samedi 26 décembre 2009

En randonnée sur le Baul (1)

Il y a deux manières de rapporter une expérience comme notre randonnée sur le Baul. En voici une première, assez classique, et le billet suivant vous en proposera une seconde, plus personnelle. Généralement, je mélange un peu les deux styles dans les billets qui traitent de ce genre d’activités. Mais la randonnée sur le Baul se porte bien à explorer les possibilités des points de vue et des genres de reportages que je peux me permettre sur un blogue et j'ai le temps et la connexion internet pour vous livrer deux billets pour le prix d'un :-).
Le Baul est une petite montagne située immédiatement à l’est de Xela, où se trouvait déjà à l’époque pré-coloniale un site d’importance pour la civilisation Maya installée à Xelaju.
Comme le programme scolaire espagnol d’Esteban inclus quelques activités, auxquelles il peut inviter des amis à se joindre, j’ai accepté l’invitation pour gravir le Baul et profiter de l’occasion pour admirer le paysage autour de Xela.
Nous avons donc quitté le centre ville vers 14h30 mercredi dernier, pour débuter notre marche dans le quartier est de la Zona 4 de Xela, puis avons atteint le sentier menant à la montagne.
Nous étions un groupe de six, mené par David et Oscar, deux des responsables de l’école d’espagnol organisant la randonnée. Il y avait aussi Kelsey du Colorado, Esteban et moi, puis David de Bruxelles.



Dans la Zona 4, j’ai eu la surprise de croiser mon vieil ami Simon Bolivar, une figure omniprésente en Amérique du Sud mais qui se fait souvent rare en Amérique centrale. Derrière Bolivar sur ce cliché, on peut voir le Baul, justement. Et, si on porte attention, on voit, au sommet, un petit mirador. C’est notre destination du jour.



Même si mes compagnons avaient décidé d’adopter un rythme assez rapide, j’ai parfois traîné derrière le temps de prendre quelques photos de Xela avec une perspective différente de ce que l’on peut faire au niveau des rues. Ici, à travers les branches, est apparue une belle vue du centro, dominé par la cathédrale.



Un peu plus haut (un peu plus loin, comme chantait qui déjà ?), une vue d’ensemble de la partie centre-sud de Xela (nous sommes à l’ouest et j’ai orienté ma caméra vers le sud-ouest, nous avions malheureusement le soleil de face, donc il était difficile de capter la ville avec un éclairage à contre-jour). On voit tout de même assez bien les montagnes qui se trouvent au sud de Xela et qui, sur ce cliché, nous cachent le cône du volcan Santa Maria, visible de la ville.



Arrivés au sommet vers 15h20, j’ai profité d’une pause pour prendre plusieurs photos. J’y ai découvert une sorte de parc public, avec quelques glissades pour enfants, des balançoires rouillées qui datent certainement des années '70, et un gigantesque obélisque maya, que l’on peut voir sur cette photo.



La façade de l’obélisque révèle un imposant bas relief, dont voici la partie centrale. On devine qu’il ne s’agit pas d’un monument original pré-colonial, mais plutôt d’une structure relativement récente installée là en hommage à la culture maya.



Du mirador, tout en haut, une croix domine le paysage, et on peut admirer – à contre-jour – une vue d’ensemble sur la ville de Xela. Comme je le disais dans un billet précédent, Xela est une grande ville très étendue, et nichée dans cette vallée, elle ressemble (encore plus) à Quito.



Une vue plus rapprochée du volcan que l’on pouvait apercevoir derrière moi sur la photo précédente. Il ne s’agit pas du Santa Maria (caché, au sud), puisque ce volcan, situé presque plein ouest de notre position sur le Baul, c’est le Tajumulco, un peu en retrait de la ville en direction de la frontière mexicaine. À 4220 mètres d’altitude, le sommet du Tajumulco est le plus haut sommet de l’Amérique Centrale. C’est sur ce volcan que la première neige de l’histoire du Guatemala (de mémoire d'homme) est tombée il y a quelques jours.
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Voilà, c’était ma relation classique d’une intéressante randonnée sur une petite montagne près de la ville, et des points de vue que l’exercice a pu fournir sur Xela. A part quelques mots plus personnels ici et là, c’est une version que l’on pourrait lire dans un média de masse, comme un quotidien, par exemple.
Par contre, si vous voulez vraiment savoir ce qui s’est réellement passé pendant la préparation, l’organisation, la montée et le séjour en haut du Baul, il faudra que j’adopte un ton plus personnel. Je ferai donc une nouvelle relation, accompagnée de photos bien différentes, d’une randonnée sur le Baul, dans le billet suivant.
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vendredi 25 décembre 2009

