lundi 25 mai 2020

Ma trilogie hommage à Joël Champetier

Le décès d'une personne ayant eu une aussi grande importance dans ma vie que Joël Champetier a été un événement bouleversant à plusieurs niveaux. Comme Joël, en plus d'être un de mes meilleurs amis, avait aussi été mon mentor et mon directeur littéraire, écrire une histoire pour lui rendre hommage m'est venu naturellement.

C'est ainsi qu'est née l'idée derrière « Une nouvelle fantastique », un titre volontairement simple (mais à double sens dans l'histoire) dont les thèmes principaux sont le deuil et l'amitié, explorés via une prémisse relevant du fantastique, un genre que Joël et moi avons tous deux pratiqués au fil des ans. J'ai voulu y traiter le fantastique avec beaucoup de rigueur scientifique, une approche que j'ai apprise de Joël, qui utilisait la même rigueur en SF, en fantastique qu'en fantasy. Pour les initiés, les deux personnages centraux sont évidemment largement inspirés de Joël et moi.
J'ai poussé l'hommage assez loin avec cette nouvelle; utilisant pour chacun de mes titres de sections des titres évoquant des œuvres de Joël ou y faisant une référence explicite. Aussi, j'ai baptisé chacun de mes personnages d'un prénom utilisé par Joël pour divers personnages peuplant ses romans ou nouvelles. Par exemple, l'alter égo de Joël dans ma nouvelle se prénomme Ian (référence à Ian Corybantier, personnage auto-biographique en mode fantasy de son roman Les Sources de la Magie). D'autres éléments référentiels se retrouvent également dans le texte, pour ceux qui connaissent bien l'oeuvre de Joël Champetier, bien que ces références ne soient pas essentielles à l'histoire elle-même.
Cette nouvelle a été écrite dans la solitude et le deuil, la scène d'ouverture faisant directement écho au refus d'accepter la disparition de mon ami.

Parallèlement à cette nouvelle hommage, je me suis retrouvé impliqué dans une aventure totalement différente, une nouvelle en collaboration intitulée « Concerto pour extraterrestre ou mathématiciens » et dont l'origine remonte à près de 40 ans. Cette nouvelle, co-signée par Joël et moi est un texte collaboratif et unique dans mon parcours; une nouvelle dont le thème sous-jacent semblait parfaitement faire suite à « Une nouvelle fantastique ».
Joël a tapé les premières lignes du premier jet de cette histoire à la machine à écrire pendant l'été 1980. J'ai effectué les dernières corrections avant son acceptation par la revue Solaris sur un MacBook pro en septembre 2019. Il s'est donc écoulé 39 ans entre l'écriture du premier mot et le point final de l'histoire.
Entre ces deux dates, cette histoire a subi bien des modifications et ajouts, bien entendu, mais une bonne portion de ce texte a surtout dormi dans une boite pendant quelques décennies.
J'aime croire que l'histoire dormait parce qu'elle attendait l'apparition des personnages qui viendraient la conclure. C'est que, à l'été 1980, en tapant le début de l'histoire, Joël n'avait pas encore créé les personnages de Lulita Duke et Ross Luckenbach qu'il allait faire vivre une décennie plus tard.
L'intrigue originale et le développement des deux premiers tiers de la nouvelle ont été imaginés et écrits en grande partie par Joël. J'ai ajouté quelques idées (dont l'intégration de personnages créés par Joël dans d'autres nouvelles) et le ressort SF reposant sur des théories mathématiques. La chute et la conclusion de l'intrigue dans le dernier tiers sont de moi, mais mettent en scène des personnages originaux créés par Joël.
Bien que nous ayons été les seuls à écrire ces mots avant de soumettre la nouvelle, d'autres nous ont indirectement aidé au fil des ans. Il y a d'abord eu l'apport de Guy Sirois, un ami et complice commun, sans qui cette nouvelle n'aurait jamais vu le jour et qui a su, dans les derniers instants de sa création, apporter de précieux conseils et encouragements à l'écrivain orphelin de collaborateur que j'étais. Il y a aussi eu l'appui de Valérie Bédard, conjointe de Joël, qui par sa confiance, m'a permis de mener ce projet à terme malgré le départ prématuré de Joël et a été d'un support moral indéfectible tout au long du processus.
Enfin, il serait injuste de ne pas souligner la contribution exceptionnelle (et exceptionnelle) d'Élisabeth Vonarburg à la version finale de cette histoire. Son talent et son expérience, ainsi que son amour pour Joël et pour l'écriture de fiction ont eu une influence considérable dans cette aventure.
J'étais donc très heureux de voir cette histoire publiée, c'était un projet qui me tenait beaucoup à coeur et je suis content que cet inédit de Joël ait pu trouver sa voie (et sa voix) et d'y avoir collaboré dans la mesure de mes moyens. Je suis évidemment triste que Joël n'ait jamais pu voir cette nouvelle publiée. Mais je suis persuadé qu'il en aurait été très fier, lui aussi.

Avec le passage des ans et l'avancement de ce projet de collaboration, j'ai aussi écrit une troisième nouvelle hommage à Joël. En parallèle à « Une nouvelle fantastique », j'avais imaginé une sorte de nouvelle-sœur, appelée « Une histoire de science-fiction », pour faire écho au titre simple de la précédente, et qui allait explorer les mêmes thèmes du deuil et de l'amitié, mais via une prémisse relevant cette fois-ci de la science-fiction, l'autre genre littéraire que Joël et moi avons pratiqués tous les deux. Une fois encore, les initiés reconnaîtront dans les deux personnages mis en scène, des avatars de Joël et moi-même.
L'idée de cette nouvelle m'est venue pendant le travail sur « Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens ». Afin de faire de notre nouvelle en collaboration un objet littéraire respectueux du style et l'oeuvre de Joël, j'avais relu plusieurs de ses nouvelles et romans, et quelques échanges de lettres et courriels que nous avons eu au fil des ans pour bien m'imprégner de sa voix. Lors de la rédaction de la dernière partie de « Concerto... », j'avais parfois l'impression de l'entendre me glisser des conseils à l'oreille. C'est cette présence – issue de mes relectures et exercices – qui a inspiré directement l'intrigue de « Une histoire de science-fiction ». Le lecteur trouvera d'ailleurs plusieurs éléments référentiels à Joël et son entourage dans la nouvelle; de l'éditrice de roman à certains collaborateurs évoqués en filigrane. La référence à Stephen Hawking dans cette nouvelle fait directement écho à « Concerto... » et les sous thèmes de la résurrection et de l'immortalité (littéraire et littérale) croisent à la fois ceux de « Concerto... » et ceux d' « Une nouvelle fantastique ».

Rendre d'abord hommage à Joël, puis signer une nouvelle en collaboration avec lui, pour terminer sur une nouvelle dont le sujet est une collaboration entre un écrivain et son ami disparu forme donc ce que j'appelle maintenant ma trilogie hommage à Joël Champetier et l'épilogue d'« Une histoire de science-fiction » m'apparaissait la manière idéale de clore ce chapitre de ma vie d'auteur.

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Ma trilogie hommage à Joël Champetier :

« Une nouvelle fantastique », par Hugues Morin, dans Solaris 213, janvier 2020
« Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens », par Joël Champetier et Hugues Morin, dans Solaris 214, mai 2020.
« Une histoire de science-fiction », par Hugues Morin, dans la République du Centaure, mai 2020.

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vendredi 1 mai 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 45

Les semaines de confinement commencent à se ressembler sérieusement. Je comprends mieux ceux qui disaient avoir de la difficulté à savoir quel jour nous sommes. Même si je (télé)travail la semaine et pas la fin de semaine, les jours sont étrangement similaires. Dans quelques années, ce séjour en confinement ne sera probablement qu'une pile de souvenirs épars que l'on aura de la difficulté à remettre dans un ordre particulier.

Ficelle le raton
 À la campagne, les choses sont calmes; Depuis ma dernière entrée dans ce journal, j'ai découvert que Salsifis le raton avait un complice; je l'ai nommé Ficelle et j'ai réussi à le prendre en photo un moment après que Salsifis se soit éloigné. Autrement, les chevreuils nous ont visité presque chaque jour pendant quelques semaines. On croise nos voisins une fois de temps en temps en faisant une balade dans le 9e rang, le printemps semble arrivé pour de vrai cette fois-ci; nous n'avons plus reçu de neige au sol depuis plusieurs jours et la fonte a effacée les dernières empreintes du renard venu parcourir notre terrain. L'ail et les tulipes ont commencé à pousser – même si les tulipes ne sont pas encore en fleur – et les semis progressent bien dans le salon.

La dernière semaine a été difficile, je me suis un peu blessé au dos en faisant un faux mouvement qui a causé une élongation musculaire, élongation qui m'a procuré bien de la douleur et de l'inconfort. Je me dis que ça me fera un souvenir de plus du confinement; la semaine où je n'ai pu faire grand-chose d'autres que de travailler debout, mon ordinateur portable installé sur la vielle radio AM des années 20 héritée de mes parents.

Deux chevreuils par la fenêtre du patio
J'ai participé à un atelier d'écriture sur la micro-fiction offert par mon ami Éric Gauthier. Je dois participer à une séance pratique la semaine prochaine, et Éric nous a donné des devoirs à faire. J'ai déjà commis une micro-fiction de 42 mots en tentant d'appliquer ce qu'il nous a enseigné dans le premier atelier. La voici :

Je la croise et la salue. Chaque jour aussi belle. Autour de nous, personne. Nous échangeons quelques mots, complices, dans cette rue déserte. Amoureux et seuls au monde. Entre nous, cet espace de deux mètres, bien trop vaste. Entre nous, un virus.

Au début de ce journal, je vous parlais de la voix de mon voisin Richard, et bien je viens de voir qu'il serait l'invité musical de Tout le monde en parle ce dimanche. Depuis que l'émission est en direct, un invité termine l'émission avec une prestation musicale, et ce sera Richard cette semaine. Bien hâte de l'entendre chanter.

Au sommaire de Solaris 214 - mai 20
Alors que le Québec commence à parler déconfinement – mais pour plus tard – j'apprends que quelques unes de mes nouvelles dont la publication était prévue en avril sortiront en mai, finalement. Je devrai mettre à jour mon billet d'information sur les deux nouvelles concernées; il s'agit de deux hommages à Joël Champetier formant une sorte de trilogie hommage avec celle déjà publiée dans Solaris 213 en début d'année – on dirait il y a des années, tellement le monde d'avant la pandémie semble lointain. Je vous laisse donc là-dessus, puisque pour une de ces nouvelles, je dois encore apporter quelques correctifs et transmettre ça à mon éditeur avant publication!

Sinon, vous ça va, après plus de 40 jours en confinement?

dimanche 12 avril 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 26

Petite vie de dindes de campagne
Ça va bientôt faire un mois que nous sommes en confinement à la maison. Étrange époque pour la plupart, mais une occasion de prendre les choses en douces pour d'autres.
Ici, la faune vivant sur le territoire où se trouve ma maison continue sa petite vie comme si de rien n'était. Les dindes sauvages sont revenues faire un tour juste à côté de la galerie, un chevreuil a laissé des "glosettes" sur mon terrain.

Chevreuils derrière la maison
Salsifis le raton a volé le suif destiné aux oiseaux à nouveau, mais cette fois-ci, il a réussi son coup sans ouvrir les portes grillagés. Je ne comprends pas comme il a fait ça, à part d'avoir mangé tout ça à travers la grille, morceau par morceau.

