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jeudi 9 mai 2013

La victoire de l'anarchie

En avril 2011, j'avais chroniqué la fermeture sauvage du dépanneur en bas de chez moi par la chaîne Couche Tard, ainsi que les événements qui avaient suivis la fermeture en question, sujet sur lequel j'étais revenu l'an dernier après une manifestation locale sur la question, un litige qui demeure toujours non réglé.
Si je reviens sur cette affaire aujourd'hui, c'est parce que lors de mon retour d'Angleterre, j'ai noté avec amusement que la bataille que se livraient Couche Tard et les graffiteurs a finalement été remporté par ces derniers, puisque le propriétaire et/ou locataire de l'édifice de l'ancien dépanneur a abandonné sa lutte aux graffitis et affiches diverses, comme en témoignent les deux montages photo qui accompagne ce billet.
Pour le quartier, l'affaire pourrait être désagréable côté look - même si l'édifice fermé, même dénudé d'affiche, demeurait plutôt glauque - si ce n'était de l'annonce récente de l'emménagement d'un théâtre dans les lieux.
Incidemment, quelques jours à peine après avoir pris ces photos, les murs de l'ancien dépanneur était recouverts de quelques dessins supplémentaires annonçant un "Théâtre en création". Puis, cette semaine, ce sont les gros travaux qui ont lieu à l'intérieur de l'immeuble. Je vous reviendrai éventuellement avec les détails sur ce théâtre.
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vendredi 8 juin 2012

