jeudi 8 septembre 2022

Chez Pavarotti, au pays du vinaigre balsamique

Nous sommes allé faire un tour du côté de Modena (Modène, en français). Si vous vous demandez pourquoi ça semble familier comme endroit, regardez dans vos armoires, la bouteille de vinaigre balsamique... Modena est la capital du vinaigre balsamique. Il y a ici des boutiques spécialisées, et une bouteille de qualité de ce précieux produit, vieillie depuis 25 ans, peut aller chercher dans les 75 euros.


Mais, bon, je ne suis pas venu pour le vinaigre (que l'on peut trouver partout dans le monde, comme en fait foi votre propre garde-manger). Le premier édifice à avoir attiré mon attention - piazza Roma - est le Palazzo Ducale. Ayant abrité la cour locale (les ducs d'Este) depuis le 17e siècle, c'est aujourd'hui une académie militaire qui ne se visite que certaines fins de semaine. N'empêche, c'est une grandiose entrée en matière dans le petit centre historique de Modena.


Le Duomo, la cathédrale de Modena, est encore plus spectaculaire. Élégante construction dominant complètement la place centrale (Piazza Grande), la construction du Duomo a débutée en 1099 et s'est achevée en 1184. On prenait un siècle à construire à cette époque, mais c'était des édifices d'une beauté incontestable, et faits our durer dans le temps. Assez typique architecture romane, en 3 nefs dont une centrale plus haute que celles de parts et d'autres, le Duomo est d'autant plus intéressant qu'il n'a subi presqu'aucune modification architecturale par la suite - seulement des oeuvres d'arts et certaines décorations intérieures datent des 14 et 15e siècles.


Les photos d'intérieur d'églises médiévales ne sont pas toujours facile à réussir rapidement (je tente d'exclure les touristes en plan rapproché qui passent inévitablement devant ce que je veux capter). Ici, ça donne quand même une idée du style d'intérieur roman dont on parle - colonnes, arches, ogives, tout en briques avec colonnades intercalaires en marbre surmontées de chapiteaux sculptés. Quelques bas reliefs en bois ornant une mezzanine, vestiges de fresques sur certains pans de murs, le tout sous un plafond d'une hauteur hallucinante pour l'époque.


La Torre Ghirlandina (tour de la guirlande), qui contient le clocher du Duomo est une construction de près de 90 mètres de hauteur, et est séparée de la cathédrale; on y accède donc par l'extérieur et une paire d'arches la relie au bâtiment principal.


Vue de l'arrière du Duomo (on distingue bien la division en trois nefs) - avec en prime, une splendide Fiat vintage.


À l'intérieur de la Tour, les escaliers permettent de se rendre jusqu'au clocher, par une série de paliers longeant les murs. Le désavantage pour le vagabond souffrant de vertige est évidemment de voir jusqu'en bas tout au long de la montée! (On peut voir Suze sur cette photo, deux paliers plus bas, question de donner une idée de l'échelle).


Passé la montée vertigineuse, la vue sur la ville est magnifique. de ce côté, on peut distinguer le Palazzo Ducale, avec à sa gauche l'église San Domenico.


Vue plongeante sur la Piazza Grande, avec l'hôtel de ville à gauche de la photo, et un des pignons arrière du Duomo, centre-droite en bas sur la photo.


Ce n'est pas la première fois que je vois une installation de parapluies urbains, je crois que la première installation du genre que j'ai pu voir était à York, au Yorkshire, en octobre 2012.


Néanmoins, l'effet est encore joli, ici, avec la tour de la guirlande en arrière-plan.


Modena est aussi la patrie de Luciano Pavarotti, célèbre ténor italien. Il est né à Modena, et il y a résidé dans les dernières années de sa vie également. Ses funérailles ont d'ailleurs eu lieu dans le Duomo de Modena. Aujourd'hui, le théâtre municipal porte le nom de Teatro Comunale Luciano Pavarotti en son honneur et on y retrouve (depuis 2017, honorant le 10e anniversaire de sa mort) une statue à son effigie.


