Sunday, July 29, 2007

Randonnée Copacabana-Yampupata

Un bref commentaire sur une très belle randonnée à faire si jamais vous avez une journée libre et que vous vous retrouvez à Copacabana (Bolivie, pas Maroc, si vous suivez bien) :-)

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Départ de Copacabana vers 10h AM. Difficile de partir plus tot, surtout si vous désirez déjeuner à Copacabana, une affaire qui s'est avéré plus ardue que prévue à tous les matins (4) où j'ai tenté l'expérience. Je me souviens du pire déjeuner de mon voyage, un matin au Mirador, avant ma journée sur Isla del Sol, puis d'un déjeuner sans saveur le lendemain dans le resto à la salle de bain la plus déguelasse de l'histoire de la Bolivie...
Puis le matin de cette randonnée, difficulté de trouver un resto potable, alors prise du déjeuner de l'hostel qui est inclus dans le prix de la chambre... et impossibilité de commander des oeufs en plus du pain sec et froid offert par l'hostel... alors que le resto de l'hostel en offre à vendre aux clients du resto qui ne sont pas hébergés sur place (???). Anyway, sauvé par la possibilité de commander une crèpe aux fruits, qui a fait le travail (pour 10 bolos) et fourni une partie de l'énergie nécessaire au départ d'une randonnée de 4h.
(Parenthèse explicative; comme tous les hotels et auberges de Copacabana offrent un déjeuner continental - pain sec et froid, jus, café, marmelade - à leurs clients, il ne semble pas s'etre crée de marché du déjeuner auprès des restos de la ville, dont la plupart ne sont pas ouverts pour le déjeuner. Voilà.).
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La randonnée qui mène de Copacabana vers Yampupata au bout de la pointe sur le Lac Titicaca n'est peut-etre pas aussi spectaculaire que la randonnée sur Isla del Sol, mais elle vaut amplement le déplacement, si vous me permettez cette expression dans ce contexte. Paysages d'une grande beauté (avec Isla del Sol toujours devant vous), vue spectaculaires du Lac et des iles environnantes (photo ci-haut), dont Isla de la Luna et les pics enneigés au loin derrière... et quelques passages dans une Bolivie rurale contemporaine (photo ci-contre) qui permet l'observation authentique et non orientée vers les touristes (peu nombreux à faire le trajet, qui couvre tout de meme 18 km).
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Le trajet en question vous fait traverser quelques pueblos, vraiment minuscules, et valser entre crètes montagneuses et routes de terre longeant les berges du lac. Fort agréable marche, peu exténuante sauf peut-etre deux montées à pic mais dont la vue, une fois en haut, vaut l'effort fourni.
Une fois à Yampupata, deux choix s'offrent à vous: le retour par le meme chemin (à pied, un autre 4h, ou en combis) ou encore une lancha vers Isla del Sol, d'où vous pourrez éventuellement prendre un autre transport maritime vers Copacabana - l'option que nous avons choisi, permettant une pause de 45 minutes à la Source de l'Inca sur l'Ile.
Puis, le soir venu, à Copacabana, vous aurez le meilleur point de vue pour admirer le coucher de soleil sur le Lac Titicaca, un petit spectacle gratuit dont on ne saurait se lasser en 4 nuits passés dans cette charmante petite ville.
J'en ai donc profité une fois de plus... et vous laisse sur cette image.
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Viva La Paz II

Vous vous souviendrez peut-etre que lors de mon arrivée à La Paz, j'ai adoré la ville et publié un premier billet sur celle-ci et mes premières impressions.
Puis, de retour du Salar, j'avais publié un autre billet sur cette ville unique et incroyablement mouvementée.
Je reviens une fois de plus sur La Paz, ville qui m'aura fait une forte impression lors de mes trois passages ici. Si j'y reviens, c'est que ce que j'avais pris pour de l'agitation et du chaos, ce n'était rien à comparer à ce que j'ai pu voir ici hier!
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Hier, sans que ca ne soit l'occasion d'une fete nationale ou quelque chose du genre, il y avait un défilé, une parade, sur El Prado, la grande artère principale du centre de La Paz. Autrement dit, la circulation - déjà hallucinante habituellement ici - s'en est trouvée complètement chamboulée, puisque la moitié de la principale voie de circulation de la ville était fermée et cette fermeture coupait littérallement la ville en deux - meme pour les piétons!

Voici quelques commentaires sur ce défilé, avec photos...


Mon premier choc, le matin vers 9h30 AM, de la Plaza San Francisco, d'où je constate que la journée ne sera pas normale :-). Ce défilé, qui venait alors de débuter, allait durer plus de 12h... Oui, oui, vous avez bien lu: plus de 12h!!! Il allait se terminer un peu avant 22h. Une incroyable succession de fanfares, de majorettes, de danseurs flokloriques, et quoi encore... Mais peu de chars allégoriques, principalement des danseurs, musiciens, etc, bref, des gens à pied. J'ai appris par les journaux qu'il s'agissait d'une sorte de concours annuel en plus, entre 73 fraternités universitaires, avec ses règles et tout (dont une interdisant de boire de la bière pendant le défilé, et j'ai été témoin du bris de cette règle à quelques reprises pendant la journée)...


A un moment, en tentant de traverser la cohue, je me suis retrouvé véritablement coincé dans la parade, n'ayant aucune voie de sortie!! Il y avait des passages pour piétons désirant traverser El Prado, mais avec des files d'attentes!! Il fallait aussi faire attention de ne pas déranger la parade en traversant... Des estrades et chaises de parterres avaient été installées par des particuliers partout le long du trajet - qui faisait plus de 5 km - et chacun tentait de vous vendre une place assise pour 10-15 bolivianos...


La véritable avenue qui s'appelle El Prado, elle débute (ou se termine, ca dépend du point de vue!) avec la statue de la Bolivie au Mariscal Sucre, fidèle lieutenant de Simon Bolivar et libérateur de l'Amérique du Sud du joug espagnol. El Prado est donc le nom d'une portion de l'avenue principale de La Paz (et une des rares et seules a plusieurs voies et la seule qui traverse toute la ville), avenue qui change 3-4 fois de nom du nord au sud...



Le long d'El Prado, on retrouve des hommages divers à plusieurs héros de la Bolivie ou de l'Amérique du Sud (ca va jusqu'à une étrange statue de Christophe Colomb, appellé Cristoforo Colombo (alors que son nom en espangol est Colón!?). On y retrouve donc naturellement quelques hommages à Che Guevara, dont cette citation qui est ma foi encore de mise ici avec le gouvernement Morales.


Ne sachant pas encore que la chose durerait plus de 12h, je me suis installé un moment dans une estrade, pour voir la parade. Ce passage, toutefois, ne m'a pas impressionné par son organisation. Il y avait parfois plus de 10 minutes entre les groupes de danseurs et fanfares (violation d'une des règles du concours d'ailleurs) , laissant donc de longs moments vides pendant lesquels plusieurs marchands tentaient de me vendre une empenada ou une cerveza (à 10h du matin!)...
J'ai fini par zigzaguer un peu partout en ville et croiser et regarder le défilé par moments ici et là toute la journée...


Au détour d'une rue tranquille, je suis retombé sur la parade, qui empruntait une autre avenue pour se terminer dans un parc plus loin... et j'en ai profité pour prendre en photo une gigantesque cannette du commanditaire de l'événement (la bière Paceña, brassée à La Paz), et d'un sommet enneigé qui passait par là :-)


Officiellement, El Prado se termine (ou débute, voir ci-haut) avec la Plaza et la statue de la Bolivie à Bolivar, le libérateur (et premier président du pays qui a été baptisé en son nom) du premier pays à avoir déclaré son indépendance de l'Espagne en 1825.
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Et moi qui croyait avoir vu de l'action lors de mes deux premiers passages à La Paz...
Au fait, tout ceci s'est déroulé le 28 juillet 2007 et on pourrait imaginer que les paceños étaient prets pour de l'action, une fete, ou quelque chose, qui sait, comme s'ils n'étaient pas sortis de chez eux depuis un bout de temps pour manifester leur joie... Mais détrompez-vous tout de suite, car une semaine auparavant (le 20 juillet 2007), la ville était le théatre de la plus importante manifestation (pacifique) de l'histoire de la Bolivie, avec plus d'un million de personnes dans les rues simultanément - paralysant totalement la capitale pour un temps.

Je n'y étais pas, mais j'ai pu voir cette photo de l'événement - photo que j'ai photographié devant un édifice municipal où elle était exposé avec quelques explications...

Les gens de La Paz protestent contre un éventuel déménagement des activités de la capitale vers l'autre capitale du pays, la ville de Sucre. Il faut dire que Sucre, la première capitale, est encore aujourd'hui la capitale juridique et constitutionnelle de la Bolivie, alors qu'il y a près de 200 ans, La Paz est devenue sa capitale administrative et législative. Les Paceños ne veulent rien entendre d'un éventuel rapatriement des pouvoirs législatifs et administratifs vers Sucre, d'où la manifestation monstre. (Désolé pour la mauvaise qualité de photo, vu les circonstances, mais je voulais vous montrer ca!).
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Voilà donc pour La Paz, une ville d'une rare intensité, à tous points de vue, et qui demeurera un souvenir unique en son genre dans mes voyages en Amérique Latine.
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Friday, July 27, 2007

Avril en juillet

A Aréquipa, il y a quelques semaines déja, j'avais vu un poster d'Avril et la chose m'avait fait sourire. Avril est peut-etre l'artiste canadienne du moment la plus populaire en Amérique Latine, parmi les divers chanteurs et chanteuses qui s'illustrent ici.
Mais ce n'est qu'il y a quelques jours, dans un autobus, que j'ai eu l'occasion d'écouter Avril pour la premiere fois depuis mon départ du Canada. Quand on voyage pendant plusieurs mois, on finit par s'ennuyer un brin du type de musique que l'on écoute a la maison, meme parfois du type de musique que l'on écoute pas, mais qui rappelle le pays, c'est un réflexe normal.
Ainsi, j'étais tres content de pouvoir écouter Avril l'autre jour - et encore hier - et elle n'est pas la seule a m'avoir fait revivre un peu de musique de chez nous (ou encore de la musique que j'écoute chez nous); C'est donc avec un sourire aux levres et une émotion sincere que j'ai pu profiter des Respectables, de Haley Bennett, de Florence K et de Pascale Picard pendant quelques heures... Damien Rice, entendu hier pendant une petite demie-heure, alors que je naviguais sur le Lac Titicaca, a eu le meme effet apaisant...
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Je ne vous ia pas parlé beaucoup de musique depuis mon arrivée... pour moi, la musique latino se divise généralement en quatre parties bien distinctes. La premiere est la musique traditionnelle, que l'on vous ofre dans certains transports, sur tous les sites touristiques, et dans certains restos. Musique des andes, tres floklorique, modernisée vaguement... rarement merveilleuse, parfois intéressante, souvent teintée d'influence occidentale pour aider a la faire vendre (My Heart will go on a la flute de pan est le parfait exemple de floklore dénaturée que l'on entend parfois). Le classique de ce type de musique est évidemment El Condor pasa.
La seconde catégorie de musique est le pop latino moderne; Shakira est tres connue chez nous, mais il y en a bien d'autres comme elle, alors ca ne manque pas, c'est rythmé, souvent intéressant, tres entrainant, et parfois tres original aussi. Juanes est parmi les stars plus smooth d'Amérique latine. On entends évidemment ici et la les titres de Mana et Carlos Santana.
Troisieme catégorie; le reggaeton, ce mix entre reggae sur l'acide, rap et rythme latino que les jeunes adorent au point de n'écouter que ca. Daddy Yankee, Dom Omar et d'autres stars se disputent les palmares de reggaeton (Otra Noche et Gasolina sont probablement les deux titres les plus connus).
Derniere catégorie: le bolero romantico-tristounet-pathétique que je ne suis plus capable d'écouter! C'est généalement tres mauvais coté musical, et les paroles sont de l'ordre du soap terriblement triste et over-dramatique; des sortes de Brel des pauvres, sans talent musical, et qui en font trop coté interprétation vocale, bref, de la musique a s'ouvrir les veines, mais mauvaise en plus! Et il y a beaucoup d'amateurs (parmi la plus vieille génération) alors on en entend beaucoup trop a mon gout, une attrocité, en fait :-)
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Voila, c'était mon billet musical du mois :-)
Retour a Avril dans le bus Copacabana-La Paz!

La traversée d'Ayaviri avec succes!

Il fallait bien que je le mentionne, j'ai - pour une unique fois dans ce voyage - traversé Ayaviri en bus, avec succes. Yééééeee!!
On se souviendra peut-etre que lors de notre premiere tenative, un blocus nous avait forcé a marcher une heure et demie avant de reprendre un autre bus. Un chemin alternatif s'était avéré un échec, nous forcant a marcher 25 minutes lors de notre seconde tentative...
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Aujourd'hui, le blocus entre Cusco et Puno (Ayaviri, pres de Juliaca) est levé, alors les bus passent.
J'ai donc fait le trajet de jour, et sans histoire, entre Cusco et Puno, mais me suis retrouvé coincé a Puno pour une nuit, avant de reprendre un bus et traverser la frontiere vers Copacabana.
Apres une journée dans la région (une randonnée vers Yampupata et Isla del Sol, que je tenterai de détailler avec photo dans un autre billet), je reprends dans une heure un bus vers La Paz.
Ce zigzag Cusco-La Paz effectué pour la troisieme fois du voyage (du a mes divers compagnons de voyage) explique aussi en partie le ralentissement de ce journal de voyage; je ne voudrais surtout pas vous embeter avec des redites des memes environnements et paysages...
Apres La Paz, mon voyage se poursuivra donc vers des endroits nouveaux et inconnus (pour moi, évidemment!)...
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Le bus de cet apres-midi sera donc aussi un bus de jour - j'ai eu ma dose de bus de nuit et je ne suis plus aussi pressé que nous l'étions avec Sophie et Martin qui n'avaient que 3 semaines ici, alors ca ne me dérange pas de perdre une partie de journée dans un bus, et en plus, je peux voir et profiter des paysages environnants et voir les terres, les gens, les villages.
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Avec Ayaviri derriere moi, je croise les doigts pour que ca soit la fin des blocus et manifs ici... Mais sait-on jamais ce qui s'en vient? J'ai oui-dire qu'il y a quelques jours, La Paz avait été le théatre de la plus grande manif de son histoire! Contre qui? Avec qui? Pour qui? Je n'en sais rien pour l'instant, mais je vais m'informer! :-)

Tuesday, July 24, 2007

Hasta Luego Cusco

Un intitulé qui dit tout...
Une derniere photo de Cusco, by night... Une ville splendide, au creux d'une vallée spectaculaire, et coeur d'un empire dont l'histoire est fascinante. Un lieu important de ce voyage, donc.

Mi Camino Inca: Ollantaytambo

Suite (et presque fin) de mes aventures chez les Incas.
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En réalité, on ne devrait jamais dire "les" incas, puisque pour chaque époque de cette civilisation, il n'y avait qu'un seul Inca, "L'inca", donc, qui était le "roi", dirigeant et dieu supreme du peuple. Le peupole en question, c'étaient les Quéchuas. On devrait donc dire les Quéchuas. Évidemment, comme il y a encore des Quéchuas aujourd'hui, ca pourrait porter a confusion, et dire l'Empire Quechua, personne ne saurait de quoi je parle, meme les Quéchuas!! :-)
Le peuple gouverné par l'inca, ce n'étaient donc pas "des incas"... Mais comme aujourd'hui, la chose est passée dans le langage commun, et que meme l'usage courant ici Équateur, Pérou et Bolivie, ou vivent les descendants quéchuas, parle de "Los Incas", je me permets donc depuis le début de mon exploration de leur civilisation cet abus de langage.
Suite (et presque fin), donc, de mes explorations chez les Incas.
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A environ deux heures de bus de Cusco, on trouve l'ancienne cité de Ollantaytambo, qui était jadis fortifiée. J'étais passé tout pres de ce site archéologique lors de mon passage en train entre Cusco et Aguas Calientes en route vers le Machu Picchu. Le train s'arrete a Ollantaytambo, mais de la gare, on ne voit pas les ruines.
Une visite s'imposait donc, car on disait du site qu'il était l'un des plus impressionnants de la vallée.
Les lecteurs attentifs se souviendront peut-etre que j'en ai fait mention, quand j'ai parlé des dernieres batailles entre la rebellion Inca de Manco Capac II et les forces espagnoles de Francisco Pizarro. Apres la cuisante defaite de Saqsayhuaman, Manco II s'est refugié a Ollantaytambo, et c'est donc de la qu'il a combattu jusqu'a la fin les troupes des conquistadors.
Ceux qui ne placent pas la fin de l'empire Inca a la mort d'Atahuallpa ou a la defaite de Saqsayhuaman la place ici, a Ollantaytambo. Comme je l'ai deja expliqué, d'autres la place a la défaite de Tupac Amaru a Vilcabamba, mais c'est une autre histoire que celle d'Ollantaytambo...
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La forteresse de Ollantaytambo n'est donc pas en aussi bon etat que celle de Pisaq, mais le site n'en demeure pas moins un endroit fascinant a visiter - et certainement le meilleur exemple d'urbanisme Inca. Les secteurs d'habitations permettent de voir comment cette civilisation avait bien maitrisé les systeme d'aqueduc (canalisations tres minimalistes, mais efficace, de détournement d'une partie de la riviere, et, en construisant en gradins les édifices, l'eau coulait donc sous le plancher, d'un édifice a l'autre, sans avoir besoin de quelque systeme de pompage que se soit. Tres ingénieux et le tout fonctionne encore de nos jours!).
Si la visite d'Ollantaytambo ne permet pas de comprendre plus l'evolution de cette civilisation, le site n'en demeure pas moins un exemple de leur génie architectural et de terraformation, avec ses nomreux niveaux de terrasses, rendant cultivable une montagne de roches tres abrupte.
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Parenthese: Je vous ai certainement parlé du mythe de la fondation de la civilisation Inca (il existe deux légendes), qui veut que le premier Inca (leader des Quéchuas, donc, et qui a transformé ce peuple nomade en agriculteurs et batisseurs) soit né du Dieu Soleil et issu dirrectement du Lac Titicaca... je vous ai parlé de ca, non?
Anyway, Manco Capac, donc, le premier Inca, serait né du Lac Titicaca lui-meme. Entre les lignes de cette légende, on peut comprendre que Manco est originaire de Isla del Sol, pres de laquelle je me propose de retourner, pour achever cette exploration de l'histoire de la civilisation Inca.
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Entre temps, je vous laisse donc sur quelques photos de Ollantaytambo, un autre site merveilleusement agréable a visiter pour qui s'intéresse de pres ou de loin a ce genre de sujet.
Pour les amateurs de détails, il y a six secteurs a Ollantaytambo, répartis de part et d'autre de la vallée, sur deux flancs de montagnes se faisant face. Le site principal est sur une des montagnes, trois secteurs secondaires sont sur l'autre. Ces derniers sont tres difficiles d'acces; la randonnée fait rapidement place a de l'escalade, et la descente est ardue et abrupte. Au pif, selon mes observations de ma journée a Ollantaytambo, moins de 1% des visiteurs font le saut de l'autre coté... Sans plus d'équipement que des batons de marches improvisés, il ne m'a pas été possible d'atteindre le secteur le plus élevé de ce coté de montagne, mais j'en ai atteint et visité deux secteurs malgré tout.


Un mur gigantesque protégeait la cité du coté de la montagne, pres du secteur cérémonial. A l'arriere, on apercoit un des sommets enneigés de la cordiliere occidentale des Andes...


Le sentier (camino Inca) qui mene du secteur principal a un secteur secondaire est fermé pour cause de danger (on accede donc a l'autre secteur par un autre sentier, plus bas). Et croyez-moi, si les latinos d'aujourd'hui disent que c'est dangereux, personne ne veut mettre les pieds la! Déja quand ils ne disent pas que c'est dangereux, vous n'en croyez pas vos yeux parfois, et vous dites qu'aucun endroit en Amérique du Nord ne permettrait la visite, alors quand ils le disent... :-)

Une vue d'ensemble du secteur principal d'Ollantaytambo, avec ses terrasses (certains murs de soutainement sont parmi les plus hauts que j'ai pu voir dans le monde Inca jusqu'a maintenant), son secteur cérémonial (en haut a gauche), son sentier le long de la montagne a l'avant, et son mur protecteur, au fond... En bas, la ville moderne (village en fait, plutot charmant comme endroit) et entrée du site archéologique.


Hehehe... L'Esprit Vagabond dans une niche dont l'utilité m'a échappé, a part son confort et la vue sur la vallée...

Une partie du systeme "d'aqueduc", qui sert de puit et de fontaine commune. Remarquez la qualité de la taille de la pierre et l'excellent état de conservation de celle-ci. La source (dérivation d'une partie de la riviere avoisinante) est la meme qui coule depuis plus de 650 ans...


Dans le secteur opposé au secteur principal, par rapport a la vallée... Mon amie Suzie (je prends la photo, me tenant debout sur la fin de la corniche dont nous voyons le début au bas-centre de la photo, et excusez le vertige :-) ... avec en arriere-plan, un secteur plus élevé que nous irons visiter quelques minutes et une escalade plus tard...
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J'imagine que pour le lecteur, il peut sembler redondant de lire tous ces billets sur un site apres l'autre, mais je puis vous assurer que pour le visiteur, chaque site exploré a son charme propre, ses caractéristiques propres et son histoire propre qui fait que l'on ne se fatigue jamais, ne devient jamais blasé de voir les ruines qu'a laissé cette grande civilisation derriere elle, et que les paysages environnants ajoutent au plaisir de visiter la vallée sacrée des Incas... Un ensemble de visites que je ne suis pas pres d'oublier.
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Monday, July 23, 2007

Mi camino Inca: Pisaq avec Suzie et Milou

Poursuite de mes visites de la vallée sacrée des Incas, avec une expédition d'un jour à Pisaq.
Aujourd'hui, Pisaq est une petite ville tranquille installée tout au fond de la vallée, une mode bien occidentale (et évidemment inspirée de l'Espagne de l'après-conquete).
Mais Pisaq, c'est aussi une ancienne cité fortifiée Inca.
Et en fait, comme aucune bataille n'a jamais eu lieu à Pisaq entre les Incas et les espagnols, c'est aussi certainement la forteresse Inca la mieux préservée de tout l'empire.
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Le bus de Cusco prend environ 50 minutes pour atteindre la ville de Pisaq.
De la place centrale, vous avez deux choix, le taxi ou le combi vers le site archéologique, ou bien le sentier, à pied, jusqu'au site.
Évidemment, nous avons choisi le sentier, une manière plus agréable d'atteindre le site, en plus de procurrer l'occasion de faire une petite randonné en montagne, avec paysages à couper le souffle.
Il s'est avéré que le paysage n'était pas nécessaire, la marche dans la montagne était amplement suffisante pour nous couper le souffle! Le sentier est un peu moins long que celui menant au Machu Picchu, et probablement 100-125 m de moins élevé, à l'oeil, mais il est un peu plus à pic, faisant de chaque passage de cinq minutes une ascension incroyable, mais exténuante.
Plusieurs pauses et 600 m d'élévation plus tard, nous allions atteindre les premières tours de la forteresse... et de là, découvrir que le site de Pisaq, c'est bien plus qu'une forteresse Inca... Bien plus.
Bref, après environ 50 minutes de cette montée, nous avons atteint les premières ruines, qui surplombent la vallée et la ville contemporaine. Les montagnes environnantes nous offraient un spectacle absolument splendide vu d'en haut.
Pisaq, comme le Machu Picchu, est située complètement au sommet d'une montagne, avec ses fortifications qui s'avancent sur une sorte de pointe vers la vallée. Nous avons atteint le site par cette pointe (voir photo plus bas avec Suzie et Milou). De ce point de vue, nous avons pu apercevoir une partie plus élevée du site, causant une agráble surprise, puisque l'ensemble avait l'air plus étendu que prévu et semblait donc offrir une visite qui vaudrait son prix de billet en plus de la superbe randonnée pour y parvenir.
Tout au long de la journée en fait, et de notre visite, nous allions découvrir de plus en plus de secteurs de l'ancienne cité Inca, qui s'est avérée plus étendue encore que le Machu Picchu!
Passé le secteur de la forteresse, nous avons pénétré dans l'ancienne cité par le secteur cérémonial, avec ses temples et édifices dont l'importance était soulignée par un travail architecturtal précis.
Le secteur cérémonial lui-meme surprend par l'état de conservation exceptionnel qu'il offre au visiteur.
De ce point de vue - un des plus élevés du site - nous pouvions voir un autre secteur, en contrebas - habitations, selon toute vraissemblances, que nous visiterions plus tard en fin de journée - ainsi que plusieurs séries de terrasses impressionnantes à flanc de montagne.

La visite était loin d'etre terminée... En fait, nous allions découvrir secteur après secteur, sentier après sentier, un site magnifique et agréable à visiter - et malgré la présence de quelques groupes ici et là, relativement calme en nombre de touristes. Pendant les 4 heures qui allaient suivre, nous ne passerions jamais deux fois au meme endroit, serions surpris par un secteur découvert au détour d'un sentier abrupt offrant l'opportunité de se balader pendant une heure dans ses ruines, et serions acocmpagné d'un gentil chien que j'ai baptisé Milou au passage, ce dernier nous suivant pendant deux bonnes heures sur les sentiers et dans les ruines.


Aprés la visite de tous les secteurs découverts de Pisaq, on ne peut qu'etre heureux d'avoir eu l'occasion d'avoir vu ce site incroyable. C'est bien simple, on s'émerveille encore de son passage à Pisaq, puisque le site offre à la fois une randonnée (d'environ 5h30 au total) absolument merveilleuse dans les montagnes de la vallée sacrée des Incas et un site archéologique impressionnant et fascinant.


Et si ce n'était pas assez, la petite ville de Pisaq comporte également son mercado d'artisanat de la fin de semaine, qui innonde totalement sa plaza de armas...
Je me suis abstenu pour le moment... aprés tout, d'autres mercados m'attendent dans d'autres destinations.

Contremanifestation à Cusco

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas dans la vie socio-politique de Cusco et du Pérou.
Je vous rapportais que quelques manifs devenaient un peu plus agressives depuis les derniers jours, créant quelques problèmes dont l'arret des activités de l'aéroport de Cusco.
Cusco est un secteur sensible du Pérou, puisqu'il est sa capitale touristique et que toute l'économie de la province de Cusco dépend du tourisme.
De l'affaire du train au Machu Picchu, en passant par les manifs quotidiennes en ville jusqu'aux aéroports de Juliaca et Cusco, les manifestants semblent avoir perdu l'appui du reste de la population, ou à tout le moins de ceux dont la vie et les familles dépendent de l'argent du tourisme.
Ainsi, l'autre soir à Cusco, j'ai assisté à une contre-manifestation sur le thème de la paix. La marche, qui a pris son essor à la Plazas de Armas, avec des dizaines de groupes impliqués (chambre de commerce, institut du tourisme, collèges et commercants, artisans, hotels, etc), a simplement effectué à pied le tour de la Plaza avec des chandelles et pris place sur le parvis de la cathédrale, ou quelques allocutions ont été prononcées.
Les gens de Cusco appellent au calme malgré les manifs contre le gouvernement, demandent aux grévistes de cesser leurs attaques sur l'industrie du tourisme, puisqu'elles nuisent à beaucoup de monde autour d'eux, qui vivent de cette industrie. On invite les gens à manifester sans violence, cesser l'intimidation par les actions comme celle de l'aéroport de Cusco (feu)...

