lundi 13 janvier 2014

Tourisme, deux lignes équatoriales, un conquistador et un volcan

Après seulement quelques jours dans l'hémisphère sud, j'ai pensé qu'Arsenio s'ennuyait peut-être de son hémisphère nord natal... une journée de tourisme s'imposait donc.


Nous avons donc commencé la journée par une visite à La Mitad del Mundo, le monument officiel érigé sur la ligne équatoriale dont le tracé avait été déterminé par l'expédition franco-espagnole menée par Charles de la Condamine dans les années 1700.


Puis, nous nous sommes rendus sur la véritable ligne équatoriale terrestre, qui se trouve en fait à quelques degrés à peine de l'emplacement calculé au 18e siècle, un emplacement déterminé aujourd'hui par GPS.


On y a vu bien des cactus, avons pu caresser un scarabée géant, Arsenio a vu sa première tarentule vivante, on y a rencontré Papa José (un tisseur artisan), et nous avons pu profiter du petit musée méso-américain avant de rentrer par un bus à 40 cents (US, quand même) dans lequel une dame vendait du maïs et des fèves accompagné de salsa.


Puis, de retour à Quito, nous nous sommes rendus au mirador de Guapulo, d'où nous avions une vue splendide sur le village de Guapulo sis au creux d'une vallée.


Sur une de mes suggestions, nous avons décidé de descendre voir l'église et le couvent de plus près, pour y découvrir une statue en honneur de Francisco de Orellana, un conquistador espagnol qui accompagnait Francisco Pizarro lors de la conquête du Pérou et qui est encore aujourd'hui appelé le "découvreur" (au sens européen du terme) du fleuve Amazone.


La descente à Guapulo est amusante, bien qu'un peu dure pour les genoux.


Par contre, ce n'est rien à comparer de la remontée, qui est fort exigeante pour deux voyageurs n'ayant eu que quelques jours pour s'acclimater à l'altitude et au manque d'oxygène.


Heureusement toutefois, la vue lors de la remontée nous réservait une surprise de taille; on pouvait enfin voir, à peine dégagé des nuages, la cime enneigée du volcan Cayambe, une vue toujours spectaculaire.

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dimanche 12 janvier 2014

Un dimanche à Quito

Dimanche à Quito.
La journée commence avec un salut respectueux à Simon Bolivar, dont la sculpture le représentant à cheval et porté par le peuple équatorien domine le sud du parc Alameda et donne une splendide vue sur El Panecillo (le "petit pain", le mont qui se trouve au centre de Quito, avec une statue de la vierge à son sommet). À l'horizon, je peux voir le mont Unguy, qui sépare Quito de Lloa, le village où je me rendrai dans quelques jours pour la première fois en sept ans. Je ne sais trop ce qui m'y attend, n'ayant eu aucune nouvelle de Lloa pendant ces sept ans (il n'y a toujours pas d'internet à Lloa).


Le dimanche à Quito est la journée du vélo. Le centre historique est quasi entièrement fermé à la circulation et plusieurs rues du centre-ville moderne sont également interdites aux véhicules motorisés. Le vélo est roi le dimanche. Je remarque au passage qu'il y a maintenant des pistes cyclables aux voies réservées pour les cyclistes - la première fois que je vois une telle infrastructure en Amérique latine. Il y a aussi un service de Bixi à Quito (ce qui est également nouveau pour moi), service qui est appelé le "BiciQ" et qui semblait fort populaire auprès des quiteno aujourd'hui.

Nous avons changé d'auberge, pour des raisons de localisation et pour offrir à mon ami Arsenio une expérience différente pour les jours suivants. Nous sommes donc à l'Hostal Nassau, un endroit où j'avais séjourné en 2005 et aussi en 2007 et qui a conservé un mot que j'avais laissé sur le babillard de l'entrée lors de mon séjour de 2005.
Le dimanche à Quito, c'est congé, et les quitenos en profitent pour faire des activités familiales dans les parcs. Le parc Ejido se retrouve donc fort animé, avec ses kiosques d'artisanat, ses kiosques ambulants de nourriture et fruits, ses jeux et jouets pour jeunes, et ses voitures à pédales à louer et qui sont toujours très populaires auprès des enfants. On croise un mélange d'adultes qui relaxent à l'ombre d'un arbre, d'adolescentes qui échanges des anecdotes, d'enfants réclamant de la barbe-à-papa, de jongleurs et d'autres amuseurs publics.
Après avoir traversé quelques kiosques d'artisan - et fait l'acquisition d'une figurine en pierre originale de la culture Tumaco-Tolita (culture précolombienne de la côte équatorienne), je remarque un cheval de bois et un très vieux cheval monté sur un gros ressort. Puis, le sud du parc Ejido donne sur une rue qui est envahie par les cyclistes et qui débouche au coin du parc Alameda, où un canal et un bassin artificiel ont été aménagés et sur l'eau desquels les quitenos s'amusent à naviguer dans des barques de fortunes ou de vieux pédalos de styromousse.