Fascinante soirée de contrastes à Montréal

Vous savez comment j'aime la ville, comment je suis une créature urbaine. Hier, Montréal s'est avérée à la hauteur.
Imaginez une belle soirée en ville:
Suivre une marche nue, avoir une conversation avec un agent de l'anti-émeute, donner une entrevue à un journaliste de F1 pour un quotidien d'Espagne, passer du temps avec les riches consommateurs de biens griffés (et majoritairement anglophones) au party de chars et de poupounes sur Crescent, goûter par la bande au gaz poivre et respirer des relents de gaz lacrymogène, avant de finir le tout sous une averse, avec les pauvres consommateurs de spectacles gratuits (et majoritairement francophones) devant un bon show de Pierre Lapointe aux Francofolies.
Bref, une soirée urbaine, Montréalaise, printanière de 2012, et aussi une enfilade ininterrompue de contrastes sociaux fascinants. Je ne blague pas, j'ai passé une excellente soirée.
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Depuis un moment déjà que je vis l'actualité plus que je ne la commente (bien que je sois actifs sur des plates-formes plus instantanées mais moins réfléchies que ce blogue pour le moment), je réalise que je n'ai pas le temps nécessaire pour suivre tout ce qui se passe et le commenter de manière détaillée en même temps. Je réserve donc les commentaires rapides pour les réseaux sociaux, et tente de garder mes notes plus élaborées pour ce blogue, où je devrais avec les semaines qui viennent, publier quelques articles qui tenteront un regard avec un peu de recul (ce qui est à peu près impossible pendant les événements, mais je ferai un effort supplémentaire pour tenter quelques commentaires éclairés même si nous sommes encore au milieu de l'histoire).
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Revenons donc à la soirée d'hier, alors qu'au moment où je rédige ceci, les casseroles jouent sur le coin de ma rue, et qu'elles ont débutées accompagnées - comme tous les soirs maintenant - par les cloches solidaires de l'église St-Edouard, que l'on entend à 20h pile depuis plusieurs soir déjà.
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Le plan d'hier était simple; se rendre au centre-ville, voir ce qui s'y passe et aller assister au spectacle de Pierre Lapointe en ouverture des Francos. Un plan improvisé à quelques minutes d'avis, puisque je croyais que le festival prenait son envol ce soir seulement; son ouverture ayant été camouflée par le reste de l'actualité des derniers jours.
Il n'a pas été difficile de tomber sur la maNUfestation d'hier soir en arrivant sur Ste-Catherine et facile de comprendre pourquoi, puisqu'après avoir suivi un peu la manif (avec des supporteurs habillés, bien que les manifestants n'aient pas été entièrement nus), je me suis vite rendu compte qu'ils tournaient en rond. En effet, le plus important déploiement de policiers du SPVM que j'ai pu voir depuis le début du conflit encerclait carrément les milliers de manifestants, contrôlant les aires et rues où ceux-ci pouvaient marcher... et leur bloquant à l'aide des boucliers anti-émeute le moindre accès vers l'ouest.
La manif était organisée pour protester contre les valeurs que représentent le Grand prix de F1 et se déroulait pacifiquement. La police était par contre sur les dents, mais en contrôle. Certains manifestants s'amusent aux dépends des policiers; l'un d'eux, en bobettes, leur fait une danse improvisée, ce qui amène quand même deux ou trois agents à sourire. Une autre joue "My heart will go on" de Céline Dion à la flûte devant la brigade anti-émeute; mais ils ne semblent pas apprécier sa musique.
Près du coin René-Lévesque et St-Urbain, l'anti-émeute a failli laisser passer les marcheurs vers le site des Francos où avait débuté un spectacle de 4h qui devait culminer avec la présence de Pierre Lapointe plus tard en soirée. Il y a eu un peu de tension, puis un kid a refusé de circuler lorsque la brigade lui a demandé. Il errait entre la manif et la police, quand quelques agents de l'anti-émeute ont décidé de le forcer physiquement... et de l'arrêter, à quatre agents, avec tie-wrap et immobilisation violente au sol. une arrestation que je trouvais injustifiée (il n'avait rien fait de criminel ou de méfait, mais la manif avait été déclarée illégale - pas de trajet). Injustifiée et inutilement physique, avec quatre agents costauds pour immobiliser un gringalet non armé. Il y a donc eu tension, tout le monde filmait et huait les policiers. Puis, alors que le gros de la marche reprenait vers l'est, plusieurs sont restés à haranguer les policiers. De voir une jeune fille seins nus peints en rouge argumenter avec un costaud de l'anti-émeute était probablement mon premier grand contraste de la soirée. Étant curieux de nature, et me retrouvant visiblement devant un policier prêt à quitter le mode robotique et prêt à s'entretenir avec les citoyens, j'en ai profité pour entreprendre une conversation avec l'agent de la brigade anti-émeute du SPVM.
Nos points de vues divergent clairement, mais ne sont pas aussi éloignés que l'on pourrait le croire. Évidemment, qu'il refuse de voir qu'il y a eu des abus policiers n'est rien pour démontrer sa bonne foi, mais sa conversation était intéressante, respectueuse, et certains de ses arguments n'étaient pas idiots bien que réducteurs. je lui ai accordé qu'ils voient beaucoup de grabuge, beaucoup. Du même élan, toutefois, Je lui ai fait remarqué que le grabuge a tendance à se produire justement quand ils sont là, l'anti-émeute, et qu'ils foncent vers les manifestants. Quand la manif marche en paix, il n'y a pratiquement jamais de casse, ni de méfaits.
Devant son argument selon lequel sans eux, ce serait l'anarchie, je lui ai confirmé que la société avait besoin d'un minimum de représentants de l'ordre, mais que ceux-ci devaient opérer sous le respect des citoyens, ce qu'ils sont en train de perdre à cause des abus en question, et que sinon, ils ne sont que le bras armé d'un régime autoritaire, et que la dérive était une pente dangereuse.
Un de ses confrères m'a dit que j'étais trop dans mon monde, ce à quoi j'ai répondu qu'il devait l'être encore plus que moi. Ce collègue (qui avait sorti son gaz poivre devant moi quelques minutes plus tôt alors que je filmais à deux mètres l'arrestation musclée et la réaction des manifestants) a passé un seul autre commentaire, beaucoup moins intelligent:
"Monsieur, il y a un sondage une fois tous les 4 ans, allez cocher votre case pis rentrez chez vous".
Un autre m'a demandé si j'avais des enfants (je n'en ai pas) et m'a dit, que si j'avais des neveux et nièces, qu'il se ferait un plaisir de venir faire du vacarme à coup de casseroles à leur mariage. Je m'en suis montré ravi et lui ai demandé son courriel pour pouvoir l'y inviter. Il a décliné l'invitation.
De retour à mon agent (qui a levé sa visière et baissé son bouclier pour me parler), nous avons conversé pendant au moins dix à quinze minutes. Une autre manifestante, à mes côtés, demandait à "son" policier, s'il n'était pas écoeuré de travailler au service des riches. Il lui a répondu devenir riche grâce à son temps supplémentaire pendant le conflit, mais qu'il n'avait plus de vie. Mon interlocuteur m'a confié ne pas croire que des policiers anti-émeute soient assez caves pour risquer leur job à 80 000$ par an en frappant de la matraque sur les citoyens. Je lui ai suggéré, une fois le conflit terminé et ses vacances venues, d'aller faire un tour sur Youtube. Il pourra aussi lire La Presse d'aujourd'hui, où apparaît une photo d'un policier du SPVM grimaçant d'effort en train de matraquer un citoyen, hier soir, justement, quelques minutes après ma conversation avec le policier de l'anti-émeute. Il faut préciser que celui de la photo de La Presse doit gagner moins de 80 000$, n'étant pas de la brigade anti-émeute.
Mon agent m'a alors fait remarquer que le SPVM avait laissé des dizaines de manifestations marcher malgré qu'elles avaient été déclarées illégales dans les dernières semaines (il parle essentiellement des casseroles), ce à quoi j'ai répondu qu'il avait raison, et que c'était exactement ce que je disais un peu plus tôt en mentionnant que le calme régnait toujours quand ils ne se pointaient pas.
Par une douce ironie, les manifestants ont profité d'une brèche et d'une diversion (j'espère ne pas avoir été part de cette diversion par mes conversations), et a déjoué l'anti-émeute pour se retrouver entre temps sur Ste-Catherine, à l'entrée des Francos.
Là, à travers de touristes, de gens venus au Festival et de policiers, la foule bigarée a soudain été poivrée largement et abondamment par un officier supérieur du SPVM. Comme je demandais justement à un policier si le site était ouvert malgré la manif (mon projet d'origine étant le spectacle de Pierre Lapointe), j'ai respiré du gaz poivre en question de manière collatérale. Pas très agréable ni pour les yeux ni pour les poumons.
Le site m'était donc temporairement fermé, mais les marcheurs ont remonté entre la PDA et la maison de l'OSM pour passer directement à travers du site du festival alors que sur scène, Daran entretenait la foule. L'ambiance était plutôt festive, surtout que les manifestants scandaient quand même qu'ils se calissaient de la loi spéciale. Les jeunes filles gardant les abords du site chantaient avec eux.
Les manifestants sont ressortis par Ste-Catherine ouest, ayant littéralement semé le SPVM pour le moment.
Ils ont marché vers l'ouest (Peel et surtout Crescent, lieu culte pendant le Grand Prix de F1), mais il était clair que la police ne laisserait jamais le groupe passer. A ce moment-là, la manif nue avait fusionné avec la désormais traditionnelle manif nocturne du centre-ville de Montréal contre la hausse des frais de scolarité. Les causes ainsi fusionnées (hausse, Loi 78, anti-valeurs du GP), la marche a été bloquée peu après McGill Collège, et un jeu de chat et de souris a eu lieu pendant un temps entre les deux groupes (marcheurs et policiers). Je me disais que c'était presque lassant, mais avant que le tout ne s'éparpille, quelques fonceurs plus radicaux ont commis des méfaits (projectiles envers les policiers, à ce que j'ai pu voir). La brigade a répondu de manière musclée à chaque fois, créant une mini panique chez les marcheurs, mais à chaque intervention que j'ai vu hier soir, c'était ciblé à 100% sur ceux qui avaient commis un méfait. Plusieurs pétards et feux d'artifices se sont fiat entendre pendant cette période de la soirée. Un engin fumigène a été allumé, quelques autres méfaits, d'autres courses de l'anti-émeute, toujours très ciblées, beaucoup de tension, puis soudainement, la brigade a chargé (probablement fatiguée de voir les manifestants tourner en rond) pour disperser la manifestation de force... J'étais debout au coin de McGill et Ste-Catherine, quand la brigade anti-émeute a foncé et lancé des gaz lacrymogène un peu plus à l'est de ma position. Ils sont passés devant moi, puis j'ai senti le gaz et, passé quelques secondes, j'ai dû m'éloigner, toussant un peu malgré moi. Dommages collatéraux seulement, un peu d'irritation aux yeux à cause du vent qui poussait un peu les gaz vers moi. Je me suis installé un peu plus au nord; la manif s'est dispersé en petits groupes.
Deux minutes plus tard, la circulation automobile et piétonnière était reprise sur Ste-Catherine, comme si de rien n'était, un jeune couple avec un bébé en poussette se dirigeant vers l'ouest et passant dans les relents de nuage de gaz sous les regards des policiers réguliers du SPVM.
Il y avait eu quelques gouttes de pluie à quelques reprises au cours de ma soirée, mais rien de majeur. La pluie s'est intensifiée un brin à partir de ce moment-là, et j'ai décidé d'aller vers l'ouest, vers Peel et Crescent, question de marcher symboliquement exactement là où les policiers voulaient empêcher les gens d'aller quelques minutes plus tôt.
Un homme m'arrête et me demande ce que signifie mon carré rouge. La conversation s'engage (il est visiblement étranger) et il s'avers qu'il est un peu informé mais veut en savoir plus sur les étudiants, les manifestants, les protestations, bref, la crise qui entoure désormais le Grand Prix l'intrigue. J'apprendrai qu'il s'appelle Manuel Franco, et qu'il est journaliste sportif espagnol couvrant les Grands Prix de F1 à travers le monde. Après lui avoir accordé cette entrevue improvisée (*) - j'ai même tapé sur le clavier de son iPhone le nom de Jean Charest pour qu'il ait le bon orthographe du nom du PM du Québec - il a pris une photo, puis est retourné vers l'ouest en m'assurant que ce qu'il voyait comme manifestation ici n'était rien en comparaison de ce qu'il avait vu au Bahrein lors du récent Grand Prix là-bas.
Arrivé sur Crescent, c'état comme entrer dans un univers parallèle. Passé la barricade du SPVM à l'entrée de la rue (bonjour ambiance festive), je suis entré dans une sorte de party de chars et de poupounes habillés hypersexy.
Étrangement, ces poupounes avaient un peu plus de textile sur le dos (mais à peine) que certaines qui se baladaient pratiquement nues dans la maNUfestation plus tôt, mais les poupounes de Crescent me sont apparues plus.... indécentes. En fait, pour dire de manière crue ce que j'ai ressenti devant quelques kiosque des festivités de Crescent, on aurait dit de la prostitution, rien de moins. Je prends une photo d'un gars apposant des autocollants sur une voiture de course, d'un kiosque de télécommunication dont les filles sont enlignées comme les jeune filles de certains quartiers de Bangkok, puis je range mon appareil, ne me sentant pas inspiré pour immortaliser ce que je vois.
J'ai donc traversé la rue du sud au nord jusqu'à mi-chemin, le croisement avec Maisonneuve, en observant les gens sur les terrasses et des gars se faire prendre en photos avec les poupounes aux jupes de cuir rouges seyant montrant les fesses ou gonflant la poitrine sous une camisole du même cuir rouge. Autour de moi, que de l'anglais (bien que plusieurs clients soient probablement francophones, les conversations audibles étaient toutes en anglais, de même que le spectacle sur la scène devant - un artiste que je ne connaissais pas).
Il était tard, donc mes observations sociales m'avaient fait rater le spectacle des Francos, mais une poussée vers l'est allait devoir confirmer ou non ce constat. La pluie était plus intense, mais une fois mouillé, ça ne faisait plus grande différence. Au coin Peel, trois gars jouaient de la casserole devant la barricade du SPVM et non loin d'une tente du Grand Prix (Peel tente de profiter de la popularité de Crescent, et récolte donc les restes, d'après ce que j'ai pu voir). Ils saluent mon carré rouge avec un sourire et quelques encouragements en français.
Après quelques minutes, je redescend sur Ste-Catherine, redevenue calme et (presque) sans policiers, puis arrive au site des Francos, coin Jeanne-Mance. J'entends la voix de Pierre Lapointe.
Le spectacle n'est donc pas terminé et je reste donc, tout juste devant la scène, pour profiter du talent de ce chanteur dont les textes et la musique sont vraiment exceptionnels. Je veux prendre quelques photos mais mes piles sont à plat et je n'ai pas de rechange. Il y a encore une foule immense malgré l'averse qui se maintient. Quelques parapluies parmi la foule mais essentiellement des gens trempés mais enjoués d'être là, ensembles, à profiter des arrangements rock des succès de Lapointe. Moi qui croyais être arrivé à la toute fin, j'ai quand même eu droit à plusieurs chansons, ainsi qu'aux rappels. Un peu plus d'une demi-heure plus tard, Lapointe quittait la scène après plusieurs rappels, non sans avoir encouragé les carrés rouge à ne pas abandonner: "Il ne faut pas avoir peur de dire ce qu'on est, ne pas craindre de dire qu'on en a assez". Il portait d'ailleurs un carré rouge sur scène.
Cette fin d'une soirée déjà riche en émotions et en activités, en compagnie d'un auditoire festif, enjoué et francophone, et de l'excellente musique de Lapointe, allait être le contraste final de cette soirée fascinante de ce point de vue.
Après l'argent très abondamment étalé sur la place publique sur Crescent, les spectateurs assistants au spectacle gratuit des Francofolies.
Après la traversée du site des Francofolies pendant le show de Daran en compagnie des manifestants dont la moitié étaient à demi-nus, l'anti-émeute bloquant l'accès à Peel et Ste-Catherine à coup de gaz lacrymogènes.
Après les filles ordinaires marchant nue pour dénoncer le sexisme du Grand Prix, les poupounes hyper-sexy payées pour montrer le plus possible leurs fesses et leurs seins couverts d'une mince couche de latex sur Crescent.
Après les conversations anglophones entendues autour de drinks et des vêtements griffés, les fans de Pierre Lapointe chantant à l'unisson en français, cheveux ébouriffés et vêtements trempés par l'averse.
Après le malaise ressenti sur Crescent, le plaisir ressenti au spectacle des Francofolies.
Après une conversation avec un agent de l'anti-émeute, le goût du gaz poivre et des lacrymogènes dans mon souvenir, Pierre Lapointe et ses musiciens qui me disent:
"Ce n'est surement pas de briller
qui nous empêchera de tomber
Ce n'est surement pas de tomber
qui nous empêchera de rêver"
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(*) M. Franco a écrit un premier article sur l'ambiance autour du GP, un court papier de quelques paragraphes qui résume bien l'essentiel pour un lecteur étranger, mais sans plus pour le moment.

