Compte tenu des limites imposées pour la longueur des commentaires sur les billets de ce blogue, je me permet de publier la suite de mon billet sur le ton de certaines informations du site de Radio-Canada dans un nouveau billet.
J'invite d'abord le lecteur à lire mon précédent billet sur le sujet, et de parcourir les commentaires.
Suite à la suggestion d'informer l'ombudsman de Radio-Canada de mon opinion, j'ai expédié le texte du billet à Mme Julie Miville Dechêne. Sa réponse, ainsi que celle de Soleïman Mellali, rédacteur en chef, information, internet et services numériques de Radio-Canada, apparaissent au bas de ce précédent billet.
Voici ce que j'ai envoyé ce matin à Mme Miville Dechêne, à la suite de cette réponse.
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Bonjour Madame Miville-Dechêne,
J'ai bien reçu une réponse, de M. Soleiman Mellali.
Comme je ne suis pas réellement satisfait de cette réponse, je vous fait donc suivre mes commentaires et la réponse en question.
J'expédie simultanément cette réponse à M. Mellali par la même occasion.
Hugues Morin
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Cher Monsieur Mellali,
Vous me répondez :
«Vous estimez que nos articles sont biaisés « par leur attitude et non par la présence explicite d'un commentaire éditorial ». J'avoue que je ne vois pas ce que vous voulez dire par « attitude » à propos d'un article et si vous n'y avait (sic) pas trouvé de commentaire éditorial, je vois encore moins où est le problème.
[...]
nous ne reprenons pas à notre compte les affirmations[...]nous les citons et c'est au lecteur de se faire une opinion.
[...]
Nous situons politiquement le président Rafael Correa pour une meilleure compréhension du contexte et nous n'hésitons pas à le faire lorsqu'il s'agit d'un homme politique de droite.»
Pour bien me faire comprendre, voici d’abord quelques exemples illustrant ce que je veux dire. J'invente ici, à titre d'exercice, cinq énoncés où n’apparaissent que des faits, mais qui insistent sur un angle qui invite les lecteurs à se faire une opinion à partir de cet angle:
Le premier ministre Stephen Harper – qui s’était prononcé pour la participation du Canada à l’invasion de l’Irak – a annoncé aujourd’hui la prorogation du parlement.
L’ex-premier ministre Trudeau – un ami personnel du leader communiste cubain Fidel Castro, qu’il a visité à plusieurs reprises à Cuba – était de passage...
Le chef du parti conservateur du Canada – qui s’était prononcé pour la participation du Canada à l’invasion de l’Irak en 2003 en support au président George W. Bush – a confirmé que les troupes canadiennes en Afghanistan y resteraient pour encore un an.
Paul Martin – qui était premier ministre lors du scandale des commandites – a décidé de publier ses mémoires politiques.
Le Canada – où quatre élections générales ont eu lieu au cours des huit dernières années, et qui est gouverné par un gouvernement minoritaire depuis six ans – tente d’obtenir un siège au conseil de sécurité des Nations Unies.
Et voici, pour être certain de bien illustrer mon propos, deux autres exemples: Je créé une fois de plus des énoncés, annonçant cette fois-ci la même nouvelle, mais l’encadrant de faits – et non de commentaire éditorial explicite – pour établir le « contexte »:
Le premier ministre Harper, au pouvoir depuis quatre ans, a demandé la prorogation du parlement. Il a expliqué que suite à l’analyse de son plan de relance de l’économie, le gouvernement devait prendre le temps de faire le point et a qualifié la demande de «procédure de routine ».
En demandant la prorogation du parlement pour une seconde fois en deux ans à la gouverneure générale – une personne non élue – Stephen Harper, qui avait publiquement supporté l’invasion de l’Irak par les américains sous George W. Bush, a qualifié cette procédure rarement utilisée de «procédure de routine».
Voilà pour les illustrations.
Si rappeler « l’alliance » de M. Correa avec son homologue vénézuelien est simplement de le situer politiquement pour une meilleure compréhension du contexte, je me demande alors pourquoi on le fait systématiquement à chaque fois que l’on parle du président équatorien. J’avais souligné la présence de cette référence dans les deux articles récents sur site de la SRC, or si on effectue une recherche sur Rafael Correa dans la section Nouvelles du site, on tombe inévitablement sur cette référence contextuelle. Par exemple, elle apparaît aussi dans l’article «Victoire assurée pour Correa» d’avril 2009 («La décision de cet allié d’Hugo Chavez de...»).
Or il n’est pas vrai que ce genre de mise en contexte par association est pratiqué sur le site de la SRC pour les leaders dont les politiques sont de centre ou de droite. En faisant la recherche dans la même section Nouvelles du site pour Alan Garcia (Pérou), Sebastian Pinera (Chili), Laura Chinchilla (Costa Rica), Juan Manuel Santos (Colombie) ou d’autres leaders d’ailleurs dans le monde, aucun document ne mentionne la proximité d’idées avec d’autres leaders comme c’est le cas avec les dirigeants socialistes.
Fait intéressant: En effectuant une recherche sur Evo Morales (Bolivie), on tombe inévitablement sur des articles mentionnant son « alliance » avec le président Chavez. Par exemple, dans « Morales Triomphe », de décembre 2009 (« Allié du président Hugo Chavez, Evo... »).
Autre fait intéressant: La même recherche, dans la même section du site, avec Tony Blair (Royaume Uni) nous donne une panoplie d’articles. Dans aucun de ces articles ne peut-on lire une phrase de mise en contexte qui mentionne l’alliance de M. Blair avec le gouvernement de George W. Bush, même dans les articles récents de mai ou septembre 2010 où l’on revient sur leur décision de s’allier lors de l’invasion de l’Irak.
Pour revenir à M. Correa, j’aurais compris que dans un premier article, on situe le contexte politique en évoquant Hugo Chavez si cette information avait été pertinente dans le cadre des événements. Or j’ai beau chercher, je ne vois toujours pas le rapport entre l’alliance Correa-Chavez et ce qui se passait en Équateur jeudi et vendredi dernier. J’aurais aussi compris si cette alliance et les politiques socialistes de Rafael Correa avaient été en cause. Or c’est même l’inverse, les policiers rebelles manifestaient contre l’adoption de mesures d’austérité, qui sont à l’opposé de politiques socialistes! Ainsi, l’évocation du nom de Chavez m’apparaît une bien piètre mise en contexte. Son utilisation systématique dès que l’on parle d’un leader latino-américain de gauche est donc ce que j’entends par procédé insidieux.
À titre de comparaison, je vous invite à consulter les articles de la section Nouvelles sur les troubles politiques qu'a eu à affronter le président Garcia au Pérou en 2009, pour rester dans la même région du globe, et vous n'y trouverez aucune mention "contextuelle" de ses alliances politiques.
Ce qui ne semblait pas assez clair dans l’explication de mon « opinion », c’est que la répétition systématique d’un fait, lorsqu’il n’est pas directement relié aux événements dont la nouvelle nous fait part, est une manière de faire éditorial sans avoir l’air de le faire. (Je n’ai jamais mentionné, dans mes exemples ci-haut si j’étais contre l’invasion de l’Irak ou non, ni si je partageais l’opinion de Stephen Harper sur la question, mais j’ai implicitement invité le lecteur à se ranger d’un côté en insistant sur ces éléments de contexte). C’est de ça dont je parlais quand je mentionnais que les articles m’apparaissaient biaisés par leur attitude et non par la présence explicite d'un commentaire éditorial. L’apparition systématique du nom d’Hugo Chavez dans les nouvelles sur Rafael Correa ou Evo Morales m’apparaît donc, pour m’exprimer assez clairement cette fois-ci, un commentaire éditorial implicite, mais éditorial tout de même.
Vous concluez :
« Nous espérons avoir réussi à vous convaincre de notre bonne foi. »
Ce à quoi je réponds que oui. Oui je crois à votre bonne foi.
Oui je crois maintenant que ces références systématiques n’étaient pas volontaires.
Vous expliquez d’ailleurs:
« Nous sommes un site d'information en continu et une même nouvelle peut être rédigée à 4h30 du matin par un de nos journalistes, revue par son chef de pupitre, puis actualisée tout au long de la journée par d'autres journalistes et révisée par un autre chef de pupitre et ce, jusqu'à minuit. »
J’imagine que ceci explique cela.
C’est un peu ce qui m’attriste aujourd’hui, d’ailleurs. De constater que loin d’être une nouvelle orientation de la SRC, cette manière de faire est simplement devenu une habitude, devant la pression de fournir une information en continu. On copie-colle une référence à Chavez (ou Castro) sans même se rendre compte qu’on manque de jugement. On le fait systématiquement sans même réaliser que c’est devenu une habitude. On ne réalise même pas que l’on répète à chaque fois un procédé créé par certains médias douteux, car c’est en train de devenir la norme. Les journalistes et chefs de pupitres ne le voient même plus passer tellement c’est usuel.
Je m’étonne toutefois que cette bonne foi ne vous ait pas conduit à vérifier ce dont je parlais, à consulter les pages de la section Nouvelles du site de la SRC pour vérifier ce qu’on y écrivait sur les leaders de gauche ou de droite, avant de m’écrire que vous faisiez la même chose pour les hommes politiques de droite. (Dans tous les cas, leur "contexte" est situé avec variété et absence de biais systématique, ce qui est très bien).
Si cette pratique douteuse avait été une nouvelle orientation de la SRC, j’aurais pu m’indigner, me plaindre de cette politique, mais devant votre bonne foi, je ne peux que m’attrister de voir ce que devient le journalisme à la SRC, et je ne vois pas ce que je peux faire de plus que d'avoir porté ce fait à votre attention.
Hugues Morin
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mercredi 6 octobre 2010
samedi 2 octobre 2010
Entretien avec Leandro sur la situation à Quito et en Équateur
Les lecteurs de ce blogues reconnaîtront la voix de mon ami Leandro, dont j'ai parlé à quelques reprises lors de mes séjours équatoriens de 2004, 2005 ou 2007. C'est toujours à cet ami quiteno que je fais appel pour avoir des nouvelles sur place ou des opinions de citoyen ordinaire, puisque mon ami est à la fois une personne avec qui j'ai gardé un contact constant depuis que l'on s'est rencontré en 2004, et un jeune diplômé d'université éveillé à ce qui se passe dans son pays et dans le monde.
