samedi 28 mars 2026

Tlalpan - un village dans la ville à 30 km du centro historico

Aujourd'hui, nous sommes allé nous balader dans le centro de Tlalpan, un pueblo qui a été avalé par la ville de Mexico alors que celle-ci s'agrandissait. Un peu comme Coyoacan et San Angel, d'anciens villages situés au sud de Mexico, l'étalement de la capitale a rejoint ces endroits au fil des ans, et ils sont désormais partie intégrante de la CDMX. Ces trois anciens villages sont aujourd'hui des arrondissements importants de Mexico, même si parfois, ils semblent éloignés du centro historico de CDMX.

Ça donne quand même une idée de l'échelle de cette ville exceptionnelle: Tlalpan est un arrondissement de Mexico, dont le centre de l'ancien village, est situé à 30 km au sud du centro historico de Mexico.

Pour les lecteurs montréalais, c'est comme si la ville de Montréal s'était étendue assez loin pour que Chambly en devienne un arrondissement.

Plus étonnant encore, vu l'incroyable système de transport en commun de la CDMX, Tlalpan est non seulement desservi par la ligne de tramway à l'est, mais est aussi desservi par une ligne de Métrobus à l'ouest. Nous avons donc pris le métro en avant-midi, vers la station Tasquena, d'où nous avons emprunté la Linea 1 du tramway et sommes descendu à Huipulco. De là, une petite marche sur l'agréable Calzada de Tlalpan nous a mené en plein coeur du village.

Calzada de Tlalpan
Après notre visite de Tlalpan, nous avons marché quelques minutes vers l'ouest et avons pris le Métrobus, fait une escale pour retourner vagabonder dans le beau quartier de San Angel avec son bazar du samedi et ses artisans éparpillés partout dans ses rues et ses parcs, avant de reprendre le Métrobus pour rentrer chez nous, à trois stations de métro, dans l'arrondissement Cuauhtémoc.

Essayez de faire ce genre de choses chez nous relèverait de la folie pure: Un transport collectif qui partirait de Montréal vers Chambly, avec une fréquence d'un passage au 4 minutes, puis revenir par un autre moyen de transport collectif et faire arrêt dans une autre ville/arrondissement... le tout sans attendre plus que 3 minutes chaque transport... et pour un coût total pour 2 personnes de 42 pesos (équivalent de 3,22$ canadien, soit moins qu'un seul trajet en métro à Montréal, sans même sortir de l'ile).

Fermons la parenthèses des transports et de l'accessibilité de certains sites et villages du Mexique ici. Et revenons à Tlalpan, joli petit coeur villageois en pleine ville et quartier fort agréable à arpenter en un beau samedi de fin mars.



Arches qui marquent l'entrée de la cour de la paroisse San Augustin de las Cuevas et qui sépare la cour de la Plaza de la Constitucion, le parque central de Tlalpan.


Porte et fontaine à l'entrée de l'immense antigua hacienda de Tlalpan, qui occupe tout un pâté de maison (et ne semble pas se visiter).


Les panneaux de rue sont jolis, fer forgé, police de caractère spéciale, et on mentionne même l'ancien nom des rues.


Le monument à Benito Juarez est entouré d'une jardin de cactus et plantes grasses.


L'habituel cloitre (de San Augustin), avec une fontaine au centre est ouvert aux visiteurs.


J'ai eu l'impression que Tlalpan supportait la candidature de Claudia Sheinbaum comme présidente aux dernières élections, car ce genre d'appui marqué au stencil apparaissait encore un peu partout dans les rues du pueblo (les élections remontent à octobre 2024). Rien d'étonnant, puisqu'elle a été mairesse de l'arrondissement de Tlalpan de 2015 à 2017 avant d'être mairesse de Mexico. Ces appuis publics semblent démontrer qu'elle a été appréciée à Tlalpan.


Je n'ai pas encore parlé de ces arbres aux fleurs couleur lavande que l'on voit littéralement partout en ville (il y en a un devant notre balcon). Il s'agit d'un jacaranda, arbre que je n'avais pas remarqué lors de mes deux séjours précédents au Mexique (chaque fois à l'automne), et j'en conclus du présent séjour qu'il fleuri au printemps et en été.

Une (autre) photo quasi monochrome, avec sujet minimaliste: Suze près d'un arbre, dans le centro de Tlalpan.

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mercredi 25 mars 2026

Couleurs mexicaines : Photos minimalistes

Un autre petit billet visuel.

Quand je prends des photos en voyage, il m'arrive de voir une sorte de thématique parmi les clichés captés au fil des semaines. C'est un peu ce qui s'est passé avec les 10 photos de ce billet. J'ai remarqué par hasard qu'elles avaient toutes une chose en commun; une vue minimaliste sous une couleur dominante.


Cactus sur rue, devant une casa orange [Ajijic].


Villa Luna [Ajijic].


Suze en marche [Tlaquepaque].


Coupole et dôme d'église [Puebla].


Porte, heurtoir, boite aux lettres [Puebla].


