vendredi 12 mai 2017

En marge de Boréal 2017 - Une réédition inattendue

Le congrès Boréal 2017 a coïncidé avec la réédition d'une de mes nouvelles publiées il y a très longtemps.
En réalité, cette édition de 2017 est une nouvelle version (revue et augmentée) d'un cours texte fanique écrit lors de ma toute première séance d'écriture sur place, à Boréal 12 à Ottawa dans la nuit du 13 au 14 mai 1995. Cette nouvelle, intitulée "Ténèbres à l'auberge des Six Rois" avait originalement été publiée dans un recueil regroupant les textes écrits sur place cette nuit là dans le collectif fanique Fou Rire, en 1995.
Il s'agissait d'un texte humoristique, qui m'a été demandé pour réédition par Valérie Bédard alors qu'elle préparait son livre de science-fiction et fantastique humoristique il y a quelques années.
Le livre en question - qui est à la fois un recueil de textes de Valérie écrits au fil des ans et un collectif de textes humoristiques par divers "invités" de Valérie pour l'occasion - est sorti des presses juste à temps pour Boréal 2017.
Le livre s'intitule "Requiem pour un maudit cougar", un titre qui prendra son sens dans le dernier texte du recueil, un long récit épistolaire d'une correspondance entre Valérie et le milieu SFFQ qui s'étend de décembre 2008 à octobre 2013.


Publié à compte d'auteur, le livre dont la facture et le ton sont clairement faniques, compte sur la contribution d'une dizaine d'auteurs en plus de Valérie, dont Joël Champetier, conjoint de l'auteure. À part ma nouvelle revue et augmentée spécialement pour l'occasion, la plupart des contributions sont des textes originaux (bien que deux des textes de Joël et un de Valérie avaient été publiés auparavant à ma connaissance).

À cette époque où le milieu est devenu très professionnel, les projets faniques se font très rares, et ma foi, ce livre est donc une bouffée d'air frais, rigolo et sans prétention, qu'il fait bon aborder avec le décalage nécessaire à l'appréciation de ce genre d'ovni.


Je vous laisse sur le sommaire de ce livre, auquel je suis bien content d'avoir participé, en remerciant Valérie Bédard de m'avoir inclus dans ce projet amusant et sympathique.
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En marge de Boréal 2017 - Le Vieux-Québec

Quelques photos noir et blanc captées dans le Vieux-Québec ce midi, en marge de Boréal 2017, le temps gris se portant bien à l'absence de couleurs... 10 photos en vrac, captées pendant mon séjour à Québec pour Boréal 2017...












dimanche 7 mai 2017

Boréal 2017 - jour 3

Jour 3 (le dernier) des activités de Boréal 2017 et Imaginaires 2067, jour 3 qui a débuté pour moi dans le vieux réfectoire du monastère (photos 1 et 2 ci-bas), où avait lieu le mini-marathon d'écriture, lors duquel j'ai passé 3h40 à travailler sur une nouvelle, qui au final, sera certainement plus longue que ce que j'avais en tête, à en juger les scènes écrites lors de ce marathon.
La journée s'est poursuivie par une balade d'une demie-heure dans le vieux-Québec question de m'aérer les esprit et de diner.
Puis, retour au congrès, puis, en fin de journée, ma participation à la remise du prix Hommage Visionnaire 2017 à Joël Champetier. L'ensemble de la cérémonie, menée avec aplomb et diplomatie par Alain Ducharme, a été très émotive. Enfin, le congrès s'est conclus sur une série de remise de prix, dont le Solaris et les prix Aurora-Boréal, les lauréats de ces derniers posant ensembles pour une photo souvenir.





Les écrivains, ça écrit pas toujours, et ça n'assiste pas toujours aux tables rondes pendant les congrès, qui sont également des occasions de rencontrer des passionnés de jeux.


Hommage Visionnaire 2017 (peinture réalisée par Démie Lecompte).


