lundi 13 août 2012

L'automne Asimov: Québec en toutes lettres

Le festival Québec en toutes lettres se déroule du 11 au 21 octobre prochain et sa thématique de 2012 est nul autre que l'écrivain de science-fiction Isaac Asimov.
Asimov, avec quelques autres auteurs de l'âge d'or de la SF américaine, a été un des auteurs que j'ai le plus lu dans mes premières années d'exploration de la littérature et de la SF. Je peux dire sans gène que si j'ai alors tant lu (et donc si je lis encore aujourd'hui), c'est en grande partie à cause d'Asimov. C'est aussi à cause de lui et de ses très nombreuses préfaces, notes d'auteur et autres intertextes si j'ai décidé un jour d'écrire moi-même de la fiction.
Évidemment, comme Asimov est décédé il y a 20 ans (1992, l'année de la publication de mes premières nouvelles littéraires), on ne parle guère plus de lui désormais. C'est toujours un classique de la SF, réédité et disponible en librairie, mais rarement fait-on des activités spéciales autour de son oeuvre.
Je ne m'attarderai pas à décrire ici l'oeuvre ou l'auteur - on parle d'une oeuvre d'environ 500 livres - des informations, articles et livres existent par milliers, dont une bonne partie se retrouve sur le net. Voir ce site-ici par exemple, qui regroupe des liens vers plusieurs pages et sites consacrés à Asimov et son oeuvre. Pour un aperçu de l'ampleur de la bibliographie de l'auteur, on peut se rendre ici.
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Si je mentionne le festival, c'est que grâce à son initiative de souligner l'oeuvre d'Isaac Asimov, il y a cet automne toute une panoplie d'activités autour de celle-ci, pour mon plus grand plaisir de lecteur d'Asimov. Ceci m'a d'ailleurs donné l'occasion de revenir à Asimov le temps de lire quelques romans et nouvelles, quelques notes de l'auteur, et de retrouver cet ami d'adolescence que je n'avais pas lu depuis plusieurs années.
Parmi les activités qui se greffent au festival, on peut déjà lire le numéro spécial de la revue française Bifrost, consacré à Asimov à l'occasion du 20e anniversaire de son décès. Je vous suggère déjà la lecture de l'éditorial d'Olivier Girard, disponible ici.
Si vous n'êtes pas convaincu de l'intérêt littéraire de cette thématique de festival, je vous conseille le mot de Nicolas Dickner, dans le Voir, en décembre dernier, lors de l'annonce de la thématique en question.
Et si vous ne connaissez pas assez l'oeuvre d'Asimov, jetez un oeil au feuillet promotionnel du festival et ce qu'il dit sur l'auteur (cliquez pour agrandir).



Si vous préférez lire directement Asimov, à part les bibliothèques publiques et les librairies, qui ont encore plusieurs de ses meilleurs titres, on peut trouver quelques éléments de sa fiction sur le net, dont:
Le texte intégral de Nightfall, une de ses meilleures nouvelles de SF (originalement publié dans Astounding Science Fiction en septembre 1941). Cette nouvelle, dans sa seule version originale anglaise, a été réédité au moins une centaine de fois. On peut aussi écouter une adaptation radio des 3 premiers romans de son cycle Fondation, disponible pour écoute, ici.
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Je reviendrai bientôt sur le sujet de l'automne Asimov, auquel je participerai activement, à ma manière.
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dimanche 12 août 2012

Pour rigoler pendant la campagne électorale (3)

Troisième billet humoristique sur le déroulement de la campagne électorale au Québec.
D'abord, les comptes Twitter humoristiques se multiplient et les traits d'humour côtoient les publications sérieuses.


LeZournal y va de ses commentaires pseudo-propagandiste en faveur du PLQ...


Je vous avais parlé de l'apparition d'André Platte sur le réseau; le voici en action avec la vieille joke du changement d'ampoule.
Sinon, sur Facebook, il y a un groupe appelé LeMalaka qui s'amuse à réaliser des parodies d'affiches ou de couvertures de livres à partir de l'actualité politique.


C'est ainsi que le slogan de la CAQ devient une référence à un cétacé incorporé dans leur logo...


Ou que l'affiche de The Ides of March est reprise avec Gabriel Nadeau-Dubois et Jean Charest. Notez la référence à Xavier Dolan. [Suivez le lien pour l'original].


Le passage de Pierre Duchesne au PQ a aussi fait l'objet de sa parodie cinéma (on reconnaît ici la référence au film avec Al Pacino et Russel Crowe).
Les affiches électorales font l'objet de toutes sortes de pastiches, mais j'ai bien ri en voyant ces deux-là;



Une idée fort simple (les vrais personnes avec une circonscription imaginaire) mais efficace.
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Et je termine avec les toujours tordantes Unes de La Paresse.


(Les nouveaux logos de LCN et TVA sont une belle trouvaille).


