Lors de ma visite des ruines d'Italica, je me suis retrouvé sur un sentier avec deux options: j'ai d'abord pris l'option A, soit de me rendre au lac et d'y observer des oiseaux (et quelques lézards). Puis, rebroussant chemin, j'ai pris l'option B: le sentier menant à un point de vue sur l'Amphithéâtre.
Ça, c'est la version officielle.
Car entre nous, du côté de l'option lac-oiseaux, les choses n'étaient pas aussi clairement indiquées, puisque le sentier se séparait en trois branches, sans trop d'informations. Après mon observation du lac, des oiseaux et des lézards, j'ai donc emprunté ce qui (hum) devait être un sentier fermé... sans (hum) m'en rendre compte. Les indications floues, doublées de mon (hum) manque d'habileté à lire l'espagnol, m'ont, disons, égaré.
Je me suis donc retrouvé devant ce spectacle unique, si je puis dire: un amphithéâtre romain dont je pouvais clairement voir les détails des gradins de mon sentier. Preuve que les indications étaient confondantes, une autre visiteuse s'est justement retrouvée près de l'endroit où a été pris cette photo. Alors qu'elle rebroussait chemin - trouvant l'absence de tout autre touriste étrange - j'en profitais pour aller jeter un oeil à l'amphithéâtre de plus près.
Ne voyant âme qui vive - ni indication que je ne devais pas me trouver là - j'ai jeté un oeil à l'intérieur de l'édifice... Captant au passage cette image d'une mosaïque de plancher incroyablement bien préservée quand on sait que la chose a presque deux mille ans.
Puis, j'ai entendu un coup de sifflet en provenance de l'arène. Oups.
Un rapide coup d'oeil m'a permis de voir qu'une dame assez corpulente se tenait au bout de ce sifflet et me faisait signe de ne pas bouger. Elle a bien dû mettre trois minutes pour me rejoindre - me laissant amplement le temps de déguerpir si j'avais voulu. Elle m'a alors indiqué que je ne devais pas me trouver là, que c'était un secteur fermé aux visiteurs. Dans mon (hum) espagnol de base de touriste étranger, je me suis excusé, pointant les indications floues. Puis, à mon grand étonnement, au lieu de me demander de m'en retourner d'où je venais, elle m'a ouvert la grille de l'amphithéâtre romain et m'a dit de le traverser pour revenir vers le site principal. Traverse et ne touche à rien. Ok. Hum. Je peux prendre quelques photos? Oui, tant que tu ne touches à rien. Ok. :-)
Trois minutes plus tard, la corpulente dame et son sifflet étaient repartis vers l'entrée de l'édifice, me laissant tout seul dans l'amphithéâtre.
Voici donc le résultat de mon exploration en solitaire (et oserais-je dire exclusive?) de l'amphithéâtre romain d'Italica.
L'amphithéâtre d'Italica était l'un des plus vaste de l'empire romain. Il pouvait accueillir jusqu'à 25000 spectateurs. La structure est assez standard pour ce type d'édifice; un ovale à quelques niveaux, avec des galeries annulaires (photo ci-haut) et quelques chambres donnant accès à l'arène.
Dans une des chambres de l'amphithéâtre, il y a une plaque gravée avec le "contrat" des gladiateurs qui y combattaient. C'est une plaque d'une dimension étonnante, et fort bien conservée. On y parle à un moment de quelques dizaines de milliers de sesterces. (Mon latin n'est pas fort, désolé, j'ai pas pu comprendre beaucoup plus, et heureusement que je lis les chiffres romains et que j'ai lu Astérix). Sur cet extrait en gros plan (photo), on peut clairement lire le mot "Gladiator".
Des galeries, on peut voir l'arène principale, au centre de l'amphithéâtre, avec sa fosse centrale destinée à abriter les animaux pour les jeux, et par laquelle on accède par un souterrain.
Voilà l'Esprit Vagabond, dans l'arène de son troisième amphithéâtre romain, après ceux de Rome et de Arles.
En sortant de l'amphithéâtre - par l'accès ouvert que m'a montré la dame au sifflet - j'ai pu emprunter un sentier, clairement ouvert aux visiteurs, celui-là, par lequel on accède à un point de vue (hum) enfin officiel sur l'amphithéâtre romain d'Italica.
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samedi 3 juillet 2010
L'Esprit Vagabond en Hispanie: Les mosaïques d'Italica
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Italica. On se croirait en Italie, non? En fait, c'était exactement l'idée.
Car la cité d'Italica a été fondée par les romains.
Nous sommes en 206 avant J.C. et Cornelius Scipio vient de vaincre les carthaginois. Il établit dans le sud d'Hispania un petit village où peuvent s'installer les légionnaires blessés ou retraités après cette campagne exigeante. Il nomme l'endroit Italica pour qu'ils se sentent chez eux.
En 53 après J.C., nait à Italica Marcus Ulpius Traianus, qui deviendra le premier empereur romain natif d'une province (on le connaît sous le nom de Trajan). Vingt-trois ans plus tard, toujours à Italica, nait Publius Aelius Hadrianus, qui sera le fils adoptif de Trajan et deviendra lui aussi empereur (Hadrien), succédant à son père adoptif. Ces deux empereurs natifs d'Italica font de la ville romaine, à son apogée, la troisième ville d'importance de l'empire, après Rome et Alexandrie. Italica, alors habitée par un demi-million de personnes, servait essentiellement de ville de résidence et de plaisance, alors que Hispalis (aujourd'hui Séville) conservait un rôle plus commercial.
C'est cette séparation des rôles qui a permis à Séville de devenir une ville plus intéressante lors des conquêtes maures, et de se développer... et qui a causé, ultimement, l'abandon d'Italica par le nouvel envahisseur. Une petite ville appelée Santiponce s'est développée à Italica, mais une partie de l'ancienne cité romaine est simplement demeurée en ruines, à moins d'un kilomètre du centre de Santiponce.
Voici quelques photos de ma visite d'Italica.