Prix Aurora-Boréal 2017: Jean Pettigrew (Solaris), Élisabeth Vonarburg (meilleure nouvelle), Ariane Gélinas (meilleur roman) et Pierre-Alexandre Bonin (Clair Obscur)
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samedi 6 mai 2017

Boréal 2017 - jour 2

Trois points majeurs dans ma journée. D'abord, le très intéressant atelier de Jean-Claude Dunyach auquel je me félicite encore de m'être inscrit, et qui complétait parfaitement - pour cet auteur ci - celui auquel j'ai assisté hier. Puis, l'heure de l'invité d'honneur Patrcik Senécal, toujours aussi intéressant et drôle, et enfin, le lieu même du congrès, le monastère des augustines.
Quelques photos de ce jour 2 - qui se poursuivra ce soir avec la traditionnelle et souvent très comique discussion par la bande annonce.



Quelques ajouts modernes ont été nécessaires pour créer une entrée, poser un ascenseur et transformer le monastère en auberge et centre de congrès.




Salle des ventes sous les voûtes du monastère.


Patrick Senécal, invité d'honneur, sur l'écriture, la publication et le succès et les dangers de laisser ce dernier nuire à l'écriture.



Lieu idéal pour parler de créatures aux pouvoirs parfois surnaturels...



Le vieux réfectoire. Si j'ai bien compris, c'est là que je passerai deux ou trois heures à écrire demain matin lors du petit marathon d'écriture...



En marge de Boréal 2017 - Visite privée chez les ursulines

Comme j'ai mes entrées au couvent des ursulines et que je loge à deux minutes à pied de ce monastère historique, j'en ai profité pour m'offrir une petite visite privée du couvent, en marge de mon congrès, et de prendre quelques photos de ce spectaculaire endroit.


Le couvent est un dédale de couloirs, de paliers et d'escalier courbés ou en colimaçon.


Comme les activités ne se déroulent pas systématiquement dans toutes les zones du monastère, la plupart des endroits sont maintenus dans la pénombre, tirant leur éclairage de vitraux.


Mauvaise photo (un peu floue, je manquait de lumière, j'ai fait un peu de post-production pour que l'on y voit l'essentiel), mais on peut y voir ma guide (hehe) qui m'ouvre les panneaux d'une armoire camouflant un foyer où l'on a entreposé de vieux boulets de canons découverts dans les murs du couvent et qui datent de la bataille des plaines d'Abraham, rien de moins!


Le plus vieux foyer, aujourd'hui dans les combles au sous-sol, où l'on peut aussi voir certaines des lus vieilles parties de l'édifice et certaines de ces fondations en pierre.


Près de la cuisine - où j'ai été invité à déjeuner - escalier monumental, couloirs et portes en arche.


Parmi les nombreuses pièces de cette gigantesque demeure (où habitent encore une cinquantaine d'ursulines), on retrouve évidemment la chapelle - vue en partie à gauche sur ce cliché, capté d'un des couloirs latéraux. Notez le magnifique ouvrage de l'escalier au fond du couloir.


Plafond et coupoles de la chapelle - je n'y suis entré que partiellement, je ne voulais pas déranger la douzaine de soeurs qui y priaient ce matin.


Ma pièce préférée du monastère est évidemment sa bibliothèque, un endroit aussi magnifique que calme, où on retrouve toutes sortes de publication - j'y ai même vu le Devoir de ce matin.
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Comme la maison de la littérature est sise dans une ancienne église et que le congrès se poursuivra aux Augustines, je me suis dit que cette visite aux ursulines étaient une idée cohérente à réaliser en marge de ce Boréal 2017 pas comme les autres.
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Boréal 2017 - jour 1


C'est dans des édifices à l'historique religieux que je passerai mon congrès, puisque certaines activités ont lieu à la maison de la littérature (ci-haut, et ci-bas), qui est sise dans une ancienne église, alors que les autres ont lieu dans l'ancien monastère des augustines, le tout dans le quartier patrimonial du Vieux-Québec.

A part le décor, ce Boréal a débuté sur des chapeaux de roues avec un atelier-présentation de Philippe-Aubert Côté en après-midi (dans le cadre d'Imaginaires 2067 tenu en parallèle à Boréal), suivi en soirée de l'ouverture officielle et de la remise du Prix Jacques Brossard a l'écrivaine Martine Desjardins pour son roman La chambre verte.


