mercredi 25 février 2026

Murales urbaines mexicanas (2)

Je suis en train de préparer un billet un peu plus long côté texte que ceux publiés depuis mon arrivée au Mexique il y a trois semaines. Ce billet sera publié au début de la semaine prochaine.

Entre temps, quelques photos supplémentaires de murales captées dans les environs de Guadalajara.


Une Catrina, captée à Tlaquepaque.


Ce chien fait partie d'une très longue murale couvrant deux murs d'angles d'un édifice de Tlaquepaque. Si vous pouvez lire les caractères dans la spirale de sa queue, vous y découvrirez «Bienvenue» dans une panoplie de langages.


Détail d'une grande murale dans une des entrée du centre culturelle de Tlaquepaque où on peut voir un chien et un chat.


Détail d'une murale assez sombre de l'ancienne chapelle «El calvario» du musée de céramique de Tlaquepaque.


Ce colibri, ce papillon et ces fleurs et oiseaux sont moins sombres, et forment une partie de la murale pour les droits humains, toujours à Tlaquepaque.


Ce paresseux déguste son café sur le coin d'une rue de Guadalajara.


Jaguar dans la jungle, Tlaquepaque.


Celle-ci est référentielles. Il s'agit d'abord d'une mosaïque de céramique, très grande, sur un mur de la rue Juarez à Tlaquepaque. On n'en voit ici qu'un segment, celui du centre. la mosaïque reproduit à l'identique une oeuvre du muraliste Diego Rivera qui trône dans un musée de Mexico et dont j'avais parlé dans ce billet - incluant avec une photo comprenant le même détail que la mosaïque-hommage ci-dessus.


Encore à Tlaquepaque, aussi rue Juarez.

Segment naïf d'une longue mosaïque animalière à Tlaquepaque. J'aime bien le toucan.

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lundi 23 février 2026

Déguster une Téquila... à Téquila !

Il y a une petite ville au nord-ouest de Guadalajara qui s'appelle Téquila. Et évidemment, c'est de là qu'est originaire la célèbre boisson. À l'époque pré-hispanique, on faisait fermenter le maguey (agave) pour en obtenir u alcool appelé pulque. Peu après l'Arrivée des espagnols, l'idée de distiller l'agave s'est implantée dans la région et ainsi est née la Téquila.

Aujourd'hui, Téquila - qui profite de l'appellation Pueblo magico - accueille des milliers de touristes de partout au Mexique et d'un peu partout dans le monde. Samedi dernier, lors de notre visite à Téquila, la ville était pleine de visiteurs, majoritairement latino-américains (et quelques gringos aperçus ici et là). Le centro historico est animé et dynamique, et on y retrouve de la Téquila partout. Dégustations, boissons à base de téquila offerte partout, même le vendeur d'helados offre de la crème glacée à la téquila!

Nous avons donc dégusté quelques variantes de la boisson et quelques déclinaisons en deux cocktails locaux, dont un (le batanga) pris au plus vieux bar de la ville (La capilla de Don Javier), là où il a été inventé par Don Javier dans les années 1960.

Nous avons aussi profité de notre présence à Téquila pour visiter une distillerie (Celle de José Cuervo sise au centro, la plus vieille distillerie des Amériques), où on nous a aussi fait déguster quelques variantes de Téquila - dont une pure blanche hors-vente, à 55% d'alcool, qui décapait assez solide.

Il existe plusieurs manières de se rendre de Guadalajara à Téquila et beaucoup de distilleries de la région offrent des visite. Nous avons opté pour le bus (option la moins chère), mais un train s'y rend également (malheureusement beaucoup plus cher) et des tours organisés tout inclus en train spécial ("Tequila Tren"), qui comprends un bar ouvert peut aussi être choisi, mais à 250$ US par personne, c'était clairement hors de mon budget de vagabond qui passe plusieurs mois sur la route au lieu de dépenser tout son budget en une semaine avec ce genre d'activités (qui avait l'air bien organisée en plaisante à expérimenter, ceci dit).


Le centro de Téquila est charmant. Plusieurs belles maisons colorées, un beau parc central, des rues pavées bien entretenues, quelques rues piétonnes.


L'église située en bordure du parque central offrait une surprise rigolote à l'entrée; ce chien, endormi du sommeil du juste, n'avait clairement aucun péché à se faire pardonner.


Ça devient un passage obligé lors de nos visites depuis quelques années ; la traditionnelle photo de Suze devant le nom de la ville.


Cave de José Cuervo où certaines variétés de Téquila sont vieillies en futs de chêne.


La cour intérieure à l'entrée de la distillerie, un magnifique édifice de style colonial espagnol.


Collection de voitures ayant servi à la distillerie au fil des décennies. D'une Ford 1920 (avant, à droite), jusqu'à une Chevrolet 1940 (au fond, à gauche)


Suze, avec un Cantarito, boisson traditionnelle locale rafraichissante; une bonne dose de Téquila, des oranges et des glaçons, une eau pétillante à la limonade, du jus de lime, et voilà. Servi dans une tasse en terre cuite artisanale (que vous êtes invité à conserver, ou même à refiler pour d'autres services au cours de votre journée).


