vendredi 8 janvier 2021

2021: Mon année littéraire commence avec 3 publications

Au début de 2020, j'avais annoncé la publication de 4 nouvelles inédites au cours de l'année. Ce chiffre est même monté à 5 en cours d'année, mais la dernière publication, qui devait avoir lieu en décembre 2020 a dû être reportée à février 2021 à cause de délais d'impression dus à la Covid.
Ce report ramène donc à 4 mon nombre de nouvelles publiées en 2020... mais fait déjà grimper à 3 celui de mes nouvelles confirmées pour publication dans les premiers mois de 2021. 
Ainsi, pour le moment, j'ai donc 3 nouvelles inédites à paraitre dans les 3 premiers mois de l'année qui vient de débuter. 

D'abord, la maison d'édition Les Six Brumes publiera une anthologie dirigée par Alain Ducharme intitulée Échos du Centaures. Cette anthologie regroupera cinq nouvelles de science-fiction et fantastique, signées par Luc Dagenais, Élisabeth Vonarburg, Jean Pettigrew, Daniel Sernine et moi-même. Le collectif offrira 3 inédits (dont ma nouvelle) et deux rééditions. Ma nouvelle, intitulée «Nina» est un texte mélangeant science-fiction et espionnage. [Remerciements à Alain Ducharme pour la direction littéraire et à Jean-Louis Trudel pour ses précieux conseils]. 

Puis, suivra (je ne sais pas encore dans quel ordre de publication, les dates définitives sont à confirmer), deux nouvelles dans numéros d'hiver des revues Solaris et Brins d'éternité.

Ma nouvelle «L'amour au temps des univers parallèles» paraîtra dans le numéro 217 de la revue Solaris, dont la publication est prévue en février 2021. [Remerciements à Daniel Sernine pour la direction littéraire].

Ma nouvelle intitulée «Les licornes de l'Hereford» paraîtra quand à elle dans le numéro 58 de la revue Brins d'éternité, dont la publication est prévue en février-mars 2021. [Remerciements à Guillaume Voisine pour la direction littéraire].

Ce billet sera mis à jour pour intégrer plus de visuel lorsque les couvertures des publications seront disponibles. Et, espérons-le, d'autres publications s'ajouteront à mon programme en cours d'année.


(Dernière mise-à-jour: 16 janvier 2021).

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vendredi 18 septembre 2020

Série Covid-19 saison 1 et 2 : Ma critique avant la diffusion de la saison 3.


Série Covid-19 saison 1 et 2 : Ma critique avant la diffusion de la saison 3. 

Intro.

Comme des millions de téléspectateurs, j'ai suivi attentivement les deux premières saisons de la nouvelle série Covid-19, diffusée au printemps 2020 et à l'été 2020. A l'aube de la diffusion de la saison 3 cet automne, voici ma critique des deux premières saisons. 

Saison 1 - La pandémie.

Disons-le tout de suite, l'effet de réel de la série est difficile à battre. Action et diffusion simultanée dans tous les pays du globe, sur toutes les plateforme et réseaux, aucune série n'avait captivé autant de monde auparavant. La prémisse est intéressante et le rythme des premiers épisodes captivant. Épidémie virale, dangerosité, implication politique, découvertes scientifiques, ça ne dérougit pas. Les scénaristes ont fait un travail particulièrement efficace pour capter l'attention des spectateurs; les idées originales comme la ruée sur le papier de toilette arrivaient à mettre un peu d'humour dans une série autrement dramatique. La montée dramatique de l'épidémie – devenue rapidement pandémie après quelques épisodes – est également très bien amenée. Les premières mesures, le confinement, l'économie sur pause, les statistiques quotidiennes, la courbe à aplatir, les conférences de presse quotidiennes des PM, la fermeture des frontière, les mesures d'aide économique annoncées en catastrophe, tout ça fonctionne très bien et contribue à maintenir l'intérêt du spectateur. Côté casting, la série est plutôt impeccable. Un premier ministre à la stature de chef d'état et de bon père de famille, un directeur de santé publique coloré, etc. Mon seul bémol concerne l'acteur jouant le premier ministre canadien, qui aurait eu intérêt à mieux maîtriser son texte. Le contraste entre les pays aux dirigeants sérieux et les abrutis comme Trump et Bolsonaro permettait de bien délimiter les enjeux et le revirement de Boris Johnson qui attrape la Covid avant de se convertir au sérieux de la menace était bien trouvé. La sous-intrigue sur les citoyens à rapatrier était également une belle trouvaille, avec quelques perles d'humour noir parmi le lot. L'ironie de l'apparition du slogan « ça va bien aller » bien avant que le drame réel ne frappe la population était aussi une touche d'humour noir que l'on imagine volontaire de la part des scénaristes. Évidemment, le centre dramatique de toute la saison 1 était l'angle-mort des CHSLD et l'impact de la pandémie sur les aînés; idée cruelle mais qui permettait de rejoindre tous les spectateurs de manière efficace. L'ajout d'effets secondaires, de complications et de symptômes à long termes ont également permis de conserver le focus sur l'intrigue principale. Cette première saison était donc assez réussie, même si la finale ouverte, avec les conférences de presse qui s'étiolaient lentement et le déconfinement annoncé – intrigue un peu trop flou – on sentait que les auteurs manquaient de souffle et nous laissaient un peu sur notre faim. Bonne saison malgré une finale en queue de poisson, donc. 7/10.

