mercredi 27 juillet 2016

Vagabondages mobiles: De la Grande Bibliothèque

Un second test de blog-mobile... plus élaboré, en provenance de la Grande Bibliothèque de Montréal. Je profite de mon passage ici pour partager quelques trouvailles dans la bibliothèque elle-même et aux alentours...

Je débute par cette murale qui orne la ruelle derrière la bibliothèque, celle où l'on trouve l'allée des bouquinistes.

Dans la même allée, derrière la microbrasserie le Saint-houblon, on trouve cette murale en patchwork.

La bibliothèque n'est pas en reste puisque sur les murs du stationnement,on trouve des rebuts à résoudre... Dont cette citation de l'écrivain Emmanuel Cocke.

A l'intérieur de la bibliothèque,on trouve également des objets hétéroclites, comme cet étourdisseur, composé de loupes grossissant des extraits de livres...

... Ou encore cet individu démesuré qui fait une sieste.

De l'intérieur, on a aussi une vue intéressante sur les toits de St-Denis et les gratte-ciel du centre-ville. Notez la vieille inscription sur le Théâtre St-Denis.

Au bout de l'allée derrière la bibliothèque, près de la rue Ontario, on retrouve cette splendide idée de murale qui maquille un immeuble en pile de livres! Notez les titres (réels) avec Nelligan à l'honneur.

Test de iVagabond

Je me permets ce petit test avec une nouvelle application de blog qui me permettra peut-être d'être plus présent ici cet été, puisque je continue mes explorations urbaines... Comme vous pouvez le constater sur la photo de la grande roue de Montréal nord ci-dessus.
A suivre...

samedi 4 juin 2016

Vagabondages d'un 4 juin dans la Petite Patrie

En ce premier samedi de juin, j'ai pris une petite marche dans mon quartier - La Petite Patrie à Montréal. L'ensemble des photos que je présente ici représente des murales et autres détails captés dans le quadrilatère formé par les rues Bellechasse, St-Zotique, Chambord et St-Dominique.


Un Mondrian sur une porte de garage donnant sur la ruelle.




Splendide idée, sur Bellechasse.



Subtil, et caché dans une ruelle.



Sur Beaubien, nouvelle murale donnant sur terrain vague (en bordure du Olive et café noir).



Près de St-Dominique et Beaubien, murale Saloon à l'entrée d'une ruelle verte.



Gigantesque murale près de Bellechasse à la sortie de la Burelle verte (ruelle verte qui prend son origine dans la ruelle Burelle, une des rares ruelles de Montréal à avoir un véritable nom officiel à la ville).



Un train dans une voie de garage?


Amusante idée pour camoufler un poteau.
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dimanche 22 mai 2016

Quelques murales aperçues à Mont-Laurier

En guise de Post-Scriptum (et avec Daniel Sernine et Élisabeth Vonarburg au-dessus de mon épaule), voici quelques murales urbaines captées pendant mon cours séjour à Mont-Laurier.


Deux murales historiques sur deux personnages locaux sur fond de draveurs et d'aventures le long de La Lièvre



Murale florale décorative, réalisation collective.


Bon, les murales de Mont-Laurier n'ont clairement pas toutes été réalisées par Michel-Ange, celle-ci en particulier est amusante. Si on comprend la relation entre le tableau et le tracteur, le garagiste n'apparait évident que quand on sait que la murale jouxte un garage, justement. (Photo captée sous les regards suspicieux d'un groupe de locaux peu habitués à la présence de congressiste-touriste).


Derrière un salon de coiffure (note anecdotique, Christian et Karine Sauvé se sont joint aux observateur de la création de ce billet, après le départ de Vonarburg).


Plus fantaisiste - avec quelques éléments quasi horrifiques - on peut reconnaître un métro sortant de son tunnel, entre autres éléments étrangers à la région.


Détail d'une des deux murales historiques mentionnées en début de billet, où on voit les draveurs, ainsi qu'un pont enjambant La Lièvre (la rivière qui traverse Mont-Laurier.
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Sur ce, je retourne au congrès, dernière table ronde avant la remise des prix Aurora-Boréal; une table ronde que j'aurais l'air idiot de rater, puisqu'elle porte sur le récit de voyage.
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Quelques citations (mémorables?) de Boréal 2016

Je conclus cette série de courts billets sur mon passage à Boréal 2016 avec quelques détails humoristiques, c'est-à-dire une collection de citations entendues pendant le congrès.
Stationnement réservé aux médecins!
J'accompagne le tout de deux photos amusantes captées à Mont-Laurier.