Enfin, Modena n'est pas Bologne, mais elle a aussi son lot de portiques, dont celui-ci, au plafond particulièrement décoré.

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mercredi 7 septembre 2022

Archéologie bolognaise 1: Sous la bibliothèque

Du côté de la Piazza Maggiore de Bologne, il y a la bibliothèque municipale, un splendide édifice historique ouvert à tous. Ayant un intérêt pour les bibliothèques publiques en général, j'y suis donc entré... pour y découvrir un atrium central spectaculaire.


Mais la réelle surprise de cet espace, c'est son plancher en verre, par lequel on peut apercevoir les ruines de l'époque romaine de Bologne! Je me suis trituré les méninges pour tenter de photographier quelques vestiges romains à travers le plancher (usé) mais il y avait trop de reflets et les photos ne montraient pas grand chose.


Jusqu'à temps que je vois quelqu'un déambuler dans ce sous-sol inhabituel! Ah! Quelques minutes plus tard, j'étais donc au sous-sol aussi, découvrant un site archéologique sous la bibliothèque - tout aussi gratuit que celle-ci. Une belle aubaine pour l'amateur en moi. (Sur la photo ci-dessus, je voulais montrer une partie des ruines mais avec le plafond (plancher de la bibliothèque au-dessus).


Ce n'est pas un grand site, mais quand même, on peut y voir quelques vestiges datant de Bononia (le nom romain de cette époque).


Tout ce qui est en bas des pierres rondes date de l'époque romaine, ce qui est au-dessus, du moyen-âge, d'après ce que j'ai compris sur le site. Ici, les plus importantes ruines (en gros, centre et en haut à droite) sont celles de la basilica.


Les dalles carrées que l'on voit en deux rangs forment en fait une canalisation entre les deux.


À part le puits (à gauche), on peut ici apercevoir une partie de la rue romaine. Il s'agit de la Via Aemilia, la voie romaine qui allait de Rimini sur la côte Adriatique à Piacenza à l'ouest (260 km).

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mardi 6 septembre 2022

Les fabuleux portiques de Bologne

C'est probablement l'élément architectural qui distingue Bologne de toutes les autres villes: ses portiques.

Certes, on en aperçoit dans d'autres villes du monde, mais jamais autant, jamais à cette échelle, jamais partout en ville, sur toutes les rues. Il y a des kilomètres et des kilomètres de ces portiques à Bologne.

Par portiques, on entend ces passages sur les trottoirs, surmontés par des extensions des édifices (bâtis sur le trottoir-même donc) et qui s'ouvrent sur la rue sous forme d'arches successives.

Il y a donc beaucoup à Bologne, ce qui est parfait pour se protéger du soleil (ou de la pluie) et pour parcourir la ville à pied sans craindre les voitures, qui passent de l'autre côté des colonnes supportant les portiques.


Les portiques longs donnent de belles perspectives et de belles opportunités de photos. Ici, un bel exemple avec des colonnes à chapiteaux sculptés, et avec des plafonds en ogive.


Autre exemple, très haut de plafond (on imagine la hauteur équivalente des salles de l'immeubles au rez-de-chaussée), avec plafond à caisson.


À l'extérieur, de la piazza ou de la rue, l'effet est souvent aussi fabuleux. Ici, les portiques des immeubles bordant la piazza San Stefano.


Portique bordant San Stefano, de l'intérieur. Notez que la plupart ont des planchers en céramiques (certains en marbre!), ce qui fait de Bologne une ville aux trottoirs particulièrement luxueux.


Autre exemple classique, celui-là avec des colonnes en briques.


Certains sont très larges (notez qu'un portique longe aussi l'autre côté de cette rue).


D'autres forment des carrés ou des angles droits autour de la piazza (ici, devant l'église Santa Maria).


