Après une journée dans le quartier historique de Philadelphie, nous avons décidé de passer notre seconde journée dans le quartier plus contemporain du centre-ville.
Un panoramique du Benjamin Franklin Bridge, traversant la Delaware River. De l'autre côté, c'est le New Jersey, aucun intérêt (hehehe, vieille joke new-yorkaise, mais j'imagine qu'elle marche aussi à Philadelphie)
En plein coeur du centre-ville, on retrouve quelques églises et temples, en plus de l'élégant édifice classique de l'hôtel de ville de Philadelphie. Conçu pour être la tour la plus haute du monde de son époque, il a pris 30 ans à être érigé et entre temps, les parisiens avaient érigé la Tour Eiffel, plus haute...
J'ai lu qu'il y avait plus de 1000 murales à Philadelphie. malheureusement, je n'en ai vu que quelques unes dans les environs du centre et aucune d'elles n'est placé dans un endroit qui ne favorise la prise de photo valorisant la murale en question.
Vue globale des édifices du centre-ville contemporain de Philadelphie. Côté activités, rythme et développement, le centre-ville n'est pas sans rappeler le centre de Montréal, ce qui est étonnant quand on sait que Philadelphie est la sixième ville en importance aux États-Unis, avec une population (région urbaine) de presque 6 millions d'habitants.
Vue sur le City Hall, prise de la John F. Kennedy Plaza, qui abrite le délicieux Love Park. La tour est dominée par une gigantesque statue de William Penn, le fondateur de la Pennsylvanie. Cette statue de 11 mètres demeure à ce jour la plus grande sculpture du monde à être situé au sommet d'un édifice.
Même plaza, même Love Park (on peut voir devant a fontaine, le singe LO-VE que l'on voyait déjà sur la photo précédente. Ce cliché, qui répond au précédent, a été pris du haut de la tour centrale du City Hall, quelques mètres à peine sous la statue de William Penn.
Et me voici, sous William Penn, avec les gratte-ciels du centre-ville derrière moi. Après avoir acheté le billet pour monter dans la tour, nous avons attendu quelques minutes pour un ascenseur pouvant accueillir 4 visiteurs et l'opérateur; ascenseur fenestré et vieillot, et ma foi, comme l'a fait remarquer Suze pendant la montée, nous avions sous-estimé la hauteur de cette tour, vu son caractère classique, et avions sous-estimé l'expérience de la montée dans un espace restreint... moi et mon vertige légendaire...
Vue (au zoom) de la rue, prise de la plate-forme d'observation du City Hall. On peut voir une épingle à linge géante, preuve que l'on peut aussi s'amuser à Philadelphie (sujet d'un prochain billet).
Le célèbre musée d'art (en arrière), avec une superbe fontaine monumentale qui domine le rond point devant l'édifice. Très européen comme endroit et comme décor, mais les touches régionales nous rappellent que nous sommes bien en Amérique (je parle de l'amérindienne et de l'orignal qui remplacent les traditionnelles figures gréco-romaines ou chevalières des monuments de la vieille Europe).
Une des tortues de la fontaine centrale de Logan Square (un endroit définitivement européen), avec une vue sur la tour du City Hall. malgré d'autres tours plus hautes érigées pendant et depuis sa construction, City Hall demeure encore aujourd'hui le plus grand bâtiment de maçonnerie aux États-Unis (il n'y a aucune structure d'acier pour le supporter, tout est réalisé en brique et en marbre.
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dimanche 23 mai 2010
Promenade dans le Philadelphie d'hier
Libellés :
USA
Court billet-photo sur une promenade dans le quartier historique de Philadelphie; un endroit calme et charmant, plein d'histoire, et où il fait bon se balader par une superbe journée d'été.
Le quartier historique de Philadelphie, après celui de Boston, fait de cette visite aux États-Unis une sorte de promenade sur les traces de benjamin Franklin improvisée.
La maison de Betsy Ross, qui aurait été la première à fabriquer un drapeau "Stars and Stripes", comme en témoignent les nombreux drapeaux qui ornent la maison (ouverte aux visiteurs) aujourd'hui.
Independance Hall, dont le style est typique de tout le quartier historique. Petites briques brun-rouge, ornementations beiges, fenêtres à carreaux. C'est là où ont été signées la déclaration de l'indépendance américaine (1776) et la constitution américaine (1787).
Elfreth's Alley, qui serait la plus ancienne rue résidentielle des États-Unis.
Le quartier historique est parsemé de ruelles et passages, dont plusieurs n'apparaissent pas sur les cartes générales de la ville mais qui valent le détour du flâneur.
D'une de ces ruelles, on voit une maison à vendre dans Elfreth's Alley!
Christ Church, vue d'un parc, comme on en trouve beaucoup dans le centre historique.
Franklin's Court, où la cour où passait Benjamin Franklin pour se rendre de sa maison à la rue (Market Street). On voit d'ailleurs le passage (à droite) reliant la cour à la rue - passage qu'empruntait Franklin.
Étrangement, certaines de ces vieilles demeures du 17e et 18e siècle ont survécu au-delà des limites du quartier historique, dans ce qui est devenu le centre-ville de Philadelphie.
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Le quartier historique de Philadelphie, après celui de Boston, fait de cette visite aux États-Unis une sorte de promenade sur les traces de benjamin Franklin improvisée.
La maison de Betsy Ross, qui aurait été la première à fabriquer un drapeau "Stars and Stripes", comme en témoignent les nombreux drapeaux qui ornent la maison (ouverte aux visiteurs) aujourd'hui.
Independance Hall, dont le style est typique de tout le quartier historique. Petites briques brun-rouge, ornementations beiges, fenêtres à carreaux. C'est là où ont été signées la déclaration de l'indépendance américaine (1776) et la constitution américaine (1787).
Elfreth's Alley, qui serait la plus ancienne rue résidentielle des États-Unis.
Le quartier historique est parsemé de ruelles et passages, dont plusieurs n'apparaissent pas sur les cartes générales de la ville mais qui valent le détour du flâneur.
D'une de ces ruelles, on voit une maison à vendre dans Elfreth's Alley!
Christ Church, vue d'un parc, comme on en trouve beaucoup dans le centre historique.
Franklin's Court, où la cour où passait Benjamin Franklin pour se rendre de sa maison à la rue (Market Street). On voit d'ailleurs le passage (à droite) reliant la cour à la rue - passage qu'empruntait Franklin.
Étrangement, certaines de ces vieilles demeures du 17e et 18e siècle ont survécu au-delà des limites du quartier historique, dans ce qui est devenu le centre-ville de Philadelphie.
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vendredi 21 mai 2010
Évacuation d'une cloche
Libellés :
USA
Il y eu tout un émoi dans Philadelphie...
La célèbre Liberty Bell, la cloche dont j'ai fait un indice dans mon billet du matin a été l'objet d'une alerte en après-midi. Après avoir découvert un ballon contenant une étrange substance blanche, les autorités ont fermé le musée que j'avais visité à peine une heure plus tôt, ne sachant pas de quoi il retournait. Camions de pompier, voitures de police, ambulances en attente, véhicules des réseaux d'information, et même 3 hélicoptères de télévision, le tout encadrant tout un quartier évacué pendant plus de 3 heures...
Un représentant fait face à la presse, au abords du barrage policier sur Market Street.
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Les nouvelles du soir feront état d'une poudre blanche qui se sera avéré inofensive (on parle d'un mélange de farine à l'heure actuelle).
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Les États-Unis ne lésinent pas sur la sécurité. On ne saurait leur reprocher cette attitude.
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La célèbre Liberty Bell, la cloche dont j'ai fait un indice dans mon billet du matin a été l'objet d'une alerte en après-midi. Après avoir découvert un ballon contenant une étrange substance blanche, les autorités ont fermé le musée que j'avais visité à peine une heure plus tôt, ne sachant pas de quoi il retournait. Camions de pompier, voitures de police, ambulances en attente, véhicules des réseaux d'information, et même 3 hélicoptères de télévision, le tout encadrant tout un quartier évacué pendant plus de 3 heures...
Un représentant fait face à la presse, au abords du barrage policier sur Market Street.
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Les nouvelles du soir feront état d'une poudre blanche qui se sera avéré inofensive (on parle d'un mélange de farine à l'heure actuelle).
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Les États-Unis ne lésinent pas sur la sécurité. On ne saurait leur reprocher cette attitude.
