mardi 28 août 2018

Une fiction en souvenir de Mathieu

C'est avec une infinie tristesse que j'ai appris la semaine dernière, le décès de mon bon ami Mathieu Trépanier. Mathieu a été un grand complice de la première heure du Cinéma Chaplin, que j'ai fondé fin 1998. En fait, Mathieu a même été la première personne que j'ai engagé au Cinéma. Nous avions fait des pré-entrevues pour le poste de projectionniste, et vu son attitude et son expérience, je l'avais immédiatement engagé comme gérant. Ce collègue est rapidement devenu un ami, puis, avec les années, et le plus naturellement du monde, un complice de ma vie de voyageur.
J'ai déjà parlé de Mathieu sur ce blogue, notamment lors de réflexions sur le voyage et le dépaysement; j'avais alors structuré une petite théorie du dépaysement issue de discussions que j'avais eues avec lui, théorie comprenant une échelle que j'avais baptisé de son nom.
Mathieu a certainement été une des personnes les plus intéressantes et positives à croiser ma vie, et la coïncidence qui nous a fait nous rencontrer (il n'était à Roberval que pour quelques mois à l'époque) a contribué à changer ma vie (*). Nos longues discussions philosophico-politiques et nos échanges sur les voyages et les cultures m'ont beaucoup enrichi pendant les 20 années au cours desquelles j'ai eu le grand bonheur de le côtoyer.
À l'automne 1999, j'ai écris une petite histoire qui se déroulait dans le Cinéma Chaplin, où nous avons appris à nous connaître, Mathieu et moi. Cette histoire - une parodie des polars hard boiled américains traduits par les français -  s'intitule "C'est du cinéma". À l'époque, un tirage très limité a été imprimé (26 exemplaires) dont l'essentiel a été offerts en cadeau à mes collègues du cinéma. Il faut dire qu'à deux exceptions près, tous les personnages de l'histoire en question étaient inspirés directement d'un employé de l'établissement. Ces deux exceptions, ce sont les personnages de Mathias Morin et Hugo Trépanier, qui chacun à leur manière, étaient un mélange de caractéristiques de Mathieu et de moi-même.
Ainsi, en souvenir de Mathieu, en souvenir de nos discussions socio-politiques en haut de la rampe menant aux salles entre les clients dont nous contrôlions les billets à Roberval... jusqu'à nos discussions philosophiques devant une bière sur une terrasse montréalaise, en passant par nos échanges culturels dans un resto africain de la Petite Patrie ou notre rigolade dans les coulisses du cinéma Impérial de Montréal. En souvenir de tout ça et bien plus encore, revoici donc cette histoire farfelue qui se déroule dans le cinéma où on s'est connu et où on est devenu amis.
Alors pour toi, Mathieu, qui savait que tout ça;


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(*) Je n'exagère rien ici, puisque lors de notre rencontre, Mathieu avait déjà quelques voyages dans le corps - dont un en Inde - et il préparait un projet au Pérou. Mathieu était déjà la démonstration qu'on pouvait vivre différemment, et voyager différemment. Lors de mon tout premier séjour en Amérique latine (en Équateur en 2004), par une journée pluvieuse, j'avais écris un texte humoristique proposant une histoire révisionnistes de l'Équateur, où on trouvait d'ailleurs ce passage:
«Dans la foulée, les frères Trépanier allaient devenir les premier Robervalois de ma connaissance à conquérir l'Équateur à leur tour, développant au passage leur théorie du dépaysement. On érigera bien un jour un monument à toutes ces figures importantes de l'Équateur, mais il faut bien se garder quelques têts à honorer encore et un peu de coins de rues sans bustes pour le futur, alors ce projet est encore dans les tiroirs équatoriens».
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