Un modèle plus austère, colonne carrées, plafond bas - mais en bois massif, impressionnant.


Plafond décoré de fresques sur cette longue portion.


Celui-ci, où déambule nonchalamment Suze a des plafonds et des planchers aux ornements élaborés.


Celui-là n'a ni plancher en mosaïque, ni plafond orné de fleurs, mais il porte sur 35 colonnes à chapiteaux en faisant un des beaux portiques longs près d'où j'habite.


Autre segment du même portique que la photo précédente.


Ce portique (au bout de la via San Stefano) se termine par une fresque murale (la vierge et l'enfant).


Sobriété ici, mais élégance, quand même, colonnes de briques carrées, arcs colorés, bas reliefs, joli plancher. Épuré mais agréable à l'oeil.


Autre prise de vue à piazza San Stefano; le portique à gauche, la piazza à droite.


Photo prise de sous un arc de portique (d'où les côtés et le haut arrondi du cadre), avec vue de côté sur le portique du trottoir d'en face.

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Le lecteur curieux se demandera peut-être lequel des portiques de Bologne est le plus long? J'ai la réponse à cette question, j'irai bientôt m'y balader et vous revenir avec les détails.

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lundi 5 septembre 2022

Bologne - premières impressions

Le plan de voyage que nous avions imaginé il y a plus d'un an devait, originalement, comprendre un trajet avec sac à dos, à itinéraire improvisé, sur place, changeant de ville aux 2-3 jours selon notre humeur. Mais bon, la pandémie de covid n'étant pas réellement terminée comme on aurait pu l'imaginer avec l'arrivée des vaccins, nous avons revu nos plans quelques mois avant de partir. La descente de la Scandinavie vers l'Italie a donc été réalisée plus rapidement que ce qu'on aurait fait normalement, et la raison était d'aller s'installer dans une ville pendant quelques semaines, pouvoir explorer la culture locale plus à fond, et faire des visites dans les environs à partir de cette base. Bref, réduire les déplacements un brin, réduire les contacts dans les auberges de jeunesse à leur minimum.

Bologne en Italie servira donc de base pour les prochaines semaines, qui verront ainsi moins de transport au menu - ou à tout le moins, des distances moins grandes lors de nos excursions d'un ou deux jours aux alentours.

Je devrais donc publier ici et là des billets sur ces excursions, mais aussi, des billets sur divers sujets suite à mes explorations de Bologne.


Ce premier billet révèle donc mes premières impressions de cette ville où nous venons de nous installer.
C'est une assez grande ville, je ne devrais pas m'y ennuyer dans les semaines à venir, le centre historique est vaste  - on peut voir sur cette photo la Piazza Maggiore (Palazzo D'Accursio, aujourd'hui l'hôtel de ville à gauche, Palazzo Re Enzo à droite).


La fontaine monumentale dédiée à Neptune trône dans une piazza jouxtant la place centrale de la ville.


Détail de cette fontaine, je crois que ce genre de choses feraient jaser ailleurs qu'en Italie :-)


L'histoire de la ville est riche et une partie de cette histoire est encore bien visible dans le centre historique de Bologne. Ici, les Due Torre (deux tours), vestiges d'une époque où la ville comportait des dizaines de ces tours privées, érigées par des famille locales pour en quelque sorte prouver leur valeur - une sorte de symbole social médiéval bolognais. Si vous avez l'impression que la tour de gauche, la tour Garisenda, est penchée, c'est qu'elle l'est - très penchée d'ailleurs. Elle a été raccourcie après avoir été stabilisée. La plus grande tour, la tour Asinelli, fait 97 mètres de haut, a aussi été raccourcie à une époque pour la rendre moins dangereuse... et ça se monte, en 498 marches... mais sur rendez-vous, donc je vais éventuellement grimper en haut et vous revenir avec des vues sur la ville.