Du moyen âge jusqu'au 18e siècle, il n'y avait pas vraiment de règles pour la conservation des ruines. Ainsi, plusieurs édifices ont été détruits pour l'utilisation subséquentes des pierres (jusqu'à Séville). On raconte que le Duc de Wellington a supervisé des "fouilles personnelles" à Italica, repartant avec quelques trésors. Le site aujourd'hui, pour la plus grande partie de l'ancienne cité, est constitué de fondations, de larges voies romaines et de planchers. Les artefacts les plus importants ont été transportés au musée d'archéologie de Séville - où je ferai un saut très bientôt d'ailleurs.
Les éléments les plus impressionnants d'Italica demeurent sans conteste les mosaïques de planchers des quelques édifices encore présents sur le site. Il s'agit ici de mosaïques originales, dont on continue aujourd'hui à faire l'excavation et le nettoyage. L'état des lieux est absolument hallucinant. Ci-haut, la mosaïque de la "Maison de Neptune", ainsi baptisée à cause de la figure centrale de la mosaïque du plancher principal de la résidence. (Notez, en haut, au centre-gauche, on peut voir un hippopotame!)
Détail de la mosaïque de Neptune.
La "Maison des oiseaux" ainsi appelée car ses mosaïques comprennent une trentaine de représentation de diverses espèces d'oiseaux. On a réintégré quelques haies et plantes dans les jardins pour donner une idée des installations originales.
Détail d'une mosaïque de la maison des oiseaux.
Titre de ce billet: L'Esprit Vagabond en Hispanie. Si mon ami Tintin, grand voyageur de ma jeunesse, n'a pas réellement posé les pieds en Hispanie dans ses aventures, ce fut le cas d'Astérix, un autre copain voyageur de ma jeunesse. Son aventure en Hispanie l'a d'ailleurs amené dans un "petit village situé au sud d'Hispalis", donc tout près d'Italica.
Une archéologue travaille au nettoyage d'une mosaïque dans la "Maison du planétarium".
Détail d'une mosaïque de la maison du planétarium.
Environ un kilomètre plus loin, le visiteur se retrouve à Santiponce, où il peut tout de même voir (grâce à une plate-forme d'observation très bien cachée dans la Calle de las siete revueltas - "Rue des sept révoltes"), les restes du théâtre romain, pouvant accueillir jusqu'à 3000 spectateurs. On ne peut toutefois pas y entrer.
A l'opposé, et à l'extérieur des murs extérieurs d'Italica, on peut apercevoir l'entrée de ce qui était l'amphithéâtre d'Italica, où on présentait les célèbres jeux. Lors de mon passage sur le sentier menant à l'amphithéâtre (photo), le secteur était fermé aux visiteurs... mais...
...à suivre...
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Car la cité d'Italica a été fondée par les romains.
Nous sommes en 206 avant J.C. et Cornelius Scipio vient de vaincre les carthaginois. Il établit dans le sud d'Hispania un petit village où peuvent s'installer les légionnaires blessés ou retraités après cette campagne exigeante. Il nomme l'endroit Italica pour qu'ils se sentent chez eux.
En 53 après J.C., nait à Italica Marcus Ulpius Traianus, qui deviendra le premier empereur romain natif d'une province (on le connaît sous le nom de Trajan). Vingt-trois ans plus tard, toujours à Italica, nait Publius Aelius Hadrianus, qui sera le fils adoptif de Trajan et deviendra lui aussi empereur (Hadrien), succédant à son père adoptif. Ces deux empereurs natifs d'Italica font de la ville romaine, à son apogée, la troisième ville d'importance de l'empire, après Rome et Alexandrie. Italica, alors habitée par un demi-million de personnes, servait essentiellement de ville de résidence et de plaisance, alors que Hispalis (aujourd'hui Séville) conservait un rôle plus commercial.
C'est cette séparation des rôles qui a permis à Séville de devenir une ville plus intéressante lors des conquêtes maures, et de se développer... et qui a causé, ultimement, l'abandon d'Italica par le nouvel envahisseur. Une petite ville appelée Santiponce s'est développée à Italica, mais une partie de l'ancienne cité romaine est simplement demeurée en ruines, à moins d'un kilomètre du centre de Santiponce.
Voici quelques photos de ma visite d'Italica.
Du moyen âge jusqu'au 18e siècle, il n'y avait pas vraiment de règles pour la conservation des ruines. Ainsi, plusieurs édifices ont été détruits pour l'utilisation subséquentes des pierres (jusqu'à Séville). On raconte que le Duc de Wellington a supervisé des "fouilles personnelles" à Italica, repartant avec quelques trésors. Le site aujourd'hui, pour la plus grande partie de l'ancienne cité, est constitué de fondations, de larges voies romaines et de planchers. Les artefacts les plus importants ont été transportés au musée d'archéologie de Séville - où je ferai un saut très bientôt d'ailleurs.
Les éléments les plus impressionnants d'Italica demeurent sans conteste les mosaïques de planchers des quelques édifices encore présents sur le site. Il s'agit ici de mosaïques originales, dont on continue aujourd'hui à faire l'excavation et le nettoyage. L'état des lieux est absolument hallucinant. Ci-haut, la mosaïque de la "Maison de Neptune", ainsi baptisée à cause de la figure centrale de la mosaïque du plancher principal de la résidence. (Notez, en haut, au centre-gauche, on peut voir un hippopotame!)
Détail de la mosaïque de Neptune.
La "Maison des oiseaux" ainsi appelée car ses mosaïques comprennent une trentaine de représentation de diverses espèces d'oiseaux. On a réintégré quelques haies et plantes dans les jardins pour donner une idée des installations originales.
Détail d'une mosaïque de la maison des oiseaux.
Titre de ce billet: L'Esprit Vagabond en Hispanie. Si mon ami Tintin, grand voyageur de ma jeunesse, n'a pas réellement posé les pieds en Hispanie dans ses aventures, ce fut le cas d'Astérix, un autre copain voyageur de ma jeunesse. Son aventure en Hispanie l'a d'ailleurs amené dans un "petit village situé au sud d'Hispalis", donc tout près d'Italica.