En traversant le centre historique vers El Panecillo, on croise la plus ancienne rue de Quito, La Ronda, où des cafés, boutiques d'artisans, restaurants et ateliers d'artistes redonnent vie à cette vieille rue qui avait été abandonnée avant sa restauration au début des années 2000. J'y remarque un chien local qui passe son temps à observer les touristes passer dans la vieille rue pavée de roche, quand il ne leur jappe pas quelque insulte bien sentie.
Au pied du petit pain, on prend une pause, puisque notre dimanche de balade dans Quito est jusque-là constitué d'une alternance de montée et descente dans les rues en pente abruptes du centro historico. J'en profite pour faire une photo d'Arsenio avec la statue de la Virgen de Quito en arrière-plan. L'Avenida 24 de Mayo qui s'élargit sur une grande place à cet endroit est parsemée de sculptures aussi diverses qu'un chien géant ou encore une statue hommage à un ancien notable quiteno.
En revenant vers notre auberge - et vers le restaurant Suzette, plaza Foch, qui nous offrira un délicieux souper un peu plus tard - je m'arrête à la Plaza Grande, centre des activités dans le vieux-Quito, pour capter la fin d'une représentation théâtrale amateure ayant attiré une petite foule.
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Un dimanche à Quito.


samedi 11 janvier 2014

Quito, sept ans plus tard

Ça va faire deux jours que je suis arrivé en Équateur, et j'ai peine à trouver les mots pour décrire la gamme d'émotions qui m'habite.
Reconnaître tant de lieux, me repérer facilement en ville, retrouver des endroits chers à mon coeur de vagabond, retourner faire un auto-portrait devant l'arche d'El Ejido comme je l'ai fait à tous mes passages à Quito, revoir le regard franc et direct des équatoriens, entendre l'accent quiteno - le plus pur espagnol latino avec celui d'Antigua au Guatemala - tout ça fait déjà de ce début de voyage un succès.
Quito m'a étonné, par contre, par l'évolution remarquable (dans les deux sens du terme) de ses infrastructures de transport, qui en font la ville latino-américaine la plus avancée à ce niveau après Buenos Aires et Santiago del Chile. J'y reviendrai peut-être pendant mon séjour, mais le progrès est tel que j'ai mentionné à mon ami Arsenio, qui m'accompagne pour une dizaine de jours, qu'il ne devait pas se sentir bien dépaysé avec l'organisation qu'on retrouve maintenant ici.
La météo n'est pas clémente, par contre, puisque j'arrive pendant la saison "froide" de Quito (jumelée au dernier droit de la saison des pluies). Selon les standards quitenos, il fait donc froid. A mon arrivée, le gardien de nuit de l'auberge (j'arrivais passé minuit) portait une tuque, mais je trouvais déjà la nuit fort confortable avec mon chandail de coton. Le lendemain soir, alors que je voulais lui demander pourquoi l'internet sans-fil ne fonctionnait plus, je suis descendu, en shorts et T-shirt pour le retrouver à la réception vêtu d'un manteau, foulard et de sa tuque.
Dans le même ordre d'idées, chez South American Explorers (un organisme sud-américain offrant divers services aux touristes et randonneurs, géré par des expatriés), un aimable monsieur nous a reçu après avoir revêtu son chapeau - puisqu'il avait froid à la tête - et nous a prévenu que le temps était très froid à Quito en ce moment. Il a dû nous trouver bien étrange d'avoir l'air parfaitement à l'aise en T-shirt.
Il y a quand même eu un peu de pluie, mais jamais très forte, ou sinon, jamais pendant très longtemps. Pendant un court averse, j'ai donc amené mon ami Arsenio visiter l'église et le couvent San Francisco, un édifice érigé au 16e siècle qui conserve encore beaucoup de splendides pièces de son architecture originale, dont deux superbes plafonds mudéjar, une rareté en Amérique. Le cloître était encore parsemé de personnages qui ont probablement été utilisés pour quelque fiesta pendant le temps des fêtes. Étrangement, trois de ces personnages n'avaient rien de bien chrétiens, mais étaient plutôt issus du film Despicable Me. On les avait quand même costumé en moines, remarquez.
Heureusement, le couvent avait également des pensionnaires un peu moins iconoclastes à nous présenter:


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vendredi 10 janvier 2014

Équateur 2014 - Contexte (2)