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Troisième visite étatsunienne historique
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USA
Bon, les gags les plus courts sont les meilleurs, et tel mon blogueur modèle ces jours-ci, je m'arrêterai à trois, pour les devinettes-photos: Où suis-je donc ce matin?
Indice 1: On y trouve une célèbre cloche. (Et tiens, un bonus: un tout aussi célèbre "Hall" que l'on voit derrière la cloche sur cette photo!)
Indice 2: On peut y voir un célèbre document débutant par "We, the people..." (Désolé, photo floue, captée semi-illégalement d'ailleurs, mais c'est d'une copie, l'original est trop bien surveillée et je suis trop respectueux des originaux dont on interdit la prise de photos).
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Je pense que vous hésitez entre deux villes...
Indice 3: Les locaux ne prennent par pour la même équipe de hockey que moi en ce moment.
;-)
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à suivre...
Indice 1: On y trouve une célèbre cloche. (Et tiens, un bonus: un tout aussi célèbre "Hall" que l'on voit derrière la cloche sur cette photo!)
Indice 2: On peut y voir un célèbre document débutant par "We, the people..." (Désolé, photo floue, captée semi-illégalement d'ailleurs, mais c'est d'une copie, l'original est trop bien surveillée et je suis trop respectueux des originaux dont on interdit la prise de photos).
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Je pense que vous hésitez entre deux villes...
Indice 3: Les locaux ne prennent par pour la même équipe de hockey que moi en ce moment.
;-)
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à suivre...
jeudi 20 mai 2010
Promenade au coeur de l'empire américain
Libellés :
USA
Si Boston marque une étape importante de l'histoire des États-Unis, rien ne vaut une promenade au coeur de l'empire américain pour prendre la mesure de la démesure dont peut faire preuve ce pays.
Mais, pour continuer à faire un Christian Sauvé de moi-même: où suis-je donc?
Indice 1: La ville comporte un bon nombre de gratte-ciels célèbres, dont celui-ci.
Indice 2: Ses taxis sont jaunes... et nombreux.
Indice 3: On y retrouve une statue célèbre :-)
Hehehe... je ne pouvais pas ne pas venir à New York cette année encore. Visiter NYC dans les années 2000, c'est comme visiter Rome du temps de l'empire romain. On peut y voir ce qu'il y a de mieux dans l'empire, mais aussi ce qu'il y a de plus étrange, de plus décadent, de plus spectaculaire, de plus choquant; bref, pour moi, New York, c'est le coeur de l'empire américain. À titre d'exemple, au Radio City Music Hall (juste à droite sur cette photo du NBC studios), on annonce des spectacles de Diana Ross, de Cheap Trick et du Dalai Lama. Où, ailleurs dans le monde, annonce-t-on Diana Ross et le Dalai Lama dans la même salle à quelques semaines d'intervalle?
Le coeur du coeur de l'empire américain: Times Square. Mon coin de rue préféré au monde. C'est délirant, amusant, divertissant, hallucinant, démesuré et scandaleux dans son gaspillage d'énergie sous toutes ses formes, c'est l'empire et son déclin condensé en un croisement de rues pouvant accueillir des dizaines de milliers de personnes; je ne m'en fatiguerai jamais.
Un peu off Times Square, 50e rue; un vendeur de babioles de rues qui lit en période tranquille... derrière, loin des pubs de Britney Spears, des films et des musicals, quelques affiches politiques sur la dette américaine et sur le nucléaire iranien. Photo paradoxale intentionnellement prise de l'intérieur de la boutique M&M au nord de Times Square.
La grande nouveauté de New York cette année, ce sont les hommes perchés - tels Spider-Man - sur les édifices près de Madison Square Park et du Flatiron Building. On en voit un ici, au centre de la photo, prise de la 5th avenue.
Deux autres Hommes dans le ciel de New York, sur 5th Avenue près de Broadway.
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Mais, pour continuer à faire un Christian Sauvé de moi-même: où suis-je donc?
Indice 1: La ville comporte un bon nombre de gratte-ciels célèbres, dont celui-ci.
Indice 2: Ses taxis sont jaunes... et nombreux.
Indice 3: On y retrouve une statue célèbre :-)
Hehehe... je ne pouvais pas ne pas venir à New York cette année encore. Visiter NYC dans les années 2000, c'est comme visiter Rome du temps de l'empire romain. On peut y voir ce qu'il y a de mieux dans l'empire, mais aussi ce qu'il y a de plus étrange, de plus décadent, de plus spectaculaire, de plus choquant; bref, pour moi, New York, c'est le coeur de l'empire américain. À titre d'exemple, au Radio City Music Hall (juste à droite sur cette photo du NBC studios), on annonce des spectacles de Diana Ross, de Cheap Trick et du Dalai Lama. Où, ailleurs dans le monde, annonce-t-on Diana Ross et le Dalai Lama dans la même salle à quelques semaines d'intervalle?
Le coeur du coeur de l'empire américain: Times Square. Mon coin de rue préféré au monde. C'est délirant, amusant, divertissant, hallucinant, démesuré et scandaleux dans son gaspillage d'énergie sous toutes ses formes, c'est l'empire et son déclin condensé en un croisement de rues pouvant accueillir des dizaines de milliers de personnes; je ne m'en fatiguerai jamais.
Un peu off Times Square, 50e rue; un vendeur de babioles de rues qui lit en période tranquille... derrière, loin des pubs de Britney Spears, des films et des musicals, quelques affiches politiques sur la dette américaine et sur le nucléaire iranien. Photo paradoxale intentionnellement prise de l'intérieur de la boutique M&M au nord de Times Square.
La grande nouveauté de New York cette année, ce sont les hommes perchés - tels Spider-Man - sur les édifices près de Madison Square Park et du Flatiron Building. On en voit un ici, au centre de la photo, prise de la 5th avenue.
Deux autres Hommes dans le ciel de New York, sur 5th Avenue près de Broadway.
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Curiosités bostonnaises affichées
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L'affichage (et la culture par),
USA
Je l'ai souvent fait par le passé, de divers pays et pour diverses raisons. cette fois-ci, je le fais simplement parce que par hasard, j'ai accumulé 5-6 photos d'affichages amusants lors de ma visite de Boston. Voici le résultat.
C'est ce que j'appelle un bon "timing", le camion de Jack Daniels qui s'arrête pour une livraison dans le quartier chinois, au "Great taste". Ils auraient pu plus mal tomber. :-)
Celui-ci est plus subtil, mais bien plus drôle. L'édifice est le siège social de la police, et au sous-sol, il y a - comme partout dans Boston - un pub irlandais... qui s'appelle "Cuffs" ("Menottes"). Only in Boston?
Ça, c'est une énigme: Dans le rond rouge typique d'une interdiction, on voit les lettres HC, dont j'ignore la signification. Juste à droite, s'adressant à ceux d'à côté, on peut voir un rond vert (une obligation, une autorisation), avec le HC... Présent ailleurs dans Boston, je n'ai pas réussi à comprendre de quoi il s'agissait!
La plus étrangement américaine... sans commentaire. (J'imagine les affiches passées avec Castro, Saddam, Staline... - soupir - c'est tellement simpliste).
Une petite presque trop beau pour être vrai: WB Mason qui offre des services d'accessoires de bureau depuis des décennies. C'est tellement vieillot dans le concept, tellement étonnant que dans l'empire du capitalisme une "petite" entreprise continue d'axer sa publicité sur son existence quasi centenaire... et le camion, et les deux drapeaux, et la face de WB Mason, avouez!
La plus tordante vient du State House, le "parlement" du Massachussetts, un haut lieu du sérieux, pourtant... mais regardez bien l'affiche devant l'édifice... On ne dira pas que les politiciens de la Nouvelle Angleterre ne disent pas les choses comme elles sont!
;-)
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C'est ce que j'appelle un bon "timing", le camion de Jack Daniels qui s'arrête pour une livraison dans le quartier chinois, au "Great taste". Ils auraient pu plus mal tomber. :-)
Celui-ci est plus subtil, mais bien plus drôle. L'édifice est le siège social de la police, et au sous-sol, il y a - comme partout dans Boston - un pub irlandais... qui s'appelle "Cuffs" ("Menottes"). Only in Boston?