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à suivre...

vendredi 10 août 2012

La fin d'une profession, la fin d'une ère

Comme la plupart des amateurs de film, vous ne savez peut-être pas que les prochaines semaines verront la fin des projection de films sur pellicule. 
Le cinéma a beaucoup évolué depuis son invention; de la révolution du parlant, de l'apparition de la couleur, la quadrichromie, le technicolor, le panoramique, le son stéréo, puis Dolby Surround, le DTS, les projections IMAX 3D... mais tout ce temps (soit plus de cent ans), la technique de base pour vous présenter un film, elle, n'avait pas changé; une pellicule (un positif) représentant 24 images/secondes, projetées sur un écran à partir d'une lampe et traversant une lentille.
Ce n'est maintenant plus le cas dans la plupart des cinémas, qui doivent avoir fait le passage au projecteurs numériques d'ici la fin d'août, date à laquelle les distributeurs de films cesseront de fournir les films sur pellicule.
Avec le passage complet à cette nouvelle technologie, c'est certes la fin d'une ère pour le cinéma, mais c'est aussi la fin d'une profession; la fin des projectionnistes de films.
Or cet aspect me touche particulièrement, puisque outre le fait que j'ai été impliqué activement dans le milieu du cinéma entre 1998 et 2003, j'ai surtout pratiqué cette profession de projectionniste, une des activités professionnelles que j'ai le plus aimé dans ma vie. C'est donc avec un pincement au coeur que je constate la disparition de cette profession cet été.


Les nouveaux projecteurs lisent le film sur un disque dur (expédié et programmé par le distributeur), mais l'ensemble doit toujours être projeté sur écran par une lampe, d'où le système de ventilation toujours imposant. Un terminal (écran-clavier) permet de contrôler la projection.
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En parallèle à l'évolution technologique que représente cette nouvelle manière de projeter un film au cinéma, il est important de noter que les distributeurs de films (qui économisent une fortune en impression et conservation de pellicule et en transport et transferts) avaient tout avantage à pousser les cinémas à s'adapter au plus vite. Ils ont été aidé par les grandes chaînes de cinéma américaines, dont certaines profitent de ce passage pour éliminer les encombrants syndicats de projectionnistes et ainsi diminuer leurs coûts d'opération et faire disparaître des salariés spécialisés*.


Ce passage obligé a forcé les cinémas à entreposer leurs vieux équipements devenus désuets; des tonnes de métaux et de matériel désormais inutiles. Pour avoir monté et utilisé ce genre d'équipement pendant des années - et en avoir pris grand soin - cette image est plutôt triste pour moi, d'autant plus que l'installation originale de ces équipements là (spécifiquement) représentaient en 1998 l'aboutissement d'un vieux rêve personnel.


J'ai probablement utilisé cette table de montage des centaines de fois entre 1998 et 2001.


C'est peut-être mon âge qui s'exprime ici - car je ne suis habituellement pas réfractaire au changement - mais je n'arrive pas à éprouver d'excitation devant ces écrans diffusant des primeurs informatisées, alors que chaque réception des bobines de 20 minutes de films sur pellicules à monter sur plateaux m'enthousiasmait à toutes les semaines. J'ai aussi pu voir la qualité de l'image - saisissante dans certains cas comme Ice Age 4 - mais qui semble également un peu froide, trop clean. Suis-je un trop vieux cinéphile, déjà?
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Pour les nostalgiques comme moi, une photo en reprise; celle d'une vieux projecteur à pellicule, en pleine action (photo que j'avais publié dans le cadre d'un billet sur une visite à l'intérieur d'un cinéma il y a trois ans).
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* Au Québec et au Canada, il ne restait pratiquement plus de ces syndicats, puisque d'une part, les restructurations des chaînes avaient déjà vu disparaître la plupart d'entre eux, et que d'autre part, un consensus informel permettait de  payer à un salaire préférentiel l'expertise des projectionnistes expérimentés.

mardi 7 août 2012

Pour rigoler pendant la campagne électorale (2)

Je me permets une petite suite à mes observations humoristiques de campagne électorale.
Tout d'abord, cet extrait d'un numéro de juillet du magazine l'Actualité, dans lequel on retrace l'époque où Jean Charest se vantait de son passé de militant et gréviste étudiant:


On notera que M. Charest n'hésitait pas à parler de grève et à reconnaître ce droit aux étudiants quand il était étudiant :-)
Toujours sur M. Charest, un candidat de la CAQ l'a qualifié de pire premier ministre de l'histoire du Québec sur Twitter:


Ah, la CAQ qui admire Duplessis, quelle idée rafraîchissante!
La CAQ, à part ses nombreux chefs autoproclamés de la semaine qui ont fait le bonheur des caricaturistes, a  aussi vu la comparaison des logos suivants se balader sur les réseaux sociaux:

Assez embêtant, comme comparaison. Et ce n'est pas un canular, comme on peut le constater en visitant ce site officiel. J'imagine qu'il y a une firme de marketing qui a eu un appel cette semaine...
Après les logos, c'est au tour des slogans d'y passer. Le slogan du PLQ a fait l'objet de plusieurs parodies, dont celle-ci, assez crue mais qui correspond pas mal à l'opinion publique selon les sondages sur la corruption publiées cette semaine:


Enfin, je ne peux résister à vous offrir à nouveau quelques Unes de La Paresse, toujours aussi inventives:


Notez que le texte attribué à Gendron est véridique; il est tiré de sa page Facebook personnelle. Même plus besoin d'inventer pour le faire paraître ridicule!