Le centre est compris dans deux cercles concentriques d'ancienne murailles aujourd'hui disparues, mais certaines portes (cercle intérieur ou extérieur) demeurent encore debout - comme celle-ci, la Porta San Vitale. Je reviendrai éventuellement avec un billet plus détaillé sur les fortifications et les portes encore en place dans le cercle extérieur du centre-ville.


La ville comporte beaucoup d'édifices historiques et de vieux immeubles résidentiels, ou encore des anciens palais privés, qui ont été rénovés ou restaurés ou modifiés au fil des siècles. Ce mélange d'architecture médiéval, renaissance, baroque, et carrément déglingue 20e siècle, donne une ville bigarrée et parfois étrange dans son découpage. On ne parle pas ici de grands boulevards linéaires bordés de grandioses demeures comme à Paris ou Munich, pour nommer un exemple récent. Ici, par exemple, on a l'impression que la Piazza de la Mercantia est un peu coincée entre les rues et édifices qui la bordent. Au centre, l'édifice avec les créneaux et une arche (il en comporte 2 autres cachées par l'immeuble à droite sur la photo) est le Palazzo della Mercantia et on ne distingue réellement qu'une fois planté devant.


Probablement la plus belle (et calme) piazza de Bologne, la Piazza San Stefano, qui forme un long triangle isocèle bordée de bâtiment avec portiques en arches sur deux longs côtés, et "les" églises San Stefano à sa base. Sur la photo, on voit 3 des 4 églises restantes de San Stefano, une affaire qui a déjà comporté 7 églises différentes selon les époques.


Autre exemple de porte intérieure de la ville; Porta San Donato, près de l'église du même nom.


Un des éléments clés de Bologne - même si cette manière de faire trouve bien d'autres exemples ailleurs en Europe - les bâtiments qui sont construits au-dessus des rues et qui ne forment qu'une arche pour laisser passer la rue en dessous. J'adore cette manière de "remplir l'espace". J'en avais noté des exemples un peu partout en Espagne (Séville vient en tête immédiatement), mais je ne me souviens pas en avoir vu autant dans un espace aussi compact que dans le centre historique de Bologne. L'exemple ci-dessus montre le clocher de l'hôtel de ville sous l'arche, au loin.


Le dimanche, tout le centre historique est réservé aux piétons. Le reste de la semaine, certaines rues sont piétonnes, mais celle-ci (grande avenue Via Rizzoli) est envahie de véhicules et d'autobus. J'ai profité du dimanche pour capter cette vue d'ensemble, avec une perspective qui englobe les Due Torre au bout.


Pour terminer ces premières impressions, une surprise pour bien des visiteurs: il y a des canaux à Bologne! La ville n'est pourtant pas connue pour ses canaux, et en fait, n'est même pas érigée sur un cours d'eau. Mais pour alimenter la ville en eau, à une époque, on a aménagé une série de canaux. Au fil des siècles, la plupart ont été recouverte et courent maintenant de manière souterraine, loin des regards des passants.


Deux canaux de Bologne demeurent toutefois à ciel ouvert, et l'un d'eux peut être aperçu de 3 points de vue différents. La photo précédente donnait le point de vue officiel du tourisme: une fenêtre aménagée dans un mur pour que les visiteurs puissent voir le canal Di Reno. La dernière photo, ci-dessus, montre un autre bout du même canal, moins connu des touristes de passage.

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dimanche 4 septembre 2022

Il s'est écoulé 20 ans entre... (Munich)

 J'avais joué à ce jeu lors de mon séjour en Équateur en 2014 célébrant alors le 10e anniversaire de mon premier projet de coopération internationale dans ce petit pays latino-américain. Une des joies de revenir après de nombreuses années dans un endroit visité auparavant sans y avoir remis les pieds depuis, est de recréer une scène/photo captée lors de la première visite afin de marquer le passage du temps.

