dimanche 27 mars 2022

Oscars 2022: Mes choix et mes prédictions

Version 2022 d'une vieille tradition personnelle; établir mes choix personnels avant la soirée des Oscars, puis établir mes prédictions du résultat du vote des membres de l'Académie (voir tout en bas).

Je n'ai pas vu tous les films en nomination dans toutes les catégories qui suivent, mais pour la plupart, j'ai au moins vu les performances de 4 nommés sur 5. (8 sur 10 dans la catégorie du meilleur film).

Mes choix:

Devant la caméra

Meilleure actrice: Penelope Cruz, dans Madres paralelas. Toutes les interprétations que j'ai vu dans cette catégorie étaient très fortes, c'est la catégorie d'interprétation où les nommés sont les plus spectaculaires cette année. Parmi le lot, j'ai été particulièrement touché par celles de Penelope Cruz (toujours merveilleuse chez Almodovar), Nicole Kidman en Lucille Ball (assez impressionnante interprétation d'ailleurs) et Olivia Coleman (toujours toujours très bonne). Mon choix se porte sur Penelope Cruz car c'est celle qui m'a le plus ému dans son rôle, en fin de compte. Janis, son personnage est tragi-comique, victime malgré elle dans un sens, mais aussi victime de ses propres décisions et face à des questions morales assez déchirantes. Cruz joue tout ça avec fluidité, ça a l'air facile, naturel, d'être cette Janis et c'est un personnage qui demeure avec le spectateur longtemps après le visionnement.

Meilleur acteur: Andrew Garfield, dans tick tick... Boom! Catégorie également solide cette année, même si je n'ai pas vu le Macbeth de Coen avec Denzel Washington, donc mon choix porte sur les 4 autres nommés, que j'ai tous appréciés. Will Smith et Javier Bardem sont tous deux excellents, et auraient pu être un choix facile à défendre, mais Benedict Cumberbatch arrive à les surpasser dans mes choix avec un personnage tout à fait détestable, que l'on fini par mieux comprendre, accepter même, malgré que dans mon cas, je ne sois pas arriver à éprouver de la sympathie pour lui - peut-être à cause de la réalisation très froide de Power of the dog. Avec tick tick... Boom!, on est complètement ailleurs, et j'avoue candidement que mon appréciation des oeuvres de Jonathan Larsen a joué en faveur de cette adaptation de son musical précédent la création de RENT, mais ça n'aurait pas suffit si Garfield n'avait pas personnifié cet auteur de cette manière-là, avec cette énergie-là, et porter littéralement tout le film sur ses épaules, morceau après morceau. 

Meilleure actrice - rôle de soutien: Judi Dench, dans Belfast. J'ai vu les cinq performances dans cette catégorie, et ma foi, c'est celle où j'ai le plus de difficulté à choisir... faute de candidate forte, il me semble. J'ai apprécié l'interprétation de la plupart des actrices nommées, mais sans que l'une d'elle ne se démarque particulièrement pour moi. Étonnamment, j'aurais préféré voir Meryl Streep et Cate Blanchett (toutes deux pour Don't Look up) dans cette catégorie. Mon choix s'est donc porté sur Judi Dench un peu par défaut, et parce que j'ai adoré Belfast où elle tenais un petit rôle de soutien.

Meilleur acteur - rôle de soutien: J. K. Simmons, dans Being the Ricardo's. Cette catégorie se divise en deux pour moi, n'ayant pas vu CODA (seulement sa version originale belge il y a quelques années). D'un côté, il y a les deux acteurs de soutien dans Power of the dog, et de l'autre, il y a Belfast et Being the Ricardo's. Ayant trouvé Power of the dog plutôt froid dans son approche, j'ai aimé le film et ses interprètes, mais n'ai pas été ému, ni par l'histoire ni par les personnages. Il est alors plus ardu d'apprécier pleinement le travail des acteurs pour un Oscar. Même si Ciaran Hinds fait un aussi bon travail que Judi Dench dans Belfast, un de mes films préférés de l'année, je choisi ici J. K. Simmons (toujours excellent et coloré en plus) pour un rôle qui, au départ, n'a l'air de rien, presque unidimensionnel, même, mais qui s'avère plus complexe et intéressant à mesure que le film avance. Si ce n'avait été de Simmons, ce personnage aurait pu se confondre dans le décor.