«Oh mon Dieu, quelle horreur! Je vous le recommande chaudement»
- Valérie Bédard

«C'était quoi la question? J'ai oublié parce que je suis vieille et fatiguée»
- Élisabeth Vonarburg

«Merde, je suis en retard à la table ronde sur le voyage dans le temps»
- L'Esprit Vagabond

Un divan le long de la cathédrale - près de la
passerelle vers l'Évêché.
«À 4 ans, j'ai lu la bible. je me suis dit "On peut faire mieux"»
- Jean Pettigrew

«J'ai un visage pour la radio et une voix faite pour l'écrit»
- Christian Sauvé

Et je termine sur un extrait de dialogue:

Yves Meynard: «Les autres sont morts ou Français»
Alain Ducharme:  «Deux fins qu'on ne souhaite à personne»

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Je signe ce billet à l'aide de cet autoportrait dans le miroir du bar - notez la bouteille de vin à l'avant-plan, vaguement steampunk - avec les amis Daniel Sernine, Christian Sauvé et Alain Ducharme. À gauche, au fond, on peut reconnaître Guy Sirois.

samedi 21 mai 2016

Boréal - jour 2

Billet de mi-journée à Boréal 2016, où je suis pour le moment arrivé à mélanger conversations hors-programme, assistance à quelques tables rondes, participation au concours d'écriture sur place (on y reviendra éventuellement) et visite des environs.


Moins transcendant que le lapin à lunettes géant, ces trois écoliers confinés à un petit parc du centre-ville pour l'éternité me semblent une belle métaphore inversée du slogan du congrès (vers l'infini).


Je vous parlais hier soir de l'Espace théâtre tout neuf où se déroule le congrès, en voici la façade avec, devant, uns sculpture intitulée "artefact", où on peut reconnaitre en partie un devant de canoë survolant une rivière, le tout avec des échos d'arts des premières nations.


À l'intérieur, on retrouve la panoplie habituelle de ce genre de congrès (tables de vente, kiosques d'auteurs et d'éditeurs) mais cette édition-ci s'est jumelée à divers autres groupes d'intérêts variables et variés qui parfois recoupent les thèmes de la littérature de F&SF centrale au congrès. Ici, par exemple, une table de passionnés de steampunk qui déborde largement la lecture des romans du genre.


L'Espace est très bien utilisé, aéré et parfait pour ce genre d'activité. De la mezzanine, peu fréquentée donc idéale pour relaxer un brin (ou écrire une courte nouvelle en une heure sous les contraintes habituelle du concours d'écriture sur place), on peut voir quelques tables de vente. Notez que ce genre de congrès est un des rares endroits où peuvent déambuler quelques zombies sans créer de panique.


Dans mes pérégrinations aux alentours, j'ai été un peu déçu de la randonnée avortée le long de la rivière La Lièvre (un sentier trop éloigné de la rivière, parsemé de panneaux et rubans prévenant les grands dangers de la rivière qui abouti, après moins de 10 minutes de marche, à un quartier résidentiel ordinaire en contrebas du centre-ville). Par contre, en revenant hors-pistes, j'ai découvert un belvédère (d'où on ne voit pas grand chose en fait) et ce petit personnage intriguant.
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Le voyageur en moi envisage que la journée de demain sera plus difficile côté logistique: l'excellent petit café déniché ce matin - ainsi que le resto libanais (falafel!) visité pour le dîner - sont tous les deux fermés le dimanche, comme beaucoup de choses à Mont-Laurier, selon l'information obtenu des locaux.
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Pour la suite, table ronde sur le 20e anniversaire de la maison Alire, remise des Prix Solaris et Jacques Brossard et la présentation des bandes annonces par Christian Sauvé, un classique de Boréal où l'humour involontaire est souvent au menu.
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à suivre...

vendredi 20 mai 2016

Mont-Laurier - Boréal 2016 ou L'Esprit Vagabond "dans le nord"

Les gens de Montréal parlent toujours d'aller "dans le nord" quand ils envisagent un séjour passé les ponts enjambant la rivière des Milles-Îles. Remarquez que pour qu'ils parlent d'aller "dans le sud", ils leur faut se rendre jusqu'au Mexique ou dans les Caraïbes... mais bon, je n'écris pas ce billet pour parler de Montréal, mais bien de Mont-Laurier, dans les Hautes Laurentides, où se déroule cette fin de semaine le 33e congrès Boréal.
Je n'ai pas l'intention de faire une couverture exhaustive du congrès - je ne sais même pas si je publierai un autre billet sur le sujet dans les prochains jours - mais voilà, étant hors de ma région, je recommence rapidement à me comporter en voyageur et à explorer les environs du congrès.
Voici donc quelques photos de mon premier après-midi de ce Boréal "dans le nord".
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Le congrès se tient dans l'espace théâtre, un bel édifice tout neuf non loin des rives de la rivières La Lièvre, dont on voit ici quelques rapides passant devant ce qui doit être une ancienne centrale hydro-électrique.