Les jeunes libéraux font sourire, plus que l'horrible photo de M. Courchesne, et il y a toujours le savoureux titre d'André Platte.
D'ailleurs, le personnage d'André Platte vient de faire son apparition sur Twitter.
A suivre...
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Je n'avais pas du tout prévu faire une série de billet de recension d'humour pendant la campagne, mais j'y prend goût, alors j'imagine que j'y reviendrai d'ici quelques jours avec de nouvelles trouvailles.
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dimanche 5 août 2012

10 films dans votre salon, avant les élections

Je profite de l'orage qui tombe actuellement sur Montréal pour préparer ce billet - planifié depuis un moment déjà - sur 10 films récemment disponibles en DVD. J'ai été pris par d'autres sujets et j'ai un peu négligé mes billets cinéma/DVD dans les derniers mois, alors voici donc un rattrapage en 10 films.
Ces suggestions permettront à ceux qui veulent échapper à l'actualité le temps d'une soirée de se divertir en ce mois d'août politisé. Je ne prétends pas faire une critique détaillée ici, mais plutôt de faire un survol des raisons qui me font dire que ces films méritent votre attention.
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Action
Pour ma part, quand vient le temps de mettre le cerveau au ralenti, il n'y a rien comme un bon film d'action. Évidemment, comme je suis généralement plus exigeant que le spectateur-moyen, il est rare que je trouve de quoi me mettre sous la dent dans cette section du club vidéo. Mais ça arrive, et en voici deux exemples.
Sherlock Holmes: A game of Shadows
J'avais beaucoup aimé cette relecture de Sherlock Holmes par Guy Ritchie lors du premier film mettant en vedette l'excellent Robert Downey jr et Jude Law. Cette nouvelle aventure utilise donc la même recette; une intrigue cohérente saupoudrée d'humour et d'éléments volontairement anachroniques, des scènes d'action originales, des mouvements de caméra inventifs et un excellent travail de réalisation et d'interprétation. L'ensemble procure un certain sentiment de déjà vu, et le procédé de démonstration des raisonnements de Holmes perd un peu de son originalité après plusieurs utilisations. Malgré ces réserves mineures, ça reste un film pleinement satisfaisant pour l'amateur du genre, un très bon moment de divertissement que cet affrontement Holmes-Moriarty, que les amateurs des livres de Conan Doyle apprécieront fort probablement. Le fait que j'aime beaucoup les films de Guy Ritchie ne nuit pas à la bonne note que je donne à ce film, même si le réalisateur se répète avec le temps, la fluidité de ses images fait toujours plaisir à voir.
Mission Impossible: Ghost Protocol
Pour apprécier ce film, il faut d'abord accepter que cette franchise-cinéma s'est éloigné complètement de la franchise-télé dont elle s'inspire à l'origine. Il faut aussi accepter de suspendre son incrédulité quand à la vraisemblance de points importants de l'intrigue; par exemple, qu'une équipe improvisée arrive à infiltrer le Kremlin avec moins de 4h de préparation, ou encore que les protagonistes traversent la planète en quelques heures ou presque (alors qu'il est parfois ardu de se rendre au Lac St-Jean de Montréal en moins de huit heures en transport collectif!). Une fois cet exercice effectué, Ghost Protocol est un film d'action qui se laisse regarder avec plaisir et qui est réalisé avec compétence et un assez bon sens du rythme. On n'y cherchera rien de révolutionnaire, mais si c'est votre tasse de thé, cet épisode se compare sans rougir aux précédents de la série. La désinvolture humoristique qui accompagne désormais tous les films d'action américains y est présente, mais sans trop prendre de place, et est essentiellement assurée par Simon Pegg, qui réussi à bien faire passer ces moments plus légers sans qu'ils ne paraissent ridicules.
Drame
L'avantage des drames est que leur scénario, règle générale, est mieux peaufiné que les films d'action, puisqu'ils n'ont pas à prendre en compte le rythme infernal souhaité par les amateurs d'action lors de l'écriture et du montage. Le désavantage des drames et que parfois, quand on veut relaxer et oublier les drames réels de l'actualité, un drame au cinéma peut d'avérer difficile, voir déprimant. Ceci n'enlève rien à la valeur artistique de ces films, comme le prouvent les quatre exemples suivants.
My Week with Marilyn
Voici un film superbe à plusieurs points de vue. D'abord, son histoire, celle d'un troisième assistant réalisateur engagé pour le tournage d'un film de Lawrence Olivier et qui se voit soudainement en charge de Marilyn Monroe, dont les agissements sont erratiques et problématiques pour l'ensemble de la production et dont les relations avec Olivier sont tendues. Ensuite, la mise en abîme que l'histoire permet sur le tournage de The Prince and the Showgirl, le regard sur Lawrence Olivier et celui sur Marilyn, évidemment. Aussi, sa direction photo, qui en font le plus beau, visuellement, des dix films dont il est question ici. Si ceci n'était pas suffisant, le film offre deux des meilleures performance d'acteurs que j'ai vu récemment. Kenneth Brannagh, que l'on ne voit jamais asse à l'écran, incarne un Lawrence Olivier aux sentiments ambigus, prisonnier de ses désirs et de son film, qui n'arrive pas à saisir Marilyn et provoque sans cesse des conflits avec son actrice vedette.
Michelle Williams est absolument parfaite dans son incarnation de Marilyn. Sans tomber dans l'imitation ou la caricature, l'actrice arrive à faire vivre une Marilyn belle, fragile et touchante malgré ses angoisses et ses défauts, le spectateur est vissé à l'écran à chacune de ses scènes. Ce n'est pas un hasard si Brannagh et Williams ont tous deux été en nomination aux derniers Oscars. Un film à voir absolument pour tout amateur de cinéma. Pour ma part, ayant beaucoup lu sur Marilyn à une certaine époque, j'ai trouvé fascinant de replonger dans cet univers avec un film aussi beau qu'émouvant.
The Whistleblower
Racontant l'histoire réelle de Katryn Bolkovac, une coopérante internationale s'étant attaqué à un scandale sexuel immédiatement après de la guerre de Bosnie, The Whistleblower est définitivement le film le plus dur et le plus dérangeant que j'ai vu depuis longtemps. Dur parce que ce qu'il montre et dénonce est arrivé pour vrai - et arrive encore sans aucun doute. Dur parce qu'il s'agit d'un domaine (la coopération) qui me touche particulièrement. Dur parce qu'il offre peu d'espoir malgré la dénonciation publique. Dur parce que ce qu'il dénonce touche aux sentiments les plus profondément mauvais de l'être humain. La prémisse du film est assez simple: Katryn arrive en Bosnie avec les meilleures intentions du monde pour faire son travail de formation de la police locale. Elle tombe sur des cas d'abus sexuels impliquant le trafic de prostituées venues d'Europe de l'Est; ces cas impliquent plusieurs autres coopérants, membres de l'armée ou de la police américaine et internationale, et toute l'affaire est connue et camouflée par les plus hautes instances, jusqu'à l'ONU. Déprimant, psychologiquement violent et révoltant comme histoire, mais nécessaire comme témoignage et comme film, dont nous connaissons l'histoire grâce à Kathryn. D'un point de vue cinématographique, le film est d'une redoutable efficacité, et m'a vissé sur mon siège tout le long du visionnement, sans me donner une seconde de répit. Et Rachel Weisz y est particulièrement brillante dans le rôle principal.
Trust