Saison 2 - Le déconfinement.

Je suis moins enthousiaste concernant la seconde saison. Avec les nombreux obstacles du déconfinement – partiel d'abord puis à peu près total, mais avec des mesures de protection – l'intrigue traine un peu trop en longueur. La distance, le débat sur la pertinence du masque, puis son port obligatoire, puis les anti-masques, puis les manifs d'anti-masques, tout ça s'est étiré sur toute la saison d'une manière un peu lassante. Les réouvertures d'école, les camps de jour, les mesures de distanciation, les petites éclosions, tout ça manquait cruellement de vigueur. Les statistiques encourageantes nuisent aussi à l'intérêt de l'intrigue : pendant certains épisodes, à voir agir les personnages secondaires et les figurants, on avait presque l'impression qu'il n'y avait plus de pandémie mondiale, ni de menace réelle! Difficile alors de s'intéresser aux petites sous-intrigues de cette saison 2. Tous les épisodes sur les complotistes, la 5G, Bill Gates, Qanon, les pédo-satanistes, au début, c'était tordant. Bon, les auteurs en mettaient pas mal, ce qui rendaient tout ce mouvement pas très crédible – jamais autant de gens ne seraient aussi crédules dans la réalité – mais les élucubrations de ces hurluberlus étaient divertissantes. Malheureusement, comme c'est le cas de plusieurs éléments de cette série, les scénaristes ont trop étirés l'élastique et après quelques épisodes, cette sous-intrigue est devenue assez lassante, voire même carrément emmerdante. Mais le principal défaut de cette seconde saison de Covid-19, c'est l'absence d'une ligne dramatique principale et le manquer de cohésion entre les intrigues éparpillées. L'évolution de la pandémie de la première saison d'épisodes en épisodes était à la fois plus crédible et plus intéressante. La saison 2 ressemble plus à un amalgame d'épisodes sans rapport les uns avec les autres. Prenez l'exemple de la course et l'élection du nouveau chef de l'opposition canadien, d'un ennui mortel – même si les auteurs ont tenté d'insuffler un peu de surprise avec la défaite du candidat favori (et d'humour avec le cafouillage en direct de leur congrès, ça c'était amusant). Même chose là où les créateurs tentent de relier l'évolution de la pandémie aux États-Unis avec l'élection présidentielle et les conspirationnistes, ça manque de crédibilité – on imagine mal dans la vraie vie qu'autant de gens supporteraient encore Trump avec ce qu'on nous a montré pendant ces deux saisons – sans parler du passé du personnage en plus. Décevante seconde saison, donc. 4/10.

Saison 3 – La deuxième vague.