Nous sommes situés juste à côté de la cathédrale, édifice historique qui a été endommagée par un incendie au début des années 1980 et on en a reconstruite une version plus petite, mais à l'intérieur des ruines de l'ancienne cathédrale, un projet plutôt intéressant architecturellement - dont on voit ici l'intérieur de la façade.


Sur la rue Chasles, je suis tombé sur cet arbre à livres, un de ces lieux où les passants sont invités à laisser ou cueillir un livre... et où j'ai aperçu un roman de mon ami et collègue boréalien Jean-Louis Trudel!


Mais ma trouvaille de cette première journée est ceci: un lapin à lunettes géant! Aperçu au détour d'une route parcourue au hasard d'une promenade avec mon ami Daniel Sernine, ce dernier a cru voir un Blue Meanies du Yellow Submarine des Beatles, moi un lapin à lunettes géant, à vous de juger!


Lever de quasi-pleine Lune sur le cimetière de Mont-Laurier.
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dimanche 28 février 2016

Oscars 2016: Mes choix

Mon second billet en vue du gala des Oscars de ce soir; celui-ci concerne non pas mes prédictions du résultat des votes de l'académie, mais bien mes choix personnels; autrement dit, si j'étais membre de l'Académie, pour qui aurais-je voté, à qui aurais-je remis l'Oscar?
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Meilleur acteur: Leonardo Di Caprio
Je n'ai vu que trois des cinq prestations en nomination. Je m'étonne encore de l'absence de Paul Dano et/ou John Cusack (tous deux parfaits dans Love and Mercy). Même si j'ai apprécié la solidité habituelle de Matt Damon dans The Martian, Je pencherais plus pour Di Caprio ou Fassbender pour l'Oscar, puisque les deux ont réussi, d'après moi, une performance plus difficile qu'elle ne parait. Di Caprio ne fait peut-être que grogner pendant plus de deux heures, mais justement, faire passer un personnage à qui on s'intéresse n'est pas si facile que ça quand vous n'avez que quelques lignes de dialogues et des grognements à émettre et que l'émotion à rendre ne peut que passer par les expressions faciales et ces grognements. Fassbender (toujours excellent peu importe le rôle, semble-t-il) réussit à faire oublier qu'il joue Steve Jobs (un personnage pourtant assez connu du monde entier) et après quelques minutes seulement, il est Jobs, on perd l'impression de fiction et est immergé dans ce qui semble un documentaire, tellement il s'efface au profit du personnage, sans jamais tomber dans la caricature ou la simple imitation. J'ai donc fait comme les membres de l'académie, et choisi Di Caprio pour qu'il obtienne enfin un Oscar qui lui est dû de longue date d'après moi. Ça et le fait qu'il n'a encore jamais tourné dans un mauvais film, ce qui en fait un des acteurs les plu fiables de sa génération.

Meilleur actrice: Brie Larson
Ici aussi je n'ai vu que trois des nominations. Si j'ai adoré la subtilité habituelle de Cate Blanchett dans Carol, il s'agissait d'un rôle un peu moins difficile à défendre, de mon point de vue, que celui de Brie Larson dans Room. Celle-ci apparaît d'abord comme un personnage aux prises avec une situation exceptionnelle (dont on ne connait pas les détails avant la moitié du film) et qui doit prendre de grandes responsabilités et se montrer forte. Puis, alors que les événements se bousculent, elle se transforme, affronte des symptôme de stress post-traumatiques jumelés à diverses émotions contradictoires, dont la culpabilité. Une gamme très large à interpréter dans un semi-huis-clos étouffant, un rôle d'une grande intensité dramatique, d'où mon choix. Si Saoirse Ronan est très bonne dans Brooklyn, elle avait aussi un rôle moins difficile à rendre que Larson d'après moi.

Meilleur acteur - rôle de soutien: Christian Bale
Trois des quatre acteurs dont j'ai vu les performances étaient exceptionnels, j'ai un peu plus de réserve pour Tom Hardy qui défendait un personnage un peu trop unidimensionnel (et méchant) dans The Revenant pour que j'en apprécie vraiment l'interprétation. Rylance en espion russe m'est apparu beaucoup plus convaincant et subtil dans son jeu tout en retenue. Ruffalo en fait peut-être un peu trop avec les tics de son personnage (mais je soupçonne, comme il s'agit de faits réels, qu'il s'est inspiré du véritable journaliste qu'il personnifie), mais il démontre encore une fois qu'il est un acteur solide. Si mon choix se porte sur Christian Bale (un des meilleurs acteurs actuels toutes catégories et genres confondus), c'est qu'il compose un personnage original aux tendances semi-autistiques avec panache, dans un film au sujet aride, sans en faire trop ou être caricatural, et dont le silence et les excès physiques occasionnels en disent autant que les dialogues. Une interprétation qui pour ma part, se distingue du lot et des autres nominés.