vendredi 20 mai 2011

Avec Strauss au Operahaz de Budapest

Hier soir, nous avons passé la soirée à l'opéra. L'Opera de Budapest est une compagnie qui existe depuis des siècles; elle a même été dirigée par Gustav Mahler lui-même! Depuis la fin des années 1870, la troupe se produit dans l'Operahaz (maison de l'opéra), un superbe édifice de style renaissance situé sur la plus longue avenue de Budapest; Andrassy utca.

En passant devant l'édifice, nous avons décidé de nous informer du prix d'une visite. Or le prix d'une visite de l'Operahaz est bien plus cher que le prix d'un billet pour assister à une représentation! Comme il restait des billets pas très dispendieux pour la soirée, nous avons profité de l'occasion.
À 1000 Forint (environ 5$), nous avions donc accès à la salle de l'Operahaz, très richement décorée.
Arrivé quelques minutes avant la représentation, nous avons pu écouter les musiciens se préparer (toujours une fascinante cacophonie) et prendre quelques photos.
Nous étions assis au balcon, qui correspond au 4e plancher de la salle, puisqu'il y a le parterre et deux mezzanines en plus de loges, avant d'atteindre le balcon. J'ai ainsi pu prendre cette photo privilégiée du plafond peint d'une fresque entourant le lustre principal de la salle.
Alors que la représentation se termine, les gens quittent, et les musiciens ramassent leurs instruments devant le rideau qui vient de tomber.
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Et la représentation dans tout ça?
Il s'agissait de Elektra, de Richard Strauss, un opéra adapté d'une tragédie grecque. C'était donc une histoire pleine de manipulation, de vengeance et d'envolées dramatiques. Évidemment, comme le texte était en allemand, il a été difficile de suivre les dialogues... Heureusement, il y a maintenant des sous-titre à l'opéra, mais malheureusement pour nous, ceux-ci, à Budapest, sont en hongrois, ce qui ne nous aidait guère à s'y retrouver dans le scénario! Enfin, comme je ne suis pas un habitué de l'opéra, je ne connais pas les conventions habituelles du genre, ce qui fait que pendant l'heure quarante qu'a duré la représentation, je ne peux pas dire que j'ai tout compris de ce qui se passait sur scène. Par contre, la musique était très évocatrice, de même que le ton des interprètes et de la mise en scène, ce qui fait que j'ai passé un fort agréable moment.
J'ai adoré cette soirée malgré mon incompréhension des dialogues, c'était beau comme spectacle, la salle était splendide, la musique enlevante, et ce n'est définitivement pas le genre d'activités que l'on peut faire chez nous à l'improviste pour 5$. (Je me souviens encore avec plaisir d'un ballet - Spartacus - que j'avais vu à Vienne en 2003 pour 3 Euros, par contre). Bref, si vous passez par Budapest, entrez dans Operahaz et jetez un oeil au programme, ça vaut la peine.
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mercredi 23 mars 2011

Triptyque tsigane: La croisée des chemins

Si vous êtes amateur de conte ou de théâtre minimaliste, j'attire votre attention sur la pièce La Croisée des Chemins, présenté au petit théâtre L'Illusion sur le plateau Mont-Royal. La pièce, dont le texte est signé Nicola Cormier, est produite par Terra Incognita et s'adresse d'abord aux jeunes, mais je peux vous assurer que les adultes y trouvent de quoi réfléchir également.
Seul sur scène, le comédien Carl Veilleux interprète un tsigane, un enfant des routes qui, de passage dans une ville aux allures médiévales, nous raconte son histoire et celle de son peuple de nomades par le biais de contes et légendes lui venant de son père, son grand-père ou autre ancêtre. Se succèdent ainsi cinq contes sur les nomades et leurs relations avec les sédentaires.
L'ensemble est relié par l'enfant des routes qui nous raconte ces histoires avec sa guitare, elle-même le sujet d'une des légendes. La structure rappelle un peu le film Le Violon Rouge, de François Girard, mais appliquée à l'univers des contes. La mise en scène est suffisamment inventive pour que le personnage n'ait jamais l'air complètement seul, ce qui renforce la "présence" des autres personnages interprétés par ouï-dire.
Si le thème avait tout pour me plaire (les nomades voyagent beaucoup par définition, adorent prendre la route, découvrir, et vivre avec peu de possessions matérielles), le texte se veut divertissant et propice à stimuler la réflexion sur les relations avec l'inconnu, l'autre, celui qui vit de manière différente. Bref, une bien belle histoire à mettre dans les oreilles de tous. Enfin, la salle très intime permet une proximité avec le personnage, ce qui accentue l'impression de converser avec un bon raconteur que l'on vient de croiser sur la route.
Même si La Croisée des Chemins fait suite à L'Apprentie, la pièce précédente de Terra Incognita, il n'est pas nécessaire d'avoir vu la première pièce pour apprécier La Croisée des Chemins. On annonce que l'ensemble formera un triptyque, donc une troisième pièce est à prévoir.

J'ai assisté à la représentation en après-midi du 19 mars dernier*, et découvert L'Illusion par la même occasion. L'endroit est souvent le lieu de présentation de théâtre de marionnettes et le décor de son entrée jusqu'à la salle ne déparerait pas un film de Jean-Pierre Jeunet.
Enfin, si vous voulez lire plus de commentaires, je vous invite à lire Pascale et Philippe-Aubert, mes deux collègues blogueurs qui ont également parlé de cette pièce.
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* Il reste quelques représentations (26 et 27 mars prochain).
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Photos: MEAA Photos (reproduites avec la permission de Terra Incognita).
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dimanche 30 janvier 2011

En attendant Gaudreault (précédé de Ta yeule Kathleen)

