vendredi 8 décembre 2023

Bye, Campeche... Allo Valladolid!

Cloitre
Une dernière promenade dans le beau centre historique de Campeche... puis, une de ces longues journées de transport (quand même juste 5h15 de bus, mais avec une "escale" d'une heure entre deux transports.

Nous sommes donc rendus à Valladolid, une grande ville au centre historique bien conservé (ou restauré), dont j'avais gardé peu de souvenirs d'un très court passage en janvier 2007, alors que j'en avais fait une base pour dormir et me ravitailler entre la visite de Chitchen Itza et Ek Balam, deux sites mayas des environs. Il y avait eu une averse assez intense la journée de mon arrivée, donc je n'avais que peu ou pas visité la ville, à part son parc central.

Portico de la bibliothèque.
L'arrivée en fin de journée aujourd'hui ne nous pas permis d'explorer beaucoup, mais j'ai été impressionné par le développement touristique de Valladolid. (mon souvenir, peu de touristes, même si c'était la base idéale pour visiter Chitchen Itza, la plupart des touristes de cette "merveille du monde moderne" le visitait avec des tours organisés, de Cancun ou Playa del Carmen).

Depuis notre arrivée au Mexique, je n'ai rencontré nulle part autant de gringos qu'à Valladolid. La ville s'est clairement embourgeoisée depuis 2007, mais il y a également eu de l'investissement dans son industrie touristique.

Le résultat, on le verra demain, journée qui sera consacrée à l'exploration (pour la première fois, réellement) de Valladolid.

Entre temps, mes dernières photos de Campeche, captées hier en fin de journée, et une première photo de Valladolid, captée en fin de journée aujourd'hui.



La photographe, photographiée.


Il y a plusieurs de ces Jaguars décorés par divers artistes dans Campeche. (Un mouvement qui commence à dater, mais qu'on a vu sous diverses formes un peu partout dans le monde, déjà).


Calle 59.


Parque central de Valladolid, dominé par le clocher de l'église (qui n'est pas une cathédrale, celle-ci étant à Mérida). Valladolid est la seconde plus grande ville au Yucatan.
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mercredi 6 décembre 2023

Les fortifications de Campeche et les pirates des caraïbes (2e partie)

Quand j'ai publié mon (premier) billet sur mes visites des fortifications de Campeche, je pensais avoir pas mal fait le tout de la forteresse... 

J'avais lu qu'il y avait un fort un peu en retrait de la ville, en hauteur sur une colline, mais sans plus. Par un bel après-midi ensoleillée (soleil tapant avec plus de 32 degrés à l'ombre, hum), on a décidé d'aller voir du côté du fort. Quelques kilomètres de marche plus tard, on arrivait au Fuerte San Miguel et on y découvrait avec plaisir un merveilleux petit musée d'archéologie Maya.

Le fort lui-même se visitait aussi, alors j'en ai profité pour en explorer les bastions, douves et le pont levis.

Puis, le lendemain, de retour dans le centre historique, je me suis rendu compte qu'un des bastions que je n'avais vu que d'en bas pouvait se visiter et qu'on pouvait aussi monter tout en haut.

Enfin, hier en fin de journée, nous sommes allé visiter le musée d'architecture Maya. Le musée se trouve dans le bastion de Soledad des fortifications de la ville... et le billet inclus l'exploration de tout le bastion, les murailles environnantes et le haut de Puerta de Mar.

Tout ceci exige donc un second billet-photos sur les fortifications de Campeche.


Tourelle et une partie des douves du fort San Miguel.


Douves, porte, pont-levis, un aperçu de la façade de la citadelle.


Cour intérieure du fort. Tous les bastions sont munis de pentes, mais le fort est muni d'escalier pour monter.


Porte, passerelle et pont levis au-dessus des douves.


Tourelle du fort, Golfe du Mexique.


Canon sur le fort. Les attaques des pirates des Caraïbes ont cessées après la construction du fort et des murailles de Campeche. Les canons du fort aurait toutefois été utilisés à une occasion, pour mater une révolte de citoyens du Yucatan militant pour l'indépendance du Yucatan.


Suze sur les murs ouest de la cité.


Intérieur du bastion de Soldedad.


Détails d'une stèle au musée d'architecture maya.


