lundi 9 mars 2026

Dans l'église coloniale sur la pyramide précolombienne d'un pueblo magico mexicano

Avenida Morelos, entre plaza de la concordia
 (Zocalo) et le site archéologique.
Lors de mon dernier billet traitant d'un site archéologique, je terminais en mentionnant que la difficulté de m'y rendre n'avait pas entamé mon enthousiasme pour ce genre de site et que je planifiais déjà d'en visiter d'autre dans les environs.

Samedi dernier, nous nous sommes rendus dans la région de Puebla, un état voisin de l'Estado de Mexico au centre duquel se trouve CDMX. Notre première destination a été le pueblo de Cholula, qui a obtenu la distinction d'appellation contrôlée de Pueblo Magico, habituel signe de charme architectural historique.

Les églises et chapelles du couvent franciscain
San gabriel Archangel souffrent un peu de la
vastitude abandonnée du jardin.

Plusieurs rues du centro historico de Cholula ne sont pas exemptes de beaux édifices coloniaux, et le zocalo au centre du village est définitivement une affaire gigantesque (pour un centro pas si étendu). Ce qui frappe d'abord le visiteur, c'est la quantité phénoménale d'églises dans le centro, on en décompte 39 sur la carte touristique apparaissant à divers coins de Cholula. La grande majorité de ces églises sont de style colonial espagnol, mais elles ne sont pas toutes élégante, surtout par leur taille parfois démesurée, ou les plazas et jardins qu'elles occupent, larges et dénuées de plantes, d'arbres ou autres ornements. Une belle église coloniale, c'est quelque chose, mais si elle se trouve sur un terrain vague semi abandonné, ça perd de son enchantement.

Vue de la colline artificielle qu'est 
l'ancienne pyramide.
De toute manière, ce qui retient le regard (et l'attention) à Cholula, c'est une pyramide précolombienne. Cholula, le pueblo actuel, est bâti sur les vestiges d'une ancienne cité qui datait de la même époque que Teotihuacan. Il existe donc, en plein milieu de Cholula, des vestiges archéologiques de cette époque. Et la structure la plus importante du site est une pyramide appelée Tlachihualtepetl. La cité, contrairement à Teotihuacan, n'aurait jamais été abandonnée. Diverses cultures préhispaniques en ont fait un de leur centre d'importance au fil des siècles, Olmèques, Toltèques... et a tissé des liens avec les Aztèques par la suite.

Malheureusement, la pyramide elle-même est quasi invisible, puisqu'elle n'aurait survécu à la destruction par les troupes de Cortes qu'en devenant une colline dans la ville, laissé à l'abandon après la démolition de ses parties supérieures par le conquistador. (Selon une des interprétation de l'histoire, Cholula avait formé une alliance contre l'envahisseur avec les Aztèques, mais se trouvait trop loin de Tenochtitlan pour être secourue quand Cortes a fomenté son attaque surprise et massacré la population locale). L'affaire est d'autant plus triste que la pyramide de Cholula, de par la dimension de sa base et sa hauteur, était la plus grande pyramide au monde en terme de volume. Pendant plusieurs années, les tunnels creusés dans la pyramide/colline par les archéologues pouvaient être en partie visité par les voyageurs. Au moment de mon passage, toutefois, ils étaient fermés.

La visite de Nuestra Senora de los Remedios
se gagne en gravissant la pyramide pour
se rendre au sommet.
On devine donc la pyramide sous la colline encore visible à Cholula. Toutefois, quelque chose d'inhabituel se trouve au sommet de cette pyramide: une église coloniale espagnole! L'église Nuestra senora de los remedios trône en effet sur le pueblo, du haut de la pyramide devenue colline.

Et cette église n'est pas une petite affaire. Érigée d'abord en 1594, puis agrandie en 1666, elle a souvent été frappée par la foudre - rien d'étonnant vu l'endroit où elle se trouve - et certaines croyances locales attribuent ces événements à la déesse de la pluie vengeant le temple précolombien détruit qui lui était consacré. Après un tremblement de terre en 1864, elle a été reconstruite dans sa forme actuelle - même si certains éléments de 1666 sont encore présents.