Ça, c'est une énigme: Dans le rond rouge typique d'une interdiction, on voit les lettres HC, dont j'ignore la signification. Juste à droite, s'adressant à ceux d'à côté, on peut voir un rond vert (une obligation, une autorisation), avec le HC... Présent ailleurs dans Boston, je n'ai pas réussi à comprendre de quoi il s'agissait!
La plus étrangement américaine... sans commentaire. (J'imagine les affiches passées avec Castro, Saddam, Staline... - soupir - c'est tellement simpliste).
Une petite presque trop beau pour être vrai: WB Mason qui offre des services d'accessoires de bureau depuis des décennies. C'est tellement vieillot dans le concept, tellement étonnant que dans l'empire du capitalisme une "petite" entreprise continue d'axer sa publicité sur son existence quasi centenaire... et le camion, et les deux drapeaux, et la face de WB Mason, avouez!
La plus tordante vient du State House, le "parlement" du Massachussetts, un haut lieu du sérieux, pourtant... mais regardez bien l'affiche devant l'édifice... On ne dira pas que les politiciens de la Nouvelle Angleterre ne disent pas les choses comme elles sont!
;-)
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mardi 18 mai 2010
Une promenade dans les quartiers de Boston
Libellés :
USA
Suite de mes aventures en Amérique avec un petit billet-photo sur les quartiers de Boston et quelques éléments de ces quartiers qui m'ont particulièrement intéressé. Notez le beau ciel blanc, qui fait des photos un peu fades si on compare avec des images captées avec un ciel bleu, mais on ne décide pas de ce genre de chose.
Il pleut d'ailleurs ce soir, au moment de publier ceci... je me réfugie donc dans mon auberge près de Harvard avenue, avec une bière Samuel Adams...
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Boston Common; le "central park" de Boston, avec ses étangs, ses petits ponts poétiques et ses artistes captant le moment présent.
Près du port; la tour de l'ancien édifice de la douane - aujourd'hui un hôtel de la chaîne Marriott.
Downtown, vu de South Station. Notez le mélange intéressant d'édifices historiques et de gratte-ciels modernes. Notez également les petites pyramides au sol; des entrées du métro (j'y reviendrai).
Mon bilinguisme est trop jeune pour que j'aie été un fan de Cheers, que je considère toutefois comme l'ancêtre de ma série préférée; Friends. Là où Friends se passe dans un café, Cheers se passe dans un pub... celui-ci.
Le pub irlandais The Times, est non seulement situé dans un vieil édifice entouré de gigantesques immeubles modernes, mais en plus, sa terrasse est sise là où visiblement, on trouvait un autre édifice auparavant (et dont il ne reste que le contour tracé sur la brique du Times - on distingue même la cheminée).
Bay Village est un tout petit quartier historique de Boston, qui date des premiers temps de la ville. C'est charmant et miraculeusement préservé au centre d'une métropole comme Boston, et l'histoire du quartier est particulièrement intéressante, puisque toutes les maisons du coin ont été surélevées sur pilotis (l'ensemble a été remplis par la suite, d'où les plein pied d'aujourd'hui) alors que l'eau menaçait le village au moment où on remplissait le marécage qui allait accueillir un autre quartier plus loin du centre.
Boston Common. Comme dans un film américain, la cérémonie de graduation d'étudiants d'un collège local, avec toge et mortier, et en plein air.
Au nord de la Petite Italie, en face du cimetière de Copps Hill, on retrouve la plus petite maison de Boston. On y entre par la porte principale, située sur l'allée de côté, puisque la maison n'est pas assez large pour avoir une porte en avant...
Les superbes maisons de Back Bay, quartier plus aisé situé à l'ouest du centre-ville. Si plusieurs styles y cohabitent avec grâce, on reconnaît quelques éléments victoriens ici et là, de même que des balcons en caisson, des lucarnes et autres détails charmants qui font de ses rues un agréable promenade.
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Il pleut d'ailleurs ce soir, au moment de publier ceci... je me réfugie donc dans mon auberge près de Harvard avenue, avec une bière Samuel Adams...
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Boston Common; le "central park" de Boston, avec ses étangs, ses petits ponts poétiques et ses artistes captant le moment présent.
Près du port; la tour de l'ancien édifice de la douane - aujourd'hui un hôtel de la chaîne Marriott.
Downtown, vu de South Station. Notez le mélange intéressant d'édifices historiques et de gratte-ciels modernes. Notez également les petites pyramides au sol; des entrées du métro (j'y reviendrai).
Mon bilinguisme est trop jeune pour que j'aie été un fan de Cheers, que je considère toutefois comme l'ancêtre de ma série préférée; Friends. Là où Friends se passe dans un café, Cheers se passe dans un pub... celui-ci.
Le pub irlandais The Times, est non seulement situé dans un vieil édifice entouré de gigantesques immeubles modernes, mais en plus, sa terrasse est sise là où visiblement, on trouvait un autre édifice auparavant (et dont il ne reste que le contour tracé sur la brique du Times - on distingue même la cheminée).
Bay Village est un tout petit quartier historique de Boston, qui date des premiers temps de la ville. C'est charmant et miraculeusement préservé au centre d'une métropole comme Boston, et l'histoire du quartier est particulièrement intéressante, puisque toutes les maisons du coin ont été surélevées sur pilotis (l'ensemble a été remplis par la suite, d'où les plein pied d'aujourd'hui) alors que l'eau menaçait le village au moment où on remplissait le marécage qui allait accueillir un autre quartier plus loin du centre.
Boston Common. Comme dans un film américain, la cérémonie de graduation d'étudiants d'un collège local, avec toge et mortier, et en plein air.
Au nord de la Petite Italie, en face du cimetière de Copps Hill, on retrouve la plus petite maison de Boston. On y entre par la porte principale, située sur l'allée de côté, puisque la maison n'est pas assez large pour avoir une porte en avant...
Les superbes maisons de Back Bay, quartier plus aisé situé à l'ouest du centre-ville. Si plusieurs styles y cohabitent avec grâce, on reconnaît quelques éléments victoriens ici et là, de même que des balcons en caisson, des lucarnes et autres détails charmants qui font de ses rues un agréable promenade.
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Boston Freedom Trail
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USA
Les visiteurs de Boston reconnaîtront probablement le nom d'un circuit piétonnier couvrant une bonne partie du centre-ville et une excursion aux abords de Charlestown dans le titre de ce billet.
En effet, la "Freedom Trail" est un circuit facile à suivre et qui permet de voir et visiter plusieurs des lieux historiquement importants de Boston et des débuts des États-Unis.
Je l'avais déjà fait, ce circuit, mais c'était il y a plusieurs années, et c'était à une autre saison, alors j'ai parcouru à nouveau les quelques km dans les rues de Boston, (re)découvrant une partie de son histoire.
Voici quelques photos de ce que l'on peut donc qualifier d'attraction principale de Boston.
Le circuit est facile à suivre, il est marqué d'une ligne rouge. Contrairement aux conventionnels circuits colorés de d'autres villes, la Freedom Trail de Boston est intégrée dans les infrastructures de la ville; sa ligne rouge faisant partie du pavé grâce à un marquage de brique à signature unique et facilement repérable.
Le circuit piétonnier nous fait traverser quelques quartiers du centre de la ville; du parc Boston Common à la Petite Italie, en passant par le célèbre et achalandé Quincy Market (et sa statue de John Adams), situé non loin du port et de la maison historique des douanes (la plus haute tour ici).
L'ancien parlement de l'état (Old State House) est un édifice dont l'architecture est assez typique de son époque; on reconnait à la fois le style et les couleurs de briques et de toiture sur d'autres édifices des débuts de Boston, comme quelques églises et l'ancienne "Meeting House". Aujourd'hui, on remarque qu'un édifice aussi important que la Old State House est incroyablement petit par rapport aux gratte-ciels qui l'entourent dans le quartier des affaires.
La vieille église St.Stephens, dans le North End, là où a été baptisée Rose Kennedy.
De l'autre côté du Inner Harbor, dans le charmant quartier de Charlestown, on retrouve le plus ancien vaisseau de guerre encore à l'eau; le U.S.S. Constitution, un des symboles de la ville et des États-Unis. Avec le monument de Bunker Hill (dans le même quartier), les cimetières historiques, les monuments aux pères de la révolution et de la constitution américaine, ainsi que tout ce qui entoure le Boston tea party et la révolution américaine, il est difficile de ne pas constater à quel point l'histoire des States est parsemée de conflits et batailles, de héros et de victoires glorifiées, ce qui est fort différent de l'histoire du Canada, avec ses deux solitudes (les loyalistes refusant de combattre l'empire, et les patriotes, vaincus).
