y voit un second juego de pelota et celui-ci, comme nous sommes dans la montagne, offre même une vue sur le lac en contrebas, où se trouve le village de Teuchitlan.
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Après avoir fait le tour des ruines, et pris moult photos, je suis redescendu vers l'accueil, ai visité un peu en vitesse le musée/centre d'interprétation, puis je suis redescendu vers le pueblo. Avec le temps que j'avais mis à me rendre, je craignais devoir passer encore des heures à rejoindre Guadalajara.

De retour à Teuchitlan, je devais trouver la station de bus (oui, je sais, à l'arrivée, j'aurais du me renseigner un peu plus, mais j'ai débarqué du bus dès que possible au premier arrêt pour entreprendre la marche vers le site au plus vite. Mais bon, le pueblo est petit, et une dame m'a indiqué la station (j'étais alors à un demi coin de rue de l'endroit, mais il n'était pas évident à identifier!)

Station de bus de Teuchitlan.
J'ai pu y acheter mon billet de retour, et on m'a informé que le bus passait dans "plus ou moins" 30 minutes. Dans la réalité, j'ai pu y monter quand il est passé, une heure et quart plus tard. Autre chicken bus, autres arrêts fréquents, et autre pause à Tala, mais au moins, le chauffeur de ce bus-là roulait plus vite. Malheureusement, arrivé à l'autoroute périphérique de Guadalajara, un vendredi en fin de PM, congestion monstre, le bus roule au pas, ça a pris un temps fou pour rejoindre Periferico Sur, où le chauffeur m'a laissé débarquer (sur l'autoroute) sans s'arrêter au complet (typiquement latino-américain), en ouvrant la porte quelques instant, juste vis-à-vis la passerelle qui me permettrait de rejoindre la station de métro.

Intérieur de la station de bus
Je suis arrivé chez moi à 19h50. quasi neufs heures que j'étais parti - pour passer un peu plus d'une heure sur le site archéologique lui-même. Je n'avais pas mis autant d'efforts pour joindre un site depuis que j'avais visité Xcambo en 2003 après un périple plus ou moins planifié.

Mais comme le site valait la peine, je ne me plains pas... et je regarde les autres sites archéologiques accessibles et planifie mes prochaines visites.

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Vue de la pyramide #2 avec les montagnes
 en arrière-plan




mardi 3 mars 2026

Dans le métro de Guadalajara

Guadalajara est une métropole de plus de 5 millions d'habitants dans son agglomération urbaine assez étendue. Un bon système de transport en commun est donc essentiel. Lors de ma visite de février 2026, j'ai donc pu constater que la ville effectue du rattrapage à ce niveau. le système en place est assez étendu, plutôt efficace, utilise de multiples modes, mais je parle de rattrapage car deux lignes de métro ont ouvert récemment, et une ligne de métrobus est encore en construction au moment où j'écris ceci (elle devrait être ouverte d'ici l'été). Sans ces 3 lignes de transport lourd, le réseau de transport de Guadalajara serait beaucoup moins efficace.

Le train arrive à la station Guadalajara centro.
Preuve de son développement rapide ces dernières années, les guides touristiques de 2022-2023 parlent de 2 lignes de métro. À mon arrivée, j'ai quand même constaté qu'il en existait 3 (dont une qui relie Zapopan à Tlaquepaque que j'ai emprunté à plusieurs reprises). Par contre, j'ai aussi constaté que toutes les cartes dans les stations des lignes 1 et deux et à bord des trains de ces deux lignes ne mentionnent nulle part cette ligne 3, mise en service à partir de 2020. Quelle ne fut pas ma surprise, après 3 semaines à parcourir la ville, de découvrir qu'en fait, il y a aussi une ligne 4, qui a été mise en service en décembre 2025. Aucun plan dans aucune station ou à bord d'aucun train ne mentionne cette ligne. Elle vient d'ouvrir, mais quand même... 

Station Otero du Macrobus situé au centre des 
voies de l'autoroute périphérique.
Cette anecdote reflète quand même le problème majeur du système de transport en commun de Guadalajara; il est très efficace, mais sa signalisation est généralement déficiente. Ne pas avoir de plan à jour nulle part fait partie du problème, mais règle générale, si vous ne connaissez pas le système, il n'est pas facile à naviguer.

