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vendredi 17 août 2012

Campagne, crise sociale et souvenirs du Pérou

Dans un billet du mois de mai dernier, j'évoquais mes souvenirs de voyage en Amérique latine en parallèle avec la crise sociale qui secouait le Québec.
Si je reviens avec ce sujet aujourd'hui, c'est qu'une relecture de quelques notes de mon passage au Pérou m'est apparue particulièrement intéressante, en regard des événements que l'on a vécu au Québec ce printemps et permettent également d'éclairer les politiques préconisées autant par le Parti Libéral qui cherche à obtenir un 4e mandat que la CAQ de François Legault pendant cette campagne électorale. Ces observations au Pérou, en 2007, ont été notées après avoir parcouru Lima, Arequipa, Puno, Cusco et Juliaca, avoir assisté à deux manifestations des travailleurs miniers et traversé deux de leur blocus routiers, à Ayaviri et Juliaca, pris un vol de Juliaca à Cusco sous surveillance militaire et asisté à deux manifestations des enseignants, à Arequipa et Cusco en plus d'une contre-manifestation de l'industrie touristique *.
(Les extraits de mon journal de voyage sont en italique et sont suivis de notes actuelles entre crochets).
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Le Président actuel [2007] du Pérou, Alan Garcia, a été élu en 2006. Garcia avait déjà dirigé le Pérou de 1985 à 1990, menant l'économie du pays littéralement en ruine. Lors de la fin de son mandat en 1990, sa gestion avait été considérée comme un échec total. Après avoir perdu les élections de 2001, il a donc repris le pouvoir l'an dernier en promettant surtout d'amoindrir les différences entre les riches et les pauvres du pays, et en mettant un frein aux politiques de droite du gouvernement précédent.
[Notes de 2012: Il semble que l'idée de se faire élire en promettant du changement et de prétendre qu'on n'est pas de droite ne soit pas si nouvelle que la CAQ voudrait nous le faire croire].
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Depuis son entrée en fonction, le gouvernement Garcia a signé un traité de libre-échange avec les Etats-Unis et des pourparlers pour signer le meme genre de traité avec le Canada ont justement débuté aujourd'hui, lundi 16 juillet 2007. Le gouvernement Garcia favorise grandement des politiques économiques néolibérales - une attitude vaguement basée sur les politiques chiliennes voisines- en stimulant l'investissement privé au pays, qu'il soit national ou étranger. Le résultat de ses politiques est que l'économie du pays est en progression, même si cette progression est lente. Par contre, l'encadrement de ces politiques est controversé, puisque l'écart entre les riches et les pauvres du pays semble se creuser plutôt que s'amoindrir.
Malgré ses ressources naturelles (or, argent, cuivre et pétrole), le pays souffre d'une situation économique qui n'est pas aussi dramatique que par le passé, mais plus de 52% de sa population vit sous le seuil de la pauvreté - et considérant le cout de vie ici, c'est dire que plus de la moitié des péruviens n'ont pratiquement rien, ni biens ni revenus.
[Notes de 2012: Promettre des mesures progressistes et gouverner à droite, échec des politiques néolibérales à améliorer le niveau de vie de la classe moyenne et des classes plus pauvres, airs connus. Exploitation des ressources naturelles sans que le pays n'en tirent de revenus conséquents, les parallèles avec la gouvernance Libérale sont éclairants].
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Un des déclencheurs des diverses manifestations anti-gouvernementales a été la nouvelle Loi sur l'évaluation des enseignants, que le gouvernement tient responsable de la médiocrité du système d'éducation péruvien. Résultat de ce projet de Loi; le syndicat des enseignants a déclenché une grève générale illimité partout au pays. Diverses manifestations publiques ont eues lieu parallèlement à l'arret de travail des enseignants, qui accusent le gouvernement d'utiliser cette loi pour faire des mises à pied massives et injustifiées.
Les travailleurs des mines s'en sont melés peu après, protestant entre autres contre l'absence de droits syndicaux, mais surtout contre la contamination des eaux potables engendrées par l'opération des mines. Ils ont été rapidement appuyés par les populations locales, puisque tout le sud contestent les politiques d'investissement privé. (...) Le résultat de ces manifestations et blocages routiers a complètement isolé certaines régions du sud du reste du pays; au moment d'écrire ceci, il n'y a plus de circulation entre les secteurs de Puno-Cusco-Juliaca et ceux d'Arequipa-Lima.
[Notes de 2012: Manifestations, remise en question de la compétence des enseignants, travailleurs syndiqués perdant leurs droits d'association et de grève légale, rien de nouveau dans notre printemps érable, non?]
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Les agriculteurs du sud, mécontents des politiques du gouvernement Garcia depuis le début de son mandat ont donc emboîté le pas dans ce qui semble devenir une manifestation générale de la population péruvienne contre son gouvernement. (...) Plus de 2500 paysans ont envahis la ville de Andahuaylas il y a quelques jours et la manifestation a dégénéré en violences et arrestations. Les agriculteurs ont imité les travailleurs des mines et bloqué la route vers Abancay, toujours dans la partie sud du pays. Aujourd'hui, on estime le nombre de paysans à avoir envahi quelques villes à 10000. La situation a atteint un point culminant les 11 et 12 juillet dernier, quand tout le pays a été paralysé par une grève générale, et qu'aucun transport n'était en fonction. Les travailleurs de la construction ont donc emboîté le pas aux autres manifestants et la crise semble avoir atteint toutes les strates de la société péruvienne.
[Notes de 2012: Gouvernement qui fait le sourd face aux manifestants, crise sociale qui s'étend à une autre strate de la population, ça rappelle l'intransigeance libérale et les manifs de casseroles citoyennes.]
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La première réaction du président Garcia a été de blâmer les partis d'opposition et de crier au complot de l'opposition pour déstabiliser le pays (...) Par la suite, Alan Garcia a qualifié les groupes de manifestants (agriculteurs, enseignants, travailleurs des mines et de la construction), de "dangereux communistes", une réaction qui a été ridiculisée dans tous les médias. (...) Suite aux dernières manifestations, le président a annoncé qu'il adoptait la ligne dure (main de fer) pour contrer les agitations et ramener la paix au pays. (...) Les grands titres d'aujourd'hui laissent croire que le gouvernement Garcia continue son attitude de la ligne dure contre les manifestants et prévois meme déposer une nouvelle loi imposant des sanctions aux dirigeants syndicaux et aux dirigeants des manifestations qui ont mal tourné.
[Notes de 2012: Complot de la gauche, des souverainistes, des communistes, des anarchistes et des anticapitalistes, adoption de la ligne dure par une Loi spéciale imposant des sanctions aux manifestants et associations syndicales. Déjà vu!]
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Parmi les commentaires scandés par les manifestants, on a les prévisibles "Gouvernement incapable", "Sans justice, pas de paix" ou encore "La grève continue, sans compromis". Quelques affiches taxaient le président Garcia de Dictateur... un chant réclamait avec "urgence, un nouveau président" et certains manifestants chantaient aussi que c'était la faute du président si les cours ne reprenaient pas et les enfants demeuraient chez eux. (...) Le commentaire le plus ambitieux était certainement le récurrent: "Sans solution, nous marchons sur le Machu Picchu!", qui vise à inquiéter le gouvernement en visant la plus importante source de revenus du tourisme au pays.
[Notes de 2012: On va vous l'organiser, votre Grand Prix. Morale: Si vous n'attaquez pas la droite par l'argent, personne ne réagit.]
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L'éditeur d'El diario de Cusco rappelle aux manifestants que le tourisme est une des industries les plus importantes du Pérou et que leurs actions nuisent grandement à cette industrie fragile. L'éditorial fait état du fait que le tourisme est la principale ressource économique de toute la région de Cusco. Il mentionne des touristes quittant le pays déçus (de ne pas avoir vu le Machu Picchu pour cause de train bloqué) et jurant de ne plus jamais remettre les pied dans ce pays. Dans El diario de Cusco, toujours, la chambre de commerce de Cusco publie une lettre ouverte aux manifestants et au gouvernement, expliquant les impacts économiques désastreux de la crise sur toute la région (agences, boutiques, restaurants, attraits, etc).
[Notes de 2012: Gilbert Rozon et cie convoquent le ministre Bachand craignant l'hécatombe touristique de Montréal en cas de poursuite du conflit. Paranoïa du Grand Prix, peurs pour les festivals, etc.]
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La centaine d'arrestations à Lima les 11 et 12 juillet dernier sont pour le moment très mal vus dans tout le pays. Le président a beau apparaître quasiment tous les jours à la télé pour appeler au calme et justifier ses politiques (à grand renfort de chiffres confirmés par les observateurs internationaux selon lesquels l'économie progresse), la population pauvre (et majoritaire) du pays ne l'entend pas ainsi et exige sa part de cette renaissance économique.
[Notes de 2012: Arrestations de masse, l'écart entre riches et pauvre qui se creuse, la lutte est citoyenne, etc.]
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De retour chez nous, nous sommes donc en campagne électorale, avec six partis, dont quatre ont des députés sortants, chacun avec ses promesses et se ses déclarations choc. Nous allons savoir bientôt quelle direction idéologique prendra le Québec. Car au-delà des belles promesses à court terme et des beaux débats télévisés, il est important de réaliser quelle idéologie sous-tend le parti qui sera au pouvoir. Car c'est avec cette idéologie qu'il va régler tous les problèmes et les imprévus qu'il rencontrera pendant les quatre prochaines années. On a vu où l'idéologie libérale de la manière forte a mené à l'affrontement avec les forces policières et à l'adoption d'une loi spéciale décriée par tous les observateurs indépendants.
Les péruviens ont payé cher cette réalisation. Un an après mon passage, en octobre 2008, l’ensemble du cabinet a démissionné suite à un scandale de corruption sur des contrats pétroliers [oui, je sais, déjà vu aussi ici], mais le président est demeuré en fonction. Et ce n'est que lors des élections suivantes, quatre ans après les manifestations dont j'ai été témoin, en juin 2011, que Ollanta Humala, un socialiste modéré, a été élu président du Pérou avec des promesses de redistribution des richesses vers les plus pauvres du pays.
Au Québec, après 12 ans de gouvernance à droite (le gouvernement Bouchard était clairement de centre-droite), sommes-nous enfin prêts à penser autrement pour notre avenir, ou bien allons-nous poursuivre dans la même direction avec encore plus de politiques néolibérales que proposent le PLQ et la CAQ? Réponse le 4 septembre prochain.
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* Le texte intégral d'un article composé en juillet 2007, sur les agitations sociopolitiques au Pérou, peut être lu ici.