Meilleure actrice - rôle de soutien: Rooney Mara
Des trois nominations que j'ai pu voir et apprécier, Rooney Mara a définitivement été la plus touchante, et celle dont le rôle demandait probablement le plus d'habileté au jeu, puisque son personnage dans Carol est tranquille, peu bavard et réagit aux événements plus qu'elle ne les bouscule. Le rôle - et une bonne partie du film - reposait donc sur son interprétation. Kate Winslet est très souvent remarquable, et elle est particulièrement convaincante dans Jobs, mais elle profitait tout de même de l'avantage des costumes/maquillage pour relater les époques, et de dialogues particulièrement bien écrits. Rachel McAdams dans Spotlight avait elle aussi des dialogues forts bien ciselé à se mettre sous la dent, et elle s'en tire à merveille dans son rôle, mais il demeure un rôle plus facile à rendre, je pense, que celui joué par Rooney Mara dans Carol. Après l'avoir vue dans The Girl with the Dragon Tattoo et Side Effects dans des rôles aux antipodes de celui dans Carol, elle nous y démontre toute l'étendue de son registre et mériterait donc facilement mon vote si j'étais membre de l'académie.

Meilleur scénario adapté: The Big Short
Probablement le meilleur scénario tout court en 2015, et surtout, une réussite remarquable vu le matériau particulièrement aride à adapter (crise des subprimes). Les adaptations fort réussies de Room, Brooklyn, The Martian et Carol n'avaient pas à faire face à une telle difficulté. Room aurait probablement été mon second choix vu la très forte intensité dramatique qu'il projette; c'est certainement le film au scénario le plus étouffant de l'année, bien que The Martian, on l'oublie peut-être, clouait plus souvent qu'autrement le spectateur angoissé sur son siège, mais avec des fils dramatiques plus conventionnels (et exploités auparavant, voir Gravity, comme exemple récent réussi).

Meilleur scénario original: Spotlight
Si Ex Machina posait des problèmes intellectuels intéressants, le scénario comportait tout de même un certain verbiage et quelques longueurs. Inside Out, passé ses idées originales initiales, devenait  un peu conventionnel et prévisible dans sa deuxième moitié et n'était pas porteur d'autant d'intensité dramatique que Spotlight ou Bridge of Spies. Ce dernier, réglé au quart de tour, souffrait peut-être d'un certain classicisme au niveau du développement de son intrigue (par comparaison aux autres nominés, on s'entend que c'est un excellent scénario), ce qui me rend moins enclin à lui décerner un Oscar, prix qui devrait récompenser non seulement l'excellence, mais aussi l'originalité. Spotlight, en plus d'être parfaitement réussi en termes de dialogues acérés et de progression dramatique, réussi à passer par dessus une difficulté qui passe donc inaperçue; celle d'écrire un suspense sur un groupe de quatre personnes qui attendent que le téléphone sonne, cherchent dans de vieux registre et épluchent des documents poussiéreux. Tout ça en gardant en tête que le spectateur bien informé connait déjà le résultat final (puisque le film est basé sur des faits réels qui sont largement connus aujourd'hui).