En plus des 4 lignes de métro, on retrouve aussi 2 lignes de Macrobus, des autobus longs et articulés voyageant sur des voies réservées et s'arrêtant à de stations. Une ligne nord-sud et une très longue ligne faisant le tour complet de la ville au niveau de l'autoroute périphérique. Une nouvelle ligne, en construction au moment de mon séjour, reliera le centro à l'aéroport. (l'absence de lien lourd depuis l'aéroport étant une des faiblesse du réseau actuel).

Vue plongeante sur les quais et voies
de la ligne 3
Le métro comporte une quarantaine de stations, plus quelques centaines de stations de Macrobus.

L'ensemble est assez bien interconnecté, et complémenté par des lignes de bus (dont une longue sur voies réservées qui traverse la ville d'est en ouest).

Mais naviguer dans tout ça n'est pas toujours intuitif. Certaines connexions entre le métro et le Macrobus ne sont pas signalisées, donc quand vous sortez d'une station d'un mode spécifique, vous devez parfois chercher où se trouve la station du mode de correspondance. de la même manière, plusieurs stations de métro, quand vous êtes au niveau de la rue, ne sont pas très apparentes, les édicules étant assez anonymes et parfois, ardus à identifier. 

Aussi, affaire étrange qui ajoute une couche de confusion: certaines stations de correspondance ne portent pas le même nom sur chaque ligne. La station Guadalajara centro de la ligne 3 par exemple, connecte directement avec la station Plaza Universidad de la ligne 2. Une station, deux noms. Même chose pour la station Bicentenario du Macrobus qui connecte avec la station Independencia de la ligne 3 du métro.

Station Bicentenario du Macrobus nord-sud
(Calzada). 
Mais une fois apprivoisé, ça va plutôt bien. Les Macrobus sont rapides, couvrent beaucoup de terrain, en peu de temps sur leurs voies réservées, et les lignes comportent un service express en plus du service régulier. Il ne s'arrête alors pas à toutes les stations, idéal si vous voulez couvrir une longue distance sans avoir à arrêter souvent.

Le coût est plutôt bas - 9,50 pesos par passage, l'équivalent actuel d'environ 0,75$ CDN. C'est deux fois plus cher qu'à Mexico, mais même à ce tarif, on n'y pense même pas avant d'emprunter le réseau.

Côté visuel, ce n'est pas exceptionnel. Les plus vieilles lignes accusent leur âge, et les nouvelles lignes sont essentiellement fonctionnelle, donc peu de décorations ou d'oeuvres d'art à admirer dans les stations. Je n'ai donc pas ressenti le besoin de prendre autant de photos que dans certains autres métros du monde.

Train au départ de la station Periferico Sur
terminal de la ligne 1.
La ligne 1 est un métro en souterrain dans le centro, mais à l'extérieur de la zone centre, le métro roule en surface, ce qui est étonnant. Pas surélevé, mais bien au niveau de la rue. Il y a donc quelques passages à niveaux avec la rue (le métro ayant priorité, les autos tombent sur un feu rouge), et sinon, des viaducs pour passer sous les artères principales. La ligne 2 est entièrement souterraine, et la ligne 3 n'a que quelques stations souterrains dans le centro historico, le reste étant en voie surélevée.

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Plan à jour du métro, qui apparait sur le site officiel, mais pour le moment, nulle part ailleurs sur le réseau!


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lundi 2 mars 2026

Guadalajara, Jalisco, Dimanche le 22 février 2026

Note: J’ai pris un peu de retard sur ce blogue en raison d’un événement inattendu qui a bouleversé quelques jours de notre séjour à Guadalajara – je ne voulais pas en parler au moment des événements – vous verrez pourquoi un peu plus loin – et je voyais mal comment publier sur plusieurs visites sans aborder la question, d’où un certain calme sur mon journal en ligne.

