lundi 23 juillet 2012

Salmigondis de juillet

Le mois de juillet se terminera bientôt et j'ai l'impression que l'été vient à peine de commencer. Peut-être que cette impression est due au fait que le printemps a été particulièrement présent cette année?


J'ai profité de juillet pour effectuer quelques visites dans les festivals de Montréal, passer par l'Estrie et Ottawa (à deux reprises!), recevoir la visite de parents et amis, et revoir quelques amis que j'avais suivi lors de leur séjour au Burkina Faso (alors que j'étais moi-même en Andalousie) - j'avais également voyagé en compagnie de quelques-uns d'entre eux au Maroc.


Un des amis en question s'était lancé un défi personnel; faire le trajet Québec-Montréal aller retour en vélo, et nous visiter lors de son court séjour à Montréal. Il a décidé de réaliser ce projet alors que le festival Nuits d'Afrique battait son plein. Le groupe s'est donc en partie reformé l'espace de deux weekend, pour assister à un spectacle de musique burkinabé au Parc Lafontaine ainsi qu'à la projection du film Julie et Roméo, également burkinabé. Hier soir devait être le point culminant avec le spectacle de clôture du festival, mais semble-t-il que le chanteur a eu des problèmes de visa et n'a pu entrer au pays pour se produire à Montréal, nous avons donc assisté au spectacle de remplacement, mais sans autant de conviction. (C'est moi qui fait preuve de mauvaise foi où bien ce genre de choses aurait rapidement été réglée si ça avait été un humoriste venu ici pour Juste Pour rire?)
Entre temps, j'ai grimpé au sommet du Mont-Royal, ce qui m'a rappelé cet automne où j'avais décidé de faire cet exercice deux à trois fois par semaine avant que la température ne m'empêche de poursuivre.


J'en ai profité pour assister au Tam-Tams du dimanche après-midi, et ensuite, j'ai participé à la désormais traditionnelle manifestation du 22 du mois (on a parlé de 80 000 personnes sur place, mais mon estimé personnel était plus d'environ 50 000 - je n'ai toujours pas lu les journaux sur la question).


À l'occasion de la manifestation, j'ai aussi vu que le Frites Alors! sur St-Denis offrait des Charest Burger original et que l'École de la montagne rouge avait une fois de plus créé des oeuvres engagées intéressantes, comme ce drapeau du Québec courbé pour intégrer une oie en son centre, accompagné du slogan: Je me soulève.


Sinon, samedi soir, j'ai assisté au feux d'artifices de la France sous le thème de Jules Verne, mais comme j'étais au vieux-port, je n'avais pas accès à la piste sonore du spectacle, seulement à son aspect visuel. Ceci dit, c'était très beau, mais je n'y connais rien en pyrotechnie. Avec la thématique, j'ai pensé voir des ballons, et à un moment, des méduses, mais c'était peut-être mon imagination.


La soirée de dimanche nous aura également vu déguster d'excellentes bières du St-Bock, qui me rappelle toujours les lancements de la revue Brin d'éternité, et j'ai remarqué la jolie devanture du théâtre St-Denis, décorée spécialement pour Chantons sous la pluie, un musical adapté du classique par Denise Filliatrault.
L'ensemble de ces activités, plus quelques randonnées en vélo, m'a fait traverser à quelques reprises le site du festival Juste pour rire... et ma foi, je ne sais pas ce que j'ai avec ce festival-là en particulier, mais mon timing semble constamment mauvais. À chacun de mes passages, il n'y avait rien, aucune activités, et le nouveau labyrinthe érigé sur Maisonneuve au coin de Jeanne-Mance était toujours fermé.


J'ai tout de même remarqué la petite fausse tour Eiffel qui se dresse sur la Place des Arts (je n'ai pas trop compris pourquoi, ni si ça devait faire rire), et le point culminant de mon passage a été de me prendre en photo devant un miroir déformant. bref, pour le spectaculaire, on repassera.