lundi 8 novembre 2010

Tintin et moi: Les Amériques (2)

Suite des souvenirs de mes voyages où j'ai croisé la route de mon ami Tintin. Je le disais dans le billet précédent; l'Amérique latine est un terreau particulièrement fertile pour l'aventurier lecteur du héros belge. L'Amérique du sud, et spécialement le Pérou, offre souvent des paysages et rencontres fascinantes à cet effet; on a l'impression de se retrouver dans une case dessinée par Hergé.
En photo; (cliquez pour agrandir):
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Un classique d'humour bon enfant, la rencontre de nos héros avec les lamas andins, une rencontre que j'ai eu le plaisir de vivre à plusieurs reprises. La photo de gauche a été prise à Intipunku près du Machu Picchu, au Pérou en 2007 et la photo de droite a été captée dans le désert d'Uyuni en Bolivie, également en 2007.


Je me souviens qu'en visitant le site pré-inca de la civilisation Chimu de Chan Chan au nord du Pérou, j'avais été étonné de la ressemblance des idoles retrouvés sur le site avec celui d'une célèbre aventure de mon héros.
Les deux photos ont été prises in situ dans les ruines de Chan Chan, près de Trujillo, en 2007 (et les originaux de ces idoles sont dans le musée du site, sis non loin).


Le train qui va de Cusco à Aguas Calientes (maintenant appelé Machu Picchu pueblo) est un des trajets de train les plus renommés de l'Amérique du Sud; ce n'est donc pas un hasard si nos héros l'ont déjà emprunté dans leurs aventures. Les deux photos de droite et gauche ont été prise au Pérou, en 2007.


Certaines illustration d'Hergé ne font pas partie des albums conventionnels; c'est le cas de celle de droite, qui avait été préparée pour la publication en épisodes - et qui a servi par la suite d'illustration de couverture à une édition spéciale. L'idole qui y est représenté m'est immédiatement venu en mémoire lors de mon passage au museo arqueologico Nacional Bruning et que j'y ai vu celui qui trône devant l'entrée du musée (photo de gauche, Lambayeque, Pérou, 2007).


Les passants et les habitants des petites ville andines croisés par nos héros (dont les aventures ont été dessinées il y a plusieurs décennies) font encore des apparitions aujourd'hui. La photo du haut, à gauche, a été prise à La Paz, en Bolivie (2007). Les photos de gauche et droite au bas ont été prises à Cotogchoa, en Équateur (2007).


Les Andes elles-mêmes - ou encore leurs habitants naturels - fournissent souvent le décor pour rappeler les aventures de mon héros. En haut, dans la cordillère des Andes (2007), devant le plus haut sommet de la chaîne, le Cerro Aconcagua; à gauche, ma figurine de Tintin, à droite, moi-même. En bas, les majestueux condors des Andes, photographiés (gauche et droite) en 2007 à Cruz del Condor dans le Canyon de Colca, au Pérou.


Les sites archéologiques permettent de visiter les lieux rêvés lors de ses lectures d'enfance, sans que ceux-ci n'aient trop eu à subir les inévitables changements s'étant produits dans les villes habitées depuis la publication des albums. C'est donc avec une fascination certaine que l'on peut voir les momies pré-incas, avec leurs masques, cranes et jarres, qui rappellent inévitablement les aventures de nos héros. Les photos du haut ainsi que celle du bas, à gauche, ont été prises sur le site archéologique mochica de Sipan, au Pérou, en 2007 (les pièces originales trouvées dans les tombeaux sont dans le Museo Tumbas Reales de Lambayeque).