Un autre film difficile, mais peut-être un peu moins dur et déprimant que le précédent, portant sur un sujet tout aussi sérieux. Trust raconte l'histoire d'une jeune fille de 14 ans séduite par un prédateur sexuel, ses réactions, celles de ses parents et l'impact de cette relation qui s'est créée entre elle et son assaillant sur la psyché de la jeune fille. Lourd programme, mais qui est mené avec intelligence par le cinéaste David Schwimmer, que l'on associe généralement aux comédies et aux sitcoms télé. Il signe ici un film tout en subtilité, mené avec tact, et qui met en scène d'excellentes performances d'acteurs, Clive Owen en tête, mais aussi Catherine Keener et la jeune Liana Liberato. L'intérêt de Trust repose sur la réaction de la jeune fille, littéralement séduite, qui prend la défense de son agresseur et reste persuadé qu'il l'aime. Un coming of age dramatique et intense, mais qui n'est pas dépourvu d'espoir malgré tout. Ce film est donc, malgré le sujet dramatique, une belle découverte.
La piel que habito
Ce film inclassable est certainement un des films les plus étranges que j'ai vu cette année, autant au niveau de ses idées, de son histoire, de ses personnages que sa réalisation. On parle évidemment d'un film de Pedro Almodovar, qui se spécialise toujours dans les personnages tordus et originaux, mais j'avoue qu'avec La piel que habito, il se surpasse. Je ne tenterai même pas un résumé, mais disons que nous suivons les expériences d'un chirurgien esthétique (joué avec intensité par Antonio Banderas) sur de la peau synthétique résistante, qu'il teste sur une patiente gardée prisonnière dans sa maison, dont le sous-sol lui sert également de laboratoire et de clinique. Comme c'est souvent le cas chez Almodovar, le scénario est déconstruit, on se balade dans le temps, les personnages ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être, et quand on comprend un pan de l'intrigue, c'est qu'un autre élément viendra nous surprendre quelques minutes plus tard. Il ressort de l'ensemble un film assez froid malgré les nombreuses scènes chaudes, racontant une histoire profondément dérangeante questionnant nos relations sur l'identité, l'attirance et la personnalité, selon l'allure que nous avons, la peau que nous habitons. Fascinant est un euphémisme en ce qui concerne ce très bon, mais très étrange film.
Comédie dramatique
L'offre de bonnes comédies légères abondent généralement l'été, au cinéma, donc l'automne en DVD. Reste que l'on peut toujours se rabattre sur deux excellentes comédies dramatiques, qui traitent avec humour des sujets autrement sérieux.
50/50
J'avoue que j'ai longuement hésité avant de louer ce film. Les histoires de cancer me dépriment généralement et il est rare de pouvoir revisiter cette thématique sans tomber dans le cliché, le mélo ou refaire carrément ce qui a été fait. Les excellentes critiques du film et un peu de pression de mon amie Suze m'a convaincu de lui donner une chance. Je n'ai pas regretté ce choix. Voilà un film lumineux sur un sujet dramatique. Le titre fait référence aux chances que le personnage principal a de s'en sortir après avoir reçu un diagnostic de cancer de son médecin. Comme nous parlons d'un jeune homme en santé, qui a de bonnes habitudes de vie, et qui adopte une attitude sereine face à ce qu'il vit, le film explore quelques avenues que je n'avais que rarement, sinon jamais, vues dans d'autres films sur le sujet. Mais c'est surtout dans le ton, définitivement comique mais d'une grande intelligence, que ce film se démarque totalement des productions habituelles sur les victimes du cancer. Une sorte de feel good movie sur un sujet aussi dramatique, c'est une rareté qu'il faut saluer pour son audace et son équilibre.
Carnage
La prémisse de ce film est beaucoup plus légère que celle de ceux qui précèdent: deux écoliers se chamaillent, l'un d'eux frappe l'autre avec un bâton. Les parents du fautif rendent visite aux parents de la victime pour s'entendre sur la manière civilisée de régler le conflit. Carnage raconte cette visite et la discussion qui suit entre les quatre adultes, qui vivront toute une gamme d'émotions imprévues au programme de la soirée. Carnage est donc un huis-clos, avec un des maîtres du genre au commande: Roman Polanski, qui laisse ici toute la place à ses talentueux interprètes, Christoph Waltz, Kate Winslet, Jody Foster et John C. Reilly, tous absolument merveilleux dans une histoire surprenante et tordante où les petites alliances entre les personnages passent par divers stades, de même que leurs sentiments les uns envers les autres. Ce scénario fin offre surtout des dialogues coupés au couteau, ce qui fait de Carnage un des films les plus drôles que j'ai vu cette année.
Politique fiction
On y échappe pas vraiment, avec les récentes élections en France, le printemps Érable et les élections au Québec, la longue campagne américaine, la politique prend beaucoup de place. Si vous n'êtes pas encore tanné d'en entendre parler, je suggère deux regards en arrière; l'un récent et français, l'autre historique et américain.
La Conquête
La Conquête raconte l'ascension de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP de ses débuts sous Jacques Chirac à sa candidature à la présidence, jusqu'à son élection en 2007. Même pour ceux qui ne s'intéressent pas à la politique française en particulier, ce film mérite d'être vu si vous avez un peu de curiosité politique. Loin d'être une biopic glorifiante, le film nous montre surtout les tractations et les guerres internes dans le milieu politique français. Cette plongée intimiste au coeur du pouvoir en place est déjà une expérience fascinante, mais c'est surtout, pour un spectateur étranger à la politique française, un rafraîchissant rappel qu'il existe des endroits au monde où les ministres ne sont pas nécessairement d'accord avec le chef de leur parti, qu'ils ne se gênent pas pour exprimer leur opinion, qu'ils prennent des décisions sans que celles-ci ne fassent obligatoirement l'affaire de la tête du parti, bref, qu'ils sont de vrais ministres. Enfin, bien qu'il raconte l'ascension professionnelle de Sarkozy en parallèle avec les problèmes de sa vie personnelle, le film ne tente pas de rendre le personnage plus sympathique par ce détour, mais donne l'impression d'une honnêteté qui lui confère encore plus d'intérêt.
J. Edgar
J'avoue que je n'aurais pas été très excité à l'idée de voir un film sur la vie de J. Edgar Hoover, célèbre patron du FBI américain. Mais voir un film réalisé par Clint Eastwood avec Leonardo Dicaprio avait de quoi attirer mon attention. Eastwood demeure un réalisateur américain parmi les plus intéressants et Leo est définitivement un des meilleurs acteurs actuels au cinéma, en plus d'effectuer des choix de scénarios impeccables. J. Edgar ne vient pas contredire ce que je pense de l'un et de l'autre, au contraire. À partir d'un personnage que je connaissais somme toute assez peu (à part le mythe, la légende, le cliché), ils réussissent à brosser un portrait humain et ma foi assez touchant, d'un personnage troublé et coincé sans pour autant nous le rendre plus sympathique qu'il ne l'était. Le film met plutôt en parallèle le mythe construit autour des actions de Hoover avec la réalité, et met en lumière la déchirante (il n'y a pas d'autre mot) histoire d'amour ayant marqué sa vie et sa personnalité. La caméra de Eastwood est toujours aussi fluide, et l'ensemble, sans être génial, offre un film d'une grande qualité artistique, ce qui n'est pas si courant en politique-fiction. Naomi Watts et Judi Dench, toujours très bonnes, complètent une excellente distribution.
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Le piège Libéral - Le dilemme étudiant