La Old South Meeting House, où a justement débuté le Boston Tea Party, élément marquant de l'histoire de la révolution et l'indépendance américaine.
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Trivia: Aviez-vous déjà remarqué que les pères de l'indépendance américaine s'appelaient... John, Paul, George... et... (Avouez que le premier nom qui vient à l'esprit, c'est Ringo!).
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En effet, la "Freedom Trail" est un circuit facile à suivre et qui permet de voir et visiter plusieurs des lieux historiquement importants de Boston et des débuts des États-Unis.
Je l'avais déjà fait, ce circuit, mais c'était il y a plusieurs années, et c'était à une autre saison, alors j'ai parcouru à nouveau les quelques km dans les rues de Boston, (re)découvrant une partie de son histoire.
Voici quelques photos de ce que l'on peut donc qualifier d'attraction principale de Boston.
Le circuit est facile à suivre, il est marqué d'une ligne rouge. Contrairement aux conventionnels circuits colorés de d'autres villes, la Freedom Trail de Boston est intégrée dans les infrastructures de la ville; sa ligne rouge faisant partie du pavé grâce à un marquage de brique à signature unique et facilement repérable.
Le circuit piétonnier nous fait traverser quelques quartiers du centre de la ville; du parc Boston Common à la Petite Italie, en passant par le célèbre et achalandé Quincy Market (et sa statue de John Adams), situé non loin du port et de la maison historique des douanes (la plus haute tour ici).
L'ancien parlement de l'état (Old State House) est un édifice dont l'architecture est assez typique de son époque; on reconnait à la fois le style et les couleurs de briques et de toiture sur d'autres édifices des débuts de Boston, comme quelques églises et l'ancienne "Meeting House". Aujourd'hui, on remarque qu'un édifice aussi important que la Old State House est incroyablement petit par rapport aux gratte-ciels qui l'entourent dans le quartier des affaires.
La vieille église St.Stephens, dans le North End, là où a été baptisée Rose Kennedy.
De l'autre côté du Inner Harbor, dans le charmant quartier de Charlestown, on retrouve le plus ancien vaisseau de guerre encore à l'eau; le U.S.S. Constitution, un des symboles de la ville et des États-Unis. Avec le monument de Bunker Hill (dans le même quartier), les cimetières historiques, les monuments aux pères de la révolution et de la constitution américaine, ainsi que tout ce qui entoure le Boston tea party et la révolution américaine, il est difficile de ne pas constater à quel point l'histoire des States est parsemée de conflits et batailles, de héros et de victoires glorifiées, ce qui est fort différent de l'histoire du Canada, avec ses deux solitudes (les loyalistes refusant de combattre l'empire, et les patriotes, vaincus).
La Old South Meeting House, où a justement débuté le Boston Tea Party, élément marquant de l'histoire de la révolution et l'indépendance américaine.
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Trivia: Aviez-vous déjà remarqué que les pères de l'indépendance américaine s'appelaient... John, Paul, George... et... (Avouez que le premier nom qui vient à l'esprit, c'est Ringo!).
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lundi 17 mai 2010
L'Esprit Vagabond en Amérique!
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USA
Si vous suivez ce blogue depuis un moment, vous savez déjà qu'un de mes idoles est Tintin. Le reporter aventurier d'Hergé aura inspiré quelques uns de mes rêves (mayas, incas, asiatique, slovaques, etc.), mais étrangement, je n'avais jamais réellement pensé à Tintin en Amérique comme une grande source d'inspiration pour un voyage dépaysant ou exotique... Pourtant, le héros de mon enfance a mis les pieds en Amérique dès sa 2e (3e) aventure.
Me voici donc à nouveau sur les traces de Tintin, mais sans prendre l'album de ses aventures littéralement, puisque je ne prévois pas me mêler des affaires des gangsters de Chicago.
Premier volet de mes aventures en Amérique (on notera ici comme chez Hergé que j'utilise le terme Amérique pour États-Unis, vous l'aurez compris), en commençant par une devinette: Où suis-je? (Question inspirée des aventures de Christian Sauvé en Europe ce printemps...).
Indices-Photos:
Indice 1: Dans cette ville, il y a un âne célèbre.
Indice 2: On y trouve également de célèbres canetons, en voici un.
Suze a pu y admirer une sculpture de Ben Franklin devant l'ancien hôtel de ville.
...(roulement de tambour)...
Yep. Dans le berceau de l'Indépendance américaine. Avouez que c'est le lieu symbolique par excellence pour débuter des aventures en Amérique.
(Notez que outre la présence de Suze, on peut voir un grand type avec un panama qui ressemble étrangement à Istvan/Esteban... mais qu'il faudrait peut-être rebaptiser Stephen en ces lieux?)
Un premier coup d'oeil sur l'architecture du centre-ville.
Et une autre photo de mes complices de voyage pour cette - courte - semaine en Amérique! (Ici, au Quincy Market, près du vieux port).
--
Je note que nous nous étions retrouvés ensembles à Paris en 2003, puis à Vancouver en 2005, avant d'aller de Bruxelles à Amsterdam tous les trois et de se réunir à nouveau quelques mois plus tard à Londres en 2008, puis une fois encore au Guatemala fin 2009. Avec New York l'an dernier qui s'ajoute à cette liste, je réalise que les jumeaux sont les personnes avec qui j'ai passé le plus de temps à l'étranger.
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à suivre...
Me voici donc à nouveau sur les traces de Tintin, mais sans prendre l'album de ses aventures littéralement, puisque je ne prévois pas me mêler des affaires des gangsters de Chicago.
Premier volet de mes aventures en Amérique (on notera ici comme chez Hergé que j'utilise le terme Amérique pour États-Unis, vous l'aurez compris), en commençant par une devinette: Où suis-je? (Question inspirée des aventures de Christian Sauvé en Europe ce printemps...).
Indices-Photos:
Indice 1: Dans cette ville, il y a un âne célèbre.
Indice 2: On y trouve également de célèbres canetons, en voici un.
Suze a pu y admirer une sculpture de Ben Franklin devant l'ancien hôtel de ville.
...(roulement de tambour)...
Yep. Dans le berceau de l'Indépendance américaine. Avouez que c'est le lieu symbolique par excellence pour débuter des aventures en Amérique.
(Notez que outre la présence de Suze, on peut voir un grand type avec un panama qui ressemble étrangement à Istvan/Esteban... mais qu'il faudrait peut-être rebaptiser Stephen en ces lieux?)
Un premier coup d'oeil sur l'architecture du centre-ville.
Et une autre photo de mes complices de voyage pour cette - courte - semaine en Amérique! (Ici, au Quincy Market, près du vieux port).
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Je note que nous nous étions retrouvés ensembles à Paris en 2003, puis à Vancouver en 2005, avant d'aller de Bruxelles à Amsterdam tous les trois et de se réunir à nouveau quelques mois plus tard à Londres en 2008, puis une fois encore au Guatemala fin 2009. Avec New York l'an dernier qui s'ajoute à cette liste, je réalise que les jumeaux sont les personnes avec qui j'ai passé le plus de temps à l'étranger.
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à suivre...
samedi 8 mai 2010
Pourquoi je ne suis pas d’accord avec Jean
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Opinions
Moi et l’actualité politique ou Hésitations vagabondes.
J’avoue avoir hésité avant d’écrire ce qui suit. Je n’ai pas hésité à exprimer mon opinion sur la question – je n’hésite jamais à émettre mes opinions en général – mais je ne savais pas si ce genre de choses avait sa place sur ce blogue, qui ne commente que très rarement l’actualité – une chose si éphémère. Soyons cynique, puisque je fais partie de cette partie de la population votante québécoise cynique (à en croire un récent sondage) et disons que l’actualité politique est souvent décourageante et ma foi, assez triviale, quand on a perdu espoir en la classe politique actuelle, qui se contente de poursuivre des buts et intérêts personnels et privés plutôt que de faire ce pourquoi elle est censé exister: œuvrer pour le bien commun.
Jean comme prétexte.