Équateur 2014 - Le contexte national
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Le président de l'Équateur est Rafael Correa, un homme de la nouvelle gauche latino-américaine. Professeur d'université, économiste diplômé de l'université d'Illinois aux États-Unis, Correa a été brièvement ministre de l'économie en 2005, mais a dû démissionner suite à ses positions contre le FMI et la banque mondiale, positions qu'il a publiquement émises sans consulter le président d'alors, qui n'était pas du même avis que lui. Il a été élu en 2006, puis réélu en 2009 et dernièrement en février 2013 avec une écrasante majorité.
Rafael Correa est un farouche anti-impérialisme, donc défend une politique anti-américaniste. Il a d'ailleurs donné l'asile politique à Julian Assange (actuellement à l'ambassade d'Équateur au U.K.) et s''est montré favorable à traiter une demande similaire d'Edward Snowden lors que ce dernier était à l'aéroport de Moscou.
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Le président Correa - première voiture- lors
 de son passage devant moi, Quito, 2007.
En Équateur, le dossier le plus controversé de sa présidence est peut-être celui des communications. La liberté de presse existe au pays (un des droits constitutionnels), mais on a noté des limitations qui en inquiètent plusieurs; l'OEA a émis des réserves sur la nouvelle Loi sur les communications, qui donne un pouvoir assez large au superintendant de l'information. C'est comme si le Conseil de presse du Québec avait le pouvoir d'empêcher la publication d'une nouvelle ou une chronique jugée tendancieuse, fausse ou diffamatoire. Cette loi ait été mise en place pour éviter la propagande de la droite qui a tant fait tort à plusieurs pays latinos par le passé (il n'y a qu'à voir ce qui se passe toujours au Guatemala, pour citer un exemple où j'ai pu le constater de première main). On comprend très bien l'intention de limiter le pouvoir de l'argent des grands barons de la droite à convaincre les populations moins éduquées de préférer le statu quo à des réformes socialistes importantes, mais cette loi ouvre la porte à de la censure, ou à la corruption potentielle de cet organe de contrôle, un risque pour l'Équateur de flirter avec la dictature selon certains critiques de Rafael Correa.
Pour le moment, on ne parle que d'un certain contrôle sur les questions strictement politiques, la constitution garantit la liberté de presse en Équateur, mais la diffamation est considéré un crime et peut conduire à des sentences de prison; il y a d'ailleurs eu des cas d'emprisonnement de chroniqueurs ayant été reconnus coupables de diffamation envers le président Correa, mais ce dernier est alors intervenu pour les faire libérer, réaffirmant que la loi est là pour protéger le pays contre la dictature de certains médias, et non pour éliminer la liberté d'expression.
Je jetterai donc certainement un oeil attentif au quotidien de droite de Guayaquil, El Universo, lors de mon séjour, afin de juger s'ils sont si limités qu'ils ne le prétendent dans l'expression de leurs opinions. Une visite sur le site du journal d'opposition à Correa m'a permis d'y voir plusieurs caricatures politiques de Correa, dont une caricature du président en marionnettiste du nouveau superintendant de l'information, caricature fort éloignée de ce qui est traditionnellement permis dans les dictatures (ce qui est quand même rassurant).
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Au niveau économique, l'Équateur est un pays producteur et exportateur de pétrole et c'est le dossier du pétrole qui divise le plus la population et le gouvernement Correa, surtout depuis que la réserve Yasuni vient d'être ouverte à l'exploitation pétrolière. On serait mal placé pour condamner cette ouverture - que je trouve déplorable moi-même - puisque même ici, où nous avons élu (ceux qui ont voté PQ et/ou QS/ON) un gouvernement prônant le développement durable, on se montre aujourd'hui aussi favorable aux gazières, minières et pétrolières que nos gouvernements précédents. Il y a eu manifestations à Yasuni et, comme chez nous, les autorités sont intervenu rapidement pour étouffer la contestation populaire. Il faut dire à la défense de Correa que son gouvernement, devant les demandes planétaire de conserver la forêt équatorienne, avait offert de refuser l'exploitation en échange de 3 milliards d'euros de la communauté internationale. Son raisonnement était simple: vous exploitez le pétrole partout dans le monde mais demandez à l'Amérique du sud de ne rien faire pour protéger les dernières forêts de la planète, alors compensez-nous. La communauté internationale a répondu avec 13 millions.
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Malgré ses avancées sociales, l'Équateur de Correa n'en est pourtant pas encore au niveau souhaité. Par exemple, l'avortement est encore criminel en Équateur, une position défendue par le parti au pouvoir, dans un pays toujours constitué de 85% de catholiques dont la plupart dont pratiquants. L'intérêt de 2014 pour moi sera aussi et surtout de voir si le pays a progressé (au sens social: les gens vivent-ils mieux, ont-ils accès globalement à plus de biens de base, plus de soins, ont-ils un meilleur filet social, etc.) depuis mon premier passage en 2004. J'ai hâte de voir si mes rencontres et mes observations directes vont me permettre d'affirmer que les changements sont visibles, ou si les différences s'avèreront trop subtiles pour paraître sur le terrain. Au plan social, même la banque mondiale reconnaît que les politiques socialistes de Correa ont été profitables. Le pourcentage de gens vivant sous le seuil de pauvreté en Équateur est passé de 38% à 29% en six ans de gouvernement Correa, une donnée franchement impressionnante.
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Enfin, un facteur qui ne fait pas nécessairement les manchettes mais qui a son importance dans le développement social d'un peuple; et j'ai nommé le 7e art. Le cinéma équatorien produisait un film au trois ou quatre ans (je ne parle pas de films étrangers tournés là-bas, mais de productions nationales). En 2006, le gouvernement Correa a voté une loi sur le développement du cinéma équatorien, encourageant et finançant des productions grâce au nouveau Conseil National de Ciné. Ainsi, en octobre 2013, El Pais rapportait par exemple que pour la première fois de son histoire, on pouvait voir 4 films équatoriens à l'affiche simultanément à Quito. Deux documentaires se penchant sur des épisodes politiques des années 70 et 80, et deux fictions se passant dans les années 40 sur fonds historique. Dans une entrevue pour El Pais, deux des cinéastes mentionnaient que ce nouveau développement du cinéma en Équateur permettait maintenant une meilleure qualité des productions et le développement de l'expertise de toute une industrie technique et artistique. J'aurai peut-être l'occasion d'aller voir quelques productions locales, qui sait?
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jeudi 9 janvier 2014

Équateur 2014 - Contexte (1)

Alors que je m'envole vers Quito, capitale de l'Équateur, où je séjournerai pendant les prochaines semaines, voici un aperçu du projet qui me ramène, pour une 5e fois, dans ce petit pays des Andes.
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L'Équateur - et les environs immédiats de Quito - a été le théâtre de mon premier projet de coopération internationale, que j'ai effectué au printemps 2004. L'année 2014 marque donc le dixième anniversaire de ce projet et représente donc une belle occasion de retourner sur place pour faire un état des lieux sur ce projet.
Ainsi, je me propose de retourner à l'école où j'enseignais l'anglais de base aux enfants du rang San Luis de Lloa et où j'avais contribué à fournir du matériel (scolaire, sportif et autres) lors de mon séjour en 2004 et de mon retour sur place en 2005.
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L'Équateur est le premier pays en développement où j'ai mis les pieds, et le premier pays latino-américain que j'ai visité. Il conserve donc une place particulière dans ma vie et je n'ai jamais cessé d'en suivre la progression depuis mon tout premier séjour à Quito. Après près de huit ans de gouvernement socialiste sous la présidence de Rafael Correa, un retour en Équateur me permettra d'observer plus directement l'effet des politiques et dossiers que je suis à distance. Mon éveil socio-politique opéré grâce à mes voyages en Amérique latine ne s'est fait qu'après mon premier séjour en Équateur et il est donc important à mes yeux de retourner avec le bagage socio-politique accumulé depuis quelques années pour voir l'Équateur sous un angle différent.
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Les enfants qui ont façonné mon séjour à Quito et Lloa, de même que les amis que je m'y suis fait et avec qui j'ai pu garder contact, font partie intégrante de mon expérience de l'Amérique latine, et comme ça fait sept ans que je n'ai pas mis les pieds en Amérique du Sud, ils me manquent et je profite de l'occasion pour aller leur rendre visite. Il faut ajouter à ce sentiment l'absence de contact avec les enfants du village (absence d'internet ou d'adresse précises), et le fait qu'en 2014, je les verrai pour la première fois dans leur vie de jeunes adultes. Il me tarde de savoir et de voir ce qu'ils sont devenus et comment va la vie pour ces amis qui vivent dans un autre univers par rapport au nôtre mais dont la présence a profondément modifié ma vie à moi en 2004.
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Enfin, de manière plus générale, ce projet s'inscrit dans mes réflexions sur la coopération, les projets individuels, les voyages indépendants et en ce sens, il n'est pas impossible qu'il soit accompagné d'un projet de sensibilisation à mon retour, projet auquel je vous inviterai certainement mais dont les détails demeurent à établir pour le moment.