Un piège bien planifié.
Selon le nouvel horaire de session imposé par la Loi 78*, c'est la semaine prochaine que débute la reprise de la session d'hiver, reprise qui sera graduelle pendant le mois d'août, s'étalant dans les cégeps et universités du 13 au 27 août.
Comme le conflit étudiant n'a pas été réglé avant l'été, les associations des établissements en grève auront donc à se prononcer sur la poursuite de la grève ou le retour en classe. Six assemblées le feront dès cette semaine.
En temps normal, on aurait facilement imaginé la poursuite de la grève, puisque le conflit n'est pas réglé. On imagine mal comment les étudiants auraient pu faire cinq mois de grève pour simplement retourner en classe après coup, sans aucun gain.
Mais nous ne sommes pas en temps normal. Alors que le mouvement étudiant avait établi un rapport de force contre le gouvernement en place, nous sommes maintenant en campagne électorale, donc nous n'avons plus de gouvernement, officiellement, en place. Il n'y aura donc pas de négociations possibles avant le 5 septembre, pour régler le conflit.
Même s'il qualifiait l'idée de grotesque il n'y a pas si longtemps, Jean Charest a décidé d'aller en élection en pleine crise étudiante, ayant lui-même retiré son gouvernement de la dernière ronde de négociation. Il entend donc régler la crise par des élections. S'il est réélu, il interprétera le résultat comme un message clair de la population lui donnant son appui contre le mouvement étudiant, qui aura alors perdu son rapport de force.
Le mouvement - ainsi que tous les étudiants qui sont contre la hausse - a donc avantage à ce que le PLQ ne soit pas réélu. Dans ce cas, après les élections, le mouvement étudiant se retrouvera devant un nouvel interlocuteur et devra aviser à ce moment-là.
Sauf que les dispositions de la Loi 78 ne leur permettent pas d'attendre après les élections pour réagir; ils doivent commencer à se prononcer dès cette semaine.
Le piège
Ce timing - élections estivales, rentrée scolaire inhabituelle, étudiants entre région natale et région d'étude, semaines pré-commission Charbonneau - n'est évidemment pas un hasard, puisque dans notre système, c'est le gouvernement sortant qui décide quand déclencher des élections, et celui-ci ne se gène pas pour utiliser à son avantage cette disposition archaïque de nos lois.
En bon stratège, devant le mouvement étudiant, Jean Charest a vu la possibilité d'éviter une campagne axée sur sa décennie au pouvoir et tous les scandales connus et à venir avec la commission Charbonneau. Il a donc promulgué la Loi 78, cessé les négociations avec les étudiants et déclenché les élections pour que le moment fort de l'application de la Loi tombe en pleine campagne, tendant ainsi un piège aux étudiants.
Ceux-ci se retrouvent donc avec un dilemme majeur: soit ils reprennent les cours, soit ils poursuivent la grève.
Pour ou contre?
On aurait tendance à croire que la poursuite de la grève serait inutile; puisque les étudiants n'auront personne avec qui négocier avant le 5 septembre, mais la question est plus complexe qu'une simple négociation de sortie de crise.
Dans le cas où ils reprennent les cours, ils auront un avantage individuel - rattraper le retard de l'hiver 2012 - mais fourniront au PLQ l'argument selon lequel la Loi 78 a fonctionné, et que la crise qui a été en partie réglée. Bref, le retour de l'ordre social. Ils perdront également le rapport de force établi au printemps et auront peut-être de la difficulté à mobiliser de nouveau autant de gens à l'automne si le PLQ était réélu ou si un autre parti au pouvoir était lui aussi opposé à leurs revendications (La CAQ s'est placée dans cette position).
S'ils décident de voter pour la poursuite de la grève, alors la Loi 78 pèsera de tout son poids sur la rentrée, qui risque évidemment d'être le théâtre d'affrontements entre les grévistes et les étudiants qui désirent poursuivre leurs cours malgré le vote. Ces affrontements sont évidemment ce que souhaite Jean Charest, puisque c'est l'aspect qui lui a permis de gagner des points au printemps. Pour lui, ces appuis populaires contre les étudiants seraient bienvenus dans une campagne qui s'annonce très serrée. Par contre, ce retour à l'affrontement social serait également la démonstration flagrante de l'échec du PLQ à régler la crise; un rappel qui pourrait nuire à Jean Charest, puisqu'avec l'été, la pause scolaire et le calme relatif des manifestations, plusieurs citoyens ont peut-être l'impression que tout est en train de se régler et que l'élection mettra fin aux troubles sociaux.
Solution alternative: reculer pour mieux sauter?
Si je puis me permettre une suggestion à mes amis étudiants, il existe aussi une troisième solution: Celle de voter pour une reprise de la grève... le 5 septembre, avec convocation pour voter sur cette grève une fois le résultat électoral connu (un report du vote, avec reprise des cours pour les quelques semaines d'ici là).