Cette semaine, j'ai assisté au programme double théâtral En attendant Gaudreault, précédé de Ta yeule Kathleen, deux pièces créées par le Collectif En attendant lors de festivals et manifestations de théâtre de 2008 à 2010. Les deux pièces sont signées Sébastien David, qui incarne également un des personnages. Deux autres comédiens prêtent leur talent à ce diptyque: Frédéric Côté et Marie-Hélène Gosselin.
La représentation, dans l'intime salle Jean-Claude Germain du Théâtre d'Aujourd'hui, s'ouvre donc sur la première pièce, Ta yeule Kathleen, qui est en fait un intense monologue pendant lequel Line, mère monoparentale aux prises avec son bébé Kathleen qui pleure sans arrêt, est prête à tout pour sortir de son petit appartement le temps d'une soirée. Le texte réussi le tour de force de nous raconter les états d'âmes de Line, l'histoire de sa grossesse, sa soirée, ses relations avec sa fille et son entourage, le tout grâce à d'habiles flashbacks ou sauts en avant dans la narration. Marie-Hélène Gosselin, seule sur scène pour toute la durée de ce segment, a une présence incroyable et réussi sans effort apparent à nous faire rire, à nous émouvoir, nous faire frissonner d'horreur même, le tout dans une mise en scène minimaliste où le seul décor est le berceau de la petite (dans l'appart), ou des jeux de lumière (au bar).
Ainsi, quand En attendant Gaudreault commence, vous êtes déjà vissé sur votre siège par l'intensité de cette première partie de soirée.
L'auteur fait montre d'une égale intensité dramatique dans la seconde partie, avec un texte dense, au vocabulaire riche et évocateur malgré son apparence simple et populiste. La pièce raconte le destin croisé de trois montréalais, qui, chacun pour sa propre raison, cherche le mystérieux Gaudreault, et se retrouvent à l'attendre tous les trois dans le même endroit. L'intérêt ne repose nullement dans le mystère que pose Gaudreault - l'auteur se permet même de minimiser son importance et de ramener son mystère à un petit rien. Le personnage, que l'on ne voit jamais sur scène, est un prétexte à la mise en parole de la vie des trois personnages; ceux-ci nous racontent donc leur histoire, en même temps, en monologues croisés, sur la même scène, sans nécessairement qu'ils n'interagissent entre eux. Le rythme de la pièce est donc soutenu et l'intrigue générale croisée se dégage avec subtilité des détails de l'une et l'autre des trois histoires qui finissent par n'en former qu'une seule, elle même reliée à l'histoire de Line de Ta yeule Kathleen.
Une fois encore, c'est l'interprétation féroce des comédiens qui saisi, une fois passé le choc du texte, lui-même un élément fort de cette pièce. Comme pour la première partie, le décor et la mise en scène sont minimalistes; chaque protagoniste dispose d'une chaise et se déplace de temps en temps pour évoquer le changement de décor. La force d'évocation des mots et des comédiens fait le reste comme par magie; une magie typique du bon théâtre.
On aurait tendance à croire que ce diptyque de Sébastien David est fort dramatique, mais en fait, il y a de très nombreux morceaux d'humour dans les deux pièces qui font qu'étrangement, on rit beaucoup et souvent pendant la représentation (bien que parfois, le rire soit jaune). Ce passage du rire au drame, puis au rire, se fait presque sans arrêt tout le long de la représentation. Et au final, malgré tout le drame de la vie de ces personnages, malgré toute l'intensité de certaines scènes, malgré la tristesse évoquée par certains passages, le spectateur sort de là ravi, pas du tout déprimé. C'est que l'effet dramatique est aussi servi avec un certain degré de rédemption et de sérénité, qui laisse le spectateur avec un sentiment agréable lors de sa sortie du théâtre.
On ne peut guère demander mieux.
Si vous avez l'occasion de voir cette pièce, n'hésitez pas une seconde.
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Photos: Jeremie Battaglia (tirées de la page Facebook de la pièce).

vendredi 3 juillet 2009

New York - Montréal : Chicago

Dans mon billet parlant de l'offre actuelle sur Broadway à New York, j'avais mentionné à la fois ne pas avoir vu de musical pendant mon séjour là-bas, et en avoir vu un de toute manière... en quelques sortes off-off-off-Broadway :-)
C'est que ce musical que j'ai pu voir, je l'ai vu... à Montréal, le soir-même de mon retour de New York. Ce spectacle était justement le prochain sur ma liste new-yorkaise depuis ma dernière visite à Broadway. il s'agit de Chicago, un classique.
Inutile de vous raconter l'histoire de cette comédie musicale; elle a fait le tour du monde sur scène et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2002, adaptation qui a remporté plusieurs Oscars.
L'avantage de voir un spectacle comme Chicago est justement que l'histoire est connue, et que plusieurs chansons le sont également (All That Jazz, Razzle Dazzle, etc); le spectateur est donc en terrain familier et peut se concentrer sur la performance musicale, chantée, dansée... et actée de la troupe. Je ne le dirai jamais assez; il n'y a aucun média qui peut réellement procurer le même sentiment qu'un musical vu sur scène; ni les versions filmées ni les adaptations cinéma.
En ce sens, je n'ai pas été déçu par la version de Chicago que nous a présenté la troupe de tournée à Montréal.
Sans vouloir faire une complète revue du spectacle, je me dois de noter que malgré la surprise d'y voir une Roxie Hart rousse, j'ai été amusé par l'interprétation énergique et comique de Bonnie Langford. Toutefois, malgré tout le talent des interprètes présents, c'est la montréalaise Terra C. MacLeod qui vole le show avec son interprétation fabuleuse de Velma Kelly.
Certains de ses numéros dépassent le simple mélange danse-chant pour incorporer de véritables acrobaties et un rythme qui laisse pantois. Son jeu d'actrice est aussi merveilleusement dans le ton.
Si les décors de Chicago (en tournée) demeurent minimalistes, ce sont les détails qui accrochent et amusent; La mise en scène léchée et osée (quasi lascive) mais qui ne se prend jamais trop au sérieux, ou encore la complicité de l'orchestre et de son chef qui s'insinuent dans l'intrigue à quelques moments (ou refusent de jouer le cue de sortie du pauvre Amos).
Mais ce qui reste comme souvenir après le spectacle, c'est l'incroyable talent des interprètes, qui doivent jouer la comédie, danser et chanter et souvent les trois en même temps avec une énergie qui émerveillera toujours ce spectateur-ci.
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mercredi 24 juin 2009