Jeudi soir, en apprenant que l'Équateur était en état d'urgence, mon premier réflexe a été d'écrire à Leandro pour avoir des nouvelles et être rassuré sur sa situation et celle de ses proches. Lors de ce premier échange, déjà, Leandro m'apprenait quelques détails que je n'avais pu lire dans nos médias.
Vendredi matin, alors que je préparais mon billet sur la situation telle qu'elle m'apparaissait, j'ai écrit à nouveau à Leandro pour lui poser plus de questions et obtenir sa permission de publier le résultat de cet échange de courriels.
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[30 septembre 2010]
Hugues Morin: Allo Leo, comment ça va ce soir?
Leandro Cahuasqui: Eh bien, ici en Équateur, tout est à l'envers... mais je vais bien, merci de t'en inquiéter.
HM: Que se passe-t-il dans la ville? Nos médias parlent de la tentative de coup d'état mais pas de ses impacts sur les gens de chez vous.
LC: Aujourd'hui, en fin d'après-midi, par mesure de sécurité, les gens ont fermé leurs commerces pour éviter d'être victimes de vols et les banques ont également fermées leurs portes après que 4 succursales bancaires aient été attaquées. Les voleurs ont profités de l'absence de police, c'était un peu comme Noël pour eux sans la police...
Il y a des rumeurs d'un décret de couvre-feu pour éviter ce genre de conflits, mais je ne pense pas que ça soit le fait de beaucoup d'Équatoriens. En réalité, nous sommes avec le président Correa, comme l'a rapidement démontrée le regroupement de citoyens à la Plaza Grande appuyant le président.
Avec les nouvelles d'appui des pays comme la Colombie, le Pérou, l'Argentine, la Bolivie, le Venezuela et le Brésil, je ne pense pas que les hauts gradés de la police arriveraient à réaliser un coup d'état, ils n'auraient jamais le courage d'aller au bout contre le président, et encore moins d'affronter ces autres pays.
HM: Est-ce que l'on en sait plus sur pourquoi ça a dégénéré comme ça?
LC: les revendications de la police sont justes, mais ce n'est pas la bonne manière de faire valoir leur point. On ne revendique pas avec des combats et affrontements violents des droits qui sont justes. Les policiers se battent pour des avantages et droits sociaux et économiques qui leur auraient été enlevés par une loi votée hier. Par contre, aux informations, on nous apprend que ces avantages et droits ne leur auraient pas été enlevés, mais auraient changés de forme, comme être payé mois par mois au lieu d'une fois l'an, par exemple...
...
[1 septembre 2010]
HM: En tant qu'Équatorien, trouve-tu que la situation était très dangereuse?
LC: Dangereuse, non. À l'origine, ce sont des policiers qui manifestaient pour revendiquer leurs droits.
HM: Crois-tu aujourd'hui que la situation s'est améliorée, où qu'elle risque plus de se détériorer rapidement?
LC: C'est déjà beaucoup plus calme. Aujourd'hui, on dirait que tout est rentré dans l'ordre. On voit des policiers dans les rues, les commerces et les banques ont rouvert leurs portes. C'est revenu au calme, mais sans que les policiers n'aient abandonné leur objectif. Hier à Guayaquil, ceux qui ont volé les commerces locaux sont des gens qui ont profité de la situation et qui sont probablement des voleurs de toute manière, mais aujourd'hui, tout l'Équateur semble fonctionner normalement.
HM: Crois-tu possible que Lucio Gutiérrez soit en partie responsable de cette tentative de coup comme on a pu le lire dans les médias? Après tout, il est devenu président après un coup d'état en 2000, non?
LC: Lucio Gutiérrez est une personne qui semble vouloir à tout prix à nouveau être président, de n'importe quelle manière. Toutefois, je ne pense pas qu'il soit complètement derrière ça, bien que de plus en plus de médias, ainsi que le président, l'affirment. Par contre, je me dis que si Lucio n'a rien à voir avec ça, pourquoi ne s'est-il pas prononcé contre ces actions hier soir? Évidemment, je dois être réaliste, car le voleur ne crie jamais: J'AI VOLÉ!
HM: Qu'est-ce que tu penses du président Rafael Correa et de ses politiques?
LC: La Patrie appartient à tous, en avant avec le président Correa*. Le président est un très bon président dans tous les aspects de sa politique, mais parfois, il est arrogant avec ses ennemis politiques. En même temps, s'il n'avait pas un caractère ferme et énergique, il ne réaliserait pas grand chose.
HM: En terminant...
LC: La journée d'hier a vu un échange de coup de feu entre l'armée et la police, pour délivrer le président. Ce furent des minutent terribles, de voir des frères équatoriens s'affronter en défendant chacun leur idéaux.
HM: Merci beaucoup mon ami, encore une fois, pour ton temps et ton aimable collaboration à mon blogue.
Je souhaite bien sûr à Leandro et à tous les équatoriens que cette crise se règle le plus pacifiquement et démocratiquement possible.
--
* Pour montrer son appui au président, Leandro cite ici textuellement un des slogans électoral de Rafael Correa: "La Patria ya es de Todos, Arriba el Presidente Correa.". Ma courte traduction ne fait pas justice à la finesse du ya (déjà), signifiant aussi que la Patrie appartient déjà, aujourd'hui et toujours, à tous (la population).
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Photo: Leandro, en compagnie de notre ami Evelyn, admirant le centre-ville de Quito en juin 2007.
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Jeudi soir, en apprenant que l'Équateur était en état d'urgence, mon premier réflexe a été d'écrire à Leandro pour avoir des nouvelles et être rassuré sur sa situation et celle de ses proches. Lors de ce premier échange, déjà, Leandro m'apprenait quelques détails que je n'avais pu lire dans nos médias.Vendredi matin, alors que je préparais mon billet sur la situation telle qu'elle m'apparaissait, j'ai écrit à nouveau à Leandro pour lui poser plus de questions et obtenir sa permission de publier le résultat de cet échange de courriels.
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[30 septembre 2010]
Hugues Morin: Allo Leo, comment ça va ce soir?
Leandro Cahuasqui: Eh bien, ici en Équateur, tout est à l'envers... mais je vais bien, merci de t'en inquiéter.
HM: Que se passe-t-il dans la ville? Nos médias parlent de la tentative de coup d'état mais pas de ses impacts sur les gens de chez vous.
LC: Aujourd'hui, en fin d'après-midi, par mesure de sécurité, les gens ont fermé leurs commerces pour éviter d'être victimes de vols et les banques ont également fermées leurs portes après que 4 succursales bancaires aient été attaquées. Les voleurs ont profités de l'absence de police, c'était un peu comme Noël pour eux sans la police...
Il y a des rumeurs d'un décret de couvre-feu pour éviter ce genre de conflits, mais je ne pense pas que ça soit le fait de beaucoup d'Équatoriens. En réalité, nous sommes avec le président Correa, comme l'a rapidement démontrée le regroupement de citoyens à la Plaza Grande appuyant le président.
Avec les nouvelles d'appui des pays comme la Colombie, le Pérou, l'Argentine, la Bolivie, le Venezuela et le Brésil, je ne pense pas que les hauts gradés de la police arriveraient à réaliser un coup d'état, ils n'auraient jamais le courage d'aller au bout contre le président, et encore moins d'affronter ces autres pays.
HM: Est-ce que l'on en sait plus sur pourquoi ça a dégénéré comme ça?
LC: les revendications de la police sont justes, mais ce n'est pas la bonne manière de faire valoir leur point. On ne revendique pas avec des combats et affrontements violents des droits qui sont justes. Les policiers se battent pour des avantages et droits sociaux et économiques qui leur auraient été enlevés par une loi votée hier. Par contre, aux informations, on nous apprend que ces avantages et droits ne leur auraient pas été enlevés, mais auraient changés de forme, comme être payé mois par mois au lieu d'une fois l'an, par exemple...
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[1 septembre 2010]
HM: En tant qu'Équatorien, trouve-tu que la situation était très dangereuse?
LC: Dangereuse, non. À l'origine, ce sont des policiers qui manifestaient pour revendiquer leurs droits.
HM: Crois-tu aujourd'hui que la situation s'est améliorée, où qu'elle risque plus de se détériorer rapidement?
LC: C'est déjà beaucoup plus calme. Aujourd'hui, on dirait que tout est rentré dans l'ordre. On voit des policiers dans les rues, les commerces et les banques ont rouvert leurs portes. C'est revenu au calme, mais sans que les policiers n'aient abandonné leur objectif. Hier à Guayaquil, ceux qui ont volé les commerces locaux sont des gens qui ont profité de la situation et qui sont probablement des voleurs de toute manière, mais aujourd'hui, tout l'Équateur semble fonctionner normalement.
HM: Crois-tu possible que Lucio Gutiérrez soit en partie responsable de cette tentative de coup comme on a pu le lire dans les médias? Après tout, il est devenu président après un coup d'état en 2000, non?
LC: Lucio Gutiérrez est une personne qui semble vouloir à tout prix à nouveau être président, de n'importe quelle manière. Toutefois, je ne pense pas qu'il soit complètement derrière ça, bien que de plus en plus de médias, ainsi que le président, l'affirment. Par contre, je me dis que si Lucio n'a rien à voir avec ça, pourquoi ne s'est-il pas prononcé contre ces actions hier soir? Évidemment, je dois être réaliste, car le voleur ne crie jamais: J'AI VOLÉ!
HM: Qu'est-ce que tu penses du président Rafael Correa et de ses politiques?
LC: La Patrie appartient à tous, en avant avec le président Correa*. Le président est un très bon président dans tous les aspects de sa politique, mais parfois, il est arrogant avec ses ennemis politiques. En même temps, s'il n'avait pas un caractère ferme et énergique, il ne réaliserait pas grand chose.
HM: En terminant...