Une archéologue travaille au nettoyage d'une mosaïque dans la "Maison du planétarium".
Détail d'une mosaïque de la maison du planétarium.
Environ un kilomètre plus loin, le visiteur se retrouve à Santiponce, où il peut tout de même voir (grâce à une plate-forme d'observation très bien cachée dans la Calle de las siete revueltas - "Rue des sept révoltes"), les restes du théâtre romain, pouvant accueillir jusqu'à 3000 spectateurs. On ne peut toutefois pas y entrer.
A l'opposé, et à l'extérieur des murs extérieurs d'Italica, on peut apercevoir l'entrée de ce qui était l'amphithéâtre d'Italica, où on présentait les célèbres jeux. Lors de mon passage sur le sentier menant à l'amphithéâtre (photo), le secteur était fermé aux visiteurs... mais...
...à suivre...
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vendredi 2 juillet 2010
Une visite improvisée à l'hôpital des vénérables
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Ce qui est bien quand on a du temps dans une ville comme Sevilla, c'est d'avoir l'opportunité d'aller au-delà des essentiels (ce que j'ai fait en 2006), et de pouvoir visiter certains lieux qui le sont plus rarement. C'est le cas de la visite d'aujourd'hui - une décision impulsive en plus - de l'Hospital de los venerables situé dans le barrio Santa Cruz et à cinq minutes à pied de chez moi.
El Hospital de los venerables, fondé par une confrérie religieuse, était consacré aux soins des pauvres, dans un édifice érigé à la fin des années 1600. Cet édifice, aujourd'hui, est en partie un musée architectural, en partie une église et en partie un centre d'exposition artistique (El centro Velazquez).
L'affaire a l'air de rien, à part les grande bannières en façade annonçant les expositions du centre Velazquez.
Le visiteur entre donc sans se douter de la splendeur de ce qu'il verra à l'intérieur. Et preuve que cet édifice - pourtant bien en vue sur la liste des édifices à visiter du kiosque touristique de la ville - n'est pas aussi fréquenté que les essentiels: pendant l'heure et demie que j'y ai passé, je n'y ai rencontré aucun autre visiteur.
J'avais l'endroit pour moi tout seul; le rêve de tout voyageur :-)
Voici quelques photos de cette visite.
El patio sevillano, ou la cour intérieure avec une fontaine circulaire au centre. Fontaine et escaliers sont décorés d'azulejos originaux du 17e siècle.
Parlant d'azulejos, en voici un exemple - encore du travail original, restauré il y a quelques années - que l'on trouve dans le couloir du plancher principal du cloitre. L'espèce d'amphore est aussi un original du 17e siècle.
Malgré toute la beauté et la tranquillité du patio central, c'est l'entrée dans l'église - consacrée à St-Ferdinand et St-Pierre - qui couple le souffle par sa splendeur. L'église est relativement petite - une seule nef, aucune chapelle attenante, mais les décorations, en détrempe, sont réalisées avec une très forte maîtrise des perspectives et élargissent l'espace avec un habile mélange de trompe l'oeil, de faux-relief et de scènes captivantes. Une petite merveille.
Voici une partie du plafond, du dôme vers l'entrée principale. Je disais en parlant de certaines décorations de la cathédrale que tout le monde n'était pas Michelangelo ou Raphael, mais dans le cas de l'église de Los Venerables, on peut dire que les deux artistes qui ont élaboré, supervisé et réalisé ces superbes oeuvres ont réussi à émouvoir ce visiteur-ci. (Les fresques sont de Valdés Leal et son fils, Lucas Valdés).
Vue de l'intérieur de la coupole.
Détail du plafond.
Ah. Je le mentionnais dans un billet antérieur, les églises regorgent de détails... particuliers. Ici, il y a des sortes de reliquaires, contenant évidemment des restes (quelques crânes et autres os) de religieux célèbre, j'imagine. Malgré un audio-guide (gratuit et y allant fort dans les détails), je n'ai pas réussi à savoir c'était les restes de qui... ou de quis - au pluriel - puisque j'ai pu voir au moins 5 reliquaires différents.
De retour près de l'entrée de l'hôpital, entouré d'azulejos et vraiment content de cette visite improvisée.
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Note: Le centre culturel Velazquez proposait (inclus dans le 4,75 euros de mon billet de visite de l'hôpital) une exposition de quelques toiles, dont deux oeuvres du maître (dont je me souviendrai toujours avec joie d'avoir vu Las Meninas en 2006) , desquelles je retiens surtout sa jolie et intrigante Santa Rufina.
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El Hospital de los venerables, fondé par une confrérie religieuse, était consacré aux soins des pauvres, dans un édifice érigé à la fin des années 1600. Cet édifice, aujourd'hui, est en partie un musée architectural, en partie une église et en partie un centre d'exposition artistique (El centro Velazquez).
L'affaire a l'air de rien, à part les grande bannières en façade annonçant les expositions du centre Velazquez.
Le visiteur entre donc sans se douter de la splendeur de ce qu'il verra à l'intérieur. Et preuve que cet édifice - pourtant bien en vue sur la liste des édifices à visiter du kiosque touristique de la ville - n'est pas aussi fréquenté que les essentiels: pendant l'heure et demie que j'y ai passé, je n'y ai rencontré aucun autre visiteur.
J'avais l'endroit pour moi tout seul; le rêve de tout voyageur :-)
Voici quelques photos de cette visite.
El patio sevillano, ou la cour intérieure avec une fontaine circulaire au centre. Fontaine et escaliers sont décorés d'azulejos originaux du 17e siècle.
Parlant d'azulejos, en voici un exemple - encore du travail original, restauré il y a quelques années - que l'on trouve dans le couloir du plancher principal du cloitre. L'espèce d'amphore est aussi un original du 17e siècle.
