vendredi 30 mars 2012

Créativité, fierté, désinformation, honte, démocratie

Lors de la manifestation du 22 mars dernier (à laquelle j'ai participé - il faut assumer ses opinions), j'ai remarqué avec joie la créativité de certaines pancartes portées par les manifestants.
J'ai pu en capter quelques unes avec mon appareil.
Voici un condensé photo de quelques trouvailles amusantes, accompagnées de liens vers des données récentes ajoutées au débat sur la "juste part" des étudiants, notamment le gaspillage de fonds publics au bénéfice de quelques spéculateurs (fonds devant être consacrés au transport collectif dans ce cas précis).
Les régimes de retraite dorées entièrement payées par le gouvernement provincial, exclusivement pour les hauts dirigeants (et hauts salariés) des universités, ces mêmes établissements que l'on dit sous-financées, est un autre cas patent. Et tant qu'à dénoncer la "désinformation" dans ce dossier, notons également la sortie qui vient confirmer la version des étudiants sur le fameux "débat de société" censé avoir eu lieu avant l'annonce de la hausse.


Parmi les manifestants, quelques figures légendaires... Le premier s'est battu pour l'égalités des classes sociales, le second aurait été dans la rue avec les jeunes (ou au concert du soir) s'il était toujours là, le troisième est un fier représentant - honnête et loyal - de la génération d'étudiants d'aujourd'hui, et si vous connaissez le 4e, vous êtes un peu geek. :-), mais le jeu de mot est une bonne trouvaille.


J'étais fier de voir des représentants des HEC (mon alma mater) et du Cégep de St-Félicien (mon collège) présents à la marche à laquelle ont participé quelques centaines de milliers de personnes. Une note sur les HEC (avec honte, cette fois); les étudiants des études supérieures ont voté en faveur de la grève, mais l'école n'a pas accepté le résultat de ce vote (majoritaire), alléguant que la faible participation disqualifiait ce vote. Le taux de participation était un peu au-dessus de 70%... On voit bien à quel niveau on place à démocratie à HEC.
Selon ce raisonnement, le gouvernement de Jean Charest devrait donc être disqualifié, puisqu'il a été élu lors d'une élection au taux de participation de 57,3%. Le gouvernement majoritaire de Harper a été élu lors d'une élection avec un taux de participation de 61,1%. On dit que les jeunes ne sont plus politisés ni intéressés par la politique, mais quand arrive un débat de société auquel ils participent, on refuse de les écouter ou de discuter et on les ridiculise. N'espérez pas les politiser après cet exemple pathétique de comportement de la part du Parti Libéral.


Quelques exemples créatifs.
Il y en avait beaucoup d'autres, parfois trop loin pour être captés, ou inclinés sous le mauvais angle pour ma caméra... Je me souviens particulièrement du "Mon recteur est riche en tabarnak" (probablement en référence à Concordia, qui a "avancé 1,4 million de dollars à son ex-recteur, sans intérêts - on parle ici d'une université "sous"-financée, par l'argent de l'État). Je me souviens aussi de "Je pense donc je paye" (On pense au cas des primes de départ de 3,1 millions de dollars à cinq ex-membres du personnel, par exemple).
Concernant les "arguments" que l'on entend un peu partout, je vous suggère fortement de lire ce texte articulé et intelligent de Émilie Dazé, qui répond avec aplomb aux niaiseries généralisatrices, individualistes et démagogues de Martineau (dont les opinions changent allègrement au gré de qui le paye pour les émettre de toutes manières).
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Merci à Stéphane et Alexandra pour avoir porté quelques textes à mon attention.