Quoi faire à New York lors de votre 4e visite

On n'aborde pas une ville de la même manière lorsqu'on s'y balade pour la 4e fois.
C'est pourquoi mon récent séjour à New York n'a pas été traité comme une visite purement touristique. J'avais parlé de Québec et Montréal juste avant de partir, et c'est un peu dans le même esprit d'exploration urbaine et découvertes au hasard (d'une ville autrement connue) que j'ai abordé les quelques jours que j'ai passé à Manhattan.
Comme je n'ai jusqu'à maintenant publié que des billets-photos sur cette 4e visite, voici un sommaire des activités auxquelles j'ai consacré cette visite estivale et mes impressions sur ce que j'ai vu.
Étant un amateur de spectacle sur Broadway, j'ai été légèrement déçu de l'offre globale disponible cette année. Un passage à Times Square et la consultation des spectacles présentés n'avait rien pour me faire désirer voir un des shows à tout prix. Plusieurs classiques sont encore présents mais je les ai vus, et le meilleur que j'ai vu a tiré sa révérence après plus d'une décennie (RENT). Les nouveautés sont de deux genre: revival d'ancien succès (West Side Story, South Pacific, etc) ou adaptation de matériel déjà à succès dans d'autres médias (Shrek the musical, les trucs de Disney, etc). Il y a encore une offre globalement bonne pour les néophytes, et avoir eu plus de budget j'aurais été bien content de voir The Lion King ou West Side Story, mais finalement, le hasard de cette année m'a fait voir un autre musical, mais pas sur Broadway (à lire dans un prochain billet).
Sinon, de voir l'avenue Broadway elle-même, devenue piétonnière à plusieurs endroits - essentiellement de la 35e à la 42e et dans Times Square - m'a convaincu que Montréal devrait étendre le concept de la rue estivale piétonnière (Ste-Catherine jusqu'à la Place des Arts, par exemple, et des portions de Mont-Royal et de St-Laurent). Québec devrait maintenir une portion de St-Jean piétonnière tout l'été, carrément.
Côté surprises, j'avoue que je ne savais pas que des cyclo-taxis parcourraient la ville, puisque mes trois visites précédentes avaient été pendant la saison plus froide, et que les cyclos offrent leurs services principalement l'été. La chose est particulièrement amusante dans une ville de la taille et de la densité de New York, puisqu'elle est inattendue. Et cet aspect, jumelé avec d'autres comme les kiosques de coin de rues qui vendent des hot-dogs, des pretzels géants chauds, des falafels, et divers snacks donnent à Manhattan une ambiance que je souhaiterais voir dans nos villes comme Québec et Montréal en été. C'est festif même s'il n'y a aucune activité officielle de prévue au programme, c'est simple et accueillant, et en plus, ça permet de luncher sans se ruiner ni perdre trop de temps si vous êtes de passage en ville.
Comme j'avais déjà visité plusieurs quartiers et attractions de la ville, j'ai surtout profité de mes journées pour me promener dans mes quartiers préférés et en découvrir quelques nouveaux encore inexplorés.
J'aime bien les quartiers de New York, leur dénomination amusante et originale leur donne déjà une allure sympathique. J'en ai parlé dans les commentaires d'un billet précédent, mais les Tribeca (TRIangle BElow CAnal street), SoHo (SOuth of HOuston), Nolita (NOrth of Little ITAly) ou Dumbo (Down Under the Manhattan Bridge Overpass) me font toujours sourire. Quand ce ne sont pas des abréviations sympathiques, les autres quartiers ont aussi des noms assez colorés; Alphabet City, Hell's Kitchen ou Meatpacking District, par exemple, font frétiller l'imagination du visiteur.
Un passage à Wall Street s'est avéré intéressant également; le quartier a perdu de son lustre, symboliquement, depuis la chute du système financier américain.
Étrangement - comme je le notais au bas d'une photo prise sur Wall Street même - il y a plusieurs chantiers dans les rues du secteur financier et ça donne l'impression que le crash s'est produit physiquement autant que financièrement.
Ma visite la plus traditionnelle - et aussi une première pour moi puisque l'an dernier, le centre des visiteurs était fermé pour travaux, c'est le World Trade Center. Devant ce qui est encore un immense chantier entourré de grillages, un centre commémoratif pour les visiteur a été ouvert. C'est une visite assez émouvante, et le montage est sobre et bien présenté; un sommaire des événements de 2001, avec quelques artefacts et un secteur consacré au projet actuel de construction sur le site du WTC.
J'ai profité du temps pluvieux à un moment pour me rattraper côté musées; ayant déjà visité quelques musées de New York, j'ai voulu tenter la nouveauté plutôt que la répétition des expériences antérieures et j'ai donc passé quelques heures au MoMA plutôt que de retourner au MET. Erreur en ce qui me concerne. Le Museum of Modern Art est un bel édifice dont l'entrée rappelle un peu celle du Tate Modern de Londres et comme son nom l'indique, il est consacré à l'art moderne au sens large. Si les deux étages offrant sculptures et peintures montrent quelques pièces intéressantes pour les amateurs de Picasso, Mondrian ou Kandinsky, j'ai pour ma part été laissé sur ma faim. Les Picasso sont loin d'être ses oeuvres les plus intéressantes de mon point de vue. Il y a un petit Van Gogh, c'est toujours mieux que rien (mais après une visite au Musée consacré à Vincent à Amsterdam l'an dernier, difficile de s'exciter avec une seule toile mineure), quelques Cezanne (dont un qui demeure le plus bel objet vu lors de cette visite) et un Toulouse-Lautrec (relégué dans l'expo temporaire sur la photo et les affiches).
Je pourrai au moins dire que j'ai vu des Mondrian originaux, pour tout le bien que ça me fait; ils sont pareils en reproduction ou sur internet en ce qui me concerne.
Le secteur le plus ambitieux est probablement celui consacré à Jackson Pollock. Pas ma tasse de thé - je l'appelle le Riopelle américain - mais tout de même joli et intéressant de voir en original plutôt qu'en reproduction (raison principale de visiter un musée).
L'ensemble est donc loin de valoir le prix du billet (20$ US) - pour moi, qui finirai par comprendre que l'art moderne ne m'intéresse que très peu finalement. Peut-être mon problème vient-il du fait que j'ai visité des musées exceptionnels en Europe pour beaucoup moins cher que ça? Non, c'est bien l'art moderne, puisque je me souviens que ma visite au MET de New York avait été un délice. On dirait que le Tate Modern demeure l'exception qui confirme cette règle puisqu'il demeure le seul musée d'art moderne qui me plaît vraiment (j'y suis même retourné à deux reprises).
Heureusement, je me suis repris avec mon autre découverte: la Collection Frick, qui regroupe les pièces accumulées par Henry Clay Frick dont les héritiers ont eu l'excellente idée de conserver et d'exposer au public dans la demeure du monsieur en question. Comme la demeure est de type manoir, la visite est donc composée des oeuvres d'art et de l'architecture et de la décoration de l'édifice lui-même. Une visite riche en émotion, puisque le bâtiment et le mobilier à eux seuls méritent déjà le prix d'entrée (15$ normalement, mais j'ai payé un prix spécial de 7,50$ lors de ma visite).
À part une belle collection de petits bronzes et de nombreux tableaux de maîtres (Goya, Renoir, un autoportrait de Rembrandt...), la Collection Frick m'attirait surtout par la présence de trois toiles originales de Vermeer. Et je n'ai pas été déçu, puisque voir un original de Vermeer est toujours un délice pour les yeux; en plus de plonger son regard dans ses subtils jeux d'éclairage, on peut remarquer des détails qui échappent aux reproductions habituelles. En plus, visiter les originaux de Vermeer un peu partout au monde est devenu une sorte de pélerinage personnel, alors j'étais bien content d'ajouter à mon tableau les trois oeuvres de la Collection Frick.
Ce qui termine sur une bonne note mes explorations new-yorkaises de cet été 2009... Et comme de coutume, j'ai simplement dit au-revoir à la grosse pomme, puisqu'il ne fait aucun doute que j'y retournerai, ce que je conseille d'ailleurs à tous les amateurs de grandes villes.
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Photos:
1 - Consultant l'offre sur Broadway. Notez le sondage public en haut, sur le nouvel aspect piétonnier de la rue.
2 - Avenue Mulbery, dans Little Italy, piétonnière la fin de semaine.
3 - Dodge Dart 1965 et Smart 2009 rouges, Greenwich Village.
4 - Le calme de Wall Street.
5 - Reconstruction en cours sur le site du WTC.
6 - Carte de l'Amérique du Nord par Jasper Johns, au MoMA (notez le Québec en haut à droite!).

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mercredi 6 mai 2009

Karkwa et Boulot vers...

Un court billet, simplement pour lancer mon chapeau virtuel aux membres du groupe Karkwa.
Hier soir, au Monument National - une très belle salle où je mettais les pieds pour la première fois - avait lieu le concert du groupe Karkwa au bénéfice de l'organisme Le Boulot vers...
J'avoue que si je connaissais le groupe de réputation - gagnants de plusieurs concours en début de carrière, récipiendaire de quelques Félix, etc -, je ne connaissais pas beaucoup leur musique. J'imaginais (à tort) un groupe folk-rock post-Colocs façon les Cowboys Fringants mais en un peu plus électrique.
Or hier soir, le groupe m'a impressionné avec un spectacle musclé, dense, envoûtant et énergique. On parle ici de vrai bon rock, bien huilé, interprété avec plaisir par un groupe sympathique pour qui la musique passe avant tout.
Ce qui m'a étonné, c'est que malgré quelques textes intéressants, j'avais de la difficulté à comprendre toutes les paroles, et que de toute manière, ça importait peu. Je ne veux pas dire que les textes de Karkwa ne valent pas le détour, mais que l'expérience live mettait définitivement l'accent sur la musique.
Et cette musique, elle était corsée. Parfois, on nous offrait même 5 minutes sans paroles. Le groupe n'a pas non plus hésité à interpréter des pièces de 10 minutes, ou encore des pièces contenant des solos de musique de plusieurs minutes, le tout sans jamais relâcher le rythme, et avec des éclairages parfois saisissants.
Déjà, d'entrée de jeu, la constitution du groupe est originale; cinq membres et un seul guitariste? C'est que Karkwa comporte un batteur et un percussioniste (qui joue aussi sur une batterie en plus du batteur original). Ce second percussioniste apporte une sonorité différente à la musique du groupe, ce qui est rafraichissant quand on parle de rock musclé.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la musique de Karkwa vous brasse la cage, comme seul le bon rock live peut le faire et qu'assister à un de leur spectacle a été un plaisir du début à la fin.
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Le concert de Karkwa au Monument National était offert au bénéfice de l'organisme Le Boulot vers, qui oeuvre en réinsertion sociale à Montréal. Je remercie chaleureusement Martin et Paul, grâce à qui j'ai pu voir le spectacle de Karkwa hier soir.
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samedi 2 août 2008

Festival Juste pour... riches?