Malgré toute la beauté et la tranquillité du patio central, c'est l'entrée dans l'église - consacrée à St-Ferdinand et St-Pierre - qui couple le souffle par sa splendeur. L'église est relativement petite - une seule nef, aucune chapelle attenante, mais les décorations, en détrempe, sont réalisées avec une très forte maîtrise des perspectives et élargissent l'espace avec un habile mélange de trompe l'oeil, de faux-relief et de scènes captivantes. Une petite merveille.
Voici une partie du plafond, du dôme vers l'entrée principale. Je disais en parlant de certaines décorations de la cathédrale que tout le monde n'était pas Michelangelo ou Raphael, mais dans le cas de l'église de Los Venerables, on peut dire que les deux artistes qui ont élaboré, supervisé et réalisé ces superbes oeuvres ont réussi à émouvoir ce visiteur-ci. (Les fresques sont de Valdés Leal et son fils, Lucas Valdés).
Vue de l'intérieur de la coupole.
Détail du plafond.
Ah. Je le mentionnais dans un billet antérieur, les églises regorgent de détails... particuliers. Ici, il y a des sortes de reliquaires, contenant évidemment des restes (quelques crânes et autres os) de religieux célèbre, j'imagine. Malgré un audio-guide (gratuit et y allant fort dans les détails), je n'ai pas réussi à savoir c'était les restes de qui... ou de quis - au pluriel - puisque j'ai pu voir au moins 5 reliquaires différents.
De retour près de l'entrée de l'hôpital, entouré d'azulejos et vraiment content de cette visite improvisée.
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Note: Le centre culturel Velazquez proposait (inclus dans le 4,75 euros de mon billet de visite de l'hôpital) une exposition de quelques toiles, dont deux oeuvres du maître (dont je me souviendrai toujours avec joie d'avoir vu Las Meninas en 2006) , desquelles je retiens surtout sa jolie et intrigante Santa Rufina.
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Palacio de San Telmo
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Je commence à croire que je tiendrai mes promesses de revenir sur certains sujets, promesses exprimées lors de billets précédents introduisant Sevilla. C'était le cas d'un commentaire sous une photo du Palacio de San Telmo... que voici avec plus de détails, pour que vous puissiez savoir pourquoi c'est un de mes édifices favoris en ville.
Le côté du palais qui fait face à la Calle Palos de la Frontera est orné - sur le toit - de douze sculptures de personnages historiques de Sevilla.
Le palais est nommé en l'honneur de San Telmo - ou Saint Érasme de Formia, aussi connu sous le nom de Saint-Elme - saint patron des navigateurs. Originalement, l'édifice avait été construit pour abriter le Séminaire collégial de l'université des navigateurs, une école qui accueillait les orphelins des navigateurs de Sevilla. On y retrouve diverses décorations, dont la fleur de lys qui apparaît sur les balcons, comme sur cette photo, ainsi que sur les mosaïque de planchers extérieures - sans que je n'ai pu identifier sa signification dans le contexte.
La façade baroque, complétée en 1754 est absolument incroyable. Malheureusement, le palais est actuellement en restauration, donc fermé aux visiteurs. À travers les grilles, j'ai tout de même réussi à prendre quelques photos des décorations, comme les colonnes de la façade.
Le balcon principal est flanqué de douze sculptures allégoriques représentant les arts et sciences nautiques. Notez la richesse des détails décoratifs sur toute cette partie de la façade.
Le balcon est supporté par 4 Atlas (qui sont sensés avoir les traits d'indigènes d'Amérique, mais j'avoue que je demeure sceptique sur ce point).
De retour du côté nord, un gros plan sur la sculpture représentant Velasquez, probablement le peintre sevillano le plus célèbre de l'histoire de la ville.
Vous connaissez mon appréciation des gargouilles; que dire de ce rigolo personnage, qui a l'air un peu effrayé par ce qu'il voit en bas, sur la rue. On dirait même qu'il pointe un canon vers les visiteurs!
En terminant, la vue du palacio - captée du puente de San Telmo, justement - d'où on voit que le palais a été érigé non loin de la rivière.
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Note: L'édifice est aujourd'hui le siège de la présidence du gouvernement autonome de l'Andalousie.
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Le côté du palais qui fait face à la Calle Palos de la Frontera est orné - sur le toit - de douze sculptures de personnages historiques de Sevilla.
Le palais est nommé en l'honneur de San Telmo - ou Saint Érasme de Formia, aussi connu sous le nom de Saint-Elme - saint patron des navigateurs. Originalement, l'édifice avait été construit pour abriter le Séminaire collégial de l'université des navigateurs, une école qui accueillait les orphelins des navigateurs de Sevilla. On y retrouve diverses décorations, dont la fleur de lys qui apparaît sur les balcons, comme sur cette photo, ainsi que sur les mosaïque de planchers extérieures - sans que je n'ai pu identifier sa signification dans le contexte.
La façade baroque, complétée en 1754 est absolument incroyable. Malheureusement, le palais est actuellement en restauration, donc fermé aux visiteurs. À travers les grilles, j'ai tout de même réussi à prendre quelques photos des décorations, comme les colonnes de la façade.
Le balcon principal est flanqué de douze sculptures allégoriques représentant les arts et sciences nautiques. Notez la richesse des détails décoratifs sur toute cette partie de la façade.
Le balcon est supporté par 4 Atlas (qui sont sensés avoir les traits d'indigènes d'Amérique, mais j'avoue que je demeure sceptique sur ce point).
De retour du côté nord, un gros plan sur la sculpture représentant Velasquez, probablement le peintre sevillano le plus célèbre de l'histoire de la ville.
Vous connaissez mon appréciation des gargouilles; que dire de ce rigolo personnage, qui a l'air un peu effrayé par ce qu'il voit en bas, sur la rue. On dirait même qu'il pointe un canon vers les visiteurs!
En terminant, la vue du palacio - captée du puente de San Telmo, justement - d'où on voit que le palais a été érigé non loin de la rivière.