mardi 27 mars 2012

Analogie du chalet et Amphithéâtre de Québec

Voici une autre analogie (1).
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Contexte
La démagogie est une faiblesse intellectuelle (2). J'affirme donc aux démagogues la chose suivante:
Je déteste le discours du gouvernement du Québec qui dit ne pas avoir d'argent (voir le discours du budget, l'argument principal de la "juste part" dans le dossier de la hausse des frais de scolarité, l'importance de la dette, etc) mais qui trouve facilement 200 millions pour financer un amphithéâtre à Québec, édifice qui sera entièrement géré par une entreprise privée.
Mais non, je ne suis pas contre la construction d'un amphithéâtre à Québec, je ne suis pas contre un retour éventuel des Nordiques (dont j'étais un fan à la belle époque), et je ne suis pas contre les entreprises privées, ni contre l'idée que ces entreprises fassent du profit, au contraire! Enfin, je ne suis même pas contre l'investissement public dans un tel projet (mais pas n'importe comment). Voici comment s'explique ma position, sous la forme d'une analogie, comme si j'avais à l'expliquer à un enfant de 10 ans.
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Analogie du chalet
Vous avez hérité, d'une arrière-grand-tante que vous n'avez jamais connue, d'une somme de 300 000 $. Vous décidez d'investir cette somme dans l'immobilier et achetez un chalet au bord de l'eau, au Lac des Huards.
Pour rentabiliser votre investissement, vous cherchez quelqu'un pour vous aider et venez me voir. Voici ce que je je vous propose: Nous signons une entente de 20 ans.
Dans le cadre de cette entente, je m'occuperai de tout: Je loue, organise des activités sportives, j'entretien, je fais de la publicité, bref, je prends tout en charge pour vous.
Annuellement, si je fais un profit en opérant votre chalet, je vous en verserai 20%.
Après 20 ans, je vous redonne les clefs et le chalet en bon état.
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Faites-vous une bonne affaire?
Ce qui est fascinant avec cette affaire, c'est que...
Oui... vous faites peut-être une bonne affaire...
Mais seulement si moi, j'en fais une très bonne. Car vos profits (20% de mon profit avant répartition) est un quart des miens (puisque je conserve 80% du profit d'opération).
Ainsi, si vous faites 200 000 $ sur les 20 ans, ce n'est pas une mauvaise affaire, sur un investissement initial de 300 000 $, j'imagine.
Mais dans ce cas, j'en aurai fait 800 000 $ sur la même période.
Rappel: Je n'ai pas mis un sou dans l'achat du chalet.
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Financement public et profits privés
Vous aurez compris de cette analogie que je parle ici de financement collectif (public) et de profits privés. Dans mon analogie, vous êtes le public, vous avez financé et payé le chalet à 100%. Moi, en l'opérant, j'engrange 80% des profits réalisés sur ses opérations.
Dans le cas de l'amphithéâtre de Québec, le financement est assuré à 100% par le public (Ville et Province de Québec) et l'entente avec Québécor prévoit que la compagnie privée de PKP empochera un % appréciable du profit d'opération... sans avoir mis un sou dans l'immeuble en question. Si jamais il s'avère que l'affaire est rentable pour la ville de Québec, tant mieux, mais ça voudra aussi dire que Québécor aura empoché plus encore que la ville, et sans mettre un dollar dans l'investissement initial.
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La stupidité des calculs sur les profits
Une dernière considération, qui s'applique également au Plan Nord actuel du gouvernement du Québec.
On parle de part de profits pour l'amphithéâtre, on parle de redevance sur les profits dans le cas du Plan Nord, c'est souvent la même option avec les PPP.
Sans vouloir tomber dans une explication technique, je veux au moins souligner que ces calculs avantagent définitivement celui qui "contrôle" le calcul des profits. Par exemple, dans mon analogie ci-haut, si je réalise un profit préliminaire de 12 000 $ la première année, je peux toujours décider que je verse à ma soeur 5 000$ d'honoraires de gestion pour son "aide" à exploiter votre chalet. Celle-ci payera évidemment de l'impôt sur son revenu, mais cette "transaction" fait baisser mon profit à 7 000 $. Je vous verse donc 1 400 $ (20%). Cette "transaction" avec ma soeur m'a fait économiser 1 000$ de "redevances" que je vous aurais autrement versé.
[Si je veux être plus agressif, je demande même à ma soeur de me redonner "entre nous" le 5 000$ et je paye ses impôts sur le 5 000 $ donc elle n'est pas incommodé par la transaction, autrement parfaitement légale].
Toutes les minières du Plan Nord ont des compagnies "soeurs", dont plusieurs sont à l'étranger (donc à l'abri de l'impôt du Canada et du Québec, en plus) et Québécor en a aussi. Je ne dis pas que PKP userait d'une telle manoeuvre - qu'il est facile de mettre en place et même de justifier légalement (ma soeur m'aurait préparé une facture, elle aurait été présente quelques jours au chalet pour prouver qu'elle me rend service). Je souligne simplement la stupidité de baser des systèmes de redevances sur les profits et non sur les revenus (ou sur la quantité de minerai dans le cas des minières; puisque c'est la ressources qu'elles vont vendre).
Un exemple facile à comprendre pour illustrer ce propos: Quand j'étais gérant de salles de cinéma, nous payions toujours les redevances aux distributeurs de films en % des billets vendus, et non de nos profits; on nous aurait offert de payer des % de nos profits que nous aurions été morts de rire.
Malheureusement, les pouvoirs publics sont "conseillés" par leurs "experts", des firmes privées - quand ce ne sont pas carrément des gens de l'industrie avec laquelle ils négocient les ententes (c'est le cas des minières et gazière, par exemple).
Portant, si vous mettez deux entreprises privées qui négocient une répartition de redevances, aucune ne voudra accepter de recevoir une redevance sur les profits, à moins d'être dirigée par un imbécile.
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(1) Je ne sais pas si c'est parce que j'ai récemment reçu un commentaire de Megan sur ce blogue, mais l'envie d'expliquer mes positions à certaines personnes comme je le ferais à une enfant de 3 ans m'est apparue fort intéressante, soudainement. Ce billet est donc dans la lignée de celui sur le Plan Nord et celui sur le budget de l'État.
(2) Je souligne la différence entre expliquer son désaccord avec les positions du gouvernement et chialer pour rien, tare dont plusieurs démagogues accusent ces temps-ci toute personne qui semble en désaccord avec certaines projets; Plan Nord, gaz de schiste, etc.
(J'ai lu plusieurs commentaires - dans les journaux et sur les réseaux sociaux - déplorant que les Québécois (ou les gens en général) chialent tout le temps, sont négatifs, ne veulent rien payer, veulent tout gratuitement, etc. Que quand on se compare (aux pires) aux États-Unis, on devrait être content de ce qu'on a au lieu de chialer. Je déteste ce genre de commentaire pour deux raisons. La première me semble évidente: si se comparer aux États-Unis nous permet de voir à quel point nous sommes mieux placés, alors il semble évident que nous devrions nous battre pour garder ce que l'on a et non accepter les politiques qui vont dans la direction prise par les américains. Ceci est vrai en éducation (débat actuel) ou en santé (débat sur la contribution santé), par exemple. La seconde raison c'est que la plupart de ces commentaires veulent faire croire que les gens qui s'opposent à certaines politiques sont des chialeux. Désolé, mais je maintiens que j'ai le droit d'être en désaccord avec certaines politiques, et le droit d'exprimer ce désaccord, sans passer pour un chialeux qui est contre tout et qui veut tout gratuit).

