mercredi 30 décembre 2009

Chichicastenango et Pascual Abaj

Chichicastenango, c'est une toute petite ville du Guatemala, célèbre dans tout le pays (et même ailleurs) pour son mercado de artesania tenu les jeudi et dimanche de chaque semaine.
On dit que c'est le plus grand et important marché d'artisanat de l'Amérique centrale. Mon expérience dans les pays du continent tend à soutenir cette hypothèse. Le seul marché d'artisanat qui peut prétendre à égaler Chichi est Otavalo, en Équateur, qui est le plus important marché d'artisanat d'Amérique du Sud.
J'étais passé par Chichi en 2005, et j'avais été amusé et impressionné par la qualité et la quantité de l'offre. J'avais aussi été dépassé par les négociations, les insistances de certains artisans et l'achalandage général d'un grand marché latino. Globalement, j'avais beaucoup aimé, malgré le fait que pour se rendre à Cichicastenango, d'Antigua, il fallait se taper 3h de chicken bus (aller, plus 3h retour) et que mon estomac avait trouvé l'expérience plutôt pénible.
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Pourquoi retourner à Chichicastenango?
Bien, d'abord pour l'expérience - j'aime beaucoup les marchés latinos, et j'adore les marchés d'artisanat, même lorsque je n'achète rien ou pas grand chose. Ensuite, pour les achats d'artisanat, évidemment. Même si j'achète relativement peu - et de petites pièces - j'aime bien fouiner et dénicher quelques pièces intéressantes. Enfin, je voulais savoir si mes souvenirs de 2005 allaient être confrontés à une réalité tout à fait différente ou s'ils allaient refaire surface. Après tout, en près de 5 ans, j'ai fait du chemin et visité beaucoup de marchés d'artisanat (dont Otavalo, trois fois)...
Ah, aussi, je voulais que mon ami Esteban puisse voir un véritable grand marché d'artisanat latino, alors pourquoi ne pas en profiter pour l'accompagner à Chichi?
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Voici donc quelques photos de Chichicastenango...



Arrivés en ville, la première chose que l'on veut faire après 2h30 de chicken bus (en partant de Xela, c'est 30 minutes de moins qu'en partant d'Antigua, un bon point pour 2009 par rapport à 2005), c'est se reposer un brin, récupérer son sens de l'équilibre, son estomac et aller aux toilettes. Nous avons trouvé une toilette dans une heladeria, et de la porte, nous avions une vue sur ce restaurant-bar avec un cow-boy dans l'entrée. J'ai trouvé qu'il donnait le ton.



J'avais un souvenir précis de ce lieu spécifique - les marches de l'église Santo Thomas de Chichi, qui donnent sur le mercado installé dans la plaza centrale et débordant dans les rues environnantes. Fascinant comme l'endroit s'avère absolument identique à mon souvenir!



Les marches en question, avec leurs vendeurs de nourriture cuite sur des barbecue et feux de bois qui semblent improvisés mais qui, coup donc, sont les mêmes après 5 ans, donc ne doivent pas être si improvisés que ça.



Ceux que j'appelle les "riverains" sont des marchands qui installent leur kiosque en périphérie du mercado d'origine. Après quelques années, le mercado les intègre en d'autres riverains s'installent autour d'eux, faisant grandir toute l'affaire. C'est ainsi qu'un simple marché installé dans un parc originalement couvre aujourd'hui pratiquement tout le centre-ville de Chichi, un phénomène que j'ai aussi vu en opération à Otavalo. Sur cette photo, on voit ce qui devaient être des riverains il y a cinq ans, et qui aujourd'hui, font partie intégrante du marché d'artisanat.



Quelques artisans n'ont pas de kiosque et préfère (ou n'ont pas le choix) offrir leurs produits directement aux visiteurs en se baladant avec eux entre les kiosques. Cet aspect des marchés d'artisanat peut être pesant, parfois. Je sais que personnellement, après les vendeuses itinérantes d'artisanat du Nord-Vietnam, je trouve bien calme et peu insistantes les latinas, finalement :-).
Cette dame tente d'attirer l'attention d'un visiteur dans les marches d'El Calvario, l'autre église qui flanque le parc et le mercado.



Après avoir passé trois heures dans un marché d'artisanat, il se peut que le visiteur ait l'impression de faire une overdose. La meilleure option demeure de prendre un peu de recul, en allant visiter quelque autre coin de la ville. Esteban et moi avons profité d'un peu de temps avant le passage du bus vers Xela pour faire une courte randonnée vers un site maya des environs. En route, nous avions cette vue du cimetière de Chichicastenango.



Le site en question s'appelle Pascual Abaj (c'est du Maya-Quiché) et c'est un site cérémoniel maya depuis longtemps et encore utilisé aujourd'hui par les mayas de Chichi.le site actuel est à la fois sobre et actif, et mélange comme c'est souvent le cas au Guatemala, les croyances mayas et chrétiennes. Ainsi, on y trouve à la fois un site cérémoniel maya et des croix, l'ensemble étant formé de plusieurs autels entourant une sculpture pré-colombienne usée, le tout entouré d'encens et d'offrandes d'alcool.