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Note: L'édifice est aujourd'hui le siège de la présidence du gouvernement autonome de l'Andalousie.
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jeudi 1 juillet 2010
La cathédrale de Séville: Réflexions, détails et décorations
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Pour ceux qui suivent ce blogue depuis quelques années, vous voyez certainement une différence de ton et de détails dans les commentaires publiés ici et là lorsque je me déplace souvent - comme ce fut le cas de l'Andalousie en 2006, par exemple - et les moments où je peux m'installer plus longtemps à un endroit pour l'explorer et surtout, accéder à Internet avec une certaine facilité, ce qui permet la publication de billets bien plus détaillés.
Pour prendre un exemple concret, j'invite le lecteur à d'abord lire ce billet publié sur ma visite de la cathédrale de Séville.
Plutôt que de vous référer à un billet passé, je me citerai moi-même ici en copiant le commentaire tiré de mon journal de voyage de 2006 concernant la visite de la même cathédrale.
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"La cathédrale de Séville est le plus grand édifice gothique jamais construit. C'est en tout cas sa prétention. Érigée à partir de 1401, elle comporte 44 chapelles abritées par ce qui est encore aujourd'hui la troisième plus grande cathédrale au monde (après St-Pierre au Vatican et St-Paul, à Londres). Un des intérêts de la cathédrale est de grimper dans son campanile pour profiter d'une vue "aérienne" de Séville. Étrangement, aucune marche ne mène en haut, mais on doit plutôt gravir une série de rampes abruptes. A l'époque ou ce campanile était un minaret de la mosquée (musulmane, donc) qui a précédée la cathédrale sur ce site, ces rampes ont remplacées les marches pour permette a un muezzin de monter a cheval jusqu'en haut pour l'appel a la prière.
Ce qui attire le plus de touristes dans la cathédrale de Séville, c'est encore le tombeau où reposent les restent de Christophe Colomb, rapatriés de Cuba en 1902. Si ce tombeau, avec ces 4 porteurs, est réellement impressionnant, les étranges rampes de bois peint qui en font le tour pour permettre aux touristes de s'approcher du tombeau, brisent beaucoup le charme et l'élégance du monument."
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Deux notes: À part la brièveté du commentaire - qui n'était pas accompagné de photos et qui ne comportait pas d'accents, claviers étrangers n'obligeant pas - je remarque qu'à cette époque, on n'avait pas encore fait la mesure avec les mètres cubes qui classait Séville comme église la plus grande du monde. Ah. Aussi, j'avais oublié les satanées rampes de bois autour de la tombe de Colomb, qui empêchaient alors de prendre une photo qui rend justice au monument - ça m'est revenu en relisant mon journal de 2006. Il me semblait, lors de ma récente visite, que le tombeau-monument était plus impressionnant, aussi, mais je n'arrivais pas à saisir pourquoi j'avais cette impression.
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Bon, ce qui précède est à mettre sur mes réflexions personnelles sur les voyages, les visites, les notes et journaux de voyages, et ce blogue. Il m'arrive de réfléchir sur ce que je fais, et c'est donc le cas avec ce billet.
Car, contrairement à 2006 ou j'ai du expédier en deux paragraphes rapides la visite de la cathédrale de Séville, je me permets aujourd'hui le luxe de lui consacrer deux billets, avec photos. Voici donc, après cette longue introduction, quelques photos supplémentaires de la cathédrale, concentrées cette fois-ci sur des détails architecturaux et décoratifs.
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J'aime bien retracer sur les édifices religieux les éléments décoratifs qui ne soient pas religieux au sens premier du terme. Comme par exemple ce petit dragon qui orne un des grands portails baroques ajoutés à la cathédrale vers 1750.
Sinon, je suis aussi un grand fan de gargouilles, alors je cherche toujours à voir si je ne peux pas en capter en gros plan... ce uqi fut le cas avec celle-ci, aperçue par une fenêtre lors de la montée de la Giralda.
Dans le choeur de la cathédrale, les bancs sont ornés de statues représentant des saints tirées des écritures... ainsi que d'étranges créatures sur les accoudoirs - notez la seconde à partir de la gauche sur cette photo.
Bon, je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve ce relief assez creepy merci. Il y a des passages de la bibles bien plus bizarres que les lectures que l'on faisait à l'église dans ma jeunesse, pour qu'un sculpteur s'en inspire pour donner ça ;-). Remarquez, je ne m'en plains pas, ça agrémente les visites des temples religieux, ce genre d'imagerie. Cette grande plaque de marbre sculptée est sur un mur de la partie avant du Chapitre, près de la Salle Capitulaire.
Le problème avec les grands édifices gothiques, c'est que tout est trop haut. Ainsi, les nombreux vitraux de la cathédrale ne peuvent pas réellement être appréciés. Il y a quelques exception, dans les chapelle de Saint-Joseph ou Saint-François, où on a décoré avec des vitraux plus bas, mais la chose est rare. Et parmi les thèmes religieux assez classique, je n'ai rien vu de bien original, à part ce chien, tient.
Trois autres gargouilles croquées lors de ma montée du minaret.
Deux dragons se battent sous un support à statue qui est inexplicablement vide. Portail du pardon.
Le Coq et le Renard. Dommage que ça ne soit pas un corbeau, on se serait cru chez Lafontaine :-)
(Quel est ce passage de la bible?)
Bon, encore des dragons, les sculpteurs se sont amusés... Ici, j'aime bien l'idée d'un dragon à trois têtes, une sorte de cerbère-dragon!
Et deux derniers, qui tirent la langue: l'un avec un air féroce, l'autre... gourmand? ça ne me semble pas très religieux, tout ça, non?
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Pour prendre un exemple concret, j'invite le lecteur à d'abord lire ce billet publié sur ma visite de la cathédrale de Séville.
Plutôt que de vous référer à un billet passé, je me citerai moi-même ici en copiant le commentaire tiré de mon journal de voyage de 2006 concernant la visite de la même cathédrale.
