mardi 28 juillet 2009

Le rat des villes et le rat des champs et la vie à Montréal

Mon récent retour en ville m'a amené à réfléchir sur l'intérêt des gens à vivre près du centre ou plus en périphérie, puisque chacun a ses préférences de ce côté.
En comparant mon mode de vie à celui de mon père, et en comparant ses réactions et les miennes à la vie en région, en banlieue et en ville, l’autre jour, je me suis mis à me questionner sur la part d’inné et d’acquis dans les préférences de vivre en ville ou loin de celle-ci.
Mon père est un rat des champs. Il préfère les grands espaces, a besoin d’une cour extérieure, d’une voiture, d’espace et d’air frais. Je suis un rat des villes. Je préfère l’activité culturelle, les promenades dans les rues des métropoles, la proximité des festivals et du métro.
Mon père a vécu plus de soixante ans à Roberval, au Lac-St-Jean. Il vit à Montréal depuis deux ans (arrondissement Lachine). Ma mère a un profil similaire, née à Girardville (un village au Lac-St-Jean), elle a passé sa vie adulte à Roberval, et vit maintenant à Montréal.
Ma mère adore Montréal, la ville, les activités, la rue St-Denis, Ste-Catherine, St-Hubert, les antiquaires, les marchés publics. Mon père connaît bien Montréal (il y venait régulièrement en visite), mais préfère vivre chez lui à Lachine, plutôt que de prendre des bains de foule à répétition au centre-ville. Ainsi, en me demandant si mon père aimerait la ville autant que moi s’il y avait déménagé plus jeune, ou s’il avait vécu ailleurs, ou voyagé autant, je posais la question de l’acquis ; je considérais presque que j’aimais la vie en ville parce que je m’y étais initié plus jeune que lui. Cet argument ne tient pas la route quand on le confronte à l’exemple de ma mère. Il y a donc une bonne part d’inné dans le type de mode de vie que l’on préfère.
Étrangement, lors de mes premières années, je n’aimais pas vivre à Montréal. J’y étais pour études, et j’ai commencé à aimer la ville pendant les années que j’ai passé à St-Hyacinthe (banlieue très éloignée ou région à proximité, selon le point de vue), années pendant lesquelles je passais l’essentiel de mes fins de semaine à venir à Montréal…
Après une courte période à vivre à Roberval (d’abord un retour aux sources idéalisés, puis le poids de la petite ville devenu lourd à porter), j’ai déménagé à Vancouver, où j’ai dû admettre effectivement que je préférais de loin la vie en ville à celle en banlieue ou à la campagne.
J’ai donc changé (ou changé de point de vue, ce qui est presque la même chose) ; une partie de mon mode de vie favori est donc acquis.
Pour moi, Lachine, bien que pratique à plusieurs points de vue, était trop loin du centre névralgique de la ville (et du métro) pour que je m’y installe vraiment. Pour mon père, c’est l’endroit idéal à Montréal ; sentiment de petite ville et commodités proches, verdure, canal Lachine à proximité, et accès à Montréal plutôt facile en voiture (pas de pont à traverser, à 15 minutes du centre hors heures de pointe). Pour ma mère, retraitée, l’endroit idéal pour cultiver son jardin et ses fleurs, tout en ayant accès à des bus express (semaine, en sachant éviter les heures achalandées) pour aller errer dans ses rues commerciales préférées.
Montréal, comme une bonne métropole sympathique, comble donc les besoins du rat des villes que je suis et réussi à accommoder un rat des champs comme mon père.
(Évidemment, dans un univers idéal, mon père serait demeuré à Roberval, mais comme ses petits ratons – des villes comme des champs – habitent les régions de Montréal et Québec, il a choisi de modifier un peu son mode de vie pour être plus près de son clan familial).
Et vous, rat des villes ou rat des champs?
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lundi 27 juillet 2009

La vie de banlieue et moi

Comme certains lecteurs le savent déjà, lors de mon retour de l’Amérique du Sud fin 2007, je me suis installé dans un loft en semi sous-sol, à Lachine. Bien que l’arrondissement soit partie de la Ville de Montréal, et bien situé sir l’île, pour ma part, soyons clair, Lachine est une banlieue. Mon quartier, près de la 32e avenue, une rue au sud de Provost, est bien desservi par un petit centre commercial, quelques pharmacies et marchés d’alimentation, une SAQ, bref, des commodités utiles dans un environnement qui rappelle une petite ville.
C’est le sentiment de ne pas être en ville, jumelé à l’éloignement relatif de l’arrondissement qui me fait considérer Lachine comme une banlieue. L’éloignement, s’entend, est évident pour qui favorise les déplacements en transport en commun; Lachine est essentiellement servi par 4 lignes de bus, dont deux express qui ne circulent pas après 19h, ni les fins de semaine ou jours fériés. Trois de ces lignes rejoignent le réseau de métro à la station Lionel-Groulx, l’autre rejoint la station Angrignon. Bref, pour qui n’est pas pressé, les emprunte hors heures de pointe et la semaine, c’est un moyen pratique de vivre en ville sans vivre en ville.
J’ai appris au fil des ans que j’étais un rat des villes (l'expression est de mon père, j'y reviendrai) et pour moi, donc, vivre à Lachine avait ses limites; on ne sort pas aussi souvent "en ville", rarement sous le coup de l’impulsion, jamais deux fois par jour, lorsqu’on fait face à une demie-heure de trajet de bus à part les déplacements en ville, et sans compter le temps d’attente du bus. Les choses étant ce qu’elles sont, il arrive souvent que le bus prévu à une heure donnée arrivent en retard, ou ne se pointe carrément pas. Lachine avait plusieurs avantages lors de mon retour de 2007, et j’y ai été parfaitement bien logé dans un beau quartier tranquille et commode et dans un loft plus que confortable.
Et la chose était temporaire.
J’ai passé l’été dernier à m’absenter de Montréal de toute manière (quelques allés retour en Europe, quelques séjours au Lac St-Jean et à Québec) et à la fin de l’automne, je suis parti pour l’Asie. Depuis mon retour fin février dernier, j’avais repris mes pantoufles dans le même loft, mais comme certains détails de ma vie ont changés, et que les astres se sont alignés pour favoriser un retour en ville, j’ai donc déménagé dans un petit appartement en ville.
Étrangement, depuis que la décision est prise et que l’appartement est trouvé, on dirait qu’il y a des forces obscures à l’œuvre pour me convaincre que je ne suis pas fait pour la vie de banlieue. Dans les dernières semaines de juin, j’ai passé d’innombrables heures dans des bus coincés dans le trafic, par exemple. Je parle ici d’un bus express qui doit mettre 15 minutes à relier Lionel-Groulx à Lachine et qui prends plus d’une heure (étrangement, sous une chaleur intense, lors d’une des très rares belles journées ensoleillées de cet été). Ayant emprunté une voiture pour quelques occasions, je me suis aussi retrouvé bloqué par des travaux divers sur les routes entre le centre-ville et Lachine (et je parle ici de plage horaires comme le dimanche avant-midi vers 10h ou encore le mardi soir à 23h)…
Puis, un beau mercredi, je me suis retrouvé à Québec, dans un bus d’Orléans Express mettant plus d’une heure trente pour relier Ste-Foy à la gare du palais ! Comme j'étais hébergé gracieusement, mais à Charlebourg, j'étais à la merci de bus de la RTC entre cette banlieue et Québec, où sont les choses à voir lorsqu’on passe du temps dans la capitale (et où était situé le site du Festival d’été).
Le plus amusant, c’est que ces forces obscures ne devraient pas perdre leur énergie à me convaincre ; je suis déjà convaincu ! On prêche ici à un converti ! :-)
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Le plus frustrant du fait de vivre en banlieue est certainement le choc de nos valeurs et la contradiction que l’on finit par y vivre. Je ne suis pas un fan de voitures. Pour moi, une voiture est utile pour se rendre du point A au point B dans certaines circonstances. Si on peut éviter de l’utiliser, tant mieux. Je préfère de loin le transport en commun. Encore faut-il qu’il soit présent et efficace. L’exemple de mon récent séjour à New York vient en tête; nous avons voyagé en groupe, en voiture, puisque la chose devenait moins chère qu’en autobus, sans compter qu’il n’y a aucun bus direct Montréal-Manhattan. Par contre, une fois à New York, l’auto a été stationnée en permanence pendant les 5 jours de notre séjour et chacun s’est déplacé à pied et en métro.
Lorsqu’on vit à Lachine (ou à Charlesbourg), d’autres choix s’imposent. Il est difficile et désagréable de faire trois aller-retour en bus entre le centre-ville et la banlieue, sans parler du temps qu’on perd dans le transport ; il arrive donc qu’il soit plus rapide et pratique d’utiliser une voiture. Ainsi, on passe son temps à favoriser le transport en commun, mais à vivre en banlieue, on se voit souvent dans la position de celui qui préfère utiliser une voiture de temps en temps. Personnellement, je trouvais cet état de fait dérangeant, puisqu’il m’arrive souvent de critiquer ceux qui utilisent à outrances les voitures en ville.
Lorsque j’habite en ville, comme c’est maintenant le cas, non seulement je n’ai pas besoin de posséder un véhicule, mais je préfère ne pas en avoir puisqu’il me serait peu utile, vu les infrastructures de transport existantes.
Et c’est là que le bat blesse pour une ville comme Montréal: on n’arrête pas de parler de co-voiturage et de transport en commun, mais Montréal demeure encore et toujours une ville dont la politique est orientée vers la voiture. On a beau vanter les Bixi, ou ajouter des bus, c’est très bien, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan d’échangeurs, d’autoroutes et de ponts et viaducs. Les bus express de Lachine, mentionnées plus haut, vous noterez, ne disposent pas de voies réservées, ce qui les rend tout sauf express lors des heures de pointe. Et à part l’ajout de trois stations au réseau de métro récemment, le métro de Montréal n’a pas été étendu depuis plus de 20 ans. (Mais c’est une autre histoire).
Le même phénomène est présent à Québec – je parle de la propension des banlieusards à utiliser leur voiture, en l'absence d'autres choix intéressants pour eux. Depuis quelques années, je logeais chez mon ami Istvan, dans la basse ville, à quelques pas du Vieux-Québec, lors de mes séjours. Comme l’arrivée d’Istvan à Montréal est l’un des éléments qui ont favorisé mon retour en ville à Montréal, et que tout a un prix, je suis maintenant logé en banlieue. Snif.
Heureusement que la programmation du festival d’été était intéressante et que la météo était ordinaire, comme ça, je limitais mes déplacements au minimum... en attendant mon retour en ville à Montréal.
Et je me suis promis de ne prendre aucun bus pendant un mois à compter de cette date, question de me reposer en vivant en ville.
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vendredi 24 juillet 2009