Les rues de Xela

Après une exploration de l’architecture de Xela, voici quelques images captées ici et là dans les rues de la ville. Vous aurez ainsi une idée de l’ambiance qui règne en ville. On y croise un peu de tout, et son contraire… Les kiosques de ventes de gugusses, de bouffe, de feux d’artifice et les vieilles voitures déglingues côtoient les véhicules de luxe neufs, les édifices abandonnés côtoient quelque rue nouvellement rénovée et repavée, et le tout est toujours coloré.



Je suis installé au 7 orejas (« les 7 oreilles ») sur la 2a Calle et par un heureux hasard, la famille d’accueil de Estaban vit sur la Cajeron 17, à deux pas de chez moi ! Dans une ville de plus de 100 000 habitants, c’est plutôt incroyable comme coïncidence (Suze et moi avons trouvé le 7 orejas le jour où Esteban a débuté ses cours d’espagnol en immersion sans savoir où habiterait sa famille d’accueil. La photo ci-haut a été prise de la fenêtre de ma chambre ; la maison en vert qui domine le paysage est celle où habite Esteban. La prédominance des bâtiments bas en blocs et en ciment avec leur toit de tôle évoque de manière saisissante le quartier de La Magdalena de Quito où j’ai habité pendant quelques mois en 2004.



Les cireurs de chaussures sont aussi une constante du paysage urbain latino-américain. Je pense en avoir vu à l’œuvre dans tous les pays latino. Ici, dans le parque, devant la vieille façade de la cathédrale, un cireur de Xela, qui porte l’uniforme bleu officiel accrédité par la municipalité, est à l’œuvre, pendant que son client lit son journal. Si leur présence est attendue, ils forment toutefois un groupe très diversifié. Parfois incroyablement jeunes (j’en ai vu de 7-9 ans, ici comme à Antigua), parfois très âgé (passé l’âge de la retraite chez nous), leurs clients sont parfois des gens d’affaires, parfois des gens plus modestes mais qui se préparent pour une cérémonie, parfois des jeunes de riche, on voit un peu de tout dans ces petites bulles de vie que représentent le coin du cireur de chaussures dans le parque.



Une autre constante du paysage urbain latino ; les vendeurs de fruits et légumes, principalement, qui s’installent dans les rues. Souvent – et en toute logique – ces installations ad hoc se retrouvent aux alentours des édifices abritant des marchés publics, comme c’est le cas ici, dans le quartier sud de la Zona 1 de Xela. Profitant de l’achalandage créé par la présence d’un marché au commerce semi-officiel, ces activités de commerce informel – souvent mené par un membre de la famille qui cultive les produits en questions – prennent place presque quotidiennement dans les villes et sont généralement le fait de paysans indigènes.



Ce mode de transport personnel de marchandise est assez unique au Guatemala – et est essentiellement le fait de sa population maya. Des vieilles dames sortant de l’épicerie avec leurs provisions sur la tête à celles – comme ici – qui déambulent dans les rues avec un panier recouvert d’un linge tissé, en passant par les vendeuses d’aiguilles de pin utilisés comme décoration de Noël, on les croise partout. À Xela, elles sont nombreuses, car il y a une importante population Quiche et une importante population Mam. Vous noterez l’utilisation du féminin, car jamais on ne voit un homme transporter des choses sur sa tête.



Dans les décombres près du vieux marché de viandes et légumes du centre-ville, profitant d’une petite arène semi-abandonnée, des jeunes jouent au futbol. Ce sport – une activité peut coûteuse et pratiquée avec les moyens du bord - est une activité habituelle non seulement latino, mais mondiale, à l’exception de l’Amérique du Nord, où il s’agit d’un sport plus organisé et qui est très peu pratiqué dans les rues.