Vue de la nef principale de Nuestra Senora de los Remedios, intérieur mélangeant baroque et néoclassique, quelques chapelles sur les côtés, dôme au centre de la croix formée par la nef principale et le transept.


Sinon, heureusement pour l'amateur que je suis, il y a quand même quelques vestiges visibles de l'ancienne cité à Cholula. 


La plupart des structure restaurées se trouvent sur ce qui est appelé le Patio cérémonial, qui se trouvait juste au pied de al pyramide, côté sud.


Ailleurs aux alentours, à l'extérieur du site officiel, on peut encore apercevoir quelques ruines semi-restaurées, comme cet escalier non loin de la pyramide/colline.

Et sinon, le reste de Cholula vaut quand même le détour pour ses rues bordées de maisons colorées et ces nombreuses églises coloniales (on voit au fond, sur cette photo, l'église San Pedro).

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samedi 7 mars 2026

Il s'est écoulé 500 jours entre ces deux photos

J'ai parfois illustré le temps qui passe par des montages photos quand je me retrouve dans un lieu où j'ai déjà mis les pieds quelques années auparavant. Généralement, ce qui est intéressant, c'est de voir les petits changements au lieu en question, mais surtout, les changements dans le modèle (Suze ou moi-même) au fil des années.

Aujourd'hui, c'est un peu différent, car le laps de temps entre les deux photos est assez court: 497 jours, pour être précis. Octobre 2024 à Mars 2026. Alors pourquoi faire un montage pour un moment aussi court, alors que le modèle n'a pas changé de manière notable?

Parce que le décor a changé d'une manière un peu étonnante. Voyez par vous-mêmes:


Photo captée sur le même banc du quartier Polanco de CDMX, au coin des rues Edgar Allan Poe et Presidente Masaryk.

La boutique Tane est une bijouterie de luxe établie à Mexico depuis des décennies, le banc est devant un des murs de cette boutique, devant la plate bande de cactus.

Tout l'extérieur de l'immeuble était bleu en octobre 2024, et est maintenant rouge.

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vendredi 6 mars 2026

Arrivé à Mexico, accueillis par Shakira!

Nous sommes donc bien arrivés à Mexico, probablement le plus gros coup de coeur de mes cinq dernières années de voyage. En quittant en début décembre 2024, je m'étais promis d'y revenir, et plus tôt que tard.

Dès notre première journée, nous avons pu profiter d'une soirée mémorable, une belle surprise comme seuls les hasards de voyagent les font: Shakira, en spectacle, au Zocalo, le tout gratuitement.

Le Zocalo de Mexico est une des plus grande place urbaine au monde. C'est définitivement la plus grande place où j'ai mis les pieds, en tout cas.


La foule dans le Zocalo, juste avant le début du spectacle. Les organisateurs avaient prévu le coup, côté popularité. En plus de la scène principale et des écrans géants de côté, on avait installé au moins une centaine d'écrans géants couvrant des kilomètres de plusieurs rues attenantes au Zocalo. Non seulement les rues atenantes, mais le boulevard qui borde le parque Alameda, à 15 minutes à pied du Zocalo proposait aussi une série d'écrans géants aux 100 mètres. Plus loin encore, au monument à la révolution, autre grande place de Mexico, on avait également installé des écrans géants. 


Étant des vrais de vrais, nous sommes allés nous installé au Zocalo. Il y avait déjà foule à notre arrivée - certains y étaient depuis midi (nous étions passé au Zocalo vers midi pour voir comment s'était organisé, et la sécurité scannait déjà les visiteurs et l'avant de la scène était déjà pas mal plein de fans, qui attendraient là plus de 8h avant le début du spectacle).


Nous n'étions donc pas parmi les plus proches de la scène, mais à part les écrans derrière Shakira (qui servaient à la mise en scène visuelle et reproduisaient parfois le spectacle en gros plan), on pouvait suivre également sur un écran de côté. Néanmoins, on pouvait quand même voir Shakira, la seule et unique, pendant tout le spectacle.


Même loin de la scène, l'ensemble des chorégraphies était impressionnante.


Spectacle très généreux, de deux heures trente sans interruption, le concert de Shakira est de ces expériences qu'on n'oubliera pas de sitôt. La musique entrainante, les chorégraphies élaborées, l'énergie contagieuse de l'artiste, quelle soirée!