Je m'étais promis d'en parler, mais je serai bref, puisque l'événement est passé...
J'ai été un peu trop occupé pour discuter du sujet alors que le Festival Juste pour Rire battait son plein, mais je voulais parler de mon expérience dans les rues de Montréal pendant le festival en question, puisque ma foi, j'ai trouvé ça ennuyant comme festival.
Spécifions tout de suite que ce qui m'attire des grands festivals de rues de Montréal, c'est justement l'idée de festoyer dans les rues, avec une bonne foule, et beaucoup d'activités à faire, ou de choses à voir.
Il n'y a qu'à se déplacer sur Ste-Catherine ces jours-ci, près de la Place des Arts, alors que c'est le tour des Francofolies d'occuper ce quartier, pour comprendre de quoi je parle. Des spectacles gratuits sur une scène ou l'autre - ou plusieurs scènes simultanément - sont offerts aux festivaliers.
Diverses babioles et kiosques viennent toujours agrémenter ce genre d'événement - je prends pour exemple un autre événement en cours - la Coupe Rogers - où j'ai pu visiter plusieurs kiosques d'informations ou même des boutiques itinérantes montées sur le site pour l'occasion. Ces petits à-côtés sont toujours intéressants pour fureter un peu, mais évidemment, on parle de complément de programme.
J'ai passé deux soirées dans les rues du Quartier Latin de Montréal où se déroulait le Festival Juste pour Rire. La seconde de ces soirées était même le dernier vendredi soir du festival.
Mes deux soirées se sont déroulées exactement de la même manière. D'abord, je suis arrivé sur le site, et j'ai fait un petit tour des installations, question de repérer les quelques scènes installées dans les rues. Pendant plus d'une demie-heure, donc, j'ai simplement marché, puisqu'aucune scène ne présentait quoi que se soit. Heureusement, il y avait quelques amuseurs publics, comme ces girafes que l'on voit sur ma première photo.
On se rend vite compte qu'avec Juste pour Rire, on n'a pas affaire à un grand festival professionnel. De l'organisation au programme, en passant par la présentation du site et les activités gratuites, ça sent l'amateurisme si on compare au Festival de jazz, à la Coupe Rogers ou aux Francofolies, justement.
Après un temps, j'ai réussi à attraper quelque chose sur une scène, quelques numéros de stand-up, dont la plupart m'ont fait sourire. Difficile d'en dire plus, car les numéros étaient tous très courts et j'ai vu seulement les trois derniers participants. Puis, plus rien pendant un moment, avant qu'une improvisation de danse et de rap (??) impliquant des participants du public ne débute. Comme pour bien des amuseurs publics, j'ai eu de la difficulté à comprendre le lien entre ce genre de chose sur la scène principale et l'humour (bien que dans le cas de participants du public, il y ait toujours un degré d'humour involontaire, ça ne fait pas de l'activité quelque chose de très divertissant).
Notez que la foule était pourtant présente, ne demandant qu'à s'amuser, mais si vous vouliez vraiment vous divertir, j'imagine qu'il fallait le faire soi-même, car l'organisation avait oublié de programmer des activités sur la plupart des scènes présentes. En fait, je n'arrive toujours pas à comprendre l'utilité d'occuper un si grand quadrilatère et d'y installer 4 scènes s'il n'y a jamais de spectacle en même temps et que la programmation comporte des grands trous d'une heure même le vendredi soir!
Sur la rue, on pouvait aussi assister à une prestation d'acrobate et à un exercice de danse cubaine - lui aussi impliquant le public, d'autres exemples d'activités ayant peu de lien avec l'humour et le stand-up comique qui ont fait le nom du festival.
Enfin, comme j'aime bien parler du métro :-), j'ai au moins pu passer dans un wagon du métro de Montréal, qui servait de cantine sur la rue (troisième photo de ce billet).
Finalement, j'ai terminé ces deux soirées de la même manière: en riant un peu, grâce aux vidéos "Juste pour Rire - Les Gags", qui étaient présentés sur un écrans devant le cinéma du Quartier Latin! Avouez que c'est un comble que ce soit cette activité qui ait sauvé mes soirées, puisqu'on parle de vidéos présentés à l'année à la télé...
Juste pour Rire, en fait, c'est un festival de galas et de spectacles en salles, et il devrait s'assumer ainsi. Car pendant que je perdais mon temps sur les rues, dans les salles, les vrais activités intéressantes du festival se déroulaient, et à chaque année, on dit que les galas en salles sont très bons.
Je n'ai rien contre le fait d'organiser un événement dont les accès sont payants, et c'est ce que propose le festival Juste pour Rire. Je lui reproche toutefois de se faire passer pour un grand festival de rue gratuit, puisqu'en terme d'activités gratuites, c'était pauvre et ennuyant.
Tiens, un détail me reviens en mémoire, au même moment, le vendredi où j'étais dans le Quartier Latin, Nuits d'Afrique se déroulait au Square Berri, juste à côté, et ma foi, les activités sur scènes n'arrêtaient pas et les kiosques d'artisanat se sont avérés plus intéressants que les quelques kiosques éparpillées sur le site de Juste pour Rire. Ironique, puisque je m'y suis retrouvé par hasard et ai visité le site vu que j'étais sur place.
J'imagine (projection de ma part ici) que les subventions dépendent plus de l'aspect gratuit/rue que des galas, et que l'organisation tient à les conserver, sinon, sa programmation extérieur est complètement inutile.
J'avais cru être dur lors de mon passage le premier soir du festival, mais le dernier vendredi a simplement confirmé ce point de vue.
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On comprendra que le titre de ce billet était trop tentant pour ignorer l jeu de mot; j'imagine qu'il y a peut-être quelques galas ou spectacles moins cher que les autres pour pouvoir profiter du Festival. Pour ma part, j'ai voulu voir le musical Sweet Charity, mais le prix d'un seul billet dépassait le budget que j'avais dépensé pour voir trois musicals sur Broadway à New York (!) et était plus cher que ceux présentés à Londres lors de mon passage là-bas. J'ai donc abandonné l'idée et me suis contenté du volet gratuit du festival.
On ne m'y reprendra pas.
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mardi 22 juillet 2008