Pour accompagner cette opération paix, l'orchestre de l'armée était présente pour offrir un concert gratuit au centre de la Plaza.
Le tout s'¡est déroulé dans une ambiance très pacifique, et le fait de tenir l'activité en début de nuit avec des chandelles a donné aux gens la possibilité de passer leur message calmement, sans interrompre les activités quotidiennes.
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Je ne sais pas si cette action a été rapportée au gouvernement (j'imagine que oui), mais les grands titres d'aujourd'hui laissent croire que le gouvernement Garcia continue son attitude de la ligne dure contre les manifestants et prévois meme déposer une nouvelle loi imposant des sanctions aux dirigeants syndicaux et aux dirigeants des manifestations qui ont mal tourné.
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Pour ma part, je devrais cesser de suivre la situation de près, puisque dans quelques heures, je quitterai le Pérou pour un temps.

Problemes Techniques

Désolé de cette période de quasi-silence. J'ai plusieurs billets en projet, mnais j'éprouve des problèmes techniques avec le site abritant ce blog, et pour le moment, j'ai de la difficulté à charger de nouvelles images sur le blog.
Ayant tenté de faire la chose depuis divers café internet, il est clair que ce ne sont pas les machines et connexion d'ici qui semblent poser problème cette fois-ci, malgré leur qualité médiocre qui n'aident pas à aiguiser la patience du blogueur dans ces circonstances...
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À plus tard, donc.

De la nouvelle compagnie...

Retour sur mon blog après quelques jours tranquilles, deux jours trop occupés pour bloguer, quelque évolution dans la situation socio-politique... et une nouvelle compagne de voyage.
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Mon amie Suzie, complice de tous mes voyages (en tout ou en partie) a pris un vol Montréal-Toronto-Lima-Cusco qui l'a menée à l'aéroport de Cusco il y a quelques jours. Son avion a finalement atterri après une heure de retard due aux hésitations du pilote d'amorcer la descente dans la couche de nuages en pleine zone montagneuse. Ce retard nous aura permis de sortir de l'aéroport, sortie qui était bloquée auparavant lors d'une manifestation contre le gouvernement.
Heureusement que son vol est arrivée avec ce timing-là, car un peu plus tard ce jour là (je parle du 19), les manifestants ont entourré l'aéroport de Cusco et mis le feu dans les broussailles aux alentours, déclenchant de fortes émissions de fumée qui ont forcé l'arret des activités de l'aéroport puisque la visibilité était nulle aux environs de la piste. Il y a eu perte de controle de la manif, le feu s'est propagé, l'intervention des pompiers a été nécessaire, deux murs de protections ont été endommagés... Bref, les choses se sont corsé.
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Ce jour-là en a été un de repos pour Suze, qui avait plusieurs heures de vol et une nuit blanche derrière elle, et de repos et petites taches ménagères pour moi (lavage, reclassement de bagages, etc).
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Puis, nous avons décidé de visiter quelques sites incas des alentours de Cusco, donc d'y faire des expéditions d'un jour bus-visite-bus retour. Deux de ces sites se sont avérés plus étendus que prévu, avec de longs trajets de bus en plus, et ma foi, nous sommes revenus à Cusco trop tard et trop fatigués pour que je blogue en direct ces jours-là. Je tenterai de me reprendre ce soir avec deux billets sur ces sites, qui représentent le début de la fin de mon exploration de la civilisation Inca en plus d'etre de belles surprises à visiter.
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Comme le prix du billet global de visites de ces sites incluait également d'autres sites, j'en ai profité pour aller montrer à Suze les sites près de Cusco; Saqsayhuaman et Qenqo. Nous avons fait la randonnée inverse de celle que j'avais fait la première fois - pour la partie de ces deux sites à tout le moins... - i.e. grimper le sentier Inca de Cusco à Saqsayhuaman, puis de ce dernier à Qenqo.
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Un mot supplémentaire sur Saqsayhuaman. Cette seconde visite m'aura permis de visiter plus à fond certains secteurs des ruines, et de découvrir un petit secteur éloigné du reste, et de consolider mon opinion selon laquelle Saqsayhuaman a été érigé avant le centro de Cusco, et qu'en fait, c'est là qu'a été fondé Cusco. Les deux visites respectives de Pisaq et de Ollantaytambo dans les jours suivants ont renforcé cette opinion. Il y a définitivement d'autres secteurs que celui de la forteresse à Saqsayhuaman, celle-ci serait totalement inutile pour protéger Cusco de ses trois autres accès, et le secteur cérémonial est à l'intérieur de la forteresse, comme les habitations qui devaient abriter l'Inca et permettre une retraite fortifiée en cas d'attaque (qui ne pouvait pas venir d'en bas, trop abrupt et facile à contrer, ce qui invalide de mon point de vue l'argument de la forteresse batie pour protéger Cusco situé en bas). Bref, Saqsayhuaman, pour moi, est le premier Cusco, et une fois l'empire en expansion et le secteur plus sécuritaire puisqu'entourré de terres conquises et parties de l'empire, la ville a été étendue au bas de la coline, le Cusco de l'apogée de l'empire et celui des conquistadors et celui d'aujourd'hui. Ce n'est qu'une théorie, d'amateur en plus, mais elle fait vraiment du sens quand on (re)visite Saqsayhuaman.
(Photo baptisée avec un sourire: Sexywoman à Saqsayhuaman)
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La randonnée Cusco-Saqsayhuaman-Qenqo nous a aussi permis de faire un détour par le Cristo Blanco, une statue du Christ qui domine Cusco, sur un sommet situé entre la forteresse et la route qui mène vers Pisaq.
La statue s'est avéré très élégante et fort bien proportionnée (ce qui n'est pas toujours le cas avec ces sculptures géantes). Elle a été offerte par la Palestine à Cusco au milieu des annés 40! J'en ai profité pour la prendre en photo, avec cette vue dramatique; on croirait presque voir Dieu :-)


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Enfin, je vous laisse sur une photo d'une partie d'un troupeau d'alpacas que nous avons croisé lors de notre approche de Qenqo par le sentier qui longe la rivière et traverse un minuscule petit pont de bois.
Sympathique, non?

Wednesday, July 18, 2007

Trois temples coloniaux de Cusco

Cusco a beau etre une ancienne capitale Inca, la ville est devenu un important centre lors de l'arrivée des conquistadors.
Adorée des locaux comme des touristes, Cusco réussi l'exploit de conserver un authentique charme malgré l'affluence de touristes et l'exploitation de ce marché. Cusco était déja un mélange culturel dans les années 1550 quand les espagnols ont érigés leur ville sur les fondations de la capitale inca et la ville, au fil des sciecles, n'a rien perdu de son multiculturalisme.

J'ai donc visité trois de ses quelques temples aujourd'hui, question d'explorer le Cusco colonial également, et non seulement ses fondations incas. J'ai évité le classique tour-religieux qui comprend deux églises, un couvent et un musée d'art religieux pour orienter mes visites vers les trois églises me semblant les plus intéressantes. Au passage, j'ai meme sauvé 6 soles (2$) :-)

La première a été celle de la Compaña de Jesus, définitivement l'édifice colonial le plus majestueux de Cusco, de mon point de vue. L'église, érigée par les jésuites avec les pierres du palais de l'Inca Huyana Capac, présente une facade élégante, un dome baroque que l'ont voit de partout dans Cusco et un extérieur globalement harmonieux. Pour l'anecdote, mentionnons que lors de sa construction, elle a été controversée, puisque l'éveque craignait qu'elle ne dépasse en grandeur la cathédrale. A l'époque, meme le Pape Paul III s'est opposé a ses ambitions, mais trop peu et trop tard, sa construction étant pratiquement terminée alors. Pour la petite histoire, meme si la cathédrale est vue comme l'édifice religieux le plus important de la ville, je répete que les craintes de l'éveques étaient justifiées, puisque la Compaña est définitivement plus impressionnante que sa soeur de la Plaza de Armas.

Comme si cette facade ne suffisait pas, son intérieur est resplendissant, décoré de retables d'or et de nombreuses peintures illustrants la vie de St-Francois d'Assise, St-Jérome et St-Ignace de Loyola. Étrangement, le crucifix n'est pas derriére l'autel, mais plutot sur le retable de gauche, avec un Jésus de l'école réaliste espagnole avec ses cheveux, son flanc sanglant et sa jupe en textile véritable...
Des vitraux hauts, abimés, laissent pénétrer quelque rayon de soleil agissant comme de petits projecteurs et illuminant tout le mur de droite de petits cercles lumineux, digne de figurer dans un roman de Dan Brown avec une signification mystérieuse et secrete.

Un petit escalier de bois mene vers le bas de ses deux tours, qui nous offrent une superbe vue de la Plaza de Armas, mais dont l'acces est limité et ne permet pas de grimper dans les clochers.

J'ai profité de l'abri offert par l'escalier pour prendre une photo - chose interdite dans la Compaña comme dans la Cathédrale...
La vue de la Plaza de Armas ne semblait pas une grande violation de la regle de non-photo affichée partout sauf dans les tours, j'ai donc croqué cette vue pour vous également.

Enfin, la Compaña offre également la visite de sa salle du trésor, qui ne présente rien de bien impressionnant (pour le voyageur pour qui ce n'est définitivement pas la premiere église visitée). Une bonne note toutefois pour les photos des effets du tremblement de terre de 1950 sur l'église et sur des aspects de sa restauration par la suite.







Puis, ce fut la visite de la Cathédrale elle-meme, qui allait me réserver quelques agréables surprises.

L'immensité de l'intérieur surprend le visiteur - puisque rien de son extéreieur ne trahit la grandeur de l'édifice. Malgré des plafonds (relativement) bas, l'ensemble étonne. La sobriété du mobilier et l'imposant format des colonnes aide a créer une impression de gigantisme que l'architecture extérieur cache plutot bien, extérieur qui a été construit a partir des pierres du palais Inca Wiracocha.

La Cathédrale est l'habituelle succesion de chapelles et de retables, dont certains sont richement décorés d'or ou d'argent. Pourtant, l'ouvrage le plus impressionnant et agréable a contempler est un immense retable sculpté en bois et qui couvre la totalité de l'arriere de l'autel. Une salle réservée aux vieux meubles et a quelques peintures historiques vaut le détour également.
Pendant ma visite, deux vieilles dames s'affairaient a changer de costume (ce réalisme des statues qui fait frissonner) une statue de Ste-Anne, en prévision de la procession qui doit avoir lieu sur la Plaza le 26 juillet prochain. Dommage que je n'aie pas eu le droit de prendre de photos...
Le choeur, situé au centre du temple, fait tres 16e siecle espagnol et est entierement concu de bois sculpté incorporant plus de 200 personnages... Saints, anges... et représentations de la Pachamama (inca, hum) sous la forme d'une femme nue et enceinte...

Deux peintures ont retenu mon attention plus particulierement. La premiere est celle représentant une procession d'un Christ dans la Plaza de Armas de Cusco le jeudi 31 mars 1650... procession qui aurait eu pour but de calmer Dieu suite a un méga-tremblement de terre. Comme la chose a porté fruit (le tremblement de terre a cessé), ce Jésus est devenu le Seigneur des tremblements, le protecteur de Cusco. On retouve sa statue dans la cathédrale, noircie par des décenies d'utilisation de cierges tout autour de lui.

La seconde peinture d'intéret est une énieme version de La derniere cene... ou - comme dans la représentation vue au Covento San-Francisco de Lima - les apotres et Jésus mangent du Cuy (cochon d'inde) lors du dernier souper du Christ, un met typiquement indigene, ici (je vous ai "volé" cette photo de la chose).

J'allais presque oublier de mentionner la peinture de la vierge a l'enfant qui trone a l'entrée principale devant les grandes portes. Réalisée dans un style qui rappelle la renaissance italienne, la vierge vous fixe et son regard vous suit peu importe d'ou vous la regardez... Cet effet "modele qui fixe l'objectif" rappelle évidemment La Joconde de Da Vinci, et mon ignorance de l'histoire de l'art montre ici son étendue, puisque je ne sais pas du tout a qui est attribué cet effet... Daniel, Laurine, a l'aide! :-)

Enfin, la chapelle du triomphe et celle de la sainte famille - toutes deux construites a part, de part et d'autre de l'édifice principal - n'impressionnent guere, le point le plus intéressant étant la crypte contenant les cendres de Inca Garcilaso de la Vega, le plus célebre métis né a Cusco et a qui l'on doit en grande partie l'écriture de l'histoire et des traditions incas (il était né d'une princesse Inca et d'un conquistador, est toujours demeuré fier de ses racines incas et est mort en Espagne apres la réédition de son livre sur la culture et l'histoire inca, publié en 1609).


Enfin, pour mon troisieme temple... à 3 soles l'entrée, la visite de La Merced s'est avéré la plus intéressante des trois, et en plus, j'avais le droit de prendre des photos! Yé!

Ici encore, l'extérieur de l'édifice - coincé entre deux rues étroites et offrant un coté a une petite plaza - ne laisse rien voir de l'éblouissant intérieur de La Merced.

Ce qui émerveille des l'arrivée est la cour intérieure, en deux cloitres (un est fermé pour restauration), richement décorés, avec des colonnes sculptées de bas reliefs, des tableaux sur tous les murs, et de jolis plafonds, ici peints en bleus, la en caisson de bois. Malgré que la fontaine centrale ne semble pas en état de fonctionner, le jardin intérieur est tres bien entretenu et coloré par de beaux arbres a fleurs.

Le visiteur est appelé a se balader librement dans les couloirs du premier plancher - l'escalier ne peut etre qu'entr'apercu et est fermé puisque le second plancher est en restauration.
Nous avons ainsi acces a quelques pieces, dont une salle de réunion aux meubles antiques intéressants, une salle de peinture sans intéret particulier, et une cellule (je ne me souviens plus de quel moine) qui est fort amusante par sa décoration (peinture en fresque mur a mur et plafond, combinant thématiques chrétiennes et paiennes - notez les divers animaux...
La chapelle elle-meme n'offre rien de merveilleux, meme si elle est agréable au regard, et semble réconfortante apres la richesse, la grandeur et l'austérité de la cathédrale. Je me suis aventuré dans la sacristie, qui était ouverte, et la chose donnait sur un escalier (lui aussi ouvert) qui m'a mené au second plancher... en restauration et ou je n'avais pas l'autorisation de me balader... J'ai donc rebroussé chemin vers la sacristie, dont quelqu'un avait laissé l'acces a l'escalier ouvert par inadvertance, j'imagine... Mais rassurez-vous, personne d'autre que Dieu ne m'a vu :-)

Je mentionnerai deux autres éléments de ma visite qui ont su captiver mon regard. La premiére est une étrange peinture sous une des arches du premier plancher, qui représente la vierge donnant un sein a l'enfant Jésus... et l'autre sein a St-Joseph! Avouez... :-)

L'autre peinture orne l'entrée actuelle de La Merced, et est une représentation du mal, ou a tout le moins de ce qui vous arrivera si vous le commettez... acentuant une fois de plus l'image de souffrance projetée par la religion catholique...
Cette peinture ne déparerait pas un magazine d'horreur moderne, en plus... On ne s'attend définitivement pas a retrouver ce genre de tableau dans une église...
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Le reste de ma journée a été consacré a la visite du Museo Inka, un endroit fascinant ou on peut faire le voyage des civilisations pré-incas a l'apres conquete espagnole en passant par l'apogée de l'empire Inca... J'y reviendrai, si j'en ai l''occasion... Sinon, je vous conseille fortement sa visite si vous passez un jour par Cusco. Un must pour qui s'interesse aux civilisations pré-colombiennes.
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Ce billet, qui couvre ma journée d'aujourd'hui, complete le petit rattrapage auquel je me suis livré depuis quelques jours sur ce journal de voyage en ligne. Je devrais donc ralentir le rythme pendant les prochains jours, qui me verront visiter quelques autres sites autour de Cusco avant que je ne reprenne la route... La question demeure, la route vers ou?
Well... Je vous le dirai quand je le saurai!

Mi Camino Inca: Cusco

Cusco, capitale de l'empire Inca, aurait certainement été le site archéologique Inca le plus merveilleux à visiter si les conquistadors et les Incas ne l'avait pas pratiquement entièrement détruite.
En effet, après les batailles menées ici et la conquete de Cusco par les espagnols, ceux-ci se sont servis des temples, palais et édifices encore existant pour ériger leur propre ville espagnole. Cette décision avait quelque chose de stratégique; en anéantissant la capitale, le message était clair que l'empire n'existait plus et que les nouveaux maitres étaient espagnols.
Aussi, en utilisant les pierres des temples et palais détruits pour ériger une cathédrale et une église autour de la plaza centrale, les espagnols lancaient aussi un message pour aider à la cause d'évangélisation; fini l'ancienne religion et les anciens rites, voici quel Dieu il faut adorer. (Concernant la relative réussite de cette stratégie, voir mon commentaire suivant - à venir très bientot - sur les étrangetés culturelles présentes à l'intérieur des églises coloniales de Cusco).


Mais heureusement, les Incas étaient des architectes de génie. Ainsi, meme après sa destruction partielle, pratiquement toutes les fondations des édifices de Cusco étaient encore solidement en place. Les espagnols se sont tout simplement contentés de construire leurs édifices sur ces memes fondations.
Il est fort amusant de constater qu'au fil des ans, décenies et siècles, Cusco a été le théatre de plusieurs tremblements de terre et que si plusieurs édifices construits par les espagnols se sont effondrés à ces occasion, aucune des fondations et des portions d'édifices érigés par les Incas n'a subi ce sort...
A la blague ici, les guides vous identifieront les parties d'édifices construits par les incas et celles construites par les inca-pables espagnols.
(Les lecteurs attentifs ou les cinéphiles avertis se souviendront peut-etre du commentaire laissé sur ce blog par mon amie Agnès à ce sujet, et citant le film Diarios de motocicleta racontant le passage du jeune Ernesto Guevara à Cusco).
Le commentaire est amusant, surtout que la grande majorité des cusqueños sont de descendance espagnole ou métis et que malgré la fierté de l'héritage inca, les quéchuas d'aujourd'hui semblent encore traités comme des citoyens de seconde zone.
Il est aussi étonnant d'entendre cette blague, puisqu'elle s'applique très certainement encore aux constructions latinos modernes, qui semblent avoir plus hérité des incapables que des incas :-)

Enfin, une balade dans Cusco permet de découvrir et d'apprécier plusieurs de ces structures Incas, dont certaines datent de plus de 800 ans.



Un premier exemple ici, où l'on reconnait l'architecture typique de l'apogée de l'empire inca, avec ces grosses pierres taillés et empilées (sans mortier) solidement les unes sur les autres.
Je note trois type de constructions incas depuis mes visites dans l'Empire, et les trois se mélangent selon les époques alors j'ai l'impression (non vérifiée auprés des experts) que le type de construction ne dépendait pas seulement de l'époque, mais aussi et surtout de l'importance de l'édifice construit; il semble faire du sens que l'on ait accordé plus de soin à la taille et l'agencement des pierres des édifices à la fonction plus importante qu'aux constructions des habitations des paysans, par exemple.



L'édifice de la Scotia Bank est un autre exemple d'édifice de l'époque coloniale érigé sur des fondations incas.





De longues rues étroites bordées de chaque coté de fondations de l'époque impériale inca montrent le genre de voie dont était fait Cusco à cette époque. Ici, avenue Loretto, on voit sur la droite un édifice aux fondations inca, et sur la gauche, un mur de l'église la Compaña de Jesus, construit avec des pierres de l'ancien palais de l'Inca Huayna Capac. Une partie de ce mur est le mur original du palais.





Le seul véritable site archéologique de Cusco est fermé aux visiteurs, puisqu'il est toujours en exploration par les archéologues. Il a été "découvert" lorsqu'un édifice a été détruit et depuis, les fouilles sont en cours.





Illustration parfaite de la différence entre l'architecture Inca (grosses pierres imbriquées sans mortier) et celle des Incapables (petites pierres avec mortier).







La "rue des grosses pierres", ainsi nommée puisque c'est sur cette ancienne voie inca que l'on retrouve les plus grosses pierres imbriquées à l'époque Inca encore partie des édifices modernes de Cusco. Une illustration de ma théorie sur l'importance des édifice peut-etre: celui de gauche sur la photo comporte une architecture plus majestueuse, plus imposante et plus travaillée que celui de droite, ergo son importance?





Deux photos pour vous donner une perspective quand à la taille des pierres utilisées par les Incas pour construire les édifices de leur capitale. Première photo sur la "rue des grosses pierres", en plan rapproché...



... et seconde photo, prise de l'autre coté du meme édifice (aujourd'hui abritant un musée d'art), en plan éloigné. Notez l'incroyable beauté et fluidité du travail d'intégration des pierres les unes aux autres, travail et beauté d'autant plus remarquables que la taille des pierres dépasse l'entendement. L'ensemble est d'une grande poésie architecturale.

Voilà donc pour mon exploration des fondations Incas de Cusco, autre étape de mon petit camino inca personnel.

À suivre, donc.

Mi Camino Inca: De Tambomachay à Sacsayhuaman

Cusco est située au coeur de la vallée sacrée des Incas et était la capitale de l'empire Inca à son apogée. C'est dire que c'est près de Cusco que l'on retrouve les plus importantes cités Incas. Le célèbre Inca Trail (ou Chemin des Incas), pavé de pierres, passe par plusieurs de ces cités et la trek sur ce chemin dure généralement 4 jours. Par contre, depuis janvier 2001, pour atténuer le nombre de visiteurs faisant l'Inca Trail, pour des fins de préservation, le gouvernement péruvien a légiféré et depuis ce temps, on ne peut plus visiter ou parcourir l'Inca Trail en indépendant; il faut le faire en groupe avec guide, supervisés par une agence. Évidemment, les prix ont grimpé en flèche, et les places limitées font qu'il faut réserver plusieurs mois d'avance si on veut effectuer cette visite de cette manière. Le point culminant de l'Inca Trail est l'arrivée le 4e matin, à Puerta del Sol, près du Machu Picchu.
Pour ma part, comme je l'ai narré lors de mon passage dans la cité perdue, j'ai parcourru une partie de cette Inca Trail à l'envers, du Machu Picchu vers la Porte du Soleil.
N'ayant ni itinéraire précis, ni les moyens financiers de faire la trek de l'Inca Trail (on parle de 350$ US à 1000$ US pour les 4 jours, rappel: mon budget quotidien est de 30$US !)... Je me rabat donc sur d'autres sites Incas, créant mon propre camino inca à moi.
Heureusement, ce n'est pas ce qui manque dans les environs et pour visiter tous les sites, il faudrait passer deux mois dans la vallée sacrée, à moins de faire des visites très rapides!
Sur la route entre Pisaq et Cusco, il y a 4 sites incas d'intérets; dont trois offrent des ruines mineures, et peuvent donc se visiter en une sule journée, incluant une belle randonnée pour marcher d'un site à l'autre.
Le premier, situé à environ 7 km de Cusco, s'appelle Tambomachay. La journée de ma visite, il est midi quinze au moment d'entrer sur le site archéologique, ancien lieu de bains rituels incas, avec une fontaine creusée dans la roche et alimentée par une source souterraine (fontaine qui fonctionne encore aujourd'hui).


Le site n'est pas très étendu mais offre un premier regard sur des ruines incas qui est fort intéressant et l'état de certaines structures est excellent (les escaliers et portes, par exemple). Quelques buttes en face permettent d'apprécier l'ensemble du site, où quelques adeptes modernes du culte de l'eau viennent faire des pélerinage.

À quelques minutes à peine de Tambomachay, en traversant la route, on arrive à Puka Pukara. Le lieu aurait servi de maison de repos à l'Inca Pachacuti. Autre site très peu étendu, mais fort intéressant par l'agencement de diverses pièces laissant imaginer que l'Inca devait avoir une suite importante de personnages avec lui si ce lieu était bien réservé à son usage.
Mon ami Tintin en a profité pour se faire prendre en photo devant l'ensemble des ruines de Puka Pukara.
Il était environ 13h15 quand j'ai quitté Puka en route vers le site suivant. Cette portion de route est celle qui est la plus longue entre les 4 sites que je visiterai ce jour-là. La plupart des touristes font le trajet Cusco-Tambomachay en taxi, visitent les deux premiers sites, puis prennent un autre taxi entre Puka et Qenko (ou le meme trajet, mais en sens inverse), mais ce faisant, il ratent une partie du plaisir: la très agréable randonnée de 5 km entre les sites, qui vous fait voir de beaux paysages, quelques habitations, des éleveurs de lamas, et bien entendu, des marchands d'artisanat traditionnel.

Après une pause-repas au pain pita garni de mayonaise et de thon en flocons, et pris en compagnie d'un gentil chien qui a adoré le thon et les biscuits à la vanille... je rejoins Qenko à 15h. Qenko était certainement un site cérémonial, puisqu'une plate forme entourée de sortes de gradins sculptés dans la roche entourre une gigantesque pierre. C'est le plus intriguant des sites visités ce jour-là puisque l'ensemble demeure mystérieux quand à l'usage de ce que l'on voit. Contrairement à tous les autres sites incas que j'ai vu à ce jour, le travail architectural à Qenko est sommaire, très primitif dans son usage des pierres présentes sur place. Il n'y a aucune trace d'urbanisme ou de planification. L'ensemble est assez massif, et comporte une série de canaux creusés à meme la roche et dont l'usage prétendu aurait été de verser du sang sacrificiel (animal) ou de la chicha lors de cérémonies, mais on sent que toute tentative d'explication demeure approximative. Des grottes sous l'amas rocheux laissent croire qu'il y a peut-etre des sépultures sous Qenko.

À une dizaine de minutes de Qenko, vous atteignez enfin le 4e et plus important site à proximité de Cusco: Sacsayhuaman (prononcer Sexywoman, hehehe).

Sacsayhuaman est une forteresse, certainement la plus impressionnante structure Inca aux alentours de Cusco. On croit que la forteresse a été érigée par les incas pour protéger Cusco (puisque Sacsayhuaman domine la ville sur une des colines au nord de celle-ci). Il est clair que la forteresse faisait partie de la cité Inca, puisque celle-ci (tout le secteur pré-colonial) a la forme d'un puma - animal vénéré par les Incas - et que la forteresse en constituait la tete.
Il est toutefois difficile de croire que Sacsayhuaman n'était qu'un rampart défensif, pusique Cusco demeurait alors libre de toute défense sur ses trois autres flancs. De plus, il n'y a pas que des remparts à Sacsayhuaman, il y a aussi d'autres structures, dont une immense en forme d'amphithéatre, plusieurs grottes et d'autres ruines difficilement identifiables en terme d'utilité.
Qui sait si la ville de Cusco n'a pas d'abord été fortifiée à Sacsayhuaman avant de s'étendre dans la vallée une fois l'empire plus étendu et sa capitale moins vulnérable? Hum, je me risque ici à émettre des théories sans aucune formation académique, mais la visite de Sacsayhuaman ne m'a pas convaincu que sa seule utilité ait été celle de défendre une cité en contrebas, vulnérable par tous les autres cotés.

Toujours est'il que les trois rangées de ramparts de Sacsayhuaman sont extremement impressionants. La taille des pierres utilisées est fascinantes et il est quasiment impossible d'imaginer le travail nécéssaire pour imbriquer ses gigantesque roches taillés les unes dans les autres afin de former les remparts et les bases des tours. Si je n'avais pas vu des constructions pareilles à Cusco auparavant, je n'y aurait tout simplement pas cru! Un regard attentif permet toutefois de distinguer des marques au bas des pierres, visiblement pour accueillir des leviers, mais encore, on dit que certaines des pierres de la forteresse pèsent plus de 300 tonnes! J'en ai vu quelques-unes qui font plus de 6m de long sur 2 de large et 3 de profond.