Aperçu de la foule s'étendant devant la scène, à perte de vue. En arrière-plan, la cathédrale de Mexico.


Pour plusieurs, un spectacle aussi grandiose, de ce calibre, en public, gratuit, c'est le genre de choses qui n'arrivent qu'une fois dans une vie. Et c'est vrai que c'est assez rare que c'est une expérience que je vais chérir longtemps et n'oublierai jamais.
Mais j'ai été chanceux dans mes voyages et séjours, puisque pour moi, à deux autres reprises, j'ai pu profiter d'un tel moment. La première fois, c'était Paul McCartney, à Rome, en 2003, la journée de notre arrivée à Rome, devant le Colisée, sur la Via Imperiali. Inoubliable moment. La seconde fois, c'était Paul McCartney, sur les plaines d'Abraham en 2008. Autre moment inoubliable.
Shakira au Zocalo de Mexico, c'est de cette ampleur là, de ce calibre-là. Quelle soirée fantastique!


Dernière vue de la foule, avec le drapeau du Mexique au centre du Zolcalo. Le tout s'est terminé par des feux d'artifices, rien de moins, et il a fallu une bonne heure pour sortir du site à pied, et s'en revenir à notre hébergement (situé pas si loin du centro, donc accessible à pied en cas de besoin).
J'ai lu le lendemain matin que la foule total a été estimée à 400 000 personnes, au Zocalo, dans les rues et dans les parcs et place où se trouvaient les écrans géants.
Certains des journaux locaux, le lendemain, titraient « Le spectacle du siècle » à Mexico.
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jeudi 5 mars 2026

Au revoir, Guadalajara! (Et merci de l'accueil et la bienveillance)

Question de boucler la boucle à partir de mes premières impressions de Guadalajara, quelques notes et photos au moment de quitter la ville (et le Jalisco). Direction: CDMX.

J'ai beaucoup aimé la ville et mon séjour à Guadalajara. C'est certes une grande métropole parfois bruyante, parfois désorganisée, disparate, avec de nombreux contrastes, mais c'est aussi une ville accueillante et au rythme de vie moins effréné que plusieurs autres grandes villes. Il y a ici une attitude assez relax qui fait en sorte qu'on ne voit que peu de gens à la course, que se soit sur les trottoirs, dans les épiceries ou les transports en commun. L'ambiance lente de la ville contraste avec sa grandeur. 

Je n'ai malheureusement pas eu beaucoup de temps pour écrire sur la ville elle-même, puisque j'ai aussi fait des excursions un peu partout autour. Je retiendrai surtout les contrastes entre la grandeur des édifices historiques du centro historico, les grandes résidences des belles rues de Chapultepec, avec les petites demeures ordinaires, voire semi-déglingues. Il faut qu'à Guadalajara comme ailleurs en Amérique latine, derrière certaines façades qui ne payent pas de mine, on retrouve souvent de très beaux et confortables intérieurs, avec des cours à ciel ouvert et un certain luxe que l'on cache de l'extérieur par une façade peu attrayante et reflétant la pauvreté, afin de ne pas attirer les malfaiteurs.

Et je retiens aussi la bienveillance générale des gens avec qui j'ai interagit. Quand on s'installe pendant un mois dans une ville, dans un quartier, on y prend des habitudes, un fréquente la même boulangerie, la même tienda, on achète une bière au même endroit, au passe chez la vendeuse de fruits et légumes du coin de la rue plusieurs fois par semaine, et ces gens-là nous accueillent et nous reconnaissent après quelques visites et semblent toujours contents de nous revoir. ce sont parfois tous ces petits échanges sympathiques et ordinaires qui font d'un séjour prolongé un succès. Évidemment, dans le cas de ce séjour-ci, les événements du 22 février et la journée qui a suivi ont renforcé cette impression de bienveillance, entre ces gens du commerce formel et informel et les voisins. On m'a traité comme un gars du voisinage dans tous les petits commerces pendant mon séjour, a fortiori lors de ces deux journées inhabituelles. Ça a bien sûr contribué à mon sentiment de sécurité pendant les événements.