mercredi 8 janvier 2014

Journal d'un globetrotter en vacances - chapitre 6

Passer Noël dans le sable n'est pas aussi dépaysant qu'on le dit. Comme ce n'est pas mon premier Noël à l'étranger, ni mon premier Noël sans neige, je ne ressens pas de nostalgie particulière de ne pas voir de tempête de neige ou de température de -40.
En marchant sur la plage le 24 décembre, j'ai vu un bonhomme de sable érigé par quelque jeune de l'hôtel Brisas voisin, clin d'oeil de plus à l'absence de neige.
Le bonhomme m'a donné l'idée de dessiner quelques feuilles de gui sur le bord de la Mer des Caraïbes pour faire une photo de Joyeux Noël que je prévoyais mettre en ligne au café internet de Trinidad, mais les choses ayant tournées autrement en terme d'accès internet, j'ai abandonné l'idée.
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Il y a une colonie d'oiseaux - qui ressemblent à de petits cormorans - qui se tiennent généralement perchés sur les vestiges de ce qui ressemble à un ancien pont dressé près de l'hôtel. Ils sont là depuis mon arrivée et tout laisse croire qu'il y seront encore longtemps après mon départ.
Il s'agit probablement d'une sorte de canard, en fait, mais je n'y connais rien aux oiseaux, alors difficile à dire. Je sais qu'ils sont de bons nageurs et d'excellents pêcheurs, pour avoir été témoin de leur agilité en mer. J'en ai vu un attraper un beau gros poisson bien reluisant au soleil pour déjeuner, alors que je prenais une marche vers l'est sur la plage.
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Quelques jours plus tard, je refais le trajet de bus de Ancon à Santa Clara pour prendre mon vol de retour. La route est aussi fascinante qu'à l'aller, avec son mélange de cavalier en solo, de vélos, de vieilles voitures américaines, de charrettes tirée ici par des chevaux, là par un âne ou encore, passé Sancti Spiritus, par deux boeufs.
En quittant Trinidad, une dame prenant un cocotaxi avec un matelas de lit double m'a fait beaucoup sourire.
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À mon retour, je suis passé acheter de la nourriture pour chats chez mon fournisseur habituel. Le propriétaire de la boutique avait un beau bronzage qui ne semblait pas correspondre à la météo de Montréal des dernières semaines, selon mes informations. Il avait passé deux semaines de vacances avec ses filles en République Dominicaine (donc l'île voisine d'où j'étais). Il m'a confié avoir beaucoup aimé ses vacances, mais qu'après deux semaines, il avait hâte de revenir, il s'ennuyait de l'hiver, et des possibilités de faire du ski et de la raquette.
Comme quoi il faut de tout pour faire un monde car moi, j'aurais passé l'hiver à Trinidad sans m'ennuyer le moins du monde de l'hiver québécois.
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Mon retour dans le froid intense de cet hiver québécois m'a d'ailleurs simplement confirmé que j'avais fait un bon choix en planifiant dès début janvier mon prochain départ.
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C'était l'Esprit Vagabond, en vacances.