LC: La journée d'hier a vu un échange de coup de feu entre l'armée et la police, pour délivrer le président. Ce furent des minutent terribles, de voir des frères équatoriens s'affronter en défendant chacun leur idéaux.
HM: Merci beaucoup mon ami, encore une fois, pour ton temps et ton aimable collaboration à mon blogue.
Je souhaite bien sûr à Leandro et à tous les équatoriens que cette crise se règle le plus pacifiquement et démocratiquement possible.
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* Pour montrer son appui au président, Leandro cite ici textuellement un des slogans électoral de Rafael Correa: "La Patria ya es de Todos, Arriba el Presidente Correa.". Ma courte traduction ne fait pas justice à la finesse du ya (déjà), signifiant aussi que la Patrie appartient déjà, aujourd'hui et toujours, à tous (la population).
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Photo: Leandro, en compagnie de notre ami Evelyn, admirant le centre-ville de Quito en juin 2007.
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vendredi 1 octobre 2010
Mais depuis quand Radio-Canada a-t-elle perdu son objectivité pour adopter un discours subversif de droite?
Je débute ce billet par quatre citations tirées de deux articles d'actualité du site de Radio-Canada sur la crise politique en Équateur:
"Le président socialiste de l'Équateur, Rafael Correa, a assuré jeudi soir qu'il gouvernait encore son pays malgré ce qu'il a qualifié de tentative de coup d'État plus tôt au cours de la journée..." (1)
...
"Le président Correa, reconnu comme un proche du président vénézuélien Hugo Chavez, rencontrait des policiers rebelles qui protestaient..." (2)
...
"Le chef de l'État a été confronté jeudi à un mouvement de révolte de policiers qu'il a assimilé à une tentative de coup d'État." (3)
...
"Le président socialiste de 47 ans est considéré comme proche du président vénézuélien Hugo Chavez." (4)
--
Les deux premières citations sont tirées respectivement du premier et troisième paragraphe d'un même article. La troisième et la quatrième citations sont tirées d'un article subséquent, publié le lendemain.
Les articles sont, hum, anonymement signés "Radio-Canada" et une multitudes d'agences de presse.
--
Première réaction: Depuis quand notre réseau d'information national - financé par le gouvernement fédéral du Canada - utilise-t-il des phrases aussi subversives que celle-là? On sous-entendant à deux reprises dans les 3 premiers paragraphes d'un article d'actualités que c'est une mauvaise chose que d'avoir des politiques socialistes et de s'associer à Chavez? Et on répète ce procédé douteux quelques heures plus tard? Cet article n'est pas une analyse politique, c'est une information d'actualité! Pourquoi ce commentaire éditorial? Et je cherche toujours le rapport de Chavez avec la tentative de coup d'état en Équateur?!?!?
Je trouve que ça manque totalement d'éthique et d'objectivité. Et je me demande - sérieusement - depuis quand c'est la politique de Radio-Canada. Après tout, est-ce qu'on prend la peine de mentionner que des présidents comme untel un untel sont de droite dès que l'on a à écrire leur nom? Pourquoi le fait-on systématiquement avec les présidents de gauche... collant les noms de Chavez ou Castro, comme des synonymes de méchant ou d'ennemi public, à tous les gouvernements qui n'ont pas l'orientation politique des USA ou du Canada actuel? À Radio-Canada?? En sommes-nous vraiment rendu là au Canada, et, à la SRC en français, au Québec? Vraiment? C'est inquiétant.
Seconde observation: On est décidément timide à appeler un chat un chat. Par deux fois on laisse croire qu'il n'y a pas eu de coup d'état et que c'est une interprétation du président Correa... "qu'il a qualifié de tentative de coup d'État" ... puis... "qu'il a assimilé à une tentative de coup d'État..."
Rappel de quelques faits:
- Le congrès ait été investi par la police rebelle.
- On a attaqué, blessé puis séquestré le président.
- Des échanges de coups de feu ont eu lieu entre policiers rebelles, policiers en fonction et forces armées.
- L'aéroport de Quito a été occupé.
- Il y a eu deux morts.
Question: ça prendrait quelle genre d'action pour convaincre les journalistes de la SRC et des agences de presse d'appeler ça une tentative de coup d'état?
(Notez que la même attitude malhonnête des médias face à un coup d'état avait été utilisée lors du coup d'état au Honduras l'an dernier. Cette négation de la réalité est également inquiétante, car il est toujours plus facile de supporter ou reconnaître un changement de régime qui n'est pas apprécié des grandes puissances si on n'assume pas directement le coup d'état. C'est exactement ce qui est arrivé au Honduras).
--
Suis-je le seul à trouver ça inquiétant de voir nos médias ainsi biaisés? C'est insidieux, inquiétant, révoltant même! N'avons-nous plus droit à une information objective et juste?
Sous le prétexte d'informer - et sous la bannière sacro-sainte de la SRC! -, on a l'impression en lisant le tout que le président Correa est en fait un méchant socialiste, et qu'il a imaginé un coup d'état et qu'au fond, c'est normal pour un proche de types comme Chavez... Un procédé éditorialiste couard et malhonnête de tentative de manipulation du lecteur - et une insulte à son intelligence.
Et pendant que la SRC publiait ces deux articles douteux, une manifestation se déroulait à la Plaza Grande de Quito, où des milliers de citoyens étaient regroupés pour montrer leur appui à leur président démocratiquement élu à deux reprises.
--
Notes:
(1) "Équateur - Rafael Correa dit gouverner encore - Mise à jour le jeudi 30 septembre 2010 à 23 h 37"
(2) id.
(3) "Équateur - Le continent se range derrière Correa - Mise à jour le vendredi 1 octobre 2010 à 7 h 23"
(4) id.
Les quatre articles tirés du site www.radio-canada.ca
"Le président socialiste de l'Équateur, Rafael Correa, a assuré jeudi soir qu'il gouvernait encore son pays malgré ce qu'il a qualifié de tentative de coup d'État plus tôt au cours de la journée..." (1)
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"Le président Correa, reconnu comme un proche du président vénézuélien Hugo Chavez, rencontrait des policiers rebelles qui protestaient..." (2)
...
"Le chef de l'État a été confronté jeudi à un mouvement de révolte de policiers qu'il a assimilé à une tentative de coup d'État." (3)
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"Le président socialiste de 47 ans est considéré comme proche du président vénézuélien Hugo Chavez." (4)
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Les deux premières citations sont tirées respectivement du premier et troisième paragraphe d'un même article. La troisième et la quatrième citations sont tirées d'un article subséquent, publié le lendemain.
Les articles sont, hum, anonymement signés "Radio-Canada" et une multitudes d'agences de presse.
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Première réaction: Depuis quand notre réseau d'information national - financé par le gouvernement fédéral du Canada - utilise-t-il des phrases aussi subversives que celle-là? On sous-entendant à deux reprises dans les 3 premiers paragraphes d'un article d'actualités que c'est une mauvaise chose que d'avoir des politiques socialistes et de s'associer à Chavez? Et on répète ce procédé douteux quelques heures plus tard? Cet article n'est pas une analyse politique, c'est une information d'actualité! Pourquoi ce commentaire éditorial? Et je cherche toujours le rapport de Chavez avec la tentative de coup d'état en Équateur?!?!?
Je trouve que ça manque totalement d'éthique et d'objectivité. Et je me demande - sérieusement - depuis quand c'est la politique de Radio-Canada. Après tout, est-ce qu'on prend la peine de mentionner que des présidents comme untel un untel sont de droite dès que l'on a à écrire leur nom? Pourquoi le fait-on systématiquement avec les présidents de gauche... collant les noms de Chavez ou Castro, comme des synonymes de méchant ou d'ennemi public, à tous les gouvernements qui n'ont pas l'orientation politique des USA ou du Canada actuel? À Radio-Canada?? En sommes-nous vraiment rendu là au Canada, et, à la SRC en français, au Québec? Vraiment? C'est inquiétant.
Seconde observation: On est décidément timide à appeler un chat un chat. Par deux fois on laisse croire qu'il n'y a pas eu de coup d'état et que c'est une interprétation du président Correa... "qu'il a qualifié de tentative de coup d'État" ... puis... "qu'il a assimilé à une tentative de coup d'État..."
Rappel de quelques faits:
- Le congrès ait été investi par la police rebelle.
- On a attaqué, blessé puis séquestré le président.
- Des échanges de coups de feu ont eu lieu entre policiers rebelles, policiers en fonction et forces armées.
- L'aéroport de Quito a été occupé.
- Il y a eu deux morts.
Question: ça prendrait quelle genre d'action pour convaincre les journalistes de la SRC et des agences de presse d'appeler ça une tentative de coup d'état?
(Notez que la même attitude malhonnête des médias face à un coup d'état avait été utilisée lors du coup d'état au Honduras l'an dernier. Cette négation de la réalité est également inquiétante, car il est toujours plus facile de supporter ou reconnaître un changement de régime qui n'est pas apprécié des grandes puissances si on n'assume pas directement le coup d'état. C'est exactement ce qui est arrivé au Honduras).
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Suis-je le seul à trouver ça inquiétant de voir nos médias ainsi biaisés? C'est insidieux, inquiétant, révoltant même! N'avons-nous plus droit à une information objective et juste?
Sous le prétexte d'informer - et sous la bannière sacro-sainte de la SRC! -, on a l'impression en lisant le tout que le président Correa est en fait un méchant socialiste, et qu'il a imaginé un coup d'état et qu'au fond, c'est normal pour un proche de types comme Chavez... Un procédé éditorialiste couard et malhonnête de tentative de manipulation du lecteur - et une insulte à son intelligence.
Et pendant que la SRC publiait ces deux articles douteux, une manifestation se déroulait à la Plaza Grande de Quito, où des milliers de citoyens étaient regroupés pour montrer leur appui à leur président démocratiquement élu à deux reprises.
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Notes:
(1) "Équateur - Rafael Correa dit gouverner encore - Mise à jour le jeudi 30 septembre 2010 à 23 h 37"
(2) id.
(3) "Équateur - Le continent se range derrière Correa - Mise à jour le vendredi 1 octobre 2010 à 7 h 23"
(4) id.