On entend partout ici que Xela est en déclin économique, que la crise a frappé fort, que la violence est en hausse et que le tourisme est en baisse (déjà, Xela est en dehors du circuit touristique habituel au Guatemala). Dans mon livre de référence sur la pays – qui date de juin 2009 – on mentionne quelques endroits (cafés, restos ou buanderies) qui n’existe déjà plus. J’imagine que le Italia de cette photo devait être un restaurant italien dans une vie antérieure, et qui sait s’il n’était pas mentionné dans les guides de voyages passés ?



Près de chez moi, on retrouve l’église d’El Calvario, derrière laquelle on peut accéder au cimetière de Xela. Le cimetière – pour les amateurs de ce genre de chose – est intéressant et coloré. On y voit des tombeaux et caveaux très élaborés (certains peuvent rappeler les cimetières de Paris, par exemple) alors que d’autres installations sont plutôt modestes. À côté d’une pyramide de 3 mètres flanquée de deux statues de dieux égyptiens, il n’est pas rare de voir, sur la butte de terre voisine, une simple plaque écrite à la main avec un feutre. Ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un lot peuvent toutefois reposer en paix dans les tombes de ciment empilées par rangées, comme sur la photo ci-haut. (J’avais déjà vu des installations similaires à Jokotenango, en 2005, près d’Antigua, je ne savais pas alors si c’était pratique répandue au Guatemala).



Photo assez typique d’un quartier de la classe moyenne-pauvre de Xela. La photo est en fait prise de ma chambre au 7 orejas, et rappelle aussi bien des quartiers de bien des villes que j’ai visité en Amérique latine. Parmi les cordes à linge tendues sur le toit de la maison, les fils électriques qui pendouillent partout, les toits de tôle (qui fuient souvent, un voisin a été pris pour en réparer un temporairement pendant les pluies d’il y a quelques jours), on voit souvent des fils barbelés pour la sécurité. Au milieu de tout ça, on retrouve quand même des images qui font sourire, comme ce bonhomme de neige (dans un pays où il n’avait jamais neigé jusqu’à avant-hier) accompagné d’un Feliz Navidad bien sincère.
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jeudi 24 décembre 2009

Noël à Xela, ou le dur hiver Quetzalteco

L'an dernier, à pareille date, je me gelais dans l'humidité dense de Sa Pa, dans le nord du Vietnam.
Cette année, je croyais me faire chauffer la couenne dans les tropiques, mais c'était sans compter le dur hiver Quetzalteco.
Xela est à 2350 m d'altitude et l'hiver (nous sommes après tout toujours dans l'hémisphère nord, donc c'est l'hiver), c'est la saison sèche. Typiquement, donc, les journées sont ensoleillées et le thermomètre peut monter jusqu'à 19-20 degrés. C'est donc plutôt confortable. Mais les nuits sont très froides. Ainsi, le réveil, le matin, en sortant du lit, peut être glacial, mais heureusement, le soleil - qui se lève vers 6h30 - réchauffe vite les environs. Le résultat est le rythme lent qui se dégage de Xela le matin, on dirait que les gens prennent le temps de se réchauffer avant de vaquer à leurs occupations. Le soleil se couche vers 5h45 PM et le froid reprend assez vite ses droits (genre en 5 minutes!). Ça, c'est la normale.


Malheureusement, à cause de menus détails dont on devait parler à Copenhague et qui s'appellent les changements climatiques, Xela connait un hiver très froid, anormalement froid... et pluvieux. Nous avons récemment eu deux jours entiers de pluie continue, du jamais vu en saison sèche. Et cette semaine, il a neigé sur le Tajumulco, un volcan à l'ouest de la ville, du jamais vu de mémoire d'homme au Guatemala! (Évidemment, ça arrive quand je me trouve au Guatemala!). Sans soleil, le temps ici est glacial et humide... et rappelle parfois le nord du Vietnam, finalement :-).
Mais, heureusement, pour Noël, le soleil est revenu sur Xela et nous permet de déguster une bonne cerveza sur la terrasse des 7 orejas, avant d'aller manger notre repas de Noël.
Un an après Sa Pa, donc, je vous souhaite un très Joyeux Noël 2009.
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Xela, Guatemala, 24 de diciembre 2009.