Sacsayhuaman est aussi un site important historiquement; histoire qui explique aussi que certaines parties du site soient en mauvais état: Sacsayhuaman a été le théatre d'une bataille décisive dans l'histoire Inca. En effet, après la conquete et la nomination de Manco Capac II comme Inca fantoche par les conquistadors, ce dernier a fomenté une rébellion en 1536. Capac et ses troupes sont pris Sacsayhuaman et résisté aux troupes espagnoles pendant un certain temps avec succès. Le propre frère de Francisco Pizarro, Juan, a perdu la vie dans une bataille à Sacsayhuaman. Finalement, les espagnols ont repris Sacsayhuaman, forcant Manco Capac II a retraiter vers Ollantaytambo, ou il perdra définitivement la rébellion contre l'envahisseur. Pour plusieurs, Sacsayhuaman est le lieu où la bataille a définitivement été perdue et où l'empire Inca s'est définitivement effondré.
Il faudrait peut-etre préciser que plusieurs groupes indigènes s'étaient joint aux troupes de Pizarro lors de cette insurrection Inca. Il faut comprendre que l'empire Inca avait conquis par la force certains territoires et certains groupes semblaient voir d'un bon oeil un nouveau maitre pour remplacer les incas. Cet état de fait a certainement joué un role imprtant dans l'échec de la rébellion menée par Manco Capac II.
Je précise que pour ma part, l'Empire Inca a disparu avec l'exécution d'Atahuallpa en 1533, puisque ni la rébellion de Manco Capac II ni le pseudo-règne de son fils Tupac Amaru (exécuté à Cusco en 1572) n'ont permis de régner sur un véritable empire, l'ensemble du territoire étant sous le joug des conquistadors et Manco II comme Tupac n'étant que des rebelles cachés dans leurs cités jusqu'à la victoire définitive des espagnols. Mais une fois encore, je n'ai pas l'ambition de réécrire l'histoire Inca ;-) et il est vrai que c'est bien à Sacsayhuaman que les espoirs de faire revivre l'empire Inca se sont effondrés et que la culture Inca est devenu histoire...

De Sacsayhuaman, il s'agit de prendre le chemin pavé de pierres qui mène au bas de la coline pour rejoindre les premières habitations de Cusco, puis son centre-ville. Il est 17h30 lorsque j'arrive à Cusco, ayant parcourru cette portion de mon chemin Inca de 7-8 km en un peu plus de cinq heures, incluant le temps nécessaire à visiter les sites.
Les visiteurs désirant voir Sacsayhuaman sans visiter les trois autres sites mineurs le font souvent en gravissant la coline menant à la forteresse, excursion que je ferai probablement dans les prochains jours d'ailleurs.
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Me voici donc de retour à Cusco, elle-meme partie de ce camino inca personnel, puisqu'après tout, c'était la capitale de l'Empire.
À suivre...


Manifestations quotidiennes à Cusco

À tous les jours depuis mon arrivée, il y a une longue marche de protestation contre le gouvernement Garcia dans les rues de Cusco, le Pérou étant secoué par une crise socio-politique.
Celle de ce matin m'a semblé plus importante, le mouvement, plutot que de s'essoufler, semble prendre de l'ampleur.
La marche d'aujourd'hui était exclusivement constituée de protestant du milieu de l'éducation. Organisée par la SUTEP (le syndicat national des enseignants du Pérou), la marche faisait au moins 3 km et a zigzagué dans les rues de la capitale Inca pendant deux bonnes heures.


Le trafic a donc été légèrement incomodé, mais le tout s'est déroulé dans le calme.
Évidemment, comme il s'agit de protestation de gens en grève générale illimitée, plusieurs slogans et comptines se sont fait entendre pendant cette manifestation.
Parmi les commentaires scandés par les manifestants, on a les prévisibles "Gouvernement incapable", "Sans justice, pas de paix" ou encore "La grève continue, sans compromis".
Quelques affiches taxaient le président Garcia de Dictateur... un chant réclamait avec "urgence, un nouveau président" et certains manifestants chantaient aussi que c'était la faute du président (qui refuse de dialoguer tant que les enseignants ne mettent pas fin à la grève) si les cours ne reprenaient pas et les enfants demeuraient chez eux.
Certains commentaires ratissaient plus large que la simple gréve dans l'enseignement en mentionnant que le peuple était pauvre, et fatigué de souffrir, que la population du Pérou se mourrait et que le président ne faisait rien.

Enfin, le commentaire le plus ambitieux était certainement le récurrent: "Sans solution, nous marchons sur le Machu Picchu!", qui vise à inquiéter le gouvernement en visant la plus importante source de revenus du tourisme au pays.
L'affiche la plus amusante personnifie Garcia, supporté par une main amicale (États-Unis), étiqueté "bureaucrate", qui se repose les pieds sur le peuple, celui-ci épuisé de ses soufrances.
(Avec l'intitulé "Assez d'abus!")
Aux dernières nouvelles, le président Garcia n'avait pas changé sa stratégie de la ligne dure.
(Note: Les citations en italiques sont citées après avoir été notées sur place - ma traduction).

Cusqueños y viajeros

Après une visite des sites incas aux alentours de Cusco (billet en préparation) et une visite des sites incas de Cusco meme (aussi en préparation), j'ai visité quelques sites religieux et me propose de visiter le musée Inca cet après-midi (autre billet à venir, donc).
Pour vous faire patienter sur ces 3 billets à venir, voici un album-photo croqué aux alentours de la Plaza de Armas hier. Il s'agit de photos de gens de Cusco, du Pérou ou de voyageurs... Aucun monument ou intéret touristique dans cet album (sinon en arrière-plan), seulement la vie de tous les jours ici à Cusco, telle qu'elle m'est apparue hier.
Chacune de ces scène m'a paru intéressante à partager.


Sur le parvis de la cathédrale, en l'absence de classes, trois jeune filles comparent et commentent leurs notes d'études.


Plaza de Armas, un latino qui cruise une touriste blonde, scène tellement rare en Amérique Latine que je n'ai aucun mérite de l'avoir captée. :-)

Ces deux fillettes marchand sur l'Avenida del Sol offrait un contraste étonnant avec les fillettes habituelles, entrainées à vendre des babioles aux touristes... Celles-ci avaient l'air de toutes petites adultes visitant la ville.


Jeune fille consultant ses messages-textes sur son cell sous les arches près de la Compaña de Jesus, sur la Plaza.

Parvis de la Cathédrale, un touriste a décidé de faire une pause pour consulter son guide de voyage.

Elles venaient juste d'arriver près de la fontaine centrale de la Plaza, et allaient observer et partager leurs achats d'artisanant respectifs.

Enfant avec un Tigger cherchant sa mère, qu'elle allait retrouver quelques secondes après cette photo, prise également sur le parvis de la Cathédrale.

Ce touriste a cédé à la tentation de se faire coiffer en pleine rue... Rasta, on imagine, coiffure de prédilection des vagabonds en Amérique Latine... (mais pas des esprits vagabonds, vous aurez remarqué, hehehe).

Deux backpackers prises par surprise et cherchant une voie de sortie, alors que la manifestation du syndicat des professeurs bat son plein dans les rues de Cusco.

Tuesday, July 17, 2007

Retour sur La Paz

Comme nous vivions des aventures assez rapides, lors de nos passages à La Paz (en route et au retour du Salar de Uyuni), j'ai à peine effleuré la capitale administrative de la Bolivie, et pourtant, cette ville m'a fait une forte impression. Je consulte donc mes notes et vous livre mes souvenirs et impressions de La Paz ici.

J'ai déjà parlé de sa structure, en bol, coincée entre les montagnes, étendue comme aucune autre ville que j'ai visité, encore plus étendue que Quito, mais avec des édifices assez élevés à comparer à la capitale équatorienne. J'ai aussi parlé d'El Alto, sa banlieue environnante, sur le plateau, et par lequel il faut passer pour entrer ou sortir de La Paz par son unique voie rapide (hum).
J'ai toutefois omis de mentionner les étranges formations rocheuses que les paceños n'ont pas entrepris de terraformer et habiter, se contentant de les contourner et d'établir leurs habitations tout autour. On en voit une tout en haut, au centre de cette photo, prise de la Plaza San Francisco. Pour moi, La Paz, premier regard à mon premier matin dans la ville, c'est ca.

Mais passé outre les innombrables commerces d'artisanat boliviens et le chaos entourrant les Plaza autour de San Francisco, on déniche une petite rue piétonne, Comercio, qui nous offre quelques surprises, avec un peu de tranquilité à l'abri de la circulation effervescente de La Paz. Entre autres commerces, on peut se payer les services d'un notaire en pleine rue, comme celui que l'on voit sur cette photo, accompagné de sa secrétaire, et sa fidèle dactylo pour rédiger les documents dont vous avez besoin. Consciencieux, il travaille à l'abri du soleil, quand meme. Pour les besoins de la photo, j'ai du la prendre d'un angle qui ne nous permet pas de voir son enseigne et ses lettres d'autorisations, mais on peut voir les types de documents qu'il peut remplir pour vous sur la liste brochée sur le devant de son... bureau.

Cette rue piétonne et commerciale mène vers la plus belle plaza de La Paz, La Plaza Murillo, où sont érigées la cathédrale de La Paz ainsi que la Palacio Presidencial et le Parlement de la Bolivie.
D'innombrables pigeons survolent les environs de la Plaza et se perchent sur toutes les corniches autour de la Plaza Murillo. C'est aussi là qu'ont lieu les manifestations du dimanche, ou encore les entrevues télévisées de divers groupes s'adressant au gouvernement Morales.
J'ai visité quelques-unes des églises du centro de La Paz, et ma foi, meme si rien ne vient surprendre ou fasciner, j'ai trouvé l'ensemble des édifices religieux plutot intéressant par leur mélange de culture (quechua et catholique), preuve que le clergé de l'époque coloniale était bien conciliant envers ce qui était permis dans une église pour réussir à convertir les quechuas au catolicisme.

Cet état de fait est encore présent aujourd'hui, et m'a rappelé les étranges rites semi-maya qui étaient pratiqués dnas les églises du Guatemala. La cathédrale de La Paz est immense et imposante, et son intérieur est sobre et austère, mais le gigantisme de l'édifice impressionne plus que la beauté de ses oeuvres d'art.
La plupart des églises de La Paz comportent des vitraux aux formes géométriques sans aucune relation religieuse, et qui rappelle plus les formes du calendrier Inca que les tropes de la religion chrétienne... La cathédrale est l'édifice qui en comporte le moins, ce qui en fait également un édifice à l'intérieur sombre et sérieux. L'omniprésence de ces sculptures de céramique reluisante habillées de vrais vetements qu'affectionnent tant les latinos-américains dans leurs églises donne le frisson et rappellent avec leur réalisme à quel point la religion catholique offre un message de souffrance. Les représentations sanglantes du Christ (couronne d'épine et lance au flanc, dégoulinant de sang) sont dignes de donner des cauchemars.
Autour de la Plaza, diverses rues font découvrir un mélange d'architecture moderne et coloniale espagnole. Si certains édifices ont conservé toute leur grandeur de l'époque coloniale et arborent fièrement de jolies couleurs chaleureuses, d'autres sont dans un état de délabrement typiquement latino lui aussi. Les édifices récents sont d'une laideur sans pareille, et n'ont aucun style architectural digne d'etre mentionné; ils sont utilitaires et construits sans ame ni conscience de l'environnement visuel.
La population est aussi un beau mélange de culture, et la Bolivie est certainement le pays où les mestizos (métis de descendance espagnole et quechua) sont en en majorité très claire, suivie de très près par la population Quechua. Il y a très peu de descendants espagnols blancs en Bolivie, pour peu que j'ai pu en juger par mon passage à La Paz. Et si certains adoptent un mode de vie moderne (rappel: Le président est un Quechua cultivateur de coca), d'autres conservent leur costume traditionnel, et à La Paz, on ne sent pas que c'est pour vendre leur photo aux touristes! Cette scène en file d'attente devant les portes d'une banque du centro illustre bien ce que je veux dire ici.

Meme si Comercio est une rue piétonne et plus silencieuse que les rues avoisinnantes, elle est tout de meme achalandé; par les vendeurs d'oranges, d'empanadas ou de beignes, de revues et journaux, de babioles diverses, en plus des commerces officiels (dans les édifices bordant la rue), marchants de chaussures, cinéma (offrant en programme double Spider-man 3 et Ratatouille, à la mode des années 70 au Canada), etc. Si vous passez par là sur l'heure du midi et que vous avez un petit creux, je vous conseille fortement les empenadas (fromage, poulet ou oeufs), suivi d'une couple de beigne vanille, ca vous fera un excellent diner (délicieuses, les empanadas aux oeufs, avec un peu de légumes et piments, miam miam) qui vous reviendra à 4-6 bolivianos (environ 50-70 cents canadien). Si vous tenez vraiment à dépenser 1$ CDN pour votre lunch, alors payez vous un cola pour faire descendre tout ca.
Au retour, vous pourrez passer du temps au Muséo Nacional de Arte, et si vous etes chanceux, le petit joueur de mandoline tentera de vous séduire et de gagner un bolo ou deux.

Meme si vous venez de manger un morceau, rien ne vous empeche de planifier votre souper. Et comme les marchands autour de la Plaza San Francisco offrent littéralement de tout (incluant des foetus de lamas séchés, avouez), c'est l'endroit idéal pour faire des provisions. Fruits, grignottes... ou encore cervezas régionales... A ce sujet, il faudrait bien que je publie un billet sur les bières sud-américaines goutées jusqu'à maintenant... mais disons que du lot, la Paceña de la Paz est certainement la plus douce. À ce marché, toutefois, j'ai fait l'acquisition d'une Bock et d'une Solteña qui se sont avérés délicieuses avec des pretzel avant d'aller souper.

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J'espère bien remettre les pieds à La Paz au cours de ce voyage. Si ce n'est pas en route vers l'Argentine ou le Chili, au retour, certainement. La Paz a encore trop à m'offrir pour que je me contente des quelques heures que j'y ai volées entre ses marchés d'artisanat et notre trek dans le sud bolivien.
S'il y a une chose dont je ne m'ennuie pas, par contre, c'est le passage obligé par El Alto, qui s'est avéré, à chaque fois, long et lent. La chose peut toutefois etre culturellement fascinante tellement les environs de La Paz et son centro intense en font une ville unique.
Malgré tout, la fascination peut devenir impatience devant l'incroyable inefficacité de la voie qui traverse El Alto, ses larges bandes de terres battues remplies de passants et de marchands, et bordées d'édifices quelconques et interchangeables.
Et je n'avais pas encore mentionné qu'au départ de La Paz, si vous etes chanceux et profitez d'un ciel dégagé, vous allez toutefois etre récompensé pour votre patience dans El Alto, et allez pouvoir admirer la cordilière occidentale des Andes et ses nombreus sopmmets enneigés qui dominent totalement le paysage.
Le Huyana Potosi, avec son sommet à 6088 m, offre une vue dont vous ne pouvez détacher votre regard tant que la route ne vous a pas emmené trop loin pour l'admirer... et encore là, il reste dans votre tete.
Malheureusement, à cette distance, il est ardu de le prendre en photo à travers la fenetre sale, d'un autobus en mouvement...

Et si vous etes malchauceux? Hehehe, si vous etes malchanceux, vous allez, comme Sophie, Martin et moi, tomber sur un vendredi matin à l'heure de pointe et les autorités auront décidé de bloquer la moitié de la voie d'accès d'El Alto pour faire un défilé avec fanfares, créant le plus incroyable et délirant bouchon de circulation possible, un comble quand on connait la propension des latinos pour le chaos en circulation et l'utilisation abusive des nombreux klaxons qu'ils installent en option sur leurs véhicules. C'est peut-etre une malchance si vous etes pressés, car sinon, c'est un spectacle fascinant. Assister aux élucubrations des quelques agents de la circulation totalement dépassés par les événements, écouter le concert assourdissant des klaxons mélangés aux fanfares, voir les véhicules ignorer totalement toute signalisation, y compris les feux rouges, assister au zigzag des motos et vélo-taxis qui tentent de se frayer un chemin entre les microbus, quitte à déplacer les rétroviseurs de ces derniers pour pouvoir passer dans le peu d'espace disponible, et entendre malgré ce capharnaum les vendeuses de fruits, de mais et d'autres produits de consommation tenter de profiter de ce soudain rassemblement de clients potentiels... C'est vraiment quelque chose d'unique au monde.

Mais comme toute bonne chose a une fin, le bouchon fait place à la voie rapide une fois le secteur du défilé passé... et il ne vous reste plus qu'à jeter un regard nostalgique en arrière pour dire un au-revoir à La Paz...
... à condition que le systeme d'échappement de votre autobus latino vous en laisse l'opportunité, évidemment... :-)

TISA, après tout, non?
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Les aventures de Sophie et Martin (La suite)

Suite du billet précédent, meme concept, photos-reportage avec courts commentaires, dans un désordre relatif... et ma foi, je réalise que certaines de ces photos sont plutot bonnes, en plus d'etre documentaires!
Enjoy.


Sophie remplacant ses "tape" pour prévenir les ampoules aux pieds lors de notre traversée à pied de Isla del Sol.

Lac Titicaca, au retour des iles flottantes vers Puno, Martin (fatigué?) et Sophie (me niaisant) avec une autre canadienne.


Au sommet d'El Calvario, 3966 m d'altitude, près de Copacabana.

Quittant la cour intérieur de la basilique de Copacabana, Bolivie.

Martin attend Sophie qui s'en vient sur une des rues d'artisanat de Copacabana.

Mes deux moineaux pris à travers la Jeep dans le Salar d'Uyuni.


Diner d'Alpaca et légumes sur Isla de los pescados, Salar d'Uyuni.

Magasinant de l'artisanat sur les Iles flottantes, Lac Titicaca, près de Puno, Pérou.

Sophie dans notre chambre à l'auberge, avec vue sur le lac Titicaca.

Martin pose pour Sophie sur le désert de sel du Salar d'Uyuni.

Surplombant Copacabana et le lac Titicaca, de Horca del Inca.

Sophie surveillant Martin photographiant notre petit Inukshuk laissé dans le désert du sud bolivien.

El Alto (La Paz), Bolivie. Toujours fascinés par les villes latinos et leur étrange culture du chaos, à l'affut avec leur appareil photo.

Sophie s'éloigne dans le Salar d'Uyuni.

Martin me regarde à travers une fenetre de l'époque Inca du Templo del Inca, de Isla del Sol.

Explorant les ruines de l'ancienne cité pré-Inca de Tiwanaku, en Bolivie.

Les aventures de Sophie et Martin

Voici, en deux billets, un résumé-photo (avec courts commentaires) des aventures de mes deux compagnons de voyage des trois dernières semaines - maintenant qu'ils sont de retour au pays. Ces deux billets leur feront un souvenir différent de leur voyage que les photos qu'ils ont eux-memes prises, et pour les autres, c'est une sorte de "making of" et j'imagine que si quelqu'un me suivait et documentait mes aventures, ca pourrait ressembler à ca, c'est-à-dire un peu moins planifié que mes entrées habituelles.
Je note que pour la majorité de ces photos, mes amis n'avaient aucune idée que je prenais la photo en question. L'ensemble est divisé en deux parties pour des raisons pratiques (une trentaine de photos en tout), mais les photos ne sont pas présentées en ordre chronologique... L'ensemble ne couvre pas tout le voyage, je n'ai pas accès à toutes mes archives en ce moment, mais ca résume bien leurs aventures, je pense bien.
Enjoy.


Aguas Calientes, sur la route vers le Machu Picchu.

Près de Ayaviri, marchant à l'aube, pour rejoindre l'autre coté d'un blocus routier.

Islas Balletas, Martin n'a pas l'air d'apprécier la navigation.


Non loin de Chivay, au nord d'Arequipa, Martin m'offre des biscuits à la coca.

Colca Canyon, Sophie pose avec nos amis Kathy, Vanessa, Karol et Elias.

Paracas, Sophie marche dans le désert dans l'espoir de voir des flamands roses :-)

Pisco. Sophie pose avec Fabiola, la plus jolie et sympathique serveuse de restaurant du Bulevar.

Paracas, Sophie qui vient nous rejoindre près de la Cathédrale de roche, dans le désert au bord de l'océan

Sophie pose pour Martin avec les pélicans de Paracas.

Après une crème glacée, traversant la place centrale de Pisco.

Dans les uines Incas près de Cusco (Puka Pukara).


Sophie trouvera-t-elle le courrage pour s'élancer dans cette pente de sable, en surf?

Sophie posant pour Martin sur le toit du monastère Santa Catalina d'Arequipa.
Sophie pratiquant son surf de sable sur la plus petite pente de Huacachina.

Complètement gelés le matin du départ du train de Cusco pour Aguas Calientes.

Monday, July 16, 2007

Agitations socio-politiques au Pérou

Introduction.

Comme j'ai fait référence à quelques reprises lors de la relation de mes aventures péruviennes récentes aux diverses agitations socio-politiques au pays des Incas, je me suis dit qu'un petit article sur l'état des choses permettrait peut-etre d'éclairer mes amis lecteurs sur la situation. Voilà donc la raison principale de ce billet. Accessoirement, j'ajouterais que j'essaie généralement de comprendre un peu ce qui se passe autour de moi et dans les pays où je voyage, je m'efforce de lire la presse nationale pour saisir certains aspects des enjeux politiques. Le tout influence à chaque fois mes propres positions et convictions politiques, évidemment.
(Photo: Le blocus de la route près de Ayaviri)
Situation politique du Pérou.
Le Président actuel du Pérou, Alan Garcia, a été élu en 2006, il y a un peu moins d'un an. Garcia avait déjà dirigé le Pérou de 1985 à 1990, menant l'économie du pays littérallement en ruine. Lors de la fin de son mandat en 1990, sa gestion avait été considérée comme un échec total. Après avoir perdu les élections de 2001, il a donc repris le pouvoir l'an dernier en promettant surtout d'amoindrir les différences entre les riches et les pauvres du pays, et en mettant un frein aux politiques de droite du gouvernement précédent.
Garcia a remporté ses élections, mais son parti n'a pas la majorité au congrès péruvien. Par contre, il n'y a aucune entente ni alliance entre les 3 partis d'opposition, ce qui laisse la voie relativement libre à ses politiques économiques jusqu'à maintenant.
L'ancien président Alberto Fujimori est accusé de corruption et de crimes contre les droits humains et est en attente de procès s'il met les pieds au pays. Il est actuellement en détention à domicile au Chili, mais la cour supreme du Chili a refusé de l'extrader au Pérou pour qu'il soit jugé. Parallélement, le Pérou a perdu sa cause contre ce meme Chili sur un litige de frontière martitime entendu au tribunal international de La Haye.
Le gouvernement Garcia est vu comme trop sympatisant avec le Chili et l'affaire Fujimori, bien que totalement indépendante des actions du président Garcia, nuit à son image publique.
Est-il utile de rappeler que le Chili est le pays qui a laissé mourir en paix son ancien dictateur Pinochet sans jamais le juger pour ses crimes? Ce fait reviens soiuvent dans les médias d'ici quand on parle de l'affaire Fujimori.

Situation économique du Pérou.
Depuis son entrée en fonction, le gouvernement Garcia a signé un traité de libre-échange avec les Etats-Unis et des pourparlers pour signer le meme genre de traité avec le Canada ont justement débuté aujourd'hui, lundi 16 juillet.
Le gouvernement Garcia favorise grandement des politiques économiques néo-libérales - une attitude vaguement basée sur les politiques chiliennes - en stimulant l'investissement privé au pays, qu'il soit national ou étranger. Le résultat de ses politiques est que l'économie du pays est en progression, meme si cette progression est lente. Par contre, l'encadrement de ces politiques est controversé, puisque l'écart entre les riches et les pauvres du pays semble se creuser plutot que s'amoindrir.
Malgré ses ressources naturelles (or, argent, cuivre et pétrole), le pays souffre encore de son histoire politique chaotique valsant entre politiques désastreuses et corruption. Le pays est donc un pays en développement et meme si sa situation économique n'est pas aussi dramatique que par le passé, plus de 52% de sa population vit sous le seuil de la pauvreté - et considérant le cout de vie ici, c'est dire que plus de la moitié des péruviens n'ont pratiquement rien, ni biens ni revenus.
Dans la province de Puno, par exemple, le % de la population vivant sous ce seuil atteint 76.1%.
Le fait que plus de 85% des péruviens retraités n'ait pas de pension n'aide en rien les statistiques de revenus. Tous les intervenants s'entendent pour dire que les programmes sociaux sont soient inefficaces ou carrément inexistants, résultat de douze ans de politiques néo-libérales.
Pourtant, une étude récente, rapportée par le supplément économique du journal El Comercio mentionne que les professionnels péruviens arrivent au 4 rang en terme de salaires, en Amérique Latine, après les professionnels de Puerto Rico, du Chili et du Mexique. La meme étude stipule que les cadres péruviens ont un salaire qui les classe au 3e rang en Amérique Latine aprés ceux du Chili et du Vénézuela. Dans les deux cas, on parle évidemment de la strate suppérieure de la population.
(Photo: Traversant un blocus près de Juliaca)
Agitations actuelles - qui, où et pourquoi?
Depuis quelques semaines déjà, la situation sociale s'est agitée au pays. Un des déclencheurs des diverses manifestations anti-gouvernementales a été la nouvelle Loi sur l'évaluation des enseignants, que le gouvernement tient responsable de la médiocrité du système d'éducation péruvien. Résultat de ce projet de Loi; le syndicat des enseignants a déclenché une grève générale illimité partout au pays. Diverses manifesations publiques ont eues lieu parallèlement à l'arret de travail des enseignants, qui accusent le gouvernement d'utiliser cette loi pour faire des mises à pied massives et injustifiées.
Les travailleurs des mines s'en sont melés peu après, protestant entre autres contre l'absence de droits syndicaux, mais surtout contre la contamination des eaux potables engendrées par l'opération des mines. Ce sont eux qui ont débuté les blocages routiers, dans le sud du pays. Ils ont été rapidement appuyés par les populations locales, puisque tout le sud considère que les politiques d'investissement privé favorisent grandement le nord du pays (Lima et nord) au détriment du sud (Arequipa, Tacna, Cusco, Puno), ce qui semble etre confirmé par les divers analystes des médias. Le résultat de ces manifestations et blocages routiers a complètement isolé certaines régions du sud du reste du pays; au moment d'écrire ceci, il n'y a plus de circulation entre les secteurs de Puno-Cusco-Juliaca et ceux d'Arequipa-Lima.
Les agriculteurs du sud, mécontents des politiques du gouvernement Garcia depuis le début de son mandat ont donc emboité le pas dans ce qui semble devenir une manifestation générale de la population péruvienne contre son gouvernement. Les agriculteurs demandent entre autres l'élimination de la taxe sur les fertilisants (il semble que ceux du nord en importent illégalement de l'Équateur, où sans cette taxe, il est meilleur marché) et un meilleur accès au crédit pour acquérir de la machinerie agricole. Plus de 2500 paysans ont envahis la ville de Andahuaylas il y a quelques jours et la manifestation a dégénéré en violences et arrestations. Les agriculteurs ont imité les travailleurs des mines et bloqué la route vers Abancay, toujours dans la partie sud du pays. Aujourd'hui, on estime le nombre de paysans à avoir envahi quelques villes à 10 000.
La situation a ateint un point culminant les 11 et 12 juillet dernier, quand tout le pays a été paralysé par une grève générale, et qu'aucun transport n'était en fonction. Les travailleurs de la construction ont donc emboité le pas aux autres manifestants et la crise semble avoir atteint toutes les strates de la société péruvienne.

