lundi 16 mars 2026

À Tepoztlan entre les montagnes du Morelos

À deux heures de bus au sud de CDMX, on retrouve l'état de Morelos. Au nord de cet état, il y a un pueblo de quelque 30 000 habitants appelé Tepoztlan, qui est entouré de montagnes de roches très impressionnantes. Pour s'y rendre, le bus parti de Mexico traverse d'abord une sorte de savane non cultivée, puis on coup à travers une chaine de montagne pour atteindre les hauteurs de Morelos. De là, la route fait des zigzags pour descendre vers Cuernavaca, la capital de Morelos d'un côté, et Tepotztlan de l'autre. les zigzags sont essentiels car descendre en ligne droite sera suicidaire (et aucun véhicule ne pourrait monter une telle pente à 60 degrés.

On longe donc la montagne en descendant lentement, puis on retourne vers Mexico en continuant de descendre, puis on vire de bord en descendant en longeant la montagne, etc, jusqu'à ce qu'on atteigne une sorte d'aplat au fond entre les montagnes: Tepoztlan. Le chemin m'a rappelé quelques routes d'Amérique du Sud, particulièrement dans les Andes en Équateur et au Pérou, où ces virages en épingle étaient légion.

Tepoztlan, un samedi, c'est très animé. Un mercado s'étale dans les rues du centro, marchandises diverses, artisanat, kiosques de bouffe de rue, on retrouve de tout dans une ambiance de jour de congé. Tout ça tient dans un joli zocalo, s'étend sur la rue Revolucion de 1910, et sur l'artère principale du pueblo, la semi-piétonne 5 de mayo.

Sinon, Tepoztlan comporte aussi un ex-couvent (classé UNESCO) dont la visite a été un peu étonnante. D'abord, l'église attire l'attention, on y entre et on visite un peu. Puis, sur le côté, c'est juste écrit: ex-covento, à côté d'une vieille arche. 

On va voir, par curiosité, et on voit que l'ex-couvent se visite, gratuitement. À l'intérieur, le cloitre, bordé de portiques peints de divers formes, on est invité à monter à l'étage, et par hasard, un jeune homme ouvre une porte et nous invite à entrer voir une exposition temporaire (et nouvelle) sur l'histoire de Tepoztlan et la région. Il continue d'inviter des visiteurs à l'improviste, puis referme la porte. Il démarre ensuite une projection sur les ogives et les murs de la salle, puis suis plusieurs explications sur l'histoire et la mythologie de la région.

Mais ce qui retient l'attention, à Tepoztlan, ce sont les montagnes de roches qui enferme la ville dans cet aplat (qui n'est pas si plat, les rues sont en pente à 45 degrés à certains endroits!). Plusieurs sommets atteignent plus de 2000 m d'altitude autour de nous.

Et si on regarde attentivement, sur l'un de ces sommets, on peut voir (en tout petit, c'est loin), une structure de pierre... 


Rue de Tepoztlan avec montagnes en arrière plan.


Cloitre de l'ex couvent de Tepoztlan.


Rue 5 de mayo (en bas, à droite) et les montagnes


Zocalo de Tepoztlan... en haut, dans la montagne, centre-gauche... un temple Aztèque!

La structure que l'on peut apercevoir du centro de Tepoztlan, c'est El Tepozteco, un temple Aztèque datant des années 1150.
Et si vous empruntez la rue 5 de mayo vers la montagne, elle change de nom et devient Calle del Tepozteco... puis devient un sentier, puis une sorte de chemin de roche à grimper... jusqu'au sommet.
Mon passé d'amateur d'archéologie n'allait pas passer à côté de la visite d'un temple Aztèque juché sur une montagne de roche... nous avons donc emprunté le sentier en question, sujet d'un prochain billet.

à suivre...
--


vendredi 13 mars 2026

Salmigondis mexicanos

Tête d'aigle - Temple Aztèque - Centro Historico
La dame de qui j'achète mes fruits et légumes au coin de ma rue à Mexico m'appelle «Le jeune»... elle est fort probablement plus jeune que moi. Concombres, framboises, tomates, avocats, bananes, poivrons, limes, je me procure dans son kiosque monté sur des caisses de carton tout ce dont j'ai besoin en fruits et légumes frais.