En bas, intérieur du bastion de Soledad, en haut, clochers de la cathédrale. Entre les deux (en jaune), la bibliothèque publique de Campeche.


Kinich Ajaw, dieu soleil, avec ses ailes. Sculpture exposée au musée d'architecture maya.


Calle 8, clochers de la cathédrale, et cloche de la Puerta de mar en avant-plan.


Masque funéraire de jade, découvert en 1984 à Calakmul, au sud de la province, près de la frontière avec le Guatemala.


Cour intérieure du bastion Santa Rosa.


Bastion Santa Rosa à la tombée du jour.


Coucher de soleil et cloche du bastion Santa Rosa.

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dimanche 3 décembre 2023

Edzna, Einstein et mes visites de sites Maya

En 2005, j'ai mis les pieds dans mon premier site archéologique Maya, à Tikal, dans la jungle du nord du Guatemala. Tikal demeure à ce jour le site le plus exceptionnel que j'ai pu visiter parmi tous les sites pré-hispanique d'Amérique Centrale.

Mon second site archéologique Maya a été celui de Copan, au Honduras. Un autre site absolument hors du commun - et que j'ai eu le plaisir et le privilège de visiter à deux reprises - mon second séjour ayant été largement documenté sur ce journal en ligne.

Edzna a été mon troisième site Maya. Visité en janvier 2007, le site, beaucoup moins vaste que Tikal ou Copan, m'était donc apparu un peu plus petit. Après avoir visité quelques autres sites majeurs par la suite (Uxmal, Chitchen Itza et Palenque), Edzna est donc resté dans ma mémoire comme un des beaux sites mineurs du monde Maya, tout étant relatif.

Je n'avais donc que des attentes modestes lors de cette seconde visite à Edzna. Depuis 2007, j'ai aussi visité plusieurs "petits" sites mayas (Iximche, X'Cambo...), certains même très petits (Takalik Abaj) et la relativité ayant fait son effet, le retour à Edzna a été un choc tellement j'ai trouvé que le site était vaste!

À ma défense, il est fort probable que le site que j'ai pu visiter cette semaine ait été plus vaste que celui visité en 2007; même en 2023, il y a encore des excavations et restaurations ayant lieu à Edzna, et la visite de cette semaine nous a permis de voir au moins une pyramide à demi-excavée, de même que plusieurs monticules non excavés où se trouve clairement d'autres structures. 

Malgré les explications rationnelles, je dois donc reclasser Edzna; à part les 5 sites majeurs visités, Edzna est le plus vaste et le plus intéressant où j'ai pu mettre les pieds.

Évidemment, tout étant relatif, le contexte de visite joue aussi dans l'appréciation d'un site, et comme Edzna est peu connu et à environ 45 minutes de collectivo dans la campagne au sud de Campeche (déjà pas la ville la plus touristique du Mexique), le site est peu fréquenté. Pendant les quatre heures passées sur le site, nous avons croisé peut-être une quinzaine de visiteurs au total. Nous avions la plupart du temps des grands pans du site à nous tout seuls.

Pour l'amateur de photos que je suis, c'est toujours un gros plus d'avoir le loisir de se balader sur un site sans obstacles ou sans masse de visiteurs.

Voici donc enfin un billet photo à la hauteur du site archéologique de Edzna.


Quelques minutes passés le pavillon d'entrée, on découvre les premières structures émergeant de la forêt.


Un escalier monumental sépare une plaine de la grande acropole. Du bas de l'escalier (à droite sur la photo), on ne voit pas l'acropole, et c'est donc une surprise de découvrir l'ensemble de cette place principale quand on arrive en haut (à droite).


Vue partielle des édifices de la grande acropole de Edzna.


La pyramide principale comporte 5 paliers et relève d'une architecture très distinctes de celles de Chichen Itza ou Uxmal. Les marches au bas de la pyramide sont encore ornées de hiéroglyphes visibles.


Un des habitants de Edzna, auquel le photographe n'a pu résister tellement il était bien camouflé dans son environnement.


Pyramide à cinq paliers.