Le 401e aniversaire de Québec en huit temps

La semaine dernière, à Québec, je blaguais en disant que j'étais un des rares touristes venus pour célébrer le 401e anniversaire de la ville...
Comme la météo a été plus clémente que prévue (aucune goutte de pluie pendant les spectacles et deux après-midi ensoleillés), j'en ai profité pour visiter quelques sites et prendre - encore - des photos dans la vieille ville...
Résultats en huit clichés:
Bleu. Jardin de nuit. Terrasse du musée de la civilisation. Jour.
Partie de l'exposition temporaire intitulée VERTiges. Oui, c'est du vrai sable. Notez les deux oiseaux.

Argent. Chaises disposées dans un ordre aléatoire organisé :-). Jour.
Place de la Gare du Palais (place aménagée lors du 390e anniversaire de la ville). Des citations d'écrivains et poètes québécois sont gravés sur les chaises, sous une thématique du "nouveau monde", qui, prise au second degré, parle plus de souveraineté que de l'époque coloniale. Celle de Dany Laferrière est ma préférée.

Rouge. Esprit Vagabond. Ruelle sous les remparts. Basse ville. Jour.

Gris. Ghandi. Remparts. Tout près de la porte St-Louis. Jour.

Blanc. Chat. Fenêtre à carreaux. Jour.
Ce chat est un habitué de cette fenêtre, et de ce photographe-ci. Je l'avais pris en photo l'an dernier déjà!

Orangé. Paysages et nuages. Plaines d'Abraham. Soir.
Photo captée par-dessus la foule. Pendant le spectacle de Malajube.

Noir. Parlement de Québec. Fontaine de Tourny. Nuit.
(Jour).
Origine de la fontaine: Place de Tourny, Bordeaux.

Bleu. Monument aux éducatrices. Chapelle des Ursulines. Haute ville. Contre-jour.
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jeudi 23 juillet 2009

... et du rock au classique: l'OSM dans le parc!

Eh oui, un autre billet musical (en fait, un billet au sujet musical, puisque vous n'entendrez pas de musique en accédant à ce billet, hehe).
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Quatre jours à peine après être revenu de Québec, que me voilà au Parc Ahuntsic à Montréal, pour assister à un concert en plein air offert par l'Orchestre Symphonique de Montréal!
L'OSM offre ce genre de concert gratuit dans des parcs depuis 1938, soit 4 ans après sa création.
Le but de l'initiative étant de démocratiser la musique classique et de la rendre accessible à tout public. On se doute donc bien que le programme élaboré avait de quoi plaire à tous; Tchaïkovski, Bizet, ballet japonnais, folklore celte, orchestration de pièces de Félix Leclerc, extrait de West Side Story, c'est un véritable tour du monde que l'OSM nous a interprété sous la direction de Stéphane Laforest, premier chef assistant de l'Orchestre.
Lors de la présentation d'un extrait de Cavalleria Rusticana, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au festival de Québec, puisque l'OSQ nous avait également joué un extrait du même opéra la semaine dernière lors de la prestation de Placido Domingo. Incidemment, j'ai réalisé que j'avais assisté à une performance de l'OSQ et de l'OSM en une semaine et que c'était mon second concert classique en quelques jours à peine. J'avoue que je pourrais facilement en faire une habitude.
Car la soirée, qui a duré un peu moins de deux heures, s'est déroulé à la vitesse de l'éclair. En plein air, l'OSM a une belle présence malgré un vaste site à occuper et le maestro interagit souvent avec le public - et va jusqu'à diriger les applaudissements lors d'une pièce -, le son était excellent au Parc, qui rappelle un anphithéâtre naturel (avec ses buttes arrières) et le répertoire était varié à souhait.
On nous a annoncé que nous étions environ vingt mille à assister à l'événement - j'avais estimé à dix mille la foule visible de mon point de vue...
Le concert s'est achevé sur une interprétation enjouée et inspirée de Throne Room / End Titles tiré de Star Wars - grand sourire aux lèvres de cet amateur-ci - et s'est terminé après rappels sur le célèbre Bolero de Ravel.
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Excellente initiative que ces concerts en public, on en redemande!!

mardi 21 juillet 2009

Épilogue québécois: Malajube et Karkwa

[Note de publication: Ce billet a été écris le 20 juillet - dans la nuit du 20 au 21 - en fait, dans le bus me ramenant à Montréal. En l’absence de connexion Internet, il a été publié lors de mon retour en ligne. Une exception à ma règle habituelle de publication directement dès la fin de l’écriture d’un billet.]
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Un court billet pour conclure ma présence au Festival d’été de Québec.
Je devais repartir pour Montréal ce dimanche en avant-midi, mais finalement, le temps s’est dégagé et m’a convaincu de demeurer quelques heures de plus dans la vieille capitale.
J’en ai donc profité pour retourner sur le site des Plaines d’Abraham, où était présentée la soirée de clôture du festival. La première prestation de la soirée a été offerte par le groupe Malajube, un groupe dont je ne connais pas beaucoup la musique, mais qui a livré une performance rock honnête et intéressante.
Occupant une niche écologique similaire – mais peut-être un peu plus musclée – le groupe Karkwa poursuivait la soirée – et la concluait en ce qui concernait ma présence sur place.
Je pensais déjà beaucoup de bien de la musique de Karkwa après avoir assisté à un de leur concert il y a quelques mois à peine, et la très solide performance de dimanche sur les Plaines m’a convaincu. Du bon rock, bruyant mais mélodique, des arrangements complexes et une sonorité d’enfer accompagnée par une voix douce et agréable.
Comme le dernier bus à quitter Québec pour Montréal quittait la gare du Palais à 22h30, je devais donc rater la dernière partie de la soirée, assurée par Pierre Lapointe. Ça sera pour une autre fois.
En descendant vers la basse ville pour attraper mon autobus (j’avais laissé mes bagages à la consigne avant le spectacle), j’ai croisé Bet.e en spectacle sur la scène de la Place d’Youville près de la porte ST-Jean (photo) et ça m’a rappelé le Jazz de Montréal d’il y a dix jours à peine…
Cet été passé au Québec, malgré une température exécrable, est au moins placé sous le signe de la musique et des festivals.
Et il paraît que les francofolies débutent bientôt?
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Tout le monde en Rock: Sting