En quittant Guadalajara, je vous laisse donc sur quelques photos et notes de mes dernières journées dans la capitale du Jalisco.


Guadalajara est une très grande ville, et je n'ai pas pu y explorer chaque rue et chaque quartier. Par exemple, en voulant me rendre dans un cimetière au nord du centro (qui s'est avéré fermé), j'ai découvert cette grandiose façade du Teatro de Espana.


Lors de notre avant-dernière journée en ville, Suze n'a pu résister à faire un tour du Carousel!


J'avais décidé d'aller voir si l'ex-couvent des carmélites (ex-covento del Carmen) - qui abrite un musée d'art - se visitait à part les salles d'eposition. Non seulement il se visite, mais il est gratuit et nous sommes arrivés juste à temps pour un tour guidé sur l'histoire de l'édifice dont la construction remonte à 1758.


Arches et plafonds du cloitre de l'ex-couvent.


Le Musa, de nuit. Comme il était situé enre le centro et notre hébergement rue San Felipe, nous passions souvent devant cet immeuble.


Je n'avais pas pris de photo du Palacio del Gobierno (siège du gouvernement de l'état du Jalisco) car il est en rénovation et sa façade est placardée un peu partout (on voit sur ce cliché, malgré mes efforts de photographe, que certaines fenêtres sont barricadées de panneaux de bois). La jolie gloriette qui orne la plaza faisant face au palacio était aussi en rénovation (beaucoup de travaux d'embellissement à Guadalajara, avant l'arrivée des matchs de la coupe du monde), mais j'en ai capté un petit morceau sur cette photo.


Ruelle piétonne du centro historico où se trouvent plusieurs restaurants. Tranquille par un milieu d'après-midi, mais les terrassent se remplissent une fois le soir venu. (Pour l'anecdote, cette photo a été captée vers 15h le 24 février dernier dans ma série « les choses reviennent à la normale »).


Cette chaise/sculpture est une oeuvre d'Alejandro Colunga, un artiste du Jalisco, natif et habitant de Guadalajara. Il a réalisé une série de chaise/sculptures de bronze dont une partie se trouve dans le parc devant le musée Cabanas (dont j'ai parlé ici). Celle-ci s'intitule Chaise-canard, pour des raisons assez évidentes. Les touristes se rendant à Puerto Vallarta, plus à l'est, reconnaitront son style, puisqu'on retrouve à cette station balnéaire une série de chaises-sculptures du même artiste.

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El lago de Chapala (2): Le charme tranquille d'Axixic (Ajijic)

Si vous lisez régulièrement ce blogue, vous vous souviendrez que pour passer une belle journée de fin de semaine à la campagne le long d'un lac entouré de montagnes, les habitants de Guadalajara se rendent au Lago de Chapala. La porte d'entrée de la région du lac est la petite ville de Chapala et c'est une des destinations de choix des vacanciers. Mais à quelques kilomètres à peine de Chapala, on trouve un magnifique petit village coloré qui attire des visiteurs de partout dans le monde: Ajijic. 

Après avoir visité Chapala, on s'est donc rendu à Ajijic et on a eu un de nos trois coups de coeur de la région de Guadalajara. Ainsi, avant de quitter le Jalisco, nous avons décidé d'y retourner passer notre dernière journée dans la région.

La route principale passe à la limite du centro historico, qui est limité de l'autre côté par le lac lui-même. Un centro qui est en fait un quadrillages de rues pavées de pierres, organisées autour d'une plaza principale et d'une rue piétonne la reliant à l'église du village. Des maisons traditionnelles colorées bordent les rues tranquilles du pueblo (puisque l'essentiel du trafic passe sur la route principale au nord du village. 

J'abuse un peu du mot charmant sur ce blogue quand je décris ce genre d'endroits, mais c'est le terme qui convient à Ajijic.


L'église San Andres Apostol de Ajijic se dresse devant un joli jardin.


Une des attractions du village: le mur des morts; c'est une série de masques de crânes recouvrant tout un mur d'un immeuble installés par un artiste pour faire réfléchir sur la mort. Chaque crâne porte un nom d'une personne ensevelie au cimetière de Ajijic. Les visiteurs sont invités à chercher si leur nom s'y trouve. Une installation particulièrement originale (mais non, je n'y ai pas vu mon nom, ni sa déclinaison latino, Hugo).