À mon programme demain, un autre atelier d'Imaginaires 2067, des panels, une séance probable d'écriture sur place, une discussion avec l'invité d'honneur Patrick Senécal, sans oublier la discussion par la bande annonce.


Dimanche, je participerai au marathon d'écriture en matinée, puis assisterai à quelques panel et aux remises de prix, dont le Prix Hommage Visionnaire qui sera remis à Joël Champetier.


Synchronicité d'ambiance, mon auberge -également édifice patrimonial - est dotée d'un grand salon-bibliothèque...
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vendredi 5 mai 2017

Test pré-Boréal

Je dois faire un petit test avant de penser bloguer en direct du congrès Boréal 2017, puisque mon blog souffre d'un problème technique depuis quelques mois, ce qui me le fait négliger...


Mon arrivé à Québec pour le congrès.
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dimanche 26 février 2017

Oscars 2017: Prédictions et choix de l'Esprit Vagabond!

Intro
Je ne pensais pas jouer au jeu des choix et prédictions cette année, puisque je n'avais pas vu assez des films en nomination pour le faire, mais un blitz de dernière minute (j'ai vu deux films hier et un avant-hier!) jumelé à la demande générale (au moins 5000 messages reçus réclamant mes prédictions) m'ont incité à le faire (1).
Donc, sans flafla ni jolies photos ni montage, voici sans plus tarder les prédictions et les choix de l'Esprit Vagabond, exceptionnellement présentés en un seul billet vu que le temps presse avant la cérémonie de ce soir.
Je rappelle que mes prédictions sont basées sur mon interprétation des préférences probables de l'académie. Mes choix reflètent mes préférences personnelles et n'ont rien à voir avec les résultats que je pense voir se concrétiser au gala de ce soir.
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Remarque générale
Contrairement à ce que plusieurs prédisent, je ne vois pas de balayage aux Oscars cette année. certes, le favori, La La Land, repartira avec quelques Oscars, mais je prévois qu'il en remportera seulement 3 dans les 8 catégories majeures. Il est probable qu'il reparte également avec quelques Oscars de catégories plus techniques, mais l'académie nous a habitué depuis quelques années à une répartition des Oscars entre plusieurs films avec les huit catégories principales, et je pense que cette année continuera cette nouvelle attitude qui évite les grand balayages spectaculaires.
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Devant la caméra
Meilleur acteur -  Prédiction : Denzel Washington, Fences - Choix: Casey Affleck, Manchester by the Sea.
Je sais, Affleck, mon choix, a remporté presque tous les prix cette saison pour son rôle. Mais Denzel Washington a remporté le Screen Actor's Guild (SAG), et les acteurs membres de la guilde sont majoritairement membres des Oscars, donc même s'il a déjà remporté deux oscars auparavant (Training Day et Glory) - dont un pour un rôle de soutien - la barre des trois oscars est possible, puisque Meryl Streep l'a brisée il y a quelques années justement et que Denzel en est à une septième nomination. Le rôle de Denzel était aussi plus spectaculaire, plus entraînant que celui, très sombre, et tranquille de Affleck. Bref, tout le monde ou presque prédit Affleck, mais j'y vais avec Washington comme prédiction à contre courant. J'ajouterais qu'après le scandale de Oscar so white l'an dernier, les nominations d'acteurs noirs devrait être suivis d'Oscars, et que plusieurs membres de l'académie y verront là un geste important. Sans rien enlever à la performance de Washington (ou d'autres en nominations dans les catégories ci-bas), ça l'avantage légèrement pour cette année. Et il est évident que si ce n'est pas lui, c'est Affleck qui l'emporte. Il demeure d'ailleurs donc mon choix personnel.
On s'étonnera que je ne considère par Ryan Gosling pour La La Land, le film qui a le plus de nomination et dont certains prédisent un balayage, mais malgré la belle performance de Gosling, quelques scènes-clé du film reposent plus sur Emma Stone et il est jeune et n'en est qu'à une seconde nomination; on le reverra éventuellement.
Meilleure actrice - Prédiction et choix: Emma Stone, La La Land.
