lundi 24 février 2014

Quito par l'affichage

Une autre contribution à ma série sur l'affichage et la culture que les affiches révèlent parfois, cette fois-ci, centré autour de quelques trucs aperçus ici et là lors de mon récent séjour à Quito, et présentés ici en vrac.


Des grands signes "Quito" ont été installés un peu partout dans des sites-clés de la ville... dont l'arche du parc Ejido (signe installé pendant mon séjour), où les gens s'empressent de se faire prendre en photo. Utile pour les touristes perdus ou distraits :-)


Sur un site qui était autrefois chaotique et plutôt laid, avec ses centaines de bus bruyants et polluant, El Trebol ("le Trèfle"), un carrefour reliant routes principales à l'autoroute, on peut maintenant voir, sur un monticule vert, des portraits géants d'équatoriens ayant milité pour l'avancement des droits des peuples, en particulier les droits des autochtones.


Parmi les nombreux changements observés à Quito (en comparaison avec mes séjours de 2004, 2005 et 2007), on retrouve une série de slogans et de publicités incitatives sur divers sujets, dont l'environnement immédiat. Ici, on milite pour un "Quito vert et propre, responsabilité de tous. Le Quito que nous aimons."


Autre exemple du changement de paradigme qui régie la vie sociale à Quito; ici dans un des troley-bus du système de bus rapide de surface. "Respect, solidarité, humour, tolérance, courtoisie, futur, convivialité"... au bas à droite: "Nous sommes quitenos".


Parmi les interdictions dans les transports en commun, une nouveauté: interdit de monter à bord avec un gros système de son personnel!


Certaines choses ne changent pas, par contre: on retrouve encore des imageries religieuses mélangées à la décoration des autobus axée sur la fourrure et les babioles qu'on suspend un peu partout.


Une autre des choses qui ne changent pas: la représentation de la femme dans les commerces et les publicités; ici, un salon de beauté qui annonce son service d'épilation, utilise une blanche comme "modèle", alors qu'à part les touristes, on ne croise toujours pas de blanches équatoriennes dans les rues...


Voici un autre exemple (double, voir la portion à droite); un garage et lave-auto de La Magdalena, qui a une enseigne non seulement sexiste (assez incroyable, non?), mais évidemment, où les deux femmes sont des blanches aux cheveux blonds. Faut-il rappeler qu'aucune équatorienne d'origine n'a les cheveux blond?


Trop drôle, celle-là: "Vente de garage, vêtement américains originaux, semi-neufs, à partir d'un dollar".


Poulet à 1,40$ la livre, os de poulet à 2 pour 1$...


Traverse de bovidés. Route entre Quito et Lloa.


Autre truc amusant: lors du changement de la garde effectué en présence du président de l'Équateur, un citoyen se protège du soleil de plomb avec son journal... sans réaliser ce qu'il affiche ainsi sur sa tête.


Et je termine par un montage politique: en haut à gauche: "Les femmes au pouvoir". On notera les couleurs vertes dominantes, incluant quelques murs d'édifices peints pour l'occasion; le vert étant la couleur du parti du président Correa, et en Amérique latine, les gens n'hésitent pas à afficher leurs couleurs politiques même en refaisant la peinture extérieur de leur maison ou commerce le temps de la campagne! En bas à gauche, défilé dans les rues d'Otavalo, en support au candidat du parti du président.
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mercredi 12 février 2014

Hasta luego Ecuador

C'est la cinquième fois, mais on ne s'habitue pas à quitter l'Équateur. Lors de ma précédente visite, je pensais ne jamais revenir - après tout, rares sont les pays où je suis allé cinq fois, j'aime aussi découvrir des endroits nouveaux - mais on dirait que l'Équateur est revenu vers moi en ce dixième anniversaire de mon premier projet ici.
Ainsi, je ne pense pas cette fois-ci, que je quitte définitivement Quito.
J'étais venu pour revoir des amis et collaborateurs de mon premier projet, et pour reprendre contact avec Lloa et l'école du rang San Luis. Même si je n'ai pu voir la majorité de mes anciens élèves, qui sont maintenant dispersés un peu partout dans la région et dans le pays, les rencontres que j'ai pu faire se sont avérées riches en émotions, et les nouveaux contacts noués à l'école pleins de promesses.
Difficile de demander mieux, surtout qu'avec les changements positifs que j'ai pu constater ici, et les moyens de communication qui sont plus développés qu'en 2004, j'ai bon espoir de reprendre contact avec plusieurs, même à distance, dans les prochaines années. Sinon, ce serait un plan idéal pour justifier un autre séjour ici.
Je quitte donc la casa de la Fundacion Chiriboga, un lieu où j'ai, depuis dix ans, toujours été accueillis chaleureusement (et confortablement, voir photo ci-haut, hehe).
Carmen, Virginia et moi.
Si je n'ai pas publié beaucoup de billets pendant ce projet, c'est essentiellement parce que mon temps d'écriture a été consacré à un projet de livre sur mes deux séjours à San Luis de Lloa en 2004 et 2014; projet de livre qui devrait également comprendre une bonne sélection de photos de ces deux passages dans cette communauté située près de Quito.
En cette dernière journée à Quito, je remercie donc chaleureusement mes hôtesses de la Fundacion, Virginia et Carmen Mueses, de même que tous les membres de ma famille équatorienne, ainsi que les autres volontaires rencontrées pendant ce trop court séjour à Quito.
Hasta luego Quito, hasta luego Ecuador.


vendredi 7 février 2014

Dans la forêt nuageuse de Chiriboga

La fondation qui m'accueille à chacune de mes visites en Équateur est la Fundacion Proyecto Chiriboga. La fondation s'occupe de beaucoup de projets, mais son premier projet - et encore un de ses plus importants - demeure la protection d'une vaste forêt nuageuse dans le secteur de Chiriboga, à environ 50 km à l'ouest de Quito. J'y ai été faire une visite ce jeudi. Voici quelques photos captées lors de cette balade dans la forêt humide.
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Bananiers le long de la route.