[Note de publication: Ce billet a été écris le 20 juillet. En l’absence de connexion Internet, il a été publié lors de mon retour en ligne. Une exception à ma règle habituelle de publication directement dès la fin de l’écriture d’un billet.]
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Je mentirais si je disais que la présence de Sting au programme du festival d’été de Québec n’était pas un des facteurs importants de ma décision de venir assister au festival cette année. Pas la seule raison, loin de là, mais disons que son nom a attiré mon attention sur le programme de cette année et que la suite vous est maintenant connue si vous avez lu mes derniers billets.
Je ne relaterai pas ici mon long historique de fan de Sting et The Police ; encore une fois, ceux qui me lisent régulièrement le savent déjà et j’avais relaté le dernier concert où j’ai pu voir mon musicien préféré à l’œuvre sur ce blogue.
Comme j’étais au centre-ville de Québec relativement tôt et que le site ouvrait ses portes à 18h, je me suis retrouvé parmi la première vague de spectateur sur les Plaines en ce samedi soir. J’étais donc très bien situé, à quelques dizaines de pieds de la scène, mais parmi une foule dense dont une partie (plutôt agressive – lire le billet précédent à ce sujet) était là pour la première partie de la soirée.
Sting en solo, ça faisait tout de même neuf ans que je ne l’avais pas vu, alors ça faisait plaisir de le revoir avec sa basse, et accompagné de Dominic Miller comme guitariste, de David Sancious au clavier et de Josh Freeze à la batterie pour nous interpréter un mélange d’anciennes chansons de The Police et de ses chansons plu personnelles. Un mélange de hits un à la suite de l’autre, pendant une heure cinquante, durée un peu courte qui serait le seul reproche que je lui ferais ; avec Sting, j’en redemande toujours, je n’ai jamais assez de ses chansons et de sa musique !
Pour cet amateur de musique-ci, comme Sting est dans une classe à part et que je manque d’objectivité pou critiquer sa musique ou ses spectacles ; vous êtes prévenus.
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Je mentionnerai toutefois que j’étais bien content de l’entendre jouer les If I Ever Lose my Faith in You, If You Love Somebody Set Them Free ou encore When the World is Running Down You Make the Best of What Still Around avec le long et passionnant intermède musical incluant un solo endiablé de clavier par Sancious. Parmi ses pièces de The Police, j’avais un grand sourire aux lèvres pour deux de mes favorites qui sont plus rares en spectacle : Driven to Tears et Synchronicity II.
Mon amie Suze était bien déçue de pas entendre la belle voix à l’accent britannique de Sting, puisque le chanteur s’est uniquement adressé à la foule en français tout le long de la soirée. Les autres dizaines de milliers de spectateurs semblaient plutôt ravis ! :-)
Il y avait décidément beaucoup d’énergie sur scène et dans la foule (j’ai lu le lendemain qu’avec plus de 100 000 personnes, on parlait d’un record de tous les temps pour le festival d’été) et Sting a offert une performance inspirée à la mise en scène sobre, totalement orientée vers la musique. Les arrangements valsant entre rock et jazz m’ont beaucoup plu; j’aime entendre des version live différentes des versions studios et j’ai été servi autant par la version funky de Roxanne (foule en délire total d’ailleurs sur la finale de celle-ci) que par une version épurée d’Englishman in New York.
La finale en rafale avec Desert Rose, King of Pain et Every Breath You Take devait clore le spectacle, mais Sting est revenu une ultime fois, avec Fragile.
Merveilleuse soirée, donc, qui était pour moi l’apogée de ce superbe festival d’été de Québec 2009.
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Intermède (désagréable): Les fans des Yeah Yeah Yeahs

[Note de publication: Ce billet a été écris le 19 juillet. En l’absence de connexion Internet, il a été publié lors de mon retour en ligne. Une exception à ma règle habituelle de publication directement dès la fin de l’écriture d’un billet.]
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Un court mot pour vous dire que je n’ai pas beaucoup apprécié la performance du groupe américain Yeah Yeah Yeahs. Ils ne font pas de la mauvaise musique, rassurez-vous. Rien qui ne soit réellement ma tasse de thé (un peu trop alternatif dans sa bulle à mon goût), mais lors de leur prestation de samedi soir, je n’étais définitivement pas dans le bon état d’esprit pour apprécier.
J’étais arrivé tôt, pour m’assurer d’avoir une belle place pour le show de Sting. Environ une demie-heure avant la performance de Yeah Yeah Yeahs, j’ai été le témoin (et l’acteur malgré moi) d’une altercation entre fans de l’un et fans de l’autre. Les spectateurs étant venus voir le groupe alternatif tentaient par plusieurs moyens de passer devant les autres, arrivés bien avant eux, et ont fini par devenir agressifs devant les protestation des gens arrivés depuis des heures sur le site. S’en est suivi une discussion lourdingue, au terme de laquelle les fans de Sting se sont fait dire de se la fermer, carrément, avec une attitude signifiant qu’on devrait s’excuser d’être venu déranger les jeunes fans de Yeah Yeah Yeahs.
Hum. Merveilleux accueil, belle ambiance qui se dégage parmi ces fans… rien de bien trippant avant un show de musique, alors les Yeah Yeah Yeahs ont un peu payé pour leurs fans (dont une s’est fait sortir par la sécurité en cours de représentation ; elle slammait dans la foule dense, et quelques cinquantenaires venus voir Sting n’ont pas semblé apprécier de se faire bousculer violemment à répétition !).
Bref, c’était mieux que rien pour passer le temps en attendant Sting – et j’aurais probablement apprécié un peu plus dans d’autres circonstances – mais j’étais bien content quand leur show s’est terminé et qu’une partie de leurs fans en a profité pour quitter les lieux.
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Interlude à l'opéra: Placido Domingo