mardi 7 janvier 2014

Journal d'un globetrotter en vacances - chapitre 5

Dans les guides touristiques sur la région de Trinidad, ainsi que dans les feuillets promotionnels de la région et des représentants d’agences de l’hôtel, on retrouve, tout juste après la visite de la ville coloniale elle-même, une excursion à une ancienne hacienda de riches exploitants, qui comprend la villa, une tour ainsi que quelques dépendances. Le guide parle d’un train qui fait l’aller-retour Trinidad-hacienda quelques fois par jours, en plus d’un train à vapeur, d’époque, qui fait le trajet une fois par jour. Les feuillets ne parlent que du train à vapeur, mais il part à 9h30 et ne revient à Trinidad qu’à 14h30, laissant bien trop de temps sur place pour visiter la hacienda, mais c’est voulu, puisque sur l’heure du dîner, vous devrez alors manger sur place, dans le restaurant qui s’y trouve justement.
Je me suis donc informé de l’autre train, le normal, mais on m’a indiqué qu’il n’y a plus que le train de 9h30-14h30 qui effectue le trajet. J’ai aussi appris que le train à vapeur ne fonctionne plus, alors c’est le train normal qui fait la navette. Comme l’affaire semble à la fois trop coûteuse si on inclut le dîner, pour une simple visite d’hacienda – j’en ai déjà visité d’autres – et que ça prendra l’essentiel d’une journée une fois ajoutée la navette pour revenir de Trinidad à Ancon, je n’irai donc pas à la hacienda. Je pourrai donc passer plus de temps à marcher au hasard dans Trinidad ou lire sur la plage à l'ombre d'un parasol. Après tout, je ne suis pas en voyage, je suis en vacances.
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Je voulais envoyer un courriel. Quand j'ai fait ma réservation, il était indiqué que l’internet n’était pas inclus, mais que l’on devait payer pour l’utiliser. Lors de l’enregistrement, on nous a informés que le service était lent, et qu’en ville, à Trinidad, il y avait des cafés internet plus rapides. Comme je voulais envoyer un courriel, j’ai donc décidé d’aller en ville par la navette. J’ai confirmé l’horaire – 15h30 – avec la représentante à destination. Vers 15h15, je me prépare donc, sachant que le minibus me laissera à Trinidad à 16h et qu’il repart vers la péninsule à 17h, ce qui devait me laisser amplement de temps pour mon courriel. Mais voilà qu’après 25 minutes d’attente, pas de navette en vue. Je vais m’informer à la réception, où j’apprends que c’est vendredi, jour de congé de la navette. Je demande donc à la réceptionniste si je peux acheter du temps d'internet à l'hôtel, même s'il est lent. Elle me répond qu'il est présentement en panne. je demande pour combien de temps et elle m'informe que cette panne est d'une durée indéterminée.
Après quelques questions supplémentaires, j'apprends qu'en fait, il n'y a pas d'internet à l'hôtel. Je prends donc un taxi - une splendide Ford 1952 - pour faire l'aller-retour en ville. Arrivé à l'endroit du café internet que j'avais utilisé quelques jours plus tôt, surprise: la pièce est vide, à part des échafauds et un ouvrier en train de démolir un mur. Je m'informe de ce qui se passe avec le café internet, et la gentille dame qui semble aussi gérer la tienda d'à côté me dit qu'il est fermé ce jour-là. L'état des travaux m'assure que ce sera le cas pour les jours suivants aussi. Je fini par dénicher le seul autre café internet de Trinidad, fort achalandé, et par expédier mon courriel. Cette importante mission étant accomplie, je retrouve mon chauffeur de Ford 1952, avec qui j'avais fait un marché pour l'aller-retour, et rentre à la péninsule. À mon arrivée à l'hôtel, je remarque que malgré tous ces inconvénients, je suis rentré un peu plus tôt que ce que j'avais initialement prévu, autre preuve de l'élasticité du temps en Amérique latine.
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Dans la baie de Casilda, qui sépare Trinidad de la péninsule Ancon, il y a un vieux cargo échoué. En passant sur la route qui suit la péninsule dans la Ford 1952 d'Hernando, j'en ai profité pour lui demander ce qui s'était produit et il m'a informé que "le bateau s'était échoué sur un banc de sable et était resté pris". Je lui ai demandé depuis quand il y était et il m'a répondu: "environ 30 ans".
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lundi 6 janvier 2014

Journal d'un globetrotter en vacances - chapitre 4

À Cuba, on paye en pesos cubain convertibles, une monnaie créée pour les touristes, qui n’existe pas à l’extérieur de l’île. On ne peut donc pas en apporter avec nous et on doit plutôt changer des dollars pour des pesos une fois sur place. Le bureau de change est ouvert selon un horaire qui a peu à voir avec celui qui est affiché sur sa porte. On pourrait croire que le système politique et économique y est pour quelque chose, mais n’oubliez pas que bien avant d’être communistes, les cubains sont des latino-américains. J’ai beaucoup d’affection pour les latinos, même pour la gentille et sympathique dame du bureau de change qui était absente lors de mes trois visites.
Si vous voyagez dans un tout-inclus – la manière la plus économique de voler vers Cuba même si vous ne vouliez pas de l’hébergement et des repas – la représentante à destination vous informera probablement que vous pouvez faire un dépôt en dollars ou en pesos pour le service de serviettes de plages. La réceptionniste du dimanche matin exigera un dépôt en pesos, mais pourra changer vos dollars pour des pesos auparavant au besoin, si le bureau de change est fermé. Celle du lundi matin acceptera sans problème les dépôts en dollars canadiens, mais ne pourra changer les dollars en pesos si le bureau est toujours fermé. Prenez des notes.
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Dans son livre en pyjama, Dany Laferrière suggère aux auteurs de ne pas hésiter à consulter ce que les écrivains de renom ont fait pour comprendre le processus d’écriture. Il suggère aussi de piquer une phrase ou un élément de style au besoin. Il ne le savait donc pas en écrivant ces conseils, mais il venait au moins de fournir le titre de mes notes de vacances.
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Trinidad fêtera son 500e anniversaire en 2014. Même du strict point de vue du nouveau monde, c’est impressionnant. En fait, c’est dire qu’à la fondation de Québec par Champlain, Trinidad s’apprêtait déjà à fêter son 100e anniversaire. Les vacanciers qui ont plus souvent visité les plages de Cancun, Playa del Carmen ou d’un tout-inclus de la Riviera Maya au Mexique seront étonnés d’apprendre qu’avant de conquérir le Mexique au nom de la couronne d’Espagne, Hernan Cortez et ses hommes se sont justement arrêtés ici et ont passé un peu de bon temps à la Plaza Mayor de Trinidad.
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Ma première visite à Trinidad m’a étonné. On y retrouve de nombreux commerces, formels comme informels. Plusieurs étals d’artisanats et de fruits et légumes y côtoient des restaurants, boutiques de biens de première nécessité, magasins d’eau et d’alcool, boutiques d’artisanat plus formelles, quelques agences de tourisme ainsi qu’au moins un café internet. Je n’avais jamais été témoin d’autant d’activités commerciales au mètre carré dans mes deux visites antérieures sur l’île. À Santiago, j’avais déjà eu de la difficulté à trouver une tienda qui vendait quelques grignottines, et La Havane, malgré son ampleur, n’avait guère eu d’épicerie – même rudimentaire – à offrir au voyageur indépendant.
J’avais lu, il y a 3 ans, que Raul Castro avait annoncé un assouplissement des règles du commerce et de l’établissement d’entreprises personnelles à Cuba, mais comme je ne suis jamais allé dans la même ville lors de mes trois visites, je ne peux juger si les différences commerciales observées sont le fait de cette nouvelle politique ou de simples différences régionales déjà existantes. Malgré tout, ce n’est certainement pas cette nouvelle politique économique cubaine qui a mis sur le dos d’un cubain croisé à Trinidad ce t-shirt Dolce et Gabana, ou encore permis l’importation d’un chandail à l’effigie de l’Union Jack que portait un cycliste, et qui affichait même God Save the Queen.
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dimanche 5 janvier 2014