Et vous, comment est votre été?
--

vendredi 20 juillet 2012

Une bouteille littéraire à la mer

L'autre jour, en me baladant dans mon quartier (la Petite Patrie), je suis tombé sur une boite de vieux livres, abandonnés sur le trottoir. invendus après quelque vente de garage. Par curiosité, j'ai fouiné un peu dans la boite. Mon amie Suze s'y est trouvé deux classiques: une édition de The Scarlett Letter et un recueil de Franz Kafka. Pour ma part, j'ai remarqué, tout au fond de la boite, un vieux numéro de la revue STOP.
Montage: Revue Stop #5. Extraits de couverture et
pp. 42-44-45. Extrait d'une illustration: J. Messier. 
La chose a évidemment attiré mon attention, puisque STOP est la revue dans laquelle j'ai publié ma toute première nouvelle (c'était en 1992). Le numéro du fond de la boite était par contre un peu plus vieux que ça; il s'agissait du 5e numéro de la revue, publié en 1987. L'exemplaire abandonné était même incomplet, puisque la couverture arrière et une bonne moitié du numéro manquait.
J'ai quand même consulté le sommaire (curieux de voir si j'y reconnaîtrais des noms).
Et j'ai eu la belle surprise de tomber sur le nom de mon ami Daniel Sernine. En effet, ce numéro 5 de STOP proposait une nouvelle intitulée La Bouteille. J'ai feuilleté mon demi-exemplaire à la recherche du texte mais malheur, c'était en plein milieu de la nouvelle de Sernine que celui ayant déchiré cet exemplaire en deux avait posé son geste! J'avais donc découvert une moitié de nouvelle de Daniel Sernine!
J'ai eu l'idée de fouiller plus à fond dans toute la boite, et miracle: j'ai retrouvé un autre morceau de cet exemplaire de STOP, couvrant la fin de la nouvelle de Sernine et le début d'un autre texte, mais sans plus.
J'ai donc ramené les morceaux de cette trouvaille chez moi afin de lire cette nouvelle. À la lecture du texte, je me suis souvenu en avoir déjà lu une version (j'ai établi plus tard que ça devait être dans le recueil Les Portes Mystérieuses, en 1993).
J'ai donc consulté le DALIAF, afin de situer la nouvelle dans l'oeuvre de Sernine. J'ai alors appris que La Bouteille était la première nouvelle publiée par Daniel Sernine. La publication originale apparaissant au sommaire de Requiem #5 en 1975*. J'allais aussi découvrir qu'en fait, les reliefs de cet exemplaire de la revue STOP m'offrait la 4e édition de cette nouvelle!**
À vingt ans, Daniel Sernine ne pouvait prévoir que sa bouteille littéraire se rendrait aussi loin que dans une boite dans la Petite Patrie en 2012 et que je tomberais dessus par hasard.
--
* Le même numéro de Requiem proposait également une autre nouvelle de Sernine intitulée Jalbert.
** Reparution dans Légendes du vieux manoir (Sélect, 1979), puis dans A-Z (21/22, 1987), dans STOP (5, 1987) et enfin, une nouvelle version dans Les Portes mystérieuses (Héritage, 1993).

mardi 17 juillet 2012

En visite à la PDA et la maison de l'OSM

Je vous avais parlé, il y a plusieurs mois, de ma tentative infructueuse de visiter la maison de l'OSM...
Eh bien l'Orchestre a tenu ses promesses et m'a réinvité afin de visiter la salle de concert nouvellement construite, et même à assister à un concert gratuit de l'OSM; une répétition publique, mais une répétition d'une durée considérable; plus de 2h30.
J'ai profité de l'occasion pour prendre quelques photos de la Place des Arts, qui a été sérieusement modifiée avec l'arrivée de cette nouvelle salle de concert et avec les travaux repensant l'ensemble du quartier des spectacles et la Place des festivals.
L'intérieur de la PDA offre plusieurs possibilités de photos amusantes, alors voici d'abord le résultat de mes errances pré-concert dans la nouvelle Place des Arts:


L'entrée de la 5e salle.


Couloir animé de divers jeux de lumières et rétroprojections.


Il y avait une exposition décor-costumes-théâtre-opéra lors de mon passage.


Cette structure (de Pierre Granche, intitulée Comme si le temps... de la rue) est là depuis un bon bout de temps. Ce n'est pas laid, mais pas particulièrement beau non plus. Sous certains angles, c'est intéressant, mais son emplacement ne semble jamais mettre en valeur l'oeuvre en question, en tout cas pour ce visiteur-ci. L'artiste est celui ayant réalisé les oeuvres de la station de métro Namur.


Autre jeu de lumière dans le couloir menant au hall principal. Souriez.


Pour peu que vous ayez de l'imagination, vous pourriez vous croire dans un vieux vaisseau des premiers Star Wars en regardant dehors par le tunnel-de-lumière. (Oeuvre intitulée L'artiste est celui qui fait voir l'autre côté des choses, du même artiste qui a réalisé les vitraux de la station de métro Côte-des-Neiges).


Yeux fermés...

...puis ouverts.
--
La nouvelle salle de l'OSM - appelée l'Adresse Symphonique - est très impressionnante, autant par sa conception que par son humble beauté qui provient de l'utilisation du bois de hêtre dans toute sa décoration.
Le jour de la visite, l'orchestre y est allé de quatre oeuvres démontrant l'étendu de son répertoire; une démonstration spectaculaire d'ailleurs (je ne me souviens plus des détails, j'aurais dû prendre des notes; du Ravel, une oeuvre espagnole très divertissante, une oeuvre québécoise plutôt sombre et tragique, et j'oublie malheureusement la 4e). L'orchestre était dirigé par le chef assistant Nathan Brock pour l'occasion.