Il y a quelques semaines, sur Facebook, mon ami Jean a publié un bref commentaire. Je le reproduis ici, mais le mets en contexte: Il s’agit d’un texte de quelques mots, sans explication ou argumentation développée, alors on le prendra pour ce que c’est : l’expression d’une humeur du moment. Comme je me sers de Jean pour exprimer mon opinion, je lui répondrai donc directement, mais on comprendra que je réponds à tous ceux qui défendent cette position sociale du même coup.
«Jean est à « boute » d’entendre les médias et les gens parler contre le budget. Comment pensez-vous que notre système de santé coûte? Si vous n’êtes pas content, aller vivre ailleurs et vous vous rendrez compte que ça vous coûtera pas mal plus cher. Tout le monde utilise le système de santé, pourquoi les gens plus en moyen ...devraient payer plus? Ces gens n’ont même pas le temps de l’utiliser car ils travaillent trop.» *
Plusieurs éléments de ce commentaire m’ont interpellé. Et fortement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas l’idée d’être pour ou contre les mesures annoncées par le gouvernement dont je parle, mais des conséquences et des opinions qu’elles soulèvent dans la population, et dans mon cercle d’ami.
Même si c’est l’expression de l’humeur du moment, le commentaire de Jean m’a fait réfléchir sur ma propre position face au budget en question. J’éviterai de rappeler toutes les mesures dudit budget – les lecteurs intéressés les connaissent déjà. Toutefois, je me permettrai de souligner deux aspects qui sont pour moi les points importants de ce budget et qui démontrent l’orientation que l’on a décidé (unilatéralement) de donner à la société québécoise avec ce budget. Ces deux points concernent évidemment la santé (contribution de capitation) et l’éducation (dégel des frais de scolarité).
Et je sais bien que comme c’est un commentaire de l’humeur du moment, il n’exprime pas réellement l’ensemble de l’opinion de Jean sur le budget. Il est peut-être totalement pour ou partiellement contre pour ce que j’en sais; une fois de plus, je le cite comme prétexte à ma réflexion et comme prétexte pour stimuler la réflexion sur les choix sociaux au-delà de ce budget.
Une famille en santé.
Je souligne d’abord l’élément le plus important du commentaire de Jean : «Si vous n’êtes pas content, aller vivre ailleurs et vous vous rendrez compte que ça vous coûtera pas mal plus cher.»
Justement, Jean, si on est ici, au Québec, ça veut probablement dire qu’on ne veut pas être ailleurs. Si je voulais d’un système à l’américaine, je pourrais aller aux Etats-Unis. Si, d’un autre côté, une majorité de québécois est en faveur de ces changements en faisant un choix de société éclairé, alors je me rangerai du côté de la majorité. Mais pour le moment, je n’ai vu aucun débat de société sur la question, je n’ai vu qu’une décision unilatérale d’un parti à peine majoritaire au parlement, et qui a été élu par 22,5 % de la population ayant droit de vote aux dernières élections.**
On est très très loin, tu en conviendras, d’un choix de société.
Je continue: «pourquoi les gens plus en moyen ...devraient payer plus? Ces gens n’ont même pas le temps de l’utiliser car ils travaillent trop.»
Ce commentaire illustre (heureusement) que Jean et sa famille n’ont pas eu besoin d’utiliser beaucoup le système de santé. Je dis heureusement, car la dernière chose au monde que je te souhaite, Jean, c’est d’avoir à utiliser le système de santé. Car, contrairement à ce que ton commentaire laisse croire (et qui est souvent repris par les tenants de la droite), l’utilisation du système de santé ne relève pas d’un choix. J’ai eu le bonheur moi-même jusqu’à maintenant de n’avoir qu’à utiliser le système minimalement. Je n’ai pas de médecin de famille, ma dernière visite dans le système remonte à une double infection jumelée à des brûlures il y a plus de deux ans, et ma visite d’avant, je ne me souviens pas à quand elle remonte. Je paye moi-même pour mes vaccins en cas de besoin avant des séjours à l’étranger – même quand ces vaccins ont été nécessaires en 2004 avant un séjour de coopération international bénévole. Et je paye ma contribution au régime d’assurance médicament plus cher que ce que je coûte en occasionnels médicaments au système. Loin de me plaindre de cette situation, je me trouve chanceux et espère l’être encore longtemps. Mais je sais que ce ne sont pas tous les québécois qui sont aussi chanceux que moi. Et pour avoir vu ce qui se passe «ailleurs» quand les gens moins nantis sont souffrant mais n’ont pas accès à un système de santé, je ne voudrais pour rien au monde que le système québécois s’oriente vers ce genre de société.
Une famille éduquée.
Concernant les frais de scolarité, les arguments sont similaires et me permettent une petite parenthèse historique qui fera peut-être réfléchir Jean.
Car si Jean peut se permettre des opinions un peu plus à droite concernant le budget et le système de santé, c’est d’une part parce qu’il a les moyens financiers de contribuer à ce montant fixe décrété par le budget sans que ça n’influence grandement son niveau de vie. C’est, sans qu’il ne s’en rende compte, déjà un luxe que plusieurs citoyens n’ont pas. J’ai la chance d’être dans la même position que Jean, c’est-à-dire que ce ne sont pas 200$ par an qui vont m’empêcher de survivre ou de manger à ma faim ni même d’aller au cinéma (Évidemment, lorsque ce montant grimpera, ça sera une autre histoire).
Or, la situation familiale de Jean vient en partie de ses efforts pendant des années à d’abord obtenir des diplômes à l’université et dans un ordre professionnel, puis ses efforts dans les diverses entreprises où il a œuvré comme cadre professionnel. C’est tout à son honneur d’avoir atteint le niveau professionnel et social qu’il a atteint jusqu’à maintenant. Il ne faut toutefois pas oublier que la société qui a permis à Jean de se développer personnellement et professionnellement, c’est justement cette société que ce budget remet en question.
Nous venons, Jean et moi, de deux familles modestes similaires, de la même ville du Lac St-Jean, qui avaient de quoi bien vivre sans beaucoup d’excédent. Nous étions, chez nous comme chez Jean, quatre enfants, dans une famille de la classe moyenne au moment où celle-ci commençait à apparaître. Si, dans la société où mes parents nous ont élevés, il avait fallu payer beaucoup plus pour des soins de santé, payer une contribution de 200$ par an (et n’allez pas imaginer que ce montant ne grimpera pas dans le futur ***) et un ticket modérateur en plus, alors mes parents n’auraient définitivement pas été dans la même situation financière qu’ils ne l’étaient. Idem chez Jean. Si on ajoute à cela des frais de scolarité plus élevé (et le budget actuel fait état d’un sérieux dégel à ce niveau), alors même avec des prêts et bourses bonifiés, je ne pense pas que nous aurions pu, ni moi ni Jean, aller à l’université. Ça aurait été malheureusement réservé à nos amis fils et filles de médecins, de ministres, d’avocats, de notaires ou de comptables agréés de l’époque, qui étaient membres de l’élite, de la classe moyenne-élevée. Résultat; il y a fort à parier que Jean et moi n’aurions pas le diplôme universitaire qui nous permet de regarder ces mesures avec la froideur de celui qui sait que sa subsistance n’est pas en danger.
Il y a également fort à parier que dans cette société où nous n’aurions pu étudier pour pouvoir ensuite profiter d’un meilleur niveau de vie et de meilleures perspectives d’emploi, le discours de Jean serait tout autre aujourd’hui. Qui sait s’il ne serait pas de ceux qui parlent aujourd’hui contre le budget en question? Qui sait si un travail plus physique et de moins bonnes conditions de vie ne l’aurait pas obligé à utiliser un peu plus le système de santé qu’il ne l’aurait voulu?
Mais non. Aujourd’hui, heureusement, même avec un dégel des frais de scolarité, Jean, tu auras les moyens financiers d’assurer une éducation de qualité à tes enfants. C’est paradoxal de croire que le système qui a permis ton éducation et ton élévation sociale ait fait de toi quelqu’un qui peut se passer de ce système.
Personnellement, je n’ai pas oublié les angoisses financières épisodiques de mes parents – même si nous n’avons jamais manqué de rien et qu’ils se sont privés plus d’une fois pour s’en assurer – et j’imagine que des milliers de familles similaires aux nôtres d’il y a 30 ans sont dans la même situation aujourd’hui.
Et parce que je suis reconnaissant et heureux que les dirigeants et la population de l’époque aient fait un choix social qui a permis à trois générations de québécois de se développer, je ne vois pas comment je pourrais, moi, l’enfant privilégié de ce choix social, faire un choix différent.