Les 3 exemples qui suivent ont été réalisés à Munich. Presque 20 ans se sont écoulés entre les photos du haut et celles du bas de chacun des trois montages ci-dessous:


À la porte Siegestor de Munich, au bout du quartier universitaire, je n'ai malheureusement pas pu recréer la prise de 2003 à l'identique (d'où mon expression sur la photo du bas). L'aménagement urbain devant la porte (qui est plus un arc de triomphe qu'une porte) a été complètement changé, et le terre-plein en petites roches qui se trouvaient devant le monument a été remplacé par des voies pour automobiles. Impossible donc de se tenir au même endroit qu'en 2003, ni que le photographe puisse réaliser la photo comme en 2003. J'ai tout de même réalisé un égoportrait avec la tablette, qui se rapproche de l'original - on voit quand même la même église sous la porte, et les mêmes immeubles de part et d'autres.



Lors de la visite au Englischer Garten, je me souvenais avoir pris en photo une des petites chutes sur une des nombreuses rivières coulant dans ce parc en 2003. J'ai cru reconnaitre la chute lors de notre balade dans le parc et j'ai capté la photo du bas. N'ayant pas l'original de 2003 sous la main, j'ai pris la photo d'un angle un peu différent, trop de face par rapport à 2003, mais le lieu est parfaitement reconnaissable, de même que l'arbre à l'extrême gauche et les pierres au milieu de la petites chute. Il en a coulé de l'eau à cet endroit en 20 ans...


Ce troisième montage est le plus réussi pour deux raisons: la première, c'est que nous avons réellement pu recréer à l'identique la prise de vue réalisée en 2003 à Karlplatz avec la porte Kalrstor en plein milieu). La seconde, c'est la réalisation que cette place de Munich n'a absolument pas changé en 20 ans. Non seulement la porte monumentale et les édifices de chaque côté, mais la fontaine centrale de la place, les roches/sièges permettant aux visiteurs de s'y assoir, et même jusqu'aux commerces dont on voir les marques sur les immeubles - les mêmes noms apparaissent encore 20 ans plus tard.
Évidemment, il y a aussi le sujet, ma compagne Suze, qui est toujours aussi jolie 20 ans après la première photo prise à Karlplatz lors de notre premier voyage en indépendant ensemble.
Cette photo est donc également un hommage à ma compagne de voyage et complice de vie depuis toutes ces années.
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Les hauts et les bas du billet de train à 9 euros

Je n'avais pas abordé le sujet lors de notre entrée (tumultueuse) en Allemagne, mais c'est quelque chose qui a marqué notre traversée du nord vers le sud - et qui en plus, touche aux politiques de transports en commun, un sujet sur lequel je me suis souvent étendu sur ce blogue (notamment lors de mon premier passage en Scandinavie.)

Lors de notre première exploration de l'Europe en 2003, nous avons pris beaucoup de trains dans plusieurs des pays visités - Belgique, Allemagne, République Tchèque, Autriche, Slovaquie, Italie, France... même en Grèce. Les souvenirs de ces trajets sont divers mais une constante demeurait: l'efficacité des trains allemands.

Ce souvenir a complètement été déboulonné par la présente expérience: pour ma part, je ne pense pas avoir vécu un chaos, une désorganisation et une inefficacité aussi patente nulle part ailleurs en Europe qu'en Allemagne en 2022. Trains en retard ou annulés, wagons bondés, gares désorganisées, quais qui débordent, longues attentes inexpliquées en gare ou au milieu de nulle part ou toutes ces choses sur l'ensemble de nos trajets... Sur place, tout le monde rejette la faute sur le billet à 9 euros.

Afin de stimuler à la fois l'usage des transports publics et le tourisme local en Allemagne, le pays a instauré une politique assez unique et audacieuse: un billet de transport à 9 euros (environ 12$ cdn) qui était valide pour tout un mois de calendrier au moment de son achat, que ce soit en juin, juillet ou août 2022. Un mois de validité pour 9 euros. Cette "passe" à 9 euros donnait accès, pendant cette période de validité, à tous les trains régionaux, tous les trains de banlieue, tous les métros, tous les trams, tous les bus, partout en Allemagne. Autrement dit, même si vous vouliez utiliser tous ces modes de transport à répétition tous les jours pendant ces 3 mois, il vous en coûterait seulement les 3 passes mensuelles (donc 27 euros pour du transport collectif pendant 3 mois).


