mardi 9 octobre 2012

La nuit des lumières

Une fois l'an, à Leeds, on célèbre pendant la nuit; La nuit des lumières.
Ce thème sert de prétexte à l'illumination et l'ouverture nocturne de plusieurs édifices publics - comme l'hôtel de ville, par exemple, et invite les artistes de toutes disciplines à offrir des performances publiques pour l'occasion. Une centaine d'activités diverses prennent donc place pendant la nuit des lumières (qui est en fait une soirée des lumières, puisque les activités s'étendent essentiellement de 17h à 23h et permettent une large participation familiale).


Ainsi, j'en ai profité pour prendre quelques clichés nocturnes d'édifices phares de la ville, comme celui du Civic Hall.


Je ne suis pas arrivé à déterminer si cette horloge dans une main lumineuse faisait partie ou non de la petite présentation théâtrale juste à côté, puisque je suis arrivé sur les lieux à la toute fin de la représentation, mais j'ai tout de suite pensé que la présence d'une horloge aussi originale venait confirmer mon impression que les gens de Leeds aiment être à l'heure.


Millenium Square était très animé - comme tout le quartier civique d'ailleurs - et l'écran qui diffuse normalement les nouvelles de Londres présentait des vieux films en noir et blanc sur la place.


Quelques kiosques offraient de la nourriture et des divertissements, mais c'est cette jeune femme spécialisée en desserts, thés et cafés qui a attiré mon attention, avec son installation issue d'une Volkswagen Westfalia rose.


Le City Museum était ouvert toute la soirée et présentait des expositions spéciales pour l'occasion - de même que certains tours de villes thématiques, dont un classique sur les lieux hantés et les fantômes. J'ai plutôt visité une très étrange exposition photos sur les liens entre Leeds et le Canada (j'y reviendrai éventuellement). Les artistes ayant définitivement adopté un point de vue naturaliste, les photos des villes canadiennes comme Québec ou Vancouver, ou celles de Calgary ou du Manitoba étaient particulièrement non représentatives de l'image que l'on se fait de ces endroits ou de leurs lieux les plus connus.


L'Hôtel de ville était lui aussi mis à contribution, avec des visites de sa tour (malheureusement fort limité, les billets s'étaient envolés des heures plus tôt) et était illuminé pour l'occasion. Devant le City Hall, des femmes costumées en zombie participaient à une séance de Zombie Aerobics qu'aurait adoré une de mes amie fan de F&SF (Valérie B). Les zombies ont d'ailleurs offert une performance particulièrement remarquée sur Thriller de Michael Jackson.


À l'intérieur du vestibule de l'Hôtel de ville... qui offrait la visite de la Cour Municipale...


... et des cellules où sont hébergés les prisonniers avant leur comparution. On accède à celles-ci directement de la salle d'audience de la Cour par un escalier menant au sous-bassement de l'Hôtel de ville.


Plus bas (!), nous accédons aux anciennes cellules, où les prisonniers étaient maintenus dans une obscurité totale - et des préposés à la nuit des lumières se font un plaisir de nous faire vivre l'expérience pour 5 minutes par petits groupes. Rigolo, si vous n'êtes pas claustrophobes.
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Sept "personnages" de Leeds

Un petit billet photo prétexte à vous présenter sept "personnages" aperçus à Leeds.


Le prince noir sur son cheval. City Square. Le prince noir, C'est Edward Prince de Galles, fils aîné du Roi Edward III mais qui mourut un an avant son père, cédant ainsi le trône à son fils Richard II. Ce faisant, il devenait le premier Prince de Galles à ne pas devenir Roi d'Angleterre. Le prince noir n'a aucun lien avec la ville de Leeds, mais le Maire de Leeds, qui a personnellement payé pour faire ériger cette statue, avait beaucoup d'admiration pour lui. On dit aussi qu'il aurait s'agit d'un honneur pour l'alors futur Edward VII qui avait, en tant que Prince de Galles, fait ouvrir l'infirmerie de Leeds et le Yorkshire College, maintenant tous deux partie de l'Université de Leeds.


Le camionneur de Dortmund  - portant un tonneau de bière (The Dortmund Drayman). Dortmund Square. Ici, la connexion est plus facile à faire; la ville de Leeds ayant été jumelée pendant une décennie à la ville allemande de Dortmund, cette dernière a commandité une sculpture en honneur de ce jumelage qu'elle a offerte à Leeds. la sculpture est de Arthur Schulze-Engels.