Autre paradoxe (personnel, mais évocateur, il me semble): Je suis celui de nous deux qui n’a pas d’enfants et qui devrait vouloir profiter au maximum du système et se foutre totalement des générations futures.
Les mines d’argent.
Je termine sur l’argument clé des tenants de ce budget: l’argent. Jean souligne d’ailleurs : «Comment pensez-vous que notre système de santé coûte?»
Tu as raison. Le système coûte cher, et coûtera plus cher avec le temps. Je ne suis pas un illuminé qui pense que l’état providence doit tout faire sans taxer personne. La preuve, je suis tout à fait d’accord avec les augmentations annoncées de la taxe de vente du Québec. En fait, mieux que ça, j’étais en faveur de cette augmentation dès 2006, lors de l’annonce des réductions de la taxe sur les produits et services. La TVQ, dans sa structure actuelle, est une mesure beaucoup plus juste (socialement) que la contribution de 200$ de capitation annoncée, en ce sens que passé les biens essentiels, les achats de luxe sont des choix personnels et sont donc taxés directement (et proportionnellement, tu noteras) au niveau de ces dépenses.
En réalité, outre le fait que ce budget fait des choix unilatéraux qui modifient profondément les choix sociaux faits au Québec dans le passé sans que le débat social n’ait eu lieu, le problème majeur de ce budget est de faire croire à la population québécoise qu’il n’y avait pas d’argent pour financer le système. L’argent, pour le financement, il est là pourtant. En fait, il était là, puisque le même gouvernement nous annonçant qu’il n’y a plus d’argent est celui qui nageait dedans au point d’accorder des faveurs fiscales et des importantes réductions d’impôts aux plus nantis et aux grandes corporations. (Citons par exemple l'existence d'une exemption d’impôts des employés de grands centres financiers internationaux, qui fait économiser des dizaines de milliers de dollars à chaque contribuable employé de ces très grandes entreprises. Et je parle de gens qui font certainement beaucoup plus de revenus que Jean, mais qui le font à l’abri de l’impôt – pas socialement très juste, ni justifiable, comme mesure. Pourquoi, Jean, payerais-tu pour ces gens bien nantis?).
L’argent était là, mais le gouvernement minoritaire de l’époque l’a utilisé pour des mesures électoralistes afin de remporter une majorité de siège à des élections judicieusement déclenchées.
Je ne parlerai même pas de la corruption, ou des millions (milliards?) qui ont coulées dans les chantiers de constructions financés par le secteur public suite à la collusion organisée de ce milieu depuis des années. Et je ne parlerai pas des millions de dollars de bonis versés par des sociétés d’état ou des entreprises reliées à l’état (comme la Caisse de dépôt, tiens) même quand les dirigeants obtiennent des résultats lamentables. Et doit-on parler des bonis faramineux (on parle de dizaines de millions de dollars par personne, annuellement) versés par des entreprises privées à leurs dirigeants (souvent de passage) alors que ces mêmes entreprises profitent de subventions gouvernementales sous diverses forme années après années?
L’argent est là. Mais le choix social du budget actuel est de le garder dans les poches où il se trouve et d’aller chercher ce qui manquera dans le futur dans les poches de ceux qui n’ont ni les moyens financiers de s’organiser, ni les moyens de faire du lobby, ni les moyens de contribuer généreusement à la caisse d’un parti pour s’exprimer «démocratiquement», ni souvent les moyens intellectuels d’exprimer pourquoi ils trouvent tout ce que je viens d’énumérer injuste, faute d’avoir eu la chance que nous avons eu, toi et moi, de naître dans une famille éduquée (une rareté à l’époque de nos parents) et faisant la promotion de cette éducation, heureusement accessible.
Conclusion: un avenir sombre pour un passé trop réussi?
Voilà, en quelques arguments, finalement, pourquoi je suis contre certaines mesures annoncées dans ce budget. Car aujourd’hui, on parle de 200$, demain on parlera de 500$, puis de 1000$. Peut-être que pour ta famille, Jean, ça n’aura pas d’influence sur ce que vous mangerez pour souper, ou à quelle université étudieront tes enfants, mais pour la majorité de la population du Québec, ça aura une importance vitale sur leur avenir et l’avenir de leurs enfants.
Et pour ceux qui pensent que j’exagère, regardez bien les frais de scolarité des universités à l’avenir. Ce dégel annoncé ouvre déjà la porte à des initiatives d’élite, comme le choix de McGill de charger désormais près de 30 000$ pour son programme de MBA malgré les amendes annoncées par le gouvernement dans ce cas. Trop tard, l’idée prend sa place et cette idée vient du budget-même. Aujourd’hui le MBA de McGill, demain le baccalauréat de l’UQAM…
Car, une fois le choix social fait, les portes ouvertes, on ne reviendra pas en arrière pour les refermer. Les bien nantis qui en émergeront y veilleront, pour leur bien. Ce qui se passe «ailleurs» nous le démontre d’ailleurs très bien, pour peu que l’on voyage et que l’on observe ce qui se passe dans les sociétés «ailleurs».
Jean, dis-moi que tu réalises que si ça avait coûté, en seuls frais de scolarité, 30 000$ par an pour faire notre baccalauréat, (puis autant pour ta maîtrise), aucun de nous deux n’aurait pu étudier à l’université et que ta famille serait dans une toute autre situation aujourd’hui. Comme je t’aime beaucoup et que je suis fier de toi – et que je serai très fier de ce que vont accomplir tes enfants, je n’en ai aucun doute – je me dis que ça aurait été une grande perte pour notre société que tu n’aies pas eu ces opportunités.
Je pense que c’est la même chose pour tous les jeunes québécois qui formeront la société de demain et qui se trouvent dans la même situation que celle où nous étions, toi et moi à leur âge, avec leurs parents qui font leur possible pour tenter d’offrir le meilleur à leurs enfants.
--
Notes
* Copié-collé de la page profil Facebook de « Jean ». Commentaire publié le 1 avril 2010. « Jean » est un pseudonyme, car mon ami a refusé d’être identifié dans le présent billet – Jean n’a eu que trois commentaires à son énoncé sur Facebook. Les trois étaient en accord avec sa position. J’ai voulu commenter moi-même, mais comme vous le voyez ici, mon argument était un peu long et j’ai jugé que la page Facebook de Jean (et Facebook en général) n’était pas le lieu pour ça.
Le fait que le pseudonyme de mon ami soit le prénom du premier ministre du Québec - ardent défenseur de ce budget - n'est que pure coïncidence.
** Aux élections provinciales du 8 décembre 2008, le parti Libéral a remporté 66 sièges, soit 3 de plus que les 63 assurant une majorité absolue. Le parti Libéral a remporté 42,08 % des voix exprimées. 46,57 % des électeurs inscrits n’ont pas voté. [Données tirées des archives du site Internet du Directeur Général des élections, le 7 mai 2010].
*** Rappelons, à titre d'exemple, que la contribution à l'assurance médicament, fixée au départ à un montant de 275$ par contribuable, ne devait être qu'indexée au coût de la vie. En 2009, selon l'indice d'inflation de 1996 à 2009, cette contribution aurait donc été de 325$ par personne. Elle était de 577,50$ par contribuable. (Données tirées de la Loi sur l'assurance médicament du Québec. Calculs basés sur l'indice des prix à la consommation de la Banque du Canada).
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J’avoue avoir hésité avant d’écrire ce qui suit. Je n’ai pas hésité à exprimer mon opinion sur la question – je n’hésite jamais à émettre mes opinions en général – mais je ne savais pas si ce genre de choses avait sa place sur ce blogue, qui ne commente que très rarement l’actualité – une chose si éphémère. Soyons cynique, puisque je fais partie de cette partie de la population votante québécoise cynique (à en croire un récent sondage) et disons que l’actualité politique est souvent décourageante et ma foi, assez triviale, quand on a perdu espoir en la classe politique actuelle, qui se contente de poursuivre des buts et intérêts personnels et privés plutôt que de faire ce pourquoi elle est censé exister: œuvrer pour le bien commun.
Jean comme prétexte.
Il y a quelques semaines, sur Facebook, mon ami Jean a publié un bref commentaire. Je le reproduis ici, mais le mets en contexte: Il s’agit d’un texte de quelques mots, sans explication ou argumentation développée, alors on le prendra pour ce que c’est : l’expression d’une humeur du moment. Comme je me sers de Jean pour exprimer mon opinion, je lui répondrai donc directement, mais on comprendra que je réponds à tous ceux qui défendent cette position sociale du même coup.