Jeep permettant de se rendre, hacienda, et
sympathique chien du gardien.

La vieille camionnette du senor Manuel Mueses, qui est
à l'origine de ce projet.

La rivière qui traverse le secteur protégé.

Un ami de 5 cm sur le mur de la hacienda.

Pouvez-vous voir la plus petite grenouille du monde?

Une araignée plus grosse que la grenouille précédente.

Les vaches de la fundacion (il y en a 3 sur cette photo).

Ami intéressant bien que non identifié.
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mardi 4 février 2014

Vivre sur l'Avenue des volcans

Tungurahua, avant-hier (photo tirée du journal El Comercio)
Avant-hier (le 2 février 2014), le volcan Tungurahua, le plus actif des volcans en activité en Équateur, est entré une fois de plus en éruption, crachant roche, cendre, poussière - et un peu de lave - dans un champignon de 4km de haut dans la région de Banos, située à 140 km au sud de Quito.
Aujourd'hui, l'institut Géophysique de l'Équateur fait le suivi de l'activité volcanique et suit également le nuage de cendre qui s'est dirigé vers Quito hier.
Depuis hier soir, et surtout ce matin, Quito est sous un ciel gris diaphane qui n'est clairement pas composé de nuages; il s'agit de la cendre résiduelle du Tungurahua que les vents ont apporté jusqu'au nord, mais qui, pour le moment, demeure en altitude.
Quelques détails ont été publiés dans les journaux, pour les intéressés (et aussi ici, où on peut lire un dossier de quelques articles, et enfin ici, mais en espagnol).
Éruption du Tungurahua du 2/02/2014
(Photo tirée du site d'Infobae)
Cette nouvelle éruption importante du Tungurahua me rappelle que j'ai déjà été témoin d'une éruption mineure de ce volcan... Cette expérience, doublée de mon séjour à Lloa au pied du Guagua Pichincha dont la dernière éruption majeure remonte à 1999 m'avait d'ailleurs inspiré un petit texte à l'époque. Il me semble aujourd'hui pertinent de le publier ici.
Si, comme moi à l'époque, vous vous demandez comment font les équatoriens pour vivre si près des volcans, alors ce texte est pour vous.
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Vivre sur l’Avenue des volcans (juin 2004)