Malgré mes réserves sur la seconde saison, je suis prêt à donner une dernière chance aux créateurs de la série, au moins pour quelques épisodes de la troisième saison. On espère que les scénaristes n'étireront pas simplement la sauce et que cette « deuxième vague » annoncée dans le titre de la saison ne sera pas qu'une redite ou un remake de la première vague de la saison 1. Parmi les intrigues à surveiller, on peut imaginer la course au vaccins – et surtout les impacts de sa distribution qui ne pourra se faire de manière équitable sans provoquer des dissensions sociales importantes. L'élection présidentielle américaine devrait se régler au milieu de la saison, mais je crains que les auteurs ne soient tentés de faire durer le suspense jusqu'en fin de saison, voire même en début de saison 4. Ils ont déjà préparé le terrain en fin de saison 2 avec les allusions du personnage de Trump à de potentielles fraudes postales. Car oui, les producteurs ont annoncés récemment qu'il y aurait une saison 4 l'hiver prochain. Même si j'ai d'abord apprécié la série pour son originalité, j'avoue qu'à l'aube de la saison 3, l'annonce d'une saison 4 n'a rien pour me réjouir, et je commence à espérer que cette série finisse enfin.

lundi 25 mai 2020

Ma trilogie hommage à Joël Champetier

Le décès d'une personne ayant eu une aussi grande importance dans ma vie que Joël Champetier a été un événement bouleversant à plusieurs niveaux. Comme Joël, en plus d'être un de mes meilleurs amis, avait aussi été mon mentor et mon directeur littéraire, écrire une histoire pour lui rendre hommage m'est venu naturellement.

C'est ainsi qu'est née l'idée derrière « Une nouvelle fantastique », un titre volontairement simple (mais à double sens dans l'histoire) dont les thèmes principaux sont le deuil et l'amitié, explorés via une prémisse relevant du fantastique, un genre que Joël et moi avons tous deux pratiqués au fil des ans. J'ai voulu y traiter le fantastique avec beaucoup de rigueur scientifique, une approche que j'ai apprise de Joël, qui utilisait la même rigueur en SF, en fantastique qu'en fantasy. Pour les initiés, les deux personnages centraux sont évidemment largement inspirés de Joël et moi.
J'ai poussé l'hommage assez loin avec cette nouvelle; utilisant pour chacun de mes titres de sections des titres évoquant des œuvres de Joël ou y faisant une référence explicite. Aussi, j'ai baptisé chacun de mes personnages d'un prénom utilisé par Joël pour divers personnages peuplant ses romans ou nouvelles. Par exemple, l'alter égo de Joël dans ma nouvelle se prénomme Ian (référence à Ian Corybantier, personnage auto-biographique en mode fantasy de son roman Les Sources de la Magie). D'autres éléments référentiels se retrouvent également dans le texte, pour ceux qui connaissent bien l'oeuvre de Joël Champetier, bien que ces références ne soient pas essentielles à l'histoire elle-même.
Cette nouvelle a été écrite dans la solitude et le deuil, la scène d'ouverture faisant directement écho au refus d'accepter la disparition de mon ami.

Parallèlement à cette nouvelle hommage, je me suis retrouvé impliqué dans une aventure totalement différente, une nouvelle en collaboration intitulée « Concerto pour extraterrestre ou mathématiciens » et dont l'origine remonte à près de 40 ans. Cette nouvelle, co-signée par Joël et moi est un texte collaboratif et unique dans mon parcours; une nouvelle dont le thème sous-jacent semblait parfaitement faire suite à « Une nouvelle fantastique ».
Joël a tapé les premières lignes du premier jet de cette histoire à la machine à écrire pendant l'été 1980. J'ai effectué les dernières corrections avant son acceptation par la revue Solaris sur un MacBook pro en septembre 2019. Il s'est donc écoulé 39 ans entre l'écriture du premier mot et le point final de l'histoire.
Entre ces deux dates, cette histoire a subi bien des modifications et ajouts, bien entendu, mais une bonne portion de ce texte a surtout dormi dans une boite pendant quelques décennies.
J'aime croire que l'histoire dormait parce qu'elle attendait l'apparition des personnages qui viendraient la conclure. C'est que, à l'été 1980, en tapant le début de l'histoire, Joël n'avait pas encore créé les personnages de Lulita Duke et Ross Luckenbach qu'il allait faire vivre une décennie plus tard.
L'intrigue originale et le développement des deux premiers tiers de la nouvelle ont été imaginés et écrits en grande partie par Joël. J'ai ajouté quelques idées (dont l'intégration de personnages créés par Joël dans d'autres nouvelles) et le ressort SF reposant sur des théories mathématiques. La chute et la conclusion de l'intrigue dans le dernier tiers sont de moi, mais mettent en scène des personnages originaux créés par Joël.
Bien que nous ayons été les seuls à écrire ces mots avant de soumettre la nouvelle, d'autres nous ont indirectement aidé au fil des ans. Il y a d'abord eu l'apport de Guy Sirois, un ami et complice commun, sans qui cette nouvelle n'aurait jamais vu le jour et qui a su, dans les derniers instants de sa création, apporter de précieux conseils et encouragements à l'écrivain orphelin de collaborateur que j'étais. Il y a aussi eu l'appui de Valérie Bédard, conjointe de Joël, qui par sa confiance, m'a permis de mener ce projet à terme malgré le départ prématuré de Joël et a été d'un support moral indéfectible tout au long du processus.
Enfin, il serait injuste de ne pas souligner la contribution exceptionnelle (et exceptionnelle) d'Élisabeth Vonarburg à la version finale de cette histoire. Son talent et son expérience, ainsi que son amour pour Joël et pour l'écriture de fiction ont eu une influence considérable dans cette aventure.
J'étais donc très heureux de voir cette histoire publiée, c'était un projet qui me tenait beaucoup à coeur et je suis content que cet inédit de Joël ait pu trouver sa voie (et sa voix) et d'y avoir collaboré dans la mesure de mes moyens. Je suis évidemment triste que Joël n'ait jamais pu voir cette nouvelle publiée. Mais je suis persuadé qu'il en aurait été très fier, lui aussi.