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"La cathédrale de Séville est le plus grand édifice gothique jamais construit. C'est en tout cas sa prétention. Érigée à partir de 1401, elle comporte 44 chapelles abritées par ce qui est encore aujourd'hui la troisième plus grande cathédrale au monde (après St-Pierre au Vatican et St-Paul, à Londres). Un des intérêts de la cathédrale est de grimper dans son campanile pour profiter d'une vue "aérienne" de Séville. Étrangement, aucune marche ne mène en haut, mais on doit plutôt gravir une série de rampes abruptes. A l'époque ou ce campanile était un minaret de la mosquée (musulmane, donc) qui a précédée la cathédrale sur ce site, ces rampes ont remplacées les marches pour permette a un muezzin de monter a cheval jusqu'en haut pour l'appel a la prière.
Ce qui attire le plus de touristes dans la cathédrale de Séville, c'est encore le tombeau où reposent les restent de Christophe Colomb, rapatriés de Cuba en 1902. Si ce tombeau, avec ces 4 porteurs, est réellement impressionnant, les étranges rampes de bois peint qui en font le tour pour permettre aux touristes de s'approcher du tombeau, brisent beaucoup le charme et l'élégance du monument."
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Deux notes: À part la brièveté du commentaire - qui n'était pas accompagné de photos et qui ne comportait pas d'accents, claviers étrangers n'obligeant pas - je remarque qu'à cette époque, on n'avait pas encore fait la mesure avec les mètres cubes qui classait Séville comme église la plus grande du monde. Ah. Aussi, j'avais oublié les satanées rampes de bois autour de la tombe de Colomb, qui empêchaient alors de prendre une photo qui rend justice au monument - ça m'est revenu en relisant mon journal de 2006. Il me semblait, lors de ma récente visite, que le tombeau-monument était plus impressionnant, aussi, mais je n'arrivais pas à saisir pourquoi j'avais cette impression.
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Bon, ce qui précède est à mettre sur mes réflexions personnelles sur les voyages, les visites, les notes et journaux de voyages, et ce blogue. Il m'arrive de réfléchir sur ce que je fais, et c'est donc le cas avec ce billet.
Car, contrairement à 2006 ou j'ai du expédier en deux paragraphes rapides la visite de la cathédrale de Séville, je me permets aujourd'hui le luxe de lui consacrer deux billets, avec photos. Voici donc, après cette longue introduction, quelques photos supplémentaires de la cathédrale, concentrées cette fois-ci sur des détails architecturaux et décoratifs.
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J'aime bien retracer sur les édifices religieux les éléments décoratifs qui ne soient pas religieux au sens premier du terme. Comme par exemple ce petit dragon qui orne un des grands portails baroques ajoutés à la cathédrale vers 1750.
Sinon, je suis aussi un grand fan de gargouilles, alors je cherche toujours à voir si je ne peux pas en capter en gros plan... ce uqi fut le cas avec celle-ci, aperçue par une fenêtre lors de la montée de la Giralda.
Dans le choeur de la cathédrale, les bancs sont ornés de statues représentant des saints tirées des écritures... ainsi que d'étranges créatures sur les accoudoirs - notez la seconde à partir de la gauche sur cette photo.
Bon, je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve ce relief assez creepy merci. Il y a des passages de la bibles bien plus bizarres que les lectures que l'on faisait à l'église dans ma jeunesse, pour qu'un sculpteur s'en inspire pour donner ça ;-). Remarquez, je ne m'en plains pas, ça agrémente les visites des temples religieux, ce genre d'imagerie. Cette grande plaque de marbre sculptée est sur un mur de la partie avant du Chapitre, près de la Salle Capitulaire.
Le problème avec les grands édifices gothiques, c'est que tout est trop haut. Ainsi, les nombreux vitraux de la cathédrale ne peuvent pas réellement être appréciés. Il y a quelques exception, dans les chapelle de Saint-Joseph ou Saint-François, où on a décoré avec des vitraux plus bas, mais la chose est rare. Et parmi les thèmes religieux assez classique, je n'ai rien vu de bien original, à part ce chien, tient.
Trois autres gargouilles croquées lors de ma montée du minaret.
Deux dragons se battent sous un support à statue qui est inexplicablement vide. Portail du pardon.
Le Coq et le Renard. Dommage que ça ne soit pas un corbeau, on se serait cru chez Lafontaine :-)
(Quel est ce passage de la bible?)
Bon, encore des dragons, les sculpteurs se sont amusés... Ici, j'aime bien l'idée d'un dragon à trois têtes, une sorte de cerbère-dragon!
Et deux derniers, qui tirent la langue: l'un avec un air féroce, l'autre... gourmand? ça ne me semble pas très religieux, tout ça, non?
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La cathédrale de Séville: Histoire et visite
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J'en ai parlé souvent et je l'ai montré un peu, dans les billets publiés depuis mon arrivée à Séville, mais je n'étais pas retourner visiter officiellement la cathédrale - je dis retourner car je l'avais visité en 2006.
Je me souviens qu'en 2006, certains détails m'avaient impressionnés, alors que d'autres m'avaient laissés de glace. Eh bien, la même chose s'est produite pour ma visite de 2006... et ce sont, essentiellement, les mêmes détails que j'ai aimé revoir et les mêmes choses sur lesquelles je suis passé rapidement.
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Un peu d'histoire est utile à comprendre la cathédrale de Séville. Je ferai donc un résumé très rapide de l'historique de l'édifice.
Après la conquête de d'al Andalus par les Maures, Sevilla est devenue la seconde cité d'importance après la "capitale" du Califat, Cordoba. Quand la pression des chrétiens du nord (ayant pris Toledo) a commencé à être trop inquiétante, le calife d'alors fait appel à un allié: les almoravides (musulmans du Maroc), qui réussissent non seulement à créer une forte opposition aux chrétiens en protégeant le sud musulman, mais l'envahissent carrément.