Je remonte légèrement le collet de mon T-shirt sur ma nuque. Je n’ai pas mis de crème solaire en partant de l’école et le soleil est très fort en ce début d’après-midi équatorien. Quelques jeunes nous accompagnent, Nely et moi, vers la route principale qui relie le village à Quito, la capitale.
En discutant avec Nely, j’apprends qu’elle est la seule de sa famille à vivre encore en Équateur. Son frère vit maintenant à Los Angeles et sa soeur habite Madrid, en Espagne. Je demande à Nely pourquoi elle n’a jamais quitté l’Équateur. Elle me répond que son mari préférait vivre dans son pays natal plutôt que de partir, malgré la situation économique difficile de l’Équateur.
Nous poursuivons notre route à pied, avec le Guagua Pichincha dont le cratère se découpe parfaitement dans le ciel bleu de cette journée de fin juin. Après six semaines dans la région, je me suis habitué à la présence du volcan, même si sa vue demeurera toujours impressionnante.
Nely Jimenez Perez habite Quito, capitale de l’Équateur, dans ce qui est appelé l’Avenue des Volcans. Et j’ai parfois le réflexe de me demander pourquoi tous ces gens vivent ainsi, si près du danger que représente un volcan. La réponse à cette question me viendra plus tard, d’un des jeunes qui nous accompagne justement.
La cordillère des Andes atteint ses dimensions les plus étroites en traversant l’Équateur du nord au sud. Au nord du pays, elle se divise en deux chaînes de montagnes, la cordillère occidentale et la cordillère orientale. Chacune de ces deux parties est constitué majoritairement de sommets volcaniques. C’est la vallée comprise entre ces deux chaînes de volcans qui est baptisé l’Avenue des Volcans. On doit cette appellation à l’explorateur et scientifique allemand Alexander von Humboldt qui a visité la région en 1802.
Nely est dans la mi-quarantaine, et elle est enseignante de niveau primaire. Elle enseigne à l’école du rang San Luis de Lloa, un village situé à environ 10 km de Quito. Son quotidien se déroule donc au pied du Guagua Pichincha, qui est un volcan actif (note 1).
L’autobus qui la ramènera à Quito tout à l’heure passera près du sommet du mont Ungui, d’où l’on peut apercevoir clairement six volcans dans les environs immédiats de Quito.
La dernière éruption du Guagua Pichincha remonte au 5 octobre 1999. Un champignon de 11 km de haut mélangeant cendres, vapeurs et gaz, a recouvert les environs de quelques centimètres de cendres, forçant l’état d’urgence, la fermeture de l’aéroport et autres interventions. Pour Nely Jimenez Perez, ce genre d’événements fait partie de la vie. « On a mis des semaines à tout nettoyer! » me confie-t-elle avec un grand sourire.
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Quelques semaines plus tard, je fais une randonnée sur le mont San-Francisco près de Baños, sur le flan est de la cordillère orientale des Andes. Le début de la randonnée a été compliqué par la disparition des sentiers suite à la construction d’une nouvelle route entre Baños et les villages de Illuchi Baja et Illuchi Alta. J’ai donc pris le sentier à revers, sans savoir qu’une partie en avait été emportée par les intempéries de la dernière saison des pluies.
Heureusement, à mi-chemin du sommet, situé 1 000 mètres plus haut que Baños, je rencontre Fausto Sanchez, un homme de 58 ans qui demeure dans la campagne entre Baños et Illuchi Baja. Plusieurs fois par semaine, il fait l’aller-retour qui passe par ce sommet, il connaît donc très bien la montagne et me sert de guide improvisé. De l’autre côté, on peut voir le très actif Volcan Tungurahua (note 2).
Alors qu’il me guide hors-piste vers le sommet du San Francisco, Fausto me raconte les quelques éruptions du Tungurahua dont il a été témoin, notant au passage – et quasi nonchalamment – que la plupart du temps, le volcan « crache seulement des cendres et de la fumée » et que plus souvent qu’autrement, il n’a pas à s’en inquiéter puisqu’il crache sur l’autre flanc du volcan et non du côté de Baños et du village.
Le volcan Tungurahua est entré dans une phase très active deux mois avant l’éruption du Pichincha, en 1999. Lors de cette violente éruption, Baños et les environs ont été évacués pendant quelques mois, alors que le volcan était constamment en alerte orange. La route entre Baños et Riobamba a été partiellement détruite et n’a pas été réparée depuis, puisque le volcan est encore en période active. Les choses se sont toutefois un peu calmées depuis, le Tungurahua est aujourd’hui en alerte jaune « seulement », mais crache un peu de lave de temps à autre.
En juillet 2004, j’ai moi-même été témoin d’une de ces « petites » éruptions de cendres et gaz formant un impressionnant champignon dans le ciel équatorien (note 3). Et deux jours après ma randonnée avec Fausto, le Tungurahua crachait encore devant moi un peu de fumée et de cendres.
Pour Fausto Sanchez, l’activité volcanique fait partie du quotidien, il en parle d’ailleurs avec le sourire. Et mise à part l’évacuation forcée de 1999, les choses semblent plutôt agréable dans ce coin de pays pour lui. Je me prends d’ailleurs à souhaiter être aussi en forme que lui à 58 ans, et pouvoir encore faire des randonnées de plus de 1 000 m de gain d’altitude avec une apparente facilité.
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Ma plus intéressante réponse concernant la vie près d’un volcan me viendra finalement de Franklin Vallejo, 11 ans, qui habite San Luis de Lloa et qui est un des élèves de Nely Perez. Franklin n’a qu’un vague souvenir de l’éruption du Guagua Pichincha en 1999. Il se souvient par contre très bien de l’effervescence entourant l’éruption du volcan Reventador en 2002 (note 4).
Le Reventador est situé dans la cordillère orientale, un peu au nord de Quito, pratiquement sur la ligne équatoriale. Le 3 novembre 2002, après vingt-six ans de silence, il s’est réveillé et a craché des centaines de millions de tonnes de roches, de cendres et de fumée à plus de 15 km dans le ciel. Avec une telle éruption, même Quito, située à plus de 80 kilomètres du Reventador, a été recouverte d’une couche de cendres.
L’état d’urgence a été déclaré dans les quatre provinces environnantes. Aéroport fermé, écoles fermées, trafic arrêté, les gens se promenaient avec des mouchoirs pour mieux respirer et finalement, après que le calme soit revenu, on mesurait jusqu’à 5 centimètres de cendres par endroit dans la capitale. Des semaines et des semaines de nettoyage.
À Lloa, Franklin était trop loin pour voir l’éruption elle-même, mais il a vécu l’après-coup comme tout le monde. Il ne perd pas son sourire quand je lui demande ce que ça fait de vivre entouré de volcans. Pour lui, c’est quelque chose d’aussi normal que les tremblements de terre, les orages électriques ou les sécheresses.
Et même s’il n’en a jamais été témoin, c’est aussi comme les tempête de neige dont il a entendu parler. Et la voilà ma réponse. Car Franklin, tout comme Nely, a de la difficulté à comprendre comment je fais pour vivre dans un pays où il fait aussi froid que le Québec, il s’étonne que je puisse survivre à des températures aussi extrêmes que 20 ou 30 degrés sous zéro.
J’avais raconté à Nely et ses élèves une petite randonnée effectuée en janvier 2004 au sommet du Mont-Royal à Montréal et où il faisait, avec facteur vent, 54 degrés sous zéro. Depuis, ils regardent le volcan Pichincha et se disent qu’il est bien moins dangereux de vivre à ses pieds que par une température aussi glaciale.
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Notes
1. L’Équateur est un pays d’une superficie de 283 000 kilomètres carrés. Il est donc plus de 5 fois plus petit que le Québec. Le pays comporte un grand nombre de sommets volcaniques dont 16 sont en activité. Les plus actifs sont le Sangay, le Tungurahua, le Cotopaxi, le Guagua Pichincha, le Reventador et le Cayambe. Quatre de ces volcans sont dans les environs immédiats de Quito, la capitale. L’institut géophysique émet des bulletins d’informations concernant l’activité de ces volcans à toutes les semaines, sauf pour le Tungurahua, qui se voit consacré un bulletin quotidien depuis 1999.
2. Les premières éruptions documentées en Équateur sont celle du Cotopaxi et du Tungurahua en 1534.
3. L’éruption mineure du Tungurahua dont j’ai été témoin a eu lieu le 14 juillet 2004.
4. L’immense cratère de 3,5 km du Reventador laisse croire qu’il a déjà été le lieu d’une éruption gigantesque qui a emporté une bonne partie de son sommet.
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Il y a eu une éruption volcanique entre ces deux photos

Même si on ne voit pas sur une photo l'effet réel que l'on peut apercevoir aujourd'hui dans le ciel de Quito avec la cendre ne suspension en altitude, je voulais quand même documenter l'expérience. Ainsi, selon une variante de ma formule favorite, il y a eu une éruption volcanique entre la photo du haut et celle du bas.