Avec le passage des ans et l'avancement de ce projet de collaboration, j'ai aussi écrit une troisième nouvelle hommage à Joël. En parallèle à « Une nouvelle fantastique », j'avais imaginé une sorte de nouvelle-sœur, appelée « Une histoire de science-fiction », pour faire écho au titre simple de la précédente, et qui allait explorer les mêmes thèmes du deuil et de l'amitié, mais via une prémisse relevant cette fois-ci de la science-fiction, l'autre genre littéraire que Joël et moi avons pratiqués tous les deux. Une fois encore, les initiés reconnaîtront dans les deux personnages mis en scène, des avatars de Joël et moi-même.
L'idée de cette nouvelle m'est venue pendant le travail sur « Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens ». Afin de faire de notre nouvelle en collaboration un objet littéraire respectueux du style et l'oeuvre de Joël, j'avais relu plusieurs de ses nouvelles et romans, et quelques échanges de lettres et courriels que nous avons eu au fil des ans pour bien m'imprégner de sa voix. Lors de la rédaction de la dernière partie de « Concerto... », j'avais parfois l'impression de l'entendre me glisser des conseils à l'oreille. C'est cette présence – issue de mes relectures et exercices – qui a inspiré directement l'intrigue de « Une histoire de science-fiction ». Le lecteur trouvera d'ailleurs plusieurs éléments référentiels à Joël et son entourage dans la nouvelle; de l'éditrice de roman à certains collaborateurs évoqués en filigrane. La référence à Stephen Hawking dans cette nouvelle fait directement écho à « Concerto... » et les sous thèmes de la résurrection et de l'immortalité (littéraire et littérale) croisent à la fois ceux de « Concerto... » et ceux d' « Une nouvelle fantastique ».

Rendre d'abord hommage à Joël, puis signer une nouvelle en collaboration avec lui, pour terminer sur une nouvelle dont le sujet est une collaboration entre un écrivain et son ami disparu forme donc ce que j'appelle maintenant ma trilogie hommage à Joël Champetier et l'épilogue d'« Une histoire de science-fiction » m'apparaissait la manière idéale de clore ce chapitre de ma vie d'auteur.

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Ma trilogie hommage à Joël Champetier :

« Une nouvelle fantastique », par Hugues Morin, dans Solaris 213, janvier 2020
« Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens », par Joël Champetier et Hugues Morin, dans Solaris 214, mai 2020.
« Une histoire de science-fiction », par Hugues Morin, dans la République du Centaure, mai 2020.

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vendredi 1 mai 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 45

Les semaines de confinement commencent à se ressembler sérieusement. Je comprends mieux ceux qui disaient avoir de la difficulté à savoir quel jour nous sommes. Même si je (télé)travail la semaine et pas la fin de semaine, les jours sont étrangement similaires. Dans quelques années, ce séjour en confinement ne sera probablement qu'une pile de souvenirs épars que l'on aura de la difficulté à remettre dans un ordre particulier.