Meilleure réalisation: Adam McKay (The Big Short)
Réglons tout de suite le cas d'Inarritu, dont je suis un très très grand fan. The Revenant n'est pas son meilleur film (Birdman, pour moi), bien que la réalisation soit exceptionnelle. Les plans séquences qui ne paraissent même pas, une caméra d'une fluidité exemplaire, certes, mais ce n'est pas aussi révolutionnaire qu'avec d'autres de ses films, bref, il innove quand même moins, explore moins les possibilités nouvelles. Le résultat est excellent, mais pas nécessairement (pour moi) pour mériter un second Oscar en deux ans après le sublime Birdman. Si Spotlight est un de mes films favoris cette année, je dois quand même reconnaître que sa réalisation est assez classique. Efficacement effacée, ce qui est tout à l'honneur du réalisateur qui a fait ce choix intelligent, mais quiconque aurait fait ce choix aurait alors pu arriver à un résultat aussi bien; une nomination bien méritée, mais pas suffisant pour l'Oscar. Le travail de Miller dans Mad Max: Fury Road est probablement l'aspect du film que j'ai le plus aimé. Les plans accompagnent parfaitement le rythme de l'action et les images sont magnifiques, les scènes d'action ne sont pas brouillonnes... mais ça reste un film d'action, où, à part Charlize Theron, les acteurs sont bons mais sans plus (pas trop leur faute, les dialogues sont restreints), et rappelons que le travail de réalisateur est aussi celui du directeur d'acteurs. Malgré ces bémols, Miller serait un choix personnel défendable, même si je n'ai qu'apprécié le film qu'à moitié.
Room est plus près du style que j'admire, surtout que réaliser un semi-huis-clos est quelque chose de beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît. Non seulement l'espace est restreint, les mouvements des personnages aussi, le décor est toujours le même, bref, ce sont là des difficultés, qui lorsqu'elles sont surmontées avec autant de brio que dans Room, démontrent un talent indéniable de réalisation. Si on ajoute la direction d'acteurs (pour le rôle principal, mais aussi celui de l'enfant, pas toujours évident à diriger dans un rôle aussi dramatique), on se rapproche réellement d'un Oscar de mon point de vue.
Si j'ai choisi The Big Short, c'est par un biais personnel. J'adore vraiment les films éclatés de la sorte. La réalisation rappelle un mélange de The Wolf of Wall Street de Scorcese et de Guy Ritchie dans Snatch; c'est énergique, décalé, amusant et certainement le meilleur choix artistique pour rendre un film (et un scénario) au sujet aussi aride (même si ces références montrent une moins grande originalité de ce choix). La direction d'acteur est parfaite (voir mon choix pour Bale, mais on ne mentionne pas la performance de Brad Pitt, ni celle de Steve Carrell, tous deux dans des contre-emplois), bref, un choix très personnel, puisque la logique cinématographique seule me ferait pencher pour la réalisateur de Room.

Meilleur film documentaire: Amy
Je ne connaissais qu'un peu de sa musique, et très peu de la chanteuse elle-même, à part sa mauvaise réputation des années précédent son décès. Le documentaire, fascinant, permet non seulement de mieux cerner la personne, mais aussi son entourage et ce qu'elle a vécu. Les liens avec ses compositions sont hallucinants, et l'imposante quantité d'images vidéos disponibles donnent parfois l'impression qu'elle avait elle-même documenté sa vie (un signe des temps depuis le début des années 2000 mais plus encore depuis l'arrivée des réseaux sociaux et téléphones à caméra). Bref, un documentaire fascinant, autant dans la forme que sur le fond.

Meilleur film d'animation: Inside Out
J'ai beaucoup aimé Shaun the sheep, surtout le résultat du choix technique d'animation; sympathique, original et drôle. Même si Inside Out est plus classique dans son rendu, l'idée fort originale qui en forme la prémisse est difficile à battre. Il s'agit de deux films entièrement différent, autant dans le thème que dans la manière, et ils mériteraient tous deux l'Oscar, je suis bien content de ne pas avoir à voter, mais j'ai un souvenir plus complet et satisfaisant de Inside Out que de Shaun the sheep, au final.

Meilleur film: Spotlight
Pour ma part, c'est une lutte à trois: The Big Short, Room et Spotlight, que je considère tous meilleurs que The Revenant, même si je vois bien que je suis à contre-courant puisque le film d'Inarritu a tout raflé jusqu'à présent et qu'il l'emportera probablement (voir mes prédictions). The Revenant était un peu trop faible côté scénario. Je ne parle pas des dialogues volontairement restreints mais de l'unidimensionnalité des personnages, bons/méchants et de la scène finale trop hollywoodienne et un peu prévisible. Or, pour l'auteur, lecteur et spectateur que je suis, le meilleur film aux Oscars doit avoir un scénario particulièrement solide, en plus du reste. Bridge of Spies est peut-être un peu trop conventionnel sur tous ses aspects importants (interprétation, réalisation, scénario) pour s'élever au titre de meilleur film, même si c'est un film de premier plan en 2015 et que j'ai beaucoup apprécié. Mad Max: Fury Road comportait beaucoup de très bonnes petites idées, mais son scénario est probablement le plus mince des films nominés (on se rend du point A au point B), ce qui est un handicap insurmontable pour ce cinéphile-ci en ce qui concerne l'Oscar du meilleur film. The Martian fait tout à la perfection... mais rappelle inévitablement Gravity qui tirait exactement sur les mêmes ficelles dramatiques, les mêmes enjeux et qui demeure moins spectaculaire ou original qu'Interstellar, par exemple. Il souffre donc d'un manque d'originalité à ces niveaux.
Reste donc mes trois films favoris. Si The Big Short n'avait pas traité d'un sujet déjà couvert par Wolf of Wall Street ou Inside Job et quelques autres films, il aurait eu plus de chance à mes yeux pour l'Oscar du meilleur film. Room serait donc mon second choix, puisqu'il regroupe à la fois un scénario très intelligent et sensible, des interprétation et une réalisation solide, une forte intensité dramatique et réussit à éviter les clichés du genre. En plus, Room ne dévoile son genre qu'en cour de route, laissant donc le spectateur intrigué et fasciné pendant toute sa première moitié, certainement le meilleur film de ce point de vue en 2015. Si je choisi Spotlight malgré tout le bien que je pense de Room, c'est probablement par un biais très personnel que j'ai envers les scénarios complexes, très écrits et les dialogues ciselés sur des sujets subtils. Réussir un aussi bon suspense sur un groupe de journalistes, en évitant les clichés et les facilités, et en évitant également les punch prévisibles, montre un niveau d'excellence que peu de films atteignent dans ces circonstances. Meilleur film de 2015 pour moi, donc.
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En prime, mes choix pour certains Oscars techniques:

Effets visuels: Star Wars: The Force Awakens: pour le choix d'être revenu à des vrais accessoires, parce que ce film va beaucoup mieux vieillir que la trilogie d'antépisodes qui utilisait à outrance les effets numériques de l'heure.
Montage: The Big Short, pour l'aspect décalé et éclaté, le film le plus difficile à monter, puisque le moins conventionnel de ce point de vue.
Direction photo: Sicario. Je réalise que c'est plus un choix personnel (j'aime beaucoup la caméra de Deakins) qu'une prédiction sérieuse (voir mes prédictions), puisque le choix de direction photo pour The Revenant lui donne une image très bleutée et toujours ne demi-teinte qui marque le visuel du film peut-être plus que les choix de direction photo de Sicario. Mais je demeure convaincu qu'il est plus facile d'être exceptionnel sur un film comme The Revenant, tourné dans la nature sauvage, que sur un film aux lieux aussi variés que Sicario.
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Vos choix à vous?
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Oscars 2016: Mes prédictions

Depuis que j'ai un filleul qui s'appelle Oscar, ça me fait tout drôle d'écrire des trucs comme « Oscars: mes prédictions » sans penser à lui...
Mais ce billet n'a rien à voir avec mon filleul (heureusement que les prix du cinéma français ne s'appellent pas les Megan!), et voici donc le temps de ma traditionnelle liste de prédictions pour le gala des Oscars, qui se tiendra demain soir.
Rappel utile: il ne s'agit pas d'émettre mes choix personnels ici mais de me prêter au jeu de deviner qui l'emportera dans les catégories majeures, en tentant donc de prévoir le vote des membres de l'académie.
J'aurais bien voulu vous raconter, pour l'anecdote, la fois où l'académie en question m'a appelée (moi, oui, oui), mais comme j'ai eu un imprévu, je n'ai pas autant de temps pour écrire ce billet et le suivant (mes choix) avant le gala, donc on se parlera de cette anecdote une autre fois.
Oscar: mes prédictions, donc. Vous verres que je n'hésite pas à prendre certains risques cette année.
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Meilleur acteur: Leonardo Di Caprio
Probablement la prédiction la plus facile cette année. Léo en est à sa 4e nomination, il n'a jamais gagné (Blood Diamond, The Aviator), aurait déjà du gagner et même obtenir d'autres nomination (The Departed, Wolf of Wall Street), donc c'est grand temps de lui remettre un Oscar. Il a remporté tous les prix de la saison (incluant les Golden Globe et les Bafta), dont le Screen Actors Guild (SAG) qui est le meilleur indicateur pour les Oscars (plusieurs des mêmes membres votant). Eddie Redmayne a gagné l'an dernier, Brian Cranston vient de la télé (Breaking Bad) et représente la seule nomination pour son film (Trumbo), Matt Damon est probablement le plus proche de Léo dans cette catégorie, avec 3 nominations sans Oscars, mais son rôle était moins marquant et le tournage moins ardu que les conditions dans lesquelles Di Caprio a du évoluer. Avec deux nominations en 3 ans, Michael Fassbender va finir par trouver son année, mais je pense que celle-ci est l'heure de Léo.