L'orgue Casavant de la salle de l'OSM n'est pas terminé, loin de là, il doit comporter plusieurs autres centaines de tuyaux d'ici à la fin de son installation dans quelques années.


L'ensemble de la salle, des planchers aux mezzanines, balcons et loges est en bois; ce qui lui donne une allure sobre mais très classe. On notera également l'absence de points morts ou de colonnes, ce qui donne un ensemble de places (plus de 2000) avec une vue complète sur la scène.


Si j'ai bonne mémoire, la scène est la seule partie de la salle constituée d'une sorte différente de bois, en raison du besoin de vibration spécifique qui aide les musiciens à sentir l'ensemble. On voit également sur cette photo une partie du plafond ajustable selon le type d'acoustique désiré.
Aussi, toute la salle est isolée acoustiquement du reste de l'univers - la salle est une sorte de boite qui repose sur des piliers appuyés sur des coussins isolants, et ses murs donnent sur un vide protégeant la salle des bruits et vibrations de l'extérieur.
--
Si on a raté la visite gratuite, on peut toujours faire une visite virtuelle à 360 degrés, grâce à ce site interactif.
--

lundi 16 juillet 2012

Agence: Site officiel, articles et photos

Le lecteur attentif aura peut-être noté que je suis membre, depuis quelques temps déjà, de l'Agence Artistique Valérie de Launière, agence représentant quelques auteurs ainsi que plusieurs acteurs et actrices.
Si je mentionne le fait dans un petit billet, c'est pour attirer votre attention sur la toute nouvelle mouture du site de l'agence, où l'on peut (re)découvrir les parcours des artistes représentés par Valérie.
On peut donc y consulter la page consacrée à votre humble blogueur, page orientée vers la littérature de voyage.
Ainsi, six articles - chacun avec une photo - présentés spécialement pour le site de l'Agence, y sont disponibles. (Les lecteurs qui me suivent depuis longtemps remarqueront que ces articles sont dérivés de notes et commentaires parfois publiés sur ce blogue, pendant les voyages en question).
Les autres articles mentionnés sont des liens directs vers des textes écrits pour ce blogue pendant mes séjours à l'étranger. L'ensemble des onze textes présentés par le site couvrent des lieux situés dans onze pays différents et tous les continents où j'ai mis les pieds.
Bonne lecture, et bonne visite à l'Agence.
--