Il y a 10 cas de confirmés de personnes atteintes de la COVID-19 dans la MRC qui englobe mon village. J'aimerais savoir si c'est dans des endroits proches ou loins d'ici, mais nous n'avons pas ces données pour le moment. Au moins, le nombre de cas n'a pas augmenté depuis plusieurs jours.

Pendant qu'on continue de suivre notre télé-roman quotidien de points de presse du Québec, les américains doivent endurer le film d'horreur qu'est devenu le leur. Je m'inquiète pour les quelques connaissances ou parents que j'ai aux ÉU malgré les communications rassurantes que j'ai de leur part. J'aimerais me retrouver dans 6 mois pour savoir que tous les gens que je connais s'en sont sortis indemne.

Joyeuses Pâques

Alors que je me préparais avec enthousiasme à travailler un peu sur le terrain avec les dernières traces de neige fondues – j'ai des idées pour quelques nouveaux aménagements dont une aire de relaxation et lecture sous le saule près du ruisseau -, une imposante chute de neige est venue tout recouvrir d'une chape blanche de 30 cm d'épais… On a donc fait un bonhomme de neige pour Pâques.


Je ne sais pas si c'est à cause de la neige, mais le lendemain a vu un retour massif des oiseaux dans les arbres et mangeoires devant la maison; des étourneaux, des quiscales, des geais bleus, des carouges, des merles, des tarins de pins, des junkos ardoisés, tout un festival aviaire avec des centaines de participants ne respectant aucune distanciation; je ne pense pas en avoir vu autant en même temps et sur une si longue période depuis que j'habite ici.

Sinon, travail, séries télé (Plan B saison 2, excellente série québécoise s'est ajoutée à mes polars étrangers. Et de ce côté, La Trève, série belge, s'est avérée une belle surprise). Côté musique, je me suis payé un cadeau que je lorgnais depuis sa sortie; la version remasterizée et augmentée de pièces et d'enregistrements inédits célébrant le 50e anniversaire de l'album Abbey Road des Beatles. Pour l'amateur des Fab four, c'est un très beau cadeau.

Ça avance...
J'avais acheté l'édition du samedi du journal Le Devoir il y a quelques semaines – j'ai dû me désabonner en venant habiter ici car ils ne rendent pas le service jusque chez moi, malheureusement. Dans l'édition du samedi, il y a un beau mot croisé grille blanche qui me donne du fil à retordre. Je tente évidemment de résoudre l'affaire dans mes temps libres, et sans l'aide d'aucun dictionnaire, pour faire durer le plaisir.
Dans la nuit de samedi à dimanche, j'ai poursuivi une tradition familiale qui remonte à mon grand-père paternel, qu'il a transmis à ses fils et que mon père m'a ensuite transmis; je suis allé à l'eau de Pâques. Je ne suis pas croyant, et n'attache pas réellement de pouvoir à cette eau-là, mais j'aime bien poursuivre la tradition; mon grand-père Wilfrid allait chercher cette eau dans le ruisseau au bout de ses terres, dans la nuit du samedi de Pâques, et en abreuvait ses animaux sur la ferme familiale où mon père a passé une partie de son enfance. Cette tradition a été poursuivie par mon père et mon oncle Réjean. Dans ma jeunesse, nous y allions à plusieurs avec eux et mon grand-père. Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir continuer cette tradition en allant cueillir l'eau dans le petit ruisseau au bout de mon terrain, ça me rappelle mes origines et donne un autre sens que le religieux à ce congé.
Festival aviaire
Dimanche en avant-midi, après avoir fait une balade dans le rang, nous avons croisé Angèle et Marc-André, du village, qui font régulièrement une marche dans 9e rang, et j'ai appris qu'eux aussi étaient allé à l'eau de Pâques cette nuit, l'affaire ayant été une tradition du village pendant des années!
Ils y sont même allés plus tard que moi dans la nuit... à ce moment-là, je devais dormir, ou avoir été tiré du sommeil par le bruit des pattes de Salsifis sur la galerie de devant, qu'il est revenu visiter cette nuit. Je n'ai plus remis de suif aux oiseaux depuis quelques jours, le temps que mon raton prenne de nouvelles habitudes ailleurs...
Cette histoire de raton est donc à suivre...

Et vous, ça va?

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vendredi 3 avril 2020

Journal de confinement dans les Appalaches - jour 17

Le 16 mars dernier, voyant comment se dessinaient les événements, j'ai conclu avec mes collègues de mettre en place des procédures exceptionnelles nous permettant de continuer à travailler, à distance. Le lendemain, j'ai donc travaillé de mon appartement de Montréal, le temps de m'organiser - et que ma conjointe en fasse autant - puis nous avons quitté la métropole pour rentrer chez nous, à la campagne, à St-Venant-de-Paquette pour y vivre notre période de confinement volontaire dans les Appalaches.
(Oui, le 16 mars, c'était avant les restrictions de masse, avant les fermetures d'entreprises, avant le confinement à peu près obligatoire de tout ce qui n'est pas essentiel... appelons ça de la prévention).
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Depuis mon arrivée dans les Appalaches, je ne suis sorti du village qu'à une seule occasion; quelques courses (épicerie, pharmacie) à Coaticook, ville sise à 30 minutes de chez moi. Mes journées de semaines se ressemblent toutes; télétravail en avant-midi et après-midi, pause dîner combinée à l'écoute assidue du point de presse du Premier Ministre du Québec et de la santé publique; c'est notre nouveau télé-roman quotidien. Parfois, une marche dans le rang 9 - à ne croiser personne ou parfois un voisin à 3-4 mètres de distance.

Quiscale bronzé
Pour le reste, je tente d'équilibrer mes journées, je m'informe énormément (certains font baisser leur anxiété en limitant les nouvelles, je peux comprendre, mais moi, avec mon cerveau un peu trop cartésien - aux limites de tendances autistiques -, je préfère avoir beaucoup d'informations fiables, pour mieux comprendre, ça me relaxe ;-). J'ai augmenté ma présence sur les réseaux sociaux, puis je fouine sur BBC News, Radio-Canada et autres sites de nouvelles fiables du reste du monde.

J'écoute beaucoup de musique (même en travaillant); mes classiques m'accompagnent (Sting, Coldplay, McCartney, hehe, je trahis mon âge), mais aussi des groupes et artistes d'ici (le dernier album des Cowboys fringants est génial et fort approprié en ce temps de crise). J'écoute aussi les derniers albums de Coeur de Pirate et de Billie Eilish, de la très très bonne musique, très originale chacune avec son style très personnel. Enfin, j'écoute évidemment la musique de mon voisin Richard, dont la voix douce et réconfortante est toujours agréable à entendre.

Et bien sur, je vois beaucoup de films et de séries en soirée; essentiellement du polar scandinave ces temps-ci, (plusieurs séries très solides là). Je commence à distinguer et comprendre des mots en Islandais, mais je dois quand même mettre les sous-titres pour suivre les intrigues ;-)
J'écoute aussi des films québécois - ce qu'on peut trouver ou louer en ligne, ce qui n'est pas toujours évident pour qui n'est abonné à aucun service de câblodistribution. J'ai donc rattrapé du retard (Bon Cop Bad Cop 2, par exemple) ou pris de l'avance - Avez-vous vu le dernier film québécois sur Netflix? Jusqu'au déclin? Très efficace comme film - et drôlement adapté à ce temps de confinement... pour qui aime l'humour noir et le suspense.

Geais bleus, quiscales
et carouges
Je n'avais pas prévu être à la maison un aussi grand nombre de jours au printemps - une période achalandée au bureau - alors j'ai un peu crains de manquer de bois et granules de chauffage... j'en ai commandé à ma quincaillerie régionale, qui sont venu livrer les granules hier, je peux vous dire qu'on gardait nos distances, ils ont utilisé un lift pour prendre une palette pré-emballée et l'apporter mécaniquement au garage et on n'a pas eu à échanger ou signer de bon de livraison ;-).

Ah, en plus de mes geais bleus, pics bois et junkos ardoisés habituels, le printemps a vu revenir les quiscales, les carouges et les merles. Ça fait une semaine que j'ai pas du d'étourneaux sansonnets. Les dindes sauvages passent souvent pas loin, les coyotes hurlent le soir venu... et un gros raton laveur a entrepris de me voler quelques trucs et plus de détruire une partie de ma galerie où des graines de tournesol s'étaient coincées. Je l'ai baptisé Salsifis, il est pas très craintif, alors il vient se balader près de la maison et sur la galerie tous les soirs... je l'entends souvent faire du grabuge vers minuit!

Passage de dindes sauvages dans le pâturage.
Il m'avait dérobé la cage en grillage où je mets des blocs de suif aux graines pour les oiseaux; je l'ai retrouvée cet après-midi dans le sous-bois, une porte arrachée. J'ai réparé la cage et j'ai remis du suif, puis l'ai fixé plus solidement à un poteau, en attachant les portes... je verrai bien ce que Salsifis fera de ça cette nuit.

Ce sont les plaisirs de la vie à la campagne.
Et vous, ça va?
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samedi 22 février 2020

2020 : Une année littéraire bien remplie

L'année 2020 aura été une année bien remplie côté publication pour moi.
En effet, j'ai cinq nouvelles à paraître cette année. Deux paraîtront en début d'année, deux paraîtront au printemps, puis la dernière sera publiée à l'automne.
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La première histoire, «Une nouvelle fantastique» est au sommaire du numéro 213 de la revue Solaris, numéro d'hiver 2020 qui est sorti à la mi-février. Je copie ici la présentation de l'éditeur de la revue concernant ce texte:
«La troisième partie du volet fiction consiste en une bédé – très courte – de Michèle Laframboise, intitulée « Une table vide… », et un texte d’atmosphère de Hugues Morin, écrit voici plusieurs années et que nous avions gardé dans nos cartons pour la présente occasion. De fait, « Une nouvelle fantastique » a vu le jour peu de temps après le décès de Joël Champetier. Or, tant la bédé de Michèle que la nouvelle de Hugues se veulent un hommage à notre ami et ex-rédacteur en chef puisqu’il en est, en quelque sorte, le personnage principal.»
Vous comprendrez donc que ce premier texte à paraître en 2020 est un hommage à mon ami Joël Champetier. Comme le laisse entendre l'éditeur de Solaris, il est le personnage principal de cette histoire, au titre simple mais à double sens, dans lequel j'essaie à la fois de rendre hommage à son style (mais avec ma plume à moi), à sa personnalité et sa manière d'écrire du fantastique, c'est-à-dire avec la rigueur de la SF; cette nouvelle fantastique est donc un mélange de genre. [Sincères remerciements à Jean Pettigrew pour sa direction littéraire].
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Puis, presque en même temps, ma nouvelle «Quand j'ai reconnu ton joli visage» est parue dans le numéro 55 (hiver 2020) de la revue Brins d'éternité. Il s'agit de ma première publication dans cette revue. C'est une courte nouvelle de science-fiction (soft) où il est question d'univers divergents et où il est aussi question d'amour. J'ose espérer que ça ne sera pas ma dernière collaboration à Brins d'éternité. [Remerciements chaleureux à Ariane Gélinas pour sa direction littéraire].
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C'est le webzine La République du Centaure qui a publié ma troisième nouvelle, en mai 2020, nouvelle «Une histoire de science-fiction».
Comme son titre l'indique, il s'agit d'une nouvelle de SF, et si vous aimez les clins d'oeil, le titre de cette nouvelle fait écho à «Une nouvelle fantastique» et cet écho n'est évidemment pas un hasard. L'idée à l'origine de ce texte était de traiter un sujet similaire, mais avec un ressort science-fictif plutôt que surnaturel; on retrouvera donc une similitude entre les intrigues de ces deux nouvelles qui traitent de deuil et d'amitié. [Sincères remerciements à Daniel Sernine pour ses conseils].
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Solaris a publié, également en mai 2020, un numéro spécial pour son opus 214, un numéro historique rendant hommage à Joël Champetier pour commémorer le cinquième anniversaire de son départ. Ce spécial se fait via l'incursion d'auteurs invités dans son oeuvre, dans des univers qu'il a créé en tant qu'écrivain. Je suis donc au sommaire de ce numéro, avec une nouvelle de science-fiction intitulée «Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens», une nouvelle co-écrite... avec Joël Champetier. Cette nouvelle vient en quelque sorte clore ma trilogie hommage à Joël. [Avec un immense merci à Élisabeth Vonarburg pour sa vision, ses questionnements et sa direction littéraire].
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Enfin, c'est à la fin de l'automne 2020 que la maison d'édition Les Six Brumes publiera une anthologie dirigée par Alain Ducharme intitulée Échos du Centaures. Cette anthologie regroupera cinq nouvelles de science-fiction et fantastique, signées par Luc Dagenais, Élisabeth Vonarburg, Jean Pettigrew, Daniel Sernine et moi-même. Le collectif offrira 3 inédits (dont ma nouvelle) et deux rééditions. Ma nouvelle, intitulée «Nina» est un texte mélangeant science-fiction et espionnage. [Remerciements à Alain Ducharme pour la direction littéraire et à Jean-Louis Trudel pour ses précieux conseils].
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Vous aurez noté que je remercie mes directeurs littéraires. J'ai eu la chance et le privilège de travailler avec six conseillers et directeurs littéraires de talent et d'une grande générosité. Leur contribution à la qualité littéraire de ces histoires est non négligeable. 
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[Dernière mise à jour: 18 septembre 2020]
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samedi 8 février 2020