[Note de publication: Ce billet a été écris le 18 juillet. En l’absence de connexion Internet, il a été publié lors de mon retour en ligne. Une exception à ma règle habituelle de publication directement dès la fin de l’écriture d’un billet.]
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On pourrait croire, à lire mes comptes-rendus de spectacle, que le Festival d’été est consacré au Rock. Bien que ce soit le genre prédominant sur les scènes majeures, le festival ratisse large, comme en témoignait hier soir la présence du ténor Placido Domingo sur les Plaines d’Abraham.
Même si je suis un ignare en terme d’opéra, ça ne m’empêche pas d’apprécier le genre, lorsque l’occasion se présente. La soirée d’hier est certainement un des moments forts du festival ; un des très beaux concerts que j’ai vu cet été, tout événements confondus, rien de moins.
En grande forme, le ténor espagnol était accompagné par l’Orchestre Symphonique de Québec, et par une soprano invitée, l’argentine Virginia Tola. L’ensemble s’est avéré un mélange de voix et de musique absolument sublime.
L’argentine avait une présence incroyable sur scène, Domingo lui-même est très charismatique et ils ont su interpréter des duos absolument merveilleux au cours de la soirée.
Domingo, probablement le plus grand ténor actuel du monde, avait concocté un programme enjoué, diversifié, passionné et accessible. Pour un néophyte comme moi, c’était un parfait mélange. La soirée a débutée avec quelques grands classiques tirés d’opéras français, espagnols, italiens ou allemands. Le choix de l’Air des bijoux, du Faust de Gounod, comme première chanson de la soprano Tola était particulièrement charmant, en plus d’être un amusant clin d’œil (certainement involontaire) pour l’amateur de Tintin que je suis. Quelques interludes musicaux permettaient aux deux interprètes de prendre quelques minutes de repos. Un extrait du très beau Cavalleria Rusticana m’a particulièrement plu, puisque la chose fait partie de mon très limité répertoire classique personnel.
Devant l’enthousiasme des dizaines de milliers de personnes assistant au concert, le chanteur a décidé de se passer de la pause qui était prévue au programme. La seconde partie a débutée avec l’interprétation de quelques pièces issues du répertoire classique de Broadway (My Fair Lady, West Side Story, South Pacific) pour se poursuivre avec des pièces classiques espagnoles.
Habituellement, on associe l’opéra avec l’italien. La soirée d’hier étant principalement interprétée en espagnol, en français et en anglais (musical) - avec l’exception d’une chanson italienne et une allemande - j’ai pu avoir le privilège de mieux comprendre les paroles et de profiter d’autant plus de l’ensemble que les pièces formaient avec la musique symphonique.
Enfin, après le programme officiel et un premier rappel, il était évident que le chanteur avait beaucoup de plaisir et il n’a pas hésité à poursuivre le concert pour plusieurs chansons, au grand plaisir des spectateurs. Je retiens de cette fin de spectacle la populaire Besame Mucho ainsi qu’un très joli tango argentin.
La culture de l’opéra en est une de galanterie et de classe. Et pratiquée avec légèreté et absence de prétention, ça donne une mise en scène sobre mais charmante. Domingo, pourtant un des chanteurs les plus populaires du monde, fait preuve d’une grande humilité, a eu l’air touché par l’accueil et les applaudissements de la foule, remerciant chaleureusement l’orchestre et sa compagne de scène. Parlant un excellent français, il s’est adressé aux spectateurs de Québec dans la langue de Molière toute la soirée.
On ne peut non plus s’empêcher d’apprécier la galanterie de Placido Domingo lorsqu’il accompagne Virginia Tola en entrée ou sortie de ses chansons ni sourire lorsque celle-ci remercie la foule d’une salutation digne d’une princesse.
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Tout le monde en Rock: Kiss

[Note de publication: Ce billet a été écris le 17 juillet. En l’absence de connexion Internet, il a été publié lors de mon retour en ligne. Une exception à ma règle habituelle de publication directement dès la fin de l’écriture d’un billet.]
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Étrangement, je ressent le besoin de commencer ce billet par une explication, comme pour justifier l’injustifiable : j’ai assisté à un show de KISS.
KISS est un groupe dont j’ai possédé quelques disques, au début de mon adolescence, disques que j’ai écouté et aimé à l’époque, mais dont je n’ai gardé que de vagues souvenirs. Je n’ai jamais écouté de KISS depuis (ça doit faire environ 30 ans !) à part I Was Made for Loving You sur laquelle je tombe à la radio, une fois par année.
A l’époque où j’écoutais du KISS, le groupe était considéré comme du heavy rock. Ce classement fait rire aujourd’hui lorsqu’on réécoute des vieilles chansons de KISS ; c’était du rock quasi pop, et I Was Made… est même un disco! Le show de Québec était même bien moins métallique et rock que celui de Styx, présenté la veille. Pourtant, la théâtralité grotesque de KISS favorise ce classement heavy ; après tout, ils sont sensé être les Chevaliers de Satan.
Qu’on se comprenne bien ; je me souviens de trois chansons de KISS, et leur carrière après mon adolescence est totalement passé à côté de ma vie à moi ; j’ai vaguement eu conscience que le groupe existait toujours, sans plus. Je crois qu’à une époque, ils ont fait des disques sans leurs maquillages et costumes (tentant de devenir un vrai groupe rock?), mais il semble qu’ils soient revenus au cirque qui les a rendu célèbre. KISS, pour moi, c’est le genre de trucs qui est cool à douze ans, mais qui devient lassant passé seize ou dix-huit.
Voilà pour la justification. On comprendra aussi que le commentaire qui va suivre n’est donc pas celui d’un fan du groupe.
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Jeudi soir, donc, dans le cadre du Festival d’été de Québec, les Plaines d’Abraham accueillaient KISS. Comme je suis présent au festival (et possède un laisser-passer valide pour toute la durée de l’événement), l’occasion était trop tentante pour ne pas aller voir ça.
Je suis allé voir le show pour rigoler, sans avoir d’attentes spécifiques côté musique ; ça me semblait la seule manière d’aborder l’événement de façon saine.
D’entrée de jeu, le groupe se présente comme The hottest band in the world, ce qui est certainement prétentieux. Si on prend cette expression au premier degré, d’accord, avec les jeux de pyrotechnie, les feux d’artifice, les canons et tout le bataclan, oui, c’est un band qui dégage de la chaleur!
Sinon, le band est assez généreux, avec une prestation de deux heures. Il faut par contre dire qu’avec leurs jeux, la destruction de guitare, les longs prologues parlés, les explosions à la guitare et les extravagances sanglantes de Gene Simmons, la prestation chantée elle-même couvre probablement une heure quinze. Côté chansons, justement, ça a pris près d’une heure trente avant que le groupe n’interprète une pièce que je reconnaisse (Rock n’ Roll All Night), même si deux ou trois pièces précédentes ont évoquées quelques vagues souvenirs (comme Black Diamond, qui devait peut-être se trouver sur mes disques d’ado, mais je n’en suis vraiment pas certain). Le show a trouvé son apogée avec l’interprétation de Detroit Rock City, sous une pluie de pyrotechnie et de bruit de canons.
La voix de Paul Stanley n’était déjà pas la plus mélodique au monde à l’époque de ma jeunesse, l’âge n’a pas arrangé les choses ; il se débrouille plutôt bien, mais a éprouvé quelques difficultés, la plus apparente étant I Was Made for Loving You, qui a très mal passée. La foule présente n’a pas semblé remarquer la chose ; tout le monde chantait à tue-tête avec le groupe!
Gene Simmons, égale à lui-même, n’en fini plus de sortir la langue, de faire des grimaces, de lécher sa guitare (ou celle de ses collègues), et chante de manière inintelligible.
Les deux autres membres du groupe ne sont plus les membres d’origine. Simmons, dans une entrevue accordée au Voir de Québec, a simplement dit que Frehley et Criss étaient maintenant des drogués et des alcooliques. Les nouveaux font bien le travail, et avec le maquillage et les costumes, difficile de dire si le remplacement fait une différence ou non, à part le fait que la scène appartient essentiellement à Stanley et Simmons.
Vous aurez compris que pour apprécier un show de KISS, il faut accepter l’idée que c’est du cirque, du spectacle, de la farce, et que la musique rock est un prétexte pour toutes les extravagances que le groupe offre. Il faut prendre ça au second degré et rigoler (bien qu’une bonne partie de la foule ait été constitué de fans au premier degré). Personnellement, je me serais bien passé de l’interminable solo de drums, de la destruction d’une guitare ou des canons à guitare lancés après que le guitariste ait démoli une symphonie de Beethoven en solo (heureusement que le compositeur est mort sourd, même de l’au-delà, il aura évité d’entendre ça).
Pour le reste, il faut jouer le jeu ou ne pas se présenter à ce genre de show.
D’ailleurs, parmi les quatre-vingt mille personnes présente, une bonne portion était maquillée, voire même costumée. Certains fans convaincus semblaient parler sans arrêt pendant les chansons, toutefois, et se promettaient pourtant d’aller revoir le show plus tard cet automne, pendant la tournée annoncée du groupe. D’autres hurlaient de moins chanter et de faire plus d’explosions, vous pouvez imaginer le genre d’ambiance... En fait, l’intérêt pour KISS semble parfois relever du même genre d’intérêt que certains ont pour la lutte.
Étant dans le bon état d’esprit pour ce genre de chose, on fini par passer une bonne soirée. Pas le genre de choses que l’on voudra répéter à tout bout de champs, mais tout de même pas ennuyant (bien qu’un peu longuet par moments).
L’expérience était donc intéressante d’un point de vue social, sinon musical et je pourrai dire que j’ai vu ça au moins une fois dans ma vie… et même faire des jaloux :-)
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Tout le monde en Rock: Styx