dimanche 15 juillet 2012

Nous sommes avenir: Le manifeste de la CLASSE

Poursuivre un idéal politique est tout sauf risible, tout sauf cynique.
Au Québec, où l'on vit dans un univers politique plutôt stérile, les manifestations dérangent, puisque nous avons la politique tranquille. En fait, on peut même dire que le Québec, politiquement, a plutôt été endormi depuis le dernier référendum (et ça remonte à 17 ans déjà). Pire, on a souvent l'impression (erronée je l'espère) qu'une majorité (silencieuse) de citoyens réduit la démocratie à un simple vote aux quatre ans.
Nous avons donc collectivement oublié le temps des révolutions qui, mêmes tranquilles, s'effectuaient à coup de protestations et de manifestes. Que l'on pense seulement au Refus Global et son importance sur l'identité québécoise (malgré le fait que Borduas a d'abord été considéré comme un anarchiste - certains parallèles sont amusants avec le recul historique, non?).
C'est donc avec étonnement que le Québec a semblé accueillir le manifeste de la CLASSE, publié dernièrement et intitulé Nous sommes avenir.
Pourtant, ce manifeste s'inscrit en parfaite continuité avec les propos de l'association étudiante, et constitue en quelque sorte l'aboutissement logique d'une prise de parole collective effectuée par cette association avec ses consoeurs (FECQ et FEUQ) depuis le début du mouvement étudiant le printemps dernier.
Mais ce manifeste, il vient aussi confirmer ce dont je parlais moi-même ici, dans un billet qui évoquait les racines de la contestation étudiante, qui dépassent la seule question des droits de scolarité pour couvrir le modèle néolibéral dans son ensemble. L'idée que cette opposition à une politique néolibérale trouve ses origines dans une population étudiante informée (et formée) à l'analyse politique des 30 dernières années et qui cherche une justice sociale qui dépasse les considérations personnelles de ses membres.
J'avais également dénoncé l'appellation "juste part" dans ce billet-ci sur le principe d'utilisateur-payeur, principe que la CLASSE dénonce directement dans son présent manifeste. Enfin, les idéaux exprimés dans le document, que l'on peut également lire dans son ensemble sur le site du journal Le Devoir, font aussi écho à ce que je dénonçais moi-même dans ce billet publié à l'automne dernier, sur les politiques de droite, ce qu'elles impliquent comme consensus passif, et leur échec à assurer une meilleure richesse collective ou à protéger le bien commun.
Certains ont déjà dénoncé le document, s'attaquant principalement à un effet de style (la phrase Nous sommes le peuple), mésinterprétant volontairement cette envolée lyrique signifiant clairement que les signataires se considèrent partie prenante du peuple (par opposition à l'image simpliste "étudiants versus contribuables", alimentée par le PLQ tout le printemps). Aussi, ce "Nous" me paraît inclusif, dans le contexte du manifeste, je me sens part de ce "nous" même si je ne suis pas moi-même étudiant et je suis persuadé que c'est dans ce sens qu'il doit être compris. D'autres ont ajouté leur apport au manifeste en défendant les principes philosophiques et politiques sur lesquels ils s'appuie.
Que l'on soit d'accord ou non avec les actions - ou avec l'idéologie de gauche - évoqués dans le manifeste, il faut reconnaître la cohérence et le souffle de ce mouvement, ainsi que l'élan qui pousse ces étudiants à tenter de convaincre, démocratiquement, les gens du bien fondé de leurs idées politiques (pour paraphraser le doctorant en philosophie Renaud Picard).
Poursuivre un idéal politique est tout sauf risible, tout sauf cynique. On devrait tous saluer cette bouffée d'air frais dans le débat politique québécois, peu importe nos opinions* sur les questions que ce manifeste soulève.
--
* Bien que j'imagine sans trop d'effort que le Parti Libéral fera tout pour ridiculiser cet effort et éviter ce genre de débats politiques.

Le Village version 2012

À chaque année, le Village se fait piétonnier, et offre une décoration originale et estivale.
Fermée à la circulation de St-Hubert à Papineau, la rue Ste-Catherine se transforme à chaque été, avec de nombreuses terrasses et activités, selon une thématique qui change à chaque année.


Cette année, un toit de bulles roses surplombe le Village, et deux passerelles permettent d'avoir une vue en plongée sur la rue Ste-Catherine. Sur ce cliché, on peut aussi voir une caméra (objectif noir dans boitier jaune à droite), par laquelle vous pouvez vous faire prendre en photo sur les passerelles et récupérer les clichés en ligne.


Parmi les dessins que l'on retrouve au sol, il y a des marelles, pour les visiteurs ayant gardé leur coeur d'enfant.


J'aime bien le style des autres personnages qui parsèment le parcours, c'est rigolo et sympathique.


Un peu en retrait, du côté sud, on peut apercevoir ce curieux amalgame de lettres juchées sur des tuyaux...


En prenant un peu de recul, on semble deviner que ces lettres cachent un message...


... message que l'on peut découvrir en s'installant à un point précis de l'assemblage. (Au passage, je noterai que ce visiteur-ci appuie à 100% la teneur du message en question).


C'était l'Esprit Vagabond, prenant quelques photos dans le Village, Montréal, été 2012.
--

mercredi 11 juillet 2012

Vieux-Montréal steampunk

Connaissez-vous la rue Le Royer à Montréal? Bien peu de gens y passent, car c'est un tout petit bout de rue, piétonne, qui, avec ces quelques fontaines, arbres et bancs, a plus les allures d'un petit parc urbain que d'une rue.
Si je vous parle de cette petite rue du Vieux-Montréal, c'est que dans sa portion sise entre St-Sulpice et St-Dizier, on retrouve actuellement toute une panoplie de machines et de contraptions excentriques qui ne semblent avoir aucune fonction particulière autre qu'artistique.
Les engins en question évoquent le steampunk, malgré l'absence cruelle de vapeur et de bois, probablement parce qu'on n'arrive pas à déterminer à quoi elles pourraient servir et que le matériau principal est particulièrement rouillé (celle de la dernière photo ci-bas pourrait bien faire partie d'une machine à voyager dans le temps conçue à l'époque victorienne, non?).
En passant sur Le Royer la semaine dernière, j'ai capté ces photos de ces étranges choses pleines de roues dentées, d'hélices, de cadrans et de flûtes.






--

mardi 10 juillet 2012

Un an plus tard: Un nouveau dépanneur!