«Jean est à « boute » d’entendre les médias et les gens parler contre le budget. Comment pensez-vous que notre système de santé coûte? Si vous n’êtes pas content, aller vivre ailleurs et vous vous rendrez compte que ça vous coûtera pas mal plus cher. Tout le monde utilise le système de santé, pourquoi les gens plus en moyen ...devraient payer plus? Ces gens n’ont même pas le temps de l’utiliser car ils travaillent trop.» *
Plusieurs éléments de ce commentaire m’ont interpellé. Et fortement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas l’idée d’être pour ou contre les mesures annoncées par le gouvernement dont je parle, mais des conséquences et des opinions qu’elles soulèvent dans la population, et dans mon cercle d’ami.
Même si c’est l’expression de l’humeur du moment, le commentaire de Jean m’a fait réfléchir sur ma propre position face au budget en question. J’éviterai de rappeler toutes les mesures dudit budget – les lecteurs intéressés les connaissent déjà. Toutefois, je me permettrai de souligner deux aspects qui sont pour moi les points importants de ce budget et qui démontrent l’orientation que l’on a décidé (unilatéralement) de donner à la société québécoise avec ce budget. Ces deux points concernent évidemment la santé (contribution de capitation) et l’éducation (dégel des frais de scolarité).
Et je sais bien que comme c’est un commentaire de l’humeur du moment, il n’exprime pas réellement l’ensemble de l’opinion de Jean sur le budget. Il est peut-être totalement pour ou partiellement contre pour ce que j’en sais; une fois de plus, je le cite comme prétexte à ma réflexion et comme prétexte pour stimuler la réflexion sur les choix sociaux au-delà de ce budget.
Une famille en santé.
Je souligne d’abord l’élément le plus important du commentaire de Jean : «Si vous n’êtes pas content, aller vivre ailleurs et vous vous rendrez compte que ça vous coûtera pas mal plus cher.»
Justement, Jean, si on est ici, au Québec, ça veut probablement dire qu’on ne veut pas être ailleurs. Si je voulais d’un système à l’américaine, je pourrais aller aux Etats-Unis. Si, d’un autre côté, une majorité de québécois est en faveur de ces changements en faisant un choix de société éclairé, alors je me rangerai du côté de la majorité. Mais pour le moment, je n’ai vu aucun débat de société sur la question, je n’ai vu qu’une décision unilatérale d’un parti à peine majoritaire au parlement, et qui a été élu par 22,5 % de la population ayant droit de vote aux dernières élections.**
On est très très loin, tu en conviendras, d’un choix de société.
Je continue: «pourquoi les gens plus en moyen ...devraient payer plus? Ces gens n’ont même pas le temps de l’utiliser car ils travaillent trop.»
Ce commentaire illustre (heureusement) que Jean et sa famille n’ont pas eu besoin d’utiliser beaucoup le système de santé. Je dis heureusement, car la dernière chose au monde que je te souhaite, Jean, c’est d’avoir à utiliser le système de santé. Car, contrairement à ce que ton commentaire laisse croire (et qui est souvent repris par les tenants de la droite), l’utilisation du système de santé ne relève pas d’un choix. J’ai eu le bonheur moi-même jusqu’à maintenant de n’avoir qu’à utiliser le système minimalement. Je n’ai pas de médecin de famille, ma dernière visite dans le système remonte à une double infection jumelée à des brûlures il y a plus de deux ans, et ma visite d’avant, je ne me souviens pas à quand elle remonte. Je paye moi-même pour mes vaccins en cas de besoin avant des séjours à l’étranger – même quand ces vaccins ont été nécessaires en 2004 avant un séjour de coopération international bénévole. Et je paye ma contribution au régime d’assurance médicament plus cher que ce que je coûte en occasionnels médicaments au système. Loin de me plaindre de cette situation, je me trouve chanceux et espère l’être encore longtemps. Mais je sais que ce ne sont pas tous les québécois qui sont aussi chanceux que moi. Et pour avoir vu ce qui se passe «ailleurs» quand les gens moins nantis sont souffrant mais n’ont pas accès à un système de santé, je ne voudrais pour rien au monde que le système québécois s’oriente vers ce genre de société.
Une famille éduquée.
Concernant les frais de scolarité, les arguments sont similaires et me permettent une petite parenthèse historique qui fera peut-être réfléchir Jean.
Car si Jean peut se permettre des opinions un peu plus à droite concernant le budget et le système de santé, c’est d’une part parce qu’il a les moyens financiers de contribuer à ce montant fixe décrété par le budget sans que ça n’influence grandement son niveau de vie. C’est, sans qu’il ne s’en rende compte, déjà un luxe que plusieurs citoyens n’ont pas. J’ai la chance d’être dans la même position que Jean, c’est-à-dire que ce ne sont pas 200$ par an qui vont m’empêcher de survivre ou de manger à ma faim ni même d’aller au cinéma (Évidemment, lorsque ce montant grimpera, ça sera une autre histoire).
Or, la situation familiale de Jean vient en partie de ses efforts pendant des années à d’abord obtenir des diplômes à l’université et dans un ordre professionnel, puis ses efforts dans les diverses entreprises où il a œuvré comme cadre professionnel. C’est tout à son honneur d’avoir atteint le niveau professionnel et social qu’il a atteint jusqu’à maintenant. Il ne faut toutefois pas oublier que la société qui a permis à Jean de se développer personnellement et professionnellement, c’est justement cette société que ce budget remet en question.
Nous venons, Jean et moi, de deux familles modestes similaires, de la même ville du Lac St-Jean, qui avaient de quoi bien vivre sans beaucoup d’excédent. Nous étions, chez nous comme chez Jean, quatre enfants, dans une famille de la classe moyenne au moment où celle-ci commençait à apparaître. Si, dans la société où mes parents nous ont élevés, il avait fallu payer beaucoup plus pour des soins de santé, payer une contribution de 200$ par an (et n’allez pas imaginer que ce montant ne grimpera pas dans le futur ***) et un ticket modérateur en plus, alors mes parents n’auraient définitivement pas été dans la même situation financière qu’ils ne l’étaient. Idem chez Jean. Si on ajoute à cela des frais de scolarité plus élevé (et le budget actuel fait état d’un sérieux dégel à ce niveau), alors même avec des prêts et bourses bonifiés, je ne pense pas que nous aurions pu, ni moi ni Jean, aller à l’université. Ça aurait été malheureusement réservé à nos amis fils et filles de médecins, de ministres, d’avocats, de notaires ou de comptables agréés de l’époque, qui étaient membres de l’élite, de la classe moyenne-élevée. Résultat; il y a fort à parier que Jean et moi n’aurions pas le diplôme universitaire qui nous permet de regarder ces mesures avec la froideur de celui qui sait que sa subsistance n’est pas en danger.
Il y a également fort à parier que dans cette société où nous n’aurions pu étudier pour pouvoir ensuite profiter d’un meilleur niveau de vie et de meilleures perspectives d’emploi, le discours de Jean serait tout autre aujourd’hui. Qui sait s’il ne serait pas de ceux qui parlent aujourd’hui contre le budget en question? Qui sait si un travail plus physique et de moins bonnes conditions de vie ne l’aurait pas obligé à utiliser un peu plus le système de santé qu’il ne l’aurait voulu?
Mais non. Aujourd’hui, heureusement, même avec un dégel des frais de scolarité, Jean, tu auras les moyens financiers d’assurer une éducation de qualité à tes enfants. C’est paradoxal de croire que le système qui a permis ton éducation et ton élévation sociale ait fait de toi quelqu’un qui peut se passer de ce système.
Personnellement, je n’ai pas oublié les angoisses financières épisodiques de mes parents – même si nous n’avons jamais manqué de rien et qu’ils se sont privés plus d’une fois pour s’en assurer – et j’imagine que des milliers de familles similaires aux nôtres d’il y a 30 ans sont dans la même situation aujourd’hui.
Et parce que je suis reconnaissant et heureux que les dirigeants et la population de l’époque aient fait un choix social qui a permis à trois générations de québécois de se développer, je ne vois pas comment je pourrais, moi, l’enfant privilégié de ce choix social, faire un choix différent.
