mardi 19 août 2008

Porcelaines et limousines russes

Limoges m'offre l'opportunité de faire un beau billet en vrac, en parlant de ce qu'on peut faire, par une journée de pluie imprévue, dans une ville où on a jamais mis les pieds avant. Je peux donc me permettre avec plusieurs photos de vous parler d'un four de 1884, d'un chasseur italien, des travaux d'Hercules et d'un superbe jardin botanique, simplement après avoir passé une journée ici.
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Il pleut ajourd'hui à Limoges, tellement, en fait, qu'on se croirait en Belgique (oups).
Mon programme était de passer la matinée ici, puis d'aller faire un tour du côté de Oradour-sur-Glane, un village tristement historique de la région.
Avec cette pluie, il fallait tenter de condenser les activités de l'avant-midi en intérieur, et comme le musée de la porcelaine de Limoges est fermé le mardi (!!), je me suis d'abord rabattu sur deux sites religieux; l'église St-Michel et la crypte St-Martial.

St-Martial était un envoyé de Rome qui est venu à Limoges vers les années 250 après J.C. Il est considéré comme le premier Evèque de Limoges. Il y a quelques décennies à peine, on a retrouvé son tombeau, sous la Place de la République, fait des fouilles archéologiques, et mis au jour un site fort intéressant où se côtoient les fondations de deux anciennes églises de Limoges et une impressionnante nécropole. Sur le site, accessible aux visiteurs, on peut voir nombre de sarcophages de la nécropole, de diverses époques, dont celui (au fond en bas, sur la photo ci-haut) de St-Martial. Des artefacts montrent aussi des gravures ou mosaiques ou autres représentations, comme on peut le voir clairement sur la photo également (dalle au-dessus, au centre de la photo, époque différente du sarcophage).

Parmi les sarcophages de diverses époques, certains sont en pierre, en granite, ou encore en plomb. De diverses formes/cultures, on en retrouve même (deux sur cette photo) qui sont un empilement de pierres autour de corps. Ici, on peut voir (centre et centre-droite) deux de ces empilements avec les restes de quelques ossements, probablement des sépultures d'enfants qui dateraient du 3e ou 4e siècles. Les archéologues ont terminé les fouilles, mais nombre d'analyses restent à faire.
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Après cette visite, j'ai emmené mes compagnons de voyage à la Royal Limoges. Fondée en 1797, c'est la plus ancienne manufacture de porcelaine de Limoges encore en activité. La Royal Limoges nous offre une visite de son site (elle opère toujours de son site original), en expliquant les moyens de fabrication de sa porcelaine - qui n'est pas sans rappeler celle des céramiques de Delft, mais avec des différences importantes, quand même.

L'un des bâtiments de l'usine abrite le Four des Casseaux, dernier représentant de la chauffe de la porcelaine par le bois et au charbon, un four qui date de 1884 et qui est - à juste titre - classé monument historique. On peut y voir les étapes de transformation de l'argile spécifique de la région en procelaine mondialement célèbre... Tout cela est fort intéressant.

Comme il s'agit d'un site historique qui n'est plus en activité (je parle toujours du vieux Four des Casseaux ici), on peut littéralement entrer à l'intérieur du four lui-même, où a été prise cette photo.
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Une fois la visite terminée, le visiteur peut évidemment se procurer un morceau de choix, car après tout, quel voyageur n'a jamais rêvé de trimballer de la porcelaine pendant dix jours dans un backpack?! :-).
C'est donc ce que j'ai fait... :-) bis.
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Profitant d'une accalmie, nous avons ensuite remonté vers la cité pour traverser les superbes jardins botaniques de Limoges.

Malheureusement, le ciel gris, qui tourne au blanc sur les photos, ne permet pas d'apprécier le site à distance à sa juste valeur. La petite église devenu un musée (voir plus loin) et la cathédrale gothique St-Etienne formaient pourtant le parfait arrière-plan.