Il y a un peu plus d'un an, je vous parlais des déboires du dépanneur Couche-Tard, fermé brutalement après une demande d'accréditation syndicale des employés. Notez qu'il n'y a aucun rapport entre les deux faits selon la version de Couche-Tard, qui mentionne la non-rentabilité de cette succursale comme cause de fermeture.
Fait nouveau, en ce printemps 2012; à quelques coins de rue à l'ouest, sur Beaubien, on annonce l'ouverture d'un nouveau dépanneur Provi-Soir (marque détenue par Couche-Tard). Un très gros risque financier, si l'on considère la non-rentabilité de l'ancienne succursale en bas de chez moi! La chose a de quoi étonner, puisque le nouvel établissement, situé sur la même rue, sera à environ 500 mètres de l'ancien. Dire qu'on ne se cache même plus serait déjà un euphémisme délirant.
Il a a quelques semaines, soit un an après la fermeture du dépanneur nouvellement syndiqué, il y a eu une manifestation citoyenne sur le terrain de l'ex-Couche-Tard coin Beaubien et St-Denis.
Au même moment, nous savions déjà que la cause est sous enquête et Couche-Tard semble vouloir la jouer dure.
Les ex-employés présent lors de la manifestation citoyenne m'ont aussi informé des revendications à l'origine de leur demande de syndicalisation. Ces revendications ne touchaient pas le salaire, mais plutôt certaines conditions de travail, comme par exemple la demande de faire poser un bouton-panique, puisque, ouvert 24h, le dépanneur était la plupart du temps nocturne tenu par un seul employé.


--

lundi 9 juillet 2012

En vacances dans les Cantons de l'Ouest

On ne dira pas que je n'ai pas pris au sérieux l'idée de prendre des vacances politiques. Ainsi, après mon passage dans les Cantons de l'Est, j'ai pris la route inverse, et suis donc parti vers les Cantons de l'Ouest!
Quand on quitte Montréal vers l'ouest, le problème, c'est qu'on se retrouve rapidement à la frontière du Québec; la question nationale sur une ligne qui croise l'autoroute, qui elle, change de numéro. Bref, même en vacances de la politique, difficile de s'en sortir.


Arrivé dans les Cantons de l'Ouest, je me suis d'abord fait un ami d'un petit habitant de l'endroit.


Puis, j'ai voulu visiter le Parlement de ce pays de l'Ouest, mais à mon grand étonnement, on m'a alors demandé de retirer mon carré rouge pour me permettre d'entrer dans l'édifice. J'ai demandé pourquoi, et on m'a répondu qu'il était interdit d'entrer avec des opinions politiques. J'ai argumenté qu'il me serait impossible de laisser mes opinions dehors, ce à quoi on m'a rétorqué que j'avais le droit d'avoir des opinions politiques (heureusement), mais qu'il était interdit de les exprimer au Parlement. Moi qui ai toute ma vie cru que c'était l'endroit idéal, j'ai été étonné, mais j'ai obtempéré avec le sourire, notant au passage que mon opinion concernait une politique provinciale, et non fédérale (ce qui n'a en rien changé l'opinion du gardien). Pour l'anecdote, on n'a pas considéré mon T-shirt ("Go Green") comme une opinion politique (ça en était une, environnementale; il y a une planète bleue dans le dos. J'avais mis ce T-shirt exprès; que voulez-vous, je suis comme ça, moi).


Après ma visite, j'ai fait une grimace similaire à celle qui orne justement le Parlement (et avec des fleurs-de-lys similaires), puis j'ai décidé d'amener ma cause du port du carré rouge en Cour d'appel...


Par une stupéfiante coïncidence, mon amie Suze plaidait justement ce jour-là (hehe), et nous avons donc obtenu l'autorisation d'en appeler à la Cour Suprême...


Belle place, la Cour Suprême. On nous a accueilli chaleureusement, fait faire une belle visite avec de très intéressantes explications, et tout ça, sans s'énerver du fait que je portais mon carré rouge tout le long de mon passage dans l'auguste édifice. Une cohérente leçon de démocratie touristique sur l'indépendance du politique et du judiciaire.


Je me suis ensuite baladé dans les rues d'Outaouais (c'est la version française d'Ottawa, non?), où j'ai tout de même aperçu cette vieille annonce d'une manifestation en support aux étudiants québécois et contre la Loi 78.


Puis, je me suis dirigé à Rideau Hall, la résidence officielle du Gouverneur Général du pays, le plus haut représentant donc, puisqu'il/elle est l'équivalent de la présence royale au pays. Malheureusement, le GG était absent (comme en témoignait l'absence de son drapeau au-dessus de sa résidence - une tradition directement importée des habitudes de la famille royale au Royaume Uni. - Drôle de phrase, je sais, mais c'est comme ça). Je me suis donc baladé dans le parc du domaine, un très bel endroit, vaste et reposant, où l'on trouve des choses étonnantes, comme ce splendide totem.