Oscar 2020 - Mes prédictions

Voici mes prédictions pour le gala des Oscars ce dimanche. je me limite aux catégories majeures, n'étant pas un expert dans les catégories plus techniques. Notez qu'il ne s'agit pas de choix personnels (voir billets à part); il s'agit des prédictions des choix de l'académie.
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Je ne détaillerai pas trop mes arguments; ils sont souvent les mêmes: ne pas se fier aux Golden Globes (as les mêmes votants), mais prendre en considération les Screen Actors Guild Award (les acteurs étant membre des deux académie et étant majoritaires aux Oscars), les résultats de la Directors Guild pour le réalisateur, et quand même le reste de la saison des prix (BAFTA, par exemple, puisqu'ils démontrent souvent un momentum pour quelqu'un ou un film en particulier.
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Devant la caméra:

Meilleur acteur: Joaquin Phoenix, dans Joker. Toujours bon, quatre fois nommé, jamais remporté d'Oscar, c'est son année. Point.

Meilleure actrice: Renée Zellweger, dans Judy. Film sur une star d'Hollywood, toujours apprécié des membres de l'Académie, elle a tout raflé cette année comme prix, donc c'est une certitude.

Meilleure acteur - rôle de soutien: Brad Pitt, pour Once Upon a Time in Hollywood. Lui aussi n'a jamais remporté l'Oscar comme acteur malgré 4 nominations, et sa performance le mérite amplement également. Il a remporté plusieurs des prix dans cette catégorie à d'autres galas cette année, incluant le SAG.

Meilleure actrice - rôle de soutien: Laura Dern, pour Marriage Story. troisième nomination, n'a jamais gagné, a tout remporté cette année, et elle a aussi eu un beau rôle dans Little Women, et a été remarqué dans la série Big Little Lies. C'est son année pour ce trophée-là.

Derrière la caméra: 

Meilleur réalisateur: Sam Mendes, pour 1917. Films à plans séquence, consensuel, a remporté le DGA, le BAFTA, est sur une bonne lancée pour ce film et pour Mendes, devrait donc l'emporter, à moins que l'académie ne décide de diviser le vote meilleur réalisateur/meilleure film et récompense Bong Koon Ho pour Parasite dans la catégorie réalisateur.

Meilleur directeur photo: Roger Deakins, pour 1917. Pourrait pas croire qu'on refile ça à quelqu'un d'autre cette année. Il est dû, en plus, mais ça sera serré avec Joker, Once Upon a Time et Irishman dans la compétition.

Meilleur scénario adapté: Little Women. C'est ici que l'académie se reprendra pour l'absence de nomination de la réalisatrice de ce film, également scénariste, et c'est une belle relecture du roman, dont le scénario est un des points forts.

Meilleur scénario original: Parasite. C'est là où on récompensera le film coréen, plutôt que meilleur film ou réalisateur, et c'est la catégorie la moins marquante pour 1917. Tarantino est toujours un des favoris de l'académie dans cette catégorie, alors il pourrait causer la surprise, mais je ne crois pas.

Film:

Meilleur film international: Parasite. le seul de sa catégorie à être aussi en nomination comme meilleur film, donc c'est pas mal ça qui est ça.

Meilleur film: 1917, de Sam Mendes. Le plus consensuel des films en lice, il est sur une lancée, il remportera probablement 'oscar de la meilleure réalisation, et il faut remonter 20 ans en arrière pour retrouver un film de Mendes remportant cet Oscar.
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Vos prédictions?
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Oscars 2020 - Mes choix

Voici mes choix personnels concernant les Oscars de cette année. À ne pas confondre avec mes prédictions, ces choix ne visent en aucun cas à prédire ceux de l'académie; ils représentent seulement les choix que j'aurais fait si j'avais été membre de l'académie.
Je me limite aux catégories majeures et les plus connues, pour des raisons évidentes.

Devant la caméra:

Meilleure actrice: Scarlett Johansson dans Marriage Story. je n'ai pas vu toutes les performances, mais parmi celles que j'ai vues, je ne vois guère que Saoirse Ronan pour prétendre à une meilleure performance que celle de Scarlett Johansson cette année, pour ce spectateur-ci. J'ai beaucoup aimé la subtilité et la finesse du jeu des deux, mais le rôle de Jo March me semblait quand même moins dur à rendre aussi poignant, compte tenu du scénario de Little Women. Aussi, j'étais content de revoir Scarlett Johansson dans un registre qui rappelle plusieurs des bons films tournés il y a une ou deux décennies (Ghost World, The man who wasn't there, Lost in translation, Girl with a Pearl Earing), avant sa période plus populaire (Avengers, Lucy). Sans rien enlever du jeu de Ronan, mon vote serait donc allé à Johansson.

Meilleure actrice  - rôle de soutien: Florence Pugh, dans Little Women. je n'ai pas vu Bombsehll ni Harriet, donc ma fourchette de choix est limitée. Ici, étrangement, mon sentiment est inversé par rapport à la catégorie précédente. Mêmes films, Pugh pour Little Women, Laura Dern pour Marriage Story, mais j'ai été beaucoup plus ému par la performance de Florence Pugh que celle de Laura Dern, qui m'apparaissait parfois un peu trop caricaturale dans son approche. Amy dans Little Women - contrairement à sa soeur Jo - n'est tout d'abord pas très sympathique, et l'actrice qui s'attaque à ce rôle a le double travail de rendre cette portion du personnage fort, mais aussi renverser notre perception pendant le film pour qu'on s'attache à elle malgré ça et la trouve même attachante à mesure que le film progresse.  Cet aspect du rôle m'est apparu plus ardu à rendre que celui de Dern dans Marriage Story, aussi bonne soit-elle à le faire.

Meilleur acteur: Léonardo DiCaprio, dans Once Upon a Time in Hollywood. J'avoue avoir hésité. J'ai bien aimé les autres, j'ai trouvé Adam Driver excellent dans Marriage Story, mon choix aurait pu se porter sur Joaquin Phoenix dans Joker, Mais DiCaprio doit composer le rôle de l'acteur qu'il tient, puis tous les rôles de celui-ci à l'écran (quand il est bon, quand il est mauvais). Comme toujours, il arrive à accomplir ça d'une manière qui semble sans effort et c'est remarquable. Il est difficile d'oublier la performance de Phoenix dans Joker, un rôle qui joue sur certaines limites sans jamais les dépasser dans le cadre de l'univers glauque de Gotham, alors ça aurait pu être un ex-aequo en ce qui me concerne.

Meilleur acteur - rôle de  soutien: Brad Pitt, dans Once Upon a Time in Hollywood. Ici aussi j'ai hésité, mais moins que pour l'acteur principal. Al Pacino et Joe Pesci étaient tous deux excellent dans The Irishman et Hopkins était parfait dans The Two Popes (je n'ai pas vu la performance de Tom Hanks). J'ai trouvé Pitt charismatique et grandiose dans le rôle du cascadeur un peu loser et ami de l'acteur. La scène avec Bruce Lee, la scène du ranch, la scène finale chez Rick, représentent des moments charnières dans le film de Tarantino et Pitt, avec sa dégaine relax était absolument savoureux dans ce rôle d'insouciant cool.

Derrière la caméra:

Meilleur réalisateur: Sam Mendes, pour 1917. Très grosse année dans cette catégorie, avec de grosses pointures comme Tarantino et Scorcese, sans oublier Sam Mendes et son film tout en plans séquences. Les aspects techniques de certains films étaient remarquables (Irishman et 1917), par exemple, et Tarantino s'est amusé à faire des films dans le film, donc Once Upon a Time est un film d'époque ('70), avec des bouts de films des années 50 et 60, des polar, des westerns, bref, toute une panoplie. Reste que la «séquence de plans séquence» de 1917 est un bel exploit.

Meilleure direction photo: Roger Deakins pour 1917. Ça fait des années que je trouve qu'on sous-estime Deakins, je ne pourrais croire que l'Oscar lui passera entre les mains cette année. Il a eu à faire la direction photo d'un film de guerre filmé essentiellement en plans séquences, une prouesse technique remarquable. La scène nocturne, avec la cathédrale qui brûle et les flares lancés par les occupants, tourné en plan séquence a dû être très difficile à éclairer proprement.

Meilleur scénario adapté: Little Women. J'ai un faible pour les films d'époque et celui-ci se déroule près de chez moi (Concord, New Hamphire, à quelques heures à peine de ma maison). Mais en fait, je l'ai trouvé juste supérieur aux autres scénarios en présence et une magnifique relecture du roman original. Irishman a la faiblesse d'être un peu longuet à installer ses personnages, même si on comprends à mesure que le film avance que ceux-ci doivent être bien campés pour que la suite nous apparaisse crédible et émouvante. The Two Popes était fort bien écrit, mais le sujet était un peu trop aride malgré mon appréciation du film pour que j'en fasse mon choix de meilleur scénario. Joker était très bon, étonnamment subtil pour un film d'univers de super-héros, mais quand même moins élaboré en termes de personnages (à part le personnage principal, bien travaillé) que Little Women.

Meilleure scénario original: Parasite. Oui, je sais, je ne choisi par le Tarantino au niveau du scénario. Le film de Quentin était un peu longuet à installer son monde au début - bien que toutes ces scènes plus ou moins utiles étaient agréables à voir, Tarantino s'est fait plaisir, et aux cinéphiles aussi, mais sont scénario aurait pu être resserré. Marriage Story était émouvant et très bien réussi - et j'aime bien les films «à propos» - mais quelques scènes étaient parfois proche de la caricature (surtout au début, avec l'avocate, par exemple, un peu trop manipulatrice). Quand à 1917, l'histoire est un peu simple, ls scénario n'étant pas le point fort du film (qui ne prétendait pas l'être non plus). Parasite était parfait au niveau scénario, et comme histoire originale, pleine de personnages truculents, une critique sociale subtile, avec une scène finale plus tarantinesque que Tarantino, bref, meilleur scénario original sans aucun doute dans mon esprit.