dimanche 25 mars 2012

Analogie du cadeau de fête et Budget de l'État

Voici une petite analogie (1).
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Contexte
La démagogie est une faiblesse intellectuelle (2). J'affirme donc aux démagogues la chose suivante:
Je suis contre l'idéologie actuelle du gouvernement du Québec et celui du Canada, qui prétendent que nous "n'avons pas le choix" de couper les dépenses gouvernementales, et qui le font en sabrant dans les programmes ou en augmentant la tarification pour que chacun paye ce qu'ils appellent - dans une fraude intellectuelle incroyable - "sa juste part".
Mais non, je ne suis pas contre l'équilibre budgétaire et je ne suis pas négationniste de la dette publique ni de l'importance de commencer à la rembourser au lieu de la faire grimper. Et non, je n'appuie pas le gaspillage de fonds publics et les grosses dépenses publiques inutiles. Voici comment s'explique ma position, sous la forme d'une analogie, comme si j'avais à l'expliquer à un enfant de 10 ans.
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Analogie du cadeau de fête
Un père de famille qui habite une jolie maison de Laval doit expliquer à sa petite fille de 5 ans pourquoi il ne lui a pas acheté de cadeau pour sa fête cette année.
"Tu sais, papa est allé voir son patron il y a trois mois. Papa a demandé à son patron de lui couper son salaire de moitié. Comme la patron a accepté avec joie, papa a deux fois moins de revenus qu'avant. Dans le passé, papa et maman ont fait des choix de vie; nous avons acheté cette belle maison (avec la piscine qu'on s'est payé le mois passé), une belle voiture, nous avons voyagé, et nous t'avons acheté beaucoup de cadeaux. Maintenir la maison, payer pour l'hypothèque, l'utilisation de la belle voiture, le chauffe-eau de la piscine, tout ça coûte toujours aussi cher mais papa ne fais plus autant d'argent qu'avant.
À cause de tout ça, tu vois, papa n'a pas le choix de couper dans ses dépenses, papa ne peux plus t'acheter de cadeaux, à moins de s'endetter. Et la dette de papa frôle le 150 000 $, c'est astronomique. Ma petite fille, il faut que tu comprennes que chaque membre de la famille doit faire sa juste part, alors tu n'auras plus de cadeau à partir d'aujourd'hui. Ni à ta fête ni à Noël."
La petite fille de 5 ans s'est mis à pleurer.
La mère lui a dit qu'elle devrait arrêter de pleurer, qu'on ne peut pas tout avoir dans la vie; la maison, la piscine, l'auto et des cadeaux.
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Le papa a-t-il pris une sage décision dans cette histoire?
Voyons-voir.
Après avoir choisi d'avoir une enfant, de vivre en banlieue dans une belle maison, d'avoir une voiture et de voyager, le tout accompagné d'une hypothèque, le papa a volontairement renoncé à la moitié de ses revenus. Et une fois cette incompréhensible décision prise, il se retrouve coincé et n'a plus eu d'autres choix que de couper dans les dépenses.
On dirait le classique chien que l'on veut tuer donc que l'on accuse d'avoir la rage. Le papa aurait voulu une excuse pour ne plus acheter de cadeaux qu'il n'aurait pu trouver mieux que de s'y obliger en renonçant lui-même à la moitié de ses revenus. Évidemment, son discours est incohérent puisqu'il avoue au passage avoir acheté une belle piscine le mois précédent. On voit que ses priorités sont à son confort et non pas au plaisir de sa petite fille de 5 ans.
J'aime également l'argument de la dette astronomique; puisque le papa "oubli" de dire à la fillette que la maison en question vaut 265 000 $.
Mais la mère a raison: quand on est assez imbécile pour renoncer à la moitié de ses revenus sans aucune compensation, on ne peut pas tout avoir; la maison, la voiture, la piscine... et le respect de sa fille de 5 ans.
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Les coupures dans les budget de l'État
On ne compte plus les déclarations des premiers ministres du Québec et du Canada ni celles de leurs ministres des Finances respectifs sur la nécessité de couper les dépenses de l'état et de tarifer des services autrefois offerts par l'état à ses citoyens. On nous annonce toujours ce genre de choses - et le budget fédéral de cette semaine n'y fera pas exception - comme une fatalité. "On vit au-dessus de nos moyens et notre dette publique est astronomique; donc nous n'avons pas le choix de couper, et il faut que chacun fasse sa juste part".