[Note de publication: Ce billet a été écris le 16 juillet. En l’absence de connexion Internet, il a été publié lors de mon retour en ligne. Une exception à ma règle habituelle de publication directement dès la fin de l’écriture d’un billet.]
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À la fin des années 90, lorsque le groupe Styx s’est reformé après plus d’une décennie de silence, j’étais allé voir leur spectacle, de passage à Montréal, avec enthousiasme. Après tout, Styx avait été le premier véritable groupe de musique rock dont j’avais acheté et écouté les disques avec la ferveur d’un nouveau fan qui découvre un genre musical à son goût. Je me souviens aussi avoir écris à l’époque que je ne croyais jamais avoir l’occasion de voir Styx en spectacle, puisque la fin du groupe datait de l’époque de mon adolescence et qu’en bon ado bien conventionnel habitant une région éloignée, je n’avais pas développé la culture d’aller voir des shows rock à Montréal à cet âge.
Le concert-réunion avait été un délice spectaculaire pour le vieil amateur que j’étais et devait alors marquer un peu la fin d’une époque; le retour nostalgique sur l’adolescence ; boucler la boucle, enfin… Je croyais alors qu’après cette tournée, chacun reprendrait sa route personnelle, les musiciens de Styx comme moi.
Si j’ai parcouru pas mal de chemin depuis (dans tous les sens du terme), Styx a aussi fait beaucoup de route, puisque le groupe existe toujours, et a offert dans les dix dernières années, plus de concert que dans les trente précédentes ! Deux nouveaux disques originaux ont aussi vus le jour dans cette période, mais je n’ai jamais eu l’occasion de redevenir un fan.
Hier soir, sur les Plaines d’Abraham à Québec, je revoyais donc Styx, après plus de dix ans, dans un tout autre contexte. Pas de nostalgie cette fois-ci ; juste l’envie de passer une belle soirée au Festival d’été de Québec ; l’envie de voir un bon groupe rock, capable de faire bien du bruit, mais avec une certaine classe et un sens mélodique qui est souvent absent chez plusieurs groupe qui font du rock plus heavy que Styx. J’ai été servi.
Le show d’hier était un véritable plaisir pour les oreilles de l’amateur ; Styx a pigé dans son grand nombre de hits pour concocter un programme dont je connaissais toutes les chansons à part deux (plus récentes) ; The Grand Illusion, Too Much Time on My Hands, Lorelei, Come Sail Away, Crystal Ball, Suite Madame Bleu, Renegade… Une enfilade de belle musique assez musclée pour être entraînante et convaincre une foule impressionnante couvrant le site des plaines. Je dis souvent que lorsqu’un artiste peut se permettre de laisser au placard des grosses pointures de son répertoire, c’est un signe de la profondeur de ce dernier. Styx a pu hier soir se passer de Babe, The Best of Times, Lady et même la très populaire Mr. Roboto, c’est vous dire. Gowan nous a chanté A Criminal Mind, une pièce qu’il avait endisqué en solo à l’origine, mais qui est devenue, depuis dix ans, une pièce de Styx ; le groupe a aussi joué une version styxifiée de I Am The Wallrus, des Beattles.
Le groupe a connu quelques variations dans sa composition au fil des ans (la mort du batteur d’origine et le retrait de son frère bassiste), mais la plus importante modification du groupe est définitivement le retrait de Dennis DeYoung, après la tournée retrouvaille de la fin des années 90. Lawrence Gowan a depuis ce temps pris sa place, et il est difficile d’imaginer un meilleur choix, puisque Gowan a exactement le même timbre de voix, et sait livrer avec panache des classiques comme Suite Madame Blue ou Come Sail Away sans que les plus jeunes spectateurs ne puissent voir la différence. Sinon, Tommy Shaw fait office de leader du groupe depuis longtemps, et James Young s’est avéré le pilier du groupe depuis sa fondation.
J’ai découvert Styx il y a plus de trente ans. On aurait donc pu assister à un concert de vieux rockers fatigués et bedonnants. Mais non; comme il y a une décennie, les membres sont dans une forme splendide. JY m’est même apparu plus jeune que jamais. Mieux encore, ils avaient l’air heureux de faire ce show, un plaisir communicatif dans le cas du spectacle en plein air d’hier soir. Un très bon moment en cette première soirée que je passe au Festival d’été de Québec.
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Du Jazz au Rock

[Note de publication: Ce billet a été écris le 15 juillet 2009. En l’absence de connexion Internet, il a été publié lors de mon retour en ligne. Une exception à ma règle habituelle de publication directement dès la fin de l’écriture d’un billet.]
Me voici rendu à Québec pour le festival d’été. La chose serait banale, mais j’aurais mis tellement de temps pour l’accomplir qu’elle mérite un petit billet :-)
Car me rendre au festival hier n’a pas été une chose simple.
Je suis hébergé, pour la durée de mon séjour ici, en partie à Charlesbourg, en partie à Val-Bélair. Hier matin, j’étais dans mon appartement, à Montréal. Je partais donc de la station centrale de Montréal, pour prendre un bus vers la gare du Palais de Québec.
Le bus est rapidement sorti de Montréal, a pris l’autoroute 20 et filé jusqu’au terminus de Ste-Foy. Puis, le conducteur a emprunté le boulevard Champlain, le long du fleuve… et s’est immobilisé dans un trafic dense, à quelques km de la basse-ville et de la gare. Nous avons ainsi avancé à pas de tortue (quand nous avancions) pendant plus d’une heure trente… Une fois à la gare du palais, je devais marcher une dizaine de minutes pour joindre un arrêt d’autobus de ville, pour me rendre à Charlesbourg.
J’aurai donc mis 2h20 pour relier Montréal à Ste-Foy… et 2h20 pour faire le trajet Ste-Foy-Charlesbourg! Que les gens de Québec ne me disent plus jamais qu’il n’y a qu’à Montréal qu’il y a des problèmes de trafic! :-)
À peine arrivé en banlieue, j’ai grignoté un morceau et repris le bus vers les Plaines d’Abraham, où je suis arrivé (à temps, quand même) pour le spectacle principal de la soirée; Styx.
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Absence justifiée :-)

Je me sens comme à l'école primaire... Je ressens le besoin de justifier mon absence de plusieurs jours sur mon blogue...
Ceci n'est donc pas un billet de mes parents ou du médecin, mais c'est tout comme :-)
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J'étais au Festival d'été de Québec, profitant de la musique et de la température (parfois frigorifique)... et comme je n'avais pas de connexion internet, je n'ai pas pu vous relater en direct mes soirées musicales lors de cette merveilleuse édition du festival.
Les prochains billets (publiés en rafale) rattrapent donc une semaine de retard sur ce blogue.
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Parallèlement à mes visites au Festival d'été et à une présence accrue au Festival de Jazz de Montréal... je déménageais. Un retour en ville, après quelques mois in and out de la banlieue entre des voyages à l'étranger. Même si je n'étais pas loin (Lachine), un déménagement, aussi minime soit-il, engendre tout de même son lot de nettoyage et d'adaptation et de posage de toile, de configuration de modem ou de routeur pour me redonner accès à Internet. Ce qui est maintenant fait; je rédige ce billet en direct de mon nouvel appartement rue Beaubien à Montréal.
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Je reviendrai sur les circonstances et les réflexions accompagnant ce retour en ville après les billets sur le festival d'été.
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D'ici là, j'aurai certainement d'autres sujets à aborder, puisque l'avantage de vivre en ville, c'ets de pouvoir profiter plus de ce qu'elle nous offre.
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L'Esprit Vagabond, citadin.

lundi 13 juillet 2009

Tout le monde en jazz: Finale en photos

Eh oui, c'est fini.
J'ai passé quelques autres soirées au Festival International de Jazz de Montréal. Sans détailler ces soirées une à une dans un ou des billets, voici tout de même quelques photos souvenir de mes derniers moments de Jazz en 2009.

Le superbe ensemble de Josh Rager (pianiste), avec ses deux saxophonistes qui ont offert aux amateurs des solos endiablés; du vrai bon jazz comme je l'aime!

Rue Clark, un artiste réalise une murale devant le public, et s'inspire d'une photo pour le visage féminin.