Ficelle le raton
 À la campagne, les choses sont calmes; Depuis ma dernière entrée dans ce journal, j'ai découvert que Salsifis le raton avait un complice; je l'ai nommé Ficelle et j'ai réussi à le prendre en photo un moment après que Salsifis se soit éloigné. Autrement, les chevreuils nous ont visité presque chaque jour pendant quelques semaines. On croise nos voisins une fois de temps en temps en faisant une balade dans le 9e rang, le printemps semble arrivé pour de vrai cette fois-ci; nous n'avons plus reçu de neige au sol depuis plusieurs jours et la fonte a effacée les dernières empreintes du renard venu parcourir notre terrain. L'ail et les tulipes ont commencé à pousser – même si les tulipes ne sont pas encore en fleur – et les semis progressent bien dans le salon.

La dernière semaine a été difficile, je me suis un peu blessé au dos en faisant un faux mouvement qui a causé une élongation musculaire, élongation qui m'a procuré bien de la douleur et de l'inconfort. Je me dis que ça me fera un souvenir de plus du confinement; la semaine où je n'ai pu faire grand-chose d'autres que de travailler debout, mon ordinateur portable installé sur la vielle radio AM des années 20 héritée de mes parents.

Deux chevreuils par la fenêtre du patio
J'ai participé à un atelier d'écriture sur la micro-fiction offert par mon ami Éric Gauthier. Je dois participer à une séance pratique la semaine prochaine, et Éric nous a donné des devoirs à faire. J'ai déjà commis une micro-fiction de 42 mots en tentant d'appliquer ce qu'il nous a enseigné dans le premier atelier. La voici :

Je la croise et la salue. Chaque jour aussi belle. Autour de nous, personne. Nous échangeons quelques mots, complices, dans cette rue déserte. Amoureux et seuls au monde. Entre nous, cet espace de deux mètres, bien trop vaste. Entre nous, un virus.

Au début de ce journal, je vous parlais de la voix de mon voisin Richard, et bien je viens de voir qu'il serait l'invité musical de Tout le monde en parle ce dimanche. Depuis que l'émission est en direct, un invité termine l'émission avec une prestation musicale, et ce sera Richard cette semaine. Bien hâte de l'entendre chanter.

Au sommaire de Solaris 214 - mai 20
Alors que le Québec commence à parler déconfinement – mais pour plus tard – j'apprends que quelques unes de mes nouvelles dont la publication était prévue en avril sortiront en mai, finalement. Je devrai mettre à jour mon billet d'information sur les deux nouvelles concernées; il s'agit de deux hommages à Joël Champetier formant une sorte de trilogie hommage avec celle déjà publiée dans Solaris 213 en début d'année – on dirait il y a des années, tellement le monde d'avant la pandémie semble lointain. Je vous laisse donc là-dessus, puisque pour une de ces nouvelles, je dois encore apporter quelques correctifs et transmettre ça à mon éditeur avant publication!

Sinon, vous ça va, après plus de 40 jours en confinement?

dimanche 12 avril 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 26

Petite vie de dindes de campagne
Ça va bientôt faire un mois que nous sommes en confinement à la maison. Étrange époque pour la plupart, mais une occasion de prendre les choses en douces pour d'autres.
Ici, la faune vivant sur le territoire où se trouve ma maison continue sa petite vie comme si de rien n'était. Les dindes sauvages sont revenues faire un tour juste à côté de la galerie, un chevreuil a laissé des "glosettes" sur mon terrain.

Chevreuils derrière la maison
Salsifis le raton a volé le suif destiné aux oiseaux à nouveau, mais cette fois-ci, il a réussi son coup sans ouvrir les portes grillagés. Je ne comprends pas comme il a fait ça, à part d'avoir mangé tout ça à travers la grille, morceau par morceau.

Il y a 10 cas de confirmés de personnes atteintes de la COVID-19 dans la MRC qui englobe mon village. J'aimerais savoir si c'est dans des endroits proches ou loins d'ici, mais nous n'avons pas ces données pour le moment. Au moins, le nombre de cas n'a pas augmenté depuis plusieurs jours.

Pendant qu'on continue de suivre notre télé-roman quotidien de points de presse du Québec, les américains doivent endurer le film d'horreur qu'est devenu le leur. Je m'inquiète pour les quelques connaissances ou parents que j'ai aux ÉU malgré les communications rassurantes que j'ai de leur part. J'aimerais me retrouver dans 6 mois pour savoir que tous les gens que je connais s'en sont sortis indemne.