Un des éléments spectaculaires des aventures du petit reporter est évidemment sa visite chez les incas. Mes propres visites chez les incas m'ont donc fournis de nombreux sites me rappelant un de mes albums préférés. Photos: en haut, à gauche, Templo del Sol d'Ingapirca, Équateur (2004), seconde à partir de la gauche: Machu Picchu, Pérou (2007), à droite: ruines de Tambomachay (2007). En bas, Pisaq (à gauche, 2007) et Sacsayhuaman, près de Cusco (à droite, 2007).
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dimanche 7 novembre 2010

Tintin et moi: Les Amériques (1)

S'il y a un continent où voyager permet de croiser de multiples références et éléments retrouvés dans les aventures du reporter d'Hergé, c'est bien le continent américain.
Les Amériques, dans mon cas, c'est essentiellement l'Amérique latine.
En effet, les peuplades, les temples, la faune, la flore, tout est susceptible d'évoquer un souvenir de lecture, une case ou une péripétie particulière. Chez les Mayas comme les Incas, dans la jungle ou dans les villes, dans les Andes ou au carnaval, le voyage se fait souvent en compagnie de Tintin.
Voici donc quelques souvenirs de voyage qui m'ont fait croiser les univers déjà explorés par Tintin avant moi.
(Cliquez sur les images pour voir une version plus grande)
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Débutons par un endroit qui peut paraître étonnant: New York, où j'ai pris les photos de droite et de gauche.


Lors de mon premier séjour en Équateur, en 2004, j'avais pris ces deux photos (en haut) de Quito. Celle de gauche montre une rue du quartier la Mariscal, relativement moderne, alors que celle de droite montre un quartier de la capitale équatorienne où les gens moins bien nantis vivent dans maisons de bloc sur des terrains en pente. Ce parallèle, effectué par Hergé avec une capitale imaginaire (en bas) m'apparaissait frappant.


Alors que j'étais dans le train entre Aguas Calientes et Cusco, un homme costumé a traversé le wagon. Les latinos sont de grands amateurs de carnaval, mais dans ce cas précis, c'est la ressemblance du costume (cette photo, en bas, date de 2007) avec celui imaginé par le bédéiste qui m'avait étonné.


Je me souviens encore de la prise de cette photo (à droite), en 2004, alor que je me trouve dans le bassin amazonien. Je ne pouvais pas, encadré par un tel décor, ne pas penser à cette célèbre scène amazonienne qui apparaît en couverture d'une aventure de mon héros.


Difficile de ne pas voir le parallèle ici! Certaines tribus indigènes d'Amérique latine sont connues pour leur utilisation de la sarbacane; c'est pourquoi on m'avait fait essayer la chose alors que j'étais en visite en Équateur (en haut, 2007). J'étais loin de la maîtrise développé par le compagnon de mon héros, mais je n'étais pas mal non plus.


Dire que cette scène a été captée en Amérique relève de mon imaginaire. J'ai posé pour la photo (en haut) lors d'une visite dans une exposition en France en 2006. La scène représentée, par contre, se déroule quelque part dans les Antilles.


Je parlais de carnaval un peu plus haut: voici un tableau qui met en scène celui imaginé par Hergé et des photos que j'ai prises lors de visites à Quito, en Équateur. En haut, à gauche, à la Plaza San-Francisco, en 2007. Les deux photos du bas avaient été captées en 2004 lors d'un défilé, à la même Plaza.


Dans ses aventures en Amérique latine, Tintin passe beaucoup de temps dans la jungle. Difficile de ne pas s'imaginer à la recherche d'un trésor quand on se retrouve dans la forêt tropicale. La photo du haut à gauche a été prise à Palenque au Mexique en 2010. Celles du bas à Fuentes Georgina (gauche) et Takalik Abaj (droite), au Guatemala, en 2009.


Cette scène - qui apparaît également en couverture d'une des aventures de notre héros - a été reproduite avec beaucoup de talent par ma mère, sur une table qui trône dans mon appartement. C'est cette table que j'ai pris en photo (en haut à droite). Pour moi, cette scène fait écho à plusieurs pyramides mayas que j'ai pu admirer au fil de mes séjours en Amérique centrale; en haut à gauche: Tikal, au Guatemala (2005). En bas, deux scènes captées au Mexique; à gauche: Palenque, au Chiapas (2010) et à droite, Chichén Itza, au Yucatan (2007), avec ma figurine Tintin en guise de clin d'oeil.
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Mon ami reporter m'a également accompagné encore plus au sud dans mes vagabondages latino-américains. Ce billet est donc à suivre...
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lundi 5 juillet 2010

Another time, another place : Des nouvelles de Pisco et Paracas

Another time, another place, Another rhyme, a warm embrace
Another dance, another way, Another chance, another day
- «Another day» (in Rent, écrit par Jonathan Larson)
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Par un beau hasard aujourd'hui, je me suis retrouvé à discuter (via Internet) avec Vanessa Levano, une amie péruvienne originaire de Lima, que j'avais rencontrée lors de mes vagabondages sud-américains en 2007. Vanessa - qui étudiait alors en tourisme - travaille aujourd'hui pour un hôtel de Paracas et habite la charmante petite ville de Pisco.
Pisco, c'est cette ville du Pérou où je m'étais arrêté quelques jours avec mes compagnons de voyage Sophie et Martin, alors que nous profitions de ce célèbre lieu viticole et que nous visitions la superbe réserve naturelle de Paracas.
Quelques semaines après notre passage à Pisco, le Pérou était frappé par un tremblement de terre majeur, dont l'épicentre était la région de Pisco-Paracas.
Lors de ma remontée du Pérou, un peu plus tard, j'étais repassé par Ica, une grande ville non loin de cette région, et avait pu noter la désolation laissée par le séisme, ainsi que la tranquillité des environs délaissés par le tourisme après le tremblement de terre.
Discuter avec Vanessa aujourd'hui m'a permis d'avoir des nouvelles fraîches et de première main de cette région que j'avais beaucoup aimée.
Vanessa m'a raconté que El Bulevar de Pisco a été presque entièrement reconstruit, et les commerces et restaurants y fleurissent à nouveau. La Plaza de Armas a aussi été rénovée en grande partie, mais l'église de Pisco, entièrement détruite par le séisme, est aujourd'hui remplacée par une simple croix, retrouvée dans les décombres. J'ai aussi appris que le petit hôtel San Isidro - où nous avions profité de la piscine, avec Sophie et Martin malgré l'hiver local - a été réparé et qu'il est toujours en opération.
Vanessa croise à l'occasion des coopérants volontaires de Pisco Sin Fronteras, la plupart d'entre eux provenant des États-Unis, qui viennent à Pisco pour des séjours de quelques mois, aider à reconstruire les maisons, les écoles et à nettoyer les plages, travail qui n'est toujours pas terminé près de 3 ans après le séisme.
Du côté de Paracas, il y a moins de tourisme qu'avant le séisme - même 3 ans plus tard - ce qui est fort dommage, car la réserve est remplie de beautés naturelles qui valent la peine d'être vues.
C'est toutefois avec consternation et tristesse que j'ai appris que la "Cathédrale de pierre" - une splendeur naturelle de la réserve, entre le désert et l'océan - n'existait plus. La spectaculaire formation rocheuse s'est entièrement effondrée dans la mer lors du tremblement de terre.
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Si j'ai voulu partager ces informations avec vous aujourd'hui, c'est surtout pour illustrer que le voyage et les rencontres font de la Terre une plus petite planète. Je l'ai souvent dit, mais les endroits où j'ai été sont plus près de moi, désormais. Pisco, Paracas, ça fait partie de ma culture, de mon expérience, c'est un peu chez moi aussi. J'étais donc bien heureux d'avoir des nouvelles de ce coin de "mon" Pérou aujourd'hui, même si mon dernier passage en terre Inca remonte déjà à près de 3 ans. Another time, another place... mais toujours en moi.
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On dit que si les gens du monde voyageaient plus et étaient plus ouverts sur le monde et les autres, nous aurions bien moins de problèmes et de conflits. Nos pseudo-leaders devraient prendre des notes.
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Photo 1: Martin et Sophie à la Plaza de Armas de Pisco, avec la petite église au fond (aujourd'hui détruite).
Photo 2: Sophie, Martin et quelques autres touristes, admirant la spectaculaire cathédrale de pierre de Paracas (aujourd'hui disparue).