Film:

Meilleur film: Parasite. Revoir mes commentaires sur le scénario du film, l'élément le plus important pour ce cinéphile-ci. Donc meilleur film, clairement. C'était un sans faute, du cinéma original et intelligent, surprenant à plusieurs points de vue, personnages ni bons ni méchants, très bien campés et attachants, profiteurs comme victimes, excellente critique sociale bien imbriquée sans être trop soulignée, tout y était parfait. The Irishman était plus convenu, le Tarantino était très bien (avec une scène étonnamment émouvante à la toute fin), Marriage Story très réussi (mais pas au niveau d'un oscar du meilleur film), Joker un des meilleurs films d'univers de super héros (mais aussi avec les défauts que comportent ces univers côté subtilité), 1917 excellent mais qui ne réinvente pas le film de guerre comme l'avait fait Saving Private Ryan, quand même et Little Women, malgré tout le bonheur que j'ai éprouvé à revoir cette histoire de cette manière, c'était quand même un remake. (Je n'ai pas pu voir Jojo Rabbit ni Ford v Ferrari à temps).
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Et vous? Vos choix?
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jeudi 9 janvier 2020

Livres et nouvelles disponibles

Introduction

A part quelques textes en ligne - disponibles gratuitement - on peut faire l'acquisition de certains de mes livres et certaines de mes nouvelles les plus récentes auprès de libraires ou d'éditeurs.
Voici donc une liste maintenue à jour de ce qui est encore disponible sur le marché. Les liens mènent directement aux pages des publications, pour informations additionnelles. Pour ce qui est d'acquérir ces textes, voir la section commandes.

Livres

- À la petite école au pied du volcan,
août 2015, 60 pages de textes et photos, grand format (20 x 25 cm), impression couleur.
- Il était une fois J.E., ou si mon père m'était conté, avril 2013, co-écrit avec Jean-Eudes Morin, 214 pages, couverture souple.
- Printemps érable, Casseroles et Carrés rouges, septembre 2012, 40 pages, grand format (20 x 25 cm), impression couleur.
- Stephen King: Trente ans de terreur, Alire,1997. 313 pages, grand format.

Nouvelles

- Dieu ne joue pas aux échecs, auto-fiction, histoire et science-fiction, dans Solaris 231 spécial 50e anniversaire, avril 2024.
- Mon père ressuscitait souvent, auto-fiction, à compte d'auteur, décembre 2023.
- L'excavation, fantastique, dans Horrifique 160 spécial Trio infernal, août 2022.
- Une nuit de solitude, réalisme magique, à compte d'auteur, décembre 2021.
- Les licornes de l'Hereford, histoire de science-fiction, dans Brins d'éternité 58, été 2021.
- Le vieil homme et le trou noir, science-fiction, dans Solaris 219, été 2021 (Prix Boréal d'écriture sur place).
- L'amour au temps des univers parallèles, science-fiction, dans Solaris 217, hiver 2021.
- Nina, politique-fiction mélangeant science-fiction et espionnage, dans le recueil collectif Échos du centaure, dirigé par Alain Ducharme, éditions Les Six Brumes, février 2021.
- Une histoire de science-fiction, histoire de science-fiction hommage à Joël Champetier, dans La République du Centaure, mai 2020.
- Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens, science-fiction, co-signée avec Joël Champetier, dans Solaris 214, printemps 2020.
- Quand j'ai reconnu ton joli visage, science-fiction, dans Brins d'éternité 55, hiver 2020.
- Une nouvelle fantastique, histoire fantastique en hommage à Joël Champetier, dans Solaris 213, hiver 2020.
- Frill, l'avatar au long museau, science-fiction, dans Solaris 207, été 2018 (Prix Boréal d'écriture sur place).
- Tous à Laval!, politique-fiction mélangeant science-fiction et espionnage, dans Solaris 200, automne 2016.
- Les hiboux virtuels du réseau infini
, science-fiction, dans Solaris 199, été 2016. (Prix Boréal d'écriture sur place).
- Les moutons andalous et les pâturages du Yorkshire, polar de politique-fiction, dans Alibis 57, hiver 2016.
- Une singulière rencontre pour amateurs de bonbons, conte fantaisiste, dans La République du Centaure, décembre 2015.
- Liberté d'oppression, polar de politique-fiction, dans Alibis 56, spécial sur la liberté d'expression, automne 2015.
- Errinerungsobjekteinfluß, science-fiction, dans Solaris 192, automne 2014.
- L'injonction, polar de politique-fiction, dans Alibis 48, automne 2013.
- i-Robot, science-fiction, hommage à Isaac Asimov, dans Solaris 184, automne 2012.
- La petite brune aux yeux verts, science-fiction, dans Solaris 180, automne 2011.
- Le jour où j'ai volé 700 quetzals à l'ayudante d'un chicken bus, polar, dans Alibis 38, printemps 2011
- Deux soeurs - Plan fictif - Lima Pérou, fantastique, dans Solaris 169, hiver 2009.
- Au plus petit café du monde, science-fiction, dans Solaris 163, été 2007. (Nouvelle lauréate du prix Solaris 2007). Réédité par La République du Centaure, automne 2015.
- Le Hold-up du Fifth Avenue, polar, dans Alibis 20, automne 2006.
- L'imposteur, fantastique, dans Solaris 160, automne 2006 (Prix Boréal d'écriture sur place).
- Le Déjeuner, polar, dans Alibis 18, printemps 2006.
- Trois petites fleurs, fantastique, dans Solaris 152, automne 2004.
- Visite à domicile, polar, dans Alibis 1, hiver 2001.
- Les Corbeaux immortels rêvent-ils de contrôler le monde?, science-fiction, dans Solaris 124, hiver 1998.

Commandes

- Une nuit de solitude, plaquette PDF, disponible gratuitement sur demande auprès de l'auteur.
- À la petite école au pied du volcan, commandes de la version papier par internet seulement.
- À la petite école au pied du volcan, commandes de la version numérique (PDF) via l'auteur, pour 5$.
- Printemps érable, Casseroles et Carrés rouges, commandes par internet seulement.
- Stephen King: Trente ans de terreur. Notez que ce livre est épuisé. S'informer auprès de l'auteur, qui a conservé quelques exemplaires disponibles.
- Nouvelles publiées dans la revue Solaris: disponibles en commandant les anciens numéros via le site de la revue. Le numéro courant de la revue Solaris est également disponible dans les librairies. Plusieurs anciens numéros, ainsi que le numéro courant, sont également disponibles au kiosque des éditions Alire lors des salons du livre au Québec.
- Nouvelles publiées dans la revue Alibis: disponibles en commandant les anciens numéros via le site de la revue. Plusieurs numéros sont également disponibles au kiosque des éditions Alire lors des salons du livre au Québec.
- Nouvelles publiées dans le webzine La République du Centaure, disponibles gratuitement en ligne.

Pages d'auteur et bibliographie

D'autres projets verront le jour bientôt. Quelques-uns seront disponibles sur la plate-forme qui propose À la petite école au pied du volcan et Printemps érable...; et on peut y suivre mes activités sur cette page d'auteur. Pour toute autre informations sur mes activités en tant qu'auteur, on peut également consulter cette page sur le site des éditions Alire.
Depuis mes débuts comme auteur, j'ai publié quelques recueils de nouvelles (fantastique, essentiellement) ainsi que plus d'une centaine de nouvelles à la pièce, en revues, fanzines et anthologies. La grande majorité de ces textes ont été publiés dans des publications qui sont maintenant épuisées. On peut consulter une bibliographie regroupant la plupart de ces textes sur le site des éditions Alire. Même si quelques-uns de ces textes sont encore disponibles, la présente page d'information se concentre sur les 23 dernières années exclusivement.
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mercredi 8 janvier 2020

Quelques fictions disponibles en ligne

Au fil des années, j'ai rendu disponible en ligne quelques-unes de mes fictions. Pour en faciliter la lecture et la consultation, j'en ai aussi regroupé quelques-unes à titre d'archives, sur ce blogue.
Même si plusieurs textes remontent à une période de ma vie où j'avais moins d'expérience d'écriture, et qu'en les relisant, je souris souvent devant les erreurs commises, je ne renierai jamais les nouvelles que j'ai publiées ici et là au fil de ma vie. Elles reflètent généralement avec assez de justesse l'auteur que j'étais alors, avec ses qualités et ses défauts.
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Trois nouvelles littéraires sont actuellement disponibles gratuitement sur le webzine La République du Centaure:
Une histoire de science-fiction, nouvelle de SF hommage à Joël Champetier, publiée en mai 2020.
Une singulière rencontre pour amateurs de bonbons, conte fantaisiste inédit publié en décembre 2015.
Au plus petit café du monde, science-fiction, nouvelle lauréate du Prix Solaris 2007, rééditée à l'automne 2015.
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Neuf autres nouvelles littéraires sont également disponibles gratuitement en ligne:
Cinq de ces fictions sont maintenant publiées sur l'Esprit Vagabond:
Hôtel Hilton, 11 février avait à l'origine été publiée sur mon site web en 2004. Cette nouvelle mettait en scène des événements (fictifs) se déroulant entre 2004 et 2012. Elle est désormais sur ce blogue, et comprend maintenant des notes datées du 22 février 2012, soit 11 jours après la fin de la nouvelle et qui permettent de jeter un regard différent sur celle-ci.
Les Fantômes et moi et Suzinette et les petits Africains de la Charles-Voie est une nouvelle illustrée écrite lors d'une séance d'une heure d'écriture sur place en 2007.
La jolie cliente, qui est un conte urbain écrit en décembre 2005 et publié originalement en ligne en janvier 2006.
Quelques heures à Houston, Texas, a été écrite en quelques heures à l'aéroport de Houston, entre deux vols, en août 2004.
Ock devait être le premier d'une petite série d'aventures d'hommes préhistoriques racontées avec le regard moderne, et dans lesquels j'explorait quelques thématiques un peu absurdes. Écrite il y a plusieurs années, elle a été publiée sur ce blogue en février 2012.
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Deux autres fictions sont disponibles sur des sites externes:
Le Marchand de rêves, publiée dans la revue Brèves Littéraire, en 1992, est maintenant disponible en version PDF via le portail Érudit.
La petite blonde au manteau vert est une nouvelle fantastique originalement publiée dans le collectif Le Trio Infernal, en 1996 et rééditée sur le webzine Différentes Saisons, en 2001.
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Enfin, deux nouvelles sont également disponibles en format audio (lues par Christian Martin) sur le site des Éditions de l'À Venir:
L'homme qui portait deux montres, publiée originalement en 2001 a été enregistrées en 2008.
Une soirée tranquille, publiée originalement en 2001 a été enregistrée en 2011.
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mardi 28 août 2018