mardi 22 décembre 2009

Vente aux enchères d'artisanat du Guatemala

Juste un court billet pour vous informer de l'existence d'une vente aux enchères de produits d'artisanat du Guatemala. C'est une activité organisée par mon amie Suze, afin de financer en partie un projet de coopération internationale en Afrique en 2010.
Comme je suis présentement au Guatemala, et que l'enchère présente des produits locaux, je me suis dit que l'information valait la peine d'être publiée ici.
Bonnes enchères!
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Le charme classique et colonial de Xela

Question de vous faire aimer Xela autant que moi, je me propose d'abord de vous offrir un petit album photo charmant et présentant une belle ville sous son plus beau jour. Chers lecteurs, voici donc Xela.



Un aperçu général de l'ouest du centre-ville, où l'on peut voir, tout au fond à gauche, les colonnes néoclassiques du Theatro Municipal (colonnes qui cachent en fait un édifice colonial espagnol)! On peut aussi constater que la ville est entourée de montagnes et qu'il y a peu (ou pas) d'édifices très élevés dans la partie centrale de Xela. Comme plusieurs villes d'Amérique latine, Xela est très étendue et ne comporte aucun gratte-ciel à proprement parler.



Dans le Parque Central, plusieurs édifices majestueux témoignent de la volonté de Xela d'apparaître comme une capitale culturelle importante en Amérique latine. Au milieu du parque, on retrouve une rotonde d'inspiration gréco-romaine qui donne en effet une allure assez unique en Amérique à Xela.



Vue éloignée de la cathédrale de Xela. En regardant de plus près, on peut voir que cet édifice superbe est plus récent qu'il n'y paraît à première vue, puisque la cathédrale a été entièrement construite derrière la façade survivante de l'ancienne cathédrale à un tremblement de terre. L'ancienne façade en ruines fait donc office de semi-façade à l'édifice actuel; offrant un effet saisissant.



Sinon, les rues de Xela ressemblent aux rues de beaucoup de villes latinos de cette importance, à part peut-être leur étroitesse, qui semble encore plus accentuée qu'ailleurs et donne un caractère assez distinct à la marche dans le centre-ville (où mon expression favorite pour décrire la marche dans les rues latinos, la "marche à obstacles" prend tout son sens). On y croise aussi quelques vieille voiture visuellement intéressante, comme cette Bel Air, par exemple.



Voici le resplendissant Theatro Municipal, qui mélange (assez harmonieusement) deux genres d'architecture et est un des édifices les plus spectaculaires du centre-ville, au nord-ouest du Parque Central.



Un peu plus au nord, en montant vers le Mercado de la democratia, on passe l'hôpital, qui est abrité dans un ancien couvent à l'architecture absolument splendide.



Au sud de la ville, on peut voir - lorsque le temps le permet - le cône du volcan Santa Maria qui domine la vallée près de Xela. Ici, une vue de ces montagnes et du volcan, prise du Theatro municipal.
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Xela