Pourtant, ce sont ces mêmes gouvernements qui se sont volontairement privé d'une partie importante de leurs revenus depuis leur ascension au pouvoir. Baisses de deux points de pourcentage de la TPS et baisse d'impôts aux grandes corporations au fédéral (entre autres), baisse d'impôts des mieux nantis et des compagnies, en plus de l'abolition de la taxe sur la capital des institutions financières au Québec (entre autres). Dans les deux cas, on parle de gouvernement qui ont renoncé - idéologiquement - à des milliards de dollars de revenus annuels et qui se plaignent maintenant de ne pas avoir assez de revenus. Une fois ainsi "peinturés dans le coin", ils affirment n'avoir aucun autre choix que de couper dans les dépenses et les programmes publics et de tarifer ceux-ci.
Ces gouvernements (le papa de mon analogie, évidemment) ont agit en imbéciles irresponsables. Et ils nous demandent maintenant d'assumer cette imbécilité, et de le faire sans pleurer.
Il est difficile de les prendre au sérieux, puisqu'ils semblent nous prendre pour des enfants de 5 ans. Surtout quand ils achètent des avions de combat à coups de milliards ou qu'ils sont est assez corrompus (ou incompétents) pour permettre la collusion qui fait exploser les coûts des infrastructures à un niveau jamais vu ailleurs pour les mêmes ouvrages. (La piscine de mon analogie).
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Dette, actifs et équilibre budgétaire
La dette du Québec est élevée, et il serait temps d'y remédier, je ne pourrais être plus d'accord avec cette idée. Mais attention, elle n'est pas hors contrôle, cette dette, et elle s'accompagne d'un actif majeur que peu d'États peuvent se vanter de posséder: Hydro-Québec, une Société qui vaut très cher, nous assure une énergie à bon marché, collectivement, et rapporte des millions à l'État à chaque année.
Et pour équilibrer un budget - je me tue à répéter cette évidence alors que les ministres ne font que radoter leur salade idéologique - les gouvernements ont la possibilité d'augmenter leurs revenus, pas seulement celle de réduire leurs dépenses. Et qu'on ne vienne pas me dire que je suis un diabolique communiste qui veut monter les impôts, je réclame simplement l'annulation des baisses accordées depuis 2005 - favorisant essentiellement les très riches et les amis des partis au pouvoir - pour remettre à l'État ce qui lui appartient, ce qui nous appartient.
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(1) Je ne sais pas si c'est parce que j'ai récemment reçu un commentaire de Megan sur ce blogue, mais l'envie d'expliquer mes positions à certaines personnes comme je le ferais à une enfant de 3 ans m'est apparue fort intéressante, soudainement. Ce billet est donc dans la lignée de celui sur le Plan Nord.
(2) Je souligne la différence entre expliquer son désaccord avec les positions du gouvernement et chialer pour rien, tare dont plusieurs démagogues accusent ces temps-ci toute personne qui semble en désaccord avec certaines projets; Plan Nord, gaz de schiste, etc. 
(J'ai lu plusieurs commentaires - dans les journaux et sur les réseaux sociaux - déplorant que les Québécois (ou les gens en général) chialent tout le temps, sont négatifs, ne veulent rien payer, veulent tout gratuitement, etc. Que quand on se compare (aux pires) aux États-Unis, on devrait être content de ce qu'on a au lieu de chialer. Je déteste ce genre de commentaire pour deux raisons. La première me semble évidente: si se comparer aux États-Unis nous permet de voir à quel point nous sommes mieux placés, alors il semble évident que nous devrions nous battre pour garder ce que l'on a et non accepter les politiques qui vont dans la direction prise par les américains. Ceci est vrai en éducation (débat actuel) ou en santé (débat sur la contribution santé), par exemple. La seconde raison c'est que la plupart de ces commentaires veulent faire croire que les gens qui s'opposent à certaines politiques sont des chialeux. Désolé, mais je maintiens que j'ai le droit d'être en désaccord avec certaines politiques, et le droit d'exprimer ce désaccord, sans passer pour un chialeux qui est contre tout et qui veut tout gratuit).
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samedi 24 mars 2012