dimanche 29 novembre 2009

Écrire du récit de voyage: Bruno le pionnier, au Pérou

Il y a environ un an et demi, j'attirais votre attention sur les voyages de Bruno, et les succulentes relations qu'il en fait dans une chronique hebdomadaire.
Si je reviens sur les voyages de Bruno aujourd'hui, c'est en partie parce que j'ai fouiné avec plaisir dans ses deux livres dans une librairie hier (en me réchauffant avant le passage du Père Noël sur la rue St-Hubert). Ces deux livres, intitulés La frousse autour du monde (tome 1 et 2) sont constitués essentiellement des textes de ses chroniques de voyage, accompagnés de photos, dans une mise en page imagée et animée, le tout constituant de très beaux objets.
Et si je vous parle de ces livres, c'est que dans la culture franco-québécois, ils sont rares, les vrais auteurs de littérature de voyage qui écrivent autre chose que des guides, des articles quasi publi-reportages ou des conseils généralistes. (Or c'est un milieu assez développé dans la culture anglosaxonne; les éditeurs et livres de récits de voyage sont légion.)
Ici, ils sont rares les auteurs qui nous parlent d'eux, en voyage, qui nous parlent d'anecdotes et des dangers et des imprévus parfois difficiles à vivre en voyage. Bruno Blanchet le fait avec humour, avec sérieux, avec honnêteté, bref, c'est une sorte de pionnier dans le sens où il s'agit probablement du premier auteur contemporain à le faire sur une base aussi régulière et aussi populaire que sa chronique hebdomadaire.
La grande magie de la littérature de voyage est de faire rêver, et de faire voyager les sédentaires par procuration. Je suis de ceux qui croient en la personnalisation des relations de voyage, pour que le lecteur puisse s'identifier plus facilement qu'avec les sujets des articles génériques.  En plus, Bruno sait montrer que voyager en indépendant - à moins de se contenter des circuits touristiques habituels - peut être inquiétant ou difficile parfois, et que ce n'est pas toujours des vacances, que ce n'est pas nécessairement fait pour tout le monde non plus. Et il exprime bien les difficultés (sur le terrain comme psychologiques) que représente un voyage de plusieurs mois.
Bref, pour un auteur qui aime écrire de la littérature de voyage comme moi, Bruno, c'est du pur plaisir à lire et un grand pas pour faire connaître ce genre d'écrits au public. Car la seule manière de trouver un éditeur pour des projets de livre de récits de voyage, c'est qu'un éditeur sache que ça existe, pense que ça puisse de vendre, donc croit qu'il y ait un lectorat. Bruno est en train de prouver que des lecteurs francophones de récits de voyage, ça existe au Québec, et sa popularité ne peut qu'être bénéfique pour ce petit milieu éditorial.
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J'aurais, évidemment, pu vous dire tout ça avant aujourd'hui - même si le second livre de la Frousse vient tout juste de paraître - mais par un amusant concours de circonstance, Bruno vient d'arriver au Pérou, un pays où j'ai passé plusieurs semaines en 2007 et que j'aime beaucoup. Dans sa chronique de cette semaine, il parle de son arrivée à l'aéroport de Juliaca (d'où j'étais parti sous surveillance militaire pour éviter un blocus routier), du groupe de musique traditionnelle qui s'y trouve, et de tout plein de choses qui me rappellent des souvenirs amusants. Et ça, c'est l'autre magie de la littérature de voyage: celle de faire sourire en faisant revivre l'aventure, lorsque l'auteur d'un article passe là où vous êtes allés, raconte des choses que vous avez vécues (en partie)... D'ailleurs, sa relation de son atterrissage de cette semaine n'est pas sans me rappeler l'arrivée de Suze à Cusco, après que son avion ait tourné pendant une heure autour de l'aéroport avant de plonger dans la couche nuageuse...
Pour ça et pour l'ensemble de tes autres textes, merci Bruno.
Et bon voyage.
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lundi 6 juillet 2009

Les photographes photographiés

Depuis quelques années, je m'amuse souvent à prendre en photo des gens ... qui prennent des photos.
C'est devenu une habitude, lorsque je me balade ou lorsque je visite des sites touristiques, de regarder comment les gens prennent leurs photos... ou de quoi ils ont l'air en les prenant, ou encore ce qu'ils prennent en photo... et d'immortaliser le moment, sous un autre angle que le leur.
Le résultat est parfois amusant, et parfois intéressant du point de vue de la composition que ça peut donner (comme le moine bouddhiste visitant les ruines du temple d'Angkor Wat au Cambodge, sur la photo si-contre, par exemple).
J'ai récemment regroupé 40 de ces photos, dans un nouvel album thématique, disponible ici.
Cet album regroupe donc des photographes photographiés sur le fait.
Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser.
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lundi 24 septembre 2007

Looking Flowers

Ok, here's another of my little songs...
It's like a farewell to Peru, a country where I've been for longer than I planned, that I liked more than I thought I would and where I made unexpected really good friends.
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You'll certainly notice that some of the sentences doesn't exactly make sense. I was heading more for a ambiance and was more concerned by the musicality of the words I was putting together than concern by proper grammar.
So, to be sure that it was obviously done on purpose, I did it in the title itself. Since, actually, looking flowers isn't an act but a place.
And, as they say, it goes like this... Enjoy!
Hugo

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Looking Fowers
by Hugh Morin, Lima, Peru, 9/18 - Chiclayo, Peru, 9/21, 2007.

I'll remember you
while the road bus moves
around the highest mountain
I won't forget how
sweet your dark skin glows
among the golden lights


I'll remember you
while the condor looms
along the deepest canyon
I won't forget how
kind your dark eyes shines
among the silver skies


I'll remember how
promises are kept
along the city palm trees
I won't forget you
sadness love and hope
among looking flowers


Innocence in your every laughter
youth in your every smile
eternal hopes in your eyes
among looking flowers


I'll remember you
while the blue plane flies
among the cloudy night
I won't forget how
soft your last kiss tastes
among the copper sands


Many miles away
deep in stranger land
under the southern stars
Language fell away
love had found a way
among looking flowers


among looking flowers
among looking flowers

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Catacaos y Piura con seis chicas!