Ce dimanche matin du 22 février, je me prépare pour une journée de visite au site archéologique de Teuchitlan. Je quitte mon logement vers 9h10 et marche jusqu’à la station de métro Juarez, près du centro historico de Guadalajara comme je l’ai fait des dizaines de fois au cours des 3 dernière semaines. Je descends par l’édicule federalismo, et une fois dans le souterrain, j’embarque dans le métro ligne 2. Je descend quelques stations plus tard, à San Juan de Dios, où je prévois effectuer une correspondance sur la ligne de Métrobus qui doit me mener à la station Central Vieja (un terminal de bus interurbain). Mon bus pour Teuchitlan part de cette station. 

Arrivé à San Juan de Dios, je sors et marche vers la station de Métrobus. Il se passe quelque chose d’inhabituel, un attroupement sur le trottoir… aucun trafic sur la rue, personne dans la station de Métrobus. Puis je vois des policiers en train d’étendre du ruban jaune tout autour de cet important croisement. Je vois vite pourquoi le croisement est fermé; trois véhicules accidentés s’y trouvent, dont un complètement calciné. De la fumée s’en échappe encore, mais l’incendie est passé, plus de feu nulle part. Quel accident ça a dû être, car contrairement à ce qu’on voit dans les films, c’est rare qu’une auto brule après un accident.

Photo publiée par l'agence Reuters
du véhicule incendié à la stationde Métrobus
 San Juan de Dios de Guadalajara.
Les passants filment la scène et prennent des photos. Je n’ai pas ce réflexe; s’il y a eu des morts dans l’accident, je trouverais étrange d’immortaliser la scène avec mon appareil. Je constate donc que comme le Métrobus est arrêté, je devrai marcher jusqu’à Central Vieja. C’est un trajet de 25 minutes, je devrais pouvoir le faire en 20. Il est 9h30. Tout le long du trajet, alors que le trafic est inexistant sur cette artère importante, les seuls véhicules que je vois sont des policiers, des pompiers et la garde nationale. Ça semble étrange que les pompiers se rendent sur le lieu de l’accident puisque d’après ce que j’en ai vu, tout était éteint. Le plus étrange, toutefois, c’est de voir passer tous gyrophares et sirènes allumés, pompiers, policiers et garde nationale en sens inverse. Que se passe-t-il donc? 

Arrivé à Central Vieja à 9h50. La commotion; la station est pleine de monde qui parlent au téléphone, s’animent, discutent avec les guichetiers des diverses compagnies de bus. Les habituels vendeurs de tout et rien autour sont absents. Des policiers sont en fonction à toutes les portes. J’entre et m’informe de la situation; une policière m’indique qu’aucun bus n’entre ou sort de Guadalajara aujourd’hui. Toute la journée? Oui. Que se passe-t-il? Haussement d’épaule; aucun bus aujourd’hui, revenez demain.

J’appelle Suze pour l’informer de ces étranges événements, sans en savoir plus pour le moment. Je vais donc rentrer à pied; une marche de 45 minutes, puisque tous les transports interurbains sont maintenant à l’arrêt également. Pendant que je reviens à notre logement, Suze remarque que les rues sont soudainement très tranquilles, même pour un dimanche avant-midi. À mon arrivée, nous effectuons quelques recherches sur les médias locaux. Quelques incidents sont rapportés à Guadalajara, dont quelques voitures incendiées. Puis la nouvelle tombe; les autorités ont lancé une opération à Tlapalpa, au sud de Guadalajara, contre le chef du cartel de Jalisco (nueva generacion) et il a été tué dans les affrontements.

Sur la terrasse, rue déserte derrière moi.
La réaction des narcotrafiquants et organisations criminelles diverses associées au cartel ne s’est pas fait attendre; ils ont semé le chaos dans diverses villes du Jalisco et d’autres états autour de la zone. De nombreux véhicules ont été incendiés, des pneus aussi, et quelques dépanneurs Oxxo. Les autorités ont invoqué un confinement par précaution, arrêté tous les transports, incluant la fermeture de l’aéroport, et demandent aux gens de demeurer chez eux et éviter tout déplacement non urgent. Vous pourrez lire de nombreux textes et analyses sur cette intervention de l’armée mexicaine contre le cartel, mon but ici n’est pas de m’étendre sur la situation, mais de rapporter comment deux touristes ordinaires mais avec de l’expérience de voyage ont vécu les événements sur place à Guadalajara.