Malgré la fumée des offrandes brulées et de l'encens, la présence de pigeon - dont ce joli pigeon blanc - étonne le visiteur, qui n'a pas vu beaucoup de représentant de cette espèce d'oiseau au Guatemala.



De retour de la randonnée sur le mont de Pascual Abaj, nous passons par des champs de maïs secs (l'hiver est la saison sèche ici), et des dames mayas qui reviennent aussi du site se trouvent devant nous...
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Après avoir passé une très agréable journée à Chichicastenango - plus agréable que ma visite de 2005, puisque j'avais pris une gravol avant le trajet de chicken bus, hehehe - il a fallu trouver le courage de remonter à bord pour les 2h30 de retour (et une autre gravol)... mais j'étais content d'avoir revu et apprécié de nouveau Chichi après les nombreux pays visités depuis ma première visite ici, et les nombreux mois passés à explorer l'Amérique latine depuis 2005... Suze a réussi à obtenir de jolies choses pour ses enchères d'artisanat, Esteban a vécu une expérience culturelle de plus au Guatemala et ma foi, j'étais bien content de voir que Chichi, c'est encore plaisant à visiter et que mon souvenir est fidèle à l'expérience que l'on peut vivre à Chichicastenango.
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Al mercado, en Xela

Je parle souvent des mercados latinos... alors voici un billet consacré à vous montrer ce que l'on trouve dans les mercados de Xela, à part la viande qui a tant épouvanté Esteban, bien sûr...


Près du parque Benito Juares, alors que quelque dame maya s'informe des prix de certains habits traditionnels à vendre sur le trottoir.


En marge du mercado de la democratia, on trouve de tout, même des kiosques montés dans des pick-ups.


Esteban déambule dans le secteur de fruits et légumes de la partie ouverte du mercado de la democratia.


À l'intérieur du mercado de la democratia, on trouve de tout, comme dans tout bon mercado latino. Ça inclus des poules et des dindes et des T-shirts dans le même kiosque.


Sinon, dehors sur la rue Rodolfo Robles, un peu plus à l'est, il est toujours possible de trouver des gens qui vendent des vêtements ou de la nourriture le long des trottoirs, comme ceux-ci qui accroches leurs produits sur les murs de bétons.

Au nord de la 16e avenida (zona 1), on retrouve un grand marché de fruits et légumes.


Près du parque central, à côté de la cathédrale, il y a le mercado officiel dans un édifice étrangement appelé centro commercial (celui où, au sous-sol, on trouve la viande pour les randonnées et pique-niques!), mais le plus intéressant demeure les riverains qui s'installent dans les rues avoisinantes.


Ces gens offrent un peu de tout, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.


Les couleurs dominent généralement les marchés latinos. Ici, on peut voir des bacs de bran de scie teint. On s'en sert ici pour décorer le pied du sapin de noël, c'est un produit fort populaire et offert dans toute une gamme de joyeuses couleurs. Dans le kiosque à côté (à l'extrême droite sur la photo), on peut aussi voir de la mousse végétale récoltée pour être vendue comme décoration de Noël (idéal pour reproduire la nature au pied de l'arbre).
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Chichi aux enchères de Suze


J'attire à nouveau votre attention sur l'enchère organisée par mon amie Suzie.
Elle vient de mettre en ligne toute une série de nouveaux produits d'artisanat, achetés à Chichicastenango, le plus célèbre marché d'artisanat du Guatemala.
Je bloguerai d'ailleurs bientôt un billet sur mon aller-retour à Chichi (ma seconde visite dans ce marché, et mon second aller-retour en chicken bus, expérience inoubliable s'il en est une).
Bonnes enchères.

samedi 26 décembre 2009

Contraste de Noël

Malgré ce que j'ai écrit sur la météo et le froid (qui va et vient) à Xela, Noël 2009 demeure le plus chaud Noël de ma vie. Pourtant, l'expérience de Noël ici révèle des contrastes assez intéressants.
Photos:


Sur ce cliché d'un quartier de la Zona 3, on peut voir l'habituel composition de marchands et d'édifices à moitié déglingues (à droite, au soleil). Plus à gauche, dominant le panorama, on voit un gigantesque sapin de Noël... devant un temple grec! (C'est un temple dédié à Minerve. Hein? Oui, Minerve, la déesse de l'antiquité, le rapport avec l'Amérique latine est inexistant, autrement que par le désir de Xela d'avoir l'air d'un important centre culturel).




Autre contraste intéressant... Suze, en T-shirt et lunette de soleil, pose à côté d'un grand bonhomme de neige (toujours surprenant dans un pays où il ne neige pas). Le bonhomme a probablement connu des jours meilleurs et il est étonnant qu'il ne fonde pas: Il doit bien faire 20 degrés à l'ombre, il est environ 14h, le 25 décembre... Ah, j'oubliais, cette photo a été prise dans el parque japones de Xela! :-)




Le soir précédent - la veille de Noël - donc, nous avions pourtant beaucoup plus froid, comme en témoignent Suze avec une tuque et Esteban avec son foulard, dans notre chambre du 7 orejas. Note: les tasses que mes amis ont en main contiennent un excellent Cabernet-Sauvignon du Chili, spécialement acheté (45 quetzales) pour célébrer Noël.