Analogie de l'immeuble et Plan Nord

Voici une petite analogie.
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Contexte
J'ai lu plusieurs commentaires - dans les journaux et sur les réseaux sociaux - déplorant que les Québécois (ou les gens en général) chialent tout le temps, sont négatifs, ne veulent rien payer, veulent tout gratuitement, etc. Que quand on se compare (aux pires) aux États-Unis, on devrait être content de ce qu'on a au lieu de chialer.
Je déteste ce genre de commentaire pour deux raisons. La première me semble évidente: si se comparer aux États-Unis nous permet de voir à quel point nous sommes mieux placés, alors il semble évident que nous devrions nous battre pour garder ce que l'on a et non accepter les politiques qui vont dans la direction prise par les américains. Ceci est vrai en éducation (débat actuel) ou en santé (débat sur la contribution santé), par exemple. La seconde raison c'est que la plupart de ces commentaires veulent faire croire que les gens qui s'opposent à certaines politiques sont des chialeux. Désolé, mais je maintiens que j'ai le droit d'être en désaccord avec certaines politiques, et le droit d'exprimer ce désaccord, sans passer pour un chialeux qui est contre tout et qui veut tout gratuit.
La démagogie est une faiblesse intellectuelle. J'affirme donc à ces démagogues la chose suivante:
Je suis contre le Plan Nord actuel du gouvernement Libéral. Mais non, je ne suis pas contre l'exploitation de nos ressources naturelles. Et voici pourquoi, sous la forme d'une analogie, comme je pourrais le faire si j'avais à expliquer ma position à un enfant de 10 ans.
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Analogie de l'immeuble à appartement
Un grand oncle que vous n'avez jamais connu vous lègue un immeuble à appartement situé au coin Beaubien et St-Denis à Montréal. L'immeuble est en excellent état, comporte 14 logement loués, et rapportait annuellement 25 000 $ à votre grand oncle avant son décès.
Vous venez me consulter pour que je vous conseille sur la meilleure manière de gérer votre nouvel immeuble.
Voici ce que je vous suggère, dans mon rapport d'expert-conseil.
Recommandation: Comme vous ne connaissez rien à la gestion d'un immeuble à logement, confiez sa gestion à quelqu'un qui connaît ça. Je vous suggère quelqu'un que je connais dans ce milieu: M. Landry, par exemple. Signez un contrat avec M. Landry sur les conditions de votre entente avec lui pour la gestion de l'immeuble. Étant expert dans ce domaine, j'ai même préparé un contrat-type, qui est souvent utilisé par les gens comme M. Landry.
Conditions de l'entente: M. Landry vous paye 1 000 $ à la signature, puis 4 000 $ par an pendant 20 ans, soit la durée du contrat. Il se charge de tout: location, baux, peinture des logements, etc. Vous n'avez rien d'autre à faire que d'encaisser votre argent. À la fin du contrat, il vous redonne les clefs.
Vous trouvez que 4 000 $  par an n'est pas beaucoup? Pourtant, sur 20 ans, ça donne 80 000 $. Hier, vous n'aviez pas d'immeuble, et ce contrat vous assure d'encaisser 81 000 $, au total, sans rien faire.
Vous signez donc le contrat que j'ai recommandé, et vous me payez mes honoraires d'expert (8 000$).
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Trouvez-vous que vous avez fait une bonne affaire?
Voyons-voir.
M. Landry encaissera les profits de 25 000 $ par an, vous versera 4 000 $, donc obtiendra un profit net de 21 000 $ par an pour s'occuper de louer et gérer l'immeuble. Il n'aura pas mis un sou dans l'immeuble, qui vous appartient, et aura payé son "droit" de signature 1 000 $. Et rien au contrat ne prévoit que l'immeuble doit vous être rendu après 20 dans son état actuel, donc il le laissera probablement décrépir en plus (il n'aura aucun incitatif à rénover le toit dans 18 ans, par exemple).
Après 20 ans, le demi-million de dollars qu'aura rapporté votre immeuble se répartira donc comme suit:
- Moi: 8 000 $.
- Vous: 73 000 $.
- M. Landry: 419 000 $.
Est-ce toujours une bonne affaire? (Si oui, pour qui?).
Ah, j'avais oublié d'inclure dans mon analyse d'expert que vu la décrépitude de l'immeuble, il vous faudrait après 20 ans investir 70 000 $ pour le remettre en état.