Lors de mon dernier billet, portant sur la route entre Ciudad Guatemala et Quetzaltenango, je vous disais être maintenant rendu dans cette ville de l'ouest du pays.
Quetzaltenango (dont le nom, en espagnol, signifie "Lieu du quetzal"), est la seconde plus grande ville du Guatemala, après la capitale. C'est aussi une ville qui a prétendu à devenir la capitale, alors qu'elle était en pleine essor et que le gouvernement avait décidé d'abandonner Antigua après les tremblements de terre des années 1700. Finalement touchée elle aussi par un tremblement de terre ravageur, elle a laissé la place à la nouvelle Ciudad Guatemala, devenue depuis la plus grande ville du pays.
Au fait, le "quetzal" dont il est question (et c'est aussi le nom de l'unité monétaire du Guatemala), c'est un oiseau, aussi beau et exotique que timide et rarissime. Quetzaltenango est donc le nom officiel de la ville et vous le verrez sur toutes les cartes. Pourtant, ici, la plupart des gens appellent la ville Xela.
Le nom vient de Xelaju, son nom d'origine, alors que l'endroit était encore une cité Maya. Le nom de Xelaju vient donc du langage maya Quiché (et qu'il faut donc prononcer Chélahou) et signifie "Sous dix sommets", faisant références aux nombreuses montagnes entourant la ville. En 1826, alors que la région montagneuse aujourd'hui comprise entre Atitlan et le Chiapas mexicain déclarait son indépendance, le nouvel état de Los Altos était né et sa capitale, Xelaju, était rebaptisée Quetzaltenango. (Et au fait, ce qui est étrange, c'est que la population maya dominante de la région, ce ne sont pas les Quiché, mais les Mam, et qu'en Mam, le nom de la ville est Culaja, un nom que l'on n'entends plus jamais ici).
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Depuis, Xela (Chéla) est devenue une sorte de capitale culturelle auto-proclamée du Guatemala. On y retrouve en effet bon nombre d'édifices néoclassique d'inspiration française qui démontre un intérêt certain pour l'image culturelle que la ville désire projeter. Le passé colonial espagnol est encore aussi présent dans l'architecture de l'endroit, et la ville et ses habitants se vantent ouvertement d'être la plus importante "vraie" ville culturelle du Guatemala, reléguant La Antigua au rang d'attraction touristique coloniale.
Vivre à Xela (depuis que j'y suis et en ai fait mon port d'attache pour les prochaines explorations), ça confirme effectivement qu'il y a ici une ambiance très authentique à la fois latino et maya. On ne sent pas beaucoup la présence touristique, puisqu'on y trouve peu d'infrastructure touristique (le bureau d'information touristique est assez vide et révélateur à ce niveau). Quelques agences proposant des excursions dans les villages ou sur les volcans voisins captent l'attention, à côté des écoles d'espagnol qui s'adressent aux étrangers. Les gens d'ici vantent d'ailleurs beaucoup le système des écoles de langues locales, offrant généralement plus de cours et une expérience d'immersion plus authentique (pour moins cher) que les écoles similaires de Antigua.
Sinon, c'est une ville latino assez typique à plusieurs points de vue: centre historique alternant charme et déglingue, périphérie plus chaotique et polluée, organisation sociale et technique assez bigarrée, marchés publics chaotiques, excellence des produits locaux (fruits et café, principalement), habitants généralement très gentils et généreux, mais une violence quotidienne qui dépasse parfois l'entendement.
Si j'avais à faire une comparaison, je dirais que la ville que Xela me rappelle le plus, c'est Quito, en Équateur. Depuis mon arrivée ici que j'ai l'impression que Xela est une sorte de petite Quito. Car Xela, malgré sa population d'un peu plus de 110 000 habitants, a un rythme de vie assez relax. Et comme c'est situé dans une vallée, à 2350 mètres d'altitude et entouré de montagnes, l'ensemble rappelle inévitablement mon chez moi en Équateur. Ce qui expliquerait peut-être que malgré sa désorganisation apparente et son image assez éloignée du charme bien conservé d'Antigua, j'ai tout de suite aimé Xela et je m'y plais beaucoup depuis mon arrivée.
Mes prochains billets-photos y seront donc consacrés.
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samedi 19 décembre 2009

La ruta de Antigua à Quetzaltenango

À part le blocus routier, les quelques heures passés sur la route entre Antigua et Quetzaltenango se sont avérés des moments également intéressants.
Nous avons d'abord pris un chicken bus de Antigua vers Chimaltenango, où passe l'autoroute Inter-Américana qui relie Ciudad Guatemala à Quetzaltenango.



Esteban et Suze, alors que nous patientons sur le bord de l'autoroute (c'est le bout d'asphalte que vous voyez derrière mes amis, oui, oui. - Esteban: "Euh, c'est ça l'autoroute?"). Il passe un bus vers Quetzaltenango à toutes les 30 minutes. Nous avons attendu 35 minutes avant d'en voir un se pointer. Le truc, au Guate, c'est d'attendre sur le bord de la route et de signaler au chauffeur qui approche que l'on veut grimper à bord. Il s'arrête (ou ralentit, selon son humeur et le genre de bus qu'il conduit), puis vous montez. Vous payez à l'ayudante, en spécifiant où vous voulez descendre.