Les catégories d'actrices sont toujours difficiles à prédire et je me plante plus souvent là que dans les autres, mais coup donc, j'y vais cette année avec celle qui a littéralement tout remporté, y compris le SAG - meilleur indicateur aux Oscars pour les catégories d'acteurs. Meryl Streep et Nathalie Portman ont eu leur oscar récemment (3e pour Streep, The Iron Lady, 1e pour Portman, Black Swan), Ruth Negga en est à son premier vrai grand rôle, une première nomination étant donc déjà quelque chose, et Isabelle Huppert, la seule qui pourrait causer la surprise, l'est pour un film dont c'est la seule nomination (même pas de nomination comme meilleur film en langue étrangère), et dont on dit que le personnage n'est pas très attachant. En plus, Emma Stone porte sur elle quelques-uns des scènes les plus marquantes de La La Land, dont toute la partie finale qui repose entièrement sur son regard, une scène aux ramifications extrêmement touchantes et émouvantes qui transforme et transcende le film.
Meilleur acteur - rôle de soutien - Prédiction: Mahershala Ali, Moonlight - Choix: Dev Patel, Lion.
Comme choix, j'ai hésité entre les deux, mais Patel avait une plus longue présence à l'écran, dans un film dont la tension dramatique atteint des sommets avec son interprétation dans la dernière partie du film. Côté prédictions, Ali a remporté plusieurs prix dont le SAG et à part une surprise qui étonnerait tout le monde (Michael Shannon pour Nocturnal animals serait une possibilité en ce sens), ça sera Ali. Jeff Bridges a été honoré récemment (Crazy Heart), et Lucas Hedges est un nouveau venu à sa première nomination, et dans un rôle moins puissant que celui défendu par Mahershala Ali.
Meilleur actrice - rôle de soutien - Prédiction: Viola Davis, Fences - Choix: Naomie Harris, Moonlight.
Ici, côté prédictions, j'y vais avec l'évidence, c'est l'Oscar le plus certain de la soirée. Viola Davis a tout remporté, incluant le SAG pour cette performance. Michelle Williams n'a jamais été récompensée malgré 4 nominations, si le rôle avait été plus consistant, j'aurais peut-être opté pour elle comme prédiction. Nicole Kidman a déjà été récompensé dans le passé (The Hours). Comme je n'ai pas vu la performance de Viola Davis, mon choix personnel, parmi ceux que j'ai vu, va à Naomie Harris, qui joue le difficile rôle de la mère aux prises avec trop de problèmes pour s'occuper de son fils dans Moonlight.
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Derrière la caméra
Meilleur scénario original - Prédiction et choix: Manchester by the Sea.
Même si La La Land remporte plusieurs Oscars ce soir, celui du scénario devrait lui échapper. Les comédies musicales ont rarement l'Oscar du meilleur scénario, et c'est intrinsèque à la manière de raconter une histoire dont une partie est chantée, on a moins de lignes et de dialogues pour approfondir l'histoire ou les personnages. De plus, l'originalité et l'intelligence de La La Land passent beaucoup par la musique, la réalisation, le montage et l'interprétation, et ne repose pas sur l'audace ou l'originalité de son scénario. The Lobster est déjà une nomination surprise (c'est d'ailleurs sa seule nomination, malgré un succès critique intéressant) et le film est tellement une sorte d'ovni cinématographique qu'un Oscar serait vraiment étonnant de la part d'une académie plus conservatrice à ce niveau. Le seul concurrent sérieux à Manchester by the Sea demeure donc Hell or High Water, qui n'a pas remporté beaucoup de prix en amont des Oscars ni n'a autant de nominations. Comme le film ne remportera d'après moi aucun autre Oscar majeur, sa récompense sera celle du scénario.
Meilleur scénario adapté - Prédiction: Moonlight - Choix: Arrival.