Le centro - et la Mairie, dont on voit al cour intérieure ici - est classé au patrimoine mondial de L'UNESCO (logo en pierre au sol). La mairie est dans une ancienne prison et une murale au fond de la cour illustre l'histoire de la téquila.


Fenêtre sur cour à Téquila.


Le bar La Capilla de Don Javier, avec une murale en façade illustrant l'inventeur du batanga et fondateur de ce lieu mythique. le batanga est un peu comme un Cuba Libre, mais avec du jus de lime, du sel autour du verre et de la téquila au lieu du rhum, évidemment.


Chez Don Javier.


;-)


L'Esprit Vagabond, à Téquila!

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dimanche 22 février 2026

Le Mexique par l'affichage (2026)

Un de mes dadas en voyage, noter les éléments culturellement intéressants ou amusants par les panneaux d'affichage ou les éléments de décoration que je croise dans mes balades.


Attention, plage glissante :-) [Playa del Carmen]


Adieu aux nids de poules! Notez le pigeon en travailleurs qui vont réparer les routes! [Tlaquepaque].


Rue Jésus. Nous n'avons pas ça, à ma connaissance, dans les villes du Québec. [Guadalajara].


Hehehe, « La joie qui n'est pas procurée par la Téquila est fausse ». [Téquila].


Haha, bis. « Téquila. danger ». [Téquila].


Pièces d'échecs comme décorations sur le toit. [Tlaquepaque].


Quand il y a une panne de courant, c'est pas toujours évident d'en trouver la source. [Guadalajara].


Ces sculptures sont sensées représenter Adam et Ève, mais ce sont des reproductions du David de Michelange et de la naissance de Vénus de Botticelli. [Guadalajara].


Le salon d'esthétique masculin Picasso. Un choix de nom audacieux! [Guadalajara].


Iriez-vous travailler chez Lumen (Lumon, de la série Severance)? [Guadalajara].

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vendredi 20 février 2026

Petite visite au site archéologique de Ixtepete

Quand j'ai appris qu'il y avait un site archéologique pas loin de Guadalajara - en fait à l'intérieur même de la communauté urbaine de la métropole - je me suis dit qu'il fallait aller voir le site. Après quelques recherches, j'ai établi un plan pour m'y rendre. Le site est totalement hors radar des guides touristiques puisqu'il est mineur, peu connu, et qu'il était difficile d'accès il y a encore quelques années. L'amateur d'archéologie en moi ne pouvait pas se priver de cette visite.

Ixtepete est peu connu car même les archéologues en savent très peu sur qui l'a habité et quelle civilisation a érigé les structures encore visibles aujourd'hui.

Pour se rendre à Ixtepete, il suffisait d'emprunter la ligne 1 du métro jusqu'à son terminal sud, puis de trouver la station de Métrobus (bus articulés circulant sur des voies réservées) et d'emprunter la bonne ligne dans la bonne direction vers un croisement d'un grand boulevard avec l'autoroute périphérique de Guadalajara. On est donc assez loin du centro historico ici. Une fois audit croisement, quelques minutes de marche à pied permettent de trouver l'entrée du site qui est aujourd'hui dans un parc de quelques hectares plus ou moins laissé à l'abandon.


Ixtepete est donc un site mineur - j'y ai vu trois structures et deux monticules de pierres en grandes parties recouvertes de plantes que l'on a pas excavé, soit parce que tout était trop détruit ou que c'était une trop petite structure.


Rien de gigantesque à Ixtepete, pas de pyramide spectaculaire. Mais certains archéologues - considérant l'âge du site, l'architecture de la structure pyramidale principale ainsi que des objets représentants le serpent emplumé Quetzalcoatl - ont suggéré des liens avec Téotihuacan.


La cité aurait été habitée entre les années 400 et 800. Il y aurait eu cinq époques de développement architectural pendant ces siècles, les plus récentes structures auraient été érigées vers l'an 750. La société qui y évoluait a laissé plusieurs autres traces que les trois structures visibles aujourd'hui, puisque les archéologues ont excavés plusieurs tombes d'élites de cette société pendant les fouilles des années 1960 et 1970.


Côté archéologie et informations, on voit qu'il y a eu des efforts de conservation dans le passé, et quelques panneaux explicatifs demeurent encore sur place, mais ils sont partiellement détruits et trahissent leur âge et leur abandon. Cette plaque date probablement des derniers travaux à Ixtepete en 1975.


Ceci dit, pour un amateur comme moi, un site à une heure par transport en commun, en pleine ville, et gratuit de surcroit, le détour valait amplement la peine, malgré le peu d'informations disponibles. 


L'arrière de la structure pyramidale dont il ne reste que la base et un plateau haut de quelques mètres n'a jamais été restauré (peut-être était-il en trop mauvais état). Aujourd'hui, il se grimpe directement sur les pierres envahies par les herbes.