Voir ce billet pour plus de détails.
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lundi 3 février 2014

Les vendeurs d'ânes de l'avenida Mariscal Sucre (Il s'est écoulé... dernière édition)

Je vous présente ma dernière photo de la série "Il s'est écoulé dix ans..." - et ma favorite je pense, par ce qu'elle a d'incroyable.


Vous connaissez la chanson: Dix ans séparent les deux photos (2004/2014). Chaque cliché a été pris d'à peu près le même endroit. Il s'agit du croisement de la rue Puruha (où j'habite, quelques coins de rues plus bas) et de l'Avenida Mariscal Sucre, la principale et plus longue avenue de Quito. Pour les gens de Montréal, c'est un peu l'équivalent de la rue Sherbrooke. Il s'agit bien entendu de vendeurs d'ânes (et de chèvres), que je trouvaient bien sympathiques en 2004 - et bien étonnants d'être installés au coin de l'avenue la plus achalandée de Quito et du quartier. Eh bien aussi incroyable que ça ne paraisse, ils sont toujours là, chaque matin entre 6h et 7h30 AM, sur le même coin de rue.
Et, comme en 2004, je déplore que mon séjour ne soit pas plus long, car j'aurais bien aimé en acheter un!
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dimanche 2 février 2014

Un domingo al pueblo

Depuis le début de mon actuel projet de suivi et de documentation de mon passage ici en 2004 (et de l'évolution des choses à San Luis de Lloa), une des plus grandes difficultés est de retracer mes anciens élèves. Quelques-uns ont complètement disparu de la circulation (famille entière qui a quitté San Luis sans que personne ne sache pour quel village, par exemple), d'autres sont mariés et travaillent à Quito ou ailleurs, et les parents (toujours à San Luis), n'ayant pas le téléphone, n'ont ni numéro ni adresse où les joindre. La semaine, ceux qui vivent toujours à San Luis mais travaillent à l'extérieur (comme à Quito) ne sont pas au pueblo. On me dit que certains visitent leur parents la fin de semaine, et c'est un peu pour augmenter les chances d'en croiser quelques-uns que je suis allé passer mon dimanche à Lloa.


J'ai d'abord fait un arrêt à San Luis, où j'ai fait une partie du chemin avec Sofia Muquis, la plus jeune soeur de mon ancienne élève Rosa. La semaine dernière, la Senora Isabel (la mère) m'avait chaleureusement reçue, en me présentant Natalia (soeur de Rosa) ainsi que la fille de Rosa, qui est aujourd'hui mariée, vit au village de Lloa et étudie à Quito en semaine.
A San Luis, j'avais espoir de rencontrer quelques-uns des fils Aguirre, dont les parents m'avaient dit qu'ils devaient les visiter ce dimanche, mais je n'ai rencontré que Javier, un de mes anciens élèves, puisque Patricio aurait eu un empêchement et n'est pas venu à la maison familiale ce week-end, et que Jorge et Cesar (les deux plus jeunes) étaient partis avec des amis faire de la moto.


Je me suis donc rendu au village, après avoir obtenu une vague description de l'endroit où vivait Rosa (pas de nom de rue, pas d'adresse, mais à environ deux rues de l'église, une maison blanche à deux étages). En entrant au village, j'ai tout de suite noté qu'il y avait plus d'activités que de coutume; le dimanche, tout le monde est en congé. Les gens relaxent donc au mercado, à la feria, dans le parque devant l'église, vont à la messe... ou encore se payent un dîner au cuy (cochon d'inde rôti à la broche - photo).

 
Les dimanche au pueblo me rappellent un peu ceux de mon enfance, quand nous allions à la messe, et qu'après, mon père nous amenait en voiture s'acheter une crème molle à la Petite Vache. Ici, certains vont dans un resto (ou sur la terrasse d'un petit resto sur la place centrale de Lloa), avant que les nuages ne descendent sur le village.


N'ayant trouvé personne chez Rosa (si j'ai bien identifié la bonne maison blanche à deux étages à deux rues de l'église), j'ai fait un tour vers la feria, sans succès (en supposant que je reconnaisse Rosa, qui doit avoir autour de 23 ans et a eu au moins un enfant depuis ses 13 ans quand je l'ai connue)... mais sans succès. J'ai pris un lunch dans le parc en face de l'église en attendant de voir les gens sortir, au cas où Rosa et sa famille y seraient. Entre temps (la messe a duré plus d'une heure vingt-cinq), j'en ai profité pour jeter un oeil au petit cimetière de Lloa.


Enfin, n'ayant pas vu Rosa (elle et sa famille sont peut-être allé passé ce splendide dimanche à Quito!), j'ai repris le bus vers Quito et suis rentré chez moi, non sans avoir noté les slogans peints sur certaines maisons pour les élections municipales appuyant deux candidates féminines ("Les femmes au pouvoir", peut-on lire ici) qui sont membre du parti du président Correa.
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samedi 1 février 2014

La partie de futbol

Un autre petit moment de rien, croqué sur le vif.
Je passais sur la calle Princesa Toa, où j'avais l'habitude en 2004 de venir assister de temps en temps aux parties de soccer (futbol) amateur.