Derrière la caméra

Meilleur scénario original: Don't look up. J'ai adoré le film, l'aspect tragique, cynique mais quand même réaliste, de cet élan anti-climatosceptique. Le scénario va au bout de sa logique, fait éclater de rire par moment, malgré le drame qui se joue, fait rager devant l'inaction, l'impuissance de certains personnages, et la désinvolture, voire la stupidité d'autres (généralement en position de pouvoir politique ou médiatique). Bref, c'est clairement la meilleure histoire originale que j'ai vu au cinéma cette année. Notons dans cette catégorie, des solides 2e et 3e places pour Belfast, vraiment très touchant, et Licorice Pizza, autre ovni de Paul Thomas Anderson, cinéaste que j'aime toujours visiter. King Richard était bien, côté scénario, mais aurait pu être resserré. Et étant inspiré de faits vécus, il se trouve un peu à cheval entre "original" et "adapté" de mon point de vue.

Meilleur scénario adapté: Dune. Une évidence pour quiconque connait un peu le roman duquel il est adapté. Dans cette catégorie, je ne juge pas seulement sur le produit fini (scénario du film), mais aussi le travail d'adaptation. Adapter La Famille Bélier pour en faire un remake (CODA), par exemple, représente une tâche moins ardue que celle d'adapter le colossal roman de Frank Herbert, jugé inadaptable et sur lequel plusieurs cinéastes de renom se sont par le passé cassé les dents. Non seulement Denis Villeneuve et ses deux comparses y arrivent, mais ils le font avec brio; un scénario absolument brillant et tout en subtilité, un exploit inégalé cette année. À des années-lumières devant les autres nommés pour ce cinéphile-ci.

Meilleure réalisation: Kenneth Branagh, pour Belfast. Personnellement, j'aurais décerné l'oscar à Denis Villeneuve pour Dune, mais l'académie l'a un peu snobé (ah, film de science-fiction, genre mal-aimé des Oscars). Comme je dois jouer le jeu parmi les nommé, mon choix s'est donc posé sur Kenneth Branagh, car Belfast est un des films les plus émouvants que j'ai vu. En plus de raconter une histoire à la fois personnelle et universelle, le film plonge vraiment le spectateur dans l'histoire de son coin de pays et la caméra valse entre le jeune garçon et tout un peuple avec aisance, et offre des images d'une grande beauté cinématographique. Paul Thomas Anderson s'est aussi glissé parmi mes favoris cette année, Licorice Pizza ayant son style unique, succulent même, de raconter une histoire.

Films

Meilleur film: Dune, de Denis Villeneuve. Je ne fais pas de chauvinisme ici. Oui, j'ai toujours aimé le cinéma de Villeneuve (comme celui de Branagh ou P.T. Anderson), oui, j'ai été un fan des romans de Frank Herbert (lus dans ma jeunesse). Ces deux éléments ont certainement joué dans mon appréciation de Dune. Par contre, ça n'aurait pas été suffisant si le film n'avait pas été aussi exceptionnel. Sous «prétexte» de science-fiction, le film parle de guerre, de géopolitique, de religion et croyance, de pouvoir, de classes sociales et de peuples opprimés. Bref, il parle de notre monde, ic et maintenant, même s'il est adapté d'un roman écrit il y a des décennies. J'ai vu deux fois Dune, et à chaque fois, lors de l'apparition du générique final, j'ai eu le réflexe de me dire: déjà terminé? Pourtant, le film fait 2h40! Tout est réussi dans ce film; chaque prise de vue, la direction photo, les petits détails inventifs, la subtilité du scénario, et une réalisation époustouflante; on attend la suite avec impatience et entre temps, meilleur film de 2021 pour ce cinéphile-ci. En 2e et 3e place, mes choix personnels auraient été Belfast et Don't Look up (sans ordre particulier ici), deux films parfaitement réussis dans leur genre bien différents. Même si j'ai adoré Licorice Pizza, je le classerais tout de même 4e de cette liste. Je n'ai vu ni Nightmare Alley ni CODA, j'ai trouvé Drive my car et King Richard bons mais peut-être un peu lents (surtout le premier), et quand à Power of the dog, un des favoris, bien que je lui reconnaisse plusieurs qualités, la froideur de la réalisation a créé une trop grande distance émotive entre moi et le film pour que je puisse le hisser plus haut que 5e, au mieux.

Et vous, vos choix pour les Oscars de cette année?

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En un paragraphe, mes prédictions, basées sur mon expérience des Oscars, leur histoire (qui a déjà remporté, qui a eu des nominations sans remporter l'oscar par le passé, le momentum des galas actuels, qui a remporté les DGA, SAG, etc. (j'ignore toutefois les Golden Globes, pas représentatifs du tout, pas les mêmes votants). Et évidemment, l'intuition sur ce qui peut se passer ou qui peut causer la surprise.