Journal d'un globetrotter en vacances - chapitre 3

Autre manifestation des caprices du temps, plusieurs cubains se déplacent encore à cheval, et il est donc commun de croiser des cavaliers ou des familles en calèches sur les routes et même sur l’autoroute nationale. Les plus âgés des touristes québécois de tout-inclus doivent avoir l’impression d’être de retour dans leur enfance. Pour moi, cette habitude qui n’existait déjà plus au Québec à ma naissance évoque surtout des photos en noir et blanc tirées des collections de mes grands-parents. Je pense plus particulièrement à celles de la jeunesse de mon père sur la ferme familiale.
En ce sens, Cuba est un endroit unique au monde, puisqu’il me permet d’être un témoin privilégié d’une partie du quotidien de mes grands-parents. La route de Santa-Clara à Trinidad m’a permis de m’immiscer dans l’action d’un film d’époque, duquel les protagonistes étaient les voisins ou les amis de mes grands-parents, vaquant à leurs occupations. Un voyage dans le voyage, un voyage dans mon histoire à moi, même si je suis à des milliers de kilomètres du lieu où cette histoire familiale a eu lieu.
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J’ai dit à tout le monde que j’allais à Trinidad de Cuba, mais ce n’est pas totalement vrai, puisque je suis installé sur la péninsule Ancon, qui est à quelques kilomètres de la ville de Trinidad, un peu comme si vous disiez à un cubain que vous demeurez à Montréal pour éviter de lui expliquer ce qu’est Laval. L’idée même d'un phénomène comme Laval ou les autres banlieues du genre autour de Montréal serait bien difficile à expliquer à un cubain ou tout autre latino-américain d’ailleurs.
Mes expériences de voyage en Amérique latine m’ont fait comprendre que contrairement au modèle métropole-banlieue développé chez nous, chez les latinos, ce sont les gens riches et de la classe moyenne qui habitent en ville, et les pauvres qui habitent les banlieue ou les quartiers les plus éloignés du centre. Ce sont généralement les gens pauvres ou défavorisés qui habitent assez loin du centre pour devoir se taper le trajet pour se rendre en ville, ce dont nos nantis banlieusards à nous semblent paradoxalement raffoler. Et on dit que les pays latinos sont sous-développés?
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La péninsule d’Ancon, où je me trouve donc, offre quelques kilomètres d’une plage aussi belle qu’agréable. Belle car elle n’est que très peu exploitée. Loin de l’enfilade d’hôtels de luxe de Cancun ou de ce que j’imagine être Varadero – je n’y suis jamais allé – il n’y a que trois hôtels sur toute la péninsule, dont un est suffisamment loin de celui que j’occupe pour que trente minutes de marche vers l’ouest ne suffisent même pas à ce que je le vois.
Quant à l’est, trente minutes de marche ne vous feront rencontrer qu’une colonie de crabes, quelques bernard-l’ermites et des étoiles de mer qui s’amusent à se faire bercer par les vagues de la Mer des Caraïbes.
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Conseil: Il y a une navette qui va de la péninsule où je me trouve à la ville de Trinidad. Cette navette a des horaires qui varient en fonction de la personne à qui vous les demandez, alors il est important d’être flexible si jamais vous décidez de vous rendre en ville.
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samedi 4 janvier 2014

Journal d'un globetrotter en vacances - chapitre 2

La première chose qui frappe à Cuba, c’est que l’île semble avoir été oubliée par le temps. Quiconque a voyagé en Amérique latine vous le dira; le temps ne se comporte pas de la même manière ici qu’ailleurs dans le monde. Cette singularité temporel se manifeste de diverses manières selon l’occasion et il est impossible de décrire ses caprices avec exactitude ou grâce à une règle précise. D’ailleurs, le faire reviendrait à croire que le temps peut être exprimé aussi facilement ici qu’ailleurs, ce qui n’est jamais le cas.
Ainsi, à Cuba, où c’est toujours un des frères Castro qui est président, les slogans révolutionnaires de la fin des années 50 sont encore fort présents le long des routes et dans les villes que l’on croise, comme si plutôt que d’être déjà dans la seconde décennie du 21e siècle, nous venions à peine de traverser la moitié du siècle dernier. Pour quelqu’un comme moi, qui approche la cinquantaine, être témoin de ces éléments qui datent d’avant ma naissance a quelque chose de fascinant.
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Tous les voyageurs qui sont venus à Cuba vous le diront; les vieilles voitures américaines des années 40 et 50 donnent un charme incroyable à tout paysage rural ou urbain que vous pourrez admirer. Ces vieilles voitures ne sont évidemment qu’une autre manifestation de l’oubli de l’île par le temps.
Pour moi, il s’agit aussi d’un rappel de l’ineptie de notre société de consommation, puisque contrairement aux voitures que l’on croise sur nos routes et dans nos rues, et qui nous semblent toutes et chacune d’une banalité désolante, ces vieilles voitures roulent ici depuis plus de 50 ans. Dans l’intervalle, un consommateur nord-américain très moyen aura eu le temps d’user – selon nos standards à nous – au moins une douzaine de voitures.
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Pour moi, ces voitures évoquent aussi quelque chose de beaucoup plus amusant que le simple charme vieillot qu’elles dégagent. C’est, en fait, une ironie qui me semble tellement savoureuse que je m’étonne qu’elle ne soit pas devenue le symbole par excellence de l’opposition entre le régime cubain et l’impérialisme américain.
En effet, c’est l’embargo économique imposé par les américains à l’île de Cuba qui a empêché les cubains d’acheter d’autres véhicules américains depuis la fin des années 50. Il y a bien quelques autres voitures importées sur l’île, des voitures russes ou encore les plus modernes sud-coréennes, mais ce sont les vieilles voitures américaines qui font tourner les têtes à Cuba. Comble de l’ironie, c’est donc l’embargo américain qui est responsable du fait que c’est à Cuba que l’on retrouve la plus grande concentration des plus splendides voitures américaines au monde.