Les quatre articles tirés du site www.radio-canada.ca
Mon Équateur en état d'urgence...
Les lecteurs de longue date de ce blogue connaissent toute l'affection que j'ai pour l'Équateur, ce petit pays d'Amérique latine où j'ai habité pendant quelques mois en 2004 et que j'ai visité à plusieurs reprises depuis. Ce premier séjour en Équateur était d'ailleurs le prétexte du passage de mon Esprit Vagabond de l'APAQ à cette plate-forme de blogue.
Si vous suivez les actualités, vous aurez remarqué que "mon" Équateur fait face ces jours-ci à une crise politique et civile. Hier, nous apprenions en effet que le président avait été séquestré après qu'une réunion avec des policiers manifestants aient mal tournée. J'ai d'abord pris mes nouvelles en ligne, sur les sites de Cyberpresse et de Radio-Canada*. En apprenant la chose, j'ai aussi écrit un courriel rapide à mon ami Léandro, qui habite Quito, pour avoir de ses nouvelles et ses réactions à ce qui se passait et aussi pour avoir un point de vue de citoyen équatorien sur la question - compte tenu du genre d'information qu'il aurait de son côté. Hier soir, les site internet du journal El Comercio et de La Hora ne répondaient pas. J'y ai toutefois accédé plus tard pour y lire quelques compte-rendus plus détaillés et plus informatifs que ce qui était paru ici sous la plume d'agences de presse.
Je ne répèterai pas ce qui s'est écrit dans les médias sur la situation actuelle, sinon qu'il semble que les rebelles aient d'abord été l'objet d'une campagne de désinformation, et qu'une partie de leurs actions proviennent d'un biais d'information s'étant ajouté à leurs revendications. Je ne critique pas leurs revendications ici - je ne suis pas en mesure de juger de l'affaire faute de détail, et dans une démocratie, chacun a droit à revendiquer. Je ne peux que déplorer qu'ils aient décidé de prendre les armes contre le Président et occuper le Congrès et l'aéroport à titre de moyen de pression, puisque ça ne les mènera certainement nulle part et qu'en agissant ainsi, ils ont mené le pays dans une dangereuse crise qui aurait bien pu tourner à l'affrontement civil (en plus de faire deux morts et plusieurs blessés).
L'affaire pourrait aussi être plus longue à régler que ce que l'on pense, puisque malgré l'appui actuel de l'armée au président, plusieurs membres des forces revendiquent aussi pour les mêmes raisons que les policiers rebelles. Heureusement, pour le moment, ils le font en tentant un dialogue avec le gouvernement plutôt qu'un affrontement par les armes.
D'après ce que l'on sait de la situation politique en Équateur, le président a toujours un fort appui de la population. Le journal espagnol El Pais rapportait ce matin que certains citoyens manifestant leur appui au président criaient que l'Équateur n'était pas le Honduras (en référence au coup d'état contre le président Zelaya l'an dernier).
Ce matin, sur la BBC, j'apprenais que le président avait accusé Lucio Gutiérrez d'être derrière la campagne de désinformation et de protestation orchestrée par la police nationale. Même si Gutiérrez a nié, il faut avouer que ça ne serait pas surprenant de la part de ce dirigeant de l'opposition qui avait déjà pris le pouvoir par un coup d'état en Équateur dans le passé (en 2000)! Le quotidien El Tiempo (publié à Cuenca, au centre du pays) parle déjà d'un appel à la dissolution du parlement lancé par Gutiérrez...
La communauté internationale (via l'OAE, l'ONU, diverses ambassades, et UNASUR) a dénoncé le coup et annoncé son appui au président Correa, qui, on semble l'oublier dans certains médias, a été élu démocratiquement en 2006 et réélu démocratiquement en 2009.
--
* Le déplorable traitement et le ton inquiétant de droite utilisé dans les articles de Radio-Canada feront l'objet d'un billet subséquent.
Si vous suivez les actualités, vous aurez remarqué que "mon" Équateur fait face ces jours-ci à une crise politique et civile. Hier, nous apprenions en effet que le président avait été séquestré après qu'une réunion avec des policiers manifestants aient mal tournée. J'ai d'abord pris mes nouvelles en ligne, sur les sites de Cyberpresse et de Radio-Canada*. En apprenant la chose, j'ai aussi écrit un courriel rapide à mon ami Léandro, qui habite Quito, pour avoir de ses nouvelles et ses réactions à ce qui se passait et aussi pour avoir un point de vue de citoyen équatorien sur la question - compte tenu du genre d'information qu'il aurait de son côté. Hier soir, les site internet du journal El Comercio et de La Hora ne répondaient pas. J'y ai toutefois accédé plus tard pour y lire quelques compte-rendus plus détaillés et plus informatifs que ce qui était paru ici sous la plume d'agences de presse.
Je ne répèterai pas ce qui s'est écrit dans les médias sur la situation actuelle, sinon qu'il semble que les rebelles aient d'abord été l'objet d'une campagne de désinformation, et qu'une partie de leurs actions proviennent d'un biais d'information s'étant ajouté à leurs revendications. Je ne critique pas leurs revendications ici - je ne suis pas en mesure de juger de l'affaire faute de détail, et dans une démocratie, chacun a droit à revendiquer. Je ne peux que déplorer qu'ils aient décidé de prendre les armes contre le Président et occuper le Congrès et l'aéroport à titre de moyen de pression, puisque ça ne les mènera certainement nulle part et qu'en agissant ainsi, ils ont mené le pays dans une dangereuse crise qui aurait bien pu tourner à l'affrontement civil (en plus de faire deux morts et plusieurs blessés).
L'affaire pourrait aussi être plus longue à régler que ce que l'on pense, puisque malgré l'appui actuel de l'armée au président, plusieurs membres des forces revendiquent aussi pour les mêmes raisons que les policiers rebelles. Heureusement, pour le moment, ils le font en tentant un dialogue avec le gouvernement plutôt qu'un affrontement par les armes.
D'après ce que l'on sait de la situation politique en Équateur, le président a toujours un fort appui de la population. Le journal espagnol El Pais rapportait ce matin que certains citoyens manifestant leur appui au président criaient que l'Équateur n'était pas le Honduras (en référence au coup d'état contre le président Zelaya l'an dernier).
Ce matin, sur la BBC, j'apprenais que le président avait accusé Lucio Gutiérrez d'être derrière la campagne de désinformation et de protestation orchestrée par la police nationale. Même si Gutiérrez a nié, il faut avouer que ça ne serait pas surprenant de la part de ce dirigeant de l'opposition qui avait déjà pris le pouvoir par un coup d'état en Équateur dans le passé (en 2000)! Le quotidien El Tiempo (publié à Cuenca, au centre du pays) parle déjà d'un appel à la dissolution du parlement lancé par Gutiérrez...
La communauté internationale (via l'OAE, l'ONU, diverses ambassades, et UNASUR) a dénoncé le coup et annoncé son appui au président Correa, qui, on semble l'oublier dans certains médias, a été élu démocratiquement en 2006 et réélu démocratiquement en 2009.
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* Le déplorable traitement et le ton inquiétant de droite utilisé dans les articles de Radio-Canada feront l'objet d'un billet subséquent.
dimanche 26 septembre 2010
vendredi 24 septembre 2010
Retour, choc, et expérience de rédaction a posteriori
Libellés :
Maroc,
Voyage-2010-Mgb
Et ceci, chers lecteurs, devrait terminer mon journal de voyage en terre marocaine. Il n'est pas impossible que quelque billet sur des sujets précis ou portant sur un album photo ou deux suive dans les prochaines semaines, mais le voyage est désormais terminé.
--
J'écrivais ceci en conclusion du dernier billet de ma relation de voyage au Maroc.
Le voyage est désormais terminé. Étrange d'écrire cette phrase un peu plus d'un mois après avoir remis les pieds au Canada.
C'est la première fois que je ne publie pas en direct de mon séjour pour me reprendre par la suite... L'avantage est d'avoir gagné du temps sur place, puis d'avoir eu tout mon temps pour saisir mes textes et profiter d'une bonne connexion internet à la maison après coup. Le désavantage de la méthode, à part le décalage évident entre le séjour et la publication, c'est que j'ai eu l'impression de moins être "là" lors de la publication, d'avoir moins d'anecdotes racontées à chaud, que ce que je tente habituellement de faire quand j'explore un nouveau pays.
Enfin, j'avoue que l'expérience aura eu le mérite d'amoindrir le choc du retour. J'étais parti depuis trois mois, quand même, et j'ai toujours le sentiment de n'avoir rien à dire après être rentré d'un séjour prolongé. La publication de cette relation de voyage au Maroc a posteriori, pendant presque tout le mois de septembre, aura occupé mon esprit, et permis d'opérer une transition plus douce entre le voyage et la vie quotidienne. Car choc du retour il y a eu, et il y a toujours. Je n'ai toujours pas allumé la télé, ni lu les quotidiens, mais j'ai levé mon habituel moratoire-photo* la semaine dernière et je replonge maintenant dans la vie montréalaise puisque ça fait maintenant un mois que je suis rentré.
Ceci étant dit, je pense encore préférer publier à chaud, pendant le voyage, malgré les difficultés et inconsistances que ça apporte parfois.
--
* J'ai tendance à prendre beaucoup de photos en voyage et le tri et l'organisation de ces photos demande du temps au retour. Au pays, j'ai également tendance à ne pas me déplacer sans mon appareil photo. Entre les deux, après un retour de séjour prolongé, j'observe toujours un moratoire-photo pendant lequel je n'utilise pas mon appareil. La durée de ce moratoire dépend de plusieurs éléments, dont le classement et les copies de sécurité de mes photos de voyage.
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Le voyage est désormais terminé. Étrange d'écrire cette phrase un peu plus d'un mois après avoir remis les pieds au Canada.
C'est la première fois que je ne publie pas en direct de mon séjour pour me reprendre par la suite... L'avantage est d'avoir gagné du temps sur place, puis d'avoir eu tout mon temps pour saisir mes textes et profiter d'une bonne connexion internet à la maison après coup. Le désavantage de la méthode, à part le décalage évident entre le séjour et la publication, c'est que j'ai eu l'impression de moins être "là" lors de la publication, d'avoir moins d'anecdotes racontées à chaud, que ce que je tente habituellement de faire quand j'explore un nouveau pays.