Mes prédictions:

Actrice – Jessica Chastain
Actrice-soutien – Ariana DeBosse
Acteur – Will Smith
Acteur-soutien – Troy Kotsur
Réalisation – Jane Campion
Scénario adapté – Dune (woops, je rêve, c’est CODA qui va gagner)
Scénario original – Licorice Pizza
Film international – Drive my car
Film – CODA

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Vos prédictions?

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mercredi 22 décembre 2021

Une nuit de solitude

Une nuit de solitude est une histoire publiée à compte d'auteur en décembre 2021.

Le livre électronique de 16 pages est disponible gratuitement sur demande auprès de l'auteur. 

Quelque part dans les années 90, je publiais parfois, à compte d’auteur, une nouvelle inédite avant le temps des fêtes, dont je faisais tirer 26 exemplaires, numérotés de A à Z que j’offrais en cadeau à divers amis. J’ai ainsi distribué quelques nouvelles dans ce format au fil des ans mais ça doit bien faire plus de vingt ans que je ne l’avais pas fait.
Le moment de l’écriture et le ton de la narration de Une nuit de solitude m’ont rappelé ces éditions à compte d’auteur distribués aux amis et il m’a alors semblé que ce format de publication lui convenait parfaitement.
J'ai donc distribué en primeur à 26 amis et connaissances cette histoire en décembre 2021.
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Une nuit de solitude n’est pas un conte de Noël, même si l’action principale de déroule début décembre et que la narration emprunte au format du conte.
Fin novembre 2021, je n’avais pas écrit depuis plusieurs semaines et plutôt que de replonger dans une histoire en cours d’écriture immédiatement, j’ai décidé de me réchauffer les muscles de la création en rédigeant une courte histoire. En débutant, j’ai tout de suite voulu rendre hommage à un genre se prêtant bien à cet exercice. L’histoire est donc parsemée de clins d’oeil dont la plupart seront apparents dans le texte (ou le titre). Sinon, c’est évidemment que j’ai en partie raté mon coup, ce qui est fort probable pour les références plus nichées – il y en a quelques-unes que seule une poignée de lecteurs pourra attraper au passage et je m’en excuse, mais je crois que le texte peut être apprécié même si on ne les perçoit pas (ou pas toutes).
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vendredi 8 janvier 2021

2021: Mon année littéraire commence avec 3 publications

Au début de 2020, j'avais annoncé la publication de 4 nouvelles inédites au cours de l'année. Ce chiffre est même monté à 5 en cours d'année, mais la dernière publication, qui devait avoir lieu en décembre 2020 a dû être reportée à février 2021 à cause de délais d'impression dus à la Covid.
Ce report ramène donc à 4 mon nombre de nouvelles publiées en 2020... mais fait déjà grimper à 3 celui de mes nouvelles confirmées pour publication dans les premiers mois de 2021. 
Ainsi, pour le moment, j'ai donc 3 nouvelles inédites à paraitre dans les 3 premiers mois de l'année qui vient de débuter. 

D'abord, la maison d'édition Les Six Brumes publiera une anthologie dirigée par Alain Ducharme intitulée Échos du Centaures. Cette anthologie regroupera cinq nouvelles de science-fiction et fantastique, signées par Luc Dagenais, Élisabeth Vonarburg, Jean Pettigrew, Daniel Sernine et moi-même. Le collectif offrira 3 inédits (dont ma nouvelle) et deux rééditions. Ma nouvelle, intitulée «Nina» est un texte mélangeant science-fiction et espionnage. [Remerciements à Alain Ducharme pour la direction littéraire et à Jean-Louis Trudel pour ses précieux conseils]. 

Puis, suivra (je ne sais pas encore dans quel ordre de publication, les dates définitives sont à confirmer), deux nouvelles dans numéros d'hiver des revues Solaris et Brins d'éternité.

Ma nouvelle «L'amour au temps des univers parallèles» paraîtra dans le numéro 217 de la revue Solaris, dont la publication est prévue en février 2021. [Remerciements à Daniel Sernine pour la direction littéraire].

Ma nouvelle intitulée «Les licornes de l'Hereford» paraîtra quand à elle dans le numéro 58 de la revue Brins d'éternité, dont la publication est prévue en février-mars 2021. [Remerciements à Guillaume Voisine pour la direction littéraire].

Ce billet sera mis à jour pour intégrer plus de visuel lorsque les couvertures des publications seront disponibles. Et, espérons-le, d'autres publications s'ajouteront à mon programme en cours d'année.


(Dernière mise-à-jour: 16 janvier 2021).