Le lendemain, vers 15h, le 25 décembre, nous étions à l'autre bout du spectre météo de Xela, et dégustions chacun un hélado (délicieuse crème glacée) devant un cactus dans la très commerciale Zona 3.
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Et vous, votre Noël, il a été contrasté, ou blanc?

En randonnée sur le Baul (2): L'expérience culturelle

Note: Si vous lisez ceci sans avoir lu le billet précédent, je vous invite à aller lire ce premier billet relatant la randonnée sur le Baul; ça vous mettra en contexte et vous permettra de mieux apprécier ce qui suit.
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Une des raisons pour lesquelles il est parfois plus intéressant de lire certains blogues plutôt que la presse de masse, c’est parce que les publications indépendantes permettent à l’auteur d’adopter un style libre et donc, souvent plus adapté pour traiter des sujets avec originalité (j’ai mentionné une exception très rare à cette règle, en parlant de Bruno Blanchet, à qui La Presse semble donner carte blanche côté éditorial).
Voici donc une relation culturellement plus riche, de notre randonnée sur le Baul, mercredi dernier.
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Esteban m’avait invité à participer à une activité organisée par son école d’espagnol. J’avais accepté avec joie; l’activité en question devait nous faire passer par le village de Zunil, pour nous mener à des sources naturelles d’eau thermales, les Fuentes Georgiana. Nous devions partir de son école à 13h. Le matin de l’activité, il m’a informé d’un changement de plan: la randonnée aux Fuentes, jugée trop chère en transport, avait été remplacée par une marche sur le Baul, où nous pourrions faire un pique-nique.
J’ai donc apporté un petit lunch et me suis pointé à la escuela pour 13h. David, un des responsable m’a accueilli et informé que la randonnée serait finalement à 13h30. Après une attente à lire et prendre des photos des environs, nous partions donc de l’école, en un petite groupe de 5. David nous informe alors qu’il faut passer au supermarché pour acheter des trucs pour le pique-nique. Nous nous y rendons, et laissons entrer Oscar, David et Kelsey du Colorado, alors qu'Esteban et moi patientons devant l’épicerie, puisque nous avons notre lunch. Dix minutes plus tard, David de Bruxelles rejoint les autres, toujours à l’intérieur. Vingt minutes plus tard, nos compagnons ressortent du dispensar avec des plats en styromousse, des ustensiles de plastique et douze cannettes de bière Gallo... et pas de nourriture.
Je suis intrigué par l’idée de se trimballer autant de poids (les 12 bières de David de Bruxelles) pour une randonnée en montagne, mais coup donc, j’ai tout mon temps et il fait un soleil splendide. Pendant la demie heure d’attente, alors que mon ami Esteban s’impatientait un peu, je lui ai expliqué qu’avec les latinos, il ne faut jamais être pressé; c’est toujours amical, intéressant, un peu désorganisé, certes, mais le truc, c’est de ne pas être pressé et toute activité sera agréable ou à tout le moins culturellement révélatrice :-).
Alors que nous croyons que le groupe est prêt à partir, David et Oscar m’informent que nous devons également passer par le mercado, pour acheter les ingrédients pour le pique-nique. Ingrédients? J’ai apporté quelques pâtisseries au jambon, avec des biscuits, des tostadas et une bouteille d’eau. On parle d’une montée qui, à vue de nez, devrait prendre une heure et demi, tout au plus.
Nous arrivons au mercado, où nos compagnons commencent à acheter des avocats, des tomates, des tortillas, bref, de quoi faire des sandwich ou des wraps… puis on se dirige vers les kiosques de viandes…



Sous le regard horrifié d’Esteban – qui en est à sa première visite d’un marché de viande latino - je réalise rapidement que nos amis ont l’intention de cuisiner un plat une fois rendu au sommet. God, je sens que la préparation de cette randonnée va être longue! :-)



En effet, on les voit ici en train d’acheter des saucisses et de la viande de porc à un des kiosques du mercado de carne. Ce type de marché est toujours une expérience sensorielle assez inoubliable. On voit plus de détails que l'on voudrait, on entend plus que l'on voudrait et on sent parfois tellement fort que ça goûte presque au fond de la gorge même quand on ne mange rien.
Passé 14h30 - et après l’achat de sel, de piments forts, de petit bois, de charbon et d’oignons - nous sortons enfin du marché pour entamer notre marche vers le Baul. Nous atteignons rapidement le sentier dans la Zona 4, puis nous montons à un rythme qui m’empêche de profiter du paysage. Je dois littéralement me voler quelques moments de pause pour prendre quelques photos, avant d’accélérer pour rattraper le petit groupe. Il devient évident que la randonnée est un prétexte pour se rendre en haut et y faire de la bouffe.