Enfin, j'avoue que l'expérience aura eu le mérite d'amoindrir le choc du retour. J'étais parti depuis trois mois, quand même, et j'ai toujours le sentiment de n'avoir rien à dire après être rentré d'un séjour prolongé. La publication de cette relation de voyage au Maroc a posteriori, pendant presque tout le mois de septembre, aura occupé mon esprit, et permis d'opérer une transition plus douce entre le voyage et la vie quotidienne. Car choc du retour il y a eu, et il y a toujours. Je n'ai toujours pas allumé la télé, ni lu les quotidiens, mais j'ai levé mon habituel moratoire-photo* la semaine dernière et je replonge maintenant dans la vie montréalaise puisque ça fait maintenant un mois que je suis rentré.
Ceci étant dit, je pense encore préférer publier à chaud, pendant le voyage, malgré les difficultés et inconsistances que ça apporte parfois.
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* J'ai tendance à prendre beaucoup de photos en voyage et le tri et l'organisation de ces photos demande du temps au retour. Au pays, j'ai également tendance à ne pas me déplacer sans mon appareil photo. Entre les deux, après un retour de séjour prolongé, j'observe toujours un moratoire-photo pendant lequel je n'utilise pas mon appareil. La durée de ce moratoire dépend de plusieurs éléments, dont le classement et les copies de sécurité de mes photos de voyage.
La suite d'un long retour
Libellés :
Maroc,
Voyage-2010-Mgb
J'avais espéré prendre mon bateau vers Algeciras, en Espagne, le soir même. Il n'y avait pas d'urgence, mais si je réussissais à traverser le soir-même de mon départ de Casa, le temps gagné sur l'horaire du lendemain pourrait m'être utile pour visiter un peu plus longuement la ville de Malaga, d'où je devais prendre mon avion vers New York puis Montréal.
Malheureusement, mon train, parti en retard de Casablanca, n'a pas rattrapé ce retard. À l'heure prévue de mon arrivée à Tanger, je me trouvais encore fort loin, dans une petite gare où des eunes tentaient de faire traverser les voies à un âne têtu et difficile à convaincre.
Je suis finalement arrivé à Tanger avec une heure de retard sur l'horaire prévu. J'avais toujours espoir de traverser en Espagne ce soir là, car il y a des bateaux qui quittent Tanger-Med (le port international à 45 km de la ville) jusqu'à 23h. Malheureusement, à ma sortie de la gare, il y avait très peu de taxis disponibles, puisque 19h30 approchait et que chacun était parti se préparer à manger après cette autre journée de Ramadan.
J'ai donc raté de quelques minutes à peine la navette vers Tanger-Med. Me faisant un ami d'un chat des environs, j'ai décidé d'attendre la navette suivante. Une demi-heure plus tard, en m’informant des billets disponibles pour les bateaux, j'ai appris que le prochain ferry que je pouvais prendre était à 22h. Avec le décalage horaire "spécial Ramadan", j’arriverais à Algeciras vers 1h AM. heure locale. Le plan ne me semblait pas des plus intéressants. J'ai donc décidé d'appeler la pension Hollande où j’avais séjourné deux semaines plus tôt, et on m’y a accueilli chaleureusement, et on m'a offert la même chambre, pour la soirée.
En début de nuit, j'apprenais que Suze et Corinne avaient elles aussi eu une longue journée: leur avion avait d'abord pris plus d’une heure trente de retard, et était arrivée avec presque 2h de retard à Montréal. Mes amies avaient aussi dû attendre 90 min pour récupérer leurs bagages.
Bref on a beau être prêts à sortir de l’Afrique, l’Afrique ne nous laisse pas facilement repartir.
Ce soir là, à Tanger, je profitais d'une connexion Internet pour publier un billet sur mon retour planifié, avec une jolie photo de Tanger au couchant.
La suite de mes aventures de retour est désormais connue et allait prouver qu'il n'est parfois pas beaucoup plus simple de quitter l'Espagne!
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Et ceci, chers lecteurs, termine mon journal de voyage en terre marocaine. Il n'est pas impossible que quelque billet sur des sujets précis ou portant sur un album photo ou deux suive dans les prochaines semaines, mais le voyage est désormais terminé.
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Malheureusement, mon train, parti en retard de Casablanca, n'a pas rattrapé ce retard. À l'heure prévue de mon arrivée à Tanger, je me trouvais encore fort loin, dans une petite gare où des eunes tentaient de faire traverser les voies à un âne têtu et difficile à convaincre.
Je suis finalement arrivé à Tanger avec une heure de retard sur l'horaire prévu. J'avais toujours espoir de traverser en Espagne ce soir là, car il y a des bateaux qui quittent Tanger-Med (le port international à 45 km de la ville) jusqu'à 23h. Malheureusement, à ma sortie de la gare, il y avait très peu de taxis disponibles, puisque 19h30 approchait et que chacun était parti se préparer à manger après cette autre journée de Ramadan.
J'ai donc raté de quelques minutes à peine la navette vers Tanger-Med. Me faisant un ami d'un chat des environs, j'ai décidé d'attendre la navette suivante. Une demi-heure plus tard, en m’informant des billets disponibles pour les bateaux, j'ai appris que le prochain ferry que je pouvais prendre était à 22h. Avec le décalage horaire "spécial Ramadan", j’arriverais à Algeciras vers 1h AM. heure locale. Le plan ne me semblait pas des plus intéressants. J'ai donc décidé d'appeler la pension Hollande où j’avais séjourné deux semaines plus tôt, et on m’y a accueilli chaleureusement, et on m'a offert la même chambre, pour la soirée.
En début de nuit, j'apprenais que Suze et Corinne avaient elles aussi eu une longue journée: leur avion avait d'abord pris plus d’une heure trente de retard, et était arrivée avec presque 2h de retard à Montréal. Mes amies avaient aussi dû attendre 90 min pour récupérer leurs bagages.
Bref on a beau être prêts à sortir de l’Afrique, l’Afrique ne nous laisse pas facilement repartir.
Ce soir là, à Tanger, je profitais d'une connexion Internet pour publier un billet sur mon retour planifié, avec une jolie photo de Tanger au couchant.
La suite de mes aventures de retour est désormais connue et allait prouver qu'il n'est parfois pas beaucoup plus simple de quitter l'Espagne!
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Et ceci, chers lecteurs, termine mon journal de voyage en terre marocaine. Il n'est pas impossible que quelque billet sur des sujets précis ou portant sur un album photo ou deux suive dans les prochaines semaines, mais le voyage est désormais terminé.
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Entre deux trains, à Casa Voyageurs
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Maroc,
Voyage-2010-Mgb
Casablanca, 17 août, 13h.
Je me trouve à Casa Voyageurs, entre deux trains. De retour de l'aéroport, j'attends mon train vers Tanger, prévu au départ à 13h45.
Autour de moi dans la gare, d’autres passagers vont et viennent, s’arrêtent, se reposent, courent vers leur train, se regroupent ou s’attendent patiemment. Les quelques places assises sont toutes occupées, je m’installe donc confortablement à même le sol, dans un recoin.
Un circuit délimité par des cordons a été installé devant les guichets mais personne ne l’utilise ; au moment où je commence à rédiger ces notes, huit personnes sont entassés sans ordre précis devant les deux guichets ouverts. Une employée de Royal Air Maroc, arrivée par le même train que moi en provenance de l’aéroport laisse sa valise à mes côtés et s’installe avec les autres au guichet. Son bagage a un collant Triputacion l’identifiant comme appartenant à un membre d’équipage.
Les hauts parleurs annoncent le retard du train de 13h07 vers l’aéroport. Je souris; ce train qui est prévu 7 minutes après chaque heure n’est jamais parti à temps dans les moments où j’étais dans cette gare.
Un couple habillé de vêtements traditionnels – autant lui que elle porte un foulard cachant leurs cheveux – passe en courant dans la salle d’attente. Derrière eux – avec eux ? – une jeune fille d’environ 20 ans suit le même chemin. Elle porte également un voile lui couvrant la tête et les cheveux, mais porte des jeans et une chemise blanche à manches courtes.
Un homme s’éloigne du guichet, billet en main. Sur son tee-shirt, on peut lire l’inscription «I have been to Russia, there is no bear».
À ma droite, sur les sièges, un père et son fils patientent en silence. Le père est rasé de près et porte les cheveux très courts, une coupe relativement courante au Maroc, même si les résidents sont musulmans, comme quoi aucune faction ou pays pratiquant la religion n’adopte les mêmes règles ou ne les pratique avec la même sévérité. Le fils est coiffé d’une casquette à l’effigie d’une équipe sportive (Aguilas , «les Aigles», en espagnol).
Un jeune homme entre dans la gare; je lui donnerais 22 ans, il porte un simple jeans, mais sa chemise rose à dentelles blanches attire l’attention. Il passe par le circuit cordonné avec sa petite valise à roulette et s’installe derrière les 4 personnes qui sont encore au guichet. Il est rapidement rejoint par une femme de taille forte et au visage sévère portant des jeans trop serrés qui ne l’avantagent pas du tout, et qui tient une petite fille de 3-4 ans par la main. Je n’arrive pas à croire qu’il s’agisse d’un couple.
À l’autre bout de la petite station, la fille du kiosque Alliances Darna se penche pour ramasser quelque chose et attire le regard et les sourires entendus de trois jeunes hommes à proximité ; elle porte une chemise à manches courtes et au décolleté plongeant mais porte également un voile léger sur la tête, qui ne lui couvre pas vraiment les cheveux, par contre.
Mon «couple» quitte le guichet, et l’homme à la chemise rose file sur les quais alors que la femme et l’enfant traversent la station et entrent dans le petit kiosque à journaux au fond.