Kim Zombik; funky jazz sur l'esplanade de la Place des Arts; la chanteuse de Boston est accompagnée par le piano, la contrebasse et le saxophone.

Bet.e était excellente (mais moins transcendante qu'elle ne l'était lorsqu'elle était une partie de Bet.e & Stef)... Scène principale.

Murale terminée sur la rue Clark. Rest in Peace, Michael Jackson.

Et c'est déjà la fin du Jazz dans les rues de Montréal...
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Excellent festival cette année, non? Mes moments préférés demeurent sans conteste la prestation de Florence K, celle de Stevie Wonder, et les instrumentales de la petite scène sur Ste-Catherine coin Clark!
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C'est triste, la fin d'un bon festival (surtout dans ce cas-ci, avec une dernière nuit très froide et venteuse)... mais coup donc, il paraît qu'il y a des spectacles en plein air au festival d'été de Québec. J'y fais un saut dans quelques jours, je reviendrai en parler sur ce blogue si j'ai une connexion internet à Québec et si je vois des shows qui valent la peine d'en parler.
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mercredi 8 juillet 2009

Les Écueils du temps: Revue de presse et Nomination

Il y a quelques mois, je vous parlais du roman Les Écueils du temps sur ce blogue.
Or le 22 juin dernier, un communiqué de presse annonçait les trois finalistes au Prix Jacques Brossard 2009 et parmi les finalistes, on retrouve l'auteur Daniel Sernine pour son roman Les Écueils du temps.
Comme quoi je n'ai pas été le seul à être impressionné par le roman de Sernine.
Je profite donc de l'occasion pour faire un petite revue de presse de ce roman; qu'en ont pensé les critiques, les journalistes culturels... l'auteur lui-même dans diverses entrevues?
Comme plusieurs grandes oeuvres de SF québécoises, la couverture médiatique n'est pas volumineuse mais elle est tout de même notable dans le cas de ce roman-ci.
Outre l'entrevue (en deux parties) que vous avez pu lire sur L'Esprit Vagabond, l'auteur a accordé deux autres entrevues. La plus récente apparaît intégralement dans les pages du fanzine Brin d'Éternité (No.23, Printemps 2009). L'intervieweuse Josée Boudreau fait un tour d'horizon de la carrière de Sernine en quelques questions, avec une pointe ici et là sur les franges comme le marché de la littérature de genre au Québec. On apprend entre autres que Les Écueils... avec Les Archipels du temps, a rejoint le palmarès personnel de l'écrivain avec Chronoreg comme les 3 romans qu'il considère comme ses meilleures oeuvres. Je retiens aussi les points plus personnels et l'anecdote sur l'utilisation de pseudonyme de cette entretien honnête et bien présenté dans un fanzine qui a une facture très classe.
Mathieu Perreault de La Presse a questionné l'auteur un peu avant le salon du livre de Montréal l'automne dernier et a tiré de cet entretien un article que l'on peut lire sur le site du journal et qui fait un survol des circonstances d'écriture de La Suite du temps. Le journaliste met parfois l'accent sur des points mineurs (la similitude du black oil de X-Files dans L'Arc-en-cercle, par exemple, alors que Les Écueils du temps mettent en scène les petits gris qui sont une référence directe à la série culte), mais dans l'ensemble, il dresse un court texte intéressant pour qui ne connait pas beaucoup l'oeuvre de Sernine, surtout dans le cadre d'un quotidien généraliste. L'envers de ce support étant qu'en bon journaliste objectif, Perreault évite d'émettre toute opinion personnelle sur le roman.
Si on veut se mettre quelques opinions plus poussées sous la dent, on peut aller du côté de la revue Québec Français , qui publie une critique signée Julie Blanchet-Chouinard dans son numéro 153 (Printemps 2009). La critique, élogieuse, souligne entre autres: "Ce dernier tome (...) témoigne tout particulièrement de la virtuosité de l'auteur (...) puisqu'il a su tisser une trame (...) dépourvue d'anachronisme et d'invraisemblances, malgré de nombreux retours en arrière." Elle conclut son commentaire par: "Dans une langue finement ciselée, Les Écueils du temps dénoue donc une intrigue admirablement bien ficelée, bien rythmée et extrêmement réaliste, qui tient son lecteur en halène jusqu'à la toute fin."
Dans le numéro 169 (hiver 2009) de la revue Solaris, Nicholas Serruys offre une critique de fonds, sur les thèmes explorées dans la trilogie ainsi que ses interprétations alllégoriques mentionnant au passage que "Les Écueils... est le plus riche des trois volumes de la trilogie" et n'hésitant pas à qualifier La Suite du temps comme "l'une des oeuvres charnières de la SFQ contemporaine".
Si on recherche plus qu'une simple critique, alors l'excellent article qu'a publié Laurent Laplante dans le numéro 114 (avril 2009) de la revue Nuit Blanche est une véritable petite étude sur les thématiques de la trilogie de Sernine, complétée par des extraits des romans et un point de vue critique articulé. Parmi les divers commentaires critiques parsemés dans cet article fouillé, on note d'entrée de jeu: "De quoi combler le plus exigents des fervents de science-fiction. de quoi aussi, défi plus abrupt, faire taire quiconque oserait encore contester à la science-fiction sa place dans l'univers littéraire." Laplante salue aussi bien le professionalisme de l'écrivain que la richesse de son vocabulaire, sa recherche et sa culture.
Enfin, du côté de la blogosphère, je ne suis pas le seul à avoir émis mon opinion sur ce roman.
On peut lire un court résumé de lecture sur Le temps des passions;
Si on lui laisse le temps, on ne doute pas que Mathieu Fortin aimera aussi, à lire son commentaire détaillé en enthousiaste sur Les Archipels du temps, publié sur cotéblogue il y a quelques jours à peine ("digne des meilleures oeuvres de science-fiction au niveau mondial");
et Gadrièle nous offre un commentaire candide et personnel sur sa lecture du roman.
En terminant, et pour revenir sur les finalistes au Prix Jacques Brossard 2009, si vous suivez ce blogue, vous savez déjà que j'ai bien aimé le roman d'Éric Gauthier. J'avoue ne pas avoir lu les oeuvres de Frédérick Durand lui méritant la nomination, alors difficile de me prononcer sur le lauréat du prix pour 2009. Pourtant, même si j'ai aimé Une Fêlure au flanc du monde, et que j'ai été impressionné par son souffle et sa réussite comme premier roman pour l'auteur, pour ce lecteur-ci, on ne parle pas du même genre de calibre que Les Écueils du temps, ni de la même ampleur d'univers ou d'ambition science-fictive non plus. Les Écueils... c'est ce que j'ai lu de mieux en SF depuis longtemps, alors je vois mal ce qui pourrait venir ravir le prix à Sernine. Mais, comme le Prix Jacques Brossard est remis après délibération d'un jury, nous attendrons tous le résultats lors de la convention mondiale qui se tient à Montréal en août prochain.
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Notes/Références
- Le prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique récompense l'auteur de la meilleure production annuelle pour adultes dans le domaine de la science-fiction, du fantastique et de la fantasy. Communiqué officiel des finalistes au Prix Jacques Brossard 2009.
- Site officiel de la convention mondiale Anticipation 2009, dans le cadre de laquelle le Prix sera remis.
- Un extrait des Écueils du temps sur le site des éditions Alire, aussi disponible sur le site de la revue L'actualité.
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mardi 7 juillet 2009