Arrivé au sommet, je profite du mirador pour prendre des photos de Xela, puis de quelques éléments du parc public, comme le monument à la présence historique des mayas. Pendant ce temps, mes copains sont déjà à l’œuvre avec une tentative de faire un feu de bois et de charbon pour la cuisson de leur pique-nique.



Alors que le feu tourne définitivement plus en fumée qu’en flamme (c’est un feu guatemalteco, m’informe alors David avec un grand sourire), la chaleur de l’après-midi commence déjà à disparaître, en hauteur, avec le vent et l’ombre des arbres, immobile, le froid s'installe. Je m’éloigne donc pour manger mon lunch sur un banc, au soleil.



Esteban m’accompagne et nous rigolons du manque d’organisation de nos copains. En effet, avec une heure trente de retard sur l’horaire d’origine, il fait plus froid que prévu sur la montagne, et le feu est lent à démarrer. Nous mangeons et profitons de quelques activités du parc, comme ces glissades en ciment, où les locaux trouvent rigolo de voir deux gringos se lancer avec enthousiasme.



Vers 16h, alors que le feu est encore timide, on place les oignons et quelques saucisses sur le gril, pendant que David de Bruxelles broie les avocats pour faire une guacamole, à l’aide d’une fourchette de plastique, qui ne survivra pas à l’opération plus de cinq minutes.



Entre temps, signe que le temps passe, les deux dames qui vendaient quelques produits dans un kiosque décident qu’il est assez tard et quittent les lieux, leur journée terminée. À part notre petit groupe de bozos devant leur barbecue improvisé, il ne reste guère de monde sur le Baul.



Après un temps, on fini par obtenir un feu de charbon qui semble assez fort pour cuire quelques morceaux du porc acheté au mercado, en autant qu'une personne souffle sur les braises en permanence, ce qui fini par donner le tournis à David. On entoure le tout de tortillas, on sort le fromage, et on place les tomates et les piments directement dans le feu pour gagner du temps. Heureusement pour la survie du projet, j’ai mon couteau suisse, qui permet de couper en tranches la viande impossible à couper avec le couteau en plastique apporté par la troupe. La fourchette de voyage (en métal) d'Esteban permet aussi la récupération des morceaux du repas qui tombent dans le feu.



Un peu avant 16h30, il y a un morceau de viande considéré assez cuit pour que David nous présente le plat du jour: un churrasco guatemalteco typique. On peut voir du porc et une saucisse de porc, du fromage, de la salsa, de la guacamole, des tortillas, de l’oignon et du piment fort. Même si je n’ai pas contribué à l’achat et que j’avais mon lunch, on m’invite à goûter au plat en question. Mon ami Esteban – déjà traumatisé par l’absence quasi-totale d’hygiène au mercado de carne – refuse poliment mais catégoriquement de manger quoi que ce soit issu du projet. Pour ma part, trouvant l’expérience culturelle qu’a été cette "épicerie / randonnée / leçon de cuisine" improvisée et particulièrement amusante, j’arrache un morceau de viande toujours sur le feu. La chose n’est pas mauvaise. D’abord, c’est très très bien cuit (on n’est jamais trop prudent), puis c’est surtout salé. Je pense que la dame du mercado avait passé sa viande crue dans une salaison pour la protéger plus longtemps des intempéries naturelles qui circulent dans le mercado en question.

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Esteban et moi ne désirons pas nécessairement nous éterniser sur la montagne, et voulons surtout redescendre en ville avant le coucher du soleil. Car une fois le soleil parti, le froid pénétrant reviendra sur Xela, comme à tous les soirs. En plus, la dernière chose que j’ai envie de faire, c’est une descente dans l’obscurité dans un quartier de la ville que je ne connais pratiquement pas – et on comprendra que pour une randonnée de une heure trente sensée débuter à 13h, je n’ai pas apporté ma lampe frontale! Nous rentrons donc chez nous en ville.
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Voilà, c’était ma relation d’une randonnée sur le Baul. Levé le matin avec l’idée d’aller aux eaux thermales, j’ai plutôt visité un mercado de viandes et légumes, perdu une heure trente dans le processus, dont une demi heure assis devant l’épicerie. J’ai gravi le Baul en moins d’une heure à partir du centre-ville, et j’ai assisté à la création d’un churrasco guatemalteco cuit sur un barbecue improvisé avec des ustensiles de plastique. Ah, j’oubliais, la salsa a été crée en écrasant les tomates cuites sur le charbon avec une cannette de Gallo. Et Kelsey du Colorado et David de Bruxelles ont chacun mangé une moitié d’un piment fort cuit, pour le regretter par la suite (ils riaient, mais jaune, disons). Quoi d’autres? Je vois encore l’expression d’Esteban dans le marché de viande, entre les oreilles, les pattes et la peau de cochon, les poulets jaunis et les chiens errants tentant de se dérober un morceau de ce festin.
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Enfin, nous sommes bel et bien revenus en ville avant le coucher du soleil. Le lendemain, j’ai croisé Oscar et il m’a informé que la viande avait été cuite plus tard que prévu et que le groupe avait finalement quitté le sommet du Baul vers 18h, bien après le coucher du soleil.
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Ah, en terminant, je n'ai eu aucun problème de santé suite à l'ingestion de mon morceau de viande. Le lendemain, l'école d'Esteban organisait un dîner de Noël et, pris pour partager le repas acheté au mercado, mon ami a expérimenté sa première turista.
TILA. :-)
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En randonnée sur le Baul (1)