Je poursuis ma remontée vers le nord du continent...
Quelques notes rapides sur une journée qui a été plutot improvisée, dans un lieu où je n'avais meme pas prévu arreter au départ... et en agréable compagnie en plus! :-).
Que demander de plus?
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J'avais décidé quelques jours auparavant, de me rendre à Vilcabamba, au sud de l'Équateur, comme premier stop en terre équatorienne. Le probème était le trajet de 13h que ca prend, et le fait qu'il s'agit en fait de trois trajets indépendants, et que les horaires ne coincident pas. Ainsi, si vous partez de Chiclayo à 8h le matin, vous arriverez à Vilcabamba vers 23h. Trop pénible et trop long. J'ai donc décidé de couper le trajet en deux, en restant une nuit à Piura et en visitant le mercado de Catacaos. De Piura, il y a un bus direct vers Loja (10h) et de la, 45 minutes de micro vous mènent à Vilcabamba.
De Chiclayo, j'ai donc pris un bus vers Piura, qui devient ma dernière étape péruvienne du voyage.
Piura n'a pas grand chose à offrir au visiteur. En fait, la région de Piura se bat pour se débarrasser de sa réputation de ville-de-passage, entre la frontière équatorienne et les sites d'intérets de Chiclayo et Trujillo plus au sud.
N'empeche, à 20 minutes de Piura, il y a un petit pueblo qui s'appelle Catacaos et où l'on trouve le plus grand marché d'artisanat du nord du Pérou. J'ai donc décidé d'aller y faire un tour.
La route vers Catacaos est déjà quelque chose en soi. J'étais dans un combi, qui roulait à tombeau ouvert, donc je n'ai pas pu immortaliser en photo ce que j'ai vu sur la route, mais en un mot, disons: Bidonville. Et je ne parle pas de ces pueblos ou hameaux que l'on croise ici et là un peu partout dans les pays andiniens, non, je parle d'un Bidonville avec un B majuscule. Et il est grand, ce bidonville, il doit etre aussi grand que Catacaos, qui est un pueblo tout ce qu'il y a de plus normal (église, plaza, quelques rues asphaltées en plus!). M'enfin.
Le mercado de Catacaos offre une panoplie assez représentative des mercados d'artisanat: bijoux, poteries, articles en bois, masques, etc. L'emphase du nord est définitivement mis sur les céramiques, et le mercado comportait son lot d'artisant avec des pièces absolument superbes. Le problème, quand on voyage avec un backpack comme seul bagage - et ce pour plusieurs mois - c'est qu'on n'a pas l'espace disponible pour se balader avec des céramiques, sans parler du poids de ces choses. Les grands vases, entre autres, étaient très beaux, avec des design intéressants (et que je n'avais pas vu partout ailleurs au pays). L'ensemble du travail avait l'air effectué avec minutie, ce qui n'est pas le cas de tous les marchés d'artisanat.
Bref, après quelques heures à Catacaos - dont une visite au marché local - j'ai acheté quelques babioles et j'ai repris le combi vers Piura.
Photo: Le marché local de Catacaos, assez typique des marchés que l'on retrouve un peu partout dans les pays des Andes.



À Piura, j'ai passé quarante minutes à la Plaza de Armas, dont au moins 30 sur le meme banc, à prendre des photos...
Il faut dire que j'avais rendez-vous.
La veille de mon départ de Chiclayo pour Piura, j'ai recu un mail de mon amie Kathy, de Lima. Elle savait que j'étais à Chiclayo et en route vers l'Équateur, et elle me disait qu'elle-meme, serait à Piura, pour un spectacle, le dimanche.
Ainsi, par un de ces hasards-timing de voyage, je me suis retrouvé le samedi à Piura jour de son arrivée. Elle devait répéter le spectacle avec la troupe, puis avait du temps libre plus tard en soirée. Nous avions donc convenu de nous rejoindre à la Plaza de Armas, avec un système d'horaire variable.
C'est pourquoi je me suis retrouvé à la Plaza avec 45 minutes à tuer... et j'en ai profité pour prendre quelques photos, puisqu'il s'est avéré fort intéressant de simplement regarder les gens passer autour de moi. Voici une partie du résultat:


Ces trois filles sur le banc en face de moi sont elles aussi demeurés à la Plaza pendant une petite heure. À un moment, elles ont fini par repérer mon petit jeu de prendre des photos des gens aux alentours et se sont mises à surveiller qui j'allais capter le moment suivant. Elles n'ont jamais réalisé que 1) je savais qu'elles parlaient de moi et me surveillaient :-) et 2) que j'avais pris cette photo d'elles :-)).


Ce vieux monsieur qui traverse la rue allait ensuite aller se coucher sur un banc de l'autre coté de la Plaza pour une longue sieste...


Sur la Plaza, devant la cathédrale, un gros Dino mauve vendait des répliques de lui-meme sur roulettes afin d'amuser les enfants. J'ai vu au moins deux enfants balader ces petits dinos à roues plus tard.


Les deux policiers minucipaux ont effectué plusieurs tours de la Plaza et du parvis de la cathédrale, et ils semblaient toujours en grande conversation.


À un moment, j'ai noté plusieurs taxis qui amenaient des clients très bien habillés entre la Plaza et la cathédrale. Puis, j'ai réalisé que tout ce beau monde était réuni pour la meme occasion, et oui, quelques minutes plus tard, la cathédrale leur ouvrait ses portes pour une célébration de mariage. Ici, une petite bouquetière arrive devant la cathédrale avec sa famille.
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Puis, Kathy est arrivée... avec cinq de ses copines et membres de la troupe qui allait présenter le spectacle du lendemain. En recevant son mail, la veille à Chiclayo, je ne savais pas trop de quel genre de show on parlait - Kathy avait mentionné que c'était pour enfants - mais en arrivant à Piura, j'allait en voir des publicités partout en ville! Grandes affiches, posters, flyers, et meme des pubs télé! Wow. Pour ce que j'en sais maintenant, Kathy fait parti de cette troupe depuis décembre dernier, et avec quelques autres troupes, ils ont été invités à Piura pour donner leur show. Hi5, que le groupe s'appelle (celui de Kathy) et le show (chanson, musique, chorégraphies) est orienté vers un public d'enfants et jeunes ados.
J'ai donc passé une partie de ma soirée avec les filles, et je dois dire que j'adore ce genre d'expérience, où je me retrouve mèlé à un groupe d'amis d'un pays visité. C'est à cent kilomètres des visites touristiques ou des guides habitués de parler aux touristes... C'est tellement simple, mais tellement réel et intéressant en meme temps! Ca m'a rappelé la connexion au Colca Canyon, mais aussi mes journées avec Léo et Evelyn à Quito. À chaque fois, c'est fascinant d'écouter les conversations et de partager quelques expériences (la plupart des 6 filles ont un bon anglais, mon espagnol n'est pas trop mauvais, et elles apprennent meme le francais!). Passer un peu de temps avec des copains locaux, sans avoir un agenda précis. Ce genre de rencontres en dit souvent plus long sur la culture que n'importe laquelle visite ou lecture sur le pays.
Après avoir mangé un riz chinois (passable, mais pas excellent, et servi sans baguettes!), nous allions quitter le food court quand j'ai vu la grande affiche annoncant leur show du lendemain. J'ai donc pris cette photo de Kathy et des filles (Kathy à l'extreme droite).
Notez que la compagnie qui a produit le show de Piura a meme un site internet. (Je n'ai pas encore eu le temps de le visiter...)