À croire que j'étais dans les Cantons du Nord et non de l'Ouest, puisqu'après le totem, je suis tombé par hasard sur cet inukshuk dans les jardins du GG! Fait intéressant: la coutume veut que lorsqu'un visiteur important soit reçu à Rideau Hall, il plante un arbre dans les jardins, en souvenir de son passage. On peut donc s'amuser à lire les plaques identifiant qui a planté quel arbre dans le parc, une activité qui peut rapidement devenir obsessionnelle si on cherche un arbre planté par JFK, par exemple (et c'est grand, un parc, quand on cherche un arbre spécifique).


Enfin, question de montrer que j'étais bien en vacances malgré l'épisode du Parlement-sans-opinions-politiques, Ottawa, capitale des Cantons de l'Ouest, offre également quelques paysages bucoliques, comme celui, un classique, des chutes de la rivière Rideau.
--

En vacances dans les Cantons de l'Est

Il parait que c'est les vacances et que dans ce temps-là, il faut partir visiter d'autres contrées et cesser de parler politique pour l'été; un conseil que peu de gens semblent suivre, même parmi ceux qui le donnent!
Je l'ai suivi en partie; je suis parti en Estrie la semaine dernière. Photos:


Qui dit Cantons de l'Est dit Route des vins. Je me suis donc arrêté (gracieuseté de mon ami Denis, merci!) chez Vitis, un vignoble de la région situé un peu au sud de Granby. Bien que le raisin ait été vert à cette date, il s'agit d'un cépage Frontenac bien noir, duquel les artisans locaux tirent quelques excellents vins très fruités, dont un vin de glace particulièrement intéressant.


Beau pays les Cantons de l'Est, probablement parmi les plus beaux paysages du Québec avec Charlevoix. Ici, mon amie Suze dans les vignes de Vitis.


L'endroit ne manque pas non plus d'animaux exotiques, comme en témoignent ces quelques jeunes alpagas.


La ferme d'alpagas - élevés pour leur fibre qui ressemble à de la laine mais qui est composé d'un matériau différent et hypoallergène - est ouverte pour des visites. Les animaux sont rigolos et sympathiques. Je n'en avais pas vu depuis mon dernier périple en Amérique du sud, alors c'était amusant de leur revoir la binette.


Sinon, les villages qui se suivent le long des routes régionales des Cantons ont un fort héritage britannique, comme le révèle cette cabine téléphonique aperçue à Sutton.


Les anciens commercent révèlent également le passé (et parfois le présent) anglosaxon de la région, comme on peut le voir ici sur cet édifice du centre de Sutton.


Le passé américain et britannique font des Cantons de l'Est une région qui affiche fièrement le drapeau canadien. On y voit très peu de drapeaux du Québec flotter... Je n'ai donc pu résister à prendre des vacances de mes vacances et faire un auto-portrait avec casquette au carré rouge, puisque le rouge semblait de circonstances.

vendredi 6 juillet 2012

Voir la lumière: L'Esprit Vagabond (est un) tweet!

Eh bien oui, on peut désormais me "suivre" sur le réseau Twitter, en plus de ce blogue et de (pour certaines connaissances) Facebook.
J'avoue ne pas être un grand fan des réseaux sociaux en général. J'avais adopté une page Facebook pour rester en contact avec des gens que je connais déjà (famille ou amis), et que mes activités en voyage ou au pays, ne me permettent pas de voir en personne sur une base régulière.
Twitter, je ne voyais pas qu'est-ce que je pourrais y faire. Déjà que Facebook contient son hallucinant lot de bruit de fond, alors un site de micro-blogue en 140 caractère ou moins, j'étais plus que sceptique. Comment articuler une opinion intelligente en 140 caractère? Comment argumenter, discuter, élaborer, donner des détails? Évidemment, Twitter ne fais rien de cela, et comporte également son lot de bruit de fond.
Il faut comprendre que pour moi, savoir que ma tante Ginette a mangé des toasts au beurre de peanuts ce matin pour déjeuner, c'est plutôt insignifiant. Je ne passais donc que très peu de temps sur Facebook.
J'allais sur Twitter en de très rares occasion (sans y avoir de compte personnel), essentiellement pour des activités spécifiques et pour un très court laps de temps. Le carnaval Boréal m'avait initié à la chose, mais sans me convaincre, puisque tout ce qu'on y voyait passer se retrouvait soit déjà dans les panels virtuels, soit était relativement peu pertinent.
Mon ami le conteur et écrivain Éric Gauthier m'avait pourtant dit (à cette occasion, si j'ai bonne mémoire) que lui aussi était sceptique à l'origine, mais qu'il avait vu la lumière.
La crise étudiante, puis sociale, qui nous occupe depuis quelques mois, aura changé mon attitude envers Twitter. Je ne pense pas en devenir un grand usager, ni un fan assidu, mais j'ai moi aussi, pour emprunter les mots d'Éric, vu la lumière.
Je suis donc maintenant sur Twitter, officiellement, avec un compte (@Esprit_Vagabond comme on écrit dans le jargon et pour ceux qui veulent me suivre).