Il y a deux manières de rapporter une expérience comme notre randonnée sur le Baul. En voici une première, assez classique, et le billet suivant vous en proposera une seconde, plus personnelle. Généralement, je mélange un peu les deux styles dans les billets qui traitent de ce genre d’activités. Mais la randonnée sur le Baul se porte bien à explorer les possibilités des points de vue et des genres de reportages que je peux me permettre sur un blogue et j'ai le temps et la connexion internet pour vous livrer deux billets pour le prix d'un :-).
Le Baul est une petite montagne située immédiatement à l’est de Xela, où se trouvait déjà à l’époque pré-coloniale un site d’importance pour la civilisation Maya installée à Xelaju.
Comme le programme scolaire espagnol d’Esteban inclus quelques activités, auxquelles il peut inviter des amis à se joindre, j’ai accepté l’invitation pour gravir le Baul et profiter de l’occasion pour admirer le paysage autour de Xela.
Nous avons donc quitté le centre ville vers 14h30 mercredi dernier, pour débuter notre marche dans le quartier est de la Zona 4 de Xela, puis avons atteint le sentier menant à la montagne.
Nous étions un groupe de six, mené par David et Oscar, deux des responsables de l’école d’espagnol organisant la randonnée. Il y avait aussi Kelsey du Colorado, Esteban et moi, puis David de Bruxelles.



Dans la Zona 4, j’ai eu la surprise de croiser mon vieil ami Simon Bolivar, une figure omniprésente en Amérique du Sud mais qui se fait souvent rare en Amérique centrale. Derrière Bolivar sur ce cliché, on peut voir le Baul, justement. Et, si on porte attention, on voit, au sommet, un petit mirador. C’est notre destination du jour.



Même si mes compagnons avaient décidé d’adopter un rythme assez rapide, j’ai parfois traîné derrière le temps de prendre quelques photos de Xela avec une perspective différente de ce que l’on peut faire au niveau des rues. Ici, à travers les branches, est apparue une belle vue du centro, dominé par la cathédrale.



Un peu plus haut (un peu plus loin, comme chantait qui déjà ?), une vue d’ensemble de la partie centre-sud de Xela (nous sommes à l’ouest et j’ai orienté ma caméra vers le sud-ouest, nous avions malheureusement le soleil de face, donc il était difficile de capter la ville avec un éclairage à contre-jour). On voit tout de même assez bien les montagnes qui se trouvent au sud de Xela et qui, sur ce cliché, nous cachent le cône du volcan Santa Maria, visible de la ville.



Arrivés au sommet vers 15h20, j’ai profité d’une pause pour prendre plusieurs photos. J’y ai découvert une sorte de parc public, avec quelques glissades pour enfants, des balançoires rouillées qui datent certainement des années '70, et un gigantesque obélisque maya, que l’on peut voir sur cette photo.



La façade de l’obélisque révèle un imposant bas relief, dont voici la partie centrale. On devine qu’il ne s’agit pas d’un monument original pré-colonial, mais plutôt d’une structure relativement récente installée là en hommage à la culture maya.



Du mirador, tout en haut, une croix domine le paysage, et on peut admirer – à contre-jour – une vue d’ensemble sur la ville de Xela. Comme je le disais dans un billet précédent, Xela est une grande ville très étendue, et nichée dans cette vallée, elle ressemble (encore plus) à Quito.



Une vue plus rapprochée du volcan que l’on pouvait apercevoir derrière moi sur la photo précédente. Il ne s’agit pas du Santa Maria (caché, au sud), puisque ce volcan, situé presque plein ouest de notre position sur le Baul, c’est le Tajumulco, un peu en retrait de la ville en direction de la frontière mexicaine. À 4220 mètres d’altitude, le sommet du Tajumulco est le plus haut sommet de l’Amérique Centrale. C’est sur ce volcan que la première neige de l’histoire du Guatemala (de mémoire d'homme) est tombée il y a quelques jours.
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Voilà, c’était ma relation classique d’une intéressante randonnée sur une petite montagne près de la ville, et des points de vue que l’exercice a pu fournir sur Xela. A part quelques mots plus personnels ici et là, c’est une version que l’on pourrait lire dans un média de masse, comme un quotidien, par exemple.
Par contre, si vous voulez vraiment savoir ce qui s’est réellement passé pendant la préparation, l’organisation, la montée et le séjour en haut du Baul, il faudra que j’adopte un ton plus personnel. Je ferai donc une nouvelle relation, accompagnée de photos bien différentes, d’une randonnée sur le Baul, dans le billet suivant.
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vendredi 25 décembre 2009

Les rues de Xela

Après une exploration de l’architecture de Xela, voici quelques images captées ici et là dans les rues de la ville. Vous aurez ainsi une idée de l’ambiance qui règne en ville. On y croise un peu de tout, et son contraire… Les kiosques de ventes de gugusses, de bouffe, de feux d’artifice et les vieilles voitures déglingues côtoient les véhicules de luxe neufs, les édifices abandonnés côtoient quelque rue nouvellement rénovée et repavée, et le tout est toujours coloré.