(Photo: Dans le train Cusco-Aguas Calientes)
Pendant ces deux jours, les choses se sont réchauffées un peu trop; à Juliaca, les manifestants ont "pris" l'aéroport en otage pendant quelques heures, détruisant les phares de la piste et provoquant l'anulation de tous les vols de soir et de nuit avant de quitter les lieux. À Ollantaytambo, entre Cusco et Aguas Calientes, des manifestants ont lancé des pierres sur le train menant les touristes au Machu Picchu, forcant l'arret du train et le retour vers Cusco.
La ville d'Arequipa a été isolée et tout transport vers le sud du pays a été interrompu.
Enfin, à Trujillo, les enseignants en grève ont lancé des oeufs sur le Président Garcia en visite.

Réaction du gouvernement à la crise.
La première réaction du président Garcia a été de blamer les partis d'opposition et de crier au complot de l'opposition pour déstabiliser le pays, un argument qui semble ridicule, puisque la crise concerne non seulement les syndicalistes, les partisans de la gauche, mais aussi plusieurs nationalistes de droite qui reprochent au gouvernement de "chiliniser" le pays.
Par la suite, Alan Garcia a qualifié les groupes de manifestants (agriculteurs, enseignants, travailleurs des mines et de la construction), de "dangereux communistes", une réaction qui a été ridiculisée dans tous les médias.
Enfin, suite aux dernières manifestations, le président a annoncé qu'il adoptait la ligne dure (main de fer) pour contrer les agitations et ramener la paix au pays. La population n'a pas l'air de vouloir emboiter le pas à cette réaction, et tous les éditorialistes semblent dire que c'est une erreur et que le gouvernement devrait écouter les manifestant et entreprendre des dialogues et négociations sur les points en litige avant que la désobéissance civile n'atteigne des proportions incontrolables.
Concernant la Loi sur l'évaluation des enseignants, le ministre de l'éducation a signifié qu'il exigeait un retour au travail des enseignants avant meme de considérer une négociation sur la question de la Loi, ce que le syndicat refuse.
(Photo: Les manchettes 15-16 juillet)
L'opinion publique et les médias.
En plus de ridiculiser la réaction simpliste du président Garcia, l'éditorialiste de La Republica explique que la crise vient surtout de frustrations généralisées contre l'ensemble des politiques de droite du gouverment Garcia qui n'a pas tenu ses promesse électorales. Il mentionne qu'à son avis, les politiques néo-libérales ont été profitables, mais seulement pour une poignée de privilégiés et d'investisseurs déjà plus riches que le reste de la population, d'où la crise.
L'éditorialiste d'El Correo fait appel au gouvernement sur la nécessité de ne pas adopter la ligne dure et de dialoguer avec les divers intervenants.
Celui de l'hebdo Domingo se concentre sur les oubliés du conflit en éducation: les élèves, qui en sont à leur 11e journée sans cours. L'éditorialiste est d'avis que ca prend une Loi pour redresser le systeme d'éducation péruvien déficient et qu'il est certain que les enseignants sont en partie responsable de l'état de l'éducation au pays.
L'éditeur d'El diario de Cusco rappelle aux manifestants que le tourisme est une des industries les plus importantes du Pérou et que leurs actions nuisent grandement à cette industrie fragile. L'éditorial fait état du fait que le tourisme est la principale ressource économique de toute la région de Cusco. Il mentionne des touristes quittant le pays décus (de ne pas avoir vu le Machu Picchu pour cause de train bloqué) et jurant de ne plus jamais remettre les pied dans ce pays.
Dans El diario de Cusco, toujours, la chambre de commerce de Cusco publie une lettre ouverte aux manifestants et au gouvernement, expliquant les impacts économiques désastreux de la crise sur toute la région (agences, boutiques, restaurants, attraits, etc).
Au sujet de la grève dans l'enseignement, El Diario se positionne contre le syndicat des enseignants, tout en précisant que ce n'est certainement pas le projet de Loi actuel qui règlera la situation de l'éducation au Pérou.

Conséquences directes actuelles.
Bien qu'il soit impossible d'analyser et de saisir l'ensemble des conséquences actuelles du conflit généralisé, certains chiffres sont déjà apparus dans les médias. Le Machu Picchu, par exemple, a perdu environ 2500 visiteurs, on parle de manque à gagner dans le secteur des transports de 70% depuis le début de la crise, par rapport à la meme période l'an dernier. Seulement à Tacna, près de la frontière avec le Chili, on estime à 35 000 soles (plus de 10 000$ CDN) la perte de revenus des 3 jours du 11 au 13 juillet dernier. Les journaux avancent une chute de 20% du tourisme et donc des retombées du tourisme qui est justement concentré au sud du pays, une estimation de 6-7 millions de soles de manque à gagner a été avancée (environ 2 millions de $ CDN). Les impacts immédiats se font déjà sentir; à Arequipa et Tacna, par exemple, les commercant ont commencé à augmenter les prix des produits de première nécessité, puisque les blocus et les problèmes de transport et d'approvisinnement engendrent la rareté de certains biens.
Une véritable crise socio-politique, la pire que le Pérou ait connu depuis des années selon les analystes des médias.
(Photo: Militaires sur le tarmac - aéroport de Juliaca)
Conclusion.
Difficile de prévoir comment les choses vont tourner. On pourrait croire que vu l'importance du mouvement, le gouvernement Garcia n'aura pas d'autres choix que de plier un peu et d'assouplir ses politiques de droite, mais ce genre d'action est beaucoup plus complexe. En stimulant l'investissement (étranger surtout) au Pérou, le gouvernement s'est engagé par contrat, souvent en garantissant des emprunts à l'investissement, il ne peut donc tout simplement pas faire volte-face sans précipiter le pays dans une crise économique. Par contre, il devra voir à équilibrer la redistribution des richesses au pays s'il ne veut pas totalement perde le controle et plonger le pays dans le chaos et la désobéissance civile. La "prise" de Juliaca et celle du train d'Aguas Calientes sont des actes quasi isolés pour le moment, mais il ne faudrait pas que ces actes se multiplient souvent pour que la situation empire rapidement, surtout si Garcia poursuit l'idée d'adopter la ligne dure avec l'armée et la police nationale.
La centaine d'arrestations de chefs syndicaux à Lima les 11 et 12 juillet dernier sont pour le moment très mal vus dans tout le pays. Le président a beau apparaitre quasiment tous les jours à la télé pour appeler au calme et justifier ses politiques (à grand renfort de chiffres confirmés par les observateurs internationaux selon lesquels l'économie progresse), la population pauvre (et majoritaire) du pays ne l'entend pas ainsi et exige sa part de cette renaissance économique.
Il faut aussi mettre les choses en perspectives et comprendre la culture politique du Pérou - les manifestations et grèves - et un peu de désobéissance civile - font à toute fin pratique partie de la culture du pays, qui a connu des moments bien pires dans son histoire - meme récente.
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Après avoir parcouru Lima, Arequipa, Puno, Cusco et Juliaca, avoir assisté à deux manifestations des travcailleurs de la mine et traversé deux blocus, à Ayaviri et Juliaca, pris un vol de Juliaca à Cusco sous surveillance militaire et asisté à deux manifestations des enseignants, à Arequipa et Cusco, je termine donc la rédaction de ce survol de la crise péruvienne, de Cusco, Pérou, le 16 juillet 2007.

Hugues Morin, voyageur et observateur
(Photo: Sur la route, près de Cusco).

Un vol "domestique"

Je vous laissais hier de Juliaca, d'où, ce matin, je devais prendre un vol Juliaca-Cusco, puisque les rumeurs d'un nouveau blocus de la route Puno-Juliaca-Cusco se faisaient de plus en plus convaincantes et que les journaux - locaux comme nationaux - semblent indiquer que la crise actuelle qui secoue la vie socio-politique du Pérou est loin d'etre réglée.
Dès mon trajet en taxi vers l'aéroport, j'ai pu constater que celui-ci était sous la surveillance de l'armée péruvienne, qui encerclait littéralement les installations aéroportuaires.
Il faut dire que la semaine dernière, des manifestants ont décidé de pousser un peu plus loin le blocus et ont "pris" l'aéroport de Juliaca, clouant au sol les vols prévus. La prise de Juliaca n'a pas duré bien longtemps après l'arrivée de la police nationale et l'armée, des discussions ont eu lieu et les manifestants ont quitté les lieux. Par contre, ils ont détruit les phares sur la piste, alors tous les vols de soir et de nuit sont annulés jusqu'à ce que les installations soient réparées. Et une présence militaire est donc permanente jusqu'à résolution du conflit entre la population et le gouvernement péruvien (je ferai une tentavite de détailler un peu plus le(s) conflit(s) en cause dans un prochain billet).

L'aéroport de Juliaca est pompeusement appelé Aeropureto internacional, puisque quelques vols desservent La Paz, en Bolivie, mais tout son trafic, à part ces quelques vols vers la capitale bolivienne, desservent le Pérou; Lima, Arequipa et Cusco. L'aéroport porte le nom de Inca Manco Capac, fort justement en l'honneur du premier Inca, né du Lac Titicaca, tout près. Une statue de l'Inca en question - pas très convaincante, je trouve - trone à l'entrée du petit terminus.
Le terminal de Juliaca comporte deux portes d'embarquement (situées à 4 mètres l'une de l'autre!), une piste unique, que l'on apercoit des fenetres du terminal, ce qui rend intéressant l'attente de son vol, pour peu que l'on soit (comme moi), intéressé par ce qui entourre le transport aérien.

Comme je prenais un court vol Juliaca-Cusco avec un transporteur local (national), je m'attendais à un petit appareil. J'ai pris des vols intérieur auparavant, et chaque fois, les avions utilisés pour ces courtes distances sont plus petits.
C'est donc avec surprise que j'ai vu atterrir un Airbus 319 à Juliaca, quelques minutes avant notre embarquement. L'appareil, arrivant d'Arequipa, desservait Lima via Cusco. Ultra-moderne, l'Airbus s'est avéré un avion fort confortable pour un si court vol.
J'ai noté que le tarmac était lui aussi surveillé par des militaires...
Dans le terminal, nous devions etre environ une cinquantaine à attendre ce vol - une partie de ces passagers se rendant à Lima. L'un des touristes patientant dans le petit terminus avec moi avait le look de Elijah Wood, version Frodo, cheveux bouclés... J'en connais un qui l'aurait trouvé bien cute :-).

Alors que les passagers en provenance d'Arequipa dont Juliaca est la destination finale débarquent, et que les bagages sont déchargés, un groupe de musique traditionnelle péruvienne vient s'installer dans l'aire d'embarquement. Je note avec amusement qu'ils n'ont pas eu à passer par le controle des bagages à main ni rien... une chose virtuellement imposible à faire en Amérique du Nord. Ils jouent quelques pièces, dont l'éternel (mais j'imagine payant) El Condor Pasa, avec flutes et instruments traditionnels des Andes. Ils offrent leur CD, mais c'est l'heure de l'embarquement. Après un controle très sommaire de ma carte d'embarquement, je sors du terminal et marche sur le tarmac, en direction de l'appareil, par lequel nous accèderons par une passerelle-escalier mobile, que les employés de Juliaca ont approchés lors de l'arrivée de l'Airbus.

Après mon installation rangée 17 siège L (un hublot), je remarque les chariots à bagages qui attendent sur le tarmac pour etre chargés dans l'appareil. Je reconnais mon backpack (toujours un plaisir de savoir que le bagage suit comme prévu), et le prends en photo, avec en arrière-plan, quelques militaires surveillant l'aéroport.
Les consignes habituelles de sécurité sont passés sur des petites écrans escamotables modernes, qui ne diffuseront malheureusement aucun film pendant les 40 minutes que doivent durer mon vol vers Cusco, mais qui demeureront en fonction en diffusant des informations de vol (cartes de suivi GPS, vitesse, altitude, temps de vol restant, etc), ce que j'apprécie toujours en avion - puisque, je me répète, j'aime bien ce qui entourre l'aviation en général.
Par exemple, ces écrans m'informeront que nous voleront à une altitude de 8000 m, ce qui est plutot bas, considérant les sommets environnants des Andes...
Et, contrairement à tous les autres types de transports latino-américains, le vol a non seulement décollé à l'heure prévue, mais il est aussi arrivé à l'heure prévue! :-)

Entre temps, j'ai profité des quelques minutes de vol pour lire un brin (biographie du Che, en version originale espagnole, ce qui améliore ma maitrise de cette langue et augmente mon vocabulaire du meme coup, tout en me donnant un éclairage différent sur le personnage).
À mesure que l'on s'éloignait du Lac Titicaca, j'ai arreté de lire un moment pour profiter du paysage incroyable qui s'offrait à moi sous la forme des sommets enneigés des Andes.
Je n'ai pu résister à prendre quelques photos, malgré le halo du hublot et les reflets qu'il causait, et la présence importune d'une aile d'avion dans le champs. Remarquez, si on prend la situation dans son ensemble, j'étais bien content de la présence de cette aile d'avion!

Après quelques minutes à survoler ce décor magnifique, nous avons perdu quelques milliers de mètres d'altitude, pour maintenir le cap vers Cusco en volant à environ 6000 m.
Les plus petites montagnes des environs de la vallée sacrée des Incas se sont mises à défiler à mes pieds, et je ne peux que m'émerveiller de la persévérance des gens qui ont conquis ces terres, les ont occupées, cultivées et y ont construit leurs civilisations.
Le terrain est si hostile à toute culture et organisation (routes, agriculture, etc), que la chose pousse à l'admiration.
Après avoir survolé les Andes à quelques reprises déjà, on comprend fort bien que de joindre par une route, deux villes situées à 50 km à vol d'oiseau, relève du défi, et que ce n'est pas anormal que le trajet sur ces routes prennent autant de temps malgré de courtes distances relatives.
Ce vol domestique entre Juliaca et Cusco me le rappelle, comme pour éviter que je ne m'impatiente devant les transports terrestres des pays andiniens.
Enfin, après un atterrissage en douceur et quelques minutes d'attente à peine, je récupère mon backpack, et sort de l'aéroport de Cusco... pour me rendre en ville.
Je suis donc de retour à Cusco, une superbe ville, dynamique et intéressante, agréable et accueillante, où je passerai les quelques prochains jours.
Après un enregistrement à l'auberge Qori Inti près de la Plaza de Armas, je me rends à la place centrale à pied, où le trafic est bloqué pour faire place à une procession funéraire. Je monte sur les marches de la cathédrale, et prends cette "première" photo de Cusco: Sa plus belle église, avec son dome baroque et ses tourelles rapprochées dominant sa facade majestueuse, qui, de mon point de vue, projette plus de grandeur que la cathédrale avoisinante.
Me voici donc au coeur de l'empire Inca, une fois de plus.

Sunday, July 15, 2007

Petite chronique culinaire

Je me rends compte que j'ai très peu parlé de mon expérience culinaire depuis mon arrivée en amérique du sud il y a un peu plus de 5 semaines.
En fait, il y a peu à dire, rien de bien savoureux comme anecdotes... je fréquente surtout des petits restos pas trop cher qui offrent un menu du jour (un menu de la semaine parfois meme du mois, les menus du jour changent très peu fréquemment ici). Sinon, j'ai mangé typiquement équatorien à la fondacion lors de mon séjour à Quito, et je me suis cuisiné deux repas avec mon réchaud, mais la chose n'est pas aussi pratique qu'en Europe, puisque la culture des marchés d'alimentation n'existe à peu près pas ici. Je m'explique: il y a les marchés de produits frais - légumes, fruits, épices, viandes et volailles, etc. Et il y a les tiendas, sortes de dépanneurs de produits de consommation rapide - chips, boissons gazeuses, chocolats, biscuits, etc. Il y a très très peu d'épicerie qui combine les deux et offrent aussi quelques produits entre-deux, comme des pates ou des sauces pour pates déjà préparées. La culture sudaméricaine typique, c'est que les supermarchés n'offrent pas d'ingrédients pour cuisiner, mais bien des produits de consommation. Les marchés, disséminés un peu partout en ville, offrent des ingrédients de base. Bref, pas facile de se faire un souper meme quelque chose de très simple comme des pates et sauce, et au final, ca coute pratiquement le meme prix qu'au resto!

Tout ca pour dire que j'ai donc beaucoup mangé dans les restos péruviens et boliviens. Généralement, une fois par jour (pour le souper). Je déjeune généralement à l'auberge, ou sinon, avec Sophie et Martin, nous nous sommes offerts queques bons déjeuners au resto également. Très rarement, je dine d'une vrai repas, règle générale, si j'ai bien déjeuner, je saute le diner pour le remplacer par quelques grignottes: depuis deux semaines, typiquement des Pringles et des Oreos au chocolats avec un Inca Kola (ou un Coke, en Bolivie).
Parmi les restos innoubliables que j'ai fréquentés, la palme reviens sans aucun doute au 2 Nations, de Cusco, qui en plus de servir une nourriture délicieuse, gouteuse, et servi avec soin, offrait le meilleur rapport qualité-prix du Pérou avec un repas 4 services incluant une coupe de vin pour 15 soles (5$ canadien). Je ne pourrai jamais oublier qu'ils servent le meilleur Pisco Sour du Pérou et la meilleur crème de tomate en Amérique du Sud!
Le Mankha Uta de Cocapabana obtient facilement la seconde place, et le titre de meilleur deal en Amérique! Imaginez une excellente soupe, un jus de fruit frais, un bar à salade à volonté, un plat principal (truite un premier soir, poulet milanaise le second soir), un dessert, et une entrée de pain frais pour 15 bolivianos (environ 2,40$ canadiens).
J'ai eu deux belles expériences au Sol y Luna du centro de La Paz, qui, pour 32 bolos offrait un tournedos au cognac et une délicieuse salade de carottes et orange, en plus d'une meringue aux fruits exotiques, menu qui reste un des meilleurs souvenirs culinaires de mon voyage.
Je ne me souviens plus du nom de ce resto de Aguas Calientes, qui sans avoir servi un repas inoubliable, nous avait installé en 5 minutes une télé devant notre table pour que nous puissions regarder le match de foot (j'avas simplement demandé s'ils avait le foot et ils avaient répliqué "Donnez-moi cinq minutes et c'est fait" pour nous convaincre d'entrer).
Une mention plus qu'honorable pour le Romano de Trujillo, qui m'a accueilli après un long jeune...
Le resto de l'hotel Mirador de Copacabana obtient probablement la palme du déjeuner le plus dégueu de mon voyage so far... Pain rance et froid, céréales qui ont pris de l'humidité toute la nuit sur la table du buffet, café imbuvable - j'en ai des frissons juste à repenser à cette unique gorgée que j'ai prise...
Mentionnons aussi le resto du déjeuner de ce matin, dont j'oublie le nom mais qui est voisin du Uta de Copacabana; service lamentable et pain froid, mais oeufs brouillés corrects, café insipide, et la toilette la plus dégueulasse que j'ai pu voir de mon voyage, je n'ai meme pas pu y entrer sans que le coeur me leve - idéal après déjeuner! Et on se souviendra que le serveur, après avoir pris notre commande, est parti à la course et est revenu avec du pain et des oeufs en foncant vers la cuisine!
Pendant notre trek dans le Salar, l'agence Sol de Mañana avait pris soin de nous préparer tous nos repas... Opinion mitigée donc, puisque pour un excelent steak de Lama et une milanaise de poulet très convenable, nous avons eu droit à un déjeuner de pain sec, et un des pires spaghettis que j'ai eu à ingurgiter de ma vie - pates vraiment trop cuites, couvertes d'huile et de sel, et assaisonnées de la plus mauvaise sauce tomate du monde - constituée en fait de 95% d'oignons.
Pour le reste, quelques pizzerias se sont partagées quelques soles et bolos de mon budget, sans jamais m'impressionner réellement - les latinos semblent très économes sur la sauce tomate dans les pizzas, qui sont donc plutot sèches - mais je mentionnerai que la Pizzeria Italia de La Paz se dresse facilement en tete des pizzerias, et elle a meme fait la livraison à notre chambre d'hotel! La pizza du Shooters de Quito est définitivement la plus médiocre que j'ai mangé pendant ces 5 semaines de voyage.
Je m'en voudrais d'oublier de mentionner l'expérience la plus étrange du lot: Une pizzeria de La Paz - la Italia était fermée, nous étions dimanche - où nous avons attendu plus d'une heure après deux assiettes de raviolis bolognese... Resto familial au sens premier, nous en étions les seuls clients à cette heure précédent l'heure habituelle du souper, mais nous devions prendre un bus de soir... Voilà l'histoire:
Nous avons passé notre commande à un serveur agé de 9 ans. Il a consciencieusement pris tout ca en note: une pizza et deux raviolis bolognese avec deux grandes bières à partager. Arrivent les bières, et des verres d'une propreté douteuse. Puis le temps passe, et puis, le temps passe. Nous avions beaucoup de temps avant de prendre notre bus, ce n'est définitivement plus le cas.
Enfin, la pizza arrive, nous la partageons. Et puis, le temps passe. Je demande les toilettes, qui sont accessibles en traversant la cuisine... toilettes qui n'inspirent aucun confiance en l'hygiène de l'endroit, je vous assure. En revenant vers la salle à manger, je remarque que le cuisinier (le père du serveur) est en train de fabriquer les raviolis (oui, il fait ses pates!!!). Nous patientons encore, puis Sophie va aux toilettes - malgré mon avertissement - et reviens en riant: un autre employé, d'environ 7 ans celui-là, est en train de tenter de casser de la sauce à la viande d'un grand plat de sauce congelée. Il fait ca à meme le sol, évidemment, et parvient peu à peu à extirper quelques morceaux de sauce dans un autre bol. Le temps passe encore, puis, comme nous allons manquer de temps ou manquer notre bus, je vais voir dans la cuisine et informe notre cuisinier que si nous n'avons pas nos assiettes dans 5 minutes, nous partons, que ca fait près d'une heure trente que nous patientons! Il me garanti que ca va etre pret dans moins de 5 minutes... et tiens promesse, en nous apportant enfin deux raviolis dans les minutes suivantes.
Malheureusement, les raviolis sont loin de valoir leur attente; ils ne sont pas mauvais au gout, sont cuit convenablement, et tout, mais sont totalement insipide. J'ajoute du sel et du poivre pour que ca goute quelque chose, et tout ce que ca goute, c'est le sel et le poivre! Nous mangeons en vitesse, regrettant encore plus que l'Italia ait été fermé.
Quand à Juliaca, au moins, il y a un resto fort convenable, le Royal Inn, qui pour 23 soles, m'a servi un copieux repas et une crème de tomate savoureuse, le tout accompagné d'une cuzqueña bien fraiche, et de la finale Brazil-Argentina, que le Brésil a remporté, dans une indifférence totale des péruviens présents au resto ce soir.
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À Juliaca malgré moi, et en solo - quelques notes

Me voilà à nouveau tout seul.

Aujourd'hui marquait la fin du voyage de Sophie et Martin, alors ce matin, de Copacabana, nous avons pris le bus de 9h am, qui - chose étonnante ici - est parti à 9h am!
Après un passage sans histoire à la frontière de la Bolivie et du Pérou, nous avons poursuivi notre route... et bien évidemment, il nous fallait bien un peu de stress pour nos amis qui avaient un avion à prendre cet après-midi, alors le bus a fait une crevaison.
Vingt-cinq minutes plus tard, nous étions de nouveau sur la route, et par un exemple d'efficacité unique en Amérique du Sud, nous ne sommes arrivés à Puno qu'avec 15 minutes de retard!
Nous avons d'abord négocié un taxi vers le centro, pour aller diner et pour que Martin puisse acheter une bouteille de Pisco à ramener au pays. Le chauffeur nous paraissant fort sympathique, nous l'avons réservé pour nous mener à l'aéroport de Juliaca, d'où partait le vol de Sophie et Martin. Pour vus donner une idée du prix des taxis ici, le trajet terminus-centro nous coutait 3 soles (1$ CDN) et celui de Puno à Juliaca et son aéroport nous coutait 60 soles (20$ CDN), ce dernier trajet étant constitué d'environ 55 minutes de route.
Et jusque-là, tout allait plutot bien.
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Pour ma part, comme je les accompagnais pour plus de prudence et pour etre leur guide jusqu'à la fin, je me dirige maintenant vers Cusco, où je suis loin d'avoir tout visité lors de mon premier passage avec Sophie et Martin.
Ainsi, à Puno, j'ai trouvé une agence pour me prendre un vol Juliaca-Cusco, puisque les routes, ici, vous savez ... - À ce sujet, je vais préparer un autre billet très bientot sur la situation politique ici, car ca chauffe un peu depuis mon récent passage au Pérou. Donnez-moi le temps d'éplucher un peu plus les journaux nationaux et je vous reviens avec un billet détaillé.
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Mon vol n'est que demain matin, mais j'accompagne mes amis à l'aéroport pour les saluer. Une fois qu'ils ont passé la porte d'embarquement, je reviens sur mes pas et m'informe sur les conditions du vol du lendemain, vers Cusco. On vérifie ma réservation, qui a été annulée! En effet, la compagnie a de la difficulté à procéder avec les cartes de crédit, et sans numéro de téléphone où me rejoindre, elle a du annuler ma réservation!
Heureusement, les gens de LanPeru à l'aéroport peuvent réserver ma place à nouveau - et meme émettre ma carte d'embarquement d'avance - en autant que je paye cash sur place. Aucun guichet automatique dans l'aéroport, alors je suis forcé de creuser dans mes réserves d'urgence, et gratte le moindre $$ caché dans mes bagages et fini par payer le reste en soles, ce qui m'en laisse juste assez pour un trajet de retour en ville, en espérant y trouver un guichet!


Donc, comme mon vol n'est que demain matin, je suis coincé à Juliaca pour la soirée et la nuit.
On a vu bien pire que Juliaca, remarquez, mais on a aussi vu bien mieux. Hehehe...
Dans mon guide de voyage, on mentionne Juliaca au passage en disant que les voyageurs s'en servent comme un hub de passage entre Puno et l'aéroport, et donnent des infos sur les vols et les bus, sans plus. J'ai copié à la main une carte sommaire du centre-ville - sur votre gauche - pour m'orienter à mon arrivée, me suis trouvé une auberge (Hotel Eurobuilding, qui n'a rien de bien européen, situé au no.2 sur ma carte) à 30 soles la nuit pour une chambre privée avec salle de bain et TV cablée! Au moins, Juliaca n'est pas une ville très chère...
En fait, Juliaca est un peu comme Puno et Ica, deux villes sans trop de personnalité, interchangeables, aux plazas sans ames et aux rues bruyantes et clinquantes, aux édifices à l'architecture quelconque, bref, rien de bien passionnant ici...
J'ai d'abord marché vers la Plaza de Armas (identifiée par un carré ombragée marqué "armas" sur ma carte), puis après avoir pris quelques photos et constaté l'absence de guichet, j'ai bifurqué sur l'avenida La Union (en diagonale sur ma carte), vers la Plaza Bolognese (autre carré ombragé, marqué "bolognese"). D'autres photos, repérage de cafés internet et d'un restaurant pour le souper (no.3 sur ma carte), puis une banque avec guichet, qui me renfloue en argent comptant... Je respire mieux, car il n'y a rien de plus désagréable que d'etre coincé quelque part sans argent liquide.
Un peu de repos, quelques messages sur internet et ce billet sur mon journal, un peu de télé internationale pour reprendre contact avec le monde extérieur - ou simplement écouter un film en anglais, tiens... La solitude a aussi ses avantage et un de ceux-là est de pouvoir perdre du temps :-), c'est donc ce que je me propose de faire ce soir.
Et comme il n'y a pas grand chose d'autres à faire à Juliaca que d'y perdre son temps, je vais donc profiter de Juliaca pour ce qu'elle offre au touriste de passage et prendre ma soirée off.
Vous avez là tout mon programme de visite de Juliaca!
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Tiens, quelques photos de la ville, pour vous divertir un peu.