Un autre homme entre dans la gare et laisse carrément sa valise en plein milieu de la place avant de se rendre au guichet sans son encombrant bagage. N’importe où en occident, on imaginerait la chose imprudente, ou même dangereuse. L’homme est habillé d’un tee-shirt recouvert d’une veste en coton blanc ; il a l’air tout droit sorti de Miami Vice version série télé des années 80. Jamais il ne jette un œil vers sa valise restée 20 mètres derrière lui en plein centre de la station pendant les 4-5 minutes qu’il passe au guichet.
Ce voyageur m’en rappelle un autre, assis devant Suze et moi la veille dans le train Rabat-Casa. Il lisait des extraits du Coran en chantonnant quelques versets à voix basse. Une fois encore, ce genre de comportement en aurait inquiété plus d’un en occident – surtout dans les transports publics – mais au Maroc, la chose semblait tout à fait normale.
Une corpulente dame vêtue d’une longue robe bleue arrive du quai avec une valise sous un bras et une antenne parabolique sous l’autre. Elle sort de la gare en hélant un grand taxi.
La femme au regard sévère sort du kiosque avec son enfant en remorque; la fillette se délecte d’une glace, exempte qu’elle est d’observer le Ramadan vu son jeune âge.
Le train de 13h07 part finalement à 13h25. Je remarque que le père et le fils à mes côtés ont disparu sans que je ne me rende compte qu’ils étaient partis.
Une empoignade à l’extérieur monopolise soudainement l’attention des voyageurs. Une homme portant plusieurs sacs de plastique résiste avec vigueur et cris à un agent de sécurité bedonnant qui le force à s’éloigner de l’édifice. Les deux disparaissent de l’entrée mais on entend les vociférations de l’homme encore quelques minutes.
Mon train est annoncé sur la voie 7 au tableau de la gare mais Casa Voyageur ne comporte que 6 voies. Comme les annonces sur le quai sont souvent contradictoires, je me décide à mettre fin à ma rédaction pour aller voir si mon train pour Tanger est arrivé.
--
[Note écrite a posteriori : Mon train était bien entré en gare, voie 1, mais n’était pas identifié comme étant le train pour Tanger. On a fini par informer les passagers et identifier le train quelques minutes avant son départ. Je suis monté à bord et, un peu plus tard, j’ai quitté Casa Voyageur avec seulement quelques dizaines de minutes de retard].
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Je me trouve à Casa Voyageurs, entre deux trains. De retour de l'aéroport, j'attends mon train vers Tanger, prévu au départ à 13h45.
Autour de moi dans la gare, d’autres passagers vont et viennent, s’arrêtent, se reposent, courent vers leur train, se regroupent ou s’attendent patiemment. Les quelques places assises sont toutes occupées, je m’installe donc confortablement à même le sol, dans un recoin.
Un circuit délimité par des cordons a été installé devant les guichets mais personne ne l’utilise ; au moment où je commence à rédiger ces notes, huit personnes sont entassés sans ordre précis devant les deux guichets ouverts. Une employée de Royal Air Maroc, arrivée par le même train que moi en provenance de l’aéroport laisse sa valise à mes côtés et s’installe avec les autres au guichet. Son bagage a un collant Triputacion l’identifiant comme appartenant à un membre d’équipage.
Les hauts parleurs annoncent le retard du train de 13h07 vers l’aéroport. Je souris; ce train qui est prévu 7 minutes après chaque heure n’est jamais parti à temps dans les moments où j’étais dans cette gare.
Un couple habillé de vêtements traditionnels – autant lui que elle porte un foulard cachant leurs cheveux – passe en courant dans la salle d’attente. Derrière eux – avec eux ? – une jeune fille d’environ 20 ans suit le même chemin. Elle porte également un voile lui couvrant la tête et les cheveux, mais porte des jeans et une chemise blanche à manches courtes.
Un homme s’éloigne du guichet, billet en main. Sur son tee-shirt, on peut lire l’inscription «I have been to Russia, there is no bear».
À ma droite, sur les sièges, un père et son fils patientent en silence. Le père est rasé de près et porte les cheveux très courts, une coupe relativement courante au Maroc, même si les résidents sont musulmans, comme quoi aucune faction ou pays pratiquant la religion n’adopte les mêmes règles ou ne les pratique avec la même sévérité. Le fils est coiffé d’une casquette à l’effigie d’une équipe sportive (Aguilas , «les Aigles», en espagnol).
Un jeune homme entre dans la gare; je lui donnerais 22 ans, il porte un simple jeans, mais sa chemise rose à dentelles blanches attire l’attention. Il passe par le circuit cordonné avec sa petite valise à roulette et s’installe derrière les 4 personnes qui sont encore au guichet. Il est rapidement rejoint par une femme de taille forte et au visage sévère portant des jeans trop serrés qui ne l’avantagent pas du tout, et qui tient une petite fille de 3-4 ans par la main. Je n’arrive pas à croire qu’il s’agisse d’un couple.
À l’autre bout de la petite station, la fille du kiosque Alliances Darna se penche pour ramasser quelque chose et attire le regard et les sourires entendus de trois jeunes hommes à proximité ; elle porte une chemise à manches courtes et au décolleté plongeant mais porte également un voile léger sur la tête, qui ne lui couvre pas vraiment les cheveux, par contre.
Mon «couple» quitte le guichet, et l’homme à la chemise rose file sur les quais alors que la femme et l’enfant traversent la station et entrent dans le petit kiosque à journaux au fond.
Un autre homme entre dans la gare et laisse carrément sa valise en plein milieu de la place avant de se rendre au guichet sans son encombrant bagage. N’importe où en occident, on imaginerait la chose imprudente, ou même dangereuse. L’homme est habillé d’un tee-shirt recouvert d’une veste en coton blanc ; il a l’air tout droit sorti de Miami Vice version série télé des années 80. Jamais il ne jette un œil vers sa valise restée 20 mètres derrière lui en plein centre de la station pendant les 4-5 minutes qu’il passe au guichet.
Ce voyageur m’en rappelle un autre, assis devant Suze et moi la veille dans le train Rabat-Casa. Il lisait des extraits du Coran en chantonnant quelques versets à voix basse. Une fois encore, ce genre de comportement en aurait inquiété plus d’un en occident – surtout dans les transports publics – mais au Maroc, la chose semblait tout à fait normale.
Une corpulente dame vêtue d’une longue robe bleue arrive du quai avec une valise sous un bras et une antenne parabolique sous l’autre. Elle sort de la gare en hélant un grand taxi.
La femme au regard sévère sort du kiosque avec son enfant en remorque; la fillette se délecte d’une glace, exempte qu’elle est d’observer le Ramadan vu son jeune âge.
Le train de 13h07 part finalement à 13h25. Je remarque que le père et le fils à mes côtés ont disparu sans que je ne me rende compte qu’ils étaient partis.
Mon train est annoncé sur la voie 7 au tableau de la gare mais Casa Voyageur ne comporte que 6 voies. Comme les annonces sur le quai sont souvent contradictoires, je me décide à mettre fin à ma rédaction pour aller voir si mon train pour Tanger est arrivé.
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[Note écrite a posteriori : Mon train était bien entré en gare, voie 1, mais n’était pas identifié comme étant le train pour Tanger. On a fini par informer les passagers et identifier le train quelques minutes avant son départ. Je suis monté à bord et, un peu plus tard, j’ai quitté Casa Voyageur avec seulement quelques dizaines de minutes de retard].
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Le début d'un long retour
Libellés :
Maroc,
Voyage-2010-Mgb
Ce fut une longue journée de transports.
Levé tôt, mangé peu pour déjeuner car à cause du Ramadan, nous n'avions que nos réserves d’urgence de la veille, qui se sont avérées sèches et décevantes. Après avoir pris un petit taxi vers Casa Voyageur avec Corinne, nous avons attendu notre train, qui avait une demie heure en retard. Arrivée au terminus 2 de l'aéroport, nous avons cherché la navette vers le terminus 3, d'où les filles devaient prendre leur avion. Après une autre de ces conversation typiquement marocaines (en Cht’is) avec le chauffeur de la navette, nous embarquons et je laisse donc les filles à leur départ vers Montréal.
En attendant le retour de la navette devant me ramener au Terminus 1, je m'étonne du peu d'ampleur du terminus d'où partent mes amies; si je n'avais pas vu les autres terminus de l'aéroport, je croirais que Casa est microscopique. Étrangement, il y a des contrôles de sécurité de bagages à toutes les portes d'entrée de l'aéroport. Je dois donc les traverser à chaque fois, même si je ne prends aucun avion et ne fais qu'accompagner mes amies. Je fini par passer deux fois les contrôles de sécurité de l’aéroport, avec mon réchaud et ma bombonne de propane-butane sans être inquiété.
Je monte dans le premier train retournant en ville, d'où je dois prendre un train vers Tanger à 13h45, et, avec un peu de chance, un bateau vers l'Espagne dès ce soir.
Mon séjour est terminé, je suis sur la route du retour à la maison.
Les choses ne se passeront évidemment pas comme prévues.
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Levé tôt, mangé peu pour déjeuner car à cause du Ramadan, nous n'avions que nos réserves d’urgence de la veille, qui se sont avérées sèches et décevantes. Après avoir pris un petit taxi vers Casa Voyageur avec Corinne, nous avons attendu notre train, qui avait une demie heure en retard. Arrivée au terminus 2 de l'aéroport, nous avons cherché la navette vers le terminus 3, d'où les filles devaient prendre leur avion. Après une autre de ces conversation typiquement marocaines (en Cht’is) avec le chauffeur de la navette, nous embarquons et je laisse donc les filles à leur départ vers Montréal.
En attendant le retour de la navette devant me ramener au Terminus 1, je m'étonne du peu d'ampleur du terminus d'où partent mes amies; si je n'avais pas vu les autres terminus de l'aéroport, je croirais que Casa est microscopique. Étrangement, il y a des contrôles de sécurité de bagages à toutes les portes d'entrée de l'aéroport. Je dois donc les traverser à chaque fois, même si je ne prends aucun avion et ne fais qu'accompagner mes amies. Je fini par passer deux fois les contrôles de sécurité de l’aéroport, avec mon réchaud et ma bombonne de propane-butane sans être inquiété.