Rue pavée assez typique du centro historico de Ajijic.


Rue Hidalgo, avec l'église au fond.


Restaurant coloré qui fait partie du charme que j'évoquais ci-dessus. Il vient un moment dans un lieu où si vous avez assez d'initiatives qui font joli, l'ensemble devient charmant, malgré quelques défauts ou édifices plus ordinaires ou mêmes abandonnés.


Un autre exemple original; cet iguane gravé dans la façade de cet immeuble abritant une galerie d'art.


Au bord du lac, il y a un restaurant argentin dont le mur faisant face au village est recouvert d'une splendide murale évoquant à la fois la culture mexicaine (catrina/dia de muertos) et la culture argentine (le cowboy avec sa tasse de maté).


Parlant d'orignal... d'original, pardon. C'est la première fois que je vois un orignal représenté quelque part au Mexique.


On a aussi eu droit à un concert (disons une discussion animée) de ces trois petits perroquets.


Suze n'a pu s'empêcher de prendre des photos à Ajijic (toujours un signe que l'endroit est joli quand Suze se donne la peine de prendre des photos!)


À côté de l'église San Andres Apostol, on retrouve un cloitre/jardin fort élégant.


Et comme nous sommes au bord du lac, de très nombreux oiseaux marins peuvent être observés le long du malecon ou dans les sentiers le long du lac. Pélicans, canards de toutes sortes et évidemment, des hérons blancs.

Je parle de Ajijic depuis le début du billet, mais vous aurez peut-être remarqué que le titre fait référence à Axixic. L'orthographe actuel avec les J est en espagnol, celui historique avec les X est en nahual. Les deux se prononcent quasiment de la même manière et on retrouve les deux graphies au village.

Charmant village donc, où il fait bon relaxer au bord du lac, ou déguster un latte sur une terrasse au parque central, et avec Tlaquepaque et Téquila, coup de coeur évident de ce séjour à Guadalajara.

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Mais qui dit coup de coeur de touriste, ne dit pas nécessairement endroit sans défauts. Et en fait, le plus grand défaut de Ajijic est d'avoir été découvert par les américains (et les retraités nord-américains en général). Car lors qu'une masse critique est atteinte à un endroit, en terme de présence étrangère, on sent un peu trop son influence et l'endroit perd de son charme et de sa singularité.

De l'autre côté de la route principale qui traverse Ajijic d'est en ouest, vers les montagnes, on retrouve quelques villas et des maisons de riches habitants s'étant installés à Ajijic. Ajijic profite d'un climat idéal à l'année longue - ce qui a attiré au village de nombreux immigrants de pays plus froids comme les États-Unis et le Canada. Le village comporte un des regroupements de résidents venus de l'étrangers les plus importants du Mexique. Au point où les résidences sont littéralement hors de prix (comparables aux grandes villes d'Amérique du Nord), alors que le coût de la vie au Mexique est généralement beaucoup plus bas, de surcroit dans un village.

Autre irritant, on y entend beaucoup d'anglais, et évidemment, certains locaux se voulant accueillants se sont adressés à nous en anglais. On a la peau blanche, donc notre nature de gringo est impossible à cacher, mais n'importe où à Guadalajara ou à Mexico, on se fait aborder en espagnol, et tant qu'on entame la discussion dans la langue locale, personne ne nous parle en anglais. Sur les sites touristiques, quand vient le moment de choisir un guide ou un dépliant, on se fait parfois poser la question, on répond toujours "espagnol" et voilà. Mais à Ajijic, les touristes se font aborder en anglais, parce que la majorité d'entre eux (qui ne sont plus touristes mais résidents permanents, des immigrants même s'ils se qualifient d'expatriés, ça fait moins pauvre) ne parlent que cette langue. Nous avons croisé une dame (américaine, retraitée, habitant Ajijic depuis 10 ans), qui n'a pas compris trois mots de notre question d'abord posée en espagnol et on a du lui parler en anglais.