Autre paradoxe (personnel, mais évocateur, il me semble): Je suis celui de nous deux qui n’a pas d’enfants et qui devrait vouloir profiter au maximum du système et se foutre totalement des générations futures.
Les mines d’argent.
Je termine sur l’argument clé des tenants de ce budget: l’argent. Jean souligne d’ailleurs : «Comment pensez-vous que notre système de santé coûte?»
Tu as raison. Le système coûte cher, et coûtera plus cher avec le temps. Je ne suis pas un illuminé qui pense que l’état providence doit tout faire sans taxer personne. La preuve, je suis tout à fait d’accord avec les augmentations annoncées de la taxe de vente du Québec. En fait, mieux que ça, j’étais en faveur de cette augmentation dès 2006, lors de l’annonce des réductions de la taxe sur les produits et services. La TVQ, dans sa structure actuelle, est une mesure beaucoup plus juste (socialement) que la contribution de 200$ de capitation annoncée, en ce sens que passé les biens essentiels, les achats de luxe sont des choix personnels et sont donc taxés directement (et proportionnellement, tu noteras) au niveau de ces dépenses.
En réalité, outre le fait que ce budget fait des choix unilatéraux qui modifient profondément les choix sociaux faits au Québec dans le passé sans que le débat social n’ait eu lieu, le problème majeur de ce budget est de faire croire à la population québécoise qu’il n’y avait pas d’argent pour financer le système. L’argent, pour le financement, il est là pourtant. En fait, il était là, puisque le même gouvernement nous annonçant qu’il n’y a plus d’argent est celui qui nageait dedans au point d’accorder des faveurs fiscales et des importantes réductions d’impôts aux plus nantis et aux grandes corporations. (Citons par exemple l'existence d'une exemption d’impôts des employés de grands centres financiers internationaux, qui fait économiser des dizaines de milliers de dollars à chaque contribuable employé de ces très grandes entreprises. Et je parle de gens qui font certainement beaucoup plus de revenus que Jean, mais qui le font à l’abri de l’impôt – pas socialement très juste, ni justifiable, comme mesure. Pourquoi, Jean, payerais-tu pour ces gens bien nantis?).
L’argent était là, mais le gouvernement minoritaire de l’époque l’a utilisé pour des mesures électoralistes afin de remporter une majorité de siège à des élections judicieusement déclenchées.
Je ne parlerai même pas de la corruption, ou des millions (milliards?) qui ont coulées dans les chantiers de constructions financés par le secteur public suite à la collusion organisée de ce milieu depuis des années. Et je ne parlerai pas des millions de dollars de bonis versés par des sociétés d’état ou des entreprises reliées à l’état (comme la Caisse de dépôt, tiens) même quand les dirigeants obtiennent des résultats lamentables. Et doit-on parler des bonis faramineux (on parle de dizaines de millions de dollars par personne, annuellement) versés par des entreprises privées à leurs dirigeants (souvent de passage) alors que ces mêmes entreprises profitent de subventions gouvernementales sous diverses forme années après années?
L’argent est là. Mais le choix social du budget actuel est de le garder dans les poches où il se trouve et d’aller chercher ce qui manquera dans le futur dans les poches de ceux qui n’ont ni les moyens financiers de s’organiser, ni les moyens de faire du lobby, ni les moyens de contribuer généreusement à la caisse d’un parti pour s’exprimer «démocratiquement», ni souvent les moyens intellectuels d’exprimer pourquoi ils trouvent tout ce que je viens d’énumérer injuste, faute d’avoir eu la chance que nous avons eu, toi et moi, de naître dans une famille éduquée (une rareté à l’époque de nos parents) et faisant la promotion de cette éducation, heureusement accessible.
Conclusion: un avenir sombre pour un passé trop réussi?
Voilà, en quelques arguments, finalement, pourquoi je suis contre certaines mesures annoncées dans ce budget. Car aujourd’hui, on parle de 200$, demain on parlera de 500$, puis de 1000$. Peut-être que pour ta famille, Jean, ça n’aura pas d’influence sur ce que vous mangerez pour souper, ou à quelle université étudieront tes enfants, mais pour la majorité de la population du Québec, ça aura une importance vitale sur leur avenir et l’avenir de leurs enfants.
Et pour ceux qui pensent que j’exagère, regardez bien les frais de scolarité des universités à l’avenir. Ce dégel annoncé ouvre déjà la porte à des initiatives d’élite, comme le choix de McGill de charger désormais près de 30 000$ pour son programme de MBA malgré les amendes annoncées par le gouvernement dans ce cas. Trop tard, l’idée prend sa place et cette idée vient du budget-même. Aujourd’hui le MBA de McGill, demain le baccalauréat de l’UQAM…
Car, une fois le choix social fait, les portes ouvertes, on ne reviendra pas en arrière pour les refermer. Les bien nantis qui en émergeront y veilleront, pour leur bien. Ce qui se passe «ailleurs» nous le démontre d’ailleurs très bien, pour peu que l’on voyage et que l’on observe ce qui se passe dans les sociétés «ailleurs».
Jean, dis-moi que tu réalises que si ça avait coûté, en seuls frais de scolarité, 30 000$ par an pour faire notre baccalauréat, (puis autant pour ta maîtrise), aucun de nous deux n’aurait pu étudier à l’université et que ta famille serait dans une toute autre situation aujourd’hui. Comme je t’aime beaucoup et que je suis fier de toi – et que je serai très fier de ce que vont accomplir tes enfants, je n’en ai aucun doute – je me dis que ça aurait été une grande perte pour notre société que tu n’aies pas eu ces opportunités.
Je pense que c’est la même chose pour tous les jeunes québécois qui formeront la société de demain et qui se trouvent dans la même situation que celle où nous étions, toi et moi à leur âge, avec leurs parents qui font leur possible pour tenter d’offrir le meilleur à leurs enfants.
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Notes
* Copié-collé de la page profil Facebook de « Jean ». Commentaire publié le 1 avril 2010. « Jean » est un pseudonyme, car mon ami a refusé d’être identifié dans le présent billet – Jean n’a eu que trois commentaires à son énoncé sur Facebook. Les trois étaient en accord avec sa position. J’ai voulu commenter moi-même, mais comme vous le voyez ici, mon argument était un peu long et j’ai jugé que la page Facebook de Jean (et Facebook en général) n’était pas le lieu pour ça.
Le fait que le pseudonyme de mon ami soit le prénom du premier ministre du Québec - ardent défenseur de ce budget - n'est que pure coïncidence.
** Aux élections provinciales du 8 décembre 2008, le parti Libéral a remporté 66 sièges, soit 3 de plus que les 63 assurant une majorité absolue. Le parti Libéral a remporté 42,08 % des voix exprimées. 46,57 % des électeurs inscrits n’ont pas voté. [Données tirées des archives du site Internet du Directeur Général des élections, le 7 mai 2010].
*** Rappelons, à titre d'exemple, que la contribution à l'assurance médicament, fixée au départ à un montant de 275$ par contribuable, ne devait être qu'indexée au coût de la vie. En 2009, selon l'indice d'inflation de 1996 à 2009, cette contribution aurait donc été de 325$ par personne. Elle était de 577,50$ par contribuable. (Données tirées de la Loi sur l'assurance médicament du Québec. Calculs basés sur l'indice des prix à la consommation de la Banque du Canada).
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mardi 4 mai 2010
Retour sur séjour: Albums photos de l'Amérique Centrale
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Photographie / Vidéo
Un court billet pour ceux qui aiment les photos. Il y a quelques inédits (mais plusieurs photos ont déjà été publiées ici avec plus de contexte) dans les trois albums souvenirs de mon dernier séjour en Amérique Centrale.
Un album par pays; donc une série de photos sur le Guatemala, une sur mon passage au Honduras et une dernière sur le Chiapas.
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Comme je me prépare à repartir bientôt - et que mon amie Suze partira aussi, pour un projet de coopération internationale - attendez vous à me voir publier avec régularité à compter de la semaine prochaine et pour les mois à venir...
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L'Esprit Vagabond sors de son cocon printanier :-)
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Un album par pays; donc une série de photos sur le Guatemala, une sur mon passage au Honduras et une dernière sur le Chiapas.
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Comme je me prépare à repartir bientôt - et que mon amie Suze partira aussi, pour un projet de coopération internationale - attendez vous à me voir publier avec régularité à compter de la semaine prochaine et pour les mois à venir...
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