Ce dimanche après-midi, en fait, à part l’annulation de mes plans de visite à Teuchitlan, nous avons simplement relaxé sur la terrasse de notre hébergement, un bon roman en main. Le silence total de la ville était quand même impressionnant; Guadalajara est une métropole active et parfois bruyante. 

Regardant les nouvelles locales.
Ma plus grande inquiétude était la réaction de ma mère. Déjà qu’elle n’a jamais aimé que je parte en voyage (étrangement, même si je lui ai prouvé à plusieurs reprises que ce n’était pas dangereux en voyageant avec elle et mon père pendant plusieurs semaines à 3 reprises de 2006 à 2016). Si elle voit aux nouvelles ce qui se passe à Guadalajara et aux alentours, elle va vraiment s’inquiéter (sans raison, nous n’avons jamais été en danger). Je surveille donc non seulement les médias locaux, mais aussi ceux du Québec, au cas où. 

Puis, l’inévitable arrive; une nouvelle de dernière heure de La Presse. Je lis donc la première nouvelle d’une série (qui ira d’exagération en description farfelue de la situation générale). Heureusement, La Presse semble se concentrer sur la situation spécifique de Puerto Vallarta, à l’est de l’état. Je joue de chance; Puerto Vallarta est beaucoup plus connu et très fréquenté des québécois. Les journalistes y trouveront donc plusieurs témoins de ce qui s’y passe et laisseront donc passer Guadalajara sous le radar de ma mère. Par hasard, je connais quelqu’un qui séjourne à Sayulita, juste au nord de Puerto Vallarta et je prends donc des nouvelles de ce secteur de temps à autres. 

Affiches de disparus. le Jalisco est
le seul état à tenir un registre.
Heureusement aussi que ma mère n’est pas une spécialiste de la géographie mexicaine et n’ait pas poussé la curiosité au-delà des nouvelles dans les médias. Comme ça, elle n’aura pas vu que Tlapalpa est situé pas mal plus proche de Guadalajara que Puerto Vallarta, ni que Tlapalpa est à quelques km au sud du Lago de Chapala, où nous nous trouvions justement une semaine auparavant.

Les nouvelles qui me sont relayées du Québec via les réseaux sociaux sont frustrantes. Les journalistes, à la recherche de sensationnalisme accentue à peu près tout témoignage catastrophiste de touristes de resorts apeurés alors qu’ils sont parfaitement en sécurité dans leur hôtel 5 étoiles. Un des articles commencent même par les mots « le Mexique est à feu et à sang » alors que tous les témoignages que le journaliste a pu trouver dans la région ne parlent que de confinement temporaire à l’hôtel.

Certes, les narcotrafiquants ont causé du chaos. C’était à prévoir, j’imagine que les autorités s’y attendaient, il y a même un terme pour ce qui s’est passé avec les blocages de routes avec des véhicules incendiés : des narcobloqueo. Et oui, ça peut être impressionnant. Mais aucune des nouvelles fiables et locales n’ont rapportées d’attaques physiques contre des civils, encore moins contre des touristes. (Ne me citez pas, de grâce, ce québécois totalement irresponsable et abruti qui a défié le confinement pour « aller voir ce qui se passait » à Puerto Vallarta, en moto, et qui a filmé et photographié les criminels en pleine action… Ce crétin, qui a fait parler de lui dans les journaux et à la radio a couru après le trouble pas à peu près. À Montréal, filmer des criminels de gangs de rues, je ne pense pas qu’il s’en serait sorti aussi facilement qu’ici. Fermons la parenthèse de cet imbécile).

La Presse a publié un excellent article sur Guadalajara, le lundi, juste et honnête et sans témoignage-panique de gens qui n’y connaissent rien.

Plaza Universidad, le mardi 24.
Le lundi matin, nous étions encore confinés pour la journée. Comme les épiceries, écoles et transports étaient encore fermés, notre tienda du coin de la rue n’a ouvert ses portes qu’une heure en avant-midi et une heure en fin d’après-midi pour dépanner les clients. Ceci nous a permis de ne pas manquer d’eau ni de nourriture. 