Arbre à fleur dans paysage de cactus [Cuicuilco, CDMX].


Gato y peces [Ajijic]. 


Église coloniale [Cuernavaca].


Choupette blanche [Ajijic].


Suze dégustant un cantarito [Tequila].

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mardi 24 mars 2026

Murales urbaines Mexicanas (3)

Je ne peut pas résister aux murales, je suis un fan.

En voici donc 15 autres, aperçues dans divers états du Mexique depuis mon arrivée, dans aucun ordre particulier.


Avenida 7, Puebla.


Mercado municipal, Cholula.


Station de métro Bellas Artes, CDMX.


Avenida 7, Puebla. J'ai volontairement conservé l'environnement, sans isoler l'image sur une photo. 


Au plafond du portique d'entrée du Teatro del Pueblo, à Mexico. J'ai demandé la permission d'entrer, ça n'avait pas l'air ouvert au public, le gardien m'a laissé me balader et prendre des photos - dont celle-ci -  à ma guise. Je n'ai pas pu entrer dans la salle du théâtre elle-même, un musicien y était en enregistrement.


On cherchait une panaderia, et en parcourant diverses petites rues non fréquentées par les touristes, je suis tombé sur cette murale. Tepoztlan. 


Entre le centro historico et le quartier de China Poblana, à Puebla.


Station de métro Tacubaya, CDMX"


Autre murale de la station Tacubaya, section de la ligne rose, CDMX.


Dans une rue en pente, de Tepoztlan.


Pas une murale peinte, mais en vitrail, dans le Castillo de Chapultepec à Mexico.


Une partie d'une grande murale ornant le musée de Teuchitlan.


Au plafond et au mur du hall d'entrée du Musée d'histoire nationale, dans le Chateau, à Mexico.


Vue du plafond de l'escalier du hall d'entrée du Musée d'histoire nationale de Mexico.

L'Esprit Vagabond, dans le quartier huppé de Polanco, CDMX.

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lundi 23 mars 2026

En visite à Cuicuilco (B) !

Dans mon billet sur la cité de Cuicuilco, j'évoquais l'existence d'autres ruines, de l'autre côté d'Insurgentes, la grande artère qui traverse Mexico du nord au sud et coupant l'ancienne cité en deux. De l'autre côté, depuis les années 1960, ce sont les installations olympiques et le village olympique qui se trouvent là. J'avais vu sur un vieux plan délavé de Cuicuilco (*) qu'il existait donc quelques autres vestiges à travers le village olympique de 1968.

J'ai trouvé l'occasion d'aller faire un tour de reconnaissance dans le secteur, et découvert trois autres structures d'intérêt sur le site de Cuicuilco B.


Le site identifié Cuicuilco B ne comporte en fait que deux structure, appelées Edificios VI et VII par les archéologues. L'édifice I étant sis à Cuicuilco A, et quelques autres structures s'y trouvant, j'assume que ces structures, incluant la pyramide circulaires, portent des numéros, mais ils ne sont pas identifiés sur le site.


Cuicuilco B est un site fermé, personne n'y a accès, donc on ne peut pas s'approcher très près des deux petits autels/pyramides qu'on y voit. Par contre, quand on a la patience de faire le tour du secteur, on se trouve devant une grille qui est à proximité de chaque structure.


Comme pour le secteur de Cuicuilco A, le site gagnerait à être mieux entretenu, la végétation est en train de reprendre ses droits et effacer le travail d'excavation et restauration effectué dans les années 1920 et les années 1960.


Sur le vieux plan délavé de Cuicuilco consulté l'autre jour à Cuicuilco A (*), j'avais aperçu une indication d'un «Palacio», quelque part plus loin que les deux structures de Cuicuilco B, sans que ce Palacio ne semble identifié comme partie de Cuicuilco B. Ça m'a pris un certain temps et un peu d'initiative afin de le trouver. Le Palacio se trouve dans le centre sportif de la Villa Olympica, et est juste à côté de l'anneau olympique d'athlétisme. Pour le voir et y accéder, vous devez entrer dans le centre sportif, puis traverser une salle, un couloir et une cour. On ne voit alors qu'un coin vaguement arrondi de la base de la structure, mais un petit sentier mène un peu plus loin et permet de faire le tour. Évidemment, aucune indication n'est affiché nulle part - d'où le temps et l'initiative requis pour découvrir le Palacio - j'ai un peu erré, suis allé trop loin, suis revenu sur mes pas avant d'entrer dans le centre sportif, sans savoir si un gardien validerait si j'avais le droit de m'y trouver ou non, puis j'ai erré un peu plus à l'intérieur avant de voir la base de la structure. Généralement, quand ça arrive, le truc est de marcher l'air sur de soi, comme si c'était normal d'être là, et ça permet d'éviter les questions qui viennent quand vous avez l'air perdu. 


Une fois passé le sentier - tout le complexe sportif est ouvert au public général, pas besoin de montrer patte blanche, donc on m'a laissé errer à ma guise - il y a un escalier qui mène à une passerelle près des courts de tennis du centre, et qui permet non seulement de voir la partie du dessus du palacio, mais aussi d'apercevoir le petit autel sis juste devant (centre gauche sur la photo).