J'ai sorti mon appareil, capté l'instant dans le petit stade local, puis je me suis installé dans les estrades, l'esprit à la fois à la partie qui se déroulait sur le terrain, et à la fois perdu dans mes souvenirs.
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jeudi 30 janvier 2014

Une petite aventure équatorienne

Je me souviens d'une époque où je relatais pas mal toutes mes (més)aventures en Amérique latine, mais comme ce n'est pas mon premier séjour, je tente de ne pas me répéter sur ce blogue. Je vais faire exception pour vous raconter l'aventure de ce soir. Et je le dis avec affection, on ne s'ennuie jamais en Amérique latine!
Cet après-midi, après avoir été amicalement forcé de manger un churasco équatoriano (une longue histoire en elle-même) malgré le fait que j'avais déjà diné, je me suis consacré à mon travail jusqu'à l'heure du souper. N'ayant pas vraiment faim après mon double-diner (un churasco, pour information, est un généreux plat de riz recouvert d'un oeuf miroir, accompagné d'un avocat, d'une salade de betterave et d'une tranche de steak de boeuf avec des frites), j'ai passé mon tour pour le souper, mais me suis installé à table pour un thé à la cannelle et quelques galettes en compagnie d'Eva et Deborah.
Carmen et Virginia (de la fondation qui m'accueille ici) ont passé leur journée à dire qu'il faisait froid, alors ce soir, après souper, Carmen a démarré un feu de foyer, Trouvant la chose amusante (il fait plutôt chaud ici, je dois vous avouer), j'ai sorti mon appareil photo pour immortaliser l'événement:


Tout avait donc l'air poétique et notre discussion à table allait bon train quand le téléphone a sonné (ce qui se produit des dizaines et dizaines de fois par jour ici, alors on n'a pas songé à une urgence sur le coup)... en même temps que la sonnette de la porte d'entrée a retenti (une autre affaire qui sonne toute la journée à la maison de la fondation).
Trois secondes plus tard, Carmen sortait du bureau en panique, le téléphone encore à la main, et Deborah qui répondait à la porte nous regardait l'air affolé. Eva et moi avons rapidement compris des cris de Carmen qu'il y avait le feu... mais où?
Carmen s'est élancé dehors pour monter sur le toit de la maison par les escaliers. (Normal ici d'avoir ce genre d'accès, le toit est utile pour ranger des choses et pour tendre les cordes à linge). En les suivant dehors, j'ai cru comprendre que le feu était pris sur le toit de la maison. Panique de Carmen qui me dit alors qu'il faut immédiatement éteindre le feu de foyer, en ramassant quelques chaudrons pour les remplir d'eau. Carmen étant un peu énervée, elle gaspillait l'eau plus qu'elle ne l'utilisait efficacement dans le foyer, alors j'ai pris cette opération en charge en lui disant de superviser le toit.
Quelques minutes plus tard, je rejoignais les filles et Carmen sur le toit pour voir de quoi il retournait. Elles se relayaient pour jeter de l'eau sur la planche de tôle qui est posée sur la cheminée. Puis, en reculant un peu avec Deborah, nous avons vu qu'en fait, il y avait des tisons encore rouge le long de la maison voisine (tout ceci étant étrange vu que les murs sont entièrement en blocs de ciment). Carmen ramenait de l'eau et la jetait un peu n'importe comment et je voyais bien que rien n'atteindrait le dessous de deux planches le long du mur par-dessus la cheminée.
Car c'était ce qui était en feu; deux planches de bois posées par-dessus la cheminée et retenues par une brique et un demi-bloc de ciment. J'ai grimpé sur une table (le toit étant utile pour y ranger des choses) avec un balai et j'ai soulevé les planches pour qu'Eva, grimpée elle aussi sur un tas de trucs qui traînait près de la cheminée, puisse lancer de l'eau plus efficacement vers les planches, mais en vain, à ce rythme, on en aurait pour des heures.
J'ai donc décidé de me servir du balais pour faire tomber la brique et le bloc de ciment, puis de déplacer les planches pour les ramener directement sur le toit de la maison (en béton), où nous les avons éteinte sans problème en quelques secondes.
Après nous être assurés que tout était éteint proprement, nous sommes rentrés, en rigolant, puis, alors que Carmen réintégrait le bureau, nous avons repris tous les trois nos place à table.
Mon thé à la cannelle était encore chaud.
En quittant la table, j'ai eu l'idée de prendre cette photo, en guise de souvenir de notre petite aventure:


Puis, nous avons nettoyé un brin, Carmen nous demandant de ne rien dire à Virginia.
J'espère qu'elle ne se souvient plus de l'adresse de ce blogue :-)
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Note: Sans vouloir parler contre Carmen, qui est très gentille et très accueillante avec les volontaires à la fondation, il faut préciser que ce n'est pas la première fois que je la vois mettre le feu dans la maison. En 2004, elle mettait régulièrement le feu à la cuisine (au moins deux fois par mois), en oubliant par exemple des plats à l'huile sur le feu (le poêle est au gaz). Eva m'a raconté que dans la maison de la fondation, elle a été témoin de la même chose dans la cuisine... et que Carmen lui avait alors fait jurer de ne pas en parler à Virginia.
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Nous ne saurons probablement jamais qui avait eu l'idée brillante de mettre deux planches de bois sur la cheminée (TISA quelqu'un?), mais j'ai cru entendre Carmen dire qu'elles avaient été placées là pour sécher. Je ne sais trop quel était l'utilité prévue de ces planches, et je doute qu'elles ne servent à ce qui était prévu, mais malheureusement, si elles étaient plutôt sèches à notre arrivée sur le toit, là, elles sont mouillées.
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Il s'est écoulé dix ans entre... (3): un doublé!