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vendredi 18 septembre 2020

Série Covid-19 saison 1 et 2 : Ma critique avant la diffusion de la saison 3.


Série Covid-19 saison 1 et 2 : Ma critique avant la diffusion de la saison 3. 

Intro.

Comme des millions de téléspectateurs, j'ai suivi attentivement les deux premières saisons de la nouvelle série Covid-19, diffusée au printemps 2020 et à l'été 2020. A l'aube de la diffusion de la saison 3 cet automne, voici ma critique des deux premières saisons. 

Saison 1 - La pandémie.

Disons-le tout de suite, l'effet de réel de la série est difficile à battre. Action et diffusion simultanée dans tous les pays du globe, sur toutes les plateforme et réseaux, aucune série n'avait captivé autant de monde auparavant. La prémisse est intéressante et le rythme des premiers épisodes captivant. Épidémie virale, dangerosité, implication politique, découvertes scientifiques, ça ne dérougit pas. Les scénaristes ont fait un travail particulièrement efficace pour capter l'attention des spectateurs; les idées originales comme la ruée sur le papier de toilette arrivaient à mettre un peu d'humour dans une série autrement dramatique. La montée dramatique de l'épidémie – devenue rapidement pandémie après quelques épisodes – est également très bien amenée. Les premières mesures, le confinement, l'économie sur pause, les statistiques quotidiennes, la courbe à aplatir, les conférences de presse quotidiennes des PM, la fermeture des frontière, les mesures d'aide économique annoncées en catastrophe, tout ça fonctionne très bien et contribue à maintenir l'intérêt du spectateur. Côté casting, la série est plutôt impeccable. Un premier ministre à la stature de chef d'état et de bon père de famille, un directeur de santé publique coloré, etc. Mon seul bémol concerne l'acteur jouant le premier ministre canadien, qui aurait eu intérêt à mieux maîtriser son texte. Le contraste entre les pays aux dirigeants sérieux et les abrutis comme Trump et Bolsonaro permettait de bien délimiter les enjeux et le revirement de Boris Johnson qui attrape la Covid avant de se convertir au sérieux de la menace était bien trouvé. La sous-intrigue sur les citoyens à rapatrier était également une belle trouvaille, avec quelques perles d'humour noir parmi le lot. L'ironie de l'apparition du slogan « ça va bien aller » bien avant que le drame réel ne frappe la population était aussi une touche d'humour noir que l'on imagine volontaire de la part des scénaristes. Évidemment, le centre dramatique de toute la saison 1 était l'angle-mort des CHSLD et l'impact de la pandémie sur les aînés; idée cruelle mais qui permettait de rejoindre tous les spectateurs de manière efficace. L'ajout d'effets secondaires, de complications et de symptômes à long termes ont également permis de conserver le focus sur l'intrigue principale. Cette première saison était donc assez réussie, même si la finale ouverte, avec les conférences de presse qui s'étiolaient lentement et le déconfinement annoncé – intrigue un peu trop flou – on sentait que les auteurs manquaient de souffle et nous laissaient un peu sur notre faim. Bonne saison malgré une finale en queue de poisson, donc. 7/10.

Saison 2 - Le déconfinement.

Je suis moins enthousiaste concernant la seconde saison. Avec les nombreux obstacles du déconfinement – partiel d'abord puis à peu près total, mais avec des mesures de protection – l'intrigue traine un peu trop en longueur. La distance, le débat sur la pertinence du masque, puis son port obligatoire, puis les anti-masques, puis les manifs d'anti-masques, tout ça s'est étiré sur toute la saison d'une manière un peu lassante. Les réouvertures d'école, les camps de jour, les mesures de distanciation, les petites éclosions, tout ça manquait cruellement de vigueur. Les statistiques encourageantes nuisent aussi à l'intérêt de l'intrigue : pendant certains épisodes, à voir agir les personnages secondaires et les figurants, on avait presque l'impression qu'il n'y avait plus de pandémie mondiale, ni de menace réelle! Difficile alors de s'intéresser aux petites sous-intrigues de cette saison 2. Tous les épisodes sur les complotistes, la 5G, Bill Gates, Qanon, les pédo-satanistes, au début, c'était tordant. Bon, les auteurs en mettaient pas mal, ce qui rendaient tout ce mouvement pas très crédible – jamais autant de gens ne seraient aussi crédules dans la réalité – mais les élucubrations de ces hurluberlus étaient divertissantes. Malheureusement, comme c'est le cas de plusieurs éléments de cette série, les scénaristes ont trop étirés l'élastique et après quelques épisodes, cette sous-intrigue est devenue assez lassante, voire même carrément emmerdante. Mais le principal défaut de cette seconde saison de Covid-19, c'est l'absence d'une ligne dramatique principale et le manquer de cohésion entre les intrigues éparpillées. L'évolution de la pandémie de la première saison d'épisodes en épisodes était à la fois plus crédible et plus intéressante. La saison 2 ressemble plus à un amalgame d'épisodes sans rapport les uns avec les autres. Prenez l'exemple de la course et l'élection du nouveau chef de l'opposition canadien, d'un ennui mortel – même si les auteurs ont tenté d'insuffler un peu de surprise avec la défaite du candidat favori (et d'humour avec le cafouillage en direct de leur congrès, ça c'était amusant). Même chose là où les créateurs tentent de relier l'évolution de la pandémie aux États-Unis avec l'élection présidentielle et les conspirationnistes, ça manque de crédibilité – on imagine mal dans la vraie vie qu'autant de gens supporteraient encore Trump avec ce qu'on nous a montré pendant ces deux saisons – sans parler du passé du personnage en plus. Décevante seconde saison, donc. 4/10.