Incapables d'intégrer la population à leur gouvernance, ils sont rapidement conquis par les Almohades, également du Maroc, qui donnent à Sevilla son âge d'or musulman. L'architecture et les influences arabes de l'Andalousie viennent essentiellement de cette époque. Entre 1184 et 1198, la construction d'une grande mosquée est complétée à Séville. La mosquée est accompagnée d'un minaret impressionnant de 100 mètres de haut, qu'on appelle aujourd'hui La Giralda (photo-gauche).
Après la reconquête chrétienne, la mosquée est "convertie" et consacrée comme cathédrale de Séville. Nous sommes en 1248. Un siècle plus tard, un tremblement de terre détruit une partie de l'édifice, et la partie supérieure de l'ancien minaret s'effondre. En 1402, on décide donc de démolir les restes de la mosquée et de construire une véritable cathédrale. On dit que l'intention était de bâtir un édifice tellement impressionnant que les générations futures croiraient que ses concepteurs étaient fous.
Une gigantesque cathédrale gothique est donc érigée sur l'ancien site de la mosquée (photo-droite).
La cathédrale de Séville est reconnue comme la plus grande église gothique au monde. On disait qu'il s'agissait aussi de la troisième plus vaste église au monde, après S-Paul à Londres et St-Pierre à Rome. Des récentes mesures - basées sur les mètres cubes - la classent désormais première à ce chapitres également.
Mais malgré cette ambition de gigantisme, la cathédrale gothique n'arrive pas à impressionner autant que les deux ci-haut mentionnées. C'est quelque chose d'ériger un édifice de cette taille, tout en pierre, mais encore faut-il réussir à l'habiter, lui donner une âme. Pour ce visiteur-ci, une succession de dizaines de chapelles toutes richement décorées ne suffit pas à donner cette esprit au lieu; pire, après une douzaine de chapelles, on se lasse un peu, je dois dire, de la répétition des styles et des oeuvres présentes.
Entre 1528 et 1601, à la renaissance, on a ajouté quelques chapelles à la décoration de l'ensemble - et ma foi, ce sont les plus belles de mon point de vue. C'est aussi à cette époque que l'on a décidé d'ériger un clocher sur le dessus de l'ancien minaret. Une grande sculpture représentant la Foi et tournant sur son socle au gré du vent a été installée au sommet du nouveau clocher. C'est cette girouette qui donna son nom actuel au campanile entier: La Giralda (la Girouette). La sculpture elle-même a été baptisée El Giraldillo. La Giralda, de même que le Patio des orangers (photo-haut-gauche) et les murs qui l'entourent, sont les seuls éléments de l'ancienne mosquée almohade que l'on peut encore apprécier aujourd'hui. Le clocher actuel est en fait le minaret en brique de la mosquée, auquel on ajouté un clocher renaissance des siècles plus tard.
Aujourd'hui, le visiteur entre par un portail qui date du début du 19e siècle, puis passe par une sorte de passage, quasi un tunnel, pour aboutir par une petite porte (photo-droite) en plein dans la cathédrale gothique. L'effet est réussi, la taille de l'édifice impressionne. Mais une fois passé cette impression, le vide impressionne lui aussi. L'ensemble comprend plus de 25 chapelles diverses... mais c'est un tombeau qui attire le plus l'attention. Et la cathédrale a beau être le lieu de repos de nombres d'archevêques ou autre homme d'église célèbre au pays, c'est le tombeau d'un voyageur qui retient toute l'attention.
Ce tombeau, qui est un monument, est porté par quatre grandes statues. Et on n'est pas certain de ce qu'il contient. La version officielle: il s'agit des restes de Christophe Colomb. Quand Colomb est décédé, en 1506, ses restes ont été enterrés à Valladolid, où il est mort. Trois ans plus tard, sa tombe a été déplacée à Séville, dans le monastère Santa Maria, où on a aussi enterré son fils Diego. La veuve de Diego voulait que son mari et le père de celui-ci reposent à Hispaniola (L'île où Colomb a débarqué pour la première fois en Amérique, aujourd'hui partagée entre Haiti et la République Dominicaine). Suite a l'intervention de Charles V, en 1544, les deux tombes ont été déplacées à Santo Domingo, où on a aussi enterré, plus tard, le petit-fils de Colomb, Luis. Des travaux de rénovations auraient endommagés les tombes des Colombs à Hispaniola, et à ce moment-là, on aurait décidé de réunir les restes des trois dans un même tombeau. Quand l'Espagne a cédé Santo Domingo à la France, on a déplacé les restes vers La Havane, alors encore une colonie espagnole. En 1898, l'indépendance de Cuba sonna une nouveau déplacement du tombeau, qu'on ramena à Séville.
C'est ce tombeau que l'on peut voir aujourd'hui dans la cathédrale de Séville (photo-gauche), et il contiendrait les restes mélangées de Christophe, Diego et Luis. Évidemment, depuis que les autorités de la République Dominicaine ont annoncé la découverte des restes de Colomb chez eux, on ne sait plus vraiment qui est où. Au début des années 2000, des tests d'ADN ont permis de conclure que les restes de Séville étaient apparentés à ceux d'Hernando, le frère de Christophe Colomb. Les autorités de la République Dominicaine ont simplement dit ne pas faire confiance à ces tests pour permettre de tester leurs restes de Colomb... Au moins, avec la tombe d'Hernando Colomb elle aussi dans la cathédrale de Séville, on sait qu'il y a là au moins un des frères Colomb.
La cathédrale gothique possède trois très beaux atours, à part ses dimensions; le choeur, et un gigantesque retable incroyablement intriqué de détails minutieux, et les 4 orgues monumentaux qui encadrent ce dernier sous des décorations de plafonds fort élaborées (photo-haut-droite).