Vue du seul escalier original résiduel de cette pyramide. On peut monter tout en haut par un escalier en ciment qui reproduit probablement l'ancienne structure mais qui est clairement moderne (de l'autre côté, donc pas sur la photo).


C'était L'Esprit Vagabond, à Ixtepete.
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jeudi 19 février 2026

Cabañas et musa: les oeuvres majeures de Orozco à Guadalajara

Tout comme son confrère Diego Rivera, Jose Clemente Orozco est connu comme un des plus important peintre du mouvement muraliste mexicain. Lui, Rivera et Siqueiros sont certainement les trois artistes de ce mouvement les plus renommé au Mexique comme ailleurs dans le monde. Plusieurs des grandes murales de ces trois peintres se retrouvent à Mexico, mais Orozco, natif de l'état du Jalisco, y est revenu quelques années pour peindre de grandes murales sur trois édifices majeurs de Guadalajara.

Le premier est l'hospice Cabañas (aujourd'hui un musée) où il a réalisé une série d'une quinzaine de murales dans plus grande salle en plus de peindre la coupole du dôme de l'édifice. Le second a été le palais gouvernemental du Jalisco (fermé temporairement pour réno) et le troisième a été l'auditorium du rectorat de l'Université de Guadalajara (aujourd'hui également un musée).

J'ai donc visité les deux endroits où on pouvait voir ces oeuvres, deux édifices qui déjà, à eux seuls, valent la visite - surtout que dans les deux cas, la visite était gratuite (toujours pour le Musa, et les mardis pour Cabanas).


Le musée Cabañas a d'abord été un hospice et le terrain qu'il occupe est très vaste. Le musée lui-même est conçu comme deux grands carrés encadrant deux cours intérieures. Le tronçon du milieu est une immense salle où se trouve la coupole que l'on voit quand on approche du musée.


Vue de la cour intérieure qui nous accueille à notre entrée.
Plusieurs expositions temporaires sont offertes - la plupart assez petites mais pas inintéressantes. L'expo temporaire qui a retenu le plus notre attention était celle sur le mouvement féministe en Catalogne des années 1900 à nos jours - une étonnante exposition pleine de petits détails fascinants et de documents historiques. (souvent en Catalan).


Mais la pièce de résistance du musée demeure la salle centrale, qui forme une sorte de + allongé rappelant les nefs d'églises et dont tous les murs et plafonds sont peints de murales signées Orozco.


L'intérieur de la coupole, vu de ma position au plancher. Ça n'a pas l'air si impressionnant vu comme ça en photo, mais si vous comparez avec la photo suivante qui représente un détail de cette coupole, en plus gros plan, ça donne une idée de l'échelle de la salle.


Détail de la photo précédente.


Dans la cour intérieure, les orangers (avec quelques fruits murs, en février), ornent l'endroit.


Notre seconde visite s'est déroulée dans cet édifice qui, à l'origine, devait être une école primaire. Après quelques changements de vocations, l'immeuble a finalement été donné à l'Université de Guadalajara, qui en a fait son rectorat pendant un moment, puis a converti une partie du rez-de-chaussée en musée, pour convertir l'ensemble de l'immeuble en Museo de las Artes (musa), en 2013.


Le musa accueille donc une série d'expositions temporaires - la plus intéressante en ce moment s'intitule Doncella-Madre-Sabia et est consacrée à la représentation des femmes dans une collection personnelle léguée au musa par une dame qui s'appelait Pyrrha Gladys Grodman. une série de tableaux d'artistes mexicains, dont certains peints dans les années 50-60 et clairement inspirés des mouvements popularisés par Picasso et Dali.


Encore une fois, l'édifice vaut le détour, pour son mélange d'éclectisme et d'art nouveau. L'entrée donne sur deux escaliers monumentaux de part et d'autre du hall.


Le point central de l'immeuble est un auditorium; El Paraninfo. C'est dans cet amphithéâtre que l'on retrouve les oeuvres murales réalisées par Orozco de 1935 à 1939. Une grande murale en fond de scène, est bordée de deux murales de côté. Puis il y a une oeuvre centrale à l'intérieur de la coupole.


L'architecture de l'amphithéâtre vaut aussi d'être souligné, aves ces colonnes au balcon soutenant la coupole et son arche entourant la scène..


Les murales de Orozco - comme celles du Musée Cabañas - sont très fortes en thématique socialistes de l'époque (oppression par l'armée et le pouvoir, luttes des travailleurs, faiblesses et corruption des leaders-politiciens). 


Contrairement à la coupole du musée Cabañas, le plafond du musa est beaucoup plus bas, ce qui est à la fois moins étourdissant (et on peut mieux admirer l'oeuvre) mais impossible à photographier au complet. Ici, détails de la coupole.

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Le Palais du gouvernement de l'état de Jalisco étant fermé temporairement, je ne devrais donc pas pouvoir y aller voir les autres murales que Orozco a réalisé lors de son séjour à Guadalajara.