C'est la raison pour laquelle malgré tout le charme de l'endroit (qui est vraiment magnifique), je ne pourrais pas m'y installer longtemps, car lorsque je suis à l'étranger, au contraire de beaucoup de gens, je recherche le dépaysement, la saveur locale, la culture et la langue locale. je ne cherche pas à reproduire ce que je trouve facilement dans mon pays d'origine. Je me contenterai donc de revenir visiter Ajijic en touriste de passage.

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mercredi 4 mars 2026

Les intrigantes ruines de Guachimontones de Teuchitlan - une aventure

"Station" de bus de Periferico Sur.
Dans un précédent billet, je mentionnais que j'avais du renoncer à mon plan de visite du site archéologique de Teuchitlan à cause d'une période imprévue de confinement le dimanche 22 février. Quelques jours plus tard, voyant que la situation était revenue à la normale, j'ai donc renoué avec cette idée de visite et planifié m'y rendre le vendredi en après-midi.

En principe, il y a un bus qui part de Central Vieja, mais mon expérience de voyage dans le secteur m'a permis d'économiser du temps, car ce bus, il passe ensuite à Periferico Sur (et prend au moins 30 minutes  pour s'y rendre). Ainsi, au lieu de me rendre à Central Vieja (mon plan original), j'ai pris le métro Linea 1 vers Periferico Sur pour y attendre mon bus. On m'avait informé qu'il y passait un bus au 30 minutes et qu'il mettait 45 minutes à joindre le pueblo de Teuchitlan. De là, le site était à 24 minutes de marche.

Il faut savoir que le bus passe
par cette "station".
Évidemment, étant en Amérique latine, ça ne s'est pas passée comme ça. J'ai bien débarqué à Periferico Sur, et le bus y passait bien. Mais en ce vendredi midi, il semble qu'il ne passait qu'aux heures, et avec ma chance légendaire, j'ai donc du attendre 45 minutes pour le voir arriver. Ensuite, le bus s'arrête littéralement partout sur son chemin pour prendre ou laisser des passagers (un chicken bus), roule lentement, on fait une pause à Tala, et, bien que parti à 11h15 de la maison, après avoir attrapé le bus de Periferico Sur à 12h40, j'ai finalement atteint le pueblo à 14h30. 

Le dimanche précédent, j'avais toute ma journée, donc je n'avais pas réellement consulté les heures d'ouverture du site. Ce vendredi non plus puisque je croyais pouvoir arriver à Teuchitlan vers 13h, au pire, 13h30. Arrivé à 14h30, j'ai réalisé que si le site fermait à 15h pour une raison ou une autre, j'allais rater ma visite si je mettais 30 minutes à faire les 24 minutes séparant la ville de l'entrée. 

J'ai donc entrepris cette marche d'un bon pas, malgré le soleil tapant, l'absence d'ombre sur mon chemin - un chemin pavé de roche... qui zigzaguait en pente à 30 degrés s'éloignant du pueblo dans la montagne. Une pente qui ajoutait au défi de couvrir la distance en peu de temps par 35 degrés (à l'ombre, mais je n'avais pas d'ombre!).

Chemin menant de Teuchitlan vers l'entrée 
du site de Guachimontones.
Mais heureusement, j'ai réussi, arrivant à la guérite de Guachimontones à 14h55. La dame du guichet m'a vendu mon billet (30 pesos), et m'a indiqué l'emplacement du musée/centre d'interprétation à cinquante mètres plus loin... en m'indiquant du même élan que les ruines elles-mêmes étaient à 15-20 minutes plus haut dans la montagne! 

J'ai passé outre le musée (j'y reviendrais si j'avais le temps) pour monter encore plus haut dans la montagne vers le site archéologique. Que j'ai (enfin!) atteint quelques 15 minutes plus tard, essoufflé, assoiffé et trempé.

Heureusement, malgré la difficulté de m'y rendre rapidement, le site valait la peine d'être exploré. Et peut-être à cause de ces difficultés, j'étais seul parmi les ruines tout au long de ma visite.

Le site est appelé Guachimontones, mais les archéologues y réfèrent à la "culture Teuchitlan" (en référence au nom du pueblo fondé des siècles après l'occupation de Guachimontones). Ça créé une certaine confusion.