Voici un doublé:
Premièrement, comme pour les clichés précédents montrés dans cette petite série, il s'est écoulé dix ans entre la photo du haut (2004) et celle du bas (2014).


Dans les deux cas, il s'agit d'une photo de ma classe (de 2004, aujourd'hui salle d'exercices et bureau du directeur), captées presque du même angle, à partir de ce qui était mon bureau. Je note qu'à part la couleur et le nombre de pupitres qui ont changé, on a conservé l'armoire qui est au fond, et les sacs de riz ne sont plus emmagasinés dans cette pièce.
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L'autre versant de ce doublé est similaire: Il s'est écoulé dix entre la photo du haut (2004) et celle du bas (2014):


Le cliché du haut avait été pris lors de mon retour sur place, trois semaines après la fin de mon projet et quelques jours avant mon retour au pays en 2004. Le bureau avec le vieil ordinateur n'était pas originalement dans ma classe lors de mes cours. Sur la photo du bas, je remarque que le tableau blanc qui a été ajouté avait été une donation de ma famille et mes amis lors de mon passage à l'école en 2005; un don utile, puisqu'il sert encore aujourd'hui.
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mercredi 29 janvier 2014

Quelques monuments pour une journée de congé

Hier, ayant des problèmes avec l'internet local, et voyant le temps splendide qu'il faisait, j'ai pris une journée de congé et me suis rendu au parc archéologique au nord de Quito (un lieu qui n'avait pas été excavé lors de mon dernier passage en Équateur)... Malheureusement, le parc était fermé et ne rouvrait qu'aujourd'hui, alors j'ai quitté les lieux à pied su l'avenida Mariana de Jesus en direction de la Capila del hombre, un site que je n'avais pas visité lors de séjours précédents.


Évidemment, le temps de me rendre au parc et de redescendre la longue avenue, le ciel s'était rempli de nuages dont certains avaient un air menaçant. Mais il ne faut pas trop laisser ce genre de choses vous empêcher de faire des plans à Quito, alors j'ai poursuivi mon chemin. En route, j'ai aperçu ce monument, qui est dédié à la population de l'Équateur, avec une mention que la sculpture exprime les souffrances du peuple dues à l'instabilité politique et à la corruption qui régnaient au pays il y a encore une décennie.


Avant d'atteindre Bellavista, le quartier où est située la Capila del hombre, j'ai eu la surprise de croiser un vieil ami; Jose de San Martin, à cheval comme il se doit. San Martin était "l'autre" bras droit de Bolivar (avec le Mariscal Sucre) lors des guerres d'indépendance en Amérique du Sud (il est plus connu et célébré dans le sud que dans le nord des Andes). D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si cette sculpture le représentant à cheval se trouve à cet endroit spécifique de la ville de Quito: il s'agit de la Plaza Argentina, un lieu parfait pour honorer San Martin.


Mais ma vraie surprise, elle est venue de l'entrée du site de la Capila del hombre, où trône cette magnifique stèle maya! Il s'agit bien d'une pièce originale, en plus, mais bien entendu, elle n'a pas été découverte à Quito (vous imaginez l'affaire si on trouvait des artefacts maya en terre inca!), mais a été offerte à Quito et au site par le Honduras (c'est une des stèles de Copan).


La Capila del hombre est une chapelle. J'ai pu voir, dans mes voyages, des centaines de chapelles, églises, mosquées, basiliques, temples et cathédrales, mais de ce nombre, celle-ci est unique au monde; elle est consacrée à l'Homme (au sens d'humain), et non à un Saint ou un prophète en particulier. Il s'agit d'une construction sobre (quasi cubique), dont l'intérieur est chaleureux et le design est signé Guayasamin, probablement l'artiste le plus célèbre de l'histoire de l'Équateur.
Il y a quelques années, on a découvert un site pré-inca juste à côté, et le musée de la chapelle l'a incorporé à la visite, d'où l'installation de la stèle maya à cet endroit...


... et sa soeur Toltèque, originale elle aussi, et offerte par le Mexique à Quito et au musée Guayasamin.


Un splendide objet, avec des reliefs sur tout le pourtour. On notera qu'à ce moment de ma journée, le ciel bleu était de retour. Normal: ici, on dit que Quito est une fille, qui change d'humeur plusieurs fois par jour :-)


Le musée Guayasamin est en fait la maison où l'artiste a passé les dernières années de sa vie et où il a légué à une fondation portant son nom, la maison, et tout son contenu. Et quel contenu; Guayasamin était un collectionneur d'artefact pré-colombien et d'art colonial, en plus d'avoir ramassé au fil de sa vie et sa carrière de peintre, un nombre intéressant de peintures, dont quelques-unes de grands maîtres (j'ai repéré au moins un Milo, deux Picasso, un Chagal...). La visite est donc fascinante (mais il est interdit de prendre des photos à l'intérieur), et elle est doublée d'un accès complet aux jardins, eux aussi remplis d'oeuvres d'art et d'artefacts, comme ces deux vieilles voitures, dont la plus récente - couleur crème, à gauche - a été immatriculée en 1936.


En empruntant l'Ecuvia pour rentrer chez mois (métro-bus de surface), j'ai abouti à Qmanda, un nouveau parc urbain qui vient d'ouvrir au public après quelques années de travaux. Un chantier gigantesque qui a complètement transformé le secteur de Cumanda d'un terminal d'autobus interurbain - dont l'intensité du chaos n'avait d'égal que la densité de pollution qu'on y respirait - en un centre d'activités physique public et un parc urbain absolument renversant. Vous noterez qu'on y a installé un des nouveaux signes distinctifs de Quito qu'on trouve maintenant un peu partout en ville. (J'ai repéré mon premier sur l'Avenida 24 de Mayo il y a deux semaines, et j'ai été témoin de l'installation d'un autre juste devant El Arco Ejido la semaine dernière).