Par une étrangeté de définitions de catégories, les deux gagnants (adapté et original) des Writer's Guild of America (WGA), l'association des scénaristes, sont présents dans la même catégorie aux Oscars. Le premier, Moonlight, devrait donc remporter l'Oscar, vu que le film a également récolté plusieurs autres nominations et est un des favoris comme meilleur film. Mon choix personnel, Arrival, a le défaut, pour la prédiction, d'être de la science-fiction, une tare en ce qui concerne les chances de gagner des Oscars dans les catégories majeures. (Pour information sur cette affirmation, on revisitera ce texte que j'ai publié il y a quinze ans mais qui demeure valide aujourd'hui, texte que j'avais d'ailleurs revisité il y a 7 ans pour justifier que contrairement à la planète entière, j'avais prévu que Avatar ne remporterait pas l'Oscar du meilleur film). Arrival demeure mon choix personnel par l'originalité de sa proposition science-fictive et par la profondeur du sujet et son développement à la fois grandiose et intimiste. Lion, un film magnifique que j'ai adoré, a tout de même une structure, des dialogues et un développement plus conventionnels que Moonlight et Arrival.
Meilleur réalisateur - Prédiction: Damien Chazelle, La La Land - Choix: Denis Villeneuve, Arrival.
Chazelle, déjà remarqué bien que sans nomination pour l'excellent Whiplash il y a deux ans, arrive à une bonne année pour remporter cet Oscar, puisqu'aucun des autres concurrents ne semble "dû" cette année. La nomination de Mel Gibson (déjà Oscarisé dans le passé pour Braveheart) est déjà une récompense pour lui, qui s'est vu marginalisé au cours des dernières années. Le seul concurrent sérieux pour Chazelle serait Barry Jenkins pour Moonlight, qui en est lui aussi à une première nomination, tout comme Denis Villeneuve. Côté prédiction, donc, Chazelle a remporté le Director's Guild Award (généralement un très fort facteur de prédiction pour cet Oscar-là) et son film est celui qui a le plus de nominations en plus d'être le favori pour remporter l'Oscar du meilleur film. Enfin, Damien Chazelle multiplie les références et les clins d'oeil à la manière de faire du cinéma et a réussi à donner è son film par son travail de réalisation une qualité et une apparence intemporelles, un exploit qui ne passera pas inaperçu auprès des professionnels du cinéma membres de l'académie. Chazelle devrait donc l'emporter si l'académie ne décide pas de séparer cet Oscar de celui du meilleur film en récompensant Jenkins pour la réalisation. Quand à Villeneuve, mon choix personnel, il devra faire autre chose que de la science-fiction s'il désire remporter cet Oscar la prochaine fois! Notez que mon choix personnel ne relève pas du chauvinisme, Villeneuve a plusieurs films magnifiquement réalisés derrière lui, et réussi l'exploit avec Arrival à filmer une histoire plus grande que nature d'un point de vue très intimiste. Sa réalisation d'une subtilité exemplaire et sa direction d'acteurs se remarquent films après films et il arrive encore à se dépasser avec chaque film. Arrival est réellement le meilleur travail de réalisateur que j'ai pu voir cette année.
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Quel sera le meilleur film?
Meilleur film - Prédiction: La La Land.
Mis à part le fait que La La Land a le plus de nominations - donc la meilleur appréciation de l'ensemble des éléments qui font un film - et a remporté une tonne de prix précédant les Oscars, c'est un film très positif, enlevant, entraînant, réjouissant, qui offre un contraste à la fois bienvenu et agréable avec une époque où tout semble extrêmement sombre aux États-Unis. Les membres de l'académie, comme le grand public qui a adoré le film, ne seront pas insensibles à cet effet de ce film-surprise aux antipodes du film politique ou engagé. En plus, c'est un film sur Hollywood, sur le cinéma, sur la musique, sur les artistes, et les membres de l'académie - qui sont tous des artistes et artisans du cinéma - ne peuvent faire autrement qu'adorer ce genre de productions. On a Oscarisé Birdman et The Artist dans les récentes années en partie pour les mêmes raisons. Je ne pense pas qu'il s'agisse de chauvinisme, mais à quelque part, comme spectateur, on apprécie et on est souvent plus touché par des sujets qui nous parlent intérieurement, et avec lesquels on connecte profondément. La La Land touche plusieurs cordes sensibles à ce niveau et offre de nombreuses références au passé du cinéma comme à son présent, par sa forme et par son look tous deux intemporels. Un film qui évoque à la fois les films d'antan et s'encre à contre-courant dans son époque ne peut pas être ignoré par les membres de l'académie.