Saison 3 – La deuxième vague.

Malgré mes réserves sur la seconde saison, je suis prêt à donner une dernière chance aux créateurs de la série, au moins pour quelques épisodes de la troisième saison. On espère que les scénaristes n'étireront pas simplement la sauce et que cette « deuxième vague » annoncée dans le titre de la saison ne sera pas qu'une redite ou un remake de la première vague de la saison 1. Parmi les intrigues à surveiller, on peut imaginer la course au vaccins – et surtout les impacts de sa distribution qui ne pourra se faire de manière équitable sans provoquer des dissensions sociales importantes. L'élection présidentielle américaine devrait se régler au milieu de la saison, mais je crains que les auteurs ne soient tentés de faire durer le suspense jusqu'en fin de saison, voire même en début de saison 4. Ils ont déjà préparé le terrain en fin de saison 2 avec les allusions du personnage de Trump à de potentielles fraudes postales. Car oui, les producteurs ont annoncés récemment qu'il y aurait une saison 4 l'hiver prochain. Même si j'ai d'abord apprécié la série pour son originalité, j'avoue qu'à l'aube de la saison 3, l'annonce d'une saison 4 n'a rien pour me réjouir, et je commence à espérer que cette série finisse enfin.

lundi 25 mai 2020

Ma trilogie hommage à Joël Champetier

Le décès d'une personne ayant eu une aussi grande importance dans ma vie que Joël Champetier a été un événement bouleversant à plusieurs niveaux. Comme Joël, en plus d'être un de mes meilleurs amis, avait aussi été mon mentor et mon directeur littéraire, écrire une histoire pour lui rendre hommage m'est venu naturellement.

C'est ainsi qu'est née l'idée derrière « Une nouvelle fantastique », un titre volontairement simple (mais à double sens dans l'histoire) dont les thèmes principaux sont le deuil et l'amitié, explorés via une prémisse relevant du fantastique, un genre que Joël et moi avons tous deux pratiqués au fil des ans. J'ai voulu y traiter le fantastique avec beaucoup de rigueur scientifique, une approche que j'ai apprise de Joël, qui utilisait la même rigueur en SF, en fantastique qu'en fantasy. Pour les initiés, les deux personnages centraux sont évidemment largement inspirés de Joël et moi.
J'ai poussé l'hommage assez loin avec cette nouvelle; utilisant pour chacun de mes titres de sections des titres évoquant des œuvres de Joël ou y faisant une référence explicite. Aussi, j'ai baptisé chacun de mes personnages d'un prénom utilisé par Joël pour divers personnages peuplant ses romans ou nouvelles. Par exemple, l'alter égo de Joël dans ma nouvelle se prénomme Ian (référence à Ian Corybantier, personnage auto-biographique en mode fantasy de son roman Les Sources de la Magie). D'autres éléments référentiels se retrouvent également dans le texte, pour ceux qui connaissent bien l'oeuvre de Joël Champetier, bien que ces références ne soient pas essentielles à l'histoire elle-même.
Cette nouvelle a été écrite dans la solitude et le deuil, la scène d'ouverture faisant directement écho au refus d'accepter la disparition de mon ami.