Revolutionary Road

Un de mes passion est le cinéma. Pourtant, dans les douze derniers mois, j'ai l'impression d'avoir vu beaucoup moins de films que j'en avais l'habitude par le passé.
Mes nombreux déplacements à l'étranger l'été dernier, et mon séjour en Asie l'hiver passé comptent pour beaucoup dans cet état de fait. Le fait d'habiter dans un arrondissement de Montréal loin du centre et dépourvu de cinéma complète le tableau.
Les choses changeront bientôt et pour le moment, malgré quelques incursions dans les salles en 2009, j'ai du retard à rattraper du côté des films de la fin de 2008.
Par exemple, je voulais louer Revolutionary Road depuis des semaines et des semaines; j'en ai attendu la sortie avec impatience... et n'ai trouvé l'occasion (et le bon moment) pour le voir qu'hier soir. Il faut dire que Sam Mendes ne réalise généralement pas le genre de films à écouter distraitement, ou encore avec les enfants un samedi après-midi.
Revolutionary Road ne fait pas exception, j'avais des attentes, et ces attentes demandaient un moment propice pour pouvoir apprécier ce film à sa juste valeur.
Je ne ferai pas une critique de ce film ici, s'il vous intéresse, vous l'avez certainement vu avant moi, un commentaire serait donc bien peu utile en ce sens.
Par contre, je mentionnerai que j'ai trouvé le film brillant; scénario, réalisation, direction photo et interprétation sont ses points particulièrement forts; ça frôle la perfection; certaines scènes sont sublimes.
Évidemment, le thème y est pour beaucoup dans mon appréciation de Revolutionary Road; ça m'a touché sur un niveau personnel, puisque ça illustre avec intelligence une bonne partie de mes choix de vie; pourquoi j'ai décidé d'avoir le mode de vie que j'ai adopté il y a presque dix ans; pourquoi je ne désire pas d'enfants; pourquoi je voyage au détriment de l'accumulation de biens matériels ou d'une maison ou d'une voiture; pourquoi je n'ai aucun plan de carrière, etc.
Je ne juge pas les gens qui ont une vie plus conventionnelle ou traditionnelle que moi; chacun ses choix et chacun sa manière d'être heureux; mais si vous voulez comprendre mon mode de vie, Revolutiuonary Road donne plusieurs pistes de solutions, et à divers degrés.
Et pour illustrer ce lien très personnel avec le film de Mendes, j'ai mis la main sur l'affiche parfaite; c'est une jolie image, et avec des titres en katakana, que je peux lire et qui représentent bien mon mode de vie de voyageur.
Je poursuis donc mon rattrapage et publierai éventuellement un billet sur les douze derniers mois de cinéma que j'avais en partie raté en salles. Ce qui ne m'empêchera pas de voir les films actuellement au cinéma, question de ne pas prendre trop de retard sur ce qui se fait en ce moment non plus.

lundi 6 juillet 2009

Les photographes photographiés

Depuis quelques années, je m'amuse souvent à prendre en photo des gens ... qui prennent des photos.
C'est devenu une habitude, lorsque je me balade ou lorsque je visite des sites touristiques, de regarder comment les gens prennent leurs photos... ou de quoi ils ont l'air en les prenant, ou encore ce qu'ils prennent en photo... et d'immortaliser le moment, sous un autre angle que le leur.
Le résultat est parfois amusant, et parfois intéressant du point de vue de la composition que ça peut donner (comme le moine bouddhiste visitant les ruines du temple d'Angkor Wat au Cambodge, sur la photo si-contre, par exemple).
J'ai récemment regroupé 40 de ces photos, dans un nouvel album thématique, disponible ici.
Cet album regroupe donc des photographes photographiés sur le fait.
Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser.
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Tout le monde en jazz: Vive l'imprévu!

Un court mot pour mentionner que parfois, dans un festival comme le Jazz présenté à Montréal ces jours-ci, mieux vaut ne pas faire de plans et se promener au hasard des découvertes.
Prenez hier soir, par exemple.
Attiré par le beau temps et une programmation intéressante et diversifiée, j'ai décidé d'aller jeter un oeil (et une oreille) du côté de la prestation du groupe canadien d'origine latino-américaine Bomba, à 20h. Avec un spectacle prévu d'une heure, c'était parfait pour me rendre par la suite au spectacle de Patrick Watson à 21h.
Après quelques minutes à écouter Bomba, j'ai dû avouer ma déception; le groupe n'est pas mauvais, mais fait plus de jazz expérimental contemporain que de jazz d'inspiration latine, et mes attentes étaient différentes, vues leurs origines cubaine/péruvienne/brésiliennes. Exit Bomba et promenade au hasard; je tombe sur la prestation de Jesse Dee; un phénomène énergique et amusant qui, avec un band de 5 musiciens (dont deux cuivres) joue un jazz qui n'est pas sans rappeler Al Green. Superbe interprétation de ses chansons (que je ne connaissais pas du tout), pour les 40 minutes que j'ai pu voir.
Puis, j'ai perdu un bon 20 minutes à suivre les instructions des organisateurs et agents de circulation qui montraient (ou tentaient de le faire) comment se rendre de la scène rue Ste-Catherine à celle rue Jeanne Mance, où jouait Patrick Watson. Après 10 minutes de marche inutile dans des couloirs cloturés avec aucune vue ni aucun accès, j'ai abouti au milieu d'une foule à la densité désagréable, compactée sur la rue au coin de Jeanne Mance et Président Kennedy, sans possibilité de voir la scène où avait débuté Watson.
Une fois passé à travers le gros de la foule, et éloigné un peu, j'ai pu apprécier une partie du concert devant un écran géant dressé sur Maisonneuve. Bof. Je ne déteste pas la musique que fait Patrick Watson (pensez Radiohead, ou Pink Floyd un peu lent), mais pour un concert live (et jazz), c'était un peu trop égo-trip comme genre et comme interprétation. L'artiste avait un peu trop l'air dans son propre univers, plongé dans ses concepts, et à peine conscient des milliers de personnes présentes devant lui; une attitude qui passe bien sur disque, mais qui n'est pas très entraînante dans un show live. Seconde déception de la soirée.
J'ai donc erré vers le sud et je suis tombé sur Rafaël Zaldivar Quintet; un plaisir et une découverte qui m'a tenu sur place jusqu'à la fin de leur gig à 22h. Piano, contrebasse, saxo et batterie; aucune pièce connue, l'ensemble instrumental, un très beau moment de jazz.
Comme quoi parfois, on n'a pas à se compliquer la vie ou planifier ce qui devrait nous plaire...
Après tout, les meilleurs moments de ce festival sont souvent ces soirès de promenade d'une scène à l'autre au gré de votre humeur.
Hier soir, mon humeur m'a mené de Jesse Dee à Rafaël Zaldivar et j'en garde un très bon souvenir.
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Photos: 1. Jesse Dee et son band. 2. Rafaël Zaldivar Quintet.
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Tout le monde en jazz: Spéciale K

La soirée était prometteuse... Florence K en spectacle sur la grande scène du festival.
La météo n'aidait pas à sortir de chez soi, par contre... Avec des averses tombant depuis des heures, il a fallu du courage pour partir de la banlieue et filer vers le centre-ville.
Arrivé sur le site vers 20h15, j'ai passé l'essentiel des premières 30 minutes à l'abri dans le Complexe Desjardins. Vers 20h50, je me suis rapproché de la scène, un peu triste pour Florence K et ses musiciens; il n'y avait pas foule et la pluie tombait toujours.
Soudain, la pluie s'est calmée un peu, les gens se sont rapprochés, les parapluie ont commencé à disparaître du paysage... et Florence K est arrivée sur scène et a entamé sa prestation avec Las calles del sur, tiré de son premier album.
Après cette interprétation rythmée, la pluie a abandonné la partie et laissé place à la musique!
Les gens n'étaient pas cachés très loin puisqu'après ce début de spectacle, une bonne foule s'est rapidement accumulée sur la rue Jeanne Mance et sur la place jusqu'à la rue Président Kennedy.
Accompagnée d'une dizaine de musiciens (dont son mentor cubain; surnommé El Nino), Florence K nous a livré en une heure une performance absolument splendide.
Avec des pièces chantées en 4 langues (français, anglais, portugais mais surtout espagnol), la chanteuse et pianiste s'est aussi adressée à la foule en diverses langues. Jazz, bossa nova, trova et son cubano et même un blues, chaque pièce était fabuleusement interprétée et un délice pour les oreilles (et les yeux; elle est très jolie, Florence K).
Ce qui frappe chez Florence K, c'est son incroyable amour de la musique, qui transparaît avec chaque note jouée au piano, chaque mot chanté ou même chaque pas dansé.
Car il y avait aussi de la danse, accompagnant la représentation; Un couple de danseur et Florence elle-même animait la scène de leurs chorégraphies, comme si les rythmes d'inspiration latino ne suffisaient pas déjà à enjouer la foule.
En un mot comme en cent, ce fut un spectacle merveilleux; je n'ai pas vu passer l'heure!
Après une pause d'une heure, Florence a d'ailleurs remis ça avec une seconde représentation (à 23h), mais j'avais quitté le site, et on dit que la pluie s'est remise à tomber vers la fin de sa prestation.
Je peux vous dire une chose, par contre, c'est que je n'ai pas regretté de m'être sorti de chez moi sous la pluie abondante: Qu'on se le dise, peu importe la météo, une prestation live de Florence K a de quoi réchauffer le corps et le coeur.
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vendredi 3 juillet 2009