Gracias chicas por este momento con ustedes! Y gracias Kathy por la conversacion al fin de la noche, fuy muy agradable hablar contigo, otra vez!
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Et le lendemain matin, je prenais le bus pour Loja, Équateur...

vendredi 21 septembre 2007

Civilisations Pre-Incas: Le Museo Bruning

Toujours sur le thème des civilisations pré-Incas, j'ai visité aujourd'hui, dans la petite ville de Lambayeque, le Museo Arqueologico Nacional Bruning, qui leur est consacré.
C'est certainement une des expositions d'archéologie les plus intéressantes que j'ai vu de ma vie.
En plus de proposer des pièces de diverses civilisations et époques, le musée présente plusieurs reconstitutions historiques, ainsi que quelques centaines de photos prises par Bruning lors de son séjour prolongé au Pérou. Et, cerise sur le sundae, le Bruning permet justement la prise de photos!
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Hans Henrich Bruning, le fondateur du Musée qui porte aujourd'hui son nom, est arrivé d'Allemagne en 1872, il avait 27 ans. Il est resté au Pérou jusqu'en 1925 et est mort en Allemagne en 1928. C'est dire qu'il a été péruvien d'adoption pour le plus clair de sa vie. Ce qu'il a laissé au Pérou est inestimable, puisque dès son arrivée, il s'est intéressé aux artefacts laissés par les civilisations précédentes sur le territoire du Pérou. Il a commencé à entreprendre des actions pour protéger plusieurs sites historiques et regrouper les pièces découvertes en ces lieux pour éviter leur trafic et leur dispersion dans le monde. Pour abriter ces objets - on parle aujourd'hui de plus de 5300 pièces - Bruning a fondé dans sa maison de Lambayeque, le Museo arqueologico del norte del Peru, aujourd'hui le Museo Bruning.
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Comme son fondateur s'était d'abord concentré sur la région où il résidait, le Bruning propose surtout des pièces provenant des civilisations Mochica, Lambayeque et Chimu, avec quelques pièces de l'époque Inca, bien entendu.
La visite du Bruning s'est avéré un excellent timing à ce moment-ci de mon voyage, puisque je termine en quelque sorte les explorations des mondes pré-Incas commencées en début de voyage. Ainsi après avoir visité la plupart des sites archéologiques importants sur le sujet, il était fort agréable de pouvoir voir/revoir des pièces de toutes ces cultures regroupées dans un meme endroit.
J'ajouterai aussi que l'exposition des photos prises par Bruning ajoute un élément de profondeur à toute ceette exposition. Pour qui, comme moi, aime les photos de voyage et de découvertes, ces photos à elles-seules valaient déjà le prix du billet d'entrée au Bruning (8 soles, environ 2,50$ CDN, ou 2,50$ US, hehehe!).
Et de voir les photos qu'il avait prise au début du siécle dernier de certains lieux où je suis passé dans les derniers mois était tout simplement fascinant. (Túcume n'a... pas changé!)
Voici un échantillon de ce que propose le Bruning.


Parmi les plus anciennes pièces de textile, ce tissage de l'époque Lambayeque avec ses diverses représentations (on reconnait deux personnage au bas). L'état de préservation des couleurs est surprenant.


Aussi de la période Lambayeque, ce masque funéraire en cuivre et or, superbe.

Parmi les choses plus imposantes, on retrouve cette momie, présentée ici avec un vase en céramique parfaitement conservé.

Une de mes pièces préférées de tout le musée: Cet idole Chimu, tout en bois (à l'exception des yeux, en nacre), une pièce imposante (un peu plus d'un mètre) et d'une grande beauté esthétique. J'écris "une de mes pièces préférées" car il y avait deux idoles comme celui-ci, et le dyptique est ce que j'aurais bien rapporté dans mes bagages, si j'avais pu! :-)
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[Photos accompagnant le texte:
1. Dans l'entrée du Museo Bruning, sculpture et bas relief.
2. Reproduction d'une décoration murale de l'époque Mochica.]
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Civilisations Pre-Incas V: Lambayeque

Voici la suite de mes très longues explorations des derniers mois des civilisations pré-Incas ayant peuplé diverses régions du Pérou avant l'expansion et la domination de l'empire Inca.
Ce billet opère un survol de l'histoire de la civilisation Lambayeque, qui a prospéré entre les années 700 et 1375 de notre ère. Ils allaient s'étendre sur tout le nord du Pérou, controlant une grande partie du territoire où avait prospéré les Mochicas avant eux.
Après la destuction de son centre commercial et religueux par des innodations suite à un phénomène El Niño, la culture Lambayeque s'est installé dans une nouvelle capitale: Túcume, aux environs de l'an 1000. C'est la visite des ruines de cette ancienne cité lambayeque qui m'amène à vous parler de cette civilisation.
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Question de faire le point par rapport aux autres civilisations pré-Incas dont j'ai pu visiter quelques reliefs depuis le début de mon voyage, mentionnons que la civilisation Lambayeque s'est développée après la désintégration de la civilisation Mochica. Pendant la meme période, au sud, se développait la civilisation Wari, dans les ex-territoires Mochicas, civilisation Wari qui allait aussi prendre le pas sur la culture Lima, elle-meme contemporaine de la culture Mochica.
Pendant toute la période Mochica-Lambayeque du nord-péruvien, le secteur aujourd'hui constitué de l'ouest de la Bolivie, le nord du Chili et de l'Argentine et l'extreme-sud du Pérou voyait son premier empire se développer autour de la civilisation Tiwanaku.
Toujours sur cette trame temporelle, la civilisation Lambayeque a évolué jusqu'au moment de la conquète du territoire par les Chimu, qui l'ont intégré à leur propre civilisation en 1375. C'était évidemment avant l'arrivée au nord des Incas, qui ont englobé toute la civilisation Chimu dans leur Empire aux alentours de 1470. La région de Túcume, désormais habituée aux conquetes, voyait ensuite, dès 1532, les espagnols débarquer dans le coin et opérer la dernière réelle prise du territoire de sa tumultueuse histoire.
Voilà pour la trame temporelle. Et aussi pour situer ce billet parmi les autres billets du meme genre publiés depuis le début de ce voyage d'exploration (je sais, celui sur les Wari n'est pas numéroté, et il y a aussi les deux autres billets sur les Mochicas, publiés à part, qui compliquent le suivi). M'enfin...
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Aujourd'hui, Túcume est un petit pueblo, et à quelques km de là, on retrouve les ruines de la plus grande cité de la culture Lambayaque. Le site n'est qu'en partie excavé et aucun travail de restauration n'a été effectué. Visiter les ruines de Túcume est donc un mélange de fascination devant ce qui se trouve encore enfoui en ces lieux et de déception de ne pas pouvoir vraiment le voir. Par contre, il y a des choses à voir... pour qui a un peu d'imagination. En effet, la cité de Túcume comportait 22 pyramides tronquées qui ont toutes été repérées. Malheureusement pour le visiteur, une grande partie du site, sous étude par les archéologues, n'est pas acessible autrement que par une vue aérienne d'un mirador. Par contre, les structures acessibles rendent la visite fort intéressante et le musée in sitio est informatif. Enfin, les sentiers sont bien organisés (la cité était vaste!), ce qui facilite d'autant la visite des ruines.
Quelques photos.


À l'entrée du sentier de la "petite foret", il y a un panneau indiquant toutes les sortes d'oiseaux que l'on peut voir dans le sentier. Habituellement, sur les espèces qui sont illustrées sur ce genre de panneau, vous etes chanceux si vous en voyez deux ou trois. À Túcume, j'ai pu observer plus de 10 espèces sur les douze illustrées! Dont cette petite chouette qui m'est passé à un mètre de la tete avant de se poser plus loin pour la photo!


Les restes d'une des pyramides de Túcume, dévorée par l'érosion.


Parmi les quelques pièces découvertes lors des fouilles partielles effectuées dans la cité, il y a des masques funéraires lambayeque en or comme celui-ci (aujourd'hui au Musée Bruning).


La végétation est très aride autour de la cité, comme en témoigne cet arbres à épine près des restes d'une autre pyramide.


Si on regarde de plus près ces montagnes qui ressemblen à des amas de boue séchée, on arrive parfois à distinguer des briques (suivez mon regard sur la photo), témoins millénaires des pyramides de Túcume.

