Le rat des villes et le rat des champs et la vie à Montréal
Mon récent retour en ville m'a amené à réfléchir sur l'intérêt des gens à vivre près du centre ou plus en périphérie, puisque chacun a ses préférences de ce côté.
En comparant mon mode de vie à celui de mon père, et en comparant ses réactions et les miennes à la vie en région, en banlieue et en ville, l’autre jour, je me suis mis à me questionner sur la part d’inné et d’acquis dans les préférences de vivre en ville ou loin de celle-ci.
Mon père est un rat des champs. Il préfère les grands espaces, a besoin d’une cour extérieure, d’une voiture, d’espace et d’air frais. Je suis un rat des villes. Je préfère l’activité culturelle, les promenades dans les rues des métropoles, la proximité des festivals et du métro.
Mon père a vécu plus de soixante ans à Roberval, au Lac-St-Jean. Il vit à Montréal depuis deux ans (arrondissement Lachine). Ma mère a un profil similaire, née à Girardville (un village au Lac-St-Jean), elle a passé sa vie adulte à Roberval, et vit maintenant à Montréal.
Ma mère adore Montréal, la ville, les activités, la rue St-Denis, Ste-Catherine, St-Hubert, les antiquaires, les marchés publics. Mon père connaît bien Montréal (il y venait régulièrement en visite), mais préfère vivre chez lui à Lachine, plutôt que de prendre des bains de foule à répétition au centre-ville. Ainsi, en me demandant si mon père aimerait la ville autant que moi s’il y avait déménagé plus jeune, ou s’il avait vécu ailleurs, ou voyagé autant, je posais la question de l’acquis ; je considérais presque que j’aimais la vie en ville parce que je m’y étais initié plus jeune que lui. Cet argument ne tient pas la route quand on le confronte à l’exemple de ma mère. Il y a donc une bonne part d’inné dans le type de mode de vie que l’on préfère.
Étrangement, lors de mes premières années, je n’aimais pas vivre à Montréal. J’y étais pour études, et j’ai commencé à aimer la ville pendant les années que j’ai passé à St-Hyacinthe (banlieue très éloignée ou région à proximité, selon le point de vue), années pendant lesquelles je passais l’essentiel de mes fins de semaine à venir à Montréal…
Après une courte période à vivre à Roberval (d’abord un retour aux sources idéalisés, puis le poids de la petite ville devenu lourd à porter), j’ai déménagé à Vancouver, où j’ai dû admettre effectivement que je préférais de loin la vie en ville à celle en banlieue ou à la campagne.
J’ai donc changé (ou changé de point de vue, ce qui est presque la même chose) ; une partie de mon mode de vie favori est donc acquis.
Pour moi, Lachine, bien que pratique à plusieurs points de vue, était trop loin du centre névralgique de la ville (et du métro) pour que je m’y installe vraiment. Pour mon père, c’est l’endroit idéal à Montréal ; sentiment de petite ville et commodités proches, verdure, canal Lachine à proximité, et accès à Montréal plutôt facile en voiture (pas de pont à traverser, à 15 minutes du centre hors heures de pointe). Pour ma mère, retraitée, l’endroit idéal pour cultiver son jardin et ses fleurs, tout en ayant accès à des bus express (semaine, en sachant éviter les heures achalandées) pour aller errer dans ses rues commerciales préférées.
Montréal, comme une bonne métropole sympathique, comble donc les besoins du rat des villes que je suis et réussi à accommoder un rat des champs comme mon père.
(Évidemment, dans un univers idéal, mon père serait demeuré à Roberval, mais comme ses petits ratons – des villes comme des champs – habitent les régions de Montréal et Québec, il a choisi de modifier un peu son mode de vie pour être plus près de son clan familial).
Et vous, rat des villes ou rat des champs?
--