J'appelle ça reculer pour mieux sauter, un adage hérité d'un bon ami à moi il y a une douzaine d'années. Je tente de l'appliquer sagement quand l'impatience me gagne et comme l'impatience est une des caractéristiques de la jeunesse étudiante, je me permets de leur transmettre cet humble conseil.
Cette solution - qui n'est pas la fin de la grève elle-même, ni même une trêve électorale - a deux avantages. Le premier; elle permet, individuellement et collectivement, de mettre la session d'hiver 2012 derrière vous, permettant une remise à zéro des compteurs de session pour redémarrer une grève automnale au besoin, et ce, sans retarder d'un an vos fins de sessions actuelles ou celles de vos confrères pro-hausse. Le second; elle évite tout affrontement et évite donc de donner des munitions au discours de loi et d'ordre et au jeu de la peur souhaité par Jean Charest, si on voit à quel point il utilise la polarisation du conflit en début de campagne. Comme effet secondaire, ceci forcera la campagne à aborder d'autres thèmes, ce qui sera bénéfique à la société et la démocratie québécoise dans son ensemble.
Cette solution comporte évidemment ses faiblesses, la plus importante étant de fournir au PLQ (et la CAQ) l'opportunité de prétendre (faussement) que la Loi 78 a fonctionné. Elle peut aussi donner la fausse impression que l'on s'y soumet. On pourrait également souligner que le résultat des partielles dans Argentueil - une circonscription historiquement libérale remportée par surprise par le PQ en pleine crise étudiante - montre que l'on sur-évalue l'avantage que retire le PLQ du conflit en terme électoral. Reste qu'il s'agit d'une seule circonscription et qu'il est impossible de tirer des conclusions pour l'ensemble du Québec.
Par contre, cette solution n'empêche pas de garder les étudiants mobilisés pendant toute la campagne, ni ne les empêche d'organiser quelques manifestations majeures (on oublie souvent que parmi les manifestants, on croise plusieurs étudiants qui n'étaient pas en grève à l'hiver mais qui étaient néanmoins contre la hausse). On peut très bien manifester pacifiquement et être mobilisé politiquement tout en évitant les affrontements qui profitent au PLQ.
Idéalisme ou pragmatisme?
Éviter la réélection des Libéraux propose implicitement d'élire un autre parti. Or dans l'état actuel des choses - en ce début de campagne - il semble que seul le Parti Québécois ait cette opportunité de battre le PLQ**. Les étudiants plus pragmatiques devraient-ils donc avantager le PQ à des fins stratégiques sans égard à leurs convictions? Heureusement pour eux, il se trouve que le PQ offre une solution qui est meilleure que la dernière solution proposée au gouvernement, ce qui semble donc à première vue acceptable. (Et la CAQ, qui constitue le 3e parti dans les intentions de vote, a proposé essentiellement la même solution que le PLQ sur les droits de scolarité).
Or le PQ base sa stratégie de campagne sur le thème de l'intégrité et non sur le débat étudiant; le PQ espère donc une rentrée dans le calme et non une campagne marquée par l'affrontement entres étudiants.
En ce sens, l'appel à la trêve de l'ex-leader de la FECQ - maintenant candidat pour le PQ - fera peut-être réfléchir plusieurs collégiens plus modérés et risque d'influencer leur vote de grève - particulièrement dans les cégeps où le résultat était déjà serré. La position de la CLASSE est plus tranchée; on n'a pas l'intention d'affaiblir la mobilisation en suggérant une pause dans la grève. Cette association, fidèle à ses principes, continue de les défendre malgré que le contexte immédiat ait changé. Il faut aussi dire que la CLASSE a élargi le débat vers d'autres considérations sociales et contre les grands principes néolibéraux défendus par le PLQ et la CAQ. Sa position est donc cohérente.
Les récentes sorties des présidentes de la FECQ et de la FEUQ semblent indiquer que dans leur cas, ces associations se distancient légèrement des manifestations plus musclées comme la 100e nocturne qui s'est terminé en affrontement avec la police.
Reste que la CLASSE, comme la FEUQ et la FECQ devra de toute manière respecter le vote étudiant, alors ultimement, ce sont ces derniers qui prendront cette décision particulièrement difficile.
Il n'est pas facile de choisir entre idéalisme et pragmatisme. Ma suggestion, pragmatique à court terme, permet toutefois de viser la réalisations des idéaux à moyen et long terme.
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Sources de réflexion complémentaires:
Un texte du doctorant Renaud Picard, dans La Presse, argumentant pour la poursuite de la grève.
Plan d'action de la CLASSE pour la rentrée.
Relation du point de presse accordé par la FECQ et la FEUQ la semaine dernière.
Campagne 2012: Survol du champs de bataille, par Denis Lessard.
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* La Loi 12, en fait, mais c'était le projet de Loi 78 alors j'utilise son nom populaire pour que l'on comprenne de quoi je parle.
** Dernières projections en nombre de sièges: 1 août 2012: Site d'analyse Si la tendance se maintient.