La culture Teuchitlan aurait occupé un vaste site dont les ruines visibles aujourd'hui était le centre cérémonial. On sait bien peu de choses de cette culture, dont l'installation dans ce secteur serait antérieure à Teotihuacan. On parle donc ici de culture pré-aztèque, donc les informations vérifiables sont très limitées.

On peut quand même y voir (et admirer) quelques structures identifiables, comme ce juego de pelota dont la tradition a été transmises à pratiquement toutes les civilisations pré-colombiennes d'Amérique centrale, des Aztèques aux Mayas aux Toltèques.


Ce petit ami qui ressemble à un écureuil, mais est plus gros, se déplaçait rapidement, plus comme un chien de prairie qu'un écureuil.


Il y a trois pyramides à Guachimontones. La plus grande est celle-ci, qu'on n'a pas pu sauver ou restaurer. Lors de la découvert du site (en 1970!), la plupart de ses pierres avaient déjà été retirées au fil des siècles passés pour être utilisées dans la construction de bâtiments au pueblo de Teuchitlan.


La seconde plus haute pyramide a pu être restaurée. On a aussi pu explorer son intérieur et découvrir qu'elle a été érigée en cinq étapes distinctes (un peu comme pour plusieurs sites ayant été occupés pendant quelques siècles on avait tendance à agrandir les plus importantes pyramides).
Les pyramides de Guachimontones ont ceci de particulier; elles sont circulaires (formant une sorte de cône en gradins). Ce n'est pas unique à ce site, mais les endroits où on peut encore en voir sont quand même assez rare.


Sinon, on peut aussi apercevoir diverses structures. Les plus intéressantes sont ces podiums rectangulaires que l'on retrouve partout autour des pyramides circulaires.


Vue de la pyramide #2 entourée de podiums rectangulaires.


Avant de quitter le site, j'ai aperçu un autre secteur - en retrait du secteur principal et de l'autre côté du chemin dans la montagne - on y voit un second juego de pelota et celui-ci, comme nous sommes dans la montagne, offre même une vue sur le lac en contrebas, où se trouve le village de Teuchitlan.
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Après avoir fait le tour des ruines, et pris moult photos, je suis redescendu vers l'accueil, ai visité un peu en vitesse le musée/centre d'interprétation, puis je suis redescendu vers le pueblo. Avec le temps que j'avais mis à me rendre, je craignais devoir passer encore des heures à rejoindre Guadalajara.

De retour à Teuchitlan, je devais trouver la station de bus (oui, je sais, à l'arrivée, j'aurais du me renseigner un peu plus, mais j'ai débarqué du bus dès que possible au premier arrêt pour entreprendre la marche vers le site au plus vite. Mais bon, le pueblo est petit, et une dame m'a indiqué la station (j'étais alors à un demi coin de rue de l'endroit, mais il n'était pas évident à identifier!)

Station de bus de Teuchitlan.
J'ai pu y acheter mon billet de retour, et on m'a informé que le bus passait dans "plus ou moins" 30 minutes. Dans la réalité, j'ai pu y monter quand il est passé, une heure et quart plus tard. Autre chicken bus, autres arrêts fréquents, et autre pause à Tala, mais au moins, le chauffeur de ce bus-là roulait plus vite. Malheureusement, arrivé à l'autoroute périphérique de Guadalajara, un vendredi en fin de PM, congestion monstre, le bus roule au pas, ça a pris un temps fou pour rejoindre Periferico Sur, où le chauffeur m'a laissé débarquer (sur l'autoroute) sans s'arrêter au complet (typiquement latino-américain), en ouvrant la porte quelques instant, juste vis-à-vis la passerelle qui me permettrait de rejoindre la station de métro.

Intérieur de la station de bus
Je suis arrivé chez moi à 19h50. quasi neufs heures que j'étais parti - pour passer un peu plus d'une heure sur le site archéologique lui-même. Je n'avais pas mis autant d'efforts pour joindre un site depuis que j'avais visité Xcambo en 2003 après un périple plus ou moins planifié.

Mais comme le site valait la peine, je ne me plains pas... et je regarde les autres sites archéologiques accessibles et planifie mes prochaines visites.

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Vue de la pyramide #2 avec les montagnes
 en arrière-plan