Moonlight serait son plus sérieux concurrent, à la fois par le ton original et intimiste, et par son exploration subtile des réalités des minorités (noire et gai), elle aussi intemporelle, dans une Amérique qui se voit de plus en plus divisée sur ces sujets aujourd'hui. L'effet de rebond du scandale de l'an dernier concernant l'absence de créateurs autres que les blancs dominants Hollywood l'avantage probablement un peu, mais ce n'est tout de même pas un facteur déterminant ici, puisque les qualités d'ensemble du film demeurent amplement suffisantes pour qu'il emporte l'Oscar du meilleur film. Même si parmi les neuf films en nominations, Lion et Manchester by the Sea sont eux aussi des films remarquables et qui auraient des chances, les tendances me portent à croire que seuls La La Land et Moonlight ont de réelles chances de remporter l'Oscar du meilleur film, ma prédiction demeurant que La La Land sera récompensé. (Revoir mon argumentation sur la science-fiction pour comprendre que je considère qu'Arrival n'a absolument aucune chance dans cette catégorie). (2)
Meilleur film - Choix: La La Land.
J'hésite encore entre celui-ci et Arrival, qui est définitivement un film plus profond et plus intelligent et un des meilleurs films que j'ai vu au cours des dernières années. Comme amateur de science-fiction, et de langues, Arrival touche plusieurs cordes sensibles pour moi. La subtilité de sa réalisation et le traitement renouvelé d'une rencontre du troisième type m'a fait dire pendant une bonne partie de l'année qu'il s'agissait du meilleur film de 2016. Mais si je dois jouer au jeu des choix et mettre mon x sur un bulletin de vote virtuel de l'académie pour les Oscars... j'hésite.
J'ai également adoré Lion, un film dépaysant et émouvant et qui fait voyager le coeur et l'esprit et qui m'est apparu dès son visionnement comme un des meilleurs films de l'année. J'ai également aimé Manchester by the Sea et Moonlight, qui chacun à sa manière raconte une certaine tragédie humaine qui n'a peut-être rien de spectaculaire mais qui colle tellement à la réalité de milliers de tragédies humaines qu'ils tombent tous les deux dans me cordes comme amateur de films intimistes.
Mais comme passionné de cinéma et comme citoyen qui suit l'actualité politique sur une base quotidienne, comme citoyen de la terre qui demeure assez pessimiste sur l'avenir, je pense que La La Land tombait à point. Il m'a permit une évasion complète, m'a enveloppé dans sa musique et entraîné par ses chorégraphies amusantes, m'a fait rire et m'a attristé, m'a fait réfléchir sur les choix que l'on fait dans la vie et sur les vies parallèles que l'on aurait pu vivre, m'a fait plonger dans les grands yeux d'Emma Stone, m'a fait danser dans ma tête, bref, m'a subjugué l'espace de quelques heures... En plus, son effet d'entraînement s'est poursuivi pendant des jours grâce à la magie de sa musique; la simple écoute de la bande sonore me propulse dans cet univers alternatif et me donne envie de danser et de tournoyer, bref, d'oublier toute l'obscurité et la tristesse du monde. Peu de films - ou d'oeuvres artistiques - arrivent à cet effet avec moi, La La Land - malgré la minceur de son scénario - est donc le meilleur film de 2016 pour ce spectateur-ci.
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Et vous?
Vos choix? Vos prédictions?
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(1) Bon ok, soyons honnête, j'ai peut-être ajouté trois zéros au chiffre réel des messages reçus. Ça ne prend pas grand chose pour me convaincre de parler des Oscars :-)
(2) Ajout de dernière minute: Une chose que je ne mentionne pas directement dans mes prédictions originales ci-haut, c'est la possibilité que le climat politique actuel, au lieu d'avantager La la Land comme meilleur film pour s'évader, avantage Moonlight comme message de Hollywood à Washington... un facteur à ne pas négliger, puisque l'académie pourrait ainsi faire le split de meilleur film/Meilleur réalisateur entre Damien Chazelle et Moonlight, split qui s'est souvent fait au cours de la dernière décennie aux Oscars.