James Watt. Devant l'ancien bureau de poste. City Square. Cette sculpture honorant l'homme de science écossais a été érigée au moment de l'élévation de Leeds du statut de Town à celui de City, un passage important en Angleterre. Watt est ainsi honoré car si Leeds a prospéré de la sorte, c'est en grande partie grâce à ses inventions améliorant l'efficacité des engins à vapeur.


Nymphe, en face de l'Hôtel The Queens. City Square. Il y a huit figures féminines qui encerclent le prince noir à City Square. Quatre d'entre elles représentent le matin, et les quatre autres le soir. On a ainsi voulu inviter les passant à la réflexion et faire contraste avec la figure forte du prince noir sur son cheval.


Joueur de pétanque observé par une petite famille. Bond Court. La présence d'un joueur de pétanque à cet endroit s'explique par la présence d'un terrain de pétanque juste à côté. Que fait un terrain de pétanque (d'un court seulement) en plein milieu de l'Angleterre demeure pour moi un mystère, mais j'ai lu qu'il existe un club, et un tournoi annuel de ce sport marseillais prenant place à cet endroit, en plein centre-ville de Leeds.


Celle-ci est plus facile à identifier - et à interpréter. Après la mort de la reine Victoria, plusieurs villes d'Angleterre ont commandités des monuments en son honneur, et Leeds n'a pas fait exception. Ce monument a donc été inauguré en 1905 et placé devant le Leeds City Hall. Quelques décennies plus tard, quand le square devant l'hôtel de ville a été remodelé pour faire place à des rues plus larges et du stationnement, le monument à été déplacé dans le Woodhouse Moor, un grand parc urbain à côté de l'Université de Leeds, où il est toujours. La sculpture montre Victoria, mais aussi des représentation de la Paix (à gauche sur ma prise de vue) et de l'Industrie (de l'autre côté du monument). Au bas, on peut voir les noms de territoires/colonies alors partie de l'empire britannique - le Canada apparaissant sous la statue représentant la Paix.


Arthur Wellesley a été le premier Duke of Wellington et après sa mort, on a voulu l'honorer (pourquoi à  Leeds? Aucune idée, mais j'imagine qu'ayant été un personnage politique important - secrétaire d'état et premier ministre - plusieurs endroits en Angleterre l'ont honoré de la sorte). La sculpture a été réalisée par le sculpteur favori de la reine Victoria - Marochetti - un choix controversé vu l'origine italienne de l'artiste: Certains britanniques auraient préféré un artiste national pour honorer un personnage aussi important. Comme la sculpture était elle aussi devant le City Hall, elle a été déplacée dans le Woodhouse Moor en même temps que celle de Victoria en 1937.
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lundi 8 octobre 2012

Les rues de Saltaire

Quand je vous ai parlé de ma visite dans le village de Saltaire, j'ai peu parlé des rues résidentielles du village. Même si ces rues n'ont rien de particulièrement époustouflant, j'y ai quand même noté quelque chose qui m'est apparu vraiment unique.


Mais d'abord, le nom des rues, dont je vous ai parlé; Ici, au coin de Titus et Victoria, nommées en hommage au fondateur et à la reine. Le village tire d'ailleurs son nom d'une combinaison du nom du fondateur (sir Titus Salt) et de la rivière sur les berges de laquelle il se trouve (l'Aire).


Ce coin de rue se trouve au croisement de Helen et Caroline, et on aperçoit la rue Ada un peu plus loin. Comme il ne s'agit pas de monarques britanniques, j'ai assumé qu'il s'agissait du nom de ses filles, car Salt avait réservé les noms de rues pour les immortaliser.


Même concept au coin de Amelia... On remarquera que l'architecture des maisons est uniforme et que c'est dans les détails qu'il y a des différences; détachées, semi-détachées, en rangée, porte en retrait de la rue ou non...


Quelques-unes des maisons sont également décorées de vitraux, comme celle-ci, sur Titus Street.


Mais ce qui rend - à mon sens - les rues de Saltaire unique, c'est ceci.


Autre exemple du phénomène. Étonnant n'est-ce pas?


Si vous n'avez pas encore remarqué, voici un troisième exemple, plus frappant *.


Et un autre. Je n'ai noté quelque chose du genre dans aucune autre ville du monde.