Joyeuses Pâques

Alors que je me préparais avec enthousiasme à travailler un peu sur le terrain avec les dernières traces de neige fondues – j'ai des idées pour quelques nouveaux aménagements dont une aire de relaxation et lecture sous le saule près du ruisseau -, une imposante chute de neige est venue tout recouvrir d'une chape blanche de 30 cm d'épais… On a donc fait un bonhomme de neige pour Pâques.


Je ne sais pas si c'est à cause de la neige, mais le lendemain a vu un retour massif des oiseaux dans les arbres et mangeoires devant la maison; des étourneaux, des quiscales, des geais bleus, des carouges, des merles, des tarins de pins, des junkos ardoisés, tout un festival aviaire avec des centaines de participants ne respectant aucune distanciation; je ne pense pas en avoir vu autant en même temps et sur une si longue période depuis que j'habite ici.

Sinon, travail, séries télé (Plan B saison 2, excellente série québécoise s'est ajoutée à mes polars étrangers. Et de ce côté, La Trève, série belge, s'est avérée une belle surprise). Côté musique, je me suis payé un cadeau que je lorgnais depuis sa sortie; la version remasterizée et augmentée de pièces et d'enregistrements inédits célébrant le 50e anniversaire de l'album Abbey Road des Beatles. Pour l'amateur des Fab four, c'est un très beau cadeau.

Ça avance...
J'avais acheté l'édition du samedi du journal Le Devoir il y a quelques semaines – j'ai dû me désabonner en venant habiter ici car ils ne rendent pas le service jusque chez moi, malheureusement. Dans l'édition du samedi, il y a un beau mot croisé grille blanche qui me donne du fil à retordre. Je tente évidemment de résoudre l'affaire dans mes temps libres, et sans l'aide d'aucun dictionnaire, pour faire durer le plaisir.
Dans la nuit de samedi à dimanche, j'ai poursuivi une tradition familiale qui remonte à mon grand-père paternel, qu'il a transmis à ses fils et que mon père m'a ensuite transmis; je suis allé à l'eau de Pâques. Je ne suis pas croyant, et n'attache pas réellement de pouvoir à cette eau-là, mais j'aime bien poursuivre la tradition; mon grand-père Wilfrid allait chercher cette eau dans le ruisseau au bout de ses terres, dans la nuit du samedi de Pâques, et en abreuvait ses animaux sur la ferme familiale où mon père a passé une partie de son enfance. Cette tradition a été poursuivie par mon père et mon oncle Réjean. Dans ma jeunesse, nous y allions à plusieurs avec eux et mon grand-père. Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir continuer cette tradition en allant cueillir l'eau dans le petit ruisseau au bout de mon terrain, ça me rappelle mes origines et donne un autre sens que le religieux à ce congé.
Festival aviaire
Dimanche en avant-midi, après avoir fait une balade dans le rang, nous avons croisé Angèle et Marc-André, du village, qui font régulièrement une marche dans 9e rang, et j'ai appris qu'eux aussi étaient allé à l'eau de Pâques cette nuit, l'affaire ayant été une tradition du village pendant des années!
Ils y sont même allés plus tard que moi dans la nuit... à ce moment-là, je devais dormir, ou avoir été tiré du sommeil par le bruit des pattes de Salsifis sur la galerie de devant, qu'il est revenu visiter cette nuit. Je n'ai plus remis de suif aux oiseaux depuis quelques jours, le temps que mon raton prenne de nouvelles habitudes ailleurs...
Cette histoire de raton est donc à suivre...

Et vous, ça va?

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vendredi 3 avril 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 17

Le 16 mars dernier, voyant comment se dessinaient les événements, j'ai conclu avec mes collègues de mettre en place des procédures exceptionnelles nous permettant de continuer à travailler, à distance. Le lendemain, j'ai donc travaillé de mon appartement de Montréal, le temps de m'organiser - et que ma conjointe en fasse autant - puis nous avons quitté la métropole pour rentrer chez nous, à la campagne, à St-Venant-de-Paquette pour y vivre notre période de confinement volontaire dans les Appalaches.
(Oui, le 16 mars, c'était avant les restrictions de masse, avant les fermetures d'entreprises, avant le confinement à peu près obligatoire de tout ce qui n'est pas essentiel... appelons ça de la prévention).
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Depuis mon arrivée dans les Appalaches, je ne suis sorti du village qu'à une seule occasion; quelques courses (épicerie, pharmacie) à Coaticook, ville sise à 30 minutes de chez moi. Mes journées de semaines se ressemblent toutes; télétravail en avant-midi et après-midi, pause dîner combinée à l'écoute assidue du point de presse du Premier Ministre du Québec et de la santé publique; c'est notre nouveau télé-roman quotidien. Parfois, une marche dans le rang 9 - à ne croiser personne ou parfois un voisin à 3-4 mètres de distance.