Quoi de plus représentatif d'une petite ville sudaméricaine qu'un char de l'armée devant l'église principale de l'endroit? (Juliaca compte quand meme 100 000 habitants). Plaza de armas, vers 16h30.


Une vue de ma fenetre d'hotel, sur une ville quelconque...


Un croisement en angle, à droite, la rue San Ramon rejoint celle de gauche, La Union, formant une sorte de Times Square de Juliaca ! :-) - Entre no.1 et no.3 sur ma carte.



Autre vue imprenable de ma chambre... sur l'édifice voisin... Notez les chaises en haut... Quelques kiosques de babioles et artisanat parsèment les rues du centre ville...

Soyons honnete et publions aussi une photo de la Plaza Bolognese, qui, sans etre véritablement charmante, a au moins un peu d'allure, quand meme...


L'intérieur de la chambre 708 de l'Hotel Eurobuilding. L'élément-clé ici est la télé dans le coin suppérieur droit, qui m'offrira le seul divertissement que Juliaca peut offrir au voyageur... dans les mesures du raisonnable, s'entend...
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Saturday, July 14, 2007

Sur le Lac Titicaca avec Amélie Cruz

Le ronron du petit moteur de la lancha et le bruit des vaguelettes qui lechent les flancs de l'embarcation ne couvrent pas la voix de Penelope Cruz qui converse avec une copie de Barcelona a mes cotés, sur le toit de notre petit bateau.
Je viens de quitter Isla del Sol, berceau qui a vu naitre Manco Capac, le premier Inca. Je leve la tete vers Penelope - qui a en fait les traits d'Audrey Tautou. Devant moi, Copacabana se rapproche avec une lenteur hypnotisante accentuée par notre basse vitesse de croisiere, alors que Isla del Sol disparait tout aussi lentement dans le couchant.
Le lac Titicaca est immense et calme, en cette fin d'apres-midi d'hiver bolivien.
Sur Isla del Sol, ou nous avons passé la journée, nous avons visité l'ancienne cité de Chinkana, le principal site Inca, situé au nord de l'ile, puis nous avons entrepris une randonnée de 3h pour traverser complétement l'ile du nord vers le sud pour rejoindre un second site Inca (escalera), moins impressionnant, avant de reprendre le bateau vers Copacabana. Les ruines, sinon fascinantes, valaient amplement la visite et le prix du billet d'entrée en ce qui concerne Chinkana (10 bolos), et la marche de 3h nous a permis de couvrir les quelques 14 km de l'ile, en profitant d'un panorama absolument spectaculaire et unique tout en grimpant deux fois a un peu plus de 4000 m.

A un moment, nous avons noté que des randonneurs avaient utilisé des roches pour fabriquer de petites imitations de portiques Incas. Nous avons donc érigé un portique similaire, mais de plus grande taille, et question de le personnaliser, avons placé un peit Inukshuk devant la porte!

Le vent froid pince un peu mon visage, mais je sais que c'est l'humidité ambiante qui me fera frissonner ce soir dans les rues de Copacabana. Les nuages - qui ont patienté toute la journée autour du lac - envahissent le ciel de leur couleur mélange de gris, d'indigo et de blanc teinté du jaune que Inti lance a travers le ciel vers l'eau ondulante du lac.
Je peux maintenant distinguer les croix sur le Cerro Calvario, surplombant Copacabana, petit sommet a 3966 m d'altitude que nous avons conquis hier en apres-midi.
Mes deux espagnoles poursuivent leur conversation, inconscientes d'etre partie de ces notes et de mon expérience sur le lac Titicaca.

Nous sommes une vingtaine a profiter des derniers rayons du soleil sur le toit de la lancha. La plupart des autres voyageurs tentent vainement d'éviter le froid en trouvant refuge dans la cabine. Sophie et Martin sont de ceux-la.
Le voisin de Penelope/Amélie est une jeune américain de L.A., ville qui me rappelle mon amie Tamy, ayant étudié a Salamanca, ville que j'ai visité avec mon amie Suzie. Pour ce que j'en sais, Martin est peut-etre en pleine conversation avec un couple de francais originaire de Grenoble avec qui nous avons marché 1 km ou 2 en apres-midi. La France me fait penser a mon amie Agnes, que je reverrai peut-etre a la fin de cet automne. Le copain du jeune homme de L.A. est captivé par la lecture d'un roman de Mario Vargas Llosa, un célebre écrivain péruvien et ex-candidat a la présidence du Pérou. J'ai une pensée pour Kathy, amie péruvienne rencontrée au Colca Canyon il y a quelques semaines déja.

Le Cerro Calvario est plus imposant devant nous, maintenant. Nous devrions acoster dans une vingtaine de minutes. L'accent musical de Penelope continue de bercer notre lente progression. Deux allemandes viennent rejoindre un compatriote qui est assis a mes cotés. Tout le monde est tres chaudement habillé - je porte moi-meme 4 différents vetement sur le corps, ce que je ne fait généralement que pendant le rude hiver québécois. Mes doigts commencent a souffrir du froid, ou bien est-ce le fait d'écrire sur le sujet qui me le fait réaliser a l'instant?

Je fais une pause et prends quelques photos. En faisant mine de les regarder, je manipule mon appareil de maniere a immortaliser mon inconnue espagnole, que je baptise alors Amélie Cruz, pour faire honnuer a son joli visage et sa voix mélodieuse. Elle devient a son insu un personnage de ma journée sur le lac Titicaca.

Je dois me répéter intérieurement que je suis dans une lancha sur le lac qui a vu naitre la civilisation Inca et qui, a 3810 m d'altitude, est aussi le lac navigable (et navigué) le plus haut du monde.

Les conversation se multiplient depuis l'arrivée des allemandes. Les deux copains américains parlent aussi entre eux maintenant. Copacabana approche, j'apercois le port, notre auberge et le monticule rocheux de la Horca del Inca, que nous avons également gravi hier apres-midi. Nous passons le poste de gardes-cotes (puisque le lac "contient" la frontiere entre le Pérou et la Bolivie), et je note deux pédalos en forme de cygne, qui tronent devant l'affiche indiquant que c'est le poste de l'armée bolivienne. Un sourire aux levres, je vois également quelques militaires laver leur linge sur les bords du lac.

Ce moment sur le lac s'acheve donc, et je vais bientot déposer mon crayon, sans jamais savoir qui sont les voyageurs qui ont partagé ce trajet avec moi. Mais ca fait partie de ce moment de solitude de groupe - pour moi - et c'est bien ainsi car eux non plus, ne sauront jamais qui je suis.

Et Amélie Cruz ne saura jamais non plus qu'elle est devenue un personnage de cette petite histoire de navigation entre Isla del Sol et Copacabana.

Hugues Morin - lac Titicaca, 14/7/07 - 17h30.

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Péripécie La Paz - Copacabana

Les transports que nous avons pris depuis l'arrivée de Sophie et Martin nous ont souvent donné du fil a retordre... Les choses n'allaient pas changer dans l'autobus La Paz - Copacabana.
Nous avions payé et réservé nos place la veille au matin, en arrivant de Uyuni. La gentille dame de la compagnie de bus nous a meme dit que le bus viendrait nous chercher a l'auberge le matin du départ.
Départ qui était prévu a 8h15. Le bus venait donc chercher des touristes a leur hotel entre 7h30 et 8h15, puis embarquait le reste des passagers et filait vers Copacabana, 3h30 plus loin...
Évidemment, tout ne s'est pas passé comme prévu. D'abord, le bus ne pouvait passer sur notre rue, trop étroite, et une femme antipathique au possible est donc venue a 7h45 nous chercher... a pied... Trois coins de rues plus loin, nous avons donc pris nos sieges, au hasard puisque les billets n'indiquaient aucun siege réservé. Trois hotels plus loin, le bus se rempli lentement, et la dame antipathique m'informe que le siege que j'occupe, lui, est réservé, et je semble évidemment etre le seul a me trouver dans cette situation. Je me déplace donc en arriere de Sophie et Martin, je me fous bien du siege.
Nous arrivons au terminal a 8h12, donc on imagine que ca prendra plus de 3 minutes pour embarquer les autres passagers. Effectivement, vers 8h30, on est encore la, et vers 8h45, un homme embarque et nous demande a tous de payer la taxe du terminus (2 bolos), ce qui prend évidemment du temps - le gars n'a pas de change sur lui pour faire la monnaie - et finalement, tout semble pret pour un départ a 9h.
Une autre bonne femme toute aussi antipathique que l'autre vient nous rejoindre et parle avec le chauffeur. Puis, le bus recule, et avance pour se remettre en place (au bout des quais, donc pas réelement sur un quai officiel). C'est que, voyez-vous, il y a 4 sieges libres, et on tente a tout prix de les vendre avant le départ.
Vers 9h15, un groupe de 6 personnes sont tentés de prendre le bus, alors une des deux bonne femme entreprend un tour du bus pour trouver deux volontaires qui quitteraient le bus pour en prendre un plus tard, le tout, bien entendu, sans aucune compensation! Pas de chance, aucun volontaire!
Nous quittons enfin le terminus vers 9h30... pour nous immobiliser juste a l'extérieur, ou on stationne sur la rue en attendant de pouvoir vendre ces satanés places. La grogne commence a se faire entendre, quelques voyageurs ont des plans a Copacabana ou Puno et tout le monde va etre en retard.
On se met a chanter: Vamos, Vamos, Vamos! Sur le coup, les deux bonnes femmes nous trouvent comiques. Elles déchantent un peu quand 3 voyageurs - dont moi - descendent apres avoir discutte avec le chauffeur qui nous a dit que c'etaient elles, les responsables. Nous argumentons donc un peu, mentionnant des plans a Copacabana, j'en rajoute pour moi-meme, puisque je ne suis pas vraiment pressé, mais la situation est plutot comique de mon point de vue: en effet, a quoi bon vouloir offrir un bon service en venant nous prendre a l'auberge a 7h30 si c'est pour quitter La Paz plus de 2h plus tard? Nous aurions pu dormir une heure de plus et prendre un bon déjeuner au lieu de se depecher...
Enfin...
Les deux clowns sont sur leur cell et tentent de vendre les places sur la rue, en criant aux taxis qui ont des passagers... A un moment, 4 voyageurs - dont moi, encore - reviennent a la charge, et par hasard, deux policiers passent par la. Je leur demande donc ou est le plus proche bureau de la police touristique, en leur expliquant pour les autres (qui ne parlent pas espagnols) que certains voyageurs seront en retard, tout ca pour 4 places libres, et que nous avons payé pour un service a 8h15 deja plus d'une heure en retard. Les policiers interviennent en notre faveur et nous partons enfin... Tout ceci nous fait bien rire, Sophie, Martin et moi.
Trois minutes plus tard, nous prenons la bretelle de l'autoroute qui doit nous mener a El Alto pour sortir de La Paz. Des notre entrée sur l'autoroute, le bus se stationne a nouveau et une des bonnes femmes sort pour tenter d'attirer des clients de dernieres minutes. C'est la goute qui fait déborder le vase. Alors que chacun crie Vamos! et que quelques voyageurs en colere (pour vrai) se levent, je tente de donner un coup du plat de la main dans la fenetre qui nous sépare du chauffeur pour attirer son attention et lui signifier de partir. Au meme moment, Martin a l'idée d'ouvrir la porte-fenetre en question pour exprimer son désir de partir au chauffeur et la bonne femme. Résultat de ces deux actions simultanées, la vitre de la porte-fenetre se détache! La bonne femme capote, et crie que si on démoli le bus, elle va appeler la police, je rétorque que je VEUX qu'on appelle la police, justement, que chacun ici veut partir, que nous sommes plus d'une heure 15 en retard, etc. Visiblement ébranlée que sa menace se soit retournée contre elle, elle saute du bus et le chauffeur démarre enfin!
A El Alto, on prendra 6 passagers pour combler les 4 sieges et deux feront le trajet debout!
Nous serons pris dans le plus incroyable bouchon de circulation que j'ai pu voir de toute ma vie, on en était crampé sur nos sieges et prenait des photos de l'affaire. C'est qu'en ce vendredi matin, a l'heure de pointe, on avait décidé de faire un petit défilé sur la seule voie rapide de La Paz, en fermant donc une section complete, forcant la circulation a double sens sur l'autre voie. Le capharnaum dans lequel nous quittons enfin la Paz est absolument indescriptible. Majorettes, fanfares, klaxons, des centaines de micro-bus, quelques agents de circulation totalement débordés, des gens de la parade se changeant de costume en plein milieu de la rue, le tout, évidemment accompagné par la panoplie habituelle de vendeurs de machins de toutes sortes se faufilant entre les véhicules et profitant du chaos immobilisant pour faire quelques affaires...
Un spectacle inoui.

Nous arriverons donc a Copacabana a 13h au lieu du 11h45 prévu, mais que voulez-vous. Au moins, on y est arrivé, et nous n'avons pas eu a marcher en pleine nuit ou aux petites heures du matin pour y arriver!
Pour l'anecdote, notons que Martin et moi avons réparé la fenetre alors que nous quittions La Paz (on s'est fait prendre en photos par d'autres touristes!), une réparation qui tenait en place, mais pas des plus solidement. En cours de route, une touriste qui avait visiblement raté toute l'action (elle était installé a l'arriere), a voulu poser des questions aux chauffeur et au lieu de tirer sur la porte, elle a voulu la pousser d'un coup d'épaule. Elle a évidemment disloqué la fenetre une autre fois, provoquant un fou rire général dans le bus.
Notons aussi en terminant, que 3h apres notre arrivée, nous avons revu notre chauffeur, criant son retour vers La Paz pour vendre les places, et on a noté que la fenetre avait été réinstallée en place.
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Demain matin, nous prenons un bus vers Juliaca, et ce bus est censé partir a 9h pile! Croisez les doigts, car mes deux compagnons n'ont pas 5h de jeu, puisqu'ils prennent un avion de Juliaca demain en apres-midi!
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Friday, July 13, 2007

Le Salar de Uyuni - jour 3

Ce jour 3 dans le désert sud-bolivien allait nous faire faire plus de route en jeep (et de non-route en jeep, traversée de rivières, passage dans les roches dignes de pubs de 4x4, etc), d'autres étonnantes formations rocheuses (comme cette vallée des rochers - voir première photo)... et nous faire passer par divers petits pueblos tous aussi incroyablement isolés et petits les uns que les autres, et chacun avec son incroyable plus petite église du monde (record de ma première journée battu en fin de cette 3e journée! - me voir , moi, dans le clocher de cette église, sur la seconde photo. Trois pas ont suffit pour gravir le clocher de l'église, du sol!)


Le point culminant de cette journée 3 a été l'atteinte de la Laguna Verde, située à un peu plus de 5000 m d'altitude (avec une température et un vent conséquents, je vous assure) et qui se trouve à etre à la frontière de la Bolivie avec le Chili, tout près de la frontière avec l'Argentine également. Bref, très au sud, et très en altitude, une recette qui garanti le froid!

À Laguna Verde, quelques touristes précédents ont fabriqués eux-aussi leurs monticules rocheux... et de la roche volcanique très noire entourre la lagune, signe d'une très ancienne activité du volcan juste à coté.


Nous avons diné en compagnie d'un troupeau de lama! Il y avait une petite rivière, alors les lamas s'y abreuvaient et comme nous avions roulé beaucoup et que tout le monde avait faim, nous avons fait la pause repas près du troupeau, Sophie et moi en profitant pour nous balader parmi les animaux (pas si farouches, mais prudents) avant que le repas ne soit près. J'ai des photos de moi avec les lamas, mais elles sont sur l'appareil de Sophie!

Nous nous étions levé à 5h du matin ce jour 3, pour d'abord nous rendre à des eaux thermales, mais à cette heure avant le lever du soleil, l'eau a beau etre chaude, il fait toujours -6 dehors alors me mettre en maillot de bain, non merci!!! Eaux thermales ou pas, niet! Nous étions passés auparavant dans un endroit qu'ils appellent ici les Geiser, mais il s'agit en réalité de puits sulfureux à cause de l'activité souterraine. Comme il faisait nuit noire, nous n'avons pas pu profiter de cette activités (une des différences entre les treks de 3 et 4 jours repose sur le timing), mais notre guide, bon joueur, nous a repassé dans le secteur des geisers avant de diner lors du retour vers le nord. La photo ci-haut est un gros plan d'un des puits.


Saul, notre guide et chauffeur, a profité de la pause diner pour vérifier les pneux de la jeep: excellente initiative, l'un d'eux était en très mauvais état. On l'a donc changé avant de poursuivre pour éviter une crevaison en cours de route. Martin et Sophie surveillent l'opération.

Et je vous laisse avec cette narration un peu courte (que je mets sur le dos de la fatigue et des claviers et de la lenteur de l'internet pour uploader des photos), avec une photo de poupoune en bikini! :-)))
Prise au lever du soleil, sur un étang d'eaux thermales (tout de meme assez chaude), alors qu'un groupe de francaises trouvait que ca valait la peine de se balader à demi-nue par -6 degrés pour en profiter. Qui eut cru que je prendrais une photo de fille en bikini à -6 au lever du soleil dans le désert bolivien à plus de 4400 m d'altitude?
Voilà, in a nutshell, c'était notre trek dans le Salar.
D'autres (més)-aventures allaient évidemment suivre, et ce, dès le jour suivant :-)
et je signe ce billet, de Copacabana, sur le lac Titikaka, toujours en Bolivie.

Le Salar de Uyuni - jour 2

Ok, here's the deal. Slow internet connexion, slow computer, and crappy keyboard... So let's type slowly, if you don't mind :-)

Seconde journée dans le Salar, ou plutot dans le désert sud-bolivien, puisque nous avions quitté le désert de sel lui-meme en fin de journée la veille.
Cette seconde journée nous a offert plus de jeep, plus de route désertique, plus de paysages étranges, des formations rocheuses bizaroides (et volcaniques), plus de faune, avec tout plein de petits amis habitants du désert...
C'est aussi pendant cette seconde journée que j'ai réalisé que les deux bidons bleus que nous avions sur le toit de la jeep, entre lesquels nous transportions notre bombonne de propane... contenaient l'essence supplémentaire nécessaire à notre traversée de 3 jours... Compte-tenu de l'état des routes dans le désert (quand il y a une route, en fait), c'était fort rassurant de savoir que nous avions autant de combustible gaz et essence sur notre toit!


Dès les premiers km de route, nous avons croisé quelques troupeaux de lamas, et pour ce voyageur-ci, c'est toujours une vision amusante et exotique... Le guide avait l'air fort amusé de voir que Martin, Sophie et moi aimions tant voir et photographier les animaux locaux...
À part les lamas dans leur environnement naturel (ils adorent vivre en altitude), nous avons visité quelques lagunes de diverses couleurs. Les couleurs des lagunes du désert viennent évidemment de leur composition chimique; je n'ai pas retenu toutes les explications, ni la composition de chaque lagune, mais bon, certaines sont fortes en sulfure, d'autres en borax, d'autres sont remplies de micro-organismes contenant de la chlorophile, d'autres sont fortes en cuivre, allouette.
Tiens, parlant d'explications, j'ai pu une fois de plus exercer mes talents d'interprète, puisque les guides du Salar ne parlent qu'espagnol et que notre groupe était composé de mes deux amis (Martin comprends certains mots d'espagnol et le parle un brin), un coréen qui avait appris un peu d'espagnol récemment à Quito, et un couple d'anglais, dont le gars ne parlait pas espagnol - la fille si, elle avait vécu en Andalousie dans sa jeunesse.
Bref, ou en étaís-je? Ah, oui, des lagunes...

Voilà. Celle-ci était fréquentée par trois types de Flamands roses; le flamand chilien, le flamand andino et j'ai oublié le troisième type de flamand... anyway, regardez et dites moi si vous en reconnaissez une troisième sorte sur ma photo :-)
Nous avons diner au vent et au froid (d'une pourtant délicieuse milanaise de poulet!) et avons repris notre route...
Le volcan Ollague trone dans le désert à 5865 m d'altitude, et il porte le titre de seul volcan actif de la Bolivie! Étrangement, toutefois, comme il est situé sur la frontière avec le Chili, il appartient en partie également au Chili, et son activité (cratère) volcanique est du cote chilien... malgré que son sommet le plus élevé soit du coté bolivien... Des questions?


Le terrain en avant-plan est constitué de roches volcaniques d'éruptions ancestrales du volcan. Toutes les formations rocheuses sont d'origine volcanique dans le désert, et la chose date de centaines et milliers d'annés puisque les volcans sont inactifs depuis longtemps dans le secteur.

Parmi les nombreux amis rencontrés, nous avons eu la charmante visite d'un zorro! Un renard (zorro signifie renard en espagnol) qui passait par là et qui a pris le temps de se faire prendre en photo pour notre plaisir et l'amusement du guide et de la cuisinière.


Entre autres formations rocheuses, nous avons été voir le célèbre "arbol de piedra", une formation surnommé l'arbre de pierre à cause de sa forme. Ce n'est pas la chose la plus impressionnante aux alentours, mais je vous laisse cette photo - un autre classique que tout le monde prends en photo... d'autres photos plus originales seront éventuellement sur mon site après mon voyage. Ca fait tout de meme "alien" comme composition, non?

Nous avons terminé notre seconde journée par notre visite de la Laguna Colorada (lagune colorée), ainsi nommée car elle change de couleur au gré des vents et intempéries, du à sa composition particulière dont j'ai oublié les détails.
Nous avons visité notre habitation - le refuge de la Laguna - qui s'est avéré une agréable surprise: plus organisé et plus spacieux que l'hébergement en auberge de sel de la veille... et un brin moins humide, bien que la température ait été plus froide. Nous étions, après tout, à 4300 m d'altitude pour passer cette nuit d'hiver pendant laquelle le thermomètre descendrait jusqu'à moins douze (-12). J'ai pu me laver les cheveux - un luxe - et le visage, malgré une eau glaciale.
Alors que Martin tentait de récupérer en faisant une sieste, Sophie et moi, après avoir pris cette photo de nos lits, sommes allés faire un brin de randonné dans les environs avant le souper.
Il y avait trois sommets aux alentours, tous trop éloignés pour etre conquis en moins d'une heure trente aller-retour, alors nous nous sommes contentés de grimper la butte la plus haute avant les sommets en question. Anyway, avec les pentes enneigées et sans équipement, on ne sait pas trop si nous aurions pu aller bien haut - et il faisait un froid de canard et le vent à écorner les lamas (s'ils avaient eu des cornes) décourrageait toute ascension plus ambitieuse.

J'ai laissé un message pour mon amie Suzie, qui m'avait précédée de trois ans dans ce secteur de la planète lors de son périple de quelques mois en Bolivie en 2004: Voilà, Suze, j'y ai mis les pieds!

Puis, le retour vers le refuge pour déguster une bière avant de souper...
Parmi les choses hétéroclites apercues ca et la dans le désert, on trouve évidemment des os, des carcasses, des squelettes en morceaux... et quelques cranes, dont celui-ci, avec les sommets dont je vous parlais précédemment, en arrière-plan.


De retour au refuge, j'ai taquiné Martin au réveil de sa sieste avec mon appareil-photo:
Notez la tuque, sans laquelle il serait impossible de survivre une nuit à cette température. En effet, malgré le nombre de couverture et l'habillement, le corps humain perd beaucoup de chaleur par la tete, et la tuque devient donc essentielle à une nuit où on veut conserver un maximum de sa chaleur corporelle pour éviter de frigorifier sur place.
Et enfin, cette bière (achetée au refuge pour le prix exhorbitant de 10 bolos!).
Notez le plus petit poele a bois du monde à mes cotés :-)))
Nous avons réussi à bruler des racines (le bois est rare dans le désert) qui se sont consumées pendant une heure et demie à peu prés, n'arrivant pas à créer de la chaleur, mais parvenant à tuer un peu d'humidité. J'ai déniché deux chandelles que j'ai fait bruler dans la chambre dans le meme objectif, et malgré le froid de la nuit, nous avons relativement bien dormi (pas eu trop froid, mais le lit d'un inconfort olympique m'a scié le dos et j'ai fini par me réveiller avec un bras engourdi et une épaule endolorie en plus!
Et puis ce fut le troisième jour ;-)
à suivre.


Thursday, July 12, 2007

Une chanson pour Suze l'andalouse

Une fois encore, j'ai passé le temps - au départ de La Paz, cette fois-ci - à écrire une petite chanson.

Cette chanson, elle s'intitule "Tout ce que je te demande", c'est une balade et je l'imagine accompagnée d'un seul piano.

Cette chanson est dédiée à mon amie et complice Suzie, qui est en la principale inspiration.
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Tout ce que je te demande
Par Hugues Morin - La Paz, Bolivie, 8 juillet 2007.


Ce n'est pas toujours aussi facile
D'aligner les mots justes pour exprimer mes pensées
Mais ce soir, de La Paz
Quand je tourne mon regard
Sur les sept ans, que j'ai vécus
Depuis que je t'ai rencontré

Je veux te dire
Que tu as changé ma vie
Mon ame soeur, ma belle, mon amie
Et tout ce que je te demande
C'est de venir me rejoindre

Pendant des années, je me suis senti vieux
Et puis ton visage souriant m'est apparu
Depuis ce jour
Je ne cesse de rajeunir
Je ne m'étais pas senti comme ca
Depuis que Sting chante Fragile

Alors ce soir
Quelque part en Bolivie
Il y a quelqu'un qui s'ennuie de toi
Et tout ce qu'il te demande
C'est de venir le rejoindre

Tu es la complice de tous mes voyages
L'ouest canadien, l'Europe, l'Amérique Centrale
Et meme si parfois
J'aime bien explorer par moi-meme
Il n'y a pas un paysage
Où je ne vois pas ton visage

Alors cette nuit
En voyant devant moi
L'Argentine, et puis le Chili
Tout ce que je te demande
C'est de venir me rejoindre

Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve
Je ne connais pas mon destin, ni s'il existe bien
Mais je sais que peu importe
Quel sera mon chemin
Les contrées que j'explorerai
Je t'imagine à mes cotés

Alors d'ici
D'où nous a quitté le Che
Je t'invite à m'accompagner
Car tout ce que je te demande
C'est de venir me rejoindre

Tout ce que je te demande
C'est de venir me rejoindre

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Le Salar de Uyuni - jour 1

Le Salar de Uyuni est le plus grand désert de sel au monde.
(je vous avait dit que tout était une question d'hyperbole, ou de superlatif, en voyage).