Je n'avais pas remarqué lors de mon premier séjour à CDMX qu'à quelques stations, les portes du métro ouvrent des deux côtés, permettant aux gens de sortir sur un quai et aux autres sur l'autre quai d'embarquer par l'autre porte. Une solution élégante au problème de ceux qui tentent d'entrer avant que les passagers rendus à destination ne puisse sortir. D'ailleurs, le métro à CDMX, ça niaise pas dans la station très longtemps. Le train arrive, stoppe, ouvre les portes, une seconde ou deux, puis émet le signal que ça va fermer, les portes referment après environ 6 secondes au total, puis le train repart. L'avantage, c'est qu'il passe des rames aux 2 minute en moyenne.

Un chat sur la terrasse d'un voisin, Mexico.
Lundi en après-midi, on a entendu des dizaines de sirènes de véhicules d'urgence passer près de notre logement. Il y a une artère à un coin de rue, et ça passait fréquemment, tous gyrophares allumés. J'ai cru à des manifestations au centro (et ça rappelle un peu quand même les nombreux véhicules d'urgences à Guadalajara le 22 février), mais l'explication est arrivée en fin de PM, en écoutant les informations. Un accident s'était produit sur un chantier; un immeuble en démolition qui, suite à une erreur, s'est effondré de manière incontrôlée, emprisonnant quelques travailleurs dans les décombres. Aux infos à la télé, on a constaté que c'était à deux coins de rue d'où nous habitons. Dans une grande métropole de 22 millions d'habitants. Malheureusement, certains des travailleurs y ont trouvé la mort. Fin de journée triste à Mexico.

Commerce informel, Calle del
 Carmen, musée des constitutions.
J'étais épaté par l'ampleur, l'efficacité et l'organisation du transport en commun lors de mon premier séjour; les choses ne se sont pas arrêtées de progresser en mon absence: la carte du système de transport intégré a vu des ajouts depuis la version que j'utilisais en novembre 2024. Une ligne de téléférique, une ligne complète de train de banlieue sont maintenant sur la carte.

Il y a 4 boulangeries à moins de 4 minutes de marche de chez moi. C'est dire que le choix (et les délices) ne manque pas pour déjeuner. les conchas, les pans de piedra et les chinos sont probablement mes préférés. Légèrement sucrés, mais pas trop. Ils font aussi d'excellents petit muffins au citron vanille pas trop sucrés non plus.

Nous logeons au 5e étage d'un immeuble sans ascenseur. Exercice gratuit tous les jours, et souvent, plusieurs fois par jour. Monter 5 étage avec un bidon de 11 litres d'eau est aussi un beau défi.

Murale féline, Calle 5 de febrero.
Le camion qui ramasse le recyclage passe dans ma rue 3 fois par semaines. Le responsable sort du camion - stationné au milieu du croisement - avec une cloche, et sonne pour prévenir le voisinage qu'il est là. Je descends alors mes sacs de plastique, cartons et papier, cannes de métal, et il place ça dans de grands sacs de tissus et dans les divers compartiments du camion dont la benne est divisée en sections.

Je profite de ma présence au Mexique pour lire en espagnol. Mon budget étant limité, et les livres neufs sont assez chers ici (aussi chers sinon plus qu'au Québec, avec des livres neufs grands format à l'équivalent de 40$ CDN). J'ai donc déniché quelques librairies de livres usagés à Guadalajara, où je me suis procuré deux polars. Un de ceux-là est de Camilla Lackberg, une autrice suédoise dont je ne serai probablement jamais capable de lire les oeuvres en version originales. Donc en traduction espagnole plutôt que française ou anglaise, pourquoi pas?

Palacio Nacional de Mexico.
On profite également de notre présence pour écouter quelque série télé en version originale espagnol, question de pratiquer notre écoute de la langue. Mon espagnol (parlé, écrit, écouté et lu) est plutôt bon, mais n'est pas aussi fort que mon français ou mon anglais. Meilleur que mon italien, ceci dit (que je peux lire pas mal, et comprendre à 50% à l'écoute, mais que je ne peux encore ni écrire ni parler couramment). Dans la série que nous écoutons actuellement (100 dias por enamorarnos), il y a un personnage qui s'appelle Plutarco. J'avoue que ça manque, dans la fiction québécoise, des personnage qui s'appellent Plutarque. Je pense bien que dans une de mes prochaines nouvelles, j'en aurai un.

Stèle Aztèque, Zocalo.
Un petit oiseau qui est abondamment présent à Mexico ressemble à une tourterelle triste, mais en beaucoup plus petit, environ deux fois moins gros. Cet oiseau n'a pas de roucoulement triste comme la tourterelle que l'on connait (et qui est aussi présente à Mexico). Comme j'ignore le nom de l'oiseau, mais que son chant est plus joyeux que sa cousine plus grande, je l'ai baptisé Torterelita feliz (ou, traduction maison: Petite tourterelle joyeuse).