Tout le monde en Jazz: Stevie et Michael

Invitation.
Un petit billet pour vous inviter à profiter du Festival International de Jazz de Montréal, qui a été lancé avec brio mardi soir avec le concert de Stevie Wonder. Ce soir, c'est le tour de Florence K de prendre la scène extérieure principale du festival (située sur la nouvelle place des spectacles aménagée le long de la rue Jeanne Mance à côté de la Place des Arts).
Le festival de Jazz trouve tout son sens dans ses scènes extérieures de mon point de vue. Certes, il y a nombres de spectacles majeures en salles (cette année, avoir eu un budget illimité, je serais bien allé voir Chris Botti ou Wynton Marsalis), mais l'action qui distingue ce festival de bien d'autres, c'est la gratuité de plusieurs excellents concerts en pleine rue du centre-ville, et la possibilité de simplement se promener d'une scène à l'autre au gré de son inspiration.
Trafic.
Mardi, l'organisation du festival mettait à l'épreuve le nouveau site avec une foule impressionnante pour saluer la présence de Stevie Wonder. Je suis arrivé vers 20h45 sur le site, via le métro Place des Arts. La sortie qui donne dirrectement sur la nouvelle place était fermée (la place était déjà pleine de monde) et en empruntant la sortie sur Bleury, on nous a indiqué que l'entrée de la place n'était pas sur Président Kennedy (contrairement à ce qu'un représentant avait dit aux informations télévisées de 18h, mais je soupçonne que la foule était plus nombreuses que prévue); Il fallait remonter par la rue Sherbrooke... où la circulation n'était pas bloquée et où les piétons par centaines se faufilaient donc parmi les voitures... jusqu'aux clotures de la rue Jeanne Mance... où un préposé refusait l'entrée au site, invitant les gens à faire le détour jusqu'à St-Urbain pour redescendre... (!). Certains ont alors abandonné, mais je voyais bien qu'il y avait encore énormément de place sur Jeanne Mance juste au nord de Président Kennedy... Avec Suze, nous avons alors pris un raccourcis en empruntant un couloir d'un pavillon de l'UQAM, dont une porte du côté sud-ouest donne justement sur la rue de Maisonneuve coin Jeanne Mance... Quelques minutes plus tard, vers 21h, donc, nous étions sur Jeanne Mance, à quelques mètres au sud de Maisonneuve, en face de la scène!
Quand le spectacle a débuté, avec quelques minutes de retard à cause de la pluie, une foule compacte était massée sur Jeanne Mance jusqu'à la rue Sherbrooke. Et je ne voyais pas les rues adjascentes ni la foule sur Ste-Catherine.
Wonders.
Stevie Wonder n'a pas besoin de présentation; il est arrivé sur scène au bras de sa fille (qui est aussi chanteuse et claviériste) et a informé la foule qu'il comptait faire de ce spectacle un hommage à la vie et la musique de son ami Michael Jackson. Il a donc débuté avec une de ses compositions: I Can't Help It, qu'il avait composé pour Jackson. Pendant la première moitié du spectacle, Wonder s'est arrêté à quelques reprises en demandant au responsable du son de mettre du Michael Jackson. Ainsi, la foule a eu droit à Shake Your Body et The Way You Make Me Feel, directement des albums de Jackson, avec Stevie qui chantait par moments, mais invitait surtout la foule à danser sur la musique de son ami.
Cette manière de faire n'est pas conventionnelle, et j'ai lu le lendemain quelques critiques qui ont trouvé à redire, mais Stevie Wonder a la réputation de n'en faire qu'à sa tête et d'improviser beaucoup pendant ses spectacles. Personnellement, j'aime bien les artistes qui font les choses différemment, que ça plaise ou non à la foule ou aux journalistes culturels, alors j'ai aimé son audace de ce point de vue et l'hommage était sincère et bien senti.
Wonder n'a pas oublié qu'il jouait dans le cadre d'un festival de jazz, et il ne s'est pas contenté de jazzer quelques pièces de son répertoire; il n'a pas hésité à fouiller ailleurs, y compris dans le répertoire espagnol, pour se lancer dans des longs morceaux endiablés avec son band de plus de dix musiciens; n'hésitant pas non plus à jouer des pièces instrumentales en plus d'une douce Michelle, des Beatles, au piano.
Le reste du concert a été plus axée sur les succès de Stevie (avec quelques medleys, dont un sur des chansons remontant à son enfance à ses débuts). Nous avons vécu un autre moment original lorsqu'il a invité les spectateurs à chanter une chanson d'inspiration arabe (que je n'avais jamais entendu auparavant); la foule a joué le jeu, Stevie s'est amusé sur scène... et j'ai appris le lendemain que personne ne la connaissait, cette chanson, puisque le chanteur prévoit la sortir sur son prochain album! (On peut dire que l'effet est réussi, j'ai encore son refrain moyen-oriental dans la tête!).
C'était donc l'ouverture du festival, qui fête son trentième anniversaire. J'ai trouvé cette ouverture particulièrement bien réussie; les divers univers musicaux explorés par Stevie Wonder était la parfaite illustration de la diversité musicale que l'on retrouve désormais au Festival.
Bon Jazz!

New York - Montréal : Chicago

Dans mon billet parlant de l'offre actuelle sur Broadway à New York, j'avais mentionné à la fois ne pas avoir vu de musical pendant mon séjour là-bas, et en avoir vu un de toute manière... en quelques sortes off-off-off-Broadway :-)
C'est que ce musical que j'ai pu voir, je l'ai vu... à Montréal, le soir-même de mon retour de New York. Ce spectacle était justement le prochain sur ma liste new-yorkaise depuis ma dernière visite à Broadway. il s'agit de Chicago, un classique.
Inutile de vous raconter l'histoire de cette comédie musicale; elle a fait le tour du monde sur scène et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2002, adaptation qui a remporté plusieurs Oscars.
L'avantage de voir un spectacle comme Chicago est justement que l'histoire est connue, et que plusieurs chansons le sont également (All That Jazz, Razzle Dazzle, etc); le spectateur est donc en terrain familier et peut se concentrer sur la performance musicale, chantée, dansée... et actée de la troupe. Je ne le dirai jamais assez; il n'y a aucun média qui peut réellement procurer le même sentiment qu'un musical vu sur scène; ni les versions filmées ni les adaptations cinéma.
En ce sens, je n'ai pas été déçu par la version de Chicago que nous a présenté la troupe de tournée à Montréal.
Sans vouloir faire une complète revue du spectacle, je me dois de noter que malgré la surprise d'y voir une Roxie Hart rousse, j'ai été amusé par l'interprétation énergique et comique de Bonnie Langford. Toutefois, malgré tout le talent des interprètes présents, c'est la montréalaise Terra C. MacLeod qui vole le show avec son interprétation fabuleuse de Velma Kelly.
Certains de ses numéros dépassent le simple mélange danse-chant pour incorporer de véritables acrobaties et un rythme qui laisse pantois. Son jeu d'actrice est aussi merveilleusement dans le ton.
Si les décors de Chicago (en tournée) demeurent minimalistes, ce sont les détails qui accrochent et amusent; La mise en scène léchée et osée (quasi lascive) mais qui ne se prend jamais trop au sérieux, ou encore la complicité de l'orchestre et de son chef qui s'insinuent dans l'intrigue à quelques moments (ou refusent de jouer le cue de sortie du pauvre Amos).
Mais ce qui reste comme souvenir après le spectacle, c'est l'incroyable talent des interprètes, qui doivent jouer la comédie, danser et chanter et souvent les trois en même temps avec une énergie qui émerveillera toujours ce spectateur-ci.
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