Mon billet à 9 euros.

Étant arrivé en Allemagne le 21 août, nous avons acheté notre billet à 9 euros à Flensburg, et il nous aura permis de nous rendre jusqu'à Brême, puis de là, de visiter Hambourg, puis Lübeck, puis de descendre vers Mannhein et visiter Heidelberg et Ladenburg. Nous avons aussi utiliser le métro de Hambourg, puis le tram de Brême et le métro de Munich, en plus de pouvoir nous rendre à Regensburg et de faire 90% du trajet à Salzbourg sur ce billet - ne payant que pour la partie Autrichienne du trajet, soit 3,10 euros par personne.

C'est proprement hallucinant comme mesure incitative de transport public.

S'il y a un "mais" à cette mesure, c'est que ceux qui l'ont instauré ont clairement sous-estimé sa popularité éventuelle; les trains régionaux, en particulier, étaient tous bondés; Flensbourg-Hambourg-Bremen, de Bremen à Mannheim (5 trains régionaux différents pour relier ces 2 villes), les allers-retours dans les villes des environs, chaque train était tellement populaire que l'achalandage causait des retards (large foule sur les quais et longs délais pour sortir et entrer dans les wagons, forçant le train à rester plus longtemps à chaque gare). Le résultat de cette popularité est évidemment d'avoir créé un certain chaos dans les gares et les trains, dont certains n'étaient pas très bien équipés pour gérer autant de passagers debout ne pouvant se tenir nulle part.

Nous avons donc pu traverser l'Allemagne presque en entier, faire des excursions dans des villes voisines et utiliser tous les transports en communs locaux au besoin, sur un billet de train à 9 euros. Et nous n'avons été en Allemagne que pour 11 jours! Évidemment, cette économie substantielle de transport a aussi eu son coût en lot de trajets bizarres, très longs, ou carrément inconfortables (2h30 de train debout n'est jamais l'idéal).

Ceci dit, le chaos noté dans les trains allemands n'est pas nécessairement toujours la faute au billet à 9 euros; Le premier train (la liaison Copenhague-Hambourg) dont j'ai parlé dans mon billet d'entrée en Allemagne n'était pas couvert par ce billet à 9 euros, ce qui n'a pas empêché le chaos des sièges, le mauvais affichage et les retards multiples (sans compter que nous avons du descendre à la frontière faute d'avoir pu réserver un siège spécifique).

Aussi, le dernier train que nous avons pris en Allemagne (nous menant de Munich à Bologne en Italie) n'était pas un train régional, donc nous devions payer le plein tarif habituel, mais il était tellement achalandé que nous avons du passer 5 des 7h du trajet sans siège! Heureusement, de gentils passagers nous ont permis de nous asseoir sur leur grosse valise métallisée dans un coin du wagon pendant la période où nous n'avons pas eu de siège disponible.

Le lecteur de ce billet comprendra que toutes ces observations sont anecdotiques, autant sur l'efficacité légendaire des trains Allemands en 2003 que sur leur incroyable inefficacité en 2022. Il n'en demeure pas moins que c'est exactement le genre d'expérience qui marque un voyage et un souvenir qui restera avec nous par la suite.

La morale de l'histoire des billets à 9 euros reste assez claire: quand les transports en commun ne sont pas chers, les gens les utilisent; l'expérience du billet à 9 euros allemand est on ne peut plus concluante sur ce point-là au moins, la popularité de ce billet peu cher pour ce qu'il permettait d'utiliser a certainement dépassé toutes les attentes de ceux qui l'ont imaginé.

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