Sur cette photo, prise du mirador, on peut voir une des pyramide à l'avant-plan (les restes) et, au loin, à droite, une autre pyramide qui, aujourd'hui, est tout près du pueblo de Túcume. Cette lointaine pyramide est la seule qui n'est pas protégé par le site archéologique et à laquelle n'importe qui peut avoir accès. Un simple panneau demande aux gens de ne pas la détuire ou l'abimer, mais j'y ai vu un homme y grimper et un chasseur y tirer sur des vautours.

Toujours parmi les pièces laissées par le passage de la civilisation Lambayeque, on retrouve de nombreuses céramiques illustrant diverses scènes et personnages. Celle-ci est aujourd'hui au musée Bruning).

Près du mirador sur le Cerro Purgatorio, j'observe au loin les ruines de la plus grande pyramide de Túcume, une structure de 450 mètres de long par 120 mètres de large et 30 mètres de haut.
Un petit temple a également été découvert sur la montagne, mais n'est pas accessible au visiteur. On croit qu'il date probablement de la période Inca de Túcume, puis que les Lambayeque, comme les Mochicas avant eux, ne construisaient pas dans les montagnes, mais dans la plaine.

Enfin... comme nous sommes au nord du Pérou, il n'est pas rare de croiser le célèbre Pero peruano sin pelo (Chien nu du Pérou). Ici, c'est un chiot, le père du chiot, qui n'était pas loin, a semblé apprécier les caresses que je lui ai fait derrière les oreiles :-).
Les fouilles archéologiques de Túcume ont d'ailleurs révélées que cette race de chien était déjà présente dans la vie des gens de la région à l'époque de la civilisation Lambayeque.
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jeudi 20 septembre 2007

Les vautours de Chiclayo

Un court commentaire, accompagné de deux photos et d'un vidéo.
[Commentaire qui sera encore plus court que prévu puisque je viens de le perdre en quasi-totalité, j'ai du changer de machine après un bug au café internet (c'est pas parce que j'ai arreté de me plaindre des cafés internet crap qu'ils se sont améliorés pour autant!). ]
Allons-y donc...

-- Une note sur les vidéos --
Parfois, je les capte pour le son, uniquement, car il y a des choses impossibles à photographier - comme le cri des singes hurleurs au lever du soleil dans la jungle à Tikal, par exemple. Parfois, je les utilise pour me souvenir de l'agitation, le mouvement, de l'ambiance. Parfois, c'est le panorama global qui est impossible à photographier (un 360 de la plaza de armas de Lima, pour prendre un exemple récent). Et malgré leur mauvaise qualité de tournage (à l'epaule, well, à la main) et leur basse résolution, il m'arrive d'en trouver un assez intéressant pour le partager avec vous.
-- Fin de la note --

Chiclayo n'a rien de bien original à offrir au visiteur, à part bien sur les fascinants sites archéologiques environnants. Aujourd'hui pourtant, Chiclayo a fait un efort: une belle manifestation politique, avec fanfare, autour de le Plaza centrale. Yé.
Ce n'est évidemment pas la première manif que je vois au Pérou depuis le début de ce voyage, et encore moins la première fanfare. Toutefois, la scène avait quelque chose d'original, puisque c'est la première manif avec fanfare que je vois survolée par des dizaines de vautours.
Les vautours, dans la région, sont omniprésents, et ils y sont par centaines! J'ai parlé de ceux qui hantent le site de Sipan, et j'en ai revu aujourd'hui à Tucume et Lambayeque... et à Chiclayo, ils sont incontournables.
Plus petits que les condors des Andes, il s'agit du meme type d'oiseau charognard au long cou et à la tete parfois chauve (il y a trois especes ici, une avec tete rouge, une a tete grise-noire, et une a tete chauve). Ils valsent dans les airs au-dessus de vous, et donnent un air étrange au paysage qu'ils observent de la-haut.
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Images fixes:


Perchés le soir venu, sur les plus hauts édifices du centre-ville de Chiclayo, par dizaines.


Meme en plein jour, l'heure de la sieste peut laisser paraitre les clochers de la cathédrale confortables.
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Images mobiles:




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Les tombeaux de Sipan: Muséo Tumbas Reales

Tel que mentionné dans le billet précédent, j'ai visité le site archéologique de Sipan. Son contenu réel, tel que découvert lors des fouilles, a été placé dans un musée.
Ce musée, c'est le Museo Tumbas Reales Sipan, et il est dans la petite ville de Lambayeque.


Cet après-midi, je suis donc aller jeter un coup d'oeil à cet établissement (inauguré en 2002, donc tout moderne) et ce qu'il propose.
Comme il est interdit d'entrer avec quoi que se soit (no caméra, no cellulaire, no packsac, nada, pas meme une bouteille d'eau), je n'ai aucune photo de l'intérieur meme du musée.
Dommage car son contenu est une véritable merveille pour l'amateur d'archéologie et de civilisations pré-colombiennes et la mémoire, meme bonne et bien entrainée, oublie toujours beaucoup de détails.
Il faut comprendre que le site de Sipan ayan été "découvert" seulement en 1987, il s'agit d'une incroyable trouvaille, et les milliers de pièces d'artisanat, de bijoux ainsi que les d'ornementations des tombres de Sipan représentent un trèsor incroyable. Des pièces en cuivre, or, argent, turquoise, tout ca mélangé, des céramiques, des plaques, armes, sceptres, allouette. Il y a de tout et en très grand nombre (Juste dans le tombeau du Señor de Sipan, on a excavé 212 cruches, figurines, masques et pièces de céramique, la plupart en bon état et avec divers design et dessins sur leurs bords).
L'état des pièces découvertes est saisissant. Le travail de restauration du cuivre (qui était évidemment oxydé), l'argent et l'or, permet d'admirer les pièces pratiquement comme elles étaient il y a des siècles.
Le musée explique aussi comment a été découvert le site. En fait, on a commencé à voir apparaitre sur le marché noir des "nouvelles" pièces de l'époque Mochica et on a soupconné que des pilleurs et trafiquants avaient fait une découverte. En enquetant, près de Sipan, on a découvert qu'une gallerie avait été creusée... et on a sécurisé le site pour y organiser de véritables recherches scientifiques archéologiques.
On s'est vite rendu compte de l'importance du site. On y a excavé au total pas moins de 14 tombeaux importants. Un était vide, par contre, celui pillé par les trafiquants qui avaient creusé un tunnel dans le site. Plusieurs pièces ont depuis été retracées, aux douanes ou en Amérique du Nord grace à une collaboration des agences internationales et du FBI, notamment. Ces pièces ont été rapatriées au Museo, mais évidemment, aucun moyen de savoir comment elles étaient organisées dans cette 14e tombe, ni d'en déduire de qui c'était la sépulture.
Toujours est-il que le musée explique aussi comment les spécialistes de la culture Mochica se sont retrouvés avec un véritable cadeau: les tombes des personnages les plus importants de l'histoire de cette civilisation et la clé d'une énigme.