Sinon, comme je l'ai mentionné ci-haut, ce sont les chapelles et salles de la Renaissance qui valent le détour. La salle capitulaire est particulièrement spectaculaire. de forme ovale, et décorée du plafond (photo-gauche) au plancher (photo-bas-droite), elle demeure le lieu le plus impressionnant de toute la cathédrale. Son plancher est d'ailleurs décoré selon un modèle élaboré par Michelangelo.
Cette note n'est pas mentionnée au hasard. Je m'en voudrais d'avoir l'air blasé ou snob, mais coup donc. La cathédrale gothique comporte des dizaines de chapelles décorées et ornées de vitraux et de sculptures et surtout de tableaux. Ceux-ci, quelques fois anonymes, quelques fois signés, représentent évidemment des thèmes religieux assez standards. Or, après mes visites en Italie en 2003, je suis devenu un peu plus exigeant côté peintures religieuses. Je ne suis pas un connaisseur ni un grand amateur d'art religieux, et force m'est d'admettre que tout le monde n'est pas Michelangelo, Botticelli ou Raphael. Ce que ces trois là ont fait - Renaissance, encore - a en quelque sorte imposé un cadre de référence pour cet amateur-ci. Ainsi, aucune des peintures - mêmes celles identifiées comme "poignantes" par mon livre ou le guide de la cathédrale - ne m'ont réellement impressionné.
Après la visite heureuse des chapelles et salles de la renaissance, je me suis donc dirigé vers la Giralda, puisque le clocher/minaret se grimpe! Le visiteur peut emprunter les 35 rampes d'accès successives pour accéder au niveau des cloches (photo-gauche) du campanile et profiter d'une vue imprenable sur tout Séville. Rampes? Oui, car à l'époque de la construction du minaret, on a imaginé qu'à 100 mètres de hauteur, le responsable de l'appel à la prière pourrait ainsi se rendre au sommet à cheval plutôt qu'à pied. La Giralda n'a donc pas d'escaliers. Et la Giralda demeure encore une vue impressionnante aujourd'hui, près de mille ans après sa construction. Une règle non-écrite d'urbanisme à Séville fait ne sorte qu'aucun édifice plus élevé que la Giralda n'a jamais été érigé à Séville.
Et tout en haut, dominant le clocher et le ciel de Séville, El Giraldillo (photo-droite), qui se déplace encore aujourd'hui au gré des vents.
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Note: Comme ce billet comporte un texte relativement long, je reviendrai sur les détails architecturaux de la cathédrale dans un billet à part.
Je me souviens qu'en 2006, certains détails m'avaient impressionnés, alors que d'autres m'avaient laissés de glace. Eh bien, la même chose s'est produite pour ma visite de 2006... et ce sont, essentiellement, les mêmes détails que j'ai aimé revoir et les mêmes choses sur lesquelles je suis passé rapidement.
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Un peu d'histoire est utile à comprendre la cathédrale de Séville. Je ferai donc un résumé très rapide de l'historique de l'édifice.
Après la conquête de d'al Andalus par les Maures, Sevilla est devenue la seconde cité d'importance après la "capitale" du Califat, Cordoba. Quand la pression des chrétiens du nord (ayant pris Toledo) a commencé à être trop inquiétante, le calife d'alors fait appel à un allié: les almoravides (musulmans du Maroc), qui réussissent non seulement à créer une forte opposition aux chrétiens en protégeant le sud musulman, mais l'envahissent carrément.
Après la reconquête chrétienne, la mosquée est "convertie" et consacrée comme cathédrale de Séville. Nous sommes en 1248. Un siècle plus tard, un tremblement de terre détruit une partie de l'édifice, et la partie supérieure de l'ancien minaret s'effondre. En 1402, on décide donc de démolir les restes de la mosquée et de construire une véritable cathédrale. On dit que l'intention était de bâtir un édifice tellement impressionnant que les générations futures croiraient que ses concepteurs étaient fous.
La cathédrale de Séville est reconnue comme la plus grande église gothique au monde. On disait qu'il s'agissait aussi de la troisième plus vaste église au monde, après S-Paul à Londres et St-Pierre à Rome. Des récentes mesures - basées sur les mètres cubes - la classent désormais première à ce chapitres également.
Mais malgré cette ambition de gigantisme, la cathédrale gothique n'arrive pas à impressionner autant que les deux ci-haut mentionnées. C'est quelque chose d'ériger un édifice de cette taille, tout en pierre, mais encore faut-il réussir à l'habiter, lui donner une âme. Pour ce visiteur-ci, une succession de dizaines de chapelles toutes richement décorées ne suffit pas à donner cette esprit au lieu; pire, après une douzaine de chapelles, on se lasse un peu, je dois dire, de la répétition des styles et des oeuvres présentes.
Ce tombeau, qui est un monument, est porté par quatre grandes statues. Et on n'est pas certain de ce qu'il contient. La version officielle: il s'agit des restes de Christophe Colomb. Quand Colomb est décédé, en 1506, ses restes ont été enterrés à Valladolid, où il est mort. Trois ans plus tard, sa tombe a été déplacée à Séville, dans le monastère Santa Maria, où on a aussi enterré son fils Diego. La veuve de Diego voulait que son mari et le père de celui-ci reposent à Hispaniola (L'île où Colomb a débarqué pour la première fois en Amérique, aujourd'hui partagée entre Haiti et la République Dominicaine). Suite a l'intervention de Charles V, en 1544, les deux tombes ont été déplacées à Santo Domingo, où on a aussi enterré, plus tard, le petit-fils de Colomb, Luis. Des travaux de rénovations auraient endommagés les tombes des Colombs à Hispaniola, et à ce moment-là, on aurait décidé de réunir les restes des trois dans un même tombeau. Quand l'Espagne a cédé Santo Domingo à la France, on a déplacé les restes vers La Havane, alors encore une colonie espagnole. En 1898, l'indépendance de Cuba sonna une nouveau déplacement du tombeau, qu'on ramena à Séville.
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Note: Comme ce billet comporte un texte relativement long, je reviendrai sur les détails architecturaux de la cathédrale dans un billet à part.
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