samedi 4 août 2012

L'Esprit Vagabond en Bixi

J'avais publié, il y a quatre ans, deux billets sur le cyclotourisme à Montréal, au sens où il est parfois intéressant d'explorer une ville autrement qu'à pied (ou en voiture). Ce n'est donc pas une surprise pour mes lecteurs si je me suis intéressé au Bixi. Depuis son installation à Montréal, le service de vélo en libre service Bixi est bien connu des gens d'ici. L'an dernier, comme je voyageais une bonne partie de la saison-cible du vélo, je n'avais pas acheté d'abonnement. Cet année, j'ai profité de ma longue présence en saison chaude pour m'abonner à Bixi et juger du service à l'usage.
En un mot, pour les lecteurs qui ignorent le concept; vous payez le droit d'usage (abonnement annuel, mensuel, de trois jours, ou de 24h, au choix). Ceci vous donne le droit de prendre un vélo à n'importe quelle station, de l'utiliser et de le rapporter à n'importe quelle station du réseau. Votre abonnement vous donne droit à 30 (ou 45*) minutes d'usage gratuit par prise de vélo. Vous pouvez décider de payer pour plus de temps, ou vous remisez le vélo, attendez quelques minutes et en prenez un autre, toujours gratuit pour un autre 30-45 minutes.
L'avantage le plus important du Bixi est que vous n'avez pas à vous occuper du vélo, de son emplacement, de son entretien, ni de sa sécurité. Aussi, vous pouvez très bien aller du point A au point B en Bixi, puis remiser le vélo, marcher jusqu'au point C, reprendre un autre vélo et vous rendre au point D; aucun besoin de revenir sur vos pas après la marche pour récupérer votre vélo. Enfin, les voies cyclables de Montréal vous feront parfois découvrir des secteurs moins accessibles à pieds et souvent non accessibles aux véhicules.
Le Bixi n'est pas sans défaut. Le concept ne garanti effectivement pas qu'il y aura un vélo à la station la plus proche au moment où vous le voulez. Il y a par contre de très nombreuses stations, toutes situées à quelques minutes de marche les unes des autres, en cas de station vide et les bornes vous donnent l'information à jour sur ces stations à proximité. Les équipements font parfois également défaut (borne défectueuse, vélo brisé, encrage dysfonctionnel, etc). Mais le plus grand défaut de Bixi est l'état des vélos. Il n'est pas rare de tomber sur vélo en partie endommagé. Les vélos en question sont pourtant bien conçus, robustes, mais ne sont pas indestructibles. Des nids de poule qui endommagent des voitures viennent rapidement à bout du vélo le plus robuste. Certains éléments sont aussi la cible de vandales (comme des poignées de frein tordues, j'en ai vu des dizaines, trop pour parler d'accidents, par exemple). L'état général des vélos est certainement le point le plus inquiétant pour la survie du service à long terme. On ne parle pas seulement de remplacer certaines pièces, mais il faudra définitivement investir à chaque année pour assurer un renouvellement de la flotte de vélos.
Malgré ces ratés et défauts, pour ma part, je suis entièrement satisfait du rapport service/prix de mon abonnement à Bixi et je suis très heureux d'avoir fait le test et d'utiliser le service sur une base quasi-quotidienne.
Les voies cyclables, moins accessibles que les rues,  sont donc parfois bordées de graffitis urbains, dont quelques-uns sont amusants ou intéressants mais dont la plupart relèvent du banal (et très laid) tag paresseux.
Sinon, les vélos sont désormais porteurs de publicités des partenaire de la société qui exploite le service. Cet élément a été décrié par les usagers - mais nous vivons une époque où la grande entreprise contrôle tout, y compris le message que vous affichez quand vous décidez de prendre ce transport écolo.
Par protestation, des activistes ont collé des citations et poèmes sur les publicités en question; il en reste quelques-unes en circulation, mais la plupart ont été décollées, considérées comme du vandalisme...
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Certains critiquent déjà le service au niveau financier, disant qu'il ne sera pas rentable. Pour ma part, je ne vois pas en quoi sa rentabilité devrait être un argument pour maintenir ou pas le service. On ne se pose jamais la question de la rentabilité des routes, des ponts, du métro, des autobus, pour offrir ce service public, alors je ne comprendrais pas que l'on mette fin à un service public aussi écolo que sportif et qui coûte relativement peu cher à comparer aux autres options de transport urbain, d'autant plus que Bixi est très populaire et n'est pas sans retombées sociales (meilleure forme, moins de pollution, etc).
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Un bon exemple de point de vue différent; l'édifice de l'ancienne St.Lawrence Warehousing Company dont j'avais parlé lors de mon retour dans le quartier, que l'on voit ici du viaduc de chemin de fer, et qui fait face à une quincaillerie qui abritait auparavant un commerce du nom de Villa Nova dont on voit encore l'ancien nom à l'arrière.