Parallèlement à cette nouvelle hommage, je me suis retrouvé impliqué dans une aventure totalement différente, une nouvelle en collaboration intitulée « Concerto pour extraterrestre ou mathématiciens » et dont l'origine remonte à près de 40 ans. Cette nouvelle, co-signée par Joël et moi est un texte collaboratif et unique dans mon parcours; une nouvelle dont le thème sous-jacent semblait parfaitement faire suite à « Une nouvelle fantastique ».
Joël a tapé les premières lignes du premier jet de cette histoire à la machine à écrire pendant l'été 1980. J'ai effectué les dernières corrections avant son acceptation par la revue Solaris sur un MacBook pro en septembre 2019. Il s'est donc écoulé 39 ans entre l'écriture du premier mot et le point final de l'histoire.
Entre ces deux dates, cette histoire a subi bien des modifications et ajouts, bien entendu, mais une bonne portion de ce texte a surtout dormi dans une boite pendant quelques décennies.
J'aime croire que l'histoire dormait parce qu'elle attendait l'apparition des personnages qui viendraient la conclure. C'est que, à l'été 1980, en tapant le début de l'histoire, Joël n'avait pas encore créé les personnages de Lulita Duke et Ross Luckenbach qu'il allait faire vivre une décennie plus tard.
L'intrigue originale et le développement des deux premiers tiers de la nouvelle ont été imaginés et écrits en grande partie par Joël. J'ai ajouté quelques idées (dont l'intégration de personnages créés par Joël dans d'autres nouvelles) et le ressort SF reposant sur des théories mathématiques. La chute et la conclusion de l'intrigue dans le dernier tiers sont de moi, mais mettent en scène des personnages originaux créés par Joël.
Bien que nous ayons été les seuls à écrire ces mots avant de soumettre la nouvelle, d'autres nous ont indirectement aidé au fil des ans. Il y a d'abord eu l'apport de Guy Sirois, un ami et complice commun, sans qui cette nouvelle n'aurait jamais vu le jour et qui a su, dans les derniers instants de sa création, apporter de précieux conseils et encouragements à l'écrivain orphelin de collaborateur que j'étais. Il y a aussi eu l'appui de Valérie Bédard, conjointe de Joël, qui par sa confiance, m'a permis de mener ce projet à terme malgré le départ prématuré de Joël et a été d'un support moral indéfectible tout au long du processus.
Enfin, il serait injuste de ne pas souligner la contribution exceptionnelle (et exceptionnelle) d'Élisabeth Vonarburg à la version finale de cette histoire. Son talent et son expérience, ainsi que son amour pour Joël et pour l'écriture de fiction ont eu une influence considérable dans cette aventure.
J'étais donc très heureux de voir cette histoire publiée, c'était un projet qui me tenait beaucoup à coeur et je suis content que cet inédit de Joël ait pu trouver sa voie (et sa voix) et d'y avoir collaboré dans la mesure de mes moyens. Je suis évidemment triste que Joël n'ait jamais pu voir cette nouvelle publiée. Mais je suis persuadé qu'il en aurait été très fier, lui aussi.

Avec le passage des ans et l'avancement de ce projet de collaboration, j'ai aussi écrit une troisième nouvelle hommage à Joël. En parallèle à « Une nouvelle fantastique », j'avais imaginé une sorte de nouvelle-sœur, appelée « Une histoire de science-fiction », pour faire écho au titre simple de la précédente, et qui allait explorer les mêmes thèmes du deuil et de l'amitié, mais via une prémisse relevant cette fois-ci de la science-fiction, l'autre genre littéraire que Joël et moi avons pratiqués tous les deux. Une fois encore, les initiés reconnaîtront dans les deux personnages mis en scène, des avatars de Joël et moi-même.
L'idée de cette nouvelle m'est venue pendant le travail sur « Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens ». Afin de faire de notre nouvelle en collaboration un objet littéraire respectueux du style et l'oeuvre de Joël, j'avais relu plusieurs de ses nouvelles et romans, et quelques échanges de lettres et courriels que nous avons eu au fil des ans pour bien m'imprégner de sa voix. Lors de la rédaction de la dernière partie de « Concerto... », j'avais parfois l'impression de l'entendre me glisser des conseils à l'oreille. C'est cette présence – issue de mes relectures et exercices – qui a inspiré directement l'intrigue de « Une histoire de science-fiction ». Le lecteur trouvera d'ailleurs plusieurs éléments référentiels à Joël et son entourage dans la nouvelle; de l'éditrice de roman à certains collaborateurs évoqués en filigrane. La référence à Stephen Hawking dans cette nouvelle fait directement écho à « Concerto... » et les sous thèmes de la résurrection et de l'immortalité (littéraire et littérale) croisent à la fois ceux de « Concerto... » et ceux d' « Une nouvelle fantastique ».