Une fiction en souvenir de Mathieu

C'est avec une infinie tristesse que j'ai appris la semaine dernière, le décès de mon bon ami Mathieu Trépanier. Mathieu a été un grand complice de la première heure du Cinéma Chaplin, que j'ai fondé fin 1998. En fait, Mathieu a même été la première personne que j'ai engagé au Cinéma. Nous avions fait des pré-entrevues pour le poste de projectionniste, et vu son attitude et son expérience, je l'avais immédiatement engagé comme gérant. Ce collègue est rapidement devenu un ami, puis, avec les années, et le plus naturellement du monde, un complice de ma vie de voyageur.
J'ai déjà parlé de Mathieu sur ce blogue, notamment lors de réflexions sur le voyage et le dépaysement; j'avais alors structuré une petite théorie du dépaysement issue de discussions que j'avais eues avec lui, théorie comprenant une échelle que j'avais baptisé de son nom.
Mathieu a certainement été une des personnes les plus intéressantes et positives à croiser ma vie, et la coïncidence qui nous a fait nous rencontrer (il n'était à Roberval que pour quelques mois à l'époque) a contribué à changer ma vie (*). Nos longues discussions philosophico-politiques et nos échanges sur les voyages et les cultures m'ont beaucoup enrichi pendant les 20 années au cours desquelles j'ai eu le grand bonheur de le côtoyer.
À l'automne 1999, j'ai écris une petite histoire qui se déroulait dans le Cinéma Chaplin, où nous avons appris à nous connaître, Mathieu et moi. Cette histoire - une parodie des polars hard boiled américains traduits par les français -  s'intitule "C'est du cinéma". À l'époque, un tirage très limité a été imprimé (26 exemplaires) dont l'essentiel a été offerts en cadeau à mes collègues du cinéma. Il faut dire qu'à deux exceptions près, tous les personnages de l'histoire en question étaient inspirés directement d'un employé de l'établissement. Ces deux exceptions, ce sont les personnages de Mathias Morin et Hugo Trépanier, qui chacun à leur manière, étaient un mélange de caractéristiques de Mathieu et de moi-même.
Ainsi, en souvenir de Mathieu, en souvenir de nos discussions socio-politiques en haut de la rampe menant aux salles entre les clients dont nous contrôlions les billets à Roberval... jusqu'à nos discussions philosophiques devant une bière sur une terrasse montréalaise, en passant par nos échanges culturels dans un resto africain de la Petite Patrie ou notre rigolade dans les coulisses du cinéma Impérial de Montréal. En souvenir de tout ça et bien plus encore, revoici donc cette histoire farfelue qui se déroule dans le cinéma où on s'est connu et où on est devenu amis.
Alors pour toi, Mathieu, qui savait que tout ça;


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(*) Je n'exagère rien ici, puisque lors de notre rencontre, Mathieu avait déjà quelques voyages dans le corps - dont un en Inde - et il préparait un projet au Pérou. Mathieu était déjà la démonstration qu'on pouvait vivre différemment, et voyager différemment. Lors de mon tout premier séjour en Amérique latine (en Équateur en 2004), par une journée pluvieuse, j'avais écris un texte humoristique proposant une histoire révisionnistes de l'Équateur, où on trouvait d'ailleurs ce passage:
«Dans la foulée, les frères Trépanier allaient devenir les premier Robervalois de ma connaissance à conquérir l'Équateur à leur tour, développant au passage leur théorie du dépaysement. On érigera bien un jour un monument à toutes ces figures importantes de l'Équateur, mais il faut bien se garder quelques têts à honorer encore et un peu de coins de rues sans bustes pour le futur, alors ce projet est encore dans les tiroirs équatoriens».
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C'est du cinéma


C’est du cinéma


À Mathieu Trépanier


            Ma troisième affaire. Enfin, la troisième affaire pour laquelle j’avais officiellement un mandat, confié par un client. J’avais fait quelques trucs par-ci par-là, pas trop officiellement quelques mois avant de m’afficher publiquement, enfin. Ma troisième, donc. Les deux premières avaient été couronnées de succès — du moins pour moi, faute de l’avoir été pour mes clients. J’avais été payé et j’avais résolu l’affaire, même si la vérité n’avait pas fait le bonheur de tout le monde. Deux histoires de jalousie. Un peu banal, mais ce sont toujours les machins les plus ennuyeux qui permettent de mettre pain, beurre et vodka dans les armoires.
Cette fois, c’était dans un cinoche de quartier. Enfin, c’était le seul cinéma de la ville, mais il faisait tout de même cinoche de quartier. Trois salles dont une à peine plus grande que mon salon, et une ambiance tellement feutrée que l’on aurait jamais dit que c’était un lieu public. C’était un dimanche midi et j’achevais de faire le tour de l’endroit, guidé par Nico le projectionniste, un type qui devait bien avoir une bonne tête de plus que moi et qui faisait certainement dans les trois cents livres de muscles. Bon, il avait peut-être quelques dizaines de livres en trop au niveau du pneu, mais son visage débonnaire lui ôtait toute allure de dur à cuire. Je fixai mon reflet dans une fenêtre de projection, question de vérifier ma propre allure. Il fallait bien que j’assure un max si je voulais arriver à quelque chose avec cette bande de jeunots. Nous venions de pénétrer dans une salle de projection grande comme ma main et le frigo un peu gras du bide qui me précédait se déplaçait avec l’aise d’une ballerine malgré l’espace restreint de la pièce. Debout près d’une trappe dans le plancher, Nico le projo me montra l’entrée électrique, l’air de croire que la chose m’intéresserait.
— C’est par ici que tout le courant passe. Bon! Vous avez tout vu. Y’a pas d’autres pièces à part l’autre salle de projection. On y va?
— Hum hum, je fis, ne sachant trop que dire d’autre.
Et en réalité, je n’avais rien dit d’autre depuis le début de la visite.
Être un privé de nos jours, et dans une petite ville de région, ça n’a rien de bien reluisant. Juste pour avoir le droit de trimbaler un flingue, il aurait fallu que je remplisse tellement de paperasse que j’avais décidé d’être un privé non armé. Bon, j’avais tout de même un minimum de quincaillerie sur moi, mais pas de pétard. Déjà que la police du coin et son pendant provincial m’avaient pas trop à la bonne, je voulais pas qu’ils en profitent et me pincent pour un détail comme un feu.
Nous ressortîmes de la minuscule salle de projection et Nico m’expliqua que la seconde salle du même genre était un peu plus petite.
— J’ai du mal à imaginer que la chose soit possible.
Ça y était, j’avais enfin fait une phrase complète. Nico me dévisagea, surpris.
Il y avait un autre projectionniste. Rico, celui-là. Il arrivait justement, par le corridor principal, lui aussi avec des pas si légers qu’on aurait dit qu’il ne faisait pas cent livres alors qu’il devait facilement peser le triple. Nico et Rico se ressemblaient à plusieurs points de vue. Même gabarit, quoique le poids de Rico semblait plus réparti en longueur, et même regard de labrador plutôt que celui du malamuth dont on se serait attendu de deux armoires à glace pareilles.
Je me demandais si avoir un prénom à consonance italienne était un pré-requis pour occuper le poste de projectionniste dans ce milieu lorsque Rico nous rejoignit à l’entrée de la seconde salle des machines. Il avait avec lui une affiche annonçant un nouveau James Bond. J’écoutais que d’une oreille ce qu’il racontait, surpris de constater que Nico avait raison sur l’étroitesse de la seconde salle.
— L’architecte devait être un nain ou quelque chose du genre.
Ça m’avait échappé.
— Euh.. Non, répondit Nico. Il n'est pas nain.
Il aurait pourtant dû, pour avoir pensé installer tous ces plateaux et ces appareils électroniques dans un espace si restreint.
J’en avais marre de cette visite guidée qui ne me fournissait aucun élément tangible. Visiter les lieux ne m’avait jamais paru un travail essentiel au détective privé. La police passait avant nous, alors à quoi bon se balader sur les lieux sans pouvoir relever le moindre indice? Dans le passé, il y avait toujours des machins oubliés par les flics, mais aujourd’hui, avec leur foutu matériel technologique, ils ne laissaient absolument rien. Ils passaient même l’aspirateur pour ramasser les fibres, l’ADN et toutes ces foutaises.
Moi j’étais de la vieille école, malgré mon jeune âge. Un cousin de mon oncle avait bossé pour la filiale officieuse de Montréal du bureau de New York de l’agence Continental et c’est de lui que j’avais appris le métier. Bon, aujourd’hui, il avait quatre-vingts printemps bien sonnés et plus toute sa tête, mais il y a encore quelques mois, il arrivait généralement à me raconter ses meilleurs trucs et les affaires sur lesquelles il avait travaillé avec assez de cohérence. Bref, j’avais été formé sur le tas. Et ça non plus les flics ne pouvaient pas le digérer, eux qui avaient des études et tout.
C’était aussi le cousin de mon oncle qui m’avait montré comment parlent les vrais privés. En réalité, je savais bien que personne ici n’avait jamais parlé comme ça, mais de causer comme un acteur de polar américain post-synchronisé par les français me donnait un style assez original dans le coin. Je jouais un rôle, mais ça m’empêchait pas d’être un véritable privé. Et j’aimais l’idée d’être un détective privé presque plus que le job lui-même.
Pour les corps de police, j’étais un drôle de type, avec qui il ne fallait pas trop collaborer. J’avais donc décidé de leur laisser les analyses et les bidules du même genre pour me concentrer sur ma spécialité; les types et les gonzesses qui tournaient autour de l’affaire, de près ou de loin. Et pour l’instant, j’avais seulement vu trois personnes; mes deux armoires à projection et Tara, une môme d’environ dix-sept ans qui était vendeuse de tickets à l’entrée. J'avais encore cuisiné personne sur l’affaire mais je me proposais de débuter par la môme. Petite, cheveux violets, yeux pétillants, trois ou quatre boucles sur les oreilles et dans le nez (et probablement ailleurs, mais ça seul son copain pourrait me le dire), Tara avait aussi des appareils dentaires avec des bagues vert fluo. Enfin, vous voyez le genre. Je laissai donc les deux géants siamois en plan et redescendis vers l’entrée du cinoche.

Ma troisième affaire, elle avait commencé la veille, un samedi en début de soirée, quand un grand type maigre comme un clou était entré dans mon bureau, en réalité une des pièces de mon appart, rue Bourgoing. La quarantaine, le cheveu court et brun, petites lunettes cerclées de métal. L’air hagard.
— Vous êtes réellement un détective?
Sa voix était drôlement grave pour un type aussi dépourvu de coffre.
— C’est ce qui est écrit sur la porte, alors…
Je fis mine de prendre une gorgée de vodka. En fait, je ne buvais pas d’alcool, mais il me semblait que les vrais privés en prenaient constamment, alors la vodka faisait comme qui dirait partie de mon équipement de travail.
— Vous pouvez retrouver quelqu’un?
— Ça dépend.
Il jeta un regard à la ronde. Peut-être cherchait-il un fauteuil, mais la pièce n’était pas assez grande pour en contenir un. Je ne relevai pas, pas plus que je ne l’invitai à prendre ses aises. Il reprit:
— C’est ma fille. Elle a disparu. Il faut absolument que je la retrouve. Aujourd’hui.
— Bon, d’accord. Racontez-moi tout, depuis quand elle a disparu, de quoi elle a l’air — vous avez une photo? — où on l’a vue la dernière fois, qui sont ses amis les plus proches…
Il regarda encore une fois autour de lui. Cette fois-ci, je me levai et retirai une pile de dossiers, ce qui révéla un petit banc de bois — il s’agissait de papiers sans importance que j’avais empilés un peu partout dans le bureau pour donner l’image d’un homme occupé. J’invitai mon nouveau client à prendre place.
Il prit une grande inspiration et débita son histoire:
— Ma fille a seize ans, elle s’appelle Véronique. Petite, un brin ronde, cheveux blonds. Je n’ai pas de photo avec moi, désolé. Depuis quelques semaines, je la soupçonne de vouloir fuir la maison, elle n’est pas dans son état normal, un petit ami bizarre. Enfin, bref, je la suis discrètement depuis deux jours. Hier soir, elle avait quitté la maison avec son sac à dos et je pensais qu’elle voulait partir définitivement. Malheureusement, elle m’a vu la suivre et m’a échappé. Elle est entrée au cinéma, où je l’ai perdue. Voilà.
Je fis mine de réfléchir à tout ça — Il n’y avait pas grand-chose à réfléchir, finalement.
— Bon, je vais aller jeter un œil au cinoche en question. Je partirai de là. Il me faudra une photo. Et son copain, c’est qui?
— En fait, je ne le sais pas, je ne connais pas son nom. Il est, euh… grand et costaud, avec les cheveux longs et blonds, qu’il attache avec un élastique.
Bon, au moins, j’avais l’embryon du début d’une idée à quoi pouvait ressembler ce jeune couple en cavale. On devait avoir déjà vu pire.
— On se voit ici tous les matins dix heures, dis-je à mon client. Je prends cinq cents billets pour l’affaire, si je la boucle en moins d’une semaine. Sinon, on verra pour la suite.