Parlant oiseau, il y a un colibri dont un fil et un secteur d'un arbre semble être le territoire, devant notre patio. Comme nos colibris de St-Venant-de-Paquette pendant l'été, celui-ci passe donc son hiver au Mexique et y apparait aussi territorial que quand il se trouve chez nous en Estrie; puisqu'il défend son secteur d'arbre en chassant l'autre colibri qui s'aventure parfois devant notre fenêtre.

Colibri sur un fil, Calle Jose Maria Roa Barcenas.

--

Les ruines et la pyramide de Tenayuca

Je sais. La plupart des lecteurs et des voyageurs ne sont pas aussi enthousiastes que moi au sujet de divers vestiges archéologiques que l'on retrouve un peu partout en Amérique latine. Je suis un fan.
Ainsi, il m'arrive de faire quelques heures de routes - parfois inconfortables - pour visiter un site quand je sais que je peux m'y rendre.
Certains des sites visités sont petits, d'autres vastes et impressionnants. Le plus beau site archéologique dont je garde le meilleur souvenir est la cité maya de Tikal, dans la jungle au nord du Guatemala. Mais j'éprouve toujours autant de plaisir à découvrir ou dénicher de tous petits sites, dont certains d'avèrent parfois surprenants.
Quand j'ai lu qu'il y avait un de ces petits sites dans le nord de la ville de Mexico (dans la ville, pas au nord de celle-ci), j'ai tout de suite consulté une carte pour situer l'endroit et déterminer si je pouvait facilement m'y rendre en transport public.
La réponse étant oui (via le métro puis le métrobus, trajet d'environ 45 minutes au total), je me suis empressé de faire des plans pour aller visiter ce site: Tenayuca.
En consultant le site web de l'INAH (institut officiel du Mexique: c'est l'institut national d'anthropologie et d'histoire), j'ai remarqué que le site de tenayuca était séparé en deux segments distincts. Prenant des notes, j'ai établi que l'on pouvait joindre les deux à pied en quelques minutes, les vestiges de cette ancienne cité étant aujourd'hui en plein quartier résidentiel du nord de la ville. 


Quand vous empruntez une avenue qui s'appelle «Pyramide» c'est bon signe, vous semblez sur la bonne route :-).


La plus imposante structure de Tenayuca est effectivement une pyramide. Comme elle se situe au milieu d'un quartier ordinaire, l'affaire étonne. Ici, on voit la petite plaza à côté de la pyramide (qu'on aperçoit à droite).


La pyramide jouxte un beau parc urbain, donc elle est visible d'assez loin pour qu'un touriste vagabond ne puisse pas la manquer! La vue en arrivant au parc est assez impressionnante.


Vue d'un des côtés de la pyramide de Tenayuca. Toute la base (rectangulaire) est ornée de nombreuses sculptures de Quetzalcoatl.


Tête du dieu serpent à plumes, en plan rapproché.


D'autres sculptures se retrouvent également autour de la pyramide, comme cette représentation de Xiuhcoatl, un serpent à crête dont on distingue facilement la huppe.


Cette photo est prise au zoom. Le site de Tenayuca se refait une beauté (pour les touristes qui envahiront la ville pour la FIFA), même si je doute que plusieurs fans de foot se déplaceront jusqu'au nord de Mexico pour visiter un petit site archéologique. le site est donc actuellement fermé, mais heureusement, les structures étant au milieu d'un quartier résidentiel, on peut quand même les voir sous tous les angles, juste sans s'en rapprocher de très près.


Après quelques minutes de marche en s'éloignant de la pyramide, on tombe sur une autre structure - elle aussi en restauration. En fait, les travailleurs que j'ai vu sur place nettoyaient surtout les foins et autres plantes ayant élu demeure sur les ruines pour dégager la structure.


C'est toujours étonnant de voir des ruines précolombiennes en pleine ville.

Tenayuca était un site Chichimèque, une culture de semi-nomade ainsi nommé par les Aztèques, qui s'y seraient installés après la chute de la civilisation Toltèques (aussi un terme Nahual/Aztèque pour nommer cette civilisation de bâtisseurs dont les aztèques se réclamaient descendants). 


Autre zoom, sur une tête de Quetzalcoatl.


De retour à Tenayuca I (chaque structure portant un numéro), l'étonnante pyramide dans la ville. 