Quiscale bronzé
Pour le reste, je tente d'équilibrer mes journées, je m'informe énormément (certains font baisser leur anxiété en limitant les nouvelles, je peux comprendre, mais moi, avec mon cerveau un peu trop cartésien - aux limites de tendances autistiques -, je préfère avoir beaucoup d'informations fiables, pour mieux comprendre, ça me relaxe ;-). J'ai augmenté ma présence sur les réseaux sociaux, puis je fouine sur BBC News, Radio-Canada et autres sites de nouvelles fiables du reste du monde.

J'écoute beaucoup de musique (même en travaillant); mes classiques m'accompagnent (Sting, Coldplay, McCartney, hehe, je trahis mon âge), mais aussi des groupes et artistes d'ici (le dernier album des Cowboys fringants est génial et fort approprié en ce temps de crise). J'écoute aussi les derniers albums de Coeur de Pirate et de Billie Eilish, de la très très bonne musique, très originale chacune avec son style très personnel. Enfin, j'écoute évidemment la musique de mon voisin Richard, dont la voix douce et réconfortante est toujours agréable à entendre.

Et bien sur, je vois beaucoup de films et de séries en soirée; essentiellement du polar scandinave ces temps-ci, (plusieurs séries très solides là). Je commence à distinguer et comprendre des mots en Islandais, mais je dois quand même mettre les sous-titres pour suivre les intrigues ;-)
J'écoute aussi des films québécois - ce qu'on peut trouver ou louer en ligne, ce qui n'est pas toujours évident pour qui n'est abonné à aucun service de câblodistribution. J'ai donc rattrapé du retard (Bon Cop Bad Cop 2, par exemple) ou pris de l'avance - Avez-vous vu le dernier film québécois sur Netflix? Jusqu'au déclin? Très efficace comme film - et drôlement adapté à ce temps de confinement... pour qui aime l'humour noir et le suspense.

Geais bleus, quiscales
et carouges
Je n'avais pas prévu être à la maison un aussi grand nombre de jours au printemps - une période achalandée au bureau - alors j'ai un peu crains de manquer de bois et granules de chauffage... j'en ai commandé à ma quincaillerie régionale, qui sont venu livrer les granules hier, je peux vous dire qu'on gardait nos distances, ils ont utilisé un lift pour prendre une palette pré-emballée et l'apporter mécaniquement au garage et on n'a pas eu à échanger ou signer de bon de livraison ;-).

Ah, en plus de mes geais bleus, pics bois et junkos ardoisés habituels, le printemps a vu revenir les quiscales, les carouges et les merles. Ça fait une semaine que j'ai pas du d'étourneaux sansonnets. Les dindes sauvages passent souvent pas loin, les coyotes hurlent le soir venu... et un gros raton laveur a entrepris de me voler quelques trucs et plus de détruire une partie de ma galerie où des graines de tournesol s'étaient coincées. Je l'ai baptisé Salsifis, il est pas très craintif, alors il vient se balader près de la maison et sur la galerie tous les soirs... je l'entends souvent faire du grabuge vers minuit!

Passage de dindes sauvages dans le pâturage.
Il m'avait dérobé la cage en grillage où je mets des blocs de suif aux graines pour les oiseaux; je l'ai retrouvée cet après-midi dans le sous-bois, une porte arrachée. J'ai réparé la cage et j'ai remis du suif, puis l'ai fixé plus solidement à un poteau, en attachant les portes... je verrai bien ce que Salsifis fera de ça cette nuit.