Meilleure actrice: Brie Larson
Moins certain que pour Di Caprio, mais notons d'entrée de jeu qu'elle a remporté tous les honneurs cette année, incluant le SAG pour sa solide performance dans l'excellent Room. Cate Blanchett est également solide (comme toujours) dans Carol, mais elle a eu son second Oscar il y a deux ans seulement. Huit ans après sa nomination de jeunesse, Saoirse Ronan est la candidate la plus près de Larson, mais les indicateurs des autres prix jouent contre elle, et elle se montre suffisamment solide pour espérer la revoir à court terme aux Oscars, l'académie la gardera pour l'avenir, elle est encore jeune. Jennifer Lawrence est une habituée des nominations, elle y reviendra aussi, mais déjà lauréate il y a 3 ans, on attendra qu'elle vieillisse un peu avant de lui en remettre un second. Charlotte Rampling souffre d'être la seule nomination de son film (45 years) et d'avoir commis un faux pas sur la controverse de la sous-représentation des minorités visibles aux Oscars bien avant la tenue du vote, (ce qui ne devrait pas influencer le vote en théorie, mais l'influencera dans la réalité; on ne veut pas honorer quelqu'un qui gaffe sur une question aussi sensible).

Meilleur acteur - rôle de soutien: Mark Ruffalo
Très dur de prédire cette catégorie cette année. Solides performances par tous les acteurs en nomination, mais aucun ne se distingue clairement du lot. Le favori demeure probablement Tom Hardy (The Revenant), mais Ruffalo a remporté le SAG (même s'il n'a remporté rien d'autre, les SAG partagent plus de membres avec l'académie que les autres prix). On dit que Stallone a de bonnes chances, lui qui a remporté l'Oscar pour le même personnage près de 40 ans plus tôt (Rocky, 1977), un élément historique qui pourrait plaire à plusieurs membres de l'académie; ce serait ma prédiction si je ne penchais pas pour Ruffalo. Christian Bale est toujours un favori (avec raison), mais il a remporté l'Oscar en 2011 et a été nominé 2 fois depuis, il reviendra plus tard pour une seconde statuette. Mark Rylance était lui aussi étonnant dans Bridge of Spies, mais le film demeure moins nominé que les films de Ruffalo et Hardy. Si The Revenant fait un balayage, Hardy l'emportera, mais je crois que c'est une belle année pour répartir les prix, alors je reste donc avec Ruffalo.

Meilleure actrice - rôle de soutien: Alicia Vikander
Kate Winslet a eu sept nominations, mais c'est sa première depuis son Oscar pour The Reader, alors je pense que malgré sa performance dans Jobs (un films à peu de nomination à part ses deux acteurs), elle devra attendre pour un second Oscar. Rachel McAdams était excellente dans Spotlight, mais malgré le grand nombre de nominations du film, son rôle demeure du type dont la nomination est déjà une récompense et c'est sa première nomination, une manière de reconnaître son talent et d'attendre un rôle plus étoffé pour lui remettre un Oscar. Jennifer Jason-Leigh aurait l'avantage sur ces deux dernières, une sorte d'outsider qui en est à sa première nomination, mais dans un Tarantino mal aimé qui n'obtient que peu de reconnaissance de l'académie cette année. Reste donc Vikander et Rooney Mara. Mara en est à sa seconde nomination (un plus), mais Vikander a remporté le SAG award (gros indicateur), d'où ma prédiction en faveur de cette dernière.

Meilleur scénario adapté: The Big Short
Certainement un des plus solides scénarios de l'année, avec un sujet aride mais bien rendu, original et éclaté, il sort d'un lot aux scénarios plus conventionnels (Brooklyn, Room, The Martian et Carol), ce qui devrait plaire aux membres de l'académie. The Big Short a également remporté le Writers Guild of America (WGA, le prix des scénaristes, membres des Oscars également), un indicateur intéressant.

Meilleur scénario original: Spotlight
Le plus solide des scénarios en nomination, lui aussi récipiendaire du WGA du côté original, il fait face au film d'animation Inside out (un moins, l'académie récompense beaucoup plus les films traditionnels), deux films à une seule ou deux nominations, Straight Outta Compton et Ex Machina ainsi que Bridge of Spies, qui aurait eu de meilleures chances s'il avait eu plus de nominations dans d'autres catégories. Ex Machina était peut-être le plus intellectuel du groupe (un moins), et Spotlight résonne avec plusieurs valeurs typiquement américaines (David contre Goliath, la liberté de presse, les liens thématiques avec All the President's men, la vérité qui triomphe, etc.).