En partant du site, en marche vers la station de métrobus, j'ai pu apercevoir d'autres vestiges, en partie intégrés à des édifices érigés après la conquête. J'ai lu qu'il en existait quelques-uns comme ça, un peu partout dans les alentours. je ne sais pas s'ils sont répertoriés, puisque seuls les deux sites Tenayuca I et II apparaissent sur le site de l'INAH.
--
L'Esprit Vagabond, à Tenayuca.
Journal de voyage, jour 40.

jeudi 12 mars 2026

Les églises de Puebla et la marche du 8 mars

Dans mon billet précédent, j'ai évoqué la marche du 8 mars dans la ville de Puebla.


Pendant une bonne partie de la journée, au centro, on voyait quelques groupes ici et là, portant le mauve distinctif des droits des femmes au Mexique. Les commerces barricadés (de même que le palacio (siège du gouvernement de l'état) étaient des signes évidents qu'on se préparait à une grande manifestation.
Pourtant, rien, à part des groupuscules marchant ici et là ou se regroupant dans un coin du parque central.


Puis, un peu passé 16h30, nous voilà prêts à traverser l'avenida Reforma, près du zocalo, lorsque la manifestation se met en marche. On réalise alors que tous les groupes se sont alignés sur cette rue (qui était piétonne en début d'après-midi, exceptionnellement, alors que les policiers avaient fermé la rue à la circulation automobile; on comprenait maintenant pourquoi).
On regarde alors la manif passer, puis passer, puis passer... pendant au moins 30 minutes, avant de décider que chaque groupe ressemble au précédent. C'est intéressant de voir toutes ces femmes marcher pour la même cause, mais nous décidons que vu l'heure et les 2h30 de bus qui nous attendent pour retourner à CDMX, on va se rendre à CAPU (Centrale de Autobus de PUebla), qui n'est malheureusement pas dans le centro, mais à 45 minutes de marche... ou à quelques minutes en métrobus.

J'évoquais aussi les nombreuses église de la capitale de cet état. Voici quelques images de ces églises pour lesquelles la ville est également célèbre.



La cathédrale de Puebla, qui ocupe tout un pâté de maison en bordure du Zocalo, domine évidemment le secteur. C'est la plus haute église du Mexique (de ses clochers, mais également de son intérieur, d'après ce que j'ai compris). Et c'est vrai que l'édifice est impressionnant - une cathédrale qui rappelle certaines cathédrales d'Europe (notamment de l'Espagne, évidemment). [Sur ce cliché, notez en bas à droite, quelques agents de la brigade anti-émeute, qui attendent patiemment le début de la manifestation].


La iglesia Santo Domingo, connue pour sa chapelle du Rosaire, une affaire abondamment décorée.


L'église de Santo Cristobal était malheureusement fermée le 8 mars (comme de nombreux édifices de Puebla).


Je ne photographie que rarement les intérieurs d'église, quand il s'agit d'un aspect rare ou particulièrement beau. Je publie encore plus rarement de ces photos, qui ne sont généralement pas exceptionnelle, les gardant comme souvenir. je fais exception ici, avec l'intérieur de la Capilla del Rosario de Santo Domingo que je mentionnais ci-dessus. Beaucoup de peinture dorée, beaucoup d'extravagances en bas reliefs, des figures et figurines qui sortent de partout, c'est à la fois exagéré, et d'une grande beauté à voir sur place. Aucune photo ne peut rendre justice au lieu ni reproduire le sentiment à la vue de cette chapelle remarquable.


Église Templo expiatorio del Espiritu Santo, église jésuite de Puebla qui jouxte un petit parc/plaza couverte d'une cannopée procurant une ombre bienvenue sous la chaleur de Puebla.


Autre exception: une portion de l'intérieur de la cathédrale, avec ses jolies coupoles, intérieur qui m'a semblé plus élégant, moins chargé, que celui de la cathédrale de Mexico.


Autre église fermée; Nuestra Senora de la Soledad, captée ici en passant devant lors de notre promenade improvisée dans les rues du centro.

Vers 17h, donc nous avons traversé l'avenida Reforma, à travers la manifestation, puis nous sommes dirigé vers la station de Métrobus Analco. Mais entre temps, la marche avait rejoint le boulevard Heroes 5 de mayo, où passe la ligne de métrobus devant nous mener à CAPU. Et évidemment, le trajet de la marche empruntait ce boulevard, et par prudence, le service de métrobus avait été interrompu et le stations fermées.