Le soir même, j’allai me faire une idée de l’endroit où mon client avait perdu la trace de sa fille.
Le cinéma est situé rue principale, en plein centre-ville. Petit édifice à toit plat — surprenant qu’un édifice si peu élevé puisse abriter des salles de cinéma. À en croire mon client, la fillette Véronique était entrée par la porte principale. Celle-ci débouchait directement sur le guichet et le comptoir à bonbons. J’achetai un billet pour un film qui débutait quelques minutes plus tard — une comédie romantique avec Julia Roberts —, puis me dirigeai vers les salles en observant le bâtiment. Au bout du couloir qui séparait les salles de l’entrée, un petit gringalet prit mon billet et m’indiqua la salle numéro deux. Je remarquai un autre couloir menant vers les toilettes et m’y engouffrai. Passé les salles de bain, le couloir devenait plus large et menait à deux portes vitrées, une sortie qui donnait sur le stationnement de côté. Bon, tout ça pour rien; Véronique était tout simplement sortie par ici et avait filé par l’arrière de la bâtisse. Je ne remontai pas voir le film et quittai les lieux.

Le lendemain matin, dix heures. Mon client n’avait toujours pas de photo.
— Désolé, j’ai oublié. Vous êtes allé au cinéma? Vous avez interrogé le gérant?
— Aucun intérêt, elle a probablement filé par derrière; il y a une autre sortie qui…
— Impossible! Quand je l’ai vue entrer là, je me suis posté au coin de l’édifice, je voyais les deux portes, celle du devant et celle de côté. J’ai attendu jusqu’à la sortie des employés, à minuit dix; ils verrouillaient les portes! Mille dollars si vous la retrouvez aujourd’hui!

Une heure plus tard, j’étais de retour au cinoche.
— Le gérant, c’est qui? Il est ici?
J’étais tombé sur Nico le projo. Il était seul. Le premier à arriver pour préparer les projections de l’après-midi.
— Non. Et c’est pas un gérant, c’est une gérante. Claudia. Elle va être là dans quinze minutes.
— Je suis détective. Je cherche une personne qui est peut-être venue voir un film hier soir. Vous étiez là hier?
— Oui. Mais il y a beaucoup de monde qui viennent voir des films. Et je ne vois pas tout le monde, moi, je suis souvent dans les salles de projection, vu que je suis le projectionniste.
Il avait prononcé «vussque», en un mot.
— Ok. Je peux faire le tour de la place? J’aimerais jeter un coup d’œil.
— Pas de problème.

Il m’avait donc entraîné à sa suite dans toutes les pièces du petit cinéma; jusqu’à me montrer l’entrée électrique au fond de la salle de projection. Entre-temps, Tara était arrivée et aussi Rico, l’autre gros type qui était projectionniste. C’est Nico qui m’avait présenté à eux, en poursuivant sa visite.
Entre autres informations plus ou moins utiles, j’avais appris que les gars responsables des équipements se nommaient Bob et Bob. J’avais cru à une blague du projo, mais non. Ça prenait bien un cinéma pour avoir deux techniciens avec un nom de duo comique!

J’en étais donc là en ce dimanche après-midi, et pas plus avancé que la veille, alors que je descendais le couloir menant au guichet. Des affiches annonçant les films à venir tapissaient les murs du couloir. D’autres étaient suspendues au plafond. Tom Hanks, Bruce Willis, Tom Cruise et Nicole Kidman me regardaient d’un œil racoleur. Dans le cas de Kidman, c’était du plus bel effet.
La môme Tara était au comptoir-lunch, en train de préparer du pop-corn. Je décidai d’attaquer de front.
— Salut.
— Salut.
Elle me tournait le dos, affairée à verser les grains de maïs dans la machine.
— La gérante, Claudia, elle est pas encore là?
— Elle ne viendra pas cet après-midi; elle s’est fait remplacer par Rico. Je pense qu’il est en haut, avec Nico.
— Ah bon. T’étais là hier soir?
Elle se retourna enfin.
— Oui, pourquoi?
— Je cherche une fille qui est venue ici. Petite ronde avec un sac à dos.
— Oh, il passe beaucoup de monde ici.
— Ouais, Nico m’a servi la même soupe.

Rico était descendu et j’en profitai pour le cuisiner lui aussi. Rien à faire; il était absent la veille.
— Et le gringalet qui s’occupait des tickets en haut du couloir, hier soir?
— Qui?
— Un type bâti sur un squelette de poulet. C’était qui?
— Ah! Vishnou. C’est le propriétaire.
— Le proprio s’appelle comment? Et il s’occupe des billets?
— Vishnou. Et oui, il travaille avec nous, sur le plancher, plusieurs soirs par semaine. Quand il est en ville.
— Drôle de nom pour un propriétaire de cinoche.
— C’est le nom d’une déesse hindoue, à ce que j’en sais.
— Et c’est Vishnou comment?
— Vishnou rien. Vishnou tout court.
— Et on peut le joindre comment, ce Vishnou?

Toute l’affaire m’apparaissait de moins en moins claire — en admettant qu’elle ne l’ait été ne serait-ce qu’un brin depuis le début. J’avais perdu mon temps au cinoche, et le proprio qui se faisait appeler Vishnou était littéralement impossible à contacter pour l’instant.
De son vrai nom Mathias Morin, le type était une sorte de bohème qui avait séjourné deux ans en Inde et au Tibet, avant de passer par Paris où il avait travaillé dans un vieux cinoche et appris pas mal de trucs sur ce boulot. Son vieux était passé dans un éventuel monde meilleur deux mois après son retour d’Europe et Vishnou s’était ramassé avec un peu de fric dont il ne savait que faire. Il avait investi toute la somme dans un cinéma dont il confiait la gérance à une copine. Entre ses voyages un peu partout dans le monde, il revenait passer quelques semaines ici et travaillait dans son cinéma. Un original, à n’en pas douter. Et même s’il voyageait beaucoup, il était sans le sou lorsqu’il partait; tout l’argent avait été placé dans le cinéma et il devait se trouver des petits boulots à l’étranger. Un cas.
Toujours est-il que mon affaire était mal tombée. La veille avait été la dernière soirée de Vishnou en ville, avant son départ pour l’Argentine, où il avait décidé d’aller demeurer quelques mois. Il était parti le matin même. Ça me semblait suspect, mais après vérification, il était apparu que ses réservations de billets d’avion avaient été faites depuis des semaines. Bon, ça ne prouvait rien. Après tout, il avait peut-être planifié tout ça avec la môme Véronique. Elle ne devait pas avoir fugué par hasard ce soir-là.
Mais pouvait-on réellement croire à une histoire pareille? Qu’une ado planifie de fuir en Argentine avec l’aide d’un propriétaire de cinéma excentrique?
En fait, je cherchais un sens à cette affaire. Y avait-il une affaire, en fin de compte? Je ne disposais d’aucun élément pour retrouver cette foutue crétine de fugueuse et je me demandais comment mon mentor aurait travaillé dans pareil cas.

Je retournai au cinoche où l’on me confia après de longues hésitations les coordonnées de Claudia la gérante. J’allais lui rendre une petite visite. Après tout, peut-être que la Véronique était une habituée du cinéma et que la gérante pourrait me renseigner.

— Claudia?
— Peut-être. Vous lui voulez quoi?
— Lui jaser un brin. Elle est là?
— Ça se pourrait. Faudrait que je vérifie.
— C’est tout vérifié. Je peux entrer? Je veux juste te demander deux ou trois trucs à propos du cinéma.
— C’est pas moi Claudia, je suis sa sœur, Véronique.
Petite, un peu rondelette? Non, pas ronde, à peine dodue. Cette Véronique-là avait les cheveux foncés. Mais qu’est-ce que ça prouvait au juste? Aujourd’hui, il y en a des verts, des bleus, et que sais-je encore? Et on peut les changer à volonté en moins d’une heure.
— T’as un sac à dos?
Elle me regarda d’un air étonné.
— Oui, pourquoi cette question? Oh et puis zut, je vais aller chercher Claudia, elle s’arrangera avec vous.
Elle se retourna vers l’escalier, me laissant devant la porte ouverte, sans m’inviter à entrer. Elle cria à sa sœur, mais était-ce bien sa sœur? Bon, après avoir soupçonné Vishnou d’avoir emmené la fille en Argentine, me voilà qui soupçonnais sa gérante de l’héberger! Comment les privés du temps du cousin de mon oncle s’y prenaient pour avoir toujours le pif et découvrir qui cachait quoi au juste? Mystère.
Claudia se présenta enfin et me fit entrer dans le vestibule. Pas plus grande que sa sœur, cheveux roux. Jolie fille. Soigneuse d’elle-même, j’aurais dit.
— Tu veux me parler du cinéma?
Elle avait prononcé cinémâ. Fort accent régional, ça diminuait un peu le charme. Elle m’indiqua une chaise de cuisine et s’installa dans un fauteuil, les jambes un peu écartées, comme un gars. Elle me sembla un peu moins jolie, finalement. Elle s’alluma une cigarette, ce qui finit de détruire ma première impression favorable. Tant pis.
— Je cherche une fille qui est allée au cinéma hier et comme vous étiez là…
— Oh, il passe…
— … beaucoup de monde au cinéma, je sais. Décidément, c’est votre slogan!
Sans lui laisser l’occasion de répondre, je repris:
— Écoutez, ma belle, je cherche cette fille et personne ne semble penser pouvoir m’aider, et ce avant même que je l’aie décrite, ou que j’aie mentionné son nom. C’est pas très net tout ça!
Je sentis que j’avais marqué un point avant même qu’elle ne réagisse. J’avais improvisé, mais mon improvisation me semblait tout à fait juste. Et la réaction de Claudia me le confirmait. Elle se reprit.
— Ok. Vas-y. À quoi elle ressemble? Quel est son nom?
— Petite, ronde et blonde. Véronique.
— Tu dois avoir une photo, j’imagine, je pourrais peut-être la reconnaître si c’est une habituée.
Merde. La photo. J’en avais toujours pas. J’allais avoir l’air d’un idiot et Claudia avait repris de l’assurance en me répondant. Avais-je réellement marqué un point vingt secondes auparavant?
— Foutu boulot de merde!
J’avais parlé tout haut.
— Quoi?
— Laissez tomber. J’ai pas de photo.
Je me levai, abandonnant la partie pour cette fois. Mais Claudia me relança:
— Pourquoi tu la cherches au juste?
J’étais surpris. Elle aurait dû être bien contente que je disparaisse. Pourtant, elle lançait elle-même une corde qui pouvait la pendre, si toutefois elle avait quelque chose de pendable à cacher.
— Son père la recherche. Elle a fait une fugue et j’ai été engagé pour la retrouver avant qu’elle fasse une connerie. Elle a que seize ans.
— Écoute, je connais deux Véronique. Ma sœur qui t'a ouvert tout à l’heure, et une ex-employée du cinéma partie étudier à Montréal. Désolée. Et tu devrais te procurer une photo si tu veux interroger le monde!