Quelle est donc cette lumière, et en quoi la crise me l'a fait voir?
En un mot, je vous dirais que la pertinence de Twitter tient à trois choses; 1. Le réseau propose l'inverse de ce que fait Facebook. 2. C'est peut-être l'outil le plus rapide pour qu'une information se propage. Et 3. Certaines informations ponctuelles y sont publiées, sans jamais être diffusées ailleurs.
J'élabore rapidement, pour les curieux;
1. Facebook propose de regrouper en un réseau personnel tous ces contacts; famille, amis, collègues, etc. Réseautage traditionnel pour être au courant de ce que font ces gens, ce qu'ils vivent, ce qu'ils photographient, et échanger avec eux. Ceci exige (normalement) d'accepter le "contact" dans sa liste d'amis et réciproquement. Twitter part du principe inverse: ce que vous y faites est public; n'importe qui peut décider de suivre ce que vous y publiez; comme pour un blogue (ce dont il s'agit, bien que micro, pour sa limite de 140 caractère par billet). Pas besoin de connaître la personne. Évidemment, suivre des centaines d'inconnus serait vite emmerdant, alors il se dégage de l'ensemble un amalgame d'intervenants sociaux connus (journalistes, chroniqueurs, acteurs, humoristes, vedettes diverses, personnalités politiques, etc) et d'amis qui ont quelque chose à dire.
2. Twitter, de par sa structure, est donc plus rapide que Facebook, pour relayer une information nouvelle. Un journaliste publie l'info (en 140 caractère), et ses 25 000 "abonnés" la lisent, et la relayent à leurs lecteurs, et ainsi de suite. Comme la plupart des intervenants publics ont des dizaine de milliers d'abonnés, l'information circule très rapidement, à comparer à Facebook, dont les groupes d'amis sont en relatifs petits vases clos (même pour les personnalités publiques).
3. Il arrive que des gens soient témoin de choses ponctuelles et les rapportent illico, sans que ces informations ne se retrouvent dans les informations des grands médias. Ceci arrive également aux journalistes, qui couvrent l'actualité; certaines déclarations ou informations plus ponctuelles ne sont pas toujours intégrées à leurs articles. Suivre les débats sur la Loi 78, par exemple, permettait être autres de lire en direct les déclarations de députés et ministres, qui n'ont pas nécessairement fait leur chemin par la suite dans les topos de quelques lignes dans les journaux ou de quelques minutes à la télé.
--
Si la crise m'a permis de voir la lumière, ce n'est pas parce que l'information qui circule sur Twitter est idéale et complète en soit. La rapidité est une qualité, mais l'absence de développement est cruelle; Twitter tout seul serait totalement inutile s'il n'existait pas d'outils de liens web, qui permettent d'exprimer sa pensée ou de relayer une nouvelle en 140 caractères, certes, mais de renvoyer le lecteur à une source sure, et plus longue, officielle, qu'elle soit photo, texte ou vidéo. Ce sont les liens vers les journaux, les blogues, les images, vers Youtube, bref, sur la toile entière, qui constitue le terrain de jeu de Twitter (et dans une moindre mesure, de Facebook, mais moins efficacement dans le cas de celui-ci).
La multiplicité des points de vue est un autre avantage non négligeable du site de micro-blogue. La relative liberté d'expression qu'adoptent même les gens des médias (qui sont tous édités dans leurs chroniques ou dans les articles publiés dans les journaux) est plutôt rafraîchissante dans notre monde où on a l'impression que tout est formatté et que les lignes éditoriales prennent trop souvent le dessus sur l'esprit critique des journalistes.
Comme sa liste d'abonnement personnel est malléable et flexible, on peut suivre, le temps de la crise, par exemple, les commentateurs qui l'observent, les acteurs qui y participent (comme les leaders étudiants), les politiciens qui la commentent, etc. C'est ce que j'ai décidé de faire pendant la crise, et c'est comment j'ai découvert des gens, des écrits, des opinions, des chroniques, des blogues, des vidéos, des articles, des photos et des témoignages divers qui étaient tous présent sur le web, mais que je n'aurais pas pu concentrer de la sorte et explorer en relativement peu de temps sans le partage concentré que constitue le réseau Twitter.

