jeudi 2 septembre 2010

Maroc - Une (ré) introduction - Casablanca

Je suis arrivé au Maroc par bateau.
Sur le coup, j'avoue que l'idée de débarquer en bateau lors de mon premier séjour sur le continent africain m'a parue amusante.
J'avais pris le traversier de Algeciras à Tanger, puis j'ai passé une journée et demie à Tanger avant d'embarquer dans un train pour Casablanca.
Casablanca.
Il y a quelques mois à peine, du Guatemala, je parlais justement du célèbre film qui porte ce titre, et du romantisme que l'on associe à la ville marocaine depuis. À mon arrivée, j'allais remarquer que la ville de Casablanca (Casa, pour les locaux), était un peu plus grise et triste que l'idée que l'on s'en fait généralement. Étrangement, je n'allais pratiquement voir aucun autre nuage qu'à Casa dans tout le Maroc - à une exception près - pendant les deux semaines suivantes... et j'allais revivre une journée nuageuse seulement à mon retour à Casa en fin de séjour.
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Je vous avais laissé après un laconique billet sur Casa la grise... Je vous invite donc par ces liens à lire les billets sur Tanger et celui sur Casa pour vous mettre dans l'ambiance et poursuivre le voyage marocain avec moi.
Ce soir-là, à Casa, j'écrivais dans mon journal de voyage:
"Après une journée tranquille dans Casa grise et un peu triste, j'ai soupé au Petit Poucet, là où St-Exupéry allait de temps à autres. On m’a d’ailleurs assis à la table de St-Exupéry, où une lettre composée à la main par l’auteur, sur du papier de l’établissement, est exposée. On y voit deux de ses dessins. J'ai commandé une spécialité marocaine, une tajine. La tajine était délicieuse, et la bière aussi, mais j’étais le seul client à cette heure. Très triste, d’imaginer comment Casa devait être à la belle époque. Un des serveurs du Petit Poucet s’appelle Vinh et est originaire de Hanoi, au Vietnam. Il m'a remis un menu de traiteur et pour emporter qu’il prépare lui-même au Petit Poucet, qui combine donc un restaurant d’époque coloniale (français) et un traiteur (asiatique).
Par hasard, après avoir acheté deux bières dans une épicerie, en vue d'une soirée tranquille, je suis tombé sur le Rialto, un théâtre cinéma avec balcon et tout; le film débutait cinq minutes plus tard, alors j’ai acheté un billet-balcon pour voir Knight and Day. Le film est assez conventionnel et semble sorti d’une autre époque, mais il me fait passer un bon moment, surtout les scènes de poursuites dans le vieux Séville, très amusantes à regarder après avoir été témoin de la promo avec Tom Cruise et Cameron Diaz en début d'été, et après mes longues promenades dans les rues de la capitale andalouse. L'escalier du vieux cinéma est décoré de grands portraits classiques du cinéma, dont celui de Bogart, dans Casablanca, justement.
En revenant à mon hôtel, je note qu'au coin de la rue, un vendeur de cactus avait encore des fruits frais à vendre. Le soir, on aurait dit que Casa était un peu moins louche. C'est un sentiment étrange, puisque la plupart des villes ont un air plus lugubre une fois la nuit tombée."
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Le lendemain matin, en vue d'aller accueillir mon amie Suze à l'aéroport de Casablanca - un lieu de rendez-vous on ne peut plus romantique, avouez - pour ceux qui connaissent le film (1) -, j'ai emprunté un petit taxi vers la gare Casa Voyageur. J'ai acheté un billet pour le train de 9h07 puis ai déjeuner à la gare. Le train de 9h07 n’est toujours pas là à 9h45. C'est le chaos à la gare, et on m’informe qu’il y a un train à 10h07 de prévu mais je demande un remboursement et prend un autre petit taxi qui me connecte avec un grand taxi vers l'aéroport. Je ne veux pas arriver en retard. Une fois au terminus 2, je constate que le vol de 11h05 de Ouagadougou n’arrive pas à l'heure prévue, mais les autorités de Casa s'obstinent à mentionner qu'il n'est pas retardé (!?). À midi, le vol n’est toujours pas arrivé, mais est le seul vol affiché qui n’est pas officiellement en retard. Il arrive finalement à midi quinze mais Suze et son groupe n’arrivent pas avant 13h à la sortie.
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Nous faisons un retour en groupe vers le centre-ville de Casa, où nous avons tous une chambre au Touring. L'hôtel est une vielle bâtisse de l'époque coloniale française qui a vu des jours meilleurs mais qui constitue un des meilleurs deals en ville. Nous partons diner en groupe avec Vero, Corrine, Carl et Vincent et les serveurs de la sandwicherie-pizzeria de la rue Allal Ben Abdellah insistent pour que l'on se prennent en photo avec eux, et offrent un rabais à quelques-uns des membres du groupe, sans autre raison qu'ils semblent nous prendre en amitié. Ils nous informent que quelques jours plus tard, ça sera le Ramadan, et que leur resto - comme tous les autres à part le McDonald's, clament-ils - sera fermé pendant un mois.
Plus tard, lors d'une marche dans la medina avec Suze, nous prenons un délicieux jus d’orange fraichement pressé et un vendeur de poussins teints de toutes sortes de couleurs criardes insiste pour que je prenne des photos en nous proposant d'acheter un de ses poussins.
En soirée, nous effectuons une très longue marche imprévue pour dénicher un menu végétalien pour Vincent, ce qui nous fait découvrir un restaurant abordable mais dont l'intérieur est absolument somptueux et qui m'offre une (autre) délicieuse tajine.
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Le lendemain, le groupe doit se séparer; Véro prendra un vol vers Paris, Corinne et Vincent un bus vers Marrakech prévu pour 15h, Carl doit partir pour Fes et Suze et moi devons prendre notre bus pour Marrakech à 11h. Les choses ne se passeront évidemment pas comme prévu.
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Quelques photos supplémentaires:


Suze rigolant avec le gars de la sandwicherie.


Je ne pouvais pas me balader dans casablanca sans me rendre chez Rick's. Évidemment, le Rick's café n'est pas le "Rick's, Café américain" du film, mais il demeure un amusant clin d'oeil à l'amateur de cinéma que je suis.


Vero et Suze dans les rues de Casa, ma première compagnie depuis plusieurs semaines à l'étranger.


"Surtout s'il n'y a pas de paradis".
par St-Exupéry (au Petit Poucet).
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(1) Note anecdotique: On ne peut évidemment pas se rendre sur le tarmac de l'aéroport de Casa, du moins pas pour y accueillir des voyageurs à leur arrivée... J'allais apprendre quelques semaines plus tard, grâce à Suze et Corinne, que les quelques vols au départ pour Montréal du terminal 3 font embarquer leurs voyageurs via le tarmac de ce minuscule terminal, même quand l'appareil est un Boeing 747!
(On notera aussi pour l'anecdote que la célèbre scène du film qui se déroule à l'aéroport de Casa n'y a pas été tournée).
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