Suze joue à la photographe photographiée sur ce cliché capté du haut d'une des structures de l'acropole. Un autre facteur dans mon appréciation du site; comme il est relativement peu visité, on laisse les gens monter dans la plupart des structures; ce qui donne des points de vue additionnel et souvent fascinant sur l'ensemble des structures. Les sites plus populaires ne peuvent se permettre ça, avec l'érosion que causeraient des milliers de visiteurs par jour.


Suze dans le jeu de balle.


Je n'ai pas trouvé de panneau pour cette structure à la forme ronde inhabituelle chez les Maya. Les seules constructions rondes que j'ai pu voir ailleurs étaient des observatoires, alors c'est ainsi que j'ai baptisé celle-là.


Habitations autour de ce patio, qui a reçu le nom d' « embassadeurs » en hommage aux travailleurs issus du Guatemala qui forment la grande majorité des gens oeuvrant à la restauration et l'excavation du site de Edzna.


L'arrière un très long bâtiment rectangulaire qui rappelle le "palais du gouverneur" de Uxmal (et qui ici est simplement appelé "Casa Grande". Ce secteur n'est pas encore complètement excavé, mais le passage vaut le détour, ne serait-ce que pour deviner des structures sous les monticules de terres.


Il s'agissait fort probablement d'un secteur résidentiel, le nom qui a été donné à cette partie de l'ancienne cité est Los Cuchillos (les couteaux).


La nature a évidemment repris ses droits, et de grands arbres demeurent encore aujourd'hui dans plusieurs structures malgré les travaux de restauration.


Il faut deviner le haut de cette pyramide, donc seule la partie d'en bas a été excavée/restaurée à ce jour. Le monticule étant plus élevé que la partie visible de la structure, on peut imaginer que le haut de la pyramide sera un jour révélé au complet.


Parmi les habitants de Edzna, on a vu quelques tyrans quiquivi.


Autre partie du secteur résidentiel, avec ses arbres sur les vestiges.


Troisième type d'habitant de Edzna aperçu lors de notre visite: des faucons, donc celui-ci, ayant élu logis dans une des chambres de la pyramide à cinq paliers.


Le "temple des masques" a été ainsi baptisé car on peut encore y voir in situ des sculptures en plâtre avec plusieurs couleurs encore visibles (le tout sous un toit protecteur). Ici, le dieu du soleil, représenté comme le soleil levant.


Même déité, représenté comme le soleil couchant. Noté le strabisme évident du Dieu, avec ses yeux pointant tous les deux vers le milieu du visage. Le strabisme était un signe de beauté chez les Maya. Au poins où des mères suspendaient un objet au centre des sourcils des enfants pour les forcer à fixer leurs yeux vers le centre simultanément afin de provoquer un peu de strabisme.


Suze méditant devant l'acropole dominée par la pyramide à cinq paliers.


Puis négociant avec élégance l'escalier monumental pour redescendre - une affaire qui, répétée plusieurs dizaines de fois au cours de la visite de tout le site et de ses nombreuses structures accessibles, fini par représenter un exercice physique non négligeable dont on se ressent le lendemain matin.


Vue panoramique de la grande acropole (avec, à gauche, quelques visiteurs, qui servent aussi à montrer l'échelle de l'endroit). Je dis souvent qu'on peut pratiquement mesurer mon enthousiasme pour un lieu au nombre de photos que j'y prend; je suis reparti de Edzna avec 178 photos prises en quatre heures sur place.

Au bas de l'escalier du Temple de la lune et très heureux d'être revenu visiter Edzna.

L'Esprit Vagabond, journal de voyage, jour 46.

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Une des 10 plus belles villes d'Amérique latine

Quand on revisite un lieu après de très nombreuses années, particulièrement un lieu qui nous avait laissé une belle impression lors de la première visite, il y a toujours le risque d'être déçu. Que la mémoire nous joue des tours, ou que l'esprit du lieu ait changé. Le risque de gâcher un beau souvenir.

Le contexte d'une visite a aussi un impact majeur sur notre appréciation d'une ville ou d'un site. Et, évidemment, une revisite se fait dans un contexte différent, et on n'est plus exactement la même personne non plus lors d'une visite des années plus tard.

Campeche m'avait laissé un agréable souvenir lors de mon très court passage ici en janvier 2007. J'avais alors visité quelques villes en Amérique latine, essentiellement en Amérique Centrale et en Équateur, et j'avais alors classé Campeche parmi les 5-10 plus belles villes en Amérique latine.