Un dernier exemple, peut-être le plus évident. Et il ne s'agit pas d'exceptions, que je viens d'étaler, mais la norme, que l'on retrouve dans toutes les rues de Saltaire.
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* Le premier à laisser un commentaire identifiant le phénomène se gagne un souvenir de Leeds à mon retour.

samedi 6 octobre 2012

Saltaire

Parc urbain le long de la rivière.
Sir Titus Salt était un homme d'affaire. Il avait d'abord été associé avec son père, avant de reprendre l'entreprise familiale de textile. Un jour, il décide d'acheter quelques lots de fibre d'alpaga aperçus à Liverpool et fait des expériences qui s'avèrent concluante pour ses textiles. Il retourne acheter tout ce qui est disponible à Liverpool et devient un important producteur de laine issu d'un mélange à base de fibre d'alpaga. Faisant ainsi fortune, et devenant au passage Maire de Bradford (ville voisine de Leeds), il s'attaque aussi à la pollution créée par l'industrialisation de la ville.
L'usine Salts.
Il veut ensuite de regrouper toutes ses activités de production de textile dans une grande usine moderne, mais il n'aime pas Bradford, qui est toujours polluée et populeuse; il décide alors d'installer son usine ailleurs, et d'ériger tout autour un village où résideraient sa famille et ses employés.
Choisissant un lieu situé le long du chemin de fer, donnant sur le canal reliant Leeds à Liverpool, il fonda le village de Saltaire.
Toute la conception de Saltaire a été mise entre les mains de deux architectes, qui se seraient inspirés du style classique italien. Des rues fonctionnelles, des maisons de qualité, en pierre, avec eau courante et assez de pièces pour loger une famille confortablement, Salt était d'avis que des employés en santé et heureux ne pouvaient qu'être plus productifs. Avec son école, son hôpital, son église, la ville comprenait un secteur où les retraités avaient droits à une maison à loyer gratuit, et la compagnie leur versait même une pension - et ce 40 ans avant que le pays se dote d'un régime de pensions.
A l'intérieur, galerie et matériel d'artiste, avec quelque
vieille machine industrielle.
Ce "village modèle" a été recopié par la suite, et a servi de base pour l'urbanisme moderne, où les zones industrielles, bruyantes et ouvrières sont séparées des zones résidentielles et commerciales.
Après le déclin de l'industrie anglaise du textile, l'usine de Saltaire a été fermé définitivement en 1986, soit cent-dix ans après la mort de son fondateur. Depuis, les installations ont été réaménagées pour faire place à des artisans, des cafés, une librairie, et une galerie d'art, entre autres. C'est que Saltaire est demeuré à peu près intacte depuis sa fondation par Titus Salt, en faisant un lieu particulièrement intéressant, et une destination touristique dans la région.
Le village de Saltaire étant un des villages issu du 19e siècle les mieux préservés au monde, il a été classé au patrimoine mondiale de l'UNESCO en 2001.

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La partie neuve de l'usine, à gauche, fait face à l'édifice qui abritait les bureaux de la compagnie (à droite).


L'église de Saltaire est une des réalisations les plus spectaculaire des architectes de Saltaire;  Lockwood et Mawson. Elle est d'ailleurs classée un des monuments d'importance nationale du Royaume Uni.


Devant l'institut municipal, ce lion original, qui relaxe en se lavant la patte.


Une rue typique de Saltaire, maisons en rangée, plan urbain en grille et devantures sur la rue ou en retrait, selon le statut de l'employé qui l'occupe.


Une des rues ayant conservé son pavé original; Albert Terrace. Titus Salt avait fait nommer les rues en l'honneur de monarques anglais, des deux architectes... et de ses propres enfants.


Aujourd'hui, quelques commerces, cafés et pubs ornent de rares devantures commerciales de Saltaire, encore largement résidentiel. Il ressort de l'expérience un village très tranquille, avec peu à voir, à part son architecture et son urbanisme particuliers. Avec ses rues quadrillées et l'uniformité du style et des matériaux, l'ensemble semble harmonieux, et ingénieux, mais n'est pas nécessairement spectaculaire et n'inspire pas nécessairement de sentiment d'émerveillement.


La plus vieille partie de l'usine (à droite) et la plus récente (à gauche) flanquent le canal reliant Leeds à Liverpool (pendant mon cours trajet de train vers Saltaire, j'ai d'ailleurs pu apercevoir rapidement une série d'écluse sur le canal).

Mémorial du bombardement de Leeds

Même si Leeds a largement échappé aux plus fort des bombardements pendant la seconde guerre mondiale, il y a quand même eu des bombes lâchées sur la ville et les environs. Dans la nuit du 14 au 15 mars 1941, le plus important bombardement de Leeds touchait une rue résidentielle du sud de la ville, des résidences de Woodhouse (quartier ouvrier) ainsi que le quartier de Headingley.


Aujourd'hui, on peut voir un mémorial particulièrement émouvant concernant ce tragique événement.