Chimaltenango n'a pas beaucoup changé, et ne s'est pas amélioré beaucoup d'après ce que je me souvenais de cette ville poussiéreuse et bruyante qui ne sert que de connexion entre divers autres points plus intéressants au Guatemala. Les stands de nourriture dans la poussière sur le bord de l'autoroute ne sont pas plus alléchants qu'ils ne l'étaient il y a près de cinq ans, la dernière fois où je suis passé par ici. Derrière ces stands, on peut voir des jeunes qui passent le temps en jouant au futbol (évidemment).




Sur l'Inter-Américana, le bruit est généralement le fait de chicken bus qui passent à toute vitesse. À moins d'être malchanceux, vous allez voir un ayudante monter ou descendre sur le toit du bus pour y déposer ou reprendre les bagages des voyageurs alors que le bus roule toujours...




Après  notre blocus près de Los Encuentros, nous avons croisé une autre route majeure (d'où le nom de Los Encuentros, ah!), et cette route est celle qui va vers Panajachel, sur les bords du Lago de Atitlan. Ce lac est entourré de quatre sommets volcaniques, dont trois sont visibles de la route et deux appareaissent sur cette photo (l'un, un peu plus bas, est devant l'autre).




Sinon, la route rappelle les routes du Pérou, de l'Équateur ou de la Bolivie, avec des zigs et des zags contournant les ravins parfois profonds, et ces routes sont évidemment dépourvues de protection en cas de panique. On aurait pu croire qu'à cause du bloqueo, notre conducteur voulait rattraper du retard, mais je pense bien qu'en fait, il conduit toujours comme ça... Alors certains de ces virages étaient assez effrayants à emprunter.




Une petite faim? Tacos à vendre sur le bord de l 'autoroute. Sinon, à chaque fois que le bus s'arrête pour quelques minutes, des vendeurs de toutes sortes de choses entrent pour y offrir leurs produits. D'ailleurs, certains de ces vendeurs ont été ceux à qui les blocus de la journée ont le plus profité; des centaines de bus immobilisés à parcourir avec des tortillas, de la viande, des sandwich, des tostadas, etc.




À Cuatro Caminos, si jamais vous ne savez pas lequel des 4 chemins prendre, on a affiché une grande carte routière de la région. Accessoirement, j'ai pu remarquer que nous étions tout près de notre destination.




Juste avant d'entrer dans Quetzaltenango, nous avons passé ce petit kiosque offrant des oranges. Malheureusement, le bus ne s'arrêtait pas, mais je commençais à avoir une petite faim.




Enfin, en arrivant à Quetzaltenango, nous avons eu le privilège d'apercevoir le volcan Santa Maria au loin. Avec les quatre volcans d'Antigua et les trois aperçus près du Lac Atitlan, c'était le huitième sommet volcanique que je voyais depuis le début de ma journée. Avouez qu'on aura vu pire journée, blocus ou pas blocus.
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J'ai vu bien d'autres choses intéressantes sur cette route, mais que vous dire, sinon que je n'ai pas réussi à photographier chaque élément fascinant du trajet! Parfois mon appareil était trop long à ouvrir et le moment était passé - le bus roulait un peu vite par moments - et sinon, c'est pas facile de prendre des bonnes photos par les fenêtres sales d'un bus déglingue qui roule rapidement sur une route sinueuse!
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Me voici donc à Quetzaltenango, ou Xelaju, ou encore Xela, selon l'humeur du moment, une ville où je n'avais encore jamais mis les pieds, alors je me promets  bien d'en explorer les dédales et les environs dans les prochaines semaines.
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Un bloqueo ou une bonne vieille tradition latino!