Je suis installé au 7 orejas (« les 7 oreilles ») sur la 2a Calle et par un heureux hasard, la famille d’accueil de Estaban vit sur la Cajeron 17, à deux pas de chez moi ! Dans une ville de plus de 100 000 habitants, c’est plutôt incroyable comme coïncidence (Suze et moi avons trouvé le 7 orejas le jour où Esteban a débuté ses cours d’espagnol en immersion sans savoir où habiterait sa famille d’accueil. La photo ci-haut a été prise de la fenêtre de ma chambre ; la maison en vert qui domine le paysage est celle où habite Esteban. La prédominance des bâtiments bas en blocs et en ciment avec leur toit de tôle évoque de manière saisissante le quartier de La Magdalena de Quito où j’ai habité pendant quelques mois en 2004.



Les cireurs de chaussures sont aussi une constante du paysage urbain latino-américain. Je pense en avoir vu à l’œuvre dans tous les pays latino. Ici, dans le parque, devant la vieille façade de la cathédrale, un cireur de Xela, qui porte l’uniforme bleu officiel accrédité par la municipalité, est à l’œuvre, pendant que son client lit son journal. Si leur présence est attendue, ils forment toutefois un groupe très diversifié. Parfois incroyablement jeunes (j’en ai vu de 7-9 ans, ici comme à Antigua), parfois très âgé (passé l’âge de la retraite chez nous), leurs clients sont parfois des gens d’affaires, parfois des gens plus modestes mais qui se préparent pour une cérémonie, parfois des jeunes de riche, on voit un peu de tout dans ces petites bulles de vie que représentent le coin du cireur de chaussures dans le parque.



Une autre constante du paysage urbain latino ; les vendeurs de fruits et légumes, principalement, qui s’installent dans les rues. Souvent – et en toute logique – ces installations ad hoc se retrouvent aux alentours des édifices abritant des marchés publics, comme c’est le cas ici, dans le quartier sud de la Zona 1 de Xela. Profitant de l’achalandage créé par la présence d’un marché au commerce semi-officiel, ces activités de commerce informel – souvent mené par un membre de la famille qui cultive les produits en questions – prennent place presque quotidiennement dans les villes et sont généralement le fait de paysans indigènes.



Ce mode de transport personnel de marchandise est assez unique au Guatemala – et est essentiellement le fait de sa population maya. Des vieilles dames sortant de l’épicerie avec leurs provisions sur la tête à celles – comme ici – qui déambulent dans les rues avec un panier recouvert d’un linge tissé, en passant par les vendeuses d’aiguilles de pin utilisés comme décoration de Noël, on les croise partout. À Xela, elles sont nombreuses, car il y a une importante population Quiche et une importante population Mam. Vous noterez l’utilisation du féminin, car jamais on ne voit un homme transporter des choses sur sa tête.



Dans les décombres près du vieux marché de viandes et légumes du centre-ville, profitant d’une petite arène semi-abandonnée, des jeunes jouent au futbol. Ce sport – une activité peut coûteuse et pratiquée avec les moyens du bord - est une activité habituelle non seulement latino, mais mondiale, à l’exception de l’Amérique du Nord, où il s’agit d’un sport plus organisé et qui est très peu pratiqué dans les rues.



On entend partout ici que Xela est en déclin économique, que la crise a frappé fort, que la violence est en hausse et que le tourisme est en baisse (déjà, Xela est en dehors du circuit touristique habituel au Guatemala). Dans mon livre de référence sur la pays – qui date de juin 2009 – on mentionne quelques endroits (cafés, restos ou buanderies) qui n’existe déjà plus. J’imagine que le Italia de cette photo devait être un restaurant italien dans une vie antérieure, et qui sait s’il n’était pas mentionné dans les guides de voyages passés ?



Près de chez moi, on retrouve l’église d’El Calvario, derrière laquelle on peut accéder au cimetière de Xela. Le cimetière – pour les amateurs de ce genre de chose – est intéressant et coloré. On y voit des tombeaux et caveaux très élaborés (certains peuvent rappeler les cimetières de Paris, par exemple) alors que d’autres installations sont plutôt modestes. À côté d’une pyramide de 3 mètres flanquée de deux statues de dieux égyptiens, il n’est pas rare de voir, sur la butte de terre voisine, une simple plaque écrite à la main avec un feutre. Ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un lot peuvent toutefois reposer en paix dans les tombes de ciment empilées par rangées, comme sur la photo ci-haut. (J’avais déjà vu des installations similaires à Jokotenango, en 2005, près d’Antigua, je ne savais pas alors si c’était pratique répandue au Guatemala).