Le Salar fait 10 000 km2 de superficie. Bref, ca ne se visite pas à pied.
L'organisation des tours dans le salar de Uyuni est un véritable cauchemar et personne ne s'y retrouve totalement. A la base, il s'agit de groupes de 6 personnes, accompagnés d'un guide-chauffeur et d'un(e) aide-cuisinière, ces huit personnes faisant le trek pendant 3 ou 4 jours dans une jeep. Personne ne semble pouvoir réellement réserver une jeep en particulier, ou un guide en particulier, les agences font ca pour vous. Évidemment, il y a une panoplie d'agences diverses à Uyuni et ailleurs en Bolivie. Les choses se compliquent quand une agence organise le tour pour 3 personnes, et ramasse donc (ou refile) les 3 autres à une autre agence. Avec ce mode de fonctionnement, plus moyen de savoir qui sera votre guide, ou quelle sera votre jeep, au moment de signer pour la trek. Pire encore, vous avez les courtiers, qui sont en fait des agences qui n'organisent pas elles-memes les tours mais vendent des tours organisés par d'autres agences...
Exemple concret; vous etes à La Paz, et comme le temps est compté et que vous ne voulez pas que vos compagnons de voyage perdent deux jours à organiser une trek de 3 jours, vous organisez le tout directement de La Paz. Facile, les agences annoncant les treks dans le Salar sont légion à La Paz. Après avoir magasiné un brin, pour voir ce qu'offrent les agences, vous vous rendez vite compte que chacune offre exactement la meme chose, on vous montre une photo de la jeep sur demande, etc. Disons, pour le cas de notre exemple, que vous allez chez Tayka Tour et achetez un forfait 3 jours deux nuits dans le Salar avec Esmeralda Tours, une agence de Uyuni.
Une fois rendu à Uyuni (et voyez le billet précédent pour la joie d'arriver 10 minutes en retard), vous vous rendez aux bureaux de Esmeralda Tours, qui valide le tout et vous indique la jeep, où le guide se présente. Cette jeep, elle est aux couleurs de Sol de Mañana Tours, puisque nous n'étions que 3 et que Sol avait 3 personnes aussi, les agences s'arrangent entre elles pour les transferts et voilà; nous voici donc dans un tour pour lequel nous n'avons pas signé! Pas bien grave, dirons nous, puisque les agences offrent grosso-modo le meme genre de trek - et vont exactement aux memes endroits intéressants du Salar. Évidemment, les hébergements et lieux d'hébergements varient d'une agence et d'un tour à l'autre... et les histoires de voyageurs étant tombés sur des guides-chauffeurs incompétents, saouls - ou les deux - et les crevaisons et jeep en mauvais état sont aussi nombreuses que les agences d'Uyuni. On tente donc d'etre prudent et de s'informer, mais on n'a bien peu de pouvoir sur la trek elle-meme.

Notre guide, Saul, s'est avéré sympathique bien que timide et tranquille, et la cuisinière, dont j'ai déjà oublié le nom, était encore plus timide et tranquille, bien que jeune et jolie :-). La trek n'a donc pas viré au party, mais en meme temps, ca a été reposant et rassurant d'avoir quelqu'un de compétent et prudent dans un environnement aussi austère... hostile, meme.

Nous avons commencé notre visite par un cimetière... (notons tout de suite que lors de l'achat à La Paz, selon le trajet montré, nous devions terminer notre trek par cette visite...)
Le cimetière de train à vapeur de Uyuni. Pour sortir le sel de la région, avant le rail moderne, il y avait les trains à vapeur. Une fois laissés de cotés pour de meilleurs trains, les anciens trains à vapeur ont simplement été "remisés" dans le désert à coté de la ville de Uyuni, un réflexe bien latino, on en conviendra. Ils sont là depuis des décennies.

Puis, notre jeep nous a amené dans un petit pueblo, Colchani, où une gentille dame m'a expliqué le processus de séchage (chauffage) du sel du salar (qui contient de l'eau, donc on sèche par évaporation), puis de l'ensachage; elle a meme ensaché pour moi un peu de sel moulu et iodé... sur lequel j'avais marché avec mes bottes de randonnée entre le séchage et l'ensachage!
Le pueblo offre aussi quelques boutiques d'artisanat de produits du sel (verres, dés, etc). Je n'ai rien acheté, mon amie Suzie m'avait acheté 6 dés en 2004 et à son retour à Montréal, il n'y en avait plus que 3 avec un peu de sel au fond du sac !
Je me rends compte que faire une description détaillée de ce trek, en alignant les sites visités serait un peu lourd et probablement ennuyant...
Le salar est une question d'ambiance, plus que de visites. Nous roulons - parfois pendant 25-30 minutes, parfois pendant plus de 2-3h avant de s'arreter - et nous faisons une pause - de 10 minutes à plusieurs heures - selon l'intéret de ce que l'on veut nous montrer ou le temps de la journée. Entre les deux points d'arret, le paysage et la faune et flore locale nous émerveillent parfois, nous semblent monotone à d'autres moments et nous surprennent de temps à autres.

Lorsque nous nous arretons pour la seconde fois, c'est là où le sel est récolté, en effectuant des petites pyramides, et j'ai évidemment pris une photo très classique - tous les touristes prennent cette photo, j'imagine. N'empeche, pour ce touriste-ci, il y avait quelque chose de magique à prendre cette photo, après avoir admiré les photos de Suze, Max et la gang de Phem en 2004...

Comme le Salar, c'est très grand, il y a meme une ile au milieu! La isla de los pescados (meme si on n'y trouve aucun poisson, mais beaucoup de cactus), qui s'appelle aussi Inkawasi. On s'arrete pour un diner délicieux (du steak de lama et des légumes), et pendant que nos cuisiniers s'affairent avec le réchaud au propane, nous avons le loisir d'explorer cette ile de cactus et meme de conquérir son sommet :-) La vue partout aux alentours est étonnante. une mer de sel à perte de vue dans toutes les directions. Ici et là, à l'horizon, les fantomes de quelque montagne... J'immortalise mon passage de quelques photos, tentant de capter la taille de plusieurs cactus.

Un peu après diner, alors que nos amis ramassent les bagages, j'en profite pour aller marcher sur la mer de sel, m'éloigner des 25 jeeps présentes (et donc des quelques 150 touristes qui ont envahis l'ile en meme temps que nous) pour prendre quelques photos de ce paysage aussi magnifique que déroutant. Si on regarde rapidement, on se croirait sur le Lac St-Jean, en hiver!!! Mais ce n'est pas de la neige, c'est bien du sel, j'ay ai gouté, juste là, tout près de l'appareil photo sur cette image, et c'est bien du sel.

Le sel en question - qui fait jusqu'à 4 mètres de profondeur - a été laissé là par l'évaporation d'une mer intérieur il y a quelques 25 000 ans. Nous sommes à 3760 m d'altitude, précisément, au moment où nous explorons cette étendue blanche dont le tapis salin adopte la forme de cristaux, naturellement:

Selon le trajet acheté de La Paz, nous devions coucher à San Juan, un pueblo de 400 ames. Notre tour avec Sol de Mañana, lui, avait prévu un stop un peu avant San Juan, dans un endroit aussi minuscule qu'éloigné de toute autre forme de civilisation... et cet endroit, je n'ai ni noté ni compris son nom, je peux juste vous dire que c'était petit, petit, petit. Quelques ... maisons (?) en pierres ou en sel (oui, oui), un terrain de foot dominé par un vent à vous arracher la tete, un petit terrain de basket dans ce qui ressemble à une cour d'école... 5 ou 6 habitants rencontrés dans les rues sablonneuses et poussiéreuses lors de nos vagabondages aux alentours entre notre arrivée et l'heure du souper... une église microscopique (je suis monté dans le clocher en moins de 8 pas!)... beaucoup de déchets et d'objets étranges - nous avons fait un concours de l'objet le plus hétéroclite avec Sophie et Martin... une vieille bassine percée et rouillée, une colonne vertébrale, deux sandales identiques, une patte de lama... et pour ma part, un vieux pare-choc avec une jolie théière:
... et enfin, ce pueblo est situé à coté d'une petite crete rocheuse aux abords du Salar... crete où nous avons fait un peu d'exploration en plus d'y laisser un souvenir bien canadien: un Inukshuk! Sur la photo suivante, notez la couleur jaune-brunatre du Salar: aux abords, le vent pousse la poussière et le sable du désert où vivent les gens qui s'y sont installés, mélangeant sel et sable sur plusieurs dizaines de mètres à l'intérieur du salar... difficile alors de dire où le salar commence et où le désert de sable se termine...


Après une bière (achetée localement, j'en reviens toujours pas!!!) et un souper - cuisses de poulet et frites - nous avons pris nos quartiers... Nous étions trois par chambre, donc avec Sophie et Martin, nous avons partagé une chambre microscopique où tenaient à peine les 3 lits - et pas des grands lits à part ca! Ah, j'oubliais de vous dire, la maison où nous couchions étaient entièrement faite de sel... Des gros blocs de sel utilisés comme des briques, avec un mortier fait de sel et d'eau... La chose est amusante, humide, froide (c'est l'hiver ici, je le rappelle, et il a fait moins deux (oui, -2, sans chauffage) cette nuit là), et offre une petite odeur saline... Voici une photo de mon lit avec mes bagages et des deux murs du coin où est situé ce lit.
On ne voit pas le plafond sur cette photo, il est bas (meme moi qui ne suit pas grand arrivait à peine à circuler sans me cogner la tete au plafond), et fait d'un mélange de paille, de boue et de sel. Comme on voyait un peu le ciel au travers du plafond, j'étais bien content de ne pas etre en visite à la saison des pluies !
Que dire de plus sur notre "auberge", sinon qu'elle possédait l'électricité entre 19h et 22h, comme tout le pueblo, qui s'alimente sur une génératrice commune qui est démarré avec fracas après le coucher du soleil...

Nous avons visité quelques autres attraits en cette première journée, dont un hotel de sel fermé par décret gouvernemental en 2001 parce qu'il polluait le salar en rejetant tous ses déchets dans le désert de sel... Aujourd'hui, la chose se visite, à condition d'y acheter quelque chose, et comem il y a une sorte de petit marché-dépanneur... j'y ai acheté... vous ne devinerez jamais: un Red Bull!!! Véridique. Il n'y a rien dans cet endroit du monde, et paf, on peut soudainement acheter un Red Bull... Un Coke, je dis pas, mais un Red Bull, ca surprend un peu quand meme...
Une fois encore, il serait fastidieux de faire une liste exhaustive de notre journée.
Vous devez simplement savoir que le lendemain matin, à 6h, nous nous levions un peu avant Inti pour prendre un déjeuner frugal (pain sec et froid avec un peu de margarine et marmelade, café instantané ou thé, meme pas de maté de coca!)... et que nous partions pour 10 h de jeep et d'exploration du désert du sud bolivien.
À suivre.

Visite sur une autre planète

Le soir du 8 juillet dernier, mes deux compagnons de voyage et moi avons pris un bus de nuit à La Paz, en direction de Uyuni, une petite ville tout au sud du pays. En théorie, nous allions à Uyuni pour vivre une aventure de 3 jours dans le Salar, le célèbre désert de sel bolivien. En pratique, notre aventure a débutée à peine une demie-heure après notre départ.
Sortir de La Paz, comme quitter Quito, n'est pas une mince affaire. La circulation dans les métropoles latinos est non seulement chaotique, mais il n'y a à toute fin pratique, aucune voie rapide. Une sorte d'autopista (autoroute) permet de s'extirper du centro de La Paz vers El Alto puis de quitter la capitale administrative bolivienne, mais le procédé est long. Il faut dire que la situation gógraphique de La Paz - identique à celle de Quito - n'aide en rien l'urbanisme; La Paz est située tout au fond d'une vallée entourré de très hautes montagnes. Ainsi, pour sortir du fond, il faut zigzager le long des flancs pour joindre une sorte de plateau, qui ici, s'appelle El Alto et forme une sorte de gigantesque et tentaculaire banlieue plutot pauvre mais en développement tout autour de La Paz. D'El Alto, des routes menent vers les autres grandes villes boliviennes.
Le 8 juillet au soir, donc, la température chute, et les nuages noirs qui nous empechaient de voir Huayna Potosi, le sommet le plus haut près de La Paz (6088 m), lors de notre visite à Tiwanaku, ces nuages, ils décident de faire tomber un brin de neige sur La Paz et les environs. Après une demie-heure de bus, c'est la tempete, intense, qui ajoute évidemment au chaos habituel des alentours. J'ai appris plus tard que la tempete avait duré deux jours.
Une autre demie-heure à rouler de nuit dans la neige, et hop, un arret brusque, la route est bloquée (no kidding). Heureusement pour nous (tout étant relatif), il s'agit d'une collision entre deux camions dont un a renversé son chargement. Une heure de perte de temps à cet endroit, puis nous repartons... pour nous arreter à peine dix minutes plus tard: notre bus a des problèmes mécaniques (Ici, il faut avouer que le voyage de Sophie et Martin semble définitivement sous l'effet d'un mauvais sort concernant toute forme de transport). On répare donc sur place (sans trop en informer les passagers, je suis un de ceux qui vont aux nouvelles dans ces cas-là, j'aime bien savoir ce qui se passe), puis nous repartons... Le trajet, qui sera interrompu une autre fois par une autre panne du bus (meme cause, j'imagine), nous prendra 13 heures au lieu des 10 prevues.
Je mentionerai également que la Bolivie est un pays où il y a très peu de routes tel que nous définissons généralement ce qu'on imagine par "routes"... Les routes pavées pour les longues distances existent seulement entre quelques grandes villes, et pas toutes. Ainsi, passé Ururo, pour se rendre á Uyuni, il n'y a qu'une route de gravier et roches, ce qui fait une belle fin de trajet: les quatre dernières heures à se faire brasser comme si nous étions déjà en jeep dans le désert!
Nous atteignons enfin Uyuni à 10h10, soit 3h10 plus tard que prévu... et 10 minutes après le départ prévu de notre jeep pour le désert... Évidemment, comme notre bus est rempli de touristes qui ont réservé des treks, les jeep ont attendu tout le monde... Mais nous devons donc faire vite, sauter le déjeuner et le repos post-bus de nuit, et un peu avant 10h45 am, nous embarquons dans la jeep... qui nous fera visiter le Salar et les déserts sud-boliviens pendant les 3 prochaines journées.
Et ce sud-bolivien, les amis, c'est une autre planète, tout simplement. Autres paysages, autre décor, autres habutations, autre faune, autre flore, tout y est totalement étranger, science-fictif, meme. La vision d'un troupeau de Lama vous rappelle de temps à autres que vous etes toujours sur Terre.
Après 3 jours (et deux nuits, mémorables également), nous avons regagné la ville d'Uyuni (guère plus qu'un gros pueblo en fait), et le soir meme, nous avons repris un bus nocturne Uyuni-La Paz... celui-la, sans histoire (autrement que les 4 premières heures de brassage sur la route de gravier vers Ururo - tiens, j'ai oublié de mentionner que sur cette route, qui croise une rivière - pas un ruisseau - le bus doit traverser et en l'absence de pont, il doit le faire directement dans la rivière, qui doit bien faire 60-75 cm de profondeur!).
Ainsi, après notre visite d'une planète étrangère, nous sommes de retour à La Paz.
Je me propose donc de m'y balader et de visiter quelques-uns de ces édifices et plazas aujourd'hui, avant de revenir ce soir sur ce journal, avec les détails et photos du sud-bolivien.
Après tout, la tempete est passée, il fait un beau soleil ici, et après un bon petit déjeuner et une première douche en 4 jours, j'ai le gout de me balader en ville.

Sunday, July 08, 2007

Court silence radio

Partant pour Uyuni dans une couple d'heures sur un bus de nuit, et arrivant à Uyuni demain matin, mais repartant aussitot pour une trek dans le désert, je serai absent de ce blogue pendant les 3-4 prochains jours.

Le desert en question n'a pas de sable, au fait, ou si peu... puisqu'il est surtout constitué de sel.

C'est à 12h au sud de La Paz, tout au sud de la Bolivie, en fait, et ca s'appelle le Salar de Uyuni.

Je reviendrai avec une narration et quelques photos, promis.
Je vous laisse sur ma dernière auto-photo, de la Paz.
(Note: Ca m'aura pris trois ordinateurs sur un espace-temps d'une heure quarante cinq pour venir a bout de ce billet avant mon départ!)

Civilisations Pre-Incas IV: Tiwanaku

Peu de temps, puisque je reviens a peine de Tiwanaku (ou Tihuanacu), site pre-inca, et que je repars un peu plus tard par le bus de nuit (soupir) La Paz-Uyuni.

Quelques photos commentees donc, de Tiwanaku, le premier véritable empire des Ameriques. La civilisation Tiwanaku a prospéré de 1500 av. JC jusqu'a 1170 de notre ere. Leur periode dite Classique (IV) a connue son apogee vers 700 de notre ere. Entre 700 et l'an 1000, les Tiwanaku occupaient un veritable empire, couvrant le nord du Chili et de l'Argentine actuels, le sud du Perou et tout l'ouest de la Bolivie. Personne ne sait exactement pourquoi leur civilisation s'est morcelee en plus petits groupes, quelques 150 ans avant l'arrivee des incas sur leur territoire...
Aujourd'hui, le site de Tiwanaku est situe pres du pueblo du meme nom, a environ 1h45 de La Paz, sur l'Altiplano bolivien. (L'absence relatif d'accent tend a prouver que les boliviens sont aussi capables d'avoir des claviers crappys que les peruviens, mais ce n'est pas leur faire justice, puisqu'a part ce detail, il est plus facile d'utiliser les touches!)





Tiwanaku est situe... au millieu de nulle part sur l'altiplano... comme en fait foi ce paysage capte a cote du site archeologique.


Les points d'interets principaux du site de Tiwanaku sont ces immenses monolithes de pierre representant un certain rituel, avec le personnage tenant des coupes et portant un masque a plusieurs yeux (pour le passe et le futur)... Certains monolithes sont proteges dans le musee construit a cet effet directement sur le site autour des monolithes, et le plus grand atteint 7 metres. (Celui sur cette photo fait environ 3 metres).

Un des temples semi-souterrains a ete tres bien conserve vu son emplacement en sous-bassement. L'interieur de sa salle principale offre des murs aux masques qui sont fort interessants.


Les Tiwanaku etaient gouvernes par une organisation theocratique, et le dieu principal etait le Soleil. Il existe donc des relations directes entre le soleil, la lune et les etoiles dans leur calendrier (de 365,24 jours!) et dans les temples. Ici, je pose pres de la Puerta de la Luna (porte de la lune).



Entre la civilisation Tiwanaku et mon passage sur ces lieux, on dirait que certains habitants ont un jour tente d'y faire passer le chemin de fer. Peut-etre avec succes, mais c'est evidemment chose du passe.

Saturday, July 07, 2007

Viva La Paz!

Un mot en direct de La Paz, en Bolivie!
(et quelques photos des dernieres 48 h)

Ben oui, je suis rendu en Bolivie... Remarquez, je n'en ai pas fini avec le Pérou... je reviendrai sur quelques-uns des lieux explorés dans d'autres billets... et je prévois revenir au Pérou à court terme de toute manière, puisque je n'ai pas fini de l'explorer...

Mais... Mais compte tenu de nos récentes aventures, et du temps limité que mes compagnons de voyage en vacances ont, nous sommes donc à La Paz, pour 2 jours et puis prévoyons disparaitre pendant 3 jours dans un des lieux les plus étranges de la planète, mais j'y reviendrai également...

Pourquoi sommes-nous (déjà) en Bolivie alors qu'aux dernières nouvelles, j'étais au Machu Picchu?

Hum, nous sommes revenu par le train vers Cucso - trajet qui m'aura permis lors de sa première heure de rédiger ce que j'allais publier sur ce blog au sujet du Machu Picchu, à chaud. Arrivés à Cusco, nous avons profité d'une belle nuit de sommeil, puis avons tenté de prendre un bus vers Puno, sur les rives du Lac Titikaka, le lac navigable le plus haut du monde (voyager, c'est toujours une affaire d'hyperboles, on dirait). Pas si facile, puisque les manifestant dont j'ai parlé l'autre jour - qui avaient fait un blocus près de Ayaniri, ont déplacé (étendu en fait) leur blocus à la ville de Juliaca, au nord de Puno, et où passent les bus reliant Arequipa, Cusco et Puno. Bref, pas de bus de jour qui peuvent passer. Une compagnie nous informe qu'ils tentent de passer de nuit, mais ca m'a l'air louche, on l'a vu le barrage routier, nous...

Pour faire une histoire courte, mentionnons que la compagnie San Luis offre le trajet de nuit, en 8 heures au lieu de 5, contournant le problème pour joindre Juliaca, puis Puno par une route de gravier. On tente le coup.

TISA quelqu'un?

Bien évidemment, ca ne marche pas.

On est coincé par le blocus un peu en aval de Juliaca, vers 5h30 du matin. A l'arret pendant une petite heure, puis au lever du soleil, on nous informe que deux micro-bus nous attendent de l'autre bord pour continuer. Nous prenons donc notre bagage et oui, air connu, nous marchons au petit matin entre les manifestants, les pierres sur la route, une voiture incendiée, un pont bloqué, pour rejoindre un autre bus, heureusement situé à seulement 25 minutes à pied.

Il est évident que la compagnie de bus savait ce qu'elle faisait, sans nous en avoir informé avant, les autres bus nous attendaient et tout, et le blocus n'était pas si récent...

Anyway, nous nous sommes donc rendus à Puno, où nous avons trouvé un endroit où mettre nos bagages temporairement, le temps d'aller faire une promenade en bateau sur les iles flottantes des Uros, puis nous sommes revenus à Puno, pour prendre un bus en après-midi vers La Paz. Commes nous avions perdu quelques jours dans nos mésaventures de transport (il faut se souvenir du 5-6h de retard du vol Miami-Lima de mes deux copains), l'itinéraire de vacances de mes amis a donc du etre modifié.

La Paz, Bolivie, donc.

Et, je vais y revenir (il semble que je ne ferai que ca!), mais j'Adore La Paz (oui, avec un A majuscule, c'est pas la faute du clavier - qui est un bon clavier... les Boliviens ont-ils tous des meilleurs claviers, je le saurai bien assez tot!

La Paz, c'est une grande ville, dont le centro est on ne peut plus chaotique, mais ca a son charme quand meme, et les boliviens rencontrés ici sont très accueillants, très gentils, et un peu moins mercantiles que la plupart des péruviens... je retrouve un peu de la timidité des Équatoriens, on dirait. La Paz n'a pas le charme du Quito colonial, mais tout de meme, c'est sympathique malgré le chaos. Et je n'insisterai jamais assez sur cet aspect, car c'est certainement la capitale la plus "intense" que j'ai pu visiter en Amérique du Sud (ok, j'ai juste vu Quito et Lima avant!). Il faut comprendre que cette intensité n'a rien de désagréable, contrairement à San Salvador ou Managua, pour citer des exemples centro-américains extremes. Il y a quelque chose d'agréable à etre à La Paz, tout simplement.

Je n'ai exploré que son centre principal, mais j'y ai vu quelques banlieues en arrivant hier soir, les typiques banlieues pauvres, aux limites du bidonville, que l'on retrouve tant en amérique latine.

Bref, en un mot comme en cent, la tranquilité semble un concept totalement absent de la culture des Paceños, mais ce voyageur-ci s'en accomode parfaitement bien, puisque malgré ce chaos, tout est fait avec un certain respect, une bonne humeur amusante, et une naiveté qui surprend toujours quand on parle d'une capitale, ou d'une très grande ville (il y a autour de 2.5 millions d'habitants à La Paz).

Voilà donc pour le moment... Je dois répéter que pour une première journée en Bolivie, et à La Paz, j'adore cette ville, et donc, ce pays pour ce que j'en connais. C'est déjà pas si mal, non? On se souviendra que mon entrée au Pérou avait été plus... conflictuelle, disons :-) et que malgré tout, c'est un pays que j'ai adoré visité, et où je me promets déjà de revenir très bientot (comprendre les prochaines semaines, après le départ de mes amis, pour l'explorer un peu plus avant de replonger au sud, et rien ne dit que je n'y reviendrai pas encore une fois avant mon retour au pays)...

La Paz est donc une belle entrée en matière pour visiter la Bolivie.

Et puis ca fait tellement longtemps que j'en entends parler (Suze et la gang de PHEM), que je suis content juste de me balader dans La Paz et d'enfin voir pour vrai ce que la ville procurre comme sentiment d'étrangeté. Étrangeté, car malgré l'habitude des villes et métropoles latino.s.. well... La Paz ne ressemble à rien que j'ai pu voir auparavant. Elle incorpore plusieurs éléments des grandes villes latinos, mais a un son unique, un rythme unique, une ambiance unique. Et ca, ca fait plaisir à vivre, toujours.

de la Bolivie, donc, c'était l'Esprit Vagabond, toujours sur la route.

Photos!

Sophie sur la bateau qui nous mène vers les Iles flottantes des Uros sur le Lac Titikaka (qui devrait se prononcer Titihaha, selon la culture locale).


Iles flottantes, très authentiques, mais pas pour les touristes qui y sont attendus avec une préparation et une avidité qui enlève tout le charme à l'endroit et toute l'authenticité à la visite. L'fun à voir une fois, mais bon...




Dégustant la Tortora (?), plante aquatique comestible, mais dont un fait surtout des iles et des bateaux typiques sur le lac...



Coucher de soleil sur le Lac Titikaka... photo capté de Copacabana, en Bolivie, quelques minutes après avoir traversé la frontière...




Hydro-La Paz ne fonctionne visiblement pas selon les memes critères que Hydro-Québec :-)))
Les électriciens occidentaux doivent faire une dépression quand ils voient La Paz... ! mais n'oubliez pas que malgré ce fouillis très représentatif de la ville (le transport des passagers en similaire), je blogue en direct de La Paz, et que l'info transmise, dont cette photo, passe quelque part par des connexions similaires à celle-ci. Surréaliste, non?


Mon quartier est rempli de jolies boutiques d'artisanat - (tiens, quelque chose de très direct: il pleut au moment où j'ècris ceci, ma première averse en un mois!) - Avec Chichicastenango au Guatemala et Otavalo en Équateur, La Paz est dans mon Top 3 de villes les plus hallucinantes pour acheter de l'artisanat merveilleusement beau et plus qu'abordable.

Artisan au travil et tenant boutique sur un trottoir à deux pas de mon auberge.



Homme avec machine à coudre: un cordonnier et réparateur de choses diverses... sur un trottoir entre le resto où j'ai soupé et mon auberge.

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La Coca

Un mot sur la Coca, si vous permettez.