Je monte dans le premier train retournant en ville, d'où je dois prendre un train vers Tanger à 13h45, et, avec un peu de chance, un bateau vers l'Espagne dès ce soir.
Mon séjour est terminé, je suis sur la route du retour à la maison.
Les choses ne se passeront évidemment pas comme prévues.
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mercredi 22 septembre 2010
Hassan II et les mosquées du Maroc: Un album
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Maroc,
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La mosquée Hassan II de Casablanca est considérée comme un chef d'oeuvre d'architecture musulmane. C'est certainement un édifice splendide et également impressionnant. Avec son minaret haut de 200 mètres, la mosquée serait l'édifice religieux le plus haut du monde. Sa capacité d'accueillir plus de 100000 fidèles ferait de Hassan II la plus grande mosquée du monde après celle de La Mecque. La direction de la ville sainte est d'ailleurs indiquée par un rayon laser d'une portée de 30 km projeté du haut du minaret.
Avec une telle ampleur, on peut apercevoir le minaret de cette mosquée d'un peu partout en ville. Comme une mosquée est plus qu'une simple salle de prière, l'édifice renferme aussi un hammam, une salle d'ablutions, une medersa et une bibliothèque.
Comme son nom l'indique, la mosquée a été érigée sous le règne de Hassan II (le père et prédécesseur du roi actuel). Enfin, sa plus grande particularité est peut-être le fait d'avoir été en grande partie construite sur l'eau.
Ce fait rend le site un peu plus difficile d'accès, puisque la mosquée de Casa est donc située sur l'océan Atlantique plutôt qu'en pleine ville. Néanmoins, pour les chanceux qui peuvent la visiter, on dit que l'océan est visible par le plancher vitré de la salle de prière, et que le ciel est visible par le plafond vitré également.
Son minaret en fait également l'édifice le plus haut du Maroc.
Comme j'ai eu le malheur de ne passer qu'un après-midi à Casa en fin de voyage avec l'intention de visiter la mosquée, mais que celle-ci était fermée aux visiteurs pendant les après-midi du Ramadan, j'ai du me contenter de la visite de la cour.
Comme les non musulmans ne peuvent pas entrer dans les mosquées du Maroc, je ne peux pas faire de comparaison entre Hassan II et les autres mosquées vues pendant ce séjour. Côté architecture extérieure, il est vrai que la mosquée Hassan II est difficile à battre: l'ensemble est d'une très grande beauté, d'une grande harmonie et respire le calme. Sa situation géographique - sur un promontoire dominant la mer, en fait un lieu agréable à visiter en plus de pouvoir avoir une vue d'ensemble de l'édifice, ce qui est parfois difficile avec les mosquées situées dans les villes - voire même impossible dans certaines medinas.
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Autres photos de la mosquée Hassan II et des autres mosquées du Maroc:
Dans la cour.
Suze pose devant le minaret.
J'ai pu capter cette image de l'intérieur de la mosquée, en allant m'informer sur les horaires de visites spéciaux pour le Ramadan.
À mon tour de poser, devant une des fontaines de la cour.
Ma première mosquée marocaine, aux abords du Grand Socco près de la medina de Tanger.
La Grande mosquée de Meknès.
La mosquée Koutoubia de Marrakech, de nuit.
La Grande mosquée de Tanger Ville Nouvelle.
Vue aérienne de la mosquée et du mausolée à Moulay Idriss dans la ville du même nom.
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Avec une telle ampleur, on peut apercevoir le minaret de cette mosquée d'un peu partout en ville. Comme une mosquée est plus qu'une simple salle de prière, l'édifice renferme aussi un hammam, une salle d'ablutions, une medersa et une bibliothèque.
Comme son nom l'indique, la mosquée a été érigée sous le règne de Hassan II (le père et prédécesseur du roi actuel). Enfin, sa plus grande particularité est peut-être le fait d'avoir été en grande partie construite sur l'eau.
Ce fait rend le site un peu plus difficile d'accès, puisque la mosquée de Casa est donc située sur l'océan Atlantique plutôt qu'en pleine ville. Néanmoins, pour les chanceux qui peuvent la visiter, on dit que l'océan est visible par le plancher vitré de la salle de prière, et que le ciel est visible par le plafond vitré également.
Son minaret en fait également l'édifice le plus haut du Maroc.
Comme j'ai eu le malheur de ne passer qu'un après-midi à Casa en fin de voyage avec l'intention de visiter la mosquée, mais que celle-ci était fermée aux visiteurs pendant les après-midi du Ramadan, j'ai du me contenter de la visite de la cour.
Comme les non musulmans ne peuvent pas entrer dans les mosquées du Maroc, je ne peux pas faire de comparaison entre Hassan II et les autres mosquées vues pendant ce séjour. Côté architecture extérieure, il est vrai que la mosquée Hassan II est difficile à battre: l'ensemble est d'une très grande beauté, d'une grande harmonie et respire le calme. Sa situation géographique - sur un promontoire dominant la mer, en fait un lieu agréable à visiter en plus de pouvoir avoir une vue d'ensemble de l'édifice, ce qui est parfois difficile avec les mosquées situées dans les villes - voire même impossible dans certaines medinas.
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Autres photos de la mosquée Hassan II et des autres mosquées du Maroc:
Dans la cour.
Suze pose devant le minaret.
J'ai pu capter cette image de l'intérieur de la mosquée, en allant m'informer sur les horaires de visites spéciaux pour le Ramadan.
À mon tour de poser, devant une des fontaines de la cour.
Ma première mosquée marocaine, aux abords du Grand Socco près de la medina de Tanger.
La Grande mosquée de Meknès.
La mosquée Koutoubia de Marrakech, de nuit.
La Grande mosquée de Tanger Ville Nouvelle.
Vue aérienne de la mosquée et du mausolée à Moulay Idriss dans la ville du même nom.
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À Casablanca sous le signe du Ramadan
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J'écrivais de Casa, lors de mon premier passage, que c'était à la fois triste et gris. Je pourrais dire que Casa gagne à être visitée et explorée, mais l'expression semble plus faible que ce que je voudrais exprimer. En anglais, je dirais «It grows on you», qui exprime la même chose, mais avec un peu plus de force.
Cette introduction est une autre manière de dire que finalement, j'aime bien Casablanca. Une fois apprivoisés son temps souvent gris et ses grands boulevards, une fois ignorés ses cafards qui détalent sur ses trottoirs le soir venu, Casa demeure une ville animée et intéressante malgré la première impression tristounette laissée à ce voyageur ci par ses édifices coloniaux souvent délabrés.
Il faut dire que je suis un amateur de jungle urbaine, et Casa est une ville qui a beaucoup à offrir dans ce domaine. J'étais donc bien content d'y revenir passer une journée et demie avant de remonter au nord et rentrer chez moi.
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Ce retour à Casa est la dernière journée de Suze au Maroc, puisque demain matin, elle doit prendre son vol de retour vers Montréal.
Notre train quitte Rabat en retard mais nous arrivons à Casa relativement tôt. Nous sommes accueillis très chaleureusement par notre aubergiste du Touring de Casa, qui se souvenait de nous, avait remplis nos fiches d’avance, et nous a promptement remis le bagage que nous avions laissé en consigne deux semaines auparavant.
J’ai la mauvaise surprise de constater que l’épicerie – où j’avais acheté une lager lors d’un précédent passage - ne vend pas de bière pendant le Ramadan. Obstiné, j’achète deux Becks sans alcool, que nous boirons finalement plus tard sans enthousiasme dans la chambre du Touring.
Mais la visite de la journée est la Mosquée Hassan II. Malheureusement pour nous, la mosquée – la seule ouverte aux touristes non musulmans de tout le pays – a adopté des horaires spéciaux pour le mois du Ramadan. Ainsi, il n’y a pas de visite en après-midi et nous devons nous contenter de l’extérieur.
Heureusement, l’extérieur vaut amplement le détour de toute manière. Le temps est nuageux, alors les photos sont moins éclatantes, mais l'édifice demeure photogénique. Paradoxalement, Casa est souvent nuageuse alors que le reste du pays semble en permanence sous un soleil de plomb.
Après notre visite, nous décidons de passer par la medina pour revenir vers la Ville Nouvelle. Avant même d’atteindre les portes, nous traversons un quartier marchand où un matelas parti au vent me tombe sur la tête (!).
Nous marchons ensuite dans Casablanca, à redécouvrir ensemble des endroits visités chacun de notre côté, comme la Place Mohammed V ou la cathédrale.
En fin de journée, après avoir fait nos bagages pour le retour dans les jours suivants, nous ne pensons pas prévoir un horaire spécial Ramadan et nous frappons devant une porte fermée à l’épicerie à 19h.
Nous errons donc en ville et sommes témoin d’une des scènes les plus étranges qu’il m’ait été donné de voir.
Un peu avant 19h30, alors que le soleil se couche et que chacun attend l’appel à la prière et le coup de canon annonçant la fin du jeûne pour la journée, nous nous retrouvons au coin de la rue Allah Ben Abdellah, près d'une portion de la rue transversale où se trouvent plusieurs restaurants et rôtisseries. Les tables en terrasses et les tables à l’intérieur des établissements sont pleines. Toutes les places sont occupées, les repas servis et les boissons également. Mais assiettes et verres sont recouverts de serviettes de papier, et les clients attendent, silencieux et immobiles, le son annonçant la possibilité de manger ce repas.
La scène a quelque chose de fascinant et surréaliste: on se croirait dans un de ces films où l’action s’arrête et aucun personnage ne bouge à part le protagoniste principal. Ils ne conversent pas, ne bougent pas, ils semblent en transe, attendant le coup d'envoi de leur festin.
Nous poursuivons notre marche, sur la rue Mohammed V, et je prends une photo du désert urbain devant moi: là où la ville est habituellement animée, il n’y a plus personne, plus rien. Pas de vendeurs de camelote sur le trottoir, pas de kiosque à journaux, rien. Chacun est rentré chez lui ou allé au resto pour manger dès que ça sera permis.
Après le coup de canon salvateur, la vie reprend lentement son cours à Casablanca. Quelques minutes à peine après le moment tant attendu, nous croisons enfin un kiosque ouvert où les résidents présents dégustent leurs souper avec délectation.