Avec Paul McCartney à Québec

Back in Québec City.
Eh oui, vous aurez compris au titre de ce billet - et peut-être au silence qui le précède - que je suis reparti en excursion, à Québec, pour assister au concert de Paul McCartney à Québec.
A Long and Winding Road.
J'ai quitté Montréal, pris la 20, puis suis arrivé dans la basse ville de Québec vers 13h30. Après un détour dans une petite épicerie pour faire le plein de snacks divers, j'ai d'abord monté par les escaliers du Faubourg vers la Rue St-Jean, puis j'ai bifurqué vers les Plaines d'Abraham en passant devant la Fontaine de Tourny et le Parlement de Québec. Là, devant une des deux entrées du site des Plaines, se trouvaient alors environ 25 000 personnes. Minimum.
Pas si pire, finalement, alors j'ai été me balader dans la vieille ville, en entrant par la Porte St-Louis, tout à côté de l'entrée du site.
Let it be.
Vers 15h30, je suis revenu vers la Grande Allée pour constater que la foule avait certainement plus que doublée depuis mon premier passage.
J'avais entendu à la radio que le site lui-même était fermé jusqu'à 17h15.
Avec cette foule, par contre, mieux valait ne plus m'éloigner trop si je voulais me dénicher une petite place debout pas trop loin de l'action.
J'ai donc déniché un petit espace où m'asseoir, entre le Parlement et la Grande Allée, et j'y ai lu pendant un peu plus d'une heure trente. Un peu de fromage, un chocolat et un Red Bull me gardant en forme pour l'instant. Je gardais plus de fromage, un thé glacé et un sandwich pour plus tard.
Un coup d'oeil par la Porte St-Louis, du côté du Parlement ou de la Grande Allée me confirme vers 17h30 qu'il y a des gens à perte de vue de tous les côtés, maintenant. Impossible de savoir combien nous sommes à attendre ainsi.
Les clôtures du site s'ouvrent vers les 17h45, finalement, permettant à une foule impressionnante d'avancer de cent mètres avant de subir le contrôle de sécurité et de déboucher enfin sur le site principal et la scène où McCartney se produirait plus tard. À ce moment, déjà, il y a un petit frisson qui me traverse.
Je m'approche vers la scène, en restant un peu sur la droite, ce qui me permet d'être situé plus près que ceux qui se massent maintenant au centre des Plaines, sans compromettre ma vue sur la scène. Une autre heure d'attente passe très très lentement, alors que la foule se compresse autour de moi et que les gens passent et bougent sans arrêt malgré le manque d'espace. Il fait chaud, le temps est humide, mais heureusement, les nuages se dissipent un peu.
A little help from two friends.
À 19h, c'est la première partie, assurée par le groupe montréalais The Stills. Ils offrent une bonne ouverture, avec un rock alternatif musclé sans être trop heavy, ce qui me plait bien. Ils jouent une chanson en français même si leur répertoire habituel est en anglais et terminent vers 19h45 en ayant réussi à me faire passer un très bon moment malgré le fait que je ne sois pas venu pour eux.
Vingt longues minutes s'écoulent avant que le deuxième acte ne débute. Le Pascale Picard Band, j'aime beaucoup, alors j'ai plutôt hâte de les voir en scène. J'étais déjà content d'avoir des premiers actes de ce calibre avant le show de Paul McCartney, mais je suis un peu surpris par la première chanson du band à Pascale, chanson que je ne reconnais même pas. La chanteuse force sa voix vers quelque chose de grinçant et nasillard... j'avoue être déçu de cette ouverture inattendue. Une seconde, puis une troisième chanson sont offertes, mais ça prendra une quatrième pièce pour que j'ai l'impression que ça lève enfin. Après, on dirait que Pascale trouve son rythme et c'est finalement fort agréable et je me retrouve content malgré la surprise des débuts. Après l'interprétation de Here I am et Smiling, elle a même conquis la foule qui chante avec elle. Sa prestation est sans prétention, elle est énergique et elle fait beaucoup d'humour entre les chansons.
Mission accomplie pour les deux premiers actes, la foule est bien installée, réchauffée, et le temps a passé; il est presque 21h.
I Saw Him Standing There.
21h20. Paul McCartney et ses quatre musiciens montent sur scène et entament Jet. Ça sera la première de 36 chansons qu'il puisera dans son répertoire solo, de l'époque des Wings, et évidemment, de celle des Beatles. Le show durera un peu plus de 2h45, et McCartney est certainement une présence sur scène qu'il est impossible d'oublier.
Côté personnalité, il avait fait ses devoirs pour conquérir cette foule, puisqu'il s'est adressé au public présent majoritairement en français. Il regardait parfois un écran ou des notes avant de le faire, mais il faut apprécier l'effort et la préparation. Lorsqu'il parlait en anglais, un traducteur effectuait une traduction simultanée en sous-titre, une autre belle idée, que certains spectateurs n'ont pas apprécié à sa juste valeur, critiquant (ou même huant) le pauvre bougre lorsqu'il faisait des erreurs de typos en tapant très vite!
Anyway, de son français au drapeau du Québec flottant sur l'écran géant derrière lui, ou de Birthday interprété en la dédiant à "Cette dame qui a 400 ans" à son chandail du Québec quand il a interprété Yesterday, McCartney avait décidé de plaire, et a réussi sans aucun problème. Une fois encore, l'effort a été apprécié par ce spectateur-ci.
Côté musical, c'est toujours une expérience absolument impressionnante d'assister à un tel spectacle de Paul McCartney. Il s'agit d'un artiste dont la présence sur scène est remarquable. Il offre un concert au concept plutôt simple; quelques musiciens, lui-même qui joue et chante, et un écran derrière qui sert parfois de support pour quelque projection d'images d'accompagnement.
Souvent à la basse ou la guitare, parfois au piano, et même au Ukulele, McCartney n'a pas besoin de chorégraphies, de danseurs ou d'artiste surprise invité pour remplir et habiter un lieu aussi grand que les Plaines d'Abraham et s'approprier une foule aussi imposante que plus de 225 000 personnes. Et il le fait avec beaucoup de classe et une facilité désarmante; des décennies de métier sur scène, ça fait une grande différence quand on assiste à un spectacle mené par un tel professionnel.
Évidemment, il y a énormément d'excitation dans la foule, y compris chez votre blogueur de service. Alors que les titres s'alignent, succès après succès, superbes mélodies après superbes mélodies, on réalise qu'on a devant soit le seul chanteur et musicien au monde de ce calibre. Point. Du seul point de vue de la composition de mélodies, il a certainement été un des meilleurs compositeurs des cent dernières années, tous genres confondus.
Je ne vous ferai pas la liste complète des chansons qu'il nous a interprété (elle est ici, en fait), mais vous reconnaîtrez qu'aucun artiste vivant actuellement peu enfiler sur scène autant de titres légendaires et connus que Band on the run, Let it Be, Drive my Car, My Love, Hey Jude, Fine Line ou Penny Lane. Je n'en nomme que quelques uns au hasard, mais les 31 autres sont du même calibre!
Malgré la mise en scène minimaliste, il s'est tout de même amusé à faire sauter les Plaines avec un grand feu d'artifice - et avec des flammes gigantesque sur scène - en plein milieu du spectacle et de Live and Let Die.
Enfin, après quelques heures de spectacle, Paul McCartney termine et quitte la scène avec ses musiciens. La foule réclame un rappel, bien sûr, alors il revient et interprète coup sur coup Lady Madonna, Get Back et I Saw Her Standing There. Seconde sortie après une salutation, et la foule en veut toujours plus. Il revient sur scène pour la dernière fois; d'abord avec Yesterday, puis avec Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band et The End.
À ce moment, et peut-être seulement à ce moment, j'ai réalisé qu'il pourrait chanter jusqu'à 5h du matin sans se répéter et toujours jouer des succès dont un seul des titres rendrait jaloux la plupart des groupes ou chanteur de rock actuels.
Quand on se permet de laisser de côté des Hello Goodbye, No more Lonely Nights, We Can Work it Out et même She Loves You, vous comprenez vraiment l'ampleur du répertoire de l'artiste que vous voyez sur scène, même si vous avez suivi depuis quelques décennies déjà, son parcours, et acheté la plupart de ses albums solos depuis que vous écoutez sérieusement de la musique.
Parmi les points les plus forts du spectacle (outre Live and Let Die, déjà mentionné), je donne la palme à son A Day in The Life, qu'il dédié à "mon ami John", créant un grand frisson dans la foule, pièce qu'il a fait suivre par le Give Peace a Chance de Lennon. J'étais aussi très content qu'il chante The Long and Winding Road, que j'ai toujours adorée.
A Day in a life / The End.
Enfin, ce qui m'a toujours attiré dans la musique de McCartney et que j'ai été si heureux de retrouver à Québec ce dimanche, c'est sa bonne humeur, son optimisme, sa présence, et le fait qu'il a encore et toujours l'air de bien s'amuser en faisant de la bonne musique. On ne peut rien demander de plus.
Je conclurai donc en confirmant qu'il s'agit d'un des concerts les plus mémorables que j'ai vu dans ma vie. Certains fans présents - et j'ai aussi entendu la chose à la radio et la télé - disent que c'est une expérience que vous ne vivez qu'une fois dans votre vie. Effectivement, ça a le sentiment d'un once in a lifetime, mais par un heureux hasard, comme la chose m'était déjà arrivé (Rome, printemps 2003), difficile de dire que c'est une expérience unique! N'empêche, ça reste une expérience inoubliable... chaque fois!
Et il y a quelque chose de spécial, qui fait partie de la magie de ce genre d'événement, à pouvoir dire tout simplement; "Ah, oui, le fameux show de McCartney à Québec, je m'en souviens très bien, j'y étais".
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[Photos: 1. Bannière sur les Plaines d'Abraham. 2. "We love you", sur la Grande Allée. 3. Scène, foule et Pascale Picard Band. 4-6. Paul McCartney, piano et guitares. 7. Feux d'artifice et Live and let die.]

samedi 5 juillet 2008

Trafalgar Gay!

On se souviendra de mon premier arret a Trafalgar lors de la fete (surprise) du Canada l'autre jour. Quelle ne fut pas ma surprise, aujourd'hui, de constater que Trafalgar etait encore en fete!
Gay Pride Parade of London, avec un concert et une foule incroyable et bigaree rassemblee a Trafalgar Square. (Etait-ce aujourd'hui que se tenait la parade de la fierte gay partout dans le monde?)
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Quelques photos s'imposent.
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Une foule compacte entourrait le square alors que la parade achevait pres de la colonne de Nelson. [Prise de vue en sortant de Admiral Arch].

La parade etait assez diversifiee; quelques groupuscules, des gens en costume, des equipes de criquet ou de natation, bref, tout le monde ici pour affirmer le droit universel a l'amour, peut importe son orientation. Le rose etait donc de mise, de meme que la bonne humeur.