La Coca, c'est cette plante qui fourni de jolies feuilles (qui rappellent des feuilles de laurier, par exemple), qui, une fois transformées à l'aide d'un procédé chimique, donne la cocaine, une drogue illégale dans tous les pays du monde.
Mais la Coca est une plante aux nombreuses vertues. En effet, elle entre d'ailleurs dans la fabrication de plusieurs médicaments, et est donc cultivée légalement (de manière très encadrée) dans plusieurs pays, dont le Canada et les États-Unis, par l'industrie pharmacieutique.
Au Pérou - comme en Bolivie - la culture de la Coca n'est pas illégale.
On retrouve donc la coca un peu partout, en épicerie ou dépanneur, on peut en acheter librement et en faire ce qu'on veut... en autant que l'on n'extrait pas son principal composé actif à l'aide de produits chimiques - qui eux, sont très controlés, et souvent illégaux ici.
Ainsi, acheter des feuilles de coca est très facile, et pas très cher (environ 35 cents canadiens pour un paquet de 100g de coca). Ces feuilles font un thé (le maté de coca) qui est délicieux, en plus d'aider à diverses choses comme combattre le mal des montagnes et aider la digestion...
La coca est une plante aromatique, mais pas trop forte au gout, un peu comme un bon thé vert, disons.
On trouve aussi plusieurs produits dérivés, maté de coca en poche de thé, par exemple, ou d'autres types de produits tirés de la coca comme de chocolat à la coca, des biscuits à la coca, des bonbons, etc...
La coca se mache également. Généralement, la meilleure manière de macher la coca demeure en feuilles. Vous en prenez une bonne portion, que vous laissez macérer dans votre joue avec de la salive, et vous machez de temps en temps. La duré de vie d'une portion comme ca peut varier de 1 à 4 h, selon votre gout. L'ingrédient actif est libéré si lentement que vous ne ressentez jamais l'effet d'une drogue - encore moins d'une drogue dure comme la coke qui est tiré de la meme plante après transformation chimique.
Si vous désirez augmenter un peu la vitesse de libération de l'effet en machant la coca, croquez un brin de craie, par exemple, ce qui - d'après ce que j'ai compris - rend votre salive plus alcaline et aide la libération plus rapide de l'ingrédient actif de la coca. Personnellement, quand j'ai essayé cette technique, j'ai ressenti un peu d'engourdissement dans la bouche, un peu comme quand un dentiste vous gèle à la novocaine :-)
Maintenant, pourquoi la coca est-elle légale malgré les narcotrafiquants que l'on combat meme au Pérou et en Bolivie? Tout simplement parce que la coca, naturelle, est une plante utile et aux grandes vertues, et qu'elle fait partie de la culture Quechua (Inca, indigéne des Andes) depuis toujours. On ne peut pas renoncer si facilement à cet aspect culturel. Macher la coca ou boire un maté de coca fait non seulement partie de la vie ici - et le maté est délicieux, je les comprends donc de ne pas vouloir s'en passer - mais a toujours aidé à combattre les effets de l'altitude dans les nombreuses communautés qui vivent dans les Andes.
(À titre de comparaison, tentez d'interdire le thé Earl Grey en Angleterre, par exemple...)
Voyager au Pérou et en Bolivie permet à l'aventurier d'expérimenter cette culture, sans pour autant expérimenter une drogue aux effets néfastes.
Et parmi les nombreuses manière de déguster la coca, j'en ai expérimenté quelques-unes. Si le maté demeure mon choix de prédilection, macher la coca n'a pas été une expérience désagréable, les biscuits sont un peu secs mais on y prends gout... et j'ai récemment fait l'acquisition de quelques chocolats dont je vous en redonnerai des nouvelles...

Thursday, July 05, 2007

Machu Picchu: L'Empire Inca au bout d'un escalier temporel

J'ai les poumons en feu, mon coeur bat à 140 pulsasions minutes. Je suis trempé. Je consulte ma montre; il est 5h45 du matin, les premières lueurs de l'aube se pointent à l'est, au-delà des montagnes. Quatre personnes sont dans les marches devant la porte qui se dresse devant moi. Ma respiration se régularise un peu, mon coeur se calme lui aussi.

Je viens d'arriver en haut d'un excalier temporel, qui, après 50 minutes, m'a ramené plus de 450 ans en arrière.

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Je me passe la tete sous une eau glaciale mais bienvenue, ma respiration est revenue à la normale. En moins de 5 minutes, une centaine de personnes ont rejoint les autres - ils viennent d'arriver en autobus. Mes deux compagnons de voyage arrivent par l'escalier à leur tour, eux aussi en sueur après l'exigente montée d'Aguas Calientes jusqu'à l'entrée du site.

6h00 AM. Les portes ouvrent et nous accédons à la cité perdue du Machu Picchu, qui a été isolée et ignorée du reste du monde pendant 400 ans avant d'etre découverte en 1911.

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Je reve du Machu Picchu depuis longtemps et j'ai élaboré divers plans pour en intégrer la visite à un de mes voyages, intégration, qui ne s'est réalisée qu'aujourd'hui, lors de l'ouverture des portes du site archéologique.

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Ma montre m'a tiré du sommeil à 4h00 AM pile. Après avoir ingurgité un gateau sec et sans saveur et quelques biscuits au miel avec un lait au chocolat, je me suis préparé pour ma courte mais importante randonnée. Parti avec 15 minutes de retard sur l'horaire - gracieuseté du caractère relax et un peu trop latino déjà, de mes compagnons de voyage - j'ai quitté le confort de l'auberge à 4h45 d'un bon pas. Après 20 minutes, j'avais descendu l'avenue principale du village, emprunté la route qui longe la rivière sur 1.5 km et atteint le pont d'où part le sentier. Ce dernier est constitué d'une série d'escaliers de roches qui entrecoupent une route en zigzag de 7 km dans la montagne.

Cet escalier de roche permet le déplacement sur environ 800 mètres de gain d'altitude et environ 450 ans dans le temps. En haut, vous accédez à la mieux conservée de toutes les anciennes cités Incas.

Les escaliers en serpentins, qui se succèdent, sont formés de marches larges et hautes, exigentes. Rapidement, je réalise que je vais trop vite, mon coeur s'emballe et mon souffle se fait court. Je suis partagé entre la volonté de ralentir le pas et celle d'atteindre la cité avant le lever du soleil. J'ajuste ma lampe frontale et trouve enfin mon rythme. Malgré le froid ambiant, mon corps se réchauffe rapidement.

Je rattrape quelques randonneurs nocturnes, passe devant la plupart d'entre eux et ils rejoignent mes deux compagnons parmi les lueurs qui apparaissent à l'occasion en contrebas. Les zigzags du sentier rocheux et la végétation de la foret humide qui l'entourre rendent le repérage des bornes et des autres randonneurs difficile.

Vers 5h30, le sommet apparait toujours très haut devant moi et les premières lueurs de l'aube font palir le ciel à l'est, entre les montagnes. Malgré la fatigue musculaire qui se fait déjà plus présente, je conserve mon rythme, accélérant meme un brin. À 5h35, la lune et l'aube suffisent à éclairer mon chemin et j'éteins donc ma lampe frontale. Sa sangle, serrée autour des rebords de mon chapeau, est humide et chaude.

Enfin, après la dernière longue et abrupte série de marches de pierre, j'atteins le haut de mon escalier temporel.

Il est 5h45.
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Lors de mon entrée sur le site, quelques autres bus ont déchargés d'autres touristes d'Aguas Calientes. Environ 300-350 personnes pénètrent donc sur les premières terrasses des ruines Incas du Machu Picchu. De ce nombre, environ une douzaine ont fait la randonnée pour atteindre à pied le Machu Picchu.

Les visiteurs se séparent rapidement en trois "groupes". Les premiers empruntent le chemin de la visite courte pour accéder directement au coeur des ruines de la cité et s'y éparpillent.

Les seconds, membres de tours guidés, se répartissent en groupuscules de 20-30 ici et là sur les premières terrasses. Les autres - dont je suis - empruntent le chemin de la visite longue, et grimpent quelques centaines de mètres pour atteindre les plus hautes terrasses, surplombant la cité, avec le sommet du Huayna Picchu en arrière-plan.

L'ensemble du site est si vaste que les quelques centaines de visiteurs n'arrivent pas à lui donner un air peuplé - ce qui semble parfait pour une visite agréable en ce qui me concerne.

Le calme des hautes terrasses et l'arret de l'exercice physique- combinés à la sueur refroidie sur mes vetements - me laissent frissonnant dans la brise du matin.

Comme le Machu Picchu est entourré de hauts sommets, il faudra attendre un bon 45 minutes pour qu'Inti, le Dieu Soleil, lance ses premiers rayons sur nous et la cité Inca.

Une fois sorti de sa cachette, ses rayons nous atteignent enfin. En moins de 20 minutes, sa bienveillante chaleur nous pénètre et nous rempli d'une énergie nouvelle. Ses puissants rayons réveillent mes doigts à moitié engourdis, réchauffent mon visage et me font réaliser à quel point ce Dieu Soleil est important pour la vie à une époque où elle dépend tant des éléments naturels. Inti chasse l'humidité froide de ce matin d'hiver péruvien et fait briller la cité Inca à mes pieds.

Je suis pret à m'y perdre pour les prochaines heures.
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La visite - guidée ou non - classique du Machu Picchu par des groupes organisés, s'effectue au départ de Cusco. Le premier train arrive en gare à Aguas Calientes vers les 11h00 AM, et un bus monte les premiers groupes à l'entrée du site archéologique vers 11h30. Avant cette heure, seuls les visiteurs ayant couché à Aguas Calientes accèdent à la cité. Bref, les 5 heures entre 7h00 et midi sont les meilleures pour le voyageur qui veut éviter les foules, les files d'attente devant les structures et les photos de ruines comprenant des centaines de touristes entassées. Pour un voyageur tel que moi - qui aime prendre son temps, se laisser impregner par un site, son histoire, ses histoires, son ambiance, sa voix - il est impossible de visiter une cité telle que le Machu Picchu en 5 heures seulement. Par contre, comme le site est étendu, certains de ses points d'intérets sont moins accessibles et moins visités que d'autres. Le gros des visiteurs, qui innonde les ruines en fin d'avant-midi, doit reprendre le train vers 16h; ils visitent donc les points essentiels du site, concentrés dans les ruines de la ville-meme, et repartent.

Voilà donc pourquoi, après une heure trente à explorer les hautes terrasses et profiter du lever du Soleil sur le site, j'ai passé les quatre heures et demi suivantes à l'exploration des ruines principales de l'ancienne cité.

Rocher funéraires, porte principale, palais de l'Inca, temples, plazas, monuments et le temple du soleil, les structures se suivent en procurrant l'émerveillement et la fascination. Personnellement, depuis ma visite de l'ancienne cité Maya de Tikal, au nord du Guatemala, je n'ai jamais rien vu de pareil. Ce n'est pas seulement l'étendue du site qui surprend, mais aussi le génie - il n'y a pas d'autre mot - de l'architecture Inca. L'existence-meme de certaines structures, principalement la taille et la précision des gigantesques pierres taillées, dépasse tout simplement l'imagination.

Ces premières heures sont nécessaires pour accepter que vos yeux ne vous trompent pas, pour ressentir profondément votre présence en ces lieux. En imaginer la présence et la vie des Incas au Machu Picchu ne viendra que plus tard. Il y a une limite à ce que le cerveau peut assimiler en si peu de temps. Souvent, je dois m'asseoir et faire des pauses juste pour reprendre mon souffle devant tant de beauté. Le degré de conservation des structures et édifices est étonnant, particulièrement pour le voyageur ayant visité plusieurs sites historiques en Amérique comme en Europe. L'isolation complète du site pendant plus de 400 ans y est évidemment pour beaucoup. Et comme l'existence de la cité était ignorée des conquistadors espagnols, aucune bataille n'a eu lieu sur ce site, le protégeant donc également de la destruction subie par d'autres sites.

Comme la cité est pratiquement divisée en deux parties par une longue plaza centrale reliant les terrasses au pied de Huayna Picchu, j'ai d'abord exploré son flan ouest, dont les bords sont constitués de terrasses abruptes plongeant vers un précipice d'environ 800 mètres vers la rivière au fond. Trois heures sont donc consacrées à l'exploration de ces édifices, les plus importants de la cité. À ce moment de ma journée, il est 10h30 et une décision s'impose.
Mes compagnons et moi avons atteint la base du sentier menant au sommet de Huayna Picchu. L'ascension est permise, mais le nombre de randonneurs est limité et l'entrée ferme à 13h. La cime de la "jeune montagne" se dresse environ 550 m au-dessus de nos tetes et peut etre atteinte par un abrupt et très étroit sentier qui tourne littérallement autour du pic jusqu'à son sommet. En haut, une structure modeste impressionne par son emplacement. Ce que les autorités locales évitent de mentionner, c'est que bon an mal an, quelques visiteurs malchanceux ou imprudents perdent la vie sur le Huayna Picchu. Infarctus, morsures de serpents ou chutes mortelles de son sentier étroit ne sont pas monnaie courrante mais se produisent une à deux fois par année.

Comme la randonnée demande une bonne heure et demie aller-retour, je décide de consacrer mon temps à autre chose - ce ne sont pas les points d'intérets qui manquent dans la cité. Après quelques hésitations, mes deux copains renoncent eux aussi au Huayna Picchu. Pour ma part, jamais je ne regretterai cette décision, vu le déroulement ultérieur de ma journée.

Près de deux heures seront d'abord consacrées à l'exploration de la partie est de la cité. Portails, zone industrielle, zone funéraire, habitations des nobles et autres merveilles se succédent et se livrent à mes sens, provoquant à chaque nouvelle découverte des exclamations et des soupirs d'incrédulité.

Vers midi trente, je rejoins donc le point central du site, situé au croisement des terrasses, de la plaza centrale et de l'escalier transversal principal. C'est le moment de justifier ma décision de ne pas gravir Hyana Picchu; j'entreprends l'ascension de l'ancienne voie Inca qui était, il y a 450 ans et des poussières, la voie d'accés au Machu Picchu.

Cette roure de roche d'un mètre de large, à flan de montagne, s'élève lentement mais constamment sur environ 2 km de long. J'emprunte donc le chemin des Incas pendant 45 minutes, qui me mènent, après un gain d'environ 700 m d'altitude, à Intipunku - La Porte du Soleil.

De ce point de vue imprenable, nous avons une vue stupéfiante du Machu Picchu, de Huayna Picchu et de la rivière, serpentant tout autour, à 1500 m en contrebas de notre position. Pour l'anecdote, je mentionne que j'ai croisé deux personnes en me rendant à la porte du soleil, qu'un autre visiteur m'y a rejoint et que trois autres ont été croisés lors du retour vers la cité du Machu Picchu. Sur les quelques 600-700 visiteurs qui ont arpenté les ruines en cette journée, le Chemin des Incas et la porte du soleil sont étonnamment calmes. Et agréablement calmes pour ce visiteur-ci. Aussi, d'Intipunku, j'ai réalisé que nous étions plus haut que le sommet de Huayna Picchu, et que nous disposions d'un meilleur point de vue sur toutes les ruines de l'ancienne cité Inca du Machu Picchu.
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Comme nous étions arrivés à Aguas Calientes par le train de la veille, notre retour vers Cusco se faisait par le train au départ d'Aguas Calientes à 15h55 et nous devions etre à la gare vers 15h30.
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À 13h30, nous quittions donc Intipunku pour redescendre, d'abord de 700 m sur la voie Inca vers Machu Picchu, puis de 800 m vers la rivière et Aguas Calientes. Le trajet total de retour - par la voie Inca et le sentier en escaliers emprunté au petit matin - nous prendra une heure trente minutes. De retour au village d'Aguas Calientes, nous avons récupéré nos bagages laissés en consigne le matin, et nous sommes montés dans le train de 16h, soit douze heures après que ma montre m'ait tiré du sommeil.

Aguas Calientes, les autres passagers, une cerveza cusqueña achetée avant l'embarquement, les officiels de Perurail et un brin de fatigue m'ont ramenés dans le temps - un saut de plus de 450 ans en avant... Le train s'est mis en mouvement, et le trop plein d'émotions provoqué par ce voyage temporel chez les Incas, l'émerveillement inévitable ressentie pendant toute la journée, tout ca a pris le dessus... et je me suis donc mis à écrire.
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Ca va me prendre du temps avant d'assimiler totalement l'expérience de ma visite du Machu Picchu - de la randonnée à 4h45 du matin à la Porte du Soleil - un des sites les plus impressionnants que j'ai pu voir dans ma vie. J'ai beau etre en route pour d'autres lieux, j'ai encore l'impression d'y etre et l'impression que Machu Picchu restera longtemps en moi.

Pour le moment, je me contente donc de jeter ces quelques impressions sur papier pour laisser une relation à chaud des 12 heures que j'ai vécues au Machu Picchu. Je suis particulièrement heureux de la manière dont j'ai abordé cette cité; à pied. Je vois mal comment on peut réellement ressentir le site et son histoire en se contentant du standard train-bus-visite-bus-train qui laisse au mieux 4h pour profiter de la cité Inca. En y accédant à pied, j'ai vécu l'entrée au Machu Picchu de manière unique, et j'ai senti le lever d'Inti avec chaque cellule de mon corps, une expérience déjà exceptionnelle en soi.

L'exploration des ruines en toute liberté, et avant l'arrivée de la masse principale des touristes, m'a aussi permis de profiter davantage du site et ses merveilles - sans parler des innombrables opportunités de souvenirs-photos (vous en trouverez quelques-unes ici). Enfin, la randonnée sur la voie Inca jusqu'à Intipunku est venue courronner l'exploration de ce lieu aussi exceptionnel que mythique.
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On pourrait facilement consacrer 3-4 jours à l'exploration du site complet du Machu Picchu - du sommet de Huayna Picchu aux terrasses isolées à 600 m en contrebas, en passant par le temple de la lune - à 2h de marche entre le Huayna Picchu et un plus petit sommet à l'est. Mais pour ce mois de juillet 2007, je devrai me contenter de ces 12 merveilleures et innoubliables heures... Et par le fait meme, vous aussi chers amis lecteurs de ce journal de voyage.

Au-revoir Machu Picchu.


Hugues Morin, 4 juillet 2007, dans le train Aguas Calientes-Cusco, Pérou.
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La vie... Life... La vida...

En l'espace de quelques jours, j'ai recu des messages très touchants, directement ou indirectement. Je les partage donc ici brièvement, en leur donnant une réponse aussi courte que modeste, mais chacun/e sais combien il/elle est important/e à mon coeur.
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Ma merveilleuse amie Claire, à qui j'ai écris une de mes lettres ouvertes sur ce blog, m'a répondu qu'elle trouvait la lettre extremement belle, impossible à répondre et que ca l'avait beaucoup touchée...
Well, Claire, love, I wasn't meant to be answered to... And you're forever in my heart too, but you already know it.
Ma meilleure amie, complice et ame-soeur Suzie, m'écrivait que Montréal n'était pas une aussi belle ville sans moi...
Je sais, ma belle Suze, je sais... :-) ... et comme l'Amérique Latine n'est pas la meme sans toi non plus, l'invitation au voyage est sincère...
Tamy, à qui j'ai dédiée ma récente nouvelle lauréate d'un Prix Littéraire, m'écrivait de Los Angeles, en me disant qu'elle avait pensé à moi pendant ses trois jours à Montréal et que j'avais donc été avec elle tout ce temps...
Lovely Tamy, you're with me more often than you'd think, I believe, and I miss you too, a lot actually, but I know that you know that already...
Kathy, qui se sent toute honorée de se retrouver sur mon blog :-) et ajoute que je lui manque déjà comme partenaire de voyage, en me remerciant de cette nouvelle amitié...
Pues, Kathy bonita, esta un placer compartido, amiga... lo mismo aqui, por seguro.
À Imeshi qui me disait l'autre jour ne pas avoir pu tomber sur un meilleur gars en arrivant à Quito...
Thank you so much for your trust, your beauty and your laid back attitude, I couln'd had a better roomate in La Magdalena either.
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À Ryoko, jolie (et amie) japonaise, qui écrit rever de revenir à Vancouver... I dream of the same thing really often, tomagatchi... Watashi wa atana ga suki desu!
À Valérie, amie précieuse (et agente, hum), qui m'écrit que j'écris beaucoup sur ce blog, mais qu'elle ne peut s'empecher de me lire... - hehehe -
Merci, Val, pour tout. Ta confiance, et ton amitié surtout, qui n'a pas de prix, et bordel, fais attention à toi, c'est moi qui est aventurier! :-)
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À Gigi, qui en une phrase a essuyé de sa bonté des heures de tracas éventuels et m'a permis de vivre une journée parfaite en un lieu dont je revais depuis des années...
Gigi, je ne pense pas que tu saches un jour à quel point je t'aime et t'admire. Je n'ai pas de mots pour exprimer ca.
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À Joel, que j'admire encore autant, et qui m'écrit que mes articles de blog sont intéressants et prouve que j'ai une certaine fibre journalistique...
Merci, Joel, pour cette amitié de nombreuses années malgré mes absences, ton opinion a du poids à mes yeux... Et encore merci pour le petit service postal, il compte bien plus que tu ne peux le penser...
À Daniel, qui ne réalise pas qu'il me manque tellement quand je voyage loin de Montréal...
Continue à m'écrire, directement, sur le blog ou via Fractale :-)), et j'ai ben hate de te revoir, mon ami, ben hate.
À Denis, qui ne me trouve enfin plus chanceux de vivre comme je le fais, mais a réellement compris pourquoi je le faisais, et comment, mentalement...
Denis, je pense que tu ne comprends pas encore à quel point ton amitié est importante et précieuse à mes yeux. C'est la prochaine étape après l'histoire de la "chance", hehe...
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Voilà...

Continuez de m'écrire, tous, c'est bon pour moi...
Just keep writing, all of you..., it's so good to read you...
Escribeme, todos... esta tanto bueno para mi...
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Le patrimoine mondial Unesco et moi

Un petit billet pour vous glisser un mot sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, et des sites de cette liste que j'ai visité.
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Ce n'est pas un hasard si parmi toutes les journées possibles de mon voyage, j'ai choisi ce jour pour vous parler de cette liste Unesco. J'y ai songé la première fois en début de voyage, et le temps de prendre quelques notes, de vérifier des informations, voilà qu'un timing intéressant s'est pointé à l'horizon...
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La liste du patrimoine mondial de l'Unesco comprend à ce jour 851 sites dont 660 sont culturels, 166 naturels et 25 mixtes. L'ensemble couvre 184 états. Il s'agit de biens considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle.
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La première fois que j'ai visité un des sites du patrimoine mondial de l'Unesco, le site en question n'était pas encore sur la liste, mais il allait y etre plus tard (en 1985) et j'allais le revisiter souvent. Il s'agit bien sur du Vieux-Québec, que j'ai visité en tant que tel pour la première fois en 1980. J'étais allé à Québec avant cette date, bien sur, mais jamais je n'avais réellement visité le Vieux-Québec. (Photo: le Chateau Frontenac derrière le sigle de l'Unesco qui apparait sur tous les sites du patrimoine mondial).

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Dix-huit ans plus tard, à l'automne 1998, je voyais mon second site du patrimoine mondial de l'Unesco; les rives de la Seine à Paris (liste, 1991). Dix-huit ans entre mes deux premiers sites, c'est beaucoup.
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Mon troisième site est venu plus vite, 5 ans plus tard, en fait, en mars 2003, et c'était la Tour de Londres (liste, 1988).
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Hier, quelques 4 ans et 4 mois plus tard, j'ai visité mon 52e site du patrimoine mondiale de l'Unesco, mon propre répertoire de site du patrimoine mondial se limitant actuellement à ceux situés dans 20 états.
Et ce 52e site est donc mon 50e en moins de 5 ans, et ce site, eh bien c'est le Machu Picchu.
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Un long billet suivra sur ma visite, avec impressions et photos...

Tuesday, July 03, 2007

Demain: la "vieille montagne"; un jour important...

Une courte entrée de mise-à-jour.
Je publierai sous peu quelques billets sur Cusco et ses environs, ainsi qu'un billet sur le trajet en train Cusco-Aguas Calientes...
Mais auparavant, pour les lecteurs qui me suivent au jour le jour, voilà:
Je suis présentement à Aguas Calientes. Demain très tot avant le lever du soleil, je ferai une petite marche en montagne pour monter sur la "vieille montagne" et admirer le lever du soleil sur un endroit dont je reve depuis longtemps.
En 2004, lors de mon séjour en Équateur, j'avais prévu, éventuellement, y venir pour rejoindre mon amie Suzie qui revenait alors de la Bolivie. J'avais finalement décidé de terminer l'année scolaire de mes élèves à Lloa, et nous nous étions rencontrés, Suze et moi, au sud de l'Équateur.
En 2005, j'avais prévu étendre mon voyage d'Amérique Centrale à l'Amérique du Sud et de me rendre jusqu'ici... le destin allait en décider autrement et le voyage allait me donner envie de m'installer plutot à Quito pour un temps et aider un peu mon école de Lloa.
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Ce 3 juillet 2007, je suis donc arrivé à Aguas Calientes, pret pour l'ascension (qui devrait prendre moins de deux heures) de la "vieille montagne"... juste à temps pour y voir lever le soleil...
Je suis d'ailleurs allé repérer le sentier (photos ci-bas), je me suis rendu au pied de la montagne cet après-midi... je suis donc fin pret.
...
Et "Vieille montagne" en Quechua, ca se dit simplement Machu Picchu.



El rio, au fond d'une gorge, où est niché le village d'Aguas Calientes.


La "vieille montagne" (jetez un regard attentif tout en haut)


Hugo et Tintin, bien préparés pour prendre le sentier demain aux aurores...