Sur le chemin du retour vers mon bureau, je maudis cette Claudia qui m’enseignait mon boulot. Et je maudis mon client pour cette satanée photo. Il avait intérêt à rappliquer avec cette photo de sa fille à notre rendez-vous du lendemain matin, sinon j’abandonnais l’affaire!
J’avais demandé à Claudia la liste des employés du cinéma, à tout hasard, et elle avait poliment refusé ma requête. J’étais bien avancé. J’aurais pu la jouer dure, lui foutre une baffe en pleine poire, mais à quoi bon? Je me serais ramassé en taule en moins de deux.
Et quand bien même j’aurais la liste des morveux du cinoche, elle m’avancerait à quoi cette liste, si chacun me répondait qu’il passait beaucoup de monde dans ce foutu cinéma, je vous le demande.

J’avais l’impression que cette affaire ne menait nulle part, mais je ne savais trop si cette impression était fondée ou si elle était simplement le résultat de mon inexpérience. Ou pire encore, de mon incompétence. Mais comme je voulais être un vrai détective, je n’osais envisager la chose sous cet angle.
La visite de mon client, le lundi matin, aurait dû me saper le moral, puisqu’il me retira l’affaire, purement et simplement.
— Je vous avais offert beaucoup d’argent pour retrouver ma fille rapidement, vous n’avez rien pu faire, alors laissez tomber. Ça fera bientôt quarante-huit heures qu’elle a disparu, la police pourra alors s’en charger.
Évidemment, la police attend toujours un certain délai avant de conclure à une fugue. L’absence de sa fille le soir même de ce qu’il appelait sa disparition ne justifiait pas des recherches intensives de la part des représentants de l’ordre.
Sur ce, mon client disparut de mon bureau et mit fin à ma troisième affaire.

Du moins, c’est ce que je croyais et ce que j’ai cru pendant les trois jours suivants. Jusqu’à ma rencontre fortuite avec Hugo Trépanier, qui travaillait pour la police locale. C’était certainement le seul agent avec qui je pouvais discuter. Nous avions fréquenté l’école ensemble et Hugo me trouvait amusant. Certes, j’aurais pu me sentir insulté par un tel comportement, mais avoir un contact dans la police pouvait s’avérer utile, et j’avais donc remisé mon orgueil au placard.
Ce jeudi avant-midi, je faisais mon épicerie lorsque je croisai Hugo devant les étagères de pâtisseries.
— Seulement des croissants, pas de beignets.
— Ça fera l’affaire, je ne suis pas en service.
Hugo avait le sens de l’humour.
— Et puis, avez-vous retrouvé la fillette en fugue, finalement?
Une simple question, sans arrière-pensée, seulement pour meubler la conversation. Avec peut-être un mince intérêt à connaître la résolution de ce qui avait été mon affaire. Une simple question. Et une simple réponse. Simple, mais surprenante.

Jamais le père de Véronique n’avait contacté les forces policières au sujet de la disparition de sa fille. Alors soit elle était revenue d’elle-même, soit… soit quoi au juste? Eh bien je ne le savais pas trop, mais tout ça me semblait anormal. Puis, j’eus une idée qui m’apparut saugrenue, mais comme toute l’affaire était saugrenue, pourquoi ne pas suivre cette intuition? Je décidai de retourner au cinéma ce soir-là.

— Pour quel film? Euh… celui-là, avec Cate Blanchett… à vingt et une heures trente. Merci.
Je n’avais encore jamais vu la fille du guichet, une blondinette avec les cheveux coupés à la Jeanne d’Arc dont l’épinglette à l’effigie du cinéma mentionnait Andréanne.
La fille au comptoir-lunch m’était aussi inconnue — je me demandai combien d’employés travaillaient dans le cinéma de Vishnou. Je commandai un grand pop-corn avec une boisson gazeuse du même format. La fille, une grande asperge blonde qui portait des souliers avec d’épaisses semelles à talons hauts, s’affaira à la machine et revint avec un sac grand comme un sac d’épicerie, rempli à ras bord de maïs soufflé. Jamais je ne passerais à travers tout ce pop-corn. Elle allait me servir la boisson dans un véritable seau lorsque je changeai d’idée pour le format; j’allais prendre une petite boisson, finalement. Son épinglette à elle m’informa qu’elle se nommait Maude.
Je lui laissai un dollar de pourboire et montai le couloir vers la salle. Là-haut, aucune trace des projectionnistes siamois. Une autre blondinette s’occupait des tickets. Décidément, c’était la soirée des blondes! Celle-ci avait les cheveux mi-longs attachés sur la nuque. Elle contrôlait les billets d’un air nerveux mais attentif — pas le genre à rigoler si vous aviez égaré votre ticket! Ses mouvements étaient vifs et saccadés.
J’entrai dans la salle — il s’agissait de la plus grande des salles du complexe, même si elle ne comportait qu’une centaine de sièges. Puis, attendant que mon pourboire ait fait son effet, je redescendis au comptoir pour jaser avec Maude la grande blonde. Ce jeudi soir était visiblement un soir tranquille pour le cinoche; nous étions une vingtaine de clients, tout au plus.
Au comptoir-lunch, Maude me tournait le dos.
— Hum hum, fis-je.
Elle se retourna vivement et laissa tomber la pelle à pop-corn, ce qui produisit un fort bruit de casserole.
Je lui souris:
— Pardon, il y a pas une Véronique qui a travaillé ici?
— Oh! Oui. Mais elle est partie vivre à Montréal.
— Je ne suis pas certain que c’est avec elle que j’ai parlé d’un truc lors de ma précédente visite ici. Vous pouvez me la décrire?
— Ben… elle était un peu plus petite que moi, plus grasse un peu aussi — c’est pas bien difficile, hein — mais pas grosse.
— Les cheveux blonds?
— Oui, du moins châtain pâle, disons.
— Je crois bien que c’était elle. Je vous remercie.
Sur ce, je lui laissai un autre dollar de pourboire. J’allais quitter le comptoir, mais me ravisai et lui demandai:
— Vous ne travailliez pas ici samedi dernier?
— Non, le samedi, il y a Claudia, Nico, Tara, Carole et Marilyn.
— Ah bon, fis-je, feignant l’indifférence devant cette énumération.
Carole était la speedy qui vérifiait les billets à l’entrée des salles. Une chance.
— Salut, Maude m’a dit que t’étais là samedi dernier? Je veux juste savoir si Véronique est venue vous voir?
Une hésitation. J’étais sur une piste. Comme un vrai.
— Non, je l’ai pas vue depuis qu’elle a quitté le cinéma.
— Je devais la rencontrer dimanche matin. Je pense qu’elle est retournée plus tôt que prévu à Montréal et j’arrive pas à la rejoindre là-bas.
Un soupir. De soulagement? Probable.
— C’est plate que j’aie perdu le contact, je devais l’aider à se trouver une job là-bas. Tant pis.
Je me dirigeai vers la salle.
— Véronique est venue, oui, je m’en souviens maintenant.
Elle mentait très mal sur ses souvenirs, mais elle me disait la vérité sur la visite, je l’aurais juré.
— Mais elle a eu un imprévu et elle a dû changer ses plans.
— Je te remercie.
Cate Blanchett fut sublime. Comme toujours.

Vendredi matin, j’étais devant le cinéma lorsque la gérante arriva. Je la laissai s’installer avant d’aller la voir. Je ne voulais pas l’affronter sur le trottoir.
La porte n’était pas verrouillée, alors j’ouvris.
— Salut Claudia. Je peux te demander pourquoi tu m’as menti à propos de Véronique?
Elle allait refermer la porte, mais j’y glissai le pied et changeai de stratégie. Après tout, je n’avais pas lu tous ces bouquins de polars dur à cuire pour rien:
— Bon, écoute, ça n’a rien à voir avec Véronique. Je voulais juste t’avouer que ton père naturel, c’est moi. J’ai rencontré ta mère à Venise, c’était le printemps, j’étais jeune, le clair de lune…
Elle me donna un grand coup de pied sur les orteils. La douleur faillit me faire retirer le pied de la porte.
— Écoute, je veux juste l’aider. Son père la…
— Son père est mort l’an dernier. Fiche le camp espèce de cinglé ou j’appelle la police!
Elle me donna un second coup de pied. Je libérai la porte qu’elle referma aussitôt et ferma à clef..

            De mon bureau, je tentai de rejoindre mon client, au numéro qu’il m’avait laissé. Sans succès.
            Foutue affaire pourrie!
En résumé, je n’avais pas de client, et ce client n’était pas le père de la fugueuse qui n’avait pas fugué que je recherchais. Mais qu’est-ce que je foutais dans un bordel pareil plutôt que de poursuivre les méchants criminels que la police était incapable de coffrer?
Une migraine se pointa le museau. J’avalai une gorgée de vodka, comme l’aurait certainement fait le cousin de mon oncle. Le résultat fut instantané: la douleur dans ma tête décupla.
Une sieste. Voilà ce qui me remettrait d’aplomb. Je me couchai pour une petite heure.
Je me réveillai cinq heures plus tard, l’estomac tout gargouillant. Je décidai qu’un repas digne de ce nom, dans un restaurant du centre-ville, me remettrait les idées en place.

Tout alla bien, de mon arrivée au resto au départ du couple qui occupait la table en face de la mienne. Le potage avait été excellent, le hamburger steak aussi et le service impeccable. La serveuse était une sacrée belle fille, ce qui ne nuisait en rien à l’agréable soirée que je passais enfin. J’avais presque oublié Véronique, Vishnou et les autres bizarres, lorsque le couple quitta la banquette où il prenait place. Ce faisant, il me permit de voir l’affichette qui était apposée dans la fenêtre derrière leur table. La programmation du cinéma.