On a simplement installé des pierres (résidus des bombardements) en formant des cercles dans un parc.


Quelques pierres ont été sculptées (pour l'occasion ou l'étaient-elle déjà?).


Détails de quelques reliefs; arbre, plante, poisson, vase...
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On voit évidemment beaucoup de mémorial à la guerre (la première comme la seconde) en Europe et Leeds n'échappe pas à cette règle de mémoire. Par contre, la plupart de ces installations sont généralement des monuments dédiés à ceux qui ont perdus la vie à la guerre (les soldats). Rares sont les monuments dédiés aux victimes civiles de bombardements comme ceux du 14-15 mars 1941 à Leeds. C'est pourquoi j'ai trouvé cette installation particulièrement intéressante.
Fait intéressant, malgré de nombreuses bombes lancées cette nuit là sur le quartier Beeston (sud) de Leeds, une seule rue résidentielle a été touchée, le reste des bombes explosant dans un parc urbain du quartier. L'auteur local Tony Harison, qui a vécu le bombardement dans ce quartier, a d'ailleurs récemment écrit un poème selon lequel le pilote de la Luftwaffe a sciemment raté sa cible pour éviter de tuer des innocents.
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Clocks

J'en parlais il y a quelques jours, mais en voici l'illustration. À Leeds, vous avez peu de chance de vous en sortir, si vous êtes en retard malgré ça:

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vendredi 5 octobre 2012

Des noms royaux

Une de choses les plus typiquement britanniques que je puisse voir à tous les jours, dans tous les quartiers de Leeds, c'est bien le nom des rues.


Quand il ne s'agit pas du nom d'un monarque, il y a une référence à la monarchie ou à l'église... Il y a toutefois quelques amusantes exceptions, comme celle que j'ai glissé dans le montage ci-haut :-)
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Les caprices du temps

Je mentionnais l'autre jour à quel point la météo était imprévisible ici, tout en étant, en fait, tout à fait prévisible. Chaque heure du jour est une aventure météo, impossible de planifier quoi que se soit, mais une chose est sûre, il va faire soleil, il y aura des nuages et il va pleuvoir. Écouter les prévisions à la BBC le soir est une comédie, on dirait un running gag anglais, dans lequel le présentateur multiplie les synonyme (comme "percolate") pour annoncer de la pluie.
Ceci dit, le caprices du temps offrent parfois des effets d'éclairage, des contrastes, ou encore de la variété dans les couleurs du ciel, qui donnent des résultats quand même intéressants sur les photos. Voici six exemples récents: 


Rangée de maison avec ciel aux allures dramatiques; Headingley.


Couple de touristes prenant des photos le long d'un mur de pierre - ciel dramatique; Headingley.


Kirkstall Avenue, Headingley.


Ruines de Kirkstall Abbey.


Ruines de Kirkstall Abbey.


Royal Park Road, à la tombée de la nuit, Hyde Park.
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jeudi 4 octobre 2012

La bourse du maïs

La bourse du maïs de Leeds est un édifice historique dont la construction remonte aux années 1860.
À cette époque, il n'était pas rare de retrouver dans les grandes villes, ces édifices consacrés au commerce et aux échanges sur les céréales. À Leeds, l'édifice de la bourse du maïs se retrouve un peu en retrait du quartier commercial (The Arcades), près de la voie ferrée et de la rivière.


Après la cessation des activités commerciales sur les céréales - centralisées au cours du 20e siècle - l'édifice a été abandonné, tout comme une partie de ce quartier.


Au milieu des années 80, l'immeuble de la bourse du maïs a été restauré et converti en centre commercial alternatif, hébergeant des boutiques indépendantes et offrant des produits alternatifs aux grandes chaines. C'est encore sa vocation aujourd'hui. Il a traversé une autre phase de restauration récemment (2007-2008) et le voici donc dans toute son actuelle splendeur.


Lors de mon passage, le vaste espace intérieur était occupé par une foire de disques vinyles et de CD usagés.


Il s'agit d'un des très rares édifices à avoir été conçu pour porter un dôme ovale en guise de toit, et il faut dire que l'espace ainsi créé est absolument spectaculaire.


Les escaliers menant au balcon et au sous-sol ont été ajoutés lors de la conversion des années 80.


Vue d'ensemble de l'intérieur, et d'une partie du dôme - dont la portion supérieure est vitrée.


Vue d'ensemble de ce véritable icone de Leeds, splendide construction qui domine le paysage de ce quartier, comme on pouvait d'ailleurs le constater sur la 4e photo panoramique publiée ici.
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