Et question d'être parfaitement honnête avec vous, chers lecteurs, voici la photo originale de l'entrée de Qmanda: je prenais alors le sigle Quito à l'envers (d'où la photo précédente, un renversement informatique, pour faire beau et lisible), mais si je voulais le prendre à l'endroit, l'angle ne me permettait pas de capter le quartier résidentiel derrière ni de profiter de la luminosité du soleil qui était justement de retour.
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Note: J'avais dit ne pas avoir l'intention de publier ce genre de billets pendant ce court séjour, mais une fois n'est pas coutume, et puis j'avais pris congé :-)
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dimanche 26 janvier 2014

Il s'est écoulé dix ans entre ... (2)

Il s'est écoulé dix ans entre la photo du haut (2004) et celle du bas (2014).


La photo de mon amie Suze, dans la cour de l'école du rang San Luis de Lloa, a été prise environ trois semaines après la fin de mon projet en Équateur, au moment où Suze et moi voyagions ensemble avant de rentrer au pays. Elle date donc du début de l'été 2004.
La photo de mon ami Arsenio, à peu près au même endroit et avec le même angle, a été prise la semaine dernière, soit en janvier 2014.
Les deux photos montrent quelques changements dans la cour d'école; le pavage, la couleur du bâtiment, l'installation du panier de basketball... alors que le volcan Guagua Pichincha, derrière, a très peu changé, lui, au cours de ces dix ans.
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samedi 25 janvier 2014

La fillette aux pigeons

Barrio La Loma / San Marcos, non loin du centre historique de Quito. Samedi après-midi.


J'ai été attiré par les couleurs des maisons dans la pente et me dirigeais au bout de la rue pour juger du meilleur angle, quand j'ai vu une fillette nourrissant des pigeons dans cette rue tranquille de ce quartier populaire. J'ai capté le moment, puis m'en suis retourné sans les déranger, elle et ses pigeons.
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Quito colonial

Comme j'ai longuement blogué de Quito en 2007 (et un peu aussi en 2005), je ne publierai pas de billets sur le Quito colonial, son histoire, ses plazas ou son architecture pendant le présent séjour.
Je vais par contre vous offrir un montage de quelques photos que j'ai prises aujourd'hui dans le Vieux-Quito.
Je publie l'image en plus haute résolution que de coutume, pour vous permettre de zoomer et d'en apprécier les détails* (désolé pour le temps de téléchargement ou d'affichage).
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* Plutôt que de cliquer sur l'image (qui s'affiche alors sans possibilités de zoom), utilisez le clic-droit et ouvrez dans un nouvel onglet (ou une nouvelle fenêtre), ce qui vous permettra de zoomer pour découvrir les détails.
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vendredi 24 janvier 2014

Une première marche dans le rang San Luis de Lloa

Ce matin, j'avais rendez-vous à l'école de San Luis de Lloa, pour y rencontrer les deux professeurs et établir certains besoins de l'école que je pourrais aider à combler. Les parents étaient invités, et j'en ai profité pour apporter quelques fournitures scolaires aux enfants; cahiers, pochette, effaces, crayons et règles, ce genre de choses.

Dans la cour d'école, les élèves de San Luis de Lloa,
en rang, et presque prêts.
Si l'école a un peu changé (nouvelle peinture, nouvel édifice de deux classes, mieux équipée, quelques vieux ordinateurs, le rang San Luis - une petite communauté rurale à une demi-heure du village de Lloa - n'a pas beaucoup changé, lui. J'aurais pu faire cette balade en 2004 et voir pratiquement la même chose, les mêmes petites maisons en pierres ou en blocs de ciment.

Maison du rang San Luis, Lloa.
J'ai croisé Don Julio Aguirre et son épouse dont je n'ai jamais su le nom. J'ai été étonné par le fait qu'ils ne semblent pas avoir vieilli depuis 2004! Malgré qu'ils aient été les parents de cinq de mes élèves à l'époque, monsieur Aguirre ne doit pas être plus âgé que moi. Et même si ce matin, je n'ai pu rencontrer aucun de mes cinq anciens élèves - chacun étant parti travailler - j'ai au moins eu le plaisir de savoir que deux vivent en ville à Ambato et que deux travaillent à Quito mais vivent toujours à Lloa. Je dis "plaisir", car la crainte dans les zones rurales éloignées, c'est que les enfants cessent l'école tôt et travaillent sur la terre. Ça prend de la relève - et certains sont taillés pour ça - mais souvent, c'est la pression des parents qui empêchent les jeunes de poursuivre des études, passé la petite école, à Lloa. Je n'en sais donc pas plus sur mes élèves de cette famille pour le moment, mais au moins, je sais qu'ils ont vu et expérimenté la ville (aucun des cinq n'avait vu Quito en 2004, le plus âgé avait alors 13 ans).