J'ai aussi oublié de vous dire - mais vous l'apprendrez par les médias dans quelques années - que M. Landry est mon beau-frère.
(Si vous êtes contre cette manière de faire, je vais m'assurer que vous serez publiquement connu comme quelqu'un qui est contre la gestion des immeubles et contre les immeubles à logement en général).
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Le Plan Nord
Les ressources naturelles du Nord du Québec nous appartiennent à tous. Disons que nous en avons hérité d'un grand oncle que nous n'avons pas connu.
Le Plan Nord du gouvernement Libéral, avec ses redevances minimes (sur les profits et non sur la quantité de minerai extrait), c'est le contrat avec M. Landry.
Les compagnies privées - dont plusieurs appartiennent à des intérêts étrangers - verseront donc des sommes ridicules pour "gérer" notre minerai pour nous. L'extraire, le vendre, et encaisser des profits qui se chiffreront en dizaine de milliards de dollars. Et ils nous laisseront avec des sites vides et des routes, construites pour leur bénéfice, qui ne serviront plus à personne après leur départ (ça, c'est l'immeuble en décrépitude à la fin du contrat de mon analogie si vous me suivez toujours).
Et ces infrastructures que nous nous apprêtons à payer collectivement, c'est comme si j'ajoutais, dans mon analogie, que vous devez faire la réfection du toit de votre immeuble avant que M. Landry ne puisse en assurer sa gestion, et que ces travaux vont vous coûter 50 000 $.
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IRIS vs SECOR.
L'Institut de Recherche et d'Information Socio-économique est un organisme apolitique, indépendant et sans but lucratif. Son étude sur Le Plan Nord tel qu'il est présenté actuellement par le gouvernement Libéral ressemble à la section "Trouvez-vous que vous avez fait une bonne affaire?" ci-haut. Il est facile d'y voir à quel point ce n'est pas rentable pour le Québec, et à quel point ça l'est (et de manière indécente) pour les compagnies privées à qui on cède la "gestion" de nos ressources par ce plan.
Mais le gouvernement préfère mettre cette étude de côté et se fier à celle de ses experts-conseils de la firme privée SECOR. Ça ne sera une surprise pour personne d'apprendre que parmi les "experts" de SECOR, on retrouve des noms comme André Caillé (ex-porte-parole des gazières dans le dossier du schiste), Philippe Couillard (ex-ministre Libéral sous Jean Charest) et qu'avant d'être Ministre des Finances, Raymond Bachand était PDG de SECOR. Jean Charest semble avoir "oublié" de nous en informer.
Car au Parti Libéral, les avis d'experts, ça se fait entre amis. Vous aurez compris que dans mon analogie, c'est "l'oubli" du beau-frère...
Hum, alors qui croire? L'institut de recherche sans but lucratif ou bien la firme dont le mandat (explicite) est d'aider les investisseurs à améliorer leur stratégie pour pénétrer les marchés (et non de conseiller les gouvernements sur la meilleure gestion des ressources collectives)?
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Hydro-Nord?
Si, dans les années 60-70, les gouvernements québécois avaient eu la même idéologie que celle qu'ont les Libéraux actuels, Hydro-Québec n'existerait pas, on payerait notre électricité 3-4 fois plus cher, et le gouvernement n'obtiendrait pas des millions en dividendes annuellement de la Société d'État - et devrait donc aller chercher cet argent ailleurs dans les poches des contribuables. Les gens de l'époque avaient compris que de développer l'hydro-électricité, pour que ça nous rapporte vraiment comme ressource collective - puisque les ressources nous appartiennent - , il fallait le faire nous-mêmes, et pas le sous-contracter en échange de redevances mineures sur les profits.
Il est incroyable de voir que quelques décennies plus tard, les québécois ont oublié ça et ne se rendent pas compte - endormis au gaz par l'idéologie libérale ou par la démagogie qui l'accompagne - que le Parti au pouvoir donne leurs richesses.
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dimanche 18 mars 2012