Les lecteurs qui avaient suivis mes aventures en Amérique du Sud en 2007 se souviendront peut-être que j'avais tenté à 2 reprises de traverser le secteur d'Arequipa-Cusco-Puno qui faisait l'objet de sérieux blocus routiers à l'époque. J'avais finalement opté pour un mode aérien (sous surveillance militaire puisque les manifestants avaient "pris" l'aéroport de Juliaca quelques jours auparavant).
Bref, le bloqueo est une tradition latino qui semble m'aller comme un gant... puisque la journée même où je décide de me rendre de Antigua à Quetzaltenango, dans l'ouest du pays, mon bus tombe, près de Los Encuentros, sur un blocus routier!
J'allais lire dans les journaux du lendemain que de tels blocus ont été installés dans une douzaine de lieux stratégiques au pays et que trois de ces lieux étaient situés sur la route Ciudad Guatemala - Quetzaltenango! J'ai donc, dans un sens, été chanceux d'être retardé par un seul blocus routier.
Autre élément qui a joué en ma faveur, le téméraire conducteur de mon bus, qui, se retrouvant avec une file de véhicule à perte de vue devant lui sur l'autoroute, a traversé le terre-plein central et s'est mis à rouler à contre-sens sur les voies de l'autre côté! On n'y rencontrait plus personne depuis un bout de temps déjà.
Ainsi, 4 kilomètres plus loin, en arrivant au blocus proprement dit, notre conducteur a retraversé le terre-plein pour s'insérer tant bien que mal dans le noeud du trafic dense qui s'était immobilisé à cet important croisement de la route Inter-Américana et de la route qui mène vers le Lago de Atitlan. Nous sommes arrivés - chance ultime - une heure avant la fin des manifestations et l'ouverture de la route. Nous avons donc pu poursuivre éventuellement notre route, une fois que les policiers sur place l'ait dégagé des pierres bloquant le passage...
J'allais lire également que les bloqueos étaient le fait du syndicat des enseignants, faisant ainsi pression sur le gouvernement pour l'adoption rapide d'une nouvelle loi accordant plus de budget à l'éducation au pays et réformant une partie du financement de celle-ci en faveur d'un système d'éducation moins cher pour les familles et individus. Les manifestants avaient l'appui de l'association des municipalités dans leurs démarches.

Dans les journaux, on dénonçait généralement l'attitude des enseignants, montrant les effets négatifs de leurs actions sur l'économie (discours de droite habituel ici) et sur l'industrie du tourisme. On notait les centaines de véhicules et de navettes touristiques qui n'avaient pas pu atteindre leur destination, comme ces 29 autobus qui n'avaient pas amenés les touristes à Tikal, par exemple.
Reste que ça m'a rappelé de beaux souvenirs de l'Amérique du sud, et que ma foi, si Antigua est un peu une enclave charmante et qui fait voyager dans le temps, les bloqueos et les routes du Guatemala nous ramenent avec efficacité dans la réalité contemporaine et la culture socio-politique populaire des pays latinos. Viva la huelga!
Et on dit partout que ce n'est pas terminé, que ces groupes (et d'autres) continueront leurs moyens de pression.
À suivre?
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vendredi 18 décembre 2009

Retour photographique sur La Antigua (2)

Au moment de quitter Antigua, je me permets un autre billet-photo sur cette charmante ville coloniale. (J'ai lu ailleurs au pays un article humoristique qui mentionne que Antigua est une sorte de "Disneyland colonial").
Voici donc mes dernières photos (pour le moment, car je reviendrai probablement à Antigua pendant mon séjour) de ma redécouverte de l'ancienne capitale du Guate.




Devant La Merced, Suze et moi attendons Esteban alors que les gens s'afairent, ici à entrer prier, là à vendre des chandelles, là encore, à vendre des cadenas, des souliers ou des pupusas... la fiesta se prépare.




J'ai commencé à prendre des photos de Beetles lors de mon séjour à Campeche, une province du Mexique non loin du Guatemala. Ces sympathiques vieilles voitures se marient de manière superbe aux couleurs coloniales typiques d'ici.