La marche sort de l'avenida Reforma et tourne à droite (dont à gauche sur la photo, qui est de face), sur le boulevard Heroes 5 de mayo.

Nous avons tenté de voir une ou deux stations plus loin si le service était en fonction, mais non. Nous avons donc du revenir au centro, puis le traverser entièrement, pour attraper un bus local sur la 9e avenue, bus qui nous a mené 20 minutes plus tard à CAPU, d'où nous avons pu prendre un bus de retour vers CDMX (que nous avons atteint vers 21h).

Je reviendria à Puebla un jour... peut-être un autre jour qu'un 8 mars, pour y visiter les attraits fermés que je n'ai pas eu l'occasion de voir cette fois-ci.

--

mercredi 11 mars 2026

Heroica Puebla de Zaragoza... ou « Puebla», un 8 mars

La capitale de l'état de Puebla au Mexique s'appelle Heroica Puebla de Zaragoza, et avant ça, son nom était Puebla de Los Angeles. Mais dans le coin, tout le monde l'appelle juste Puebla. En terme d'agglomération urbaine, c'est la 4e métropole en importance au Mexique. Puebla a été fondée le 16 avril 1531 et donc n'est pas une ville coloniale érigée sur les ruines d'une grande cité précolombienne.

Son centre historique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO pour la qualité de préservation de son architecture coloniale espagnole. Elle est aussi connue au Mexique comme la ville où a eu lieu la bataille du 5 de mayo, date encore célébrée au pays (et ailleurs dans le monde, chez les expatriés mexicains).

Pour ce vagabond-ci, Puebla a surtout été une belle ville aux rues agréables à parcourir, bordées de belles maisons coloniales et colorées, avec un mercado d'artisanat occupant une place publique et quelques rues, très intéressant à visiter en plein centro. Et une multitude d'églises.


Si certaines rues apparaissent tranquilles sur mes photos, c'est que nous étions à Puebla le 8 mars dernier, et qu'en cette journée des droits des femmes, une gigantesque marche/manifestation a été organisée à Puebla (comme dans plusieurs grandes villes au Mexique). Une partie des rues étaient donc un peu plus déserte que de coutume, et certains commerces avaient même barricadés leurs fenêtres au cas où certains éléments perturbateurs s'infiltreraient dans la marche pour causer du trouble.


Au petit matin, les terrasses étaient vides, la ville s'éveillait lentement, mais en entrant dans le centro par cette rue, on a vite réalisé que l'activité se développait rapidement, en s'approchant du mercado de la plaza Los Sapos.


Au Bazar Lupita, meubles et antiquités, la boutique déborde sur le trottoir, comme c'est le cas de plusieurs boutiques des villes mexicaines, surtout la fin de semaine.


Quelques rues sans voitures stationnées m'ont permis de prendre des photos où l'on distingue bien les couleurs des immeubles bordant la rue.


Le Teatro Principal de Puebla se situe sur le site d'un premier théâtre érigé en 1613. L'édifice actuel date de 1752.


La casa Alfenique date aussi du 18e siècle. L'alfénique serait une sorte de caramel espagnol qui était très populaire à l'époque coloniale, et la maison aurait en fait été construite comme un cadeau de noces pour une femme ayant évoqué le souhait d'habiter une maison en caramel. La maison, aujourd'hui un musée, était fermée ce 8 mars pour les mêmes raisons que la plupart des sites historiques, par précaution la journée de la manifestation.


Les arches du portique du Secrétariat de la santé de Puebla (l'état). Au loin, dans l'arche de droite, on voit le campanile de la Iglesia de San Francisco.


Autre vue d'une rue du centro, sans trafic ni autos stationnées, avec au loin, deux églises... Puebla a un grand nombre d'églises et j'en donnerai quelques exemples dans un billet à part.
Et la tranquillité de ces rues allait contraster fortement avec la marche/manifestation à peine une heure après avoir pris cette photo.

À suivre, donc.
--



lundi 9 mars 2026

Dans l'église coloniale sur la pyramide précolombienne d'un pueblo magico mexicano

Avenida Morelos, entre plaza de la concordia
 (Zocalo) et le site archéologique.
Lors de mon dernier billet traitant d'un site archéologique, je terminais en mentionnant que la difficulté de m'y rendre n'avait pas entamé mon enthousiasme pour ce genre de site et que je planifiais déjà d'en visiter d'autre dans les environs.