Une aventure péruvienne ou... TISA :-)

TISA, ouais, ouais, ouais... :-)
Vous vouliez de l'aventure, qu'ils disaient? Vou sallez en avoir, et pas seulement là où vous la cherchez!
Nous avions, moi et mes deux compagnons de voyage, décidé de prendre un simple bus de nuit d'Arequipa vers Cusco, un trajet de 11-12h max. Nous voulions ainsi maximiser l'utilisation de notre temps (superposant déplacement et sommeil sur une meme plage horaire) en un plan efficace.
Well, c'était sans compter sur le fait que nous sommes en Amérique du Sud...
Nous avons quitté Arequipa vers 8h30 tel que prévu à l'horaire du bus (déjà, on aurait du se douter que quelque chose n'allait pas, hehehehe).
Nous avons roulé un bout de temps, on nous a servi un repas (j'avais déjà mangé, le repas du dernier bus de nuit était pas terrible), puis nous avons joué au Bingo. Oui, oui, au Bingo... Chacun une carte, on joue à la carte pleine, et la dame derriére le bus call les numéros au micro. Évidemment, comme Martin et Sophie veulent jouer aussi, je dois traduire chaque numéro. L'affaire est rendu comique par le fait que mes amis sont assis trois rangées de banc devant moi (pourtant, lors de la réservation, les numéros de billet étaient alignés sur l'ordinateur... hum).
Nous jouons donc au bingo... et c'est qui qui gagne? Hehehe, oui, l'esprit vagabond himself! Le gringo gagne donc... un billet gratuit Cusco-Arequipa, ce qui pourrait paraitre utile à quelqu'un qui désire revenir sur ses pas, mais ce n'est pas mon cas. De plus, après ce qui allait suivre, je sais que je veux éviter à tout prix de refaire ce trajet en bus! :-)
Un film a suivi (Ladder 49), puis une vaine tentative de sommeil, puisque mon siège était occupé à 25% par la partie débordante du monsieur à mes cotés...
À un moment, j'ai réalisé que le bus s'arretait. J'ai refusé d'ouvrir les yeux, tentant obstinément de m'accrocher à un semblant de sommeil pour prendre du repos (nous revenions à peine de notre expédition de deux jours au Colca Canyon), mais après un temps, j'ai regardé ma montre: 2h55 am. Et le bus ne bouge plus.
Not good. Sooooo not good.
Une heure passe, puis le bus repart, mais s'immobilise presqu'aussitot. L'hotesse (celle du bingo, oui et celle du repas... comment appelle-t-on ca, une "hotesse de terre?") informe un monsieur que la route semble bloquée (très perspicace).
Une heure passe, et ca fait donc deux, si vous savez compter autant que moi. Deux heures, immobilisés au milieu de nulle part...
Où est-on au fait? Impossible à dire de notre point de vue, mais coup donc, après un temps, le soleil se lève, les gens se réveillent, et on obtient un peu plus d'informations... Effectivement, la route est bloquée: il y a un barrage.
Ah bon. Et on prévois dégager la voie quand au fait?
La police locale informe notre conducteur que le délai est indéterminé.
Je m'informe donc directement: Indéterminé comme dans combien d'heures? Deux, quatre, douze?
On ne sait pas combien de jours ca va durer.
Jours.
Oui, jours... ! :-)))
Hehehehehe... (un peu jaune quand meme, ici)
Le barrage n'est évidemment pas un accident naturel ou de la route ou quoi que se soit de similaire, non, c'est un barrage routier organisé pour manifester...
Je file aux toilettes au fond du bus...
...
et à mon retour: Bonne nouvelle: notre compagnie a un bus qui faisait le trajet Cusco-Arequipa qui est bloqué de l'autre coté, et nous allons donc faire un échange de passagers et chaque bus va retouner sur ses pas avec les passagers contents. Autant de débrouillardise de la part des sud-américains peu surprendre le voyageur (et c'est dit sans arrière-pensée, vous savez comme j'aime l'amérique latine), mais c'est sans compter que ce n'est pas la première fois qu'une telle chose se produit, évidemment... TISA après tout, non?
...
Nous sortons donc du bus vers 6h30 am, il doit faire environ 2 degrés tout au plus, le soleil est à peine levé, nous récupérons les bagages en soute dans un bordel indescriptible, et on nous indique la route devant, en disant d'atteindre le meme bus de l'autre coté du blocus.
Or ce blocus, il bloque une ville (petite ok) entière, donc il y a un barrage sur les trois voies d'accès. Nous devons donc marcher quelques kilomètres à pied, au lever du soleil, après avoir troqué sandales pour bottes de randonnée, quand meme, sans avoir beaucoup dormi (à peu près pas en ce qui me concerne, ou environ 30 minutes si on veut etre exhaustif) ni avoir mangé depuis la veille au soir.
Bien sur, arrivé à un croisement, nous obtenons diverses indications contradictoires, rebroussons chemin, prenons à gauche... et finissons par croiser un backpacker effectuant l'opération inverse, donc il nous indique le chemin d'où il est venu et nous le notre...
Un km plus loin, on croise le gros des backpackers qui vont vers Arequipa, alors nous sommes à environ la moitié de notre chemin.
Nous réaliserons plus tard que nous marchions d'un bon pas, ayant couvert plus de la moitié du chemin avant de rencontrer ces gens.
Bref, une heure et 10 minutes plus tard, nous atteignons l'autre barrage et la file d'autobus, dont celui de notre compagnie! Yéeee!
Une heure d'attente et de taponnage plus tard, nous reprenons la route, il est environ 9h15 am.
Nous atteindrons Cusco vers midi trente, avec donc environ 5h de retard sur l'horaire prévu, pas une minute de plus de sommeil, sans avoir déjeuner, donc un tantinet fatigué. (Note: Comme nous sommes des voyageurs prévoyants, nous avions tout de meme beaucoup d'eau, des grignottes, des biscuits et avons donc survécu sans problème à l'incident).
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J'ai tout de meme appris en cours de route, en parlant avec les locaux, que le barrage était (est toujours aux dernières nouvelles) là pour protester contre une mine (détenue semble-t-il par une grande entrerise, mais impossible de savoir laquelle ni si elle est péruvienne) qui pollue la rivière et prive la localité de sa source d'eau potable.
J'apprendrai par la suite que par un curieux concours de circonstances, la route Puno-Cusco (de l'autre coté de Cusco par rapport à Arequipa) a été bloquée de la sorte pendant au moins 48h avec le meme timing... Étrange coincidence? Habitude locale hebdomadaire? Différente localité, meme mine et meme combat? Mystère, votre avis vaut le mien.
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Comme nous devions visiter Cusco le jour de notre arrivée après une bonne nuit dans le bus... nous avons évidemment changé nos plan, pris du repos, et sommes demeurés à Cusco une journée de plus. Ce qui n'est absolument pas suffisant pour moi, mais mes amis n'ont que peu de temps ici, alors je devrai revenir à Cusco pour l'explorer plus à mon gout et m'impregner de son ambiance et son histoire.

Voilà donc notre petite aventure péruvienne inattendue...
Je noterai que comme notre itinéraire nous méne vers Puno un peu plus tard cette semaine, j'espére que les barrages de Cusco-Puno seront levés à temps!! :-)
Well... TISA...

Je vous laisse des photos sans plus de commentaires...










Monday, July 02, 2007

Beautés naturelles: Colca Canyon II

Si le manque d'oxygène du à l'altitude, le monoxyde de carbone rejeté par le bus et l'inconfort de mon siège des dernière heures ne m'avaient pas déjà coupé le souffle, le paysage et le spectacle que j'admirais l'aurait fait.
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Suite de la relation de mon expédition dans la vallée de la rivière Colca, qui se transforme en Canyon, le second plus profond du monde (il atteint une profondeur de plus de 3400 mètres).
Notre seconde journée a débutée par un déjeuner en famille chez nos hotes, puis notre petit groupe est venu nous rejoindre de Chivay pour que l'on poursuive tous ensemble vers le point utlime de cette expédition: Cruz del Condor.
Je réalise que je ne vous ai pas parlé de notre groupe!
Visiter les beautés du Canyon peut évidemment se faire en indépendant, mais pour se faire, prendre des bus locaux, faire des arrets fréquents, etc, vous devez disposer d'au moins 4-5 jours, sinon, vous ne ferez que de la route. Comme nous disposions de deux jours, nous avons fait la typique expédition que la plupart des touristes voyageant en indépendant achètent d'Arequipa. Il y a toute une panoplie d'agences offrant à peu près la meme chose, à deux ou trois détails près. Pour notre part, notre tour a été acheté auprès de notre aubergiste d'Arequipa, qui a de la famille dans la vallée et c'est pourquoi nous avions l'option de demeurer chez l'habitant à Yanque plutot que de rester à l'auberge de Chivay avec le reste du groupe. (Ce qui nous aura permis une belle randonnée dans les terrasses, la visite de Uyo Uyo et les eaux termales).
L'agence qui s'occupait de notre tour avait été bookée en grande partie par des étudiants péruviens, qui étaient en congé scolaire (une sorte de semaine de relache). Une partie du groupe, donc, faisait ce trajet pour sortir de la ville d'Arequipa entre amis, et feter tard en soirée dans les bars de Chivay! Une autre partie, plus modeste, était constituée de quelques couples péruviens en tourisme dans la région. Enfin, il y avait nous trois, deux allemands... et quatre étudiants de Lima (trois filles un gars) qui sont devenus nos amis pendant les deux jours de l'expédition. Martin et Sophie étant les seuls de tout le groupe à ne pas parler espagnol, la guide, une charmante jeune personne nommée Vanessa, parlait en espagnol et venait leur faire un petit topo privé en anglais (que Sophie ne comprenait pas plus, donc tout le tour a été un peu amusant de ce point de vue, mais lors de la seconde journée, comme j'étais assis à coté de Sophie et Martin, je traduisais directement de l'espagnol pour eux et Vanessa avait quelques minutes de congé). Le premier jour, j'ai été séparé de mes compagnons, puisque le bus qui venait nous prendre à l'auberge d'Arequipa nous a pris en dernier, donc nous avions les 3 sièges restants, et j'ai laissé mon couple d'amis ensemble sur les sièges confortables, conservant le petit siège au centre au fond du bus pour toute l'expédition.
Parmi les étudiants de Lima, au moins deux filles étudient en tourismes (Kathy et Vanessa), je n'ai jamais su si Elias et Karol étudiaient dans le meme domaine. Comme les 4 étaient assis devant moi lors de la première journée, nous avons fraternisé un brin... et le matin du second jour, quand ils ont fait une pause à Yanque pour assister à une petite danse traditionnelle à la plaza centrale (à 6h30 du matin, deux degrés dehors, plein hiver ici), ils ont été bien content de me revoir - croyant que j'avais pris la tengeante avec quelque autre tour la veille lors de ma "disparition" au moment ou chacun allait dans sa chambre à l'auberge et que nous prenions notre "taxi" vers Yanque.
Bref, le second jour, à part nous, les allemands (installés tout devant et pas très jasants, ni particulièrement sympathiques, fille au dreds, jeune copain...) et la gang qui avait fait le party toute la nuit à Chivay et qui récupérait donc lentement dans le bus, il y avait nous trois et nos quatre copains/copines de Lima.
Le tour nous a d'abord amené à visiter quelques pueblos locaux, où des gens sympathiques nous offraient de l'artisanat, ou de prendre une photo d'un lama domestique. Quelques jolies et très vieilles églises se dressent devant des petites places centrales, des sortes d'ombres des grandes places de villes majeures du pays.
Puis, nous avons atteint le but ultime du trajet: la Cruz del Condor, d'où on peut voir deux choses. Premièrement, le fond du Canyon à environ 1300 mètres plus bas (atteindre l'endroit où il fait 3400 m aurait pris au moins 2 autres jours et un de plus pour le retour). Comme si ce n'était pas déjà impressionnant, il y a un deuxièmement: attendre en fixant le paysage, en espérant apercevoir un condor des Andes.
Nous n'avons pas été décus.
Le vol du Condor, un oiseau gigantesque et impressionnant, est un spectacle que je ne suis pas près d'oublier. L'oiseau charognard au long cou nu ouvre ses grandes ailes noires et survole le Canyon en maitre absolu. Il se niche dans la paroi, où il est impossible de le voir, sinon lorsqu'il décide de refaire un survol des environs, et de meme se payer un petit survol plané du mirador où les touristes en demeurent bouche bée. Lors de certains passages, il tourne son long cou pour jeter un oeil intrigué (ou amusé) vers les groupes de petits humains qui tentent de saisir le moment avec leur appareil photo.
Il n'est pas facile de prendre le vol du condor des Andes en photos, malgré l'appareillage numérique et la proximité; l'oiseau vole haut, passe rapidement, il y a le soleil, les rochers... bref, après une heure trente à jouer avec ce grand oiseau, chacun fini par revenir vers le bus, mais pour ma part, je serais bien resté à Cruz del Condor pendant encore des heures et des heures.
Le chemin du retour se fait plus directement, chacun étant plus fatigué... et la route de cruz vers Chivay est aussi dure (chemin cahoteux de gravier et poussière, tout en zig zag dans les montagnes, où l'on valse entre 3300 et 3800 m), mais passé Chivay, c'est la sieste sur la route toute aussi tortueuse mais pavée et faisant du yoyo entre 3500 et 4900 m avant de revenir à 2400 m à Arequipa.
Notons toutefois que nos copines de Lima (le copain, Elias, était un gars très très tranquille) avaient apportés quelques cervezas Arequipeñas et que nous avons partagé ces bières et nos snacks (arachides, chips, raisins secs, cookies) avec elles lors du retour vers Chivay. Bon, il était à peine passé 10h30 am, mais comme nous nous étions levé à 5h30, c'est presque dire qu'il était passé midi... :-)
J'ai beau voyager depuis plusieurs années et avoir vu une grande quantité de choses intéressantes, fascinantes meme, belles, amusantes... je dois avouer que je ne me sens jamais blasé par ce genre d'expérience ou d'expédition. C'est, à chaque fois, un plaisir absolu.
jamais je n'oublierai le vol du Condor des Andes, que je place dans ma grande boite à souvenirs avec tout le reste.
Voici quelques photos de cette seconde journée d'expédition. Les commentaires précèdent les photos, une petite entorse à mon habitude, puisque je n'aurai rien à ajouter après les trois dernières photos...
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Première photo: lors d'un arret, avant Cruz del Condor, avec Kathy, et le Canyon, tout en bas.

Le Canyon, encore, avec les montagnes derrière... et un petit village, niché dans un creux.



Nous avons pu voir plusieurs animaux lors de cette expédition... Comme le conejo sauvage que vous trouverez peut-etre sur cette photo :-)

Derrière moi, sur la droite, on peut voir une partie de la route en zig zag... Qui, dites-moi, a eu l'idée d'installer des villages dans une vallée aussi peu accessible, meme au 21e siècle? Et, dites-moi, comment peut-on penser comprendre que l'empire Inca s'est étendu de la Bolivie à l'Équateur sur un terrain aussi difficile en des temps où la communication se faisait à pied? Et, dites-moi, arrivez-vous à imaginer les conquistadors, prenant possession de ces milliers de km carrés difficiles au nom de l'Espagne?


Le vol du condor des Andes, au-dessus du canyon, est un spectacle à couper le souffle.
Ici, pas moins de quatre condors pris en plan éloignés.


Et en plan plus rapproché... voilà... 3 photos, il n'y a rien que je puisse ajouter à ces images.




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Beautés naturelles: Colca Canyon I

Wow.
Il y a beaucoup trop à dire sur notre expédition au Colca Canyon pour que je puisse rendre justice à l'endroit en un seul petit billet, surtout que mon temps Internet est réduit depuis une semaine...
Je débute donc ce billet à mon retour d'expédition (dans un café internet d'Arequipa), avant d'aller manger un morceau et d'attraper un bus de nuit pour Cusco, capitale de l'Empire Inca.
L'écran de mon ordinateur clignotte sans cesse, ce qui est difficile pour mes yeux déjà fatigués, et les accents sur ce clavier sont encore disponibles sur des touches différentes (combien existe-t-il de manière de configurer un clavier au Pérou???).


Nous avons pris la route à 8h30 du matin pour nous diriger vers la petite ville de Chivay, située dans la vallée de Colca, l'équivalent péruvien de la vallée des volcans en Équateur... Huit volcans "entourrent" la vallée où coule la rivière Colca en contre-bas. Nous avons fait plusieurs pauses avant d'arriver à Chivay (vers 14h30), où nous avons pu déguster un repas traditionnel péruvien. Lors de ces pauses, nous avions des vues absolument superbes des volcans Misti et Pichu Pichu, ainsi que quelques amis à quatre pattes ; vicuñas, lamas, alpagas, moutons. Des gentils quéchuas nous attendaient à chaque endroit avec un brin d'artisanat à vendre, ou encore un lama domestique pour que nous puissions le prendre en photo contre paiement d'une Sol. Hum, cet effet, s'il peut paraitre charmant au touriste habitué au tours organisés manque cruellement d'authenticité pour ce voyageur-ci, qui s'est contenté de photographier les animaux dans leur habitat naturel.
Cette première journée d'expédition aurait du se terminer à Chivay - et elle s'est terminée à Chivay pour tous, sauf nous trois, hehehe, car, l'Esprit vagabond avait prévu quelque chose d'un peu plus authentique que le souper avec spectacle folklorique pour tous les tours de touristes, et la soirée dans un bar de Chivay...
Nous avons donc pris un transport - un taxi payé par le tour mais dont le conducteur n'avait aucune idée de l'endroit oùu nous allions... et nous allions à Yanque, un petit pueblo voisin, et quand je dis petit, je dis petit... Là, nous étions hébergé dans une maison (littéralement chez l'habitant, donc), et comme nous avions un peu de temps libre, nous en avons profité pour faire une randonnée dans les terrasses de cultures qui existent ici depuis l'époque pr´-Inca. La culture du mais se fait sur ces terrasses qui ont étés sculptées dans la montagne, puisque celle-ci est en pente trop abrupte et comporte trop de rochers pour etre cultivable. En creusant des palliers dna la montagne et les retenant justement avec les rochers de l'endroit, les gens ont pu se créer littérallement des terrres cultivables: ils ont terraformé l'endroit! NOtre guide pour toute cette randonnée était la madame de la famille qui nous hébergeait. Comme elle a un bébé en bas age, elle l'a trainé avec elle, sur son dos, dans une couverture, comme toute bonne Quéchua.
Une randonnée de deux heures et quart aux alentours, donc, qui a aussi compris la visite des ruines de Uyo Uyo, une ancienne ville de 750 familles, qui a tout de meme survécu jusqu'à l'arrivée des espagnols qui ont décidé d'installer tout le monde à Yanque - fondant donc la ville dans un endroit un peu plus facile d'accès que Uyo Uyo dans la montagne.
Nous avons terminé la randonnée par une baignade, alors que la température ambiante était d'environ 2 degrés! Ah, c'est que nous nous sommes baignés dans une source d'eau chaude, qui provient d'une rivière souterraine chaufée par le volcan tout près. L'eau, aux limites d'etre brulante, s'est avéré une véritable cure à notre fatigue et notre journée d'expédition. Bon, une fois ressorti, il faisait près de zéro degrés, j'avoue que c'est pas chaud quand vous sortez d'une baignade... Disons qu'on se rhabille assez vite merci!
Comme le soleil se couchait alors que nous plongions dans notre bassin d'eau thermale, le préposé à la source a fait un beau feu pour accueillir notre sortie de l'eau - et éclairer les alentours, il n'y avait aucune installation électrique à cet endroit. Puis, nous sommes revenus par un sentier au clair de lune - et toute une pleine lune avec ca. Et quand vous etes dans un lieu aussi éloigné de toute civilisation majeure, il y a tellement d'étoiles dans la ciel, c'est une merveille de pouvoir admirer ca sous un ciel sans nuage.
Un petit souper avec la famille a complété cette première journée dans la vallée du Colca Canyon. Une bonne nuit de sommeil à zéro degrés (comme en Équateur, il n'y a pas de chauffage ici, sauf chez les gens très riche, j'imagine) nous a permis de nous reposer pour attaquer notre seconde journée à explorer le Canyon.
D'ici à ce que je vous raconte cette seconde journée - très fertile en émotions et en beautés naturelles également - voici quelques photos de la première.
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Notre guide, avec son bébé sur le dos... croisant un ami qui ramène ses anes avec un peu de cargo.




Lamas dans leur environnement naturel, entre Arequipa et Chivay, dans une réserve naturelle protégée de l'autre coté des volcans Misti et Picchu Picchu.


Difficile de rester de glace devant un tel panorama :-) A droite, une portion de route.



Deux amis qui semblent prendre plaisir à regarder passer les randonneurs :-)





Notre ... hum... auberge à Yanque... Notez que les canards à droite ne sont pas en plastique!




La culture en terrasse. ici, chaque famille possède sa portion de cet immense gateau. Luzerne et mais sont les principales cultures, et à cause de l'hiver qui cause le gel au sol, il n'y a qu'une seule récolte de chaque culture par an.


Le pueblo de yanque, vu de l'autre coté de la rivière Colca. À l'avant, quelques cactus, mais pas de la variété commestible et délicieuse que nous avons expérimenté lors de cette journée.




Retour photo-express sur Arequipa

... Parce que je l'avais promis, et aussi parce que Arequipa ne mérite pas de passer sous silence-photo, meme si malheureusement, faute de pouvoir faire autrement pour le moment, les commentaires seront trop brefs et peu informatifs...
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On dit que la Plaza de Armas de Arequipa est la plus bele place centrale du Pérou. On peut toujours discuter de cette prétention, mais c'est vrai qu'avec son absence de couleurs coloniales, elle se distingue... Son architecture typique, avec sa cathédrale aux clochers éloignés mais accueillants, avec la verdure de sa place centrale, et le volcan à la jolie forme conique El Misti, Arequipa offre effectivement une place charmante et accueillante au visiteur...

Une des "rues" du monastère Santa Catalina - rues qui portent toutes des noms de villes d'Espagne (Sévilla, Toldeo, Granada) et qui m'ont donc rappelé mon voyage de l'an dernier en Andalousie... Au fond, un clocher... les murs des rues du monastère peuvent dater de plus de 400 ans, l'édifice lui-meme étant un beau cours d'architecture des 4 derniers siècles, puisque la portion la plus moderne de l'édifice date des années 1980!

Dans la cour du monastère des Jésuites, aujourd'hui une place centrale entourrée de boutiques, fermées pour la sieste au moment de prendre cette photo...


La Chapelle principale de Santa Catalina, prise d'un de ses petits parcs - pas celui avec les orangers ni celui avec la fontaine où les nonnes (le couvent était un cloitre en passant, et on y recevait des visites que sur autorisation de l'évèque....) se lavaient une fois tous les sept ans... bref, d'un autre parc :-). Notez, les cellules des soeurs étaient assez grandes, puisqu'il s'agissait pour la plupart de filles de familles riches (tentant probablement d'acheter un petit coin de ciel) venues d'Espagne.

Un souper traditionnel cuisiné et dégusté sur pierres chaudes: viande d'Alpaga et légumes du terroir... notez le couteau sur la cote d'Alpaga de Martin... On aurait dit un de ces steak de brontosaure des Pierrafeu! :-))

Sunday, July 01, 2007

El Che - Sur Lima & Cusco

Lors de son arrivée à Lima pour la première fois, pendant son premier voyage à travers l'Amérique du Sud, Ernesto écrit:

"Lima est une ville attirante, qui a déjà enterré son passé colonial sous des nouvelles habitations."

(de Diarios de motocicleta - mai 1952 - ma traduction).

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Étrange comme une simple remarque sur une ville peut s'appliquer encore aujourd'hui, quelques 55 ans plus tard. Après tout, Lima est une des villes les plus moderne que j'ai pu voir en Amérique Latine! Je notais justement dans mon billet sur le Huaca Pucllana que Lima était érigée sur des ruines enterrées... Il faut aussi préciser que Guevara arrivait de Cusco, ancienne capitale de l'Empire Inca, donc qui n'a certainement pas enterré si rapidement son passé... et que son commentaire était mis en contexte par rapport à Cusco.

Comme je parcours le chemin inverse (pour cette section de voyage) et que me voici à Cusco, il est fascinant de voir combien il était fin observateur de la vie sociale et de la signification de simples observations comme celle du modernisme de Lima par rapport à la culture cusqueña.
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Sur Cusco et ses environs, il note:

"La majorité des nord-américains volent directement de Lima à Cusco, visitent ses ruines et repartent, sans accorder d'importance au reste."

(Cité par Pacho O'Donnell dans Che - ma traduction)
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Comme ca semblait etre le cas en 1952, c'est encore le cas aujourd'huil, puisque tous les tours organisés de quelques semaines explorent le Pérou par la voie des airs, volant de Lima à Cusco, au lieu d'emprunter la voie terrestre.

Pour ma part, sauf exception très rare, je préfère de beaucoup me déplacer par voie terrestre, puisque c'est de cette manière que vous voyez les gens, le paysage, les terres, bref, la vie quotidienne des gens qui se déplacent dans un pays. Que ce soit en bus en Amérique du Nord, en train en Europe, en chicken bus au Guatemala ou en combis au Mexique, la meilleure manière de voir le paysage demeure la voie terrestre. En plus, ca vous fait faire du chemin et voir d'autres villes que les points typiquement touristique... Et parfois, c'est le chemin lui-meme qui est plus intèressant que le site ... - À ce sujet, notre récent trajet nocturne dont je ferai un compte-rendu détaillé d'ici peu est une preuve de ce genre d'expérience.

(Tom Williams, rencontré à Quito et dont j'ai parlé sur ce blog - celui qui enseigne l'anglais et qui vient de Manchester -, me disais justement, lors d'une soirée à Quito, qu'il traverserait la Colombie en route vers le Vénézuela, parce qu'il préférait faire ses déplacements par voie terrestre plutot que de voler, pour voir le vrai pays, les vrais paysages et les vraies routes...)
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Je suis donc bien content d'avoir pris le temps de traverser le nord du Pérou jusqu'à Lima, puis d'avoir parcourru une bonne partie du sud en route vers Cusco... Je ne verrais définitivement pas Cusco de la meme manière si j'en étais au troisième jour d'un périple instantané de 10 jours et que j'avais dormi une nuit à Lima entre deux vols...
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Trop occupé à vivre l'aventure pour avoir le temps de la raconter

Ce titre de billet dit tout.
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J'ai pris un peu de retard sur la narration de mes aventures sud-américaines, puisque ces aventures se sont concentrés et multipliées dans les derniers jours.
Je mentionnerai que je suis rendu à Cusco, capitale de l'Empire Inca, coeur du monde Inca et porte d'entrée vers les sites archéologiques des environs. Suite à diverses aventures, j'ai convaincu mes compagnons de prendre une journée de plus que prévu à Cusco, pour diverses raisons. La première est un besoin de repos de ma part (mes parents qui m'ont suivi pendant 14 jours l'an dernier comprendront le rythme si meme moi, j'ai besoin d'une journée pour récupérer!). La seconde est un besoin de s'organiser après le pénible mais oh combien culturellement intéressant trajet de bus de Arequipa vers Cusco - j'y reviens plus bas. Ensuite, Cusco est une superbe ville, et je ne peux tout simplement pas en expédier la visite en une demie-journée et me contenter de filer vers le Machu Picchu comme un vulgaire touriste :-)
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En un mot, pour vous donner une idée - quelques billets détaillés sont en chantier sous forme de notes sur divers supports épars et je me propose d'en publier quelques uns dès demain après avoir déniché un meilleur clavier que celui-ci - voici un condensé de quelques expériences des derniers jours.
J'ai pu voir des condors en liberté dans leur environnement naturel, les voir s'envoler, voir meme un bébé condor en vol. Pour demeurer dans les rapaces, j'ai tenu un aigle sur mon avant-bras, également. J'ai jeté un oeil 1200 mètres en contrebas dans un canyon impressionnant, visité les ruines d'une ancienne cité, fait la fete (avec une cerveza à 10h du matin dans un bus sur une route cahoteuse de gravier et poussière) avec trois étudiantes en tourisme de Lima, j'ai monté à 4900 m d'altitude, j'ai mangé du cactus (très frais, puisqu'on l'a cueuilli et ouvert nous meme pendant une randonnée dans des terraces cultivable pré-incas) et j'ai marché une heure et quelques au milieu de nulle part pour changer de bus au petit matin - littéralement au lever du soleil - avec mon backpack sur le dos - afin de contourner à pied un blocus de la route Arequipa-Cusco qui empechait le bus de nuit de se rendre à destination, j'ai dormi chez l'habitant (encore une fois, à prendre au premier degré, des canards se baladant dans la cour), partageant leur repas... et dormi sous leur toit, pendant une nuit à 3327 m d'altitude et zéro degrés de température ambiante...
Et bien d'autres aventures... :-).
Je vais vous dire, on ne s'ennuie pas au Pérou! :-)
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Après seulement deux nuits de sommeil dans les cinq dernières nuit - et je compte celle à zéro degrés ici - et peut-etre 4h de sommeil volés à coups de 15 minutes dans des bus pour les autres nuits, un peu de fatigue s'est accumulée, d'où le besoin d'une journée de repos à Cusco, ville idéale pour ce genre d'activités - tellement que je m'y installerais deux mois :-)
D'ailleurs, notre arrivée tardive (avec cinq heures de retard) explique aussi comment j'ai facilement pu convaincre Sophie et Martin de changer un peu les plans et rester ici 24h de plus. L'idée de deux nuits garanties dans un lit horizontal semblait plaire à Martin ! :-))
(Et je ne parle pas de l'idée d'une douche chaude!)
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Vous aurez donc compris le pourquoi du titre de ce billet... Avec tout ca, et peu d'accès internet - sans parler de ces satanés claviers - je n'avais pas le temps d'écrire mon Histoire, trop occupée à la faire.
Demain avant-midi, après avoir pris soins de quelques courses, je vais laisser mes amis au mercado artesanal et me mettre à une narration un peu plus détaillé des événements résumés sommairement ici. Je pense que l'effort en vaut la peine. Avec photos à l'appui, j'en ai queques-unes à couper le souffle (déjà court en ahaute altitude).

De Cusco, 3400 m. C'était l'Esprit Vagabond, qui vient de déguster un délicieux repas - un premier vrai repas en 36 heures, et qui sourit à l'idée d'un lit confortable pour les prochaines 9h, meme s'il fera tout près de zéro encore cette nuit.
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