Après une randonnée intéressante amusante avec Esteban et Jose, agent de la police du tourisme, mon ami et moi sommes retrouvés au Cerro de la Cruz (sommet de la croix), qui nous donnait une belle vue sur Antigua dominée par le volcan Agua, mais celui-ci avait le nez dans un nuage.
Au sujet de cette montée, ce qui a été fort rigolo, c'est qu'il fallait d'abord trouver le bureau du service de police qui offre l'accompagnement sécurisé (d'où la présence de José) et qu'en réalité, trouver ce poste a été plus compliqué (et même un peu plus inquiétant) que de faire la montée elle-même! Comme quoi parfois le chemin peut être aussi intéressant que la destination.




Dans le billet sur les photos nocturnes, j'ai une photo avec un charriot semblable à celui-ci. Avouez que de jour, les couleurs et l'arc derrière nous font voyager dans le temps.




Derrière le poste de la police du tourisme, j'ai déniché un cimetière de tuk-tuks! La policière n'avait pas l'air bien heureuse que je m'amuse à prendre cette photo... Je lui ai donc demandé la permission, et après une hésitation, elle m'a autorisé du bout des lèvres à prendre ce cliché, visiblement sans voir en quoi je trouvais la scène intéressante.




Début d'après-midi, au Parque Central, les gens en profitent pour discuter à l'ombre.




Cet espiègle Ara avait déjoué le gardien de l'hôtel Santo Domingo, où se baladent en liberté six perroquets du même genre, et avait décidé de se balader sur les bancs du jardin.




Un typique vendeur de délicieux fruits tropicaux (ah, les mangues sucrées! ah, les papayes!), près du Parque Central. À eux seuls, ces fruits frais justifient le voyage ici en ce qui me concerne!




Un peu en retrait du centre-ville, mélange d'époques: terrain de basketball local et ruines du 16e siècle...




Naranja Suze. Suze qui vient de ramasser une fleur orangée tombée près d'elle sur le trottoir. Les plantes sur les murs de façade sont coutumières ici (lières, plantes à fleurs colorées, arbrisseaux et même haies complètes, garnissent les hauts des murs des maisons).
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Voilà donc pour cette portion "arrivée en terre étrangère" de ce séjour au Guatemala.
Hasta luego Antigua, vamos al oeste ahora!
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Una noche a Antigua

C'est presque devenu une coutume depuis quelques années, je m'amuse à prendre quelques clichés nocturnes des villes où je passe.
Si Antigua est superbe de jour, j'avoue qu'à la nuit tombée, à part quelques détails ici et là, et un ou deux édifices, le manque chronique d'éclairage élimine une bonne partie des possibilités de photos intéressantes. Ce qui est dommage car le potentiel est immense de ce côté, avec les richesses architecturales de la vieille capitale.
Voici ce que j'ai tout de même capté pendant les quelques soirées où je m'y suis baladé.



Le symbole le plus célèbre de la ville; El Arco de Santa Catalina, vu de soir, au ras du sol, pour capter une partie de la rue pavée de pierres.



Rien de bien original dans le sujet: la cathédrale d'Antigua. Son éclairage restreint lui donne un air à la fois majestueux et un peu lugubre.

 

Voici un sujet plus original; les activités festives sur le perron de la Merced, la fin de semaine venue. Vendeurs de camelote, kiosques de nourriture (viandes, bananes frites, gras frits, salades, brochettes, etc) et pétards animent la place comme seuls les latinos savent le faire avec si peu de moyens et d'organisation.



Comme c'est bientôt Noël, plusieurs résidents ont construit une grande crèche et on invite, le soir venu, les gens à payer pour se faire prendre en photo en sainte-famille. Des poules vivantes animent la crèche, mais on n'est pas allé jusqu'à y mettre un vrai boeuf ou un vrai âne...



El Arco, une fois de plus, mais d'un angle différent, avec un tuk-tuk qui passe justement par là.



Comme on ne peut pas vivre en Amérique latine deux jours sans qu'il ne se passe quelque chose d'important, nous avons eu droit, samedi soir, à un grand concert sur le thème de la nativité, offert gratuitement, sur une scène dressée devant la cathédrale, par l'orchestre symphonique national du Guatemala accompagné du ballet national.



Photo plus intimiste que la précédente: les décorations que l'on a placées dans une des rues principales de la ville, devenu piétonnière pour un temps (jusqu'à Noël?), donnent à la ville un ambiance encore plus charmante.
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