J'ai bien aimé ces petits arbustes qui poussent en forme de pyramide... :-)

... Et que dire des tournesols? (Vous remarquez certainement l'austère clocher de St-Etienne, en haut à gauche). C'est dans des cas comme celui-là que j'envie les peintres, qui peuvent mettre le ciel qu'ils veulent!
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Dans l'ancienne petite église juste à côté de la cathédrale, on trouve le Musée de la résistance et de la déportation, qui rappelle un triste et sombre moment de l'histoire de l'Europe du 20e siècle, mais qui s'avère une commémoration tout aussi essentielle que toutes celles que j'ai vues dans mes précédents voyages sur le vieux continent.
Comme je prévoyait aller à Oradour-sur-Glane mais que nous avons changé de plan en raison de la pluie abondante, un détour vers ce musée s'est alors imposé comme une excellente solution de rechange...
Oradour-sur-Glane est un village situé au nord-ouest de Limoges, et le 10 juin 1944, l'armée Nazie est entré dans le village, pour en ressortir après que tous ses habitants aient été exécutés. 642 morts à Oradour-sur-Glane ce jour-là. Aujourd'hui, le site de l'ex-village est un centre de la mémoire et en rater la visite aura été compensé par l'heure et demie que nous avons consacrée au musée couvrant cette partie de l'histoire francaise et de l'histoire de Limoges.

Cet avion, qui nous accueille à l'entrée du musée est un chasseur italien, que l'armée allemande avait récupéré. Il a été abattu près de Limoges (alors piloté, tristement, par un sympatisant francais).
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Pour se remettre des émotions ressenties lors de cette visite, nous avons fait un saut vers le site de la vieille et splendide cathédrale gothique St-Etienne.

Cette photo (exceptionnellement prise hier après-midi, comme en témoigne le ciel bleu), montre les belles gargouilles qui ornent cette cathédrale dont la construction s'est essentiellement étendue sur les 13e et 14e siecles.

Même si l'ensemble est typiquement gothique (à part un jubé renaissance réalisé plus tard), on retrouve des colonettes qui annoncait déjà une architecture plus souple et moins austère. On remarque aussi l'étroitesse du bâtiment si on tient compte de sa hauteur, ainsi que l'étroitesse du transept, que l'on distingue à peine, au centre-gauche, sur cette photo.

Sur le jubé, justement, une note non-chrétienne (j'aime bien découvrir des symboles non représentatifs dans les édifices religieux. Qui se souvient de ce dragon mangeur de crème glacée à Salamanca?). Sur la photo, on voit le demi-Dieu grec Hercule réalisant un de ses douze travaux - les douze étant présents sur le jubé de St-Etienne, une référence à l'antiquité assez représentative de tendances renaissances.
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Enfin; en fin de journée, le ciel s'est dégagé, et j'ai pu capter cette photo d'un superbe édifice du centre-ville de Limoges, que j'avais apercu de plus loin hier et que je regrettais de ne pas avoir photographié avec un beau ciel bleu.

On se croise les doigts pour demain, avec un ciel comme ca après tant de pluie (et de tonnerre et d'éclairs, si, si).

Et je termine sur une photo de Limoges, une fois la nuit tombée... Il s'agit de la splendide Gare des Bénédictins, un édifice absolument grandiose qui accueille le visiteur dans la capitale de la porcelaine.
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Ah, oui, j'allais oublier... mon titre vous promettait une limousine russe...
Hehehe, Limoges est la capitale du Limousin... et comme j'y ai croisé une touriste russe, le jeu de mot était tout bonnement trop tentant... avouez que je vous ai intrigué, un peu!

Cette petite blonde posait évidemment pour une copine, ici, et deux minutes plus tard, me demandait de les prendre toutes deux en photo. La scène se passe bien sur avant que le ciel ne se dégage (il pleut même légèrement), dans les jardins botaniques de Limoges.
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1 commentaire:

  1. Daniel Sernine7:42 PM

    Hmmm... Casseaux... Ce n'est pas de là que vient Patrick Roy?

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