On peut même, comme à Cuicuilco A, monter sur la structure et s'y balader à sa guise. Il faut dire qu'il n'y a guère plus à voir du dessus que quand on se trouve devant.


Les vestiges du Palacio ressemblent en terme structuraux et d'ampleur, au Palacio de Téotihuacan. ON peut aussi y voir les restes de quelques fondations. Malheureusement, lors de l'installation de l'anneau d'athlétisme juste à côté, une partie du Palacio a été perdue. L'anneau de course se trouve donc sur des ruines de fondations pré-aztèques.


Autre vue combiné des Édifices VI et VII de Cuicuilco B.


En terminant définitivement ma visite de la cité de Cuicuilco, je suis allé faire un tour dans le parc urbain et zone écologique de Loreto Pena Pobre, juste quelques centaines de mètres au sud de Cuicuilco A. C'est que sur le vieux plan déjà mentionné, on y indiquait qu'à l'époque de la découverte du site dans les années 1920, on voyait les traces d'une pyramide à cet endroit. Aujourd'hui, un siècle plus tard, on ne voit qu'une colline verdoyante dominée par des arbres et une abondante végétation. les vestiges de cette pyramide dorment donc encore sous ce tapis vert.

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(*) Quelques plaques sont présentes à Cuicuilco A (et j'en ai vu une à Cuicuilco B, mais illisible de mon point de vue derrière la grille). À l'entrée de Cuicuilco A, on trouve un plan sur une plaque de métal usé à la corde, où on voit les mentions des édifices VI, VII, du Palacio et de l'emplacement de la «pyramide» de Pena Pobre, mais le plan n'est définitivement pas à l'échelle, et avec l'usure du temps, manque maintenant de clarté. Le site A est gratuit et est donc maintenu à son minimum et le site B est fermé aux visiteurs. On voit des traces de végétations qui envahissent toutes les structures autant au site A qu'au site B ou au Palacio. 

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dimanche 22 mars 2026

L'exceptionnelle bibliothèque de l'UNAM

L'Université nationale autonome de Mexico (UNAM) est la plus importante université et la plus ancienne d'Amérique latine (fondée en 1551). En plus, elle loge sur un campus classé UNESCO, et c'est une université publique, laïque... et gratuite!

Le campus de l'UNAM est au sud de la ville, non loin des ruines de Cuicuilco et des installations olympiques de 1968. L'endroit est gigantesque; une ville dans une ville, comme ça arrive souvent avec les grandes universités. D'ailleurs, dans mon billet sur Cuicuilco, j'évoquais l'éruption volcanique qui avait inondé de lave le secteur; une partie des immeubles du campus de l'UNAM est bâti avec la pierre volcanique trouvé au sol du quartier qu'elle occupe.

Si le campus est classé au patrimoine mondiale de l'UNESCO, c'est que lors de son développement, on a fait appel à des architectes et artistes de renom pour imaginer l'ensemble. Juan O'Gorman, Diego Rivera, David Siqueiros et plusieurs autres ont contribué à faire du campus une oeuvre unique. 

Nous sommes donc passé par le campus aujourd'hui, et nous en avons profité pour faire le tour de l'exceptionnelle bibliothèque centrale de l'université, dont le design extérieur est justement signé O'Gorman. (Pour les lecteurs particulièrement attentifs et avec une bonne mémoire, O'Gorman est ce peintre muraliste et architecte qui avait travaillé sur les maisons de Frida Khalo et Diego Rivera à San Angel).

Voici donc ce qu'il a imaginé comme extérieur pour l'édifice abritant la bibliothèque universitaire de Mexico:


La partie haute de l'immeuble rectangulaire est entièrement recouverte par quatre murales thématiques; une par face.


Chaque mur porte sur un pan de l'histoire du Mexique. Ici, un détail du mur nord; civilisations pré-hispaniques. Les murs suivantes portent sur la conquête et la révolution, puis sur le monde contemporain. D'autres éléments historiques font aussi leur apparition dans cette oeuvre monumentale.


Par exemple, ce détail du mur sud: Le monde héliocentrique selon Copernic, qui apparait à droite de celui imaginée auparavant (géocentrique) par Ptolémée.


Jaguar. Détail.


Parenthèse, ici, une autre oeuvre, partie de l'édifice faisant face à la bibliothèque, la Torre de rectoria. La murale est signée David Siqueiros.


Autre détail du mur nord.


Vue en contreplongée des murs sud (passé colonial) et est (monde contemporain). Sur la façade est, on peut voir une molécule (alors signe de modernité). Devant en bas, un masque aztèque en pierre recouvre le bas de l'édifice (plus large que la partie haute).


Autre détail de la murale de la bibliothèque.


Par hasard, c'était jour de graduation, et tous les nouveaux diplômés se faisaient prendre en photo devant la bibliothèque, un édifice iconique de l'Université.
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