La cuisine de l'école est une des pièces qui a très peu changé.
Il m'a été difficile de savoir ce qu'il était advenu des autres, puis que les gens qui travaillent la terre à San Luis ne sont pas à la maison pendant l'avant-midi, et je suis loin de me souvenir de quelle famille habitait quelle maison, puisque je n'allais pas souvent dans le rang lui-même. Ainsi, je n'ai pu faire que quelques rencontres au hasard pour le moment.
L'une d'entre elles mérite d'être relatée.
Je venais de prendre une photo panoramique de la vallée, avec l'école et le volcan Guagua Pichincha, quand une camionnette s'est approchée et arrêtée non loin de ma position. J'ai pris deux autres photos, et un des jeunes hommes de la camionnette m'a interpellé en me disant de les prendre eux, en photo. Exemple rarissime d'équatorien, puisque les gens ici sont plutôt conservateurs et timides quand vient le temps de se faire prendre en photo. Les deux jeunes couples sortent donc de la camionnette et me font signe d'approcher. Je m'exécute et me présente, et demande le nom de celui qui m'a invité, avant de prendre ma photo.
- Secundo ("Junior").
Je m'approche, puis, sur une impulsion, d'une pichenette, relève son chapeau de cowboy et dévoile un peu son visage.
- Edwardo?
- Soy yo! ("C'est moi")
- Soy Hugo, tu profe de inglès, de hace diez anos!
- Ah, si, si, el senor Hugo, hahaha.
Edwardo était un de mes élèves en 2004, que je n'avais d'abord pas reconnu sous son chapeau de cowboy et avec dix ans de plus.
Bien qu'il se présente maintenant sous le nom de Junior, j'ai d'abord connu Edwardo sous le nom de Diego. Les équatoriens ont deux prénoms et utilisent parfois l'un, parfois l'autre et parfois les deux, Edwardo, appelé ainsi par la directrice et autre professeure de l'école à mon arrivée à Lloa, s'était présenté à moi sous le nom de Diego. Il m'avait fallu au moins deux semaines avant de réaliser que quand Nely parlait d'Edwardo, c'était de lui qu'elle parlait, et il avait alors bien rigolé de la confusion.
Je cite ici mes notes de 2004 à son sujet:
"Diego (6e).
Travaille beaucoup sur la ferme familiale, je le croise souvent à cheval, conduisant un troupeau vers un champ. Il n'est pas idiot, mais peu intéressé par l'école en général. Il participe aux jeux et exercices sans trop d'indiscipline, mais il écoute peu et est comme ça dans tous ses cours."
Edwardo travaille maintenant sur la terre à San Luis, et est marié. Son épouse - d'origine Quechua - n'a pas aimé le résultat de la photo de groupe que nous avons pris ensemble, elle trouvait que le cliché ne l'avantageait pas. Edwardo, lui, l'a trouvée très bonne, cette photo.

De g. à d. L'épouse d'Edwardo (Junior), Edwardo,
moi, et une amie du couple.
Il m'a ensuite invité à continuer de prendre des photos du "plus beau paysage du monde" pour le ramener chez moi et le montrer aux miens. Le voici donc:

La vallée de Lloa, vue de San Luis, avec l'école du rang en
bas à gauche, et le volcan Guagua Pichincha dominant
le paysage.

De retour à l'école, j'ai abordé quelques parents et élèves actuels, ainsi que les professeurs, afin de déterminer quel plan je pourrais suivre pour pouvoir rencontrer d'autres de mes anciens élèves. J'ai déniché une jeune élève (Rocio) qui me servira de guide et d'espion, dès mon retour à San Luis la semaine prochaine, car elle connaît beaucoup les familles qui y habitent, en plus de savoir bien des choses sur les plus vieux. Elle m'a d'ailleurs appris que Rosa, une de mes élèves de 6e en 2004, était aujourd'hui mariée, avec un ou deux enfants, et vivait à La Mena, un quartier de Quito au pied du mont Unguy.
Il y aura donc peut-être une suite à ces rencontres, dans les prochaines semaines.
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jeudi 23 janvier 2014

Il s'est écoulé dix ans entre...

Il s'est écoulé dix ans entre la photo du haut, captée en 2004, et celle du bas, captée en 2014.


Le point de vue diffère à peine de quelques degrés.
Les deux photos ont été prises du balcon du troisième plancher de la maison de la famille Mueses à La Magdalena, où j'ai habité pendant quelques mois en 2004 et que je suis retourné visité il y a quelques jours.
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Laissez-moi vous présenter Jean-Claude

L'affaire est assez amusante, et ne s'invente pas (en tout cas moi, je n'y aurais pas pensé).
Quand on voyage en Équateur, on ne s'attend tout simplement pas à rencontrer un dénommé Jean-Claude, surtout pas dans un quartier populaire comme La Magdalena où on ne voit jamais un touriste.
Y rencontrer un Jean-Claude aurait donc pu se produire s'il y avait eu ici un touriste complètement perdu, ou encore un volontaire du Québec ou de la France habitant dans le secteur.
Mais non, le Jean-Claude en question est bien né en Équateur, et a été ainsi nommé par une famille bien équatorienne, les Mueses où j'ai justement habité en 2004.
Comme je suis de retour à la Fondation, j'ai donc pu rencontrer Jean-Claude, qui est rapidement devenu un ami, et dont vous trouverez deux photos ci-bas.
L'affaire, c'est que quand est venu le temps de lui trouver un nom, il semble que le père de famille ait trouvé qu'il avait la même tête que l'acteur belge de films d'action Jean-Claude Van Damme.
Il l'a donc appelé Jean-Claude Van Damme, tout simplement.
Avouez que ça ne s'invente pas!


Même si la plupart des membres de la famille l'appelle simplement Van Damme, contrairement à l'image véhiculée par son homonyme au cinéma, notre Jean-Claude n'est pas du tout violent et est plutôt doux comme un agneau. Je dirais même que c'est un gros toutou très gentil, et il semble m'avoir adopté assez rapidement dès que j'ai fait sa connaissance la semaine dernière lors de ma première visite.


Aujourd'hui, il est donc venu me tenir compagnie dans le petit bureau dans la verrière, et après un moment, s'est installé pour relaxer le long de la porte.
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