Rendre d'abord hommage à Joël, puis signer une nouvelle en collaboration avec lui, pour terminer sur une nouvelle dont le sujet est une collaboration entre un écrivain et son ami disparu forme donc ce que j'appelle maintenant ma trilogie hommage à Joël Champetier et l'épilogue d'« Une histoire de science-fiction » m'apparaissait la manière idéale de clore ce chapitre de ma vie d'auteur.

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Ma trilogie hommage à Joël Champetier :

« Une nouvelle fantastique », par Hugues Morin, dans Solaris 213, janvier 2020
« Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens », par Joël Champetier et Hugues Morin, dans Solaris 214, mai 2020.
« Une histoire de science-fiction », par Hugues Morin, dans la République du Centaure, mai 2020.

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vendredi 1 mai 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 45

Les semaines de confinement commencent à se ressembler sérieusement. Je comprends mieux ceux qui disaient avoir de la difficulté à savoir quel jour nous sommes. Même si je (télé)travail la semaine et pas la fin de semaine, les jours sont étrangement similaires. Dans quelques années, ce séjour en confinement ne sera probablement qu'une pile de souvenirs épars que l'on aura de la difficulté à remettre dans un ordre particulier.

Ficelle le raton
 À la campagne, les choses sont calmes; Depuis ma dernière entrée dans ce journal, j'ai découvert que Salsifis le raton avait un complice; je l'ai nommé Ficelle et j'ai réussi à le prendre en photo un moment après que Salsifis se soit éloigné. Autrement, les chevreuils nous ont visité presque chaque jour pendant quelques semaines. On croise nos voisins une fois de temps en temps en faisant une balade dans le 9e rang, le printemps semble arrivé pour de vrai cette fois-ci; nous n'avons plus reçu de neige au sol depuis plusieurs jours et la fonte a effacée les dernières empreintes du renard venu parcourir notre terrain. L'ail et les tulipes ont commencé à pousser – même si les tulipes ne sont pas encore en fleur – et les semis progressent bien dans le salon.

La dernière semaine a été difficile, je me suis un peu blessé au dos en faisant un faux mouvement qui a causé une élongation musculaire, élongation qui m'a procuré bien de la douleur et de l'inconfort. Je me dis que ça me fera un souvenir de plus du confinement; la semaine où je n'ai pu faire grand-chose d'autres que de travailler debout, mon ordinateur portable installé sur la vielle radio AM des années 20 héritée de mes parents.

Deux chevreuils par la fenêtre du patio
J'ai participé à un atelier d'écriture sur la micro-fiction offert par mon ami Éric Gauthier. Je dois participer à une séance pratique la semaine prochaine, et Éric nous a donné des devoirs à faire. J'ai déjà commis une micro-fiction de 42 mots en tentant d'appliquer ce qu'il nous a enseigné dans le premier atelier. La voici :

Je la croise et la salue. Chaque jour aussi belle. Autour de nous, personne. Nous échangeons quelques mots, complices, dans cette rue déserte. Amoureux et seuls au monde. Entre nous, cet espace de deux mètres, bien trop vaste. Entre nous, un virus.

Au début de ce journal, je vous parlais de la voix de mon voisin Richard, et bien je viens de voir qu'il serait l'invité musical de Tout le monde en parle ce dimanche. Depuis que l'émission est en direct, un invité termine l'émission avec une prestation musicale, et ce sera Richard cette semaine. Bien hâte de l'entendre chanter.

Au sommaire de Solaris 214 - mai 20
Alors que le Québec commence à parler déconfinement – mais pour plus tard – j'apprends que quelques unes de mes nouvelles dont la publication était prévue en avril sortiront en mai, finalement. Je devrai mettre à jour mon billet d'information sur les deux nouvelles concernées; il s'agit de deux hommages à Joël Champetier formant une sorte de trilogie hommage avec celle déjà publiée dans Solaris 213 en début d'année – on dirait il y a des années, tellement le monde d'avant la pandémie semble lointain. Je vous laisse donc là-dessus, puisque pour une de ces nouvelles, je dois encore apporter quelques correctifs et transmettre ça à mon éditeur avant publication!

Sinon, vous ça va, après plus de 40 jours en confinement?

dimanche 12 avril 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 26

Petite vie de dindes de campagne
Ça va bientôt faire un mois que nous sommes en confinement à la maison. Étrange époque pour la plupart, mais une occasion de prendre les choses en douces pour d'autres.
Ici, la faune vivant sur le territoire où se trouve ma maison continue sa petite vie comme si de rien n'était. Les dindes sauvages sont revenues faire un tour juste à côté de la galerie, un chevreuil a laissé des "glosettes" sur mon terrain.