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vendredi 3 janvier 2014

Journal d'un globetrotter en vacances - chapitre 1

Je n’ai pas l’habitude d’être en vacances quand je voyage. Généralement, je travaille toujours un peu, ou je tente de publier des articles sur mon blogue. J’écris des essais, je prends des notes et des photos, je visite beaucoup. Je parcours du territoire, me déplace souvent, je m’implique dans des projets de coopération, ou documente des dossiers d’actualité locale. Cette fois-ci, j’explore ce que la plupart des gens font en voyage; prendre des vacances.
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J’ai donc décidé de prendre quelques notes dans mon journal de voyage, inspirées de ce que je verrai et vivrai pendant ces vacances, bien que celles-ci seront essentiellement concentrées sur la lecture et cet art presque perdu de ne rien faire que l’écrivain Dany Laferrière a un peu remis à l’ordre du jour. Je ne vais tout de même pas me mettre à contredire un homme qui a la trempe de faire son entrée à l’académie française. J’ai plutôt mis son dernier livre dans mes bagages. Laferrière, haïtien d’origine, est donc né non loin de la destination de mes vacances, Trinidad de Cuba. Il me semble tout indiqué de lire en babouche sur la plage ce qu’il a écrit en pyjama.
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Si vous prenez des vacances, soyez d’abord attentif à votre destination. Ne faites pas comme ces deux jeunes femmes asiatiques dans le même avion que moi, et qui ne comprenaient ni le français, ni l’anglais, ni l’espagnol. En arrivant à Varadero après quatre heures trente de vol, elles ont remarqué que plusieurs passagers demeuraient dans l’avion, ce qu’elles ont donc décidé de faire également. Après un premier décompte des passagers effectué par les agents de bord, puis un recomptage, puis une troisième tentative, effectuée dans le chaos créé par les agents faisant le ménage de la cabine, les gens faisant la file pour les toilettes et les passagers profitant de l’escale pour se dégourdir les jambes ou dénicher un truc dans leur bagages, on nous a tous demandé de nous asseoir pour faire un ultime décompte des passagers à bord. Devant l’évidence – il y avait encore trop de passagers dans l’appareil – les agents ont décidé de vérifier toutes les cartes d’embarquement.
Malgré le désordre qui régnait alors dans l’avion, Suze avait repéré ces deux jeunes femmes qui n’avaient pas bougé de leur siège. Après leur avoir demandé si elles allaient à Varadero – et devant ce qui ressemblait à une confirmation de celles-ci – Suze a indiqué aux agents que leur passagers excédentaires étaient probablement les deux jeunes femmes. Après la confusion créé par cet imbroglio à l’escale, notre avion a repris les airs pour survoler la campagne cubaine, jusqu’à l’aéroport de Santa Clara.
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jeudi 2 janvier 2014

Pour 2014 - Vivir su vida

Inspiré par le remake latino récent (entendu sans arrêt pendant mes deux semaines à Trinidad) d'une chanson du maghrébin Khaled, pour 2014... je vous souhaite de rire et de danser, tiens, de vivre votre vie, quoi.
Ou comme l'avait si bien formulé Mary Etta Turner: "Dans un monde où vous pouvez être n'importe quoi, soyez vous-mêmes" (ma traduction).
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Bonne Année 14! Et je vous donc laisse le soin de définir ce que représente le "bonne" pour vous.
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jeudi 12 décembre 2013

En vacances à Trinidad (de Cuba)

Avant de vous entretenir de mon nouveau projet en Équateur (début 2014), je vais d'abord m'envoler en vacances, à Trinidad de Cuba (je spécifie, puisque pour plusieurs, Trinidad peut faire référence à Trinidad et Tobago).
Mon troisième séjour dans l'île présidée par Raul Castro, qui a récemment serré la main d'Obama (premier président américain à poser ce geste envers un dirigeant Cubain depuis 1960).
J'avais effectué un séjour dans le sud-est de l'île, à Santiago, lors des élections de 2008, puis un séjour dans la capital La Hanave, au nord-ouest, en 2010. Cette fois, je serai au centre-sud de l'île, près de Trinidad, ville classée patrimoine mondial de l'UNESCO, et qui n'est qu'à quelques heures de Cienfuegos, autre ville classée (plus récemment) au patrimoine mondial.
Architecture coloniale, rhum de qualité, plages et musique sont au programme de ces vacances de quelques semaines.
D'après mon expérience pasée sur l'île, les connexions internet ne sont pas toujours très fiables, alors je ne planifie pas de publier beaucoup de billets pendant ce séjour. J'y reviendrai probablement après coup avec la publication de notes de voyages, si je prends des notes qui méritent publication par la suite.
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samedi 7 décembre 2013