Photo assez typique d’un quartier de la classe moyenne-pauvre de Xela. La photo est en fait prise de ma chambre au 7 orejas, et rappelle aussi bien des quartiers de bien des villes que j’ai visité en Amérique latine. Parmi les cordes à linge tendues sur le toit de la maison, les fils électriques qui pendouillent partout, les toits de tôle (qui fuient souvent, un voisin a été pris pour en réparer un temporairement pendant les pluies d’il y a quelques jours), on voit souvent des fils barbelés pour la sécurité. Au milieu de tout ça, on retrouve quand même des images qui font sourire, comme ce bonhomme de neige (dans un pays où il n’avait jamais neigé jusqu’à avant-hier) accompagné d’un Feliz Navidad bien sincère.
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jeudi 24 décembre 2009

Noël à Xela, ou le dur hiver Quetzalteco

L'an dernier, à pareille date, je me gelais dans l'humidité dense de Sa Pa, dans le nord du Vietnam.
Cette année, je croyais me faire chauffer la couenne dans les tropiques, mais c'était sans compter le dur hiver Quetzalteco.
Xela est à 2350 m d'altitude et l'hiver (nous sommes après tout toujours dans l'hémisphère nord, donc c'est l'hiver), c'est la saison sèche. Typiquement, donc, les journées sont ensoleillées et le thermomètre peut monter jusqu'à 19-20 degrés. C'est donc plutôt confortable. Mais les nuits sont très froides. Ainsi, le réveil, le matin, en sortant du lit, peut être glacial, mais heureusement, le soleil - qui se lève vers 6h30 - réchauffe vite les environs. Le résultat est le rythme lent qui se dégage de Xela le matin, on dirait que les gens prennent le temps de se réchauffer avant de vaquer à leurs occupations. Le soleil se couche vers 5h45 PM et le froid reprend assez vite ses droits (genre en 5 minutes!). Ça, c'est la normale.


Malheureusement, à cause de menus détails dont on devait parler à Copenhague et qui s'appellent les changements climatiques, Xela connait un hiver très froid, anormalement froid... et pluvieux. Nous avons récemment eu deux jours entiers de pluie continue, du jamais vu en saison sèche. Et cette semaine, il a neigé sur le Tajumulco, un volcan à l'ouest de la ville, du jamais vu de mémoire d'homme au Guatemala! (Évidemment, ça arrive quand je me trouve au Guatemala!). Sans soleil, le temps ici est glacial et humide... et rappelle parfois le nord du Vietnam, finalement :-).
Mais, heureusement, pour Noël, le soleil est revenu sur Xela et nous permet de déguster une bonne cerveza sur la terrasse des 7 orejas, avant d'aller manger notre repas de Noël.
Un an après Sa Pa, donc, je vous souhaite un très Joyeux Noël 2009.
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Xela, Guatemala, 24 de diciembre 2009.

mardi 22 décembre 2009

Vente aux enchères d'artisanat du Guatemala

Juste un court billet pour vous informer de l'existence d'une vente aux enchères de produits d'artisanat du Guatemala. C'est une activité organisée par mon amie Suze, afin de financer en partie un projet de coopération internationale en Afrique en 2010.
Comme je suis présentement au Guatemala, et que l'enchère présente des produits locaux, je me suis dit que l'information valait la peine d'être publiée ici.
Bonnes enchères!
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Le charme classique et colonial de Xela

Question de vous faire aimer Xela autant que moi, je me propose d'abord de vous offrir un petit album photo charmant et présentant une belle ville sous son plus beau jour. Chers lecteurs, voici donc Xela.



Un aperçu général de l'ouest du centre-ville, où l'on peut voir, tout au fond à gauche, les colonnes néoclassiques du Theatro Municipal (colonnes qui cachent en fait un édifice colonial espagnol)! On peut aussi constater que la ville est entourée de montagnes et qu'il y a peu (ou pas) d'édifices très élevés dans la partie centrale de Xela. Comme plusieurs villes d'Amérique latine, Xela est très étendue et ne comporte aucun gratte-ciel à proprement parler.



Dans le Parque Central, plusieurs édifices majestueux témoignent de la volonté de Xela d'apparaître comme une capitale culturelle importante en Amérique latine. Au milieu du parque, on retrouve une rotonde d'inspiration gréco-romaine qui donne en effet une allure assez unique en Amérique à Xela.



Vue éloignée de la cathédrale de Xela. En regardant de plus près, on peut voir que cet édifice superbe est plus récent qu'il n'y paraît à première vue, puisque la cathédrale a été entièrement construite derrière la façade survivante de l'ancienne cathédrale à un tremblement de terre. L'ancienne façade en ruines fait donc office de semi-façade à l'édifice actuel; offrant un effet saisissant.