Chevreuils derrière la maison
Salsifis le raton a volé le suif destiné aux oiseaux à nouveau, mais cette fois-ci, il a réussi son coup sans ouvrir les portes grillagés. Je ne comprends pas comme il a fait ça, à part d'avoir mangé tout ça à travers la grille, morceau par morceau.

Il y a 10 cas de confirmés de personnes atteintes de la COVID-19 dans la MRC qui englobe mon village. J'aimerais savoir si c'est dans des endroits proches ou loins d'ici, mais nous n'avons pas ces données pour le moment. Au moins, le nombre de cas n'a pas augmenté depuis plusieurs jours.

Pendant qu'on continue de suivre notre télé-roman quotidien de points de presse du Québec, les américains doivent endurer le film d'horreur qu'est devenu le leur. Je m'inquiète pour les quelques connaissances ou parents que j'ai aux ÉU malgré les communications rassurantes que j'ai de leur part. J'aimerais me retrouver dans 6 mois pour savoir que tous les gens que je connais s'en sont sortis indemne.

Joyeuses Pâques

Alors que je me préparais avec enthousiasme à travailler un peu sur le terrain avec les dernières traces de neige fondues – j'ai des idées pour quelques nouveaux aménagements dont une aire de relaxation et lecture sous le saule près du ruisseau -, une imposante chute de neige est venue tout recouvrir d'une chape blanche de 30 cm d'épais… On a donc fait un bonhomme de neige pour Pâques.


Je ne sais pas si c'est à cause de la neige, mais le lendemain a vu un retour massif des oiseaux dans les arbres et mangeoires devant la maison; des étourneaux, des quiscales, des geais bleus, des carouges, des merles, des tarins de pins, des junkos ardoisés, tout un festival aviaire avec des centaines de participants ne respectant aucune distanciation; je ne pense pas en avoir vu autant en même temps et sur une si longue période depuis que j'habite ici.

Sinon, travail, séries télé (Plan B saison 2, excellente série québécoise s'est ajoutée à mes polars étrangers. Et de ce côté, La Trève, série belge, s'est avérée une belle surprise). Côté musique, je me suis payé un cadeau que je lorgnais depuis sa sortie; la version remasterizée et augmentée de pièces et d'enregistrements inédits célébrant le 50e anniversaire de l'album Abbey Road des Beatles. Pour l'amateur des Fab four, c'est un très beau cadeau.

Ça avance...
J'avais acheté l'édition du samedi du journal Le Devoir il y a quelques semaines – j'ai dû me désabonner en venant habiter ici car ils ne rendent pas le service jusque chez moi, malheureusement. Dans l'édition du samedi, il y a un beau mot croisé grille blanche qui me donne du fil à retordre. Je tente évidemment de résoudre l'affaire dans mes temps libres, et sans l'aide d'aucun dictionnaire, pour faire durer le plaisir.
Dans la nuit de samedi à dimanche, j'ai poursuivi une tradition familiale qui remonte à mon grand-père paternel, qu'il a transmis à ses fils et que mon père m'a ensuite transmis; je suis allé à l'eau de Pâques. Je ne suis pas croyant, et n'attache pas réellement de pouvoir à cette eau-là, mais j'aime bien poursuivre la tradition; mon grand-père Wilfrid allait chercher cette eau dans le ruisseau au bout de ses terres, dans la nuit du samedi de Pâques, et en abreuvait ses animaux sur la ferme familiale où mon père a passé une partie de son enfance. Cette tradition a été poursuivie par mon père et mon oncle Réjean. Dans ma jeunesse, nous y allions à plusieurs avec eux et mon grand-père. Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir continuer cette tradition en allant cueillir l'eau dans le petit ruisseau au bout de mon terrain, ça me rappelle mes origines et donne un autre sens que le religieux à ce congé.
Festival aviaire
Dimanche en avant-midi, après avoir fait une balade dans le rang, nous avons croisé Angèle et Marc-André, du village, qui font régulièrement une marche dans 9e rang, et j'ai appris qu'eux aussi étaient allé à l'eau de Pâques cette nuit, l'affaire ayant été une tradition du village pendant des années!
Ils y sont même allés plus tard que moi dans la nuit... à ce moment-là, je devais dormir, ou avoir été tiré du sommeil par le bruit des pattes de Salsifis sur la galerie de devant, qu'il est revenu visiter cette nuit. Je n'ai plus remis de suif aux oiseaux depuis quelques jours, le temps que mon raton prenne de nouvelles habitudes ailleurs...
Cette histoire de raton est donc à suivre...

Et vous, ça va?

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