Cabine rouge typique - pas si difficile a trouver, donc - avec deux drapeaux; celui de la fierte gay et celui de la Grande Bretagne, mais modifie pour que le rose domine.

Sur la meme scene ou on a pu assister a un spectacle d'artistes canadiens il y a quelques jours a peine, un concert gratuit avait une fois encore ete organise. La foule etait au rendez-vous. [Notez Big Ben qui se pointe le nez au fond a gauche, tiens. Notez egalement le lion au pied de la colonne, qui est celui de ma photo de 2003 publiee l'autre jour. Avouez que comme photographe, je pense a tout :-)].

Encore des gens fiers brandissant des drapeaux de circonstance... Attendez un peu, c'est quoi ces drapeaux du Canada en arriere-plan??? Bien sur, vous aurez devine, c'est notre ambassade qui se trouve justement la, par hasard :-). je ne pouvais pas passer a cote de cette photo-la!

Une vue d'ensemble de Trafalgar Square (capte du balcon de la National Gallery). Au bout de Whitehall, en arriere, on voit encore Big Ben (en fait, en passant, Big Ben est le surnom de la grosse cloche qui se trouve a l'interieur de cette tour qui fait partie de l'edifice du Parlement, l'autre tour s'appelant Victoria). Du haut de sa colonne, je me demande ce que Nelson pense de tout ca! :-)
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mardi 1 juillet 2008

Trafalgar Oh Canada !

On ne peut imaginer une situation plus bizarre en terme de depaysement.
Vous partez pour un pays etranger - ou vous n'avez pas mis les pieds depuis 5 ans, et encore, a l'epoque, ce n'etait que pour quelques jours - et vous vous retrouvez en plein terrain connu!
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A mon arrivee a Trafalgar Square, je n'en croyais pas mes yeux: on y celebre en grande pompe la Fete Nationale du Canada.
And I kid you not.
Tout le square est occupe par les festivites; pavillons provinciaux, hockey, animation, biere canadienne (de la Moosehead), distribution gratuite de petits drapeaux canadiens, bref, Welcome to Canada! :-)
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Pour les curieux et les incredules, j'ai ramasse des preuves photographiques de ce que j'avance. Voici donc:

L'Esprit Vagabond, consterne et sous le choc de se retrouver chez lui apres 6h de vol transatlantique.

Ok, ce match de la finale de la coupe Trafalgar (authentique) est un peu etrange, et le gardien des roses (!) ressemble plus a un joueur de baseball weirdo, mais coup donc, il y a bel et bien eu un match de hockey devant une foule de spectateurs a Trafalgar Square cet apres-midi! En arriere, la National Gallery [Notez la commandite sur les bandes gonflables de la "patinoire".]

Dans le pavillon du Quebec, on fait la promo du festival Juste pour rire. J'ai meme assiste a une representation de 30 minutes du comique britanique Matt Bernard qui devrait etre au festival...

Meme la celebre et serieuse Westminster Abbey a adopte les couleurs du Canada en hissant bien haut notre drapeau sur sa tour... (Coincidence stupefiante, en ce moment-meme, mon voisin de cafe internet parle au telephone et parle justement des festivites qui ont lieu en l'honneur du Canada a Trafalgar!)

Avouez que c'est pousser l'hommage un peu loin, non? Meme l'etang de St-James Park, en face de Buckingham Palace marque le coup avec des outardes du Canada!!!
:-)
:-)
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Bon, j'y retourne car ce soir, il y a un concert gratuit, avec des musiciens canadiens (dont Jesse Cook, quand meme)
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samedi 12 avril 2008

Une soirée avec Louis-José Houde

On trouvera probablement étrange qu'en cette période d'euphorie autour des chances des Canadiens de Montréal en série de la coupe Stanley, je me sois retrouvé au Centre Bell deux fois en dix jours... pour d'autres événements qu'un match de hockey...
Après le spectacle d'Avril Lavigne de la semaine dernière, j'étais de retour dans l'amphithéâtre montréalais pour le spectacle d'humour de Louis-José Houde, hier soir.
Louis-José Houde est un humoriste qui s'est développé un créneau à lui, sans créer de personnages, sans faire d'imitations, sans chansons, mais tout simplement en concentrant ses histoires sur les éléments du quotidien. Il n'est certes pas le premier humoriste à utiliser ce genre de sujet et de ressort, mais il le fait avec une originalité certaine.
Son spectacle, intitulé «Suivre la parade», commence avec :
«Mon grand-père a eu mon père quand il avait 20 ans, mon père m'a eu quand il avait 25 ans. Moi, j'ai 30 ans, et j'ai loué Spider-Man 2 hier soir.»
Le spectacle dure environ 2h30 (hier, l'humoriste a ajouté un segment de presque dix minutes supplémentaires), plus un bon 15 minutes d'entracte, et avec la diction de l'humoriste, on peux dire qu'un autre performer aurait probablement fait un show de 3h avec le même texte!
On rit beaucoup dans ce spectacle, mais même dans les moments où on rit moins, on sourit en permanence - c'est donc le genre de soirée qui se termine avec des maux à la mâchoire!
Ce que j'ai bien aimé du spectacle de Louis-José Houde, c'est qu'il s'agit d'un show très bien écrit. On ne parle pas ici d'une simple enfilade de gags, ou d'une plus classique enfilade de sketches, mais bien d'une sorte de longue pièce comique en deux actes, dont plusieurs blagues et effets comiques reposent sur un scénario bien huilé, bien préparé, et définitivement écrit avec talent. Évidemment, l'interprétation est importante, mais j'ai l'impression que le texte est le point fort de ce spectacle.
La seconde partie du spectacle est aussi plus profonde que la première; l'humoriste ose y aborder deux thématiques principales: la séparation de ses parents et l'avortement de sa copine. On a du mal à imaginer comment on peut faire de l'humour convaincant sans tomber dans la facilité; ces deux thématiques sont déjà un point de départ très fort, audacieux même.
C'est aussi pendant cette seconde partie plus intense, que l'humoriste délivre ses gags les plus efficaces; plusieurs des effets trouvent enfin leur conclusion, après avoir été soigneusement préparées depuis le début du spectacle et cette manière de faire amplifie beaucoup le potentiel comique de plusieurs gags. (La réplique «Vous autres non plus vous n'avez pas fait votre stop?» est cent fois plus amusante - et dérangeante - dans ce contexte que si l'humoriste n'avait pas mis la table une heure plus tôt avec l'anecdote de son père sur l'origine de cette réplique, par exemple). J'y ai vu le signe d'un auteur intelligent et d'un professionnel qui sait ce qu'il fait et comprend les mécanismes de l'humour. Cet aspect force l'admiration, de la part du modeste auteur que je suis.
Une autre caractéristique de l'humour de Louis-José Houde, c'est cette habitude qu'il a de prendre, le temps d'une réplique, le point de vue d'objets du quotidien, voire même le point de vue d'un mot, tout simplement. («Même le mot "Va-nu-pieds" s'est demandé: Moi... J'ai été prononcé?»)
Je disais, la semaine dernière, que le Centre Bell n'est pas un amphithéâtre facile à habiter - et c'est d'autant plus vrai avec un humoriste en solo qu'avec un concert musical -, eh bien Louis-José Houde réussit à créer une atmosphère même dans ce lieu immense, ce qui démontre que malgré son gabarit, l'humoriste a une présence sur scène impressionnante. Nous avions beau être six mille personnes, il a réussit à créer un sentiment de connivence et de simples discussions entre amis à peu près tout le long du spectacle. Il accomplit le tout sans aucun effet de scène, à l'exception de son entrée en seconde partie avec un solo de batterie endiablé (permettant ainsi aux retardataires de l'entracte de revenir à leurs sièges et créant un lien avec les derniers moments du premier acte, où il avouait qu'en vacances dans le sud, il voyage sous le nom de Norman et se fait passer pour un batteur de groupe rock).
Après les bons commentaires que je publie régulièrement ici sur divers spectacles, films ou musicals, on me dira bon public (je le suis généralement), mais coup donc, quand c'est aussi bon que le show de Louis-José Houde, je vois mal de quoi je pourrais me plaindre. (Il faut aussi dire que je demeure plutôt sélectif, n'ayant pas tous les soirs à consacrer à une vie culturelle, malheureusement.)
Je vous invite à assister à cet excellent spectacle; la représentation de ce soir a été annulée puisque l'amphithéâtre est occupée par des joueurs de hockey, semble-t-il, mais l'humoriste y revient en mai et en juin prochain.
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