Mardi matin, les choses ont repris lentement. Officiellement, les transports publics sont revenus (un peu au ralenti), incluant le métro. Aeromexico a repris aussi partiellement ses vols à l’aéroport de Guadalajara. Les écoles et plusieurs commerces étaient encore fermés (mais nous étions aussi le 24 février, jour du drapeau et férié au Mexique), donc c’est assez tranquille en ville, mais on voit que la vie reprend son cours. Les nouvelles de Puerto Vallarta et des autres états voisins sont les mêmes; les débris ont été nettoyés, la situation est sous contrôle, fin de l’épisode de narcobloqueo, fin du chaos.

Station San Juan de Dios, le samedi suivant.
En fin d’après-midi mardi, je me rends à pied au centro historico, passe devant la cathédrale, la plaza universidad, je m’arrête à l’épicerie, la vie a repris normalement à Guadalajara.

Quelques jours plus tard, je me suis rendu à Teuchitlan et j’ai visité le site archéologique de l’endroit. À mon retour en bus, on passe par la municipalité de Tala où j’ai aperçu les restes d’un dépanneur Oxxo incendié. 

Le lendemain, nous nous sommes rendus à nouveau à Axixic, le long du Lago de Chapala et au retour, j’ai aperçu la carcasse d’un autobus incendié, poussé sur le bas-côté. Il reste encore des scories un peu partout de la réaction des narcotrafiquants à cette attaque contre le plus cartel organisation du Mexique. Mais la vie a néanmoins repris pour les Mexicains.

La foule juste avant l'entrée en scène de Shakira.
Dimanche, à notre arrivée à CDMX, nous avons pu assister au spectacle de Shakira au Zocalo, une activité monstre qui a réuni 400 000 spectateurs en plein centro historico. La sécurité autour du site et dans les rues était impressionnante, mais le concert, hautement festif montre à quel point la société mexicaine se remet et se réorganise après des événements de la sorte, et ça, les médias n’en parleront pas vraiment, évidemment.

Et maintenant que je suis rendu à Mexico, étape suivante de mon voyage, je peux me permettre de publier ce billet (écrit en partie à Guadalajara), puisque ma mère, qui lit ce blogue quand je voyage, n’aura plus à s’inquiéter.

Je reprend donc les publications sur mon séjour - quelques billets sur Guadalajara et les environs vont suivre, et puis, des nouvelles de ce retour sur la destination coup de coeur de l'automne 2024: Mexico!

C'était l'Esprit Vagabond, Guadalajara, Jalisco février 2026.

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mercredi 25 février 2026

Murales urbaines mexicanas (2)

Je suis en train de préparer un billet un peu plus long côté texte que ceux publiés depuis mon arrivée au Mexique il y a trois semaines. Ce billet sera publié au début de la semaine prochaine.

Entre temps, quelques photos supplémentaires de murales captées dans les environs de Guadalajara.


Une Catrina, captée à Tlaquepaque.


Ce chien fait partie d'une très longue murale couvrant deux murs d'angles d'un édifice de Tlaquepaque. Si vous pouvez lire les caractères dans la spirale de sa queue, vous y découvrirez «Bienvenue» dans une panoplie de langages.


Détail d'une grande murale dans une des entrée du centre culturelle de Tlaquepaque où on peut voir un chien et un chat.


Détail d'une murale assez sombre de l'ancienne chapelle «El calvario» du musée de céramique de Tlaquepaque.


Ce colibri, ce papillon et ces fleurs et oiseaux sont moins sombres, et forment une partie de la murale pour les droits humains, toujours à Tlaquepaque.


Ce paresseux déguste son café sur le coin d'une rue de Guadalajara.


Jaguar dans la jungle, Tlaquepaque.


Celle-ci est référentielles. Il s'agit d'abord d'une mosaïque de céramique, très grande, sur un mur de la rue Juarez à Tlaquepaque. On n'en voit ici qu'un segment, celui du centre. la mosaïque reproduit à l'identique une oeuvre du muraliste Diego Rivera qui trône dans un musée de Mexico et dont j'avais parlé dans ce billet - incluant avec une photo comprenant le même détail que la mosaïque-hommage ci-dessus.