Nous leur souhaitons bon appétit...
Plus tard – et heureusement - alors que les musulmans ont mangé, l’épicerie rouvre ses portes et nous achetons de quoi nous faire un souper dans la chambre. Nous profitons de la réouverture des commerces en soirée pour acheter quelques pâtisseries qui constitueront probablement notre unique source de déjeuner le lendemain matin.
C’est notre sixième jour de Ramadan – et nous ne l’observons même pas à la manière des musulmans – mais nous sommes déjà fatigués de l’impact que la pratique a sur nos journées. L'exotisme que la chose avait dans les premiers jours fait place à une simple lassitude devant les problèmes que la pratique cause.
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Autres photos du jour:
Suze sur l'avenue Mohammed V de Rabat, en direction de la gare.
La rue marchande le long de la medina où j'ai reçu un matelas sur la tête.
Bonne nuit Casablanca. Place des Nations Unies.
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Cette introduction est une autre manière de dire que finalement, j'aime bien Casablanca. Une fois apprivoisés son temps souvent gris et ses grands boulevards, une fois ignorés ses cafards qui détalent sur ses trottoirs le soir venu, Casa demeure une ville animée et intéressante malgré la première impression tristounette laissée à ce voyageur ci par ses édifices coloniaux souvent délabrés.
Il faut dire que je suis un amateur de jungle urbaine, et Casa est une ville qui a beaucoup à offrir dans ce domaine. J'étais donc bien content d'y revenir passer une journée et demie avant de remonter au nord et rentrer chez moi.
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Ce retour à Casa est la dernière journée de Suze au Maroc, puisque demain matin, elle doit prendre son vol de retour vers Montréal.
Notre train quitte Rabat en retard mais nous arrivons à Casa relativement tôt. Nous sommes accueillis très chaleureusement par notre aubergiste du Touring de Casa, qui se souvenait de nous, avait remplis nos fiches d’avance, et nous a promptement remis le bagage que nous avions laissé en consigne deux semaines auparavant.
J’ai la mauvaise surprise de constater que l’épicerie – où j’avais acheté une lager lors d’un précédent passage - ne vend pas de bière pendant le Ramadan. Obstiné, j’achète deux Becks sans alcool, que nous boirons finalement plus tard sans enthousiasme dans la chambre du Touring.
Mais la visite de la journée est la Mosquée Hassan II. Malheureusement pour nous, la mosquée – la seule ouverte aux touristes non musulmans de tout le pays – a adopté des horaires spéciaux pour le mois du Ramadan. Ainsi, il n’y a pas de visite en après-midi et nous devons nous contenter de l’extérieur.
Heureusement, l’extérieur vaut amplement le détour de toute manière. Le temps est nuageux, alors les photos sont moins éclatantes, mais l'édifice demeure photogénique. Paradoxalement, Casa est souvent nuageuse alors que le reste du pays semble en permanence sous un soleil de plomb.
Après notre visite, nous décidons de passer par la medina pour revenir vers la Ville Nouvelle. Avant même d’atteindre les portes, nous traversons un quartier marchand où un matelas parti au vent me tombe sur la tête (!).
Nous marchons ensuite dans Casablanca, à redécouvrir ensemble des endroits visités chacun de notre côté, comme la Place Mohammed V ou la cathédrale.
En fin de journée, après avoir fait nos bagages pour le retour dans les jours suivants, nous ne pensons pas prévoir un horaire spécial Ramadan et nous frappons devant une porte fermée à l’épicerie à 19h.
Nous errons donc en ville et sommes témoin d’une des scènes les plus étranges qu’il m’ait été donné de voir.
Un peu avant 19h30, alors que le soleil se couche et que chacun attend l’appel à la prière et le coup de canon annonçant la fin du jeûne pour la journée, nous nous retrouvons au coin de la rue Allah Ben Abdellah, près d'une portion de la rue transversale où se trouvent plusieurs restaurants et rôtisseries. Les tables en terrasses et les tables à l’intérieur des établissements sont pleines. Toutes les places sont occupées, les repas servis et les boissons également. Mais assiettes et verres sont recouverts de serviettes de papier, et les clients attendent, silencieux et immobiles, le son annonçant la possibilité de manger ce repas.
La scène a quelque chose de fascinant et surréaliste: on se croirait dans un de ces films où l’action s’arrête et aucun personnage ne bouge à part le protagoniste principal. Ils ne conversent pas, ne bougent pas, ils semblent en transe, attendant le coup d'envoi de leur festin.
Après le coup de canon salvateur, la vie reprend lentement son cours à Casablanca. Quelques minutes à peine après le moment tant attendu, nous croisons enfin un kiosque ouvert où les résidents présents dégustent leurs souper avec délectation.
Nous leur souhaitons bon appétit...
Plus tard – et heureusement - alors que les musulmans ont mangé, l’épicerie rouvre ses portes et nous achetons de quoi nous faire un souper dans la chambre. Nous profitons de la réouverture des commerces en soirée pour acheter quelques pâtisseries qui constitueront probablement notre unique source de déjeuner le lendemain matin.
C’est notre sixième jour de Ramadan – et nous ne l’observons même pas à la manière des musulmans – mais nous sommes déjà fatigués de l’impact que la pratique a sur nos journées. L'exotisme que la chose avait dans les premiers jours fait place à une simple lassitude devant les problèmes que la pratique cause.
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Autres photos du jour:
Suze sur l'avenue Mohammed V de Rabat, en direction de la gare.
La rue marchande le long de la medina où j'ai reçu un matelas sur la tête.
Bonne nuit Casablanca. Place des Nations Unies.
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lundi 20 septembre 2010
Chellah: Ruines romaines et islamiques
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Voyage-2010-Mgb
Chellah est situé en retrait de la Ville Nouvelle de Rabat. On y accède en traversant la porte Bab Zaer et un large boulevard contemporain. Le vieux poste romain et le site funéraire sont compris à l'intérieur d'une forteresse munie d'une porte monumentale merenide et de tours à créneaux. L'effet est saisissant, et presque gothique, en particulier les bastions octogonaux qui supportent pourtant des tours carrées.
Celles-ci comprennent une medersa, un sanctuaire, quelques tombeaux, des bassins ainsi qu'une mosquée. Le minaret de la medersa est d'ailleurs la structure dominante des ruines de Chellah; on peut encore y admirer les tuiles colorées ainsi que quelques sculptures décoratives. Quelque autre inscription parsème ce site tranquille - on se croirait très loin du centre de la capitale du pays - et pour peu que l'on lève le regard, on aperçoit des dizaines d'oiseaux nichés ici et là dans les arbres.
Les ruines elles-mêmes sont parfois habitées, en hauteur, par des cigognes bâtissant d'immenses nids au sommet des édifices encore debout.
Enfin, comme le sanctuaire comporte les ruines d'une mosquée, on pourra toujours dire que j'ai mis les pieds dans une mosquée au Maroc pendant ce séjour!
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Photos de Chellah:
Secteur romain.
Porte du sanctuaire.
Dans la cour intérieure du sanctuaire.
Inscriptions au-dessus de la tombe de Abou el Hassan.
Entre colonnes et arches de l'ancienne mosquée, qu'est-ce que Suze regarde?...
... Une cigogne perchée dans son nid sur le haut d'un mur.
Je prends la pose dans la cour intérieure du sanctuaire. On peut voir le minaret de la medersa en arrière-plan. (Le minaret de la mosquée apparaît sur la seconde photo dans le texte ci-haut).
Dans la foret entre les ruines et les fortifications de Chellah, on peut voir de nombreux oiseaux et le ciel est dominé par les nids de cigognes.
Suze devant la porte monumentale de l'entrée de la forteresse.
Vue de la vallée en contre-bas, avec les cigognes dans leur nid sur le minaret de la medersa.
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dimanche 19 septembre 2010
Rabat: Retour dans la capitale tranquille
Libellés :
Maroc,
Voyage-2010-Mgb
L'avantage de Rabat, c'est que la ville ne vit pas du tourisme. Ainsi, les résidents qui ne dépendent pas de notre argent ont tendance à nous laisser relativement tranquille, si on compare aux résidents de Fès ou Marrakech, par exemple.
Après notre arrivée à Rabat, nous nous sommes installés au même hôtel que lors de notre précédente visite; sa proximité de la gare le rend fort utile à la fois à l'arrivé et au départ.
Au retour de Chellah, nous avons longé la cité impériale et après une tentative de prendre une porte de celle-ci en photo, un garde m'a indiqué que je ne pouvais passer... mais que la prochaine porte était ouverte aux visiteurs. Une fois rendu à cette autre porte, et entré dans la cité impériale, nous avons appris que pour y pénétrer, nous devions obtenir la permission du commissaire. Nous sommes donc entrés dans le petit édifice qui fait office de bureau pour y rencontrer le commissaire; un homme gentil et sympathique qui nous a évidemment demandé de nous identifier. Nos passeports étaient en sécurité à l'hôtel, mais j'avais une photocopie... Suze, relaxe, n'avait aucune pièce d'identité sur elle. La gentillesse du commissaire - et le charme naturel de ma compagne - ont vite fait de faire oublier le détail des papiers. Après avoir noté nos noms, le commissaire a même demandé à Suzie si elle était une parente de Pascale Nadeau, lectrice de nouvelle à la télé. Nous avons donc obtenu la permission de visiter la cité impériale de Rabat.
De retour dans la Ville Nouvelle en début de soirée, nous mangeons une fois de plus dans notre chambre, un repas cuisiné sur mon réchaud, alors que la vie reprend son cours vers 20h après que les marocains aient mangé à leur tour. Après deux passages d'une seule nuit, Rabat demeurera pour nous un bel oasis de paix et de tranquillité dans un pays autrement animé.
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Photos supplémentaires de Rabat:
Avenue Yacoub el Mansour et porte Bab Zaer.
Porte de la cité impériale et contrôle de sécurité (à gauche).
Cimetière et partie de la Kasbah.
Suze devant Bab el Had, à l'entrée de la medina.
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