Le long de la voie ferrée, dans Rosemont, l'éco-quartier a lancé un programme d'adoption de vignes, qui borderont la clôture séparant la piste cyclable et le chemin de fer, ayant pour effet d'enjoliver la vue dans le quartier.
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On peut évidemment utiliser le Bixi comme loisir, pour l'exercice, mais pour ma part, malgré ces usages, c'est l'aspect transport urbain qui l'emporte. Panne de métro, je monte sur un Bixi. Courses à faire dans deux trois commerces un peu éloignés, je monte sur un Bixi entre chaque boutique. Épicerie un peu lourde à transporter à bras à 5-6 rues de chez moi? Bixi fera le transport pour moi. Le cinéma est à 25 minutes à pied et le film démarre dans 10? Je vais bixier jusque là sans problème.
L'été, en plus, ça évite d'avoir à descendre dans les déprimants et étouffants souterrains du métro ou, pire, à attendre l'autobus sur la coin de la rue sous un soleil de plomb. Je préfère rouler et profiter de la douce brise créée par le mouvement de mon vélo.
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* L'abonnement mensuel et annuel permet d'utiliser chaque vélo plus longtemps gratuitement, facilite l'accès à l'aide d'une clef-magnétique en plus de donner un compte sur le site web, qui compile vis statistiques de déplacements et vous donnent quelques autres outils pour planifier vos trajets.

vendredi 3 août 2012

Pour rigoler pendant la campagne électorale

Même si une campagne électorale, c'est sérieux, même si la crise sociale actuelle au Québec, c'est sérieux, même si d'encourager les gens à voter, c'est sérieux, il faut tout de même trouver un équilibre dans le vie, et parfois, rigoler de la question politique en pleine campagne, ça permet de relaxer sans se sentir dépassé ou écoeuré par les questions soulevées (ou non) par la campagne.
Étrangement, les médias traditionnels n'offrent à peu près rien pour se dilater la rate pendant une campagne estivale*. Les émissions de télé sont en vacances et les journaux écrits ne traitent que rarement de la chose politique sous le signe de l'humour, sauf pour les caricaturistes, toujours amusants à suivre.
Ainsi, ce sont les médias sociaux qui risquent fort de vous faire rire si la chose vous tente. En tout début de campagne, voici donc mes suggestions actuelles:

- Le délirant sketch d'Emmanuel Bilodeau en Tonito Tomato, Ministre du trafic d'influence, qu'il a exécuté dans un gala d'humour, mais que j'avais vu auparavant lors du spectacle de la Coalition des Humoristes Indignés.
- Suivre Infoman, qui malgré son congé de télé, est présent sur Facebook et Twitter et sur son blogue:


- Suivre les comptes Twitter de La Paresse (parodie de journal de droite pro-PLQ) et du Parti Corruption du Québec (le titre parle de lui-même et se proclame un prête-nom du PLQ):



* On remarquera sur cette dernière saisie d'écran que l'auteur et rédacteur Stéphane Laporte continue à saupoudrer de commentaires humoristiques l'actualité quotidienne. Ses clins d'oeil humoristiques dans La Presse (la vraie) porteront certainement sur la campagne.

- La Paresse a aussi publié quelques photos de Une très très très drôles, jusque dans les détails (QC Speak White!):




André Platte, je suis encore crampé. Et avez-vous noté la police de caractère qui annonce la candidature de Lisée? Je me roulais par terre! Et 94% d'intention de votes pour le chat comme PM!
:-)
Enfin;
- L'humoriste et auteur Daniel Thibault, très actif sur Twitter ira certainement de quelques gags en direct, comme en témoignent ses activités pendant le printemps et depuis l'ouverture des Jeux Olympiques:


Évidemment, d'autres intervenants ne se gênent pas pour rire un peu de nos politiciens ou partis et je ne doute pas que plusieurs autres se pointeront le nez en cours de campagne.
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