Sinon, les rues de Xela ressemblent aux rues de beaucoup de villes latinos de cette importance, à part peut-être leur étroitesse, qui semble encore plus accentuée qu'ailleurs et donne un caractère assez distinct à la marche dans le centre-ville (où mon expression favorite pour décrire la marche dans les rues latinos, la "marche à obstacles" prend tout son sens). On y croise aussi quelques vieille voiture visuellement intéressante, comme cette Bel Air, par exemple.



Voici le resplendissant Theatro Municipal, qui mélange (assez harmonieusement) deux genres d'architecture et est un des édifices les plus spectaculaires du centre-ville, au nord-ouest du Parque Central.



Un peu plus au nord, en montant vers le Mercado de la democratia, on passe l'hôpital, qui est abrité dans un ancien couvent à l'architecture absolument splendide.



Au sud de la ville, on peut voir - lorsque le temps le permet - le cône du volcan Santa Maria qui domine la vallée près de Xela. Ici, une vue de ces montagnes et du volcan, prise du Theatro municipal.
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Xela

Lors de mon dernier billet, portant sur la route entre Ciudad Guatemala et Quetzaltenango, je vous disais être maintenant rendu dans cette ville de l'ouest du pays.
Quetzaltenango (dont le nom, en espagnol, signifie "Lieu du quetzal"), est la seconde plus grande ville du Guatemala, après la capitale. C'est aussi une ville qui a prétendu à devenir la capitale, alors qu'elle était en pleine essor et que le gouvernement avait décidé d'abandonner Antigua après les tremblements de terre des années 1700. Finalement touchée elle aussi par un tremblement de terre ravageur, elle a laissé la place à la nouvelle Ciudad Guatemala, devenue depuis la plus grande ville du pays.
Au fait, le "quetzal" dont il est question (et c'est aussi le nom de l'unité monétaire du Guatemala), c'est un oiseau, aussi beau et exotique que timide et rarissime. Quetzaltenango est donc le nom officiel de la ville et vous le verrez sur toutes les cartes. Pourtant, ici, la plupart des gens appellent la ville Xela.
Le nom vient de Xelaju, son nom d'origine, alors que l'endroit était encore une cité Maya. Le nom de Xelaju vient donc du langage maya Quiché (et qu'il faut donc prononcer Chélahou) et signifie "Sous dix sommets", faisant références aux nombreuses montagnes entourant la ville. En 1826, alors que la région montagneuse aujourd'hui comprise entre Atitlan et le Chiapas mexicain déclarait son indépendance, le nouvel état de Los Altos était né et sa capitale, Xelaju, était rebaptisée Quetzaltenango. (Et au fait, ce qui est étrange, c'est que la population maya dominante de la région, ce ne sont pas les Quiché, mais les Mam, et qu'en Mam, le nom de la ville est Culaja, un nom que l'on n'entends plus jamais ici).
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Depuis, Xela (Chéla) est devenue une sorte de capitale culturelle auto-proclamée du Guatemala. On y retrouve en effet bon nombre d'édifices néoclassique d'inspiration française qui démontre un intérêt certain pour l'image culturelle que la ville désire projeter. Le passé colonial espagnol est encore aussi présent dans l'architecture de l'endroit, et la ville et ses habitants se vantent ouvertement d'être la plus importante "vraie" ville culturelle du Guatemala, reléguant La Antigua au rang d'attraction touristique coloniale.
Vivre à Xela (depuis que j'y suis et en ai fait mon port d'attache pour les prochaines explorations), ça confirme effectivement qu'il y a ici une ambiance très authentique à la fois latino et maya. On ne sent pas beaucoup la présence touristique, puisqu'on y trouve peu d'infrastructure touristique (le bureau d'information touristique est assez vide et révélateur à ce niveau). Quelques agences proposant des excursions dans les villages ou sur les volcans voisins captent l'attention, à côté des écoles d'espagnol qui s'adressent aux étrangers. Les gens d'ici vantent d'ailleurs beaucoup le système des écoles de langues locales, offrant généralement plus de cours et une expérience d'immersion plus authentique (pour moins cher) que les écoles similaires de Antigua.
Sinon, c'est une ville latino assez typique à plusieurs points de vue: centre historique alternant charme et déglingue, périphérie plus chaotique et polluée, organisation sociale et technique assez bigarrée, marchés publics chaotiques, excellence des produits locaux (fruits et café, principalement), habitants généralement très gentils et généreux, mais une violence quotidienne qui dépasse parfois l'entendement.
Si j'avais à faire une comparaison, je dirais que la ville que Xela me rappelle le plus, c'est Quito, en Équateur. Depuis mon arrivée ici que j'ai l'impression que Xela est une sorte de petite Quito. Car Xela, malgré sa population d'un peu plus de 110 000 habitants, a un rythme de vie assez relax. Et comme c'est situé dans une vallée, à 2350 mètres d'altitude et entouré de montagnes, l'ensemble rappelle inévitablement mon chez moi en Équateur. Ce qui expliquerait peut-être que malgré sa désorganisation apparente et son image assez éloignée du charme bien conservé d'Antigua, j'ai tout de suite aimé Xela et je m'y plais beaucoup depuis mon arrivée.
Mes prochains billets-photos y seront donc consacrés.
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