Jamais encore je n’avais tant fréquenté un cinéma. Et c’était bien la première fois que j’allais voir deux films la même semaine — sans compter que j’avais aussi acheté un billet le soir où je n’étais venu que faire le repérage des lieux. La vue de deux nouveaux visages à l’entrée ne me fit aucun effet particulier; rien ne me surprenait plus dans cet établissement. Ils avaient l’air d’être une bonne centaine d’employés ici de toute manière. C’était à se demander si Vishnou n’avait tout simplement pas ouvert ce cinoche pour fonder une secte secrète dédiée à l’adoration de sa déesse hindoue. Après tout, on avait vu plus bizarre encore. Il n’y avait qu’à regarder les nouvelles à la télé. Il faudrait peut-être creuser la question, à un moment donné. Une petite visite à Vishnou en Argentine le prendrait certainement par surprise!
Deux filles étaient au guichet. Une petite rousse, plutôt jolie, avec un charmant sourire découvrant des broches en or. Je bénis le ciel d’avoir inventé les épinglettes pour employés.
— Bonsoir Kate, est-ce que Nico travaille ce soir?
— Oui, il est en haut, dans les salles de projection.
Elle parlait d’un ton calme mais quelque chose de pétillant dans le regard lui donnait un air espiègle. Et elle avait rougi lorsque je l’avais appelée par son prénom.
— Merci. Je vais prendre un billet pour ce film d’animation, à dix-neuf heures quinze.
Je notai qu’il affichait “treize ans et plus”. Curieux pour un film de petits mickeys.
            Je souris à l’autre fille, une brunette qui s’affairait à prendre des notes sur un cartable. Pas d’épinglette. Je tentai une approche:
— C’est la première fois que je vous vois ici.
— Normal, je ne travaille pas ici. Je suis vérificatrice.
Aucun intérêt, donc. Mais elle poursuivait:
— Je ne suis ici que pour les films en primeur.
Je la saluai, notai que la fille du comptoir-lunch était aussi une nouvelle; Sofia, selon son épinglette. Cette fois-ci, je ne m’achèterais pas de pop-corn à la tonne. Je souris à Sofia — petite, cheveux bouclés, brunette elle aussi; c’était à croire que Vishnou établissait ses horaires en fonction de la couleur des cheveux des employés! Je pris note de cette idée et commandai un petit format de maïs avant de me diriger vers la salle.
Nico, Rico et une autre inconnue— cheveux longs bruns et fins —, discutaient au bout du couloir. Je me glissai à travers un petit groupe de jeunes qui regardaient les affiches de films à venir. Je n’eus même pas besoin de tendre l’oreille pour entendre la discussion de Nico et ses collègues. J’étais un peu trop loin pour distinguer le nom de la brunette. On aurait dit Marilyne, ou quelque chose du genre. Maude ne m’avait pas parlé d’une Marilyne, quelques jours plus tôt?
Nico — Je ne pense pas qu’on va l’avoir en primeur.
Marilyne — Mais pourquoi? Ça m’a l’air d’un bon film. J’ai dû voir le premier au moins cinq fois avec Drew!
Rico — Ouais, mais c’était à l’ouverture. Vishnou n'aime pas beaucoup les suites de films d’horreur.
Marilyne — C’est pas une raison!
Nico — Et ça fait trois semaines qu’on joue une primeur, on n'aura pas de place.
Peut-être que je commençais à comprendre l’intuition du privé, mais toujours est-il que pour la seconde fois en peu de jours, une petite alarme sonna dans ma tête en entendant ça.
Avant qu’une des armoires à glace ne me repère, je redescendis le couloir et retournai voir la brunette au cartable.
— Excuse-moi, je peux te parler une minute? Je suis curieux du fonctionnement des vérifications.
Elle parut étonnée, mais m’invita à poursuivre.
— Tu viens ici pour les primeurs, c’est ça?
— Oui, mais pas toutes, seulement celles qui sont vérifiées par le distributeur.
— Et le film que tu vérifies ce soir…?
— Il est en deuxième semaine de primeur, il a débuté la semaine passée.
— Donc tu étais ici vendredi et samedi derniers?
Elle s’appelait Ève, la vérificatrice. Et c’est par elle que j’eus la confirmation que quelque chose d’anormal s’était tramé au cinéma de Vishnou la semaine précédente.
Une fille qui s’appelait effectivement Véronique et qui correspondait en gros à la description faite par mon faux client était venue au cinéma et avait demandé à Claudia de l’aider à se cacher. Ève ne savait pas grand-chose de ce qu’ils avaient fait, puisque son travail l'empêchait de quitter le guichet, mais elle avait entendu Nico proposer le sous-sol. Peut-être que Claudia ou Vishnou avait demandé aux employés de ne pas en parler, allez savoir. Mais ils avaient oublié la vérificatrice.
Et je me souvenais de la trappe dans le plancher de la salle de projection; les gradins des salles étaient fabriqués en bois! Cette trappe donnait certainement accès à un espace sous les gradins!
Je décidai donc de m’y rendre pendant le film.
Les petits mickeys sacraient pas mal pour des enfants de huit ans, mais ce langage français dur à cuire me plaisait beaucoup. C’est donc à contrecœur que je sortis de la salle à quatre reprises pendant la projection. Les deux premières tentatives échouèrent; Sofia surveillait l’entrée des salles et je donnai le change en me rendant aux toilettes. Après deux fois, les spectateurs derrière moi s’impatientèrent et poussèrent des soupirs entendus. La troisième aurait pu être la bonne; il n’y avait personne dans l’aire, à l’entrée des salles. J’ouvris donc avec précaution la porte de la salle de projection, mais m’aperçus à temps que l’une des deux armoires à glace — allez savoir lequel des siamois était-ce? — se tenait près d’un projecteur. Je refermai aussitôt et des pas se firent entendre dans le couloir. Je réintégrai donc la salle.
J’avais quelque peu perdu le fil de l’histoire, avec toutes ces escapades à l’extérieur de la salle. À l’écran, les gamins de huit ans avaient fait place à Saddam Hussein qui tentait de baiser Satan.
Le quatrième essai fut couronné de succès. Personne en vue; salle de projection libre. Je montai les marches de la salle des machines et contournai lentement le projecteur, qui dégageait une chaleur intense. Entre les deux projecteurs, j’eus un moment d’hésitation. Cette salle était un véritable labyrinthe dont les parois n’étaient pas des murs, mais des machines! Le film passait du plateau du fond au premier projecteur le long du mur et il me fallait à la fois enjamber la pellicule qui circulait à un pied du sol et ne pas m’accrocher la tête dans celle qui revenait par le haut.
Après quelques secondes d’acrobatie, je me retrouvai enfin près du plateau, dans un espace légèrement plus grand. Mais comment diable les deux projectionnistes munis d’un tel gabarit arrivaient-ils à circuler dans cette pièce? Je n’aurais peut-être pas dû me poser ce genre de question. Au moment de traverser la pellicule qui circulait du plateau au second projecteur — celui de la salle numéro deux, qui passait un film avec Travolta —, j’eus une seconde d’inattention et me pris le pied dans le bout de film.
Un sacré bordel que ces films! Je perdis l’équilibre en tentant de déprendre mon pied. Le projecteur tirait sur la pellicule — et cette saloperie est incassable, détail que j’ai appris un peu plus tard — alors que je tirais sur le retour de pellicule vers le plateau. Bref, en l’espace d’une seconde, toute l’affaire s’arrêta avec un bruit d’alarme strident et je tombai à plat ventre, m’embourbant encore plus dans le film qui s’étalait en partie par terre.
— Merde!
Les deux armoires allaient rappliquer d’une seconde à l’autre. J’agitai les jambes, tentant de me débarrasser de cette pellicule, mais en vain; chaque mouvement semblait resserrer davantage la pellicule autour de mes jambes. Je rampai vers la trappe au fond de la salle, entraînant Travolta avec moi, m’assis tant bien que mal et tirai sur le panneau. Il y avait de la lumière au sous-sol. Et une voix émergea de cet accès:
— Nico, c’est toi? C’est quoi ce bruit, tu es tombé?
J’imaginais le visage rond entouré de cheveux blonds ou châtain pâle qui devait accompagner cette voix féminine.
Et c’est à ce moment-là que Nico et Rico entrèrent dans la salle. Malgré tout le fourbi, ils la traversèrent avec la grâce de deux ballerines. J’étais cuit.

C’est heureusement Hugo Trépanier qui était de service lorsque les policiers vinrent me chercher au cinéma. Et Véronique ne s’était pas enfuie de nouveau. Elle en avait marre de se cacher au sous-sol du cinoche depuis une semaine. Alors elle déballa toute l’histoire et je compris enfin de quoi il retournait.
— Je  profitais de ma semaine de congé pour venir voir des copains dans la région — dont la gang du cinéma. Je faisais du pouce et ce gars, un lointain parent de mon père, s’est arrêté pour me prendre. Mais il m’a fait des problèmes... des propositions, disons. Je voulais pas et j’ai demandé à descendre, mais finalement, il m’a empêchée et il roulait trop vite pour que j’essaie de sauter en marche. Je lui ai dit que c’était pas grave, qu’on pouvait oublier ça et que je descendais. Mais il avait peur que je finisse par en parler à sa femme, même si je la connais pas, sa femme. Enfin, lorsqu’il s’est arrêté ici, pour faire le plein au coin de la route régionale, j’ai réussi à m’enfuir. Il m’a suivie et j’ai couru jusqu’au cinéma, où je savais que j’aurais de l’aide de mes amis.
            Tant qu’il voyait la voiture du gars, Vishnou avait décidé de cacher Véronique au sous-sol. Il était certain que l’homme quitterait pendant la nuit, une fois le cinéma fermé, et que toute l’histoire s’arrêterait là.
            — Mais le lendemain, alors que Nico devait venir me prévenir que la voie était libre, voilà que ce type se pointe au cinéma et pose des questions. On savait pas trop ce qu’il voulait! Alors on a un peu paniqué.
Nico et les autres employés qui travaillaient ce dimanche après-midi s’étaient sentis dépassés par les événements. Ils n'avaient plus su que faire et avaient demandé à Véronique de demeurer cachée jusqu’à ce qu’ils puissent savoir ce qui se passait réellement.
J’avais été bêtement utilisé par mon faux client.
J’avais l’air d’un idiot — ce que j’étais assurément.
Trépanier prit toutefois ma défense:
— Faut pas lui en vouloir, il croyait bien faire. Il a peut-être un air de chiot Saint-Bernard, mais il est moins intelligent, c’est pas sa faute.
J’étais bien mal placé pour répliquer. Après tout, les employés du cinéma de Vishnou avaient décidé de ne pas porter plainte contre moi puisque cette histoire se terminait enfin.

Je réintégrai mon bureau en souriant, puisque j’avais résolu cette affaire de belle façon. Je me tapai quatre bonnes lampées de vodka et classai les rapports de l’affaire du cinéma. J’invitai une nana à m'accompagner et nous passâmes une soirée sublime; elle avait de l’admiration pour ce que j’avais fait dans cette affaire et pour mon statut de privé en général.
Une sacrée affaire, plutôt complexe — ma plus complexe à ce jour, je devais l’avouer —, mais que j’avais menée de main de maître. J’étais plutôt fier de mes intuitions.
Grâce à mon appui et à ma description détaillée de l’individu qui avait menacé Véronique, la police le retrouva rapidement. Véronique me serait à tout jamais reconnaissante pour mon aide. L’homme passa en jugement et fut condamné. On le pendit trois semaines plus tard.

En réalité, c’est pas tout à fait comme ça que ça s’est passé. Ça aurait peut-être été le cas à l’époque du cousin de mon oncle, mais à cette époque-ci, ce qui s’est produit c’est qu’après une nuit passée au poste de police à expliquer comment j’avais mené l’affaire, je pus enfin réintégrer mon appart. La seule nana que j’ai abordée pour venir fêter l’événement avec moi me fila une baffe en me traitant de maniaque. Mais je bus bien quatre bonnes lampées de vodka. Et j’en fus quitte pour un sacré mal de bloc, finalement.
Le lendemain, Trépanier me téléphona pour me prévenir qu’ils avaient pincé le grand maigre qui m’avait embauché. Il s’agissait du cousin d’un des oncles de Véronique, ou de quelque chose du genre. Et que, finalement, la môme Véronique n’avait pas porté plainte; elle s’était contentée de raconter l’histoire à sa femme. La sentence devait suivre bientôt: divorce. Ni moi ni la police n’entendit plus parler de ce bonhomme.
Mais je retournai au cinéma de Vishnou. Pour Nicole Kidman, d’abord, et ensuite pour quelques autres aussi. On y passait parfois de vieux films. Qui sait quand pouvait me servir ce que j’apprendrais dans ces polars avec Bogart?


* * *

Roberval
11-13 octobre 1999
29 octobre 1999
29 novembre 1999