Je ne sais pas encore ce que je ferai de cette nouvelle voie pour l'Esprit Vagabond. J'ai mon compte depuis des mois, j'ai écrit un premier micro-billet le 16 juin, remerciant mon ami Éric et lui rendant ce qui lui appartient. Je me suis retenu de ne pas plonger dans le micro-blogue en plein coeur de la crise; j'ai estimé qu'il valait mieux apprivoiser l'outil lentement et l'observer évoluer et s'articuler devant moi avant d'y prendre une part active. J'ai donc préféré comprendre les impacts de cet outil avant de l'utiliser activement.
--

mardi 3 juillet 2012

Influences, quotidiens et conflit étudiant: chiffres

La firme Influence Communication vient de publier Analyse des premières pages (unes) des quotidiens La Presse, Le Journal de Montréal, Le Devoir et The Gazette.
Dans ce document, que l'on peut consulter ici, on peut voir le conflit à travers des statistiques des premières pages des quatre quotidiens payants de la région de Montréal pour la période allant du 15 février au 9 juin.
Je vous laisse consulter si c'est votre tasse de thé, mais je retiens quelques statistiques comparatives intéressantes de cette analyse.
Le conflit a fait la Une de 3 des grands quotidiens dans 73-74% de leur publications. L'autre quotidien a fait sa une avec le conflit dans seulement 58% de ses numéros. Ce dernier est évidemment Le Journal de Montréal, qui a aussi attendu neuf jours de plus que les deux autres journaux francophones pour mettre une manchette sur le conflit en première page.
Cet élément n'est pas si étonnant, mais si on le combine aux images jumelées à ces manchettes en premières pages, le journal de Quebecor lance un message bien différent des autres. En effet, 40% de toutes les Unes du Journal de Montréal pendant cette période montraient des manifestations avec signe de violence ou des manifestants masqués. Ce pourcentage est de 15% à The Gazette, 18% au Devoir et de 26% à La Presse. Au niveau des personnalités du conflit, le Journal de Montréal a placé en Une exclusivement les politiciens, jamais un leader étudiant. La Presse a publié trois fois plus de photos de politiciens en première page que de photos de leaders étudiants. Le Devoir pratiquement le même nombre de politiciens et leaders et The Gazette a peu montré de leaders étudiants, mais jamais de politiciens en rapport avec le conflit.
Le journal de Quebecor est aussi celui qui a le plus fait de la place en Une aux autres intervenants, réservant ainsi sa manchette en première page à Jacques Villeneuve et Gilbert Rozon, par exemple [Rappel de comparaison; aucun leader étudiant].
Mais ce qui dérange un peu, c'est que globalement, 45% des premières pages de ces quotidiens illustrant le conflit par des photos de manifestations montraient des signes de violence. On sait bien que la véritable violence a été bien plus rare que ça dans l'ensemble des plus de 200 manifestations dont Montréal a été le théâtre. Les journaux, peu importe leur orientation et leur sérieux, ont donc réellement une forte tendance à se tourner vers le sensationnalisme en Une pour faire vendre des copies; cette statistique en fait la démonstration en ce qui concerne le conflit étudiant.
Par exemple, 71% des photos de manifestations en Une du Journal de Montréal montraient des signes de violence, par comparaison à 52% pour La Presse et 33% pour Le Devoir. Ainsi, quand on parle manif en Une, au Journal comme à La Presse, dans plus de la moitié des cas (près des trois-quart au Journal), on parle de violence. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes.
Évidemment, cette tendance, lourde, a donné une image biaisée du conflit et des manifestations. Quand on sait que ce biais a définitivement favorisé la ligne de conduite adoptée par le Parti Libéral qui voulait diaboliser les étudiants et les manifestants en général, on ne peut que conclure que ces manchettes de journaux l'ont très bien servi. Car l'influence qu'exercent les premières pages sur l'opinion publique a nettement favorisé la rhétorique du Parti Libéral tout au long du conflit.
Les journalistes de ces quotidiens se défendront en mentionnant les textes, les éditoriaux, le nombre de chroniqueurs pro-hausse ou contre la hausse, mais cette image frappe, car elle attire, est en grand format et touche tous ceux qui voient le journal, pas seulement ceux qui le lisent.
En fin de document, on peut consulter quelques exemples de premières pages, où l'on notera les genres de mots utilisés dans les manchettes. Chez les journaux francophones. Chaos, Une manif qui coûte cher (Journal de Montréal), Zone de combat, Intraitables, Le fossé (La Presse), Imagination au pouvoir, Étudiants et policiers entre les matraques et les roses, Ras-le-bol des idées néo-libérales (Le Devoir).
--