Meilleur réalisation: George Miller
Étonnante prédiction, on me dira, alors que tout le monde prévoit un second Oscar pour Alejandro Inarritu. La lutte se fera entre ces deux-là de toute manière. Du côté d'Inarritu, il est un favori depuis longtemps, a remporté tous les prix, incluant le Directors Guild of America, généralement le meilleur indicateur aux Oscars... mais, mais mais, il est le lauréat de l'an dernier (et pour un meilleur film, et une réalisation plus inventive; Birdman). Par contre, en une seconde année de controverse sur le manque de représentation de minorités, Inarritu pourrait devenir le mexicain de service que l'on honore pour se donner bonne conscience (faisant de 2016 la 3e année en ligne récompensant un réalisateur mexicain).
Miller, de l'autre côté, en est à sa première nomination, mais à 70 ans, c'est maintenant ou jamais si on veut reconnaître son talent de ce côté. Mad Max: Fury Road n'est définitivement pas le genre de films à Oscars, règle générale, et je ne pense pas qu'il ait la moindre chance malgré sa nomination au meilleur film, mais l'académie pourrait profiter de l'occasion - et de la réalisation qui est le point fort de ce film de divertissement - pour récompenser Miller, vu son âge, et comme Inarritu l'a été l'an dernier encore. J'y vais donc, pour ces raisons, d'une prédiction complètement à contre courant.

Meilleur film documentaire: Amy
Cette catégorie, que je ne traite habituellement pas dans mes prédictions puisque je n'y ai vu que trop peu de films avant le gala, est souvent relativement facile à prédire; l'Oscar va généralement au film ayant remporté le plus d'autres prix pendant l'année, et Amy - un film fascinant sur une personne mille fois plus intéressante que sa réputation ne le laissait croire - a tout remporté sur son passage. Je ne fait donc cette prédiction que pour attirer votre attention sur ce film.

Meilleur film d'animation: Inside Out
Pixar revient en grande forme avec ce film, qui est non seulement en nomination dans cette catégorie, mais aussi dans celle du meilleur scénario original, un signe que le film est en avance sur les quatre autres nominés de cette catégorie. Le meilleur Pixar depuis quelques années, donc une prédiction relativement confortable.

Meilleur film: The Revenant
Ça se joue d'après moi entre Spotlight et The Revenant, les deux films ayant beaucoup de nominations, dont des acteurs/trices. Deux scénarios sont possibles; balayage de The Revenant, le grand favori, auquel cas il remportera certainement l'Oscar du meilleur film, ou aucun balayage, donc répartition des prix, et alors, il remportera meilleur film alors que Spotlight sera récompensé pour son scénario et/ou son acteur (Ruffalo) alors que la réalisation ira à Miller (Mad Max) et le scénario adapté à The Big Short et tout le monde sera content. Les deux scénarios favorisent The Revenant, qui ne repartira pas les mains vides et qui a remporté tous les prix précédant les Oscars en plus. Bridge of Spies, Brooklyn et Room sont déjà récompensé d'être en nomination, Mad Max: Fury Road demeure un film de divertissement (un gros moins pour cette catégorie), et The Martian, un film de science-fiction (rappelez-vous Gravity, pleins d'honneurs mais pas l'Oscar du meilleur film). The Big Short souffre de n'avoir qu'une nomination pour les catégories d'acteurs... bref, dur d'aller contre l'ensemble des opinions de favoris, donc The Revenant demeure ma prédiction même si (vous allez le voir dans mon billet à part), ce n'est pas du tout mon choix personnel comme meilleur film de 2015.
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En terminant, un bonus cette année, quelques oscars techniques:

Montage: The Big Short, le film le plus éclaté à monter, si les membres votant sont logiques, peu de concurrence, malgré l'excellence de Spotlight et Mad Max: Fury Road à ce niveau.

Direction photo: Sicario. Le directeur photo de Denis Villeneuve, Roger Deakins, en est à sa 12e nomination, il est grand temps de lui donner un Oscar. Sicario est l'occasion idéale, tellement la direction photo est splendide, ceci dans un film au sujet dur et violent (d'où contraste dans certaines scènes très fortes). Évidemment, si The Revenant fait un balayage, il permettra au directeur photo d'Inarritu de remporter... un troisième Oscar en trois ans (et en huit nominations), ce qui semble quand même improbable.

Effets visuels: Star Wars: The Force Awakens
Pas évident cette année comme catégorie, Mad Max: Fury Road pourrait très bien l'emporter vu la qualité des effets visuels de ce film, mais il reste que le retour aux sources de Star Wars rappelle que les trois films de la première trilogie avaient tous remporté cet Oscar, et on voudra peut-être saluer le retour aux décors et aux effets qui incorporent plus de réel et qui ne sont pas 100% numériques. The Revenant demeure un candidat sérieux s'il y a balayage mais The Martian et Ex Machina semblent trop conventionnels pour l'Oscar. Star Wars: The Force Awakens a remporté le prix aux Bafta et aux Visual Effect Society Award, pas des membres majoritaires de l'académie, mais des pairs tout de même.
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Et vous, vos prédictions?
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