Encore à Tlaquepaque, aussi rue Juarez.

Segment naïf d'une longue mosaïque animalière à Tlaquepaque. J'aime bien le toucan.

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lundi 23 février 2026

Déguster une Téquila... à Téquila !

Il y a une petite ville au nord-ouest de Guadalajara qui s'appelle Téquila. Et évidemment, c'est de là qu'est originaire la célèbre boisson. À l'époque pré-hispanique, on faisait fermenter le maguey (agave) pour en obtenir u alcool appelé pulque. Peu après l'Arrivée des espagnols, l'idée de distiller l'agave s'est implantée dans la région et ainsi est née la Téquila.

Aujourd'hui, Téquila - qui profite de l'appellation Pueblo magico - accueille des milliers de touristes de partout au Mexique et d'un peu partout dans le monde. Samedi dernier, lors de notre visite à Téquila, la ville était pleine de visiteurs, majoritairement latino-américains (et quelques gringos aperçus ici et là). Le centro historico est animé et dynamique, et on y retrouve de la Téquila partout. Dégustations, boissons à base de téquila offerte partout, même le vendeur d'helados offre de la crème glacée à la téquila!

Nous avons donc dégusté quelques variantes de la boisson et quelques déclinaisons en deux cocktails locaux, dont un (le batanga) pris au plus vieux bar de la ville (La capilla de Don Javier), là où il a été inventé par Don Javier dans les années 1960.

Nous avons aussi profité de notre présence à Téquila pour visiter une distillerie (Celle de José Cuervo sise au centro, la plus vieille distillerie des Amériques), où on nous a aussi fait déguster quelques variantes de Téquila - dont une pure blanche hors-vente, à 55% d'alcool, qui décapait assez solide.

Il existe plusieurs manières de se rendre de Guadalajara à Téquila et beaucoup de distilleries de la région offrent des visite. Nous avons opté pour le bus (option la moins chère), mais un train s'y rend également (malheureusement beaucoup plus cher) et des tours organisés tout inclus en train spécial ("Tequila Tren"), qui comprends un bar ouvert peut aussi être choisi, mais à 250$ US par personne, c'était clairement hors de mon budget de vagabond qui passe plusieurs mois sur la route au lieu de dépenser tout son budget en une semaine avec ce genre d'activités (qui avait l'air bien organisée en plaisante à expérimenter, ceci dit).


Le centro de Téquila est charmant. Plusieurs belles maisons colorées, un beau parc central, des rues pavées bien entretenues, quelques rues piétonnes.


L'église située en bordure du parque central offrait une surprise rigolote à l'entrée; ce chien, endormi du sommeil du juste, n'avait clairement aucun péché à se faire pardonner.


Ça devient un passage obligé lors de nos visites depuis quelques années ; la traditionnelle photo de Suze devant le nom de la ville.


Cave de José Cuervo où certaines variétés de Téquila sont vieillies en futs de chêne.


La cour intérieure à l'entrée de la distillerie, un magnifique édifice de style colonial espagnol.


Collection de voitures ayant servi à la distillerie au fil des décennies. D'une Ford 1920 (avant, à droite), jusqu'à une Chevrolet 1940 (au fond, à gauche)


Suze, avec un Cantarito, boisson traditionnelle locale rafraichissante; une bonne dose de Téquila, des oranges et des glaçons, une eau pétillante à la limonade, du jus de lime, et voilà. Servi dans une tasse en terre cuite artisanale (que vous êtes invité à conserver, ou même à refiler pour d'autres services au cours de votre journée).


Le centro - et la Mairie, dont on voit al cour intérieure ici - est classé au patrimoine mondial de L'UNESCO (logo en pierre au sol). La mairie est dans une ancienne prison et une murale au fond de la cour illustre l'histoire de la téquila.


Fenêtre sur cour à Téquila.


Le bar La Capilla de Don Javier, avec une murale en façade illustrant l'inventeur du batanga et fondateur de ce lieu mythique. le batanga est un peu comme un Cuba Libre, mais avec du jus de lime, du sel autour du verre et de la téquila au lieu du rhum, évidemment.


Chez Don Javier.


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L'Esprit Vagabond, à Téquila!

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