Parmi les tombeaux, j'ai déjà parlé du Señor de Sipan. Jusqu'alors, quand on voyait ses représentations sur les céramiques Mochica (comme celle sur la photo ci-haut), on croyait que le pretre (à droite) s'adressait à une déité (non identifiée, à gauche). En découvrant que les décorations, sceptre, larges boucles d'oreilles, coiffe, armes et tout ce que le Señor de Sipan avait dans son tombeau avec lui correspondait exactement aux illustrations de l'art Mochica trouvé un peu partout ailleurs, on a compris qu'il s'agissait du dirigeant supreme des Mochicas, et non d'un Dieu. On a compris que l'on avait mis le doigt sur le tombeaux des Rois de la culture Mochica.
A part les autres tombeaux (dont celui d'un pretre de la meme époque que le Señor, j'en ai parlé hier), le plus profond s'est avéré une découverte aussi importante que celle du Señor. Profond?
Oui, car la pyramide tronquée qui a servi de monument funéraire à tous ces officiels, a été réalisée en plusieurs étapes, plusieurs époques. Ainsi, tout au fond, dans le premier segment, ils ont découvert un important tombeau, et selon les représentations plus anciennes, les archéologues ont conclus qu'il s'agissait d'un ancien Señor, ancien dirigeant supreme, qui, à son époque, combinait les fonctions de dirigeant et de pretre.
Les Mochicas ont simplement continué d'enterrer leurs officiels les plus importants à Sipan, faisant de la pyramide funéraire un édifice de plus en plus grand... jusqu'au dernier, El Señor de Sipan et le pretre dans un tombeau près du sien.
Le meilleur allait venir: Des tests d'ADN sur le squelette de celui qu'ils ont appelé "Le vieux Señor" (tombeau le plus profond, restes plus anciens) et sur celui du "Señor de Sipan" ont révélés que ce dernier était un descendant du premier, montrant que la caste royale des Mochicas était une dynastie.
Bref, ce sont quelques informations sur le fonctionnement des déductions suite à diverses découvertes, et il y en a bien d'autres, mais j'ai trouvé intéressant que les spécialistes partagent dans ce musée - pourtant déjà impresionnant simplement par ce qu'il montre comme pièces - leur manière de procéder, et c'est pourquoi j'ai partagé ces détails avec vous ici.
Le musée propose aussi plusieurs photos prises lors des fouilles, ainsi que des photos actuelles du site, en plus d'une reconstruction de deux tombeaux, ceux des deux Señores. Les reconstitutions sont saisissantes - surtout si on a vu le vrai site - mais évidement, dans le décor d'un musée, le feeling n'est pas aussi fort que sur le site archéologique lui-meme.
Comme nous ne pouvions pas prendre de photos, je vous laisse donc sur deux photos supplémentaires du véritable site, à Sipan.


Excavations les plus profondes, à la base de la pyramide, et partie du tombeau du Vieux señor de Sipan, ancetre du Señor de Sipan.

Tombeau "secondaire", dernier repos d'un chef guerrier, enterré avec deux femmes et un garde, un enfant, un chien et un lama décapité. Le squelette du garde était dépourvu d'os de pieds, comme tous ceux des gardes enterrés dans les autres tombeaux, un manière d'indiquer leur position, et leur immobilisme comme gardien. Les niches dans les cotés contiennent les pièces de céramiques qui servaient d'offrandes.
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mercredi 19 septembre 2007

Les tombeaux de Sipan: Le site

Par un étrange tour du destin, il y a trois mois exactement jour pour jour, je publiais une entrée sur la civilisation pré-Inca des Mochicas.
Or, il y a 20 ans (seulement), on a découvert un des sites les plus importants de cette civilisation: Sipan. À l'époque de sa découverte, le monde de l'archéologie entier s'est enflamé; on comparait la découverte des tombes de Sipan à celle de Toutankamon en Égypte, rien de moins.
Il faut dire que l'on avait déjà remarqué des plaques représentants diverses activités de cette civilisations, issues du marché noir, dont la principale plaque élabore les cérémonies du Señor et de son pretre principal. Avec les autres inscriptions découvertes en d'autres lieux (comme à Huaca de la Luna y del Sol près de Trujillo, sujet de mon billet d'il y a trois mois), on en savait donc déjà beaucoup sur cette civilisation et ses pratiques, mais on n'avait jamais découvert de tombes, encore moins de reliques des officiels les plus importants illustrés sur ses plaques.
Sipan était visiblement un endroit parmi les plus important de cette civilisation en terme cérémoniel et religieux puisqu'on y a découvert plusieurs tombeaux près d'un ensemble de quelques pyramides. Les tombeaux se sont avérés contenir plusieurs scépultures d'officiels importants de la caste dirigeante des Mochicas. Parmi les plus importants, mentionons la tombe d'un grand pretre et celle du dirigeant supreme du groupe; celui qui est maintenant appelé El Señor de Sipan.
Comme Sipan est situé près d'un pueblo à 50 minutes de Chiclayo, je me voyais mal quitter le Pérou sans visiter son site le plus récent et un de ses plus importants. C'est la raison principale de ma presence à Chiclayo.
Notons que toutes les reliques, les décorations, les dorures et les squelettes ont été retirés des tombes lors de leur excavation, et que tout ca repose dans un musée (à Layambeque, à 20 minutes de Chiclayo, mais dans l'autre direction, je visiterai donc demain!).
Si le site de Sipan vaut tout de meme le détour - et il le vaut cent fois -, c'est pour voir l'endroit réel, et j'avoue etre un gars de site plus qu'un gars de musée, en autant que l'archéologie soit concernée. J'aime les visites en musée, comprenez... quand le site n'est pas disponible.
Je suis donc allé à Sipan d'abord, pour m'impregner de l'endroit, de l'esprit du lieu, avant d'aller voir les reliques.
Quelques photos.


L'esprit vagabond entre deux des pyramides principales. On ne dirait pas qu'il s'agit de pyramides, puisque l'excavation et le nettoyage de la couche de sable et de poussière qui les recouvrent reste à faire en grande partie. En s'approchant, on voit plus de détails apparaitre; des briques, des marches... Cette allure anodine des colines explique aussi pourquoi le site est demeuré inconnu malgré la présence de pyramides jusqu'en 1987.


La pyramide principale (ce qu'il en reste, enfoui sous le sable), avec à l'avant, un premier travail d'excavation en deux endroits, qui démontre que la base est quelques mètres sous le sol actuel.

Les détails d'une tombe que l'on croit etre celle d'un officier dirigeant guerrier, du à son rang parmi les tombeaux, et à son installation. On y a découvert les squelettes d'un garde dans un cercueil à ses cotés, et ceux de deux autres hommes, à meme le sol, ce qui suggère qu'ils ont été sacrifiés pour accompagner l'officier. Aussi, à part les ofrandes dans les pots de céramiques et les décoration de corps, on a trouvé deux squelettes de lamas dans ce tombeau.


La tombe principale du site: celle du Señor de Sipan. Enterré dans un cercueil de bois, au centre, avec une installation de six couches de décorations, tapisseries, bijoux et armures et sceptre. Il est enterré avec trois jeunes filles et deux hommes et un enfant (qui lui, est enterré avec un chien dans son cercueil). Deux lamas et le corps d'un garde (en diagonale) sont aussi présents, en plus de centaines et centainees de céramiques et offrandes diverses, dont plusieurs dizaines d'oeuvres en or et en argent.


Mon ami Tintin, toujours sur la route avec moi, pose devant une des pyramides... et qu'est-ce qu'il y a derrière, sur la pyramide?? Zoom-in por favor!

Ah, il s'agit de deux vautours... vision omniprésente sur le site de Sipan comme dans les airs tout autour...
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À suivre demain, donc, avec les visites des deux musées de Lambayeque, dont celui qui contient et présente tout ce que l'on a trouvé et retiré des tombeaux de Sipan!
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