Samedi dernier, nous nous sommes rendus dans la région de Puebla, un état voisin de l'Estado de Mexico au centre duquel se trouve CDMX. Notre première destination a été le pueblo de Cholula, qui a obtenu la distinction d'appellation contrôlée de Pueblo Magico, habituel signe de charme architectural historique.

Les églises et chapelles du couvent franciscain
San gabriel Archangel souffrent un peu de la
vastitude abandonnée du jardin.

Plusieurs rues du centro historico de Cholula ne sont pas exemptes de beaux édifices coloniaux, et le zocalo au centre du village est définitivement une affaire gigantesque (pour un centro pas si étendu). Ce qui frappe d'abord le visiteur, c'est la quantité phénoménale d'églises dans le centro, on en décompte 39 sur la carte touristique apparaissant à divers coins de Cholula. La grande majorité de ces églises sont de style colonial espagnol, mais elles ne sont pas toutes élégante, surtout par leur taille parfois démesurée, ou les plazas et jardins qu'elles occupent, larges et dénuées de plantes, d'arbres ou autres ornements. Une belle église coloniale, c'est quelque chose, mais si elle se trouve sur un terrain vague semi abandonné, ça perd de son enchantement.

Vue de la colline artificielle qu'est 
l'ancienne pyramide.
De toute manière, ce qui retient le regard (et l'attention) à Cholula, c'est une pyramide précolombienne. Cholula, le pueblo actuel, est bâti sur les vestiges d'une ancienne cité qui datait de la même époque que Teotihuacan. Il existe donc, en plein milieu de Cholula, des vestiges archéologiques de cette époque. Et la structure la plus importante du site est une pyramide appelée Tlachihualtepetl. La cité, contrairement à Teotihuacan, n'aurait jamais été abandonnée. Diverses cultures préhispaniques en ont fait un de leur centre d'importance au fil des siècles, Olmèques, Toltèques... et a tissé des liens avec les Aztèques par la suite.

Malheureusement, la pyramide elle-même est quasi invisible, puisqu'elle n'aurait survécu à la destruction par les troupes de Cortes qu'en devenant une colline dans la ville, laissé à l'abandon après la démolition de ses parties supérieures par le conquistador. (Selon une des interprétation de l'histoire, Cholula avait formé une alliance contre l'envahisseur avec les Aztèques, mais se trouvait trop loin de Tenochtitlan pour être secourue quand Cortes a fomenté son attaque surprise et massacré la population locale). L'affaire est d'autant plus triste que la pyramide de Cholula, de par la dimension de sa base et sa hauteur, était la plus grande pyramide au monde en terme de volume. Pendant plusieurs années, les tunnels creusés dans la pyramide/colline par les archéologues pouvaient être en partie visité par les voyageurs. Au moment de mon passage, toutefois, ils étaient fermés.

La visite de Nuestra Senora de los Remedios
se gagne en gravissant la pyramide pour
se rendre au sommet.
On devine donc la pyramide sous la colline encore visible à Cholula. Toutefois, quelque chose d'inhabituel se trouve au sommet de cette pyramide: une église coloniale espagnole! L'église Nuestra senora de los remedios trône en effet sur le pueblo, du haut de la pyramide devenue colline.

Et cette église n'est pas une petite affaire. Érigée d'abord en 1594, puis agrandie en 1666, elle a souvent été frappée par la foudre - rien d'étonnant vu l'endroit où elle se trouve - et certaines croyances locales attribuent ces événements à la déesse de la pluie vengeant le temple précolombien détruit qui lui était consacré. Après un tremblement de terre en 1864, elle a été reconstruite dans sa forme actuelle - même si certains éléments de 1666 sont encore présents.


Vue de la nef principale de Nuestra Senora de los Remedios, intérieur mélangeant baroque et néoclassique, quelques chapelles sur les côtés, dôme au centre de la croix formée par la nef principale et le transept.


Sinon, heureusement pour l'amateur que je suis, il y a quand même quelques vestiges visibles de l'ancienne cité à Cholula. 


La plupart des structure restaurées se trouvent sur ce qui est appelé le Patio cérémonial, qui se trouvait juste au pied de al pyramide, côté sud.


Ailleurs aux alentours, à l'extérieur du site officiel, on peut encore apercevoir quelques ruines semi-restaurées, comme cet escalier non loin de la pyramide/colline.

Et sinon, le reste de Cholula vaut quand même le détour pour ses rues bordées de maisons colorées et ces nombreuses églises coloniales (on voit au fond, sur cette photo, l'église San Pedro).

--