J'ai continué de visiter l'Amérique latine par la suite, lors de plusieurs séjours - dont un long périple de près de cinq mois en Amérique du sud, l'ensemble de mes voyages en terre latino ayant duré plus d'un an et demi, étalé sur une décennie (avant le présent séjour) et de très nombreuses villes.

Le retour à Campeche confirme une chose: c'est définitivement une des dix plus belles villes d'Amérique latine.

Il n'est pas difficile d'imaginer ses qualités; architecture coloniale espagnole bien conservée, centre historique entouré de fortifications également bien préservées, la ville possède des kilomètres de promenade aménagée en bord de mer, la rues pavées, les maisons colorées, une belle place centrale, une cathédrale élégante, et le rythme de vie y est relativement tranquille pour une ville latino; trafic léger, peu de bruit, ça respire le calme.

Voici quelques photos captées ici et là dans Campeche au cours des derniers jours.


La cathédrale de Campeche.


L'entrée du cloitre de San Roque. Une des difficultés à capter la beauté des édifices de Campeche se trouve dans ses rues étroites, qui imposent certains angles si on veut cadrer les édifices plus hauts.


Juste passé la Puerta de Mar, cette sculpture, baptisée l'Ange maya trône dans le Golfe du Mexique. (Quelques personnes se trouvent sur la plateforme pour montrer l'échelle, le monument étant très haut). Le fait de pouvoir accéder à la mer, en une minute à la sortie des murs de la ville est particulièrement exceptionnel, surtout que dans le cas de Campeche, on y a aménagé quelques dizaines de kilomètres de promenade, un accès public au bord de mer qui honore la ville.


Église Guadalupe, dans le barrio du même nom, à l'extérieur des fortifications.


Ce qui distingue Campeche de plusieurs autres centres historiques à l'architecture coloniale, c'est la présence de plusieurs édifices à deux étages (et des étages très hauts de plafonds). Certaines rues du centro historico ne dépareraient pas quelques villes de l'Andalousie ou du sud de l'Italie.


Suze avec la sculpture appelée La fiancée de la mer. 


Ancienne église San Jose. Je ne sais pas si l'édifice a une autre fonction aujourd'hui. Une fois encore, on peut noter quelques éléments typique du sud de l'Europe ici, avec des azulejos en façade de l'église.


Cette petite église - et le cimetière qui se retrouve entre ses murs (à gauche sur la photo) - s'appelle également San Jose, et c'est l'église de l'arrondissement du même nom, juste à la sortie des fortifications, côté terre, barrio où nous sommes logés pendant notre séjour.


Un des très nombreux balcons de Campeche. Leur présence m'ont fait réaliser à quel point ce genre d'élément architectural est absent du centro historico de Mérida, détail que je n'avais que vaguement remarqué lors de mon séjour dans la capitale du Yucatan.


Étant au bord de la mer, on peut donc aussi faire de l'observation d'oiseaux à Campeche. J'ai déjà parlé des pélicans dans un billet à part, mais on a aussi pu admirer ce petit héron l'autre jour, ainsi que des cormorans et bécasseaux.


Église du Sagrado Corazon, au coeur du centre historique.


Voyageuse déambulant sous un des porticos des immeubles encadrant la Plaza de la independencia. Une note intéressante sur ces immeubles: contrairement à la plupart des villes touristiques, où toutes les boutiques de la place centrale vendent des souvenirs, de l'artisanat voué aux touristes ou des tours de groupe, toutes les boutiques entourant la Place de l'indépendance sont des boutiques "ordinaires"; chaussures, vêtement, un dépanneur, une coiffeuse... des boutiques pour les habitants de Campeche, pas pour les touristes. Il y a quand même des touristes à Campeche, ce n'est pas une ville totalement hors des sentiers battus, mais on se sent très loin du tourisme de masse et quand on parcours le centre historique ou la promenade en bord de mer, on y croise pas mal plus de locaux que de visiteurs.


Un cormoran se tient sur une épave de bateau, les pattes à peine sorties de l'eau, alors que ses compagnons sont perchés tous ensembles sur un vieux bateau qui lui, semble encore tenir le coup.
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