Mandela, l'Apartheid et Stephen Harper

Un post-scriptum à mon billet d'hier sur l'hypocrisie du monde face à l'homme remarquable qu'a été Nelson Mandela.
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Après la condamnation du régime de l'Apartheid par les Nations Unies en 1978, le mouvement pour son abolition s'est étendu à tout le globe. Parallèlement à ce mouvement, il y en a eu un autre - celui auquel je faisais allusion hier en parlant de Reagan, justement - un mouvement supportant le statu-quo en Afrique du Sud, c'est-à-dire un mouvement encourageant le racisme et l'exploitation des noirs de ce pays au seul profit de sa population blanche et des corporations internationales profitant alors d'une main d'oeuvre captive et exploitée. Ce mouvement, il a milité activement contre les sanctions commerciales réclamées pour mettre de la pression sur le gouvernement sud-africain. Reagan lui-même a résisté longtemps avant de se plier aux volontés populaires aux États-Unis, Thatcher s'y opposait vigoureusement elle aussi.
Au Canada, une visite de l'ambassadeur de l'Afrique du Sud a été organisée en 1985 afin de promouvoir le statu-quo de l'Apartheid et d'obtenir des appuis canadiens au régime. Cette visite a duré deux ans, permettant à l'homme de faire du lobby et d'être entendu à la télé et à la radio à de nombreuses occasions.
Suite à cette campagne - à laquelle a participé un leader étudiant de droite de Toronto (Tony Clément, actuel ministre conservateur) - un organisme appelé The Northern Foundation est créé en 1989, avec comme co-fondateur Stephen Harper, futur premier ministre du Canada. Cet organisme d'extrême-droite milite alors activement pour le maintien de l'Apartheid et de la domination blanche en Afrique du Sud (*).
C'est de ce Stephen Harper hypocrite-là que je parlais hier concernant son hommage à Nelson Mandela. Ce Stephen Harper ayant défendu le régime raciste que combattait Mandela, le Stephen Harper s'étant impliqué activement contre le mouvement dirigé par Mandela.
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On a aussi beaucoup parlé, depuis quelques jours, de la position du Canada dans la chute de l'Apartheid. Je ne reviendrai que sur un détail: en 2001, le Canada a fait de Nelson Mandela un citoyen canadien honoraire par un vote du Parlement. Un vote quasi unanime, puisqu'un seul député a voté contre cette initiative: un député nommé Rob Anders (Calgary-Ouest). Ce député, qui a plutôt choisi de qualifier Mandela de communiste et de terroriste, il siège toujours au sein du gouvernement Harper aujourd'hui.
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(*) Voir le livre "Preston Manning and the Reform Party" de Murray Dobbin Goodread, Formac Publishing 1992, 100-107.

vendredi 6 décembre 2013

Mandela, la révolution et l'hypocrisie du monde

Je suis, comme beaucoup de gens sur terre aujourd'hui, attristé par la mort de Nelson Mandela, un exemple pour une bonne partie des citoyens de la planète. Des centaines d'hommages lui sont rendus un peu partout, tous les chroniqueurs et éditorialistes, politiciens et ex-politiciens y vont de leur mot pour nous rappeler combien il était un grand homme, combien il était pacifiste.
La plupart semblent avoir oublié que Mandela a d'abord été perçu par le pouvoir en place en Afrique du Sud comme un traître, et par une partie des dirigeants du monde comme un dangereux communiste. Aujourd'hui, sa participation à la faction militaire de l'ANC serait probablement vue comme du terrorisme. D'ailleurs, c'est suite à des informations de la CIA au gouvernement Sud-africain de l'époque qu'il a été arrêté, jugé, puis emprisonné.
Bien que Mandela ait réussi une grande chose avec les changements apportés en Afrique du Sud de manière pacifique, et que ses grandes qualités personnelles y soient pour beaucoup, il ne faut pas oublier qu'il a d'abord été un manifestant, puis un révolutionnaire, avant d'en arriver là.
Dans son pays (et ailleurs), Nelson Mandela ne s'est pas simplement battu contre le racisme, il s'est battu contre la répression, contre les inégalités sociales et économiques.
Plusieurs ex-chefs d'État qui le saluent aujourd'hui comme un grand homme, sont parmi ceux qui l'ont même obligé à prendre des décisions économiques qui allaient à l'encontre de ses idées et principes; Thatcher et Reagan étant en tête de ce groupe, comme le rappelle avec à propos Yves Boisvert de La Presse aujourd'hui.
D'autres, comme le premier ministre du Canada, affichent sans gène cette hypocrisie qui leur fait dire tout haut qu'ils admirent Mandela, alors que toutes leurs politiques sont orientées contre tout ce pour quoi Mandela s'est battu toute sa vie.
Enfin, presque tous les chefs d'État ayant rendu hommage à Nelson Mandela depuis hier pratiquent une répression envers les manifestants (ou ceux qui se battent contre les inégalités sociales et économiques) dans leur propre pays, répression qui relève de la même idéologie que celle appliquée par l'Afrique du Sud des années 60 contre Mandela (alors que celui-ci questionnait le pouvoir en place et l'état des choses).
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Je termine sur un des signes particulièrement patent de cette hypocrisie. Sur le fil Twitter su SPVM, on peut lire que le service a mis son drapeau en berne par respect pour Mandela. Le SPVM a pourtant à son actif de très nombreux abus - dont les plus évidents sont apparus lors de la crise sociale de 2012 -, le genre d'abus dénoncés par Mandela, justement. Sans parler du fait que la répression policière effectuée par le SPVM relève aussi de la même idéologie que celle effectuée par le régime d'Afrique du Sud contre Mandela lui-même, quand il était encore un révolutionnaire et pas encore le héros pacifiste que l'on connait. Cette hypocrisie - ou complète ignorance qui frôle la stupidité ? - n'a d'ailleurs pas échappé à quelques intervenant sur le fil Twitter en question:


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Repose en paix, Madiba, tu as été un exemple pour des millions de personnes, ta présence et ton exemple auront modifié le monde, et inspiré des centaines de mouvements à continuer tes nombreux combats.