Ce sont les plaisirs de la vie à la campagne.
Et vous, ça va?
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samedi 22 février 2020

2020 : Une année littéraire bien remplie

L'année 2020 aura été une année bien remplie côté publication pour moi.
En effet, j'ai cinq nouvelles à paraître cette année. Deux paraîtront en début d'année, deux paraîtront au printemps, puis la dernière sera publiée à l'automne.
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La première histoire, «Une nouvelle fantastique» est au sommaire du numéro 213 de la revue Solaris, numéro d'hiver 2020 qui est sorti à la mi-février. Je copie ici la présentation de l'éditeur de la revue concernant ce texte:
«La troisième partie du volet fiction consiste en une bédé – très courte – de Michèle Laframboise, intitulée « Une table vide… », et un texte d’atmosphère de Hugues Morin, écrit voici plusieurs années et que nous avions gardé dans nos cartons pour la présente occasion. De fait, « Une nouvelle fantastique » a vu le jour peu de temps après le décès de Joël Champetier. Or, tant la bédé de Michèle que la nouvelle de Hugues se veulent un hommage à notre ami et ex-rédacteur en chef puisqu’il en est, en quelque sorte, le personnage principal.»
Vous comprendrez donc que ce premier texte à paraître en 2020 est un hommage à mon ami Joël Champetier. Comme le laisse entendre l'éditeur de Solaris, il est le personnage principal de cette histoire, au titre simple mais à double sens, dans lequel j'essaie à la fois de rendre hommage à son style (mais avec ma plume à moi), à sa personnalité et sa manière d'écrire du fantastique, c'est-à-dire avec la rigueur de la SF; cette nouvelle fantastique est donc un mélange de genre. [Sincères remerciements à Jean Pettigrew pour sa direction littéraire].
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Puis, presque en même temps, ma nouvelle «Quand j'ai reconnu ton joli visage» est parue dans le numéro 55 (hiver 2020) de la revue Brins d'éternité. Il s'agit de ma première publication dans cette revue. C'est une courte nouvelle de science-fiction (soft) où il est question d'univers divergents et où il est aussi question d'amour. J'ose espérer que ça ne sera pas ma dernière collaboration à Brins d'éternité. [Remerciements chaleureux à Ariane Gélinas pour sa direction littéraire].
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C'est le webzine La République du Centaure qui a publié ma troisième nouvelle, en mai 2020, nouvelle «Une histoire de science-fiction».
Comme son titre l'indique, il s'agit d'une nouvelle de SF, et si vous aimez les clins d'oeil, le titre de cette nouvelle fait écho à «Une nouvelle fantastique» et cet écho n'est évidemment pas un hasard. L'idée à l'origine de ce texte était de traiter un sujet similaire, mais avec un ressort science-fictif plutôt que surnaturel; on retrouvera donc une similitude entre les intrigues de ces deux nouvelles qui traitent de deuil et d'amitié. [Sincères remerciements à Daniel Sernine pour ses conseils].
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Solaris a publié, également en mai 2020, un numéro spécial pour son opus 214, un numéro historique rendant hommage à Joël Champetier pour commémorer le cinquième anniversaire de son départ. Ce spécial se fait via l'incursion d'auteurs invités dans son oeuvre, dans des univers qu'il a créé en tant qu'écrivain. Je suis donc au sommaire de ce numéro, avec une nouvelle de science-fiction intitulée «Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens», une nouvelle co-écrite... avec Joël Champetier. Cette nouvelle vient en quelque sorte clore ma trilogie hommage à Joël. [Avec un immense merci à Élisabeth Vonarburg pour sa vision, ses questionnements et sa direction littéraire].
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Enfin, c'est à la fin de l'automne 2020 que la maison d'édition Les Six Brumes publiera une anthologie dirigée par Alain Ducharme intitulée Échos du Centaures. Cette anthologie regroupera cinq nouvelles de science-fiction et fantastique, signées par Luc Dagenais, Élisabeth Vonarburg, Jean Pettigrew, Daniel Sernine et moi-même. Le collectif offrira 3 inédits (dont ma nouvelle) et deux rééditions. Ma nouvelle, intitulée «Nina» est un texte mélangeant science-fiction et espionnage. [Remerciements à Alain Ducharme pour la direction littéraire et à Jean-Louis Trudel pour ses précieux conseils].
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Vous aurez noté que je remercie mes directeurs littéraires. J'ai eu la chance et le privilège de travailler avec six conseillers et directeurs littéraires de talent et d'une grande générosité. Leur contribution à la qualité littéraire de ces histoires est non négligeable. 
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[Dernière mise à jour: 18 septembre 2020]
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