Oncle socialement responsable

Ce dimanche, avec un superbe 22 degrés, je me suis dit que la journée était idéale pour aller prendre une marche.
Je suis donc parti du Parc Lafontaine, sur Cherrier, puis St-Denis et Ste-Catherine Est jusqu'à la rue Fullum.
Et j'ai marché en compagnie de quelques dizaines de milliers de personnes.
Des parents, des enfants, des bébés, des grands-parents... et des oncles, comme moi, j'imagine.
Cette marche symbolisait l'appui citoyen au mouvement étudiant qui dénoncent la hausse des frais de scolarité décrétée par le gouvernement libéral.
Je n'ai pas marché pour moi, qui ai terminé mes études depuis longtemps, et je n'ai pas marché pour mes enfants, puisque je n'en ai pas. Je n'ai pas marché pour mes amis, bien que j'en ai qui sont toujours à l'université - ils terminent tous d'ici deux ou trois ans, alors ce n'est pas eux qui seront le plus touchés par ce changement de direction dans l'accès aux études universitaires qui a été décidé pour la société québécoise.
J'ai marché pour mes neveux et nièces.
Certains de ces neveux et nièces se foutent de la hausse, ou sont même contre la grève étudiante. C'est leur droit et je le respecte. Ils se foutent évidemment de la hausse parce que mes soeurs et mes beaux-frères sont tous dans les classes économiques moyennes/élevées et qu'ils ont donc tous les moyens d'envoyer mes neveux et nièces à l'université si tel est leur plan de vie.
Mais la vie, justement, on ne sait jamais ce qu'elle nous réserve. Accentuation de la crise économique, accident, problèmes de santé, on ne sait jamais - a fortiori plusieurs années d'avance dans les cas de mes nièces les plus jeunes - si leur situation enviable d'aujourd'hui le sera tout autant dans dix ou quinze ans.
J'ai donc marché pour eux, en tant qu'oncle* socialement responsable.


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Je vous invite également à lire les commentaires de mon collègue blogueur Jean-Louis Trudel, qui a étudié à l'université, et qui y a enseigné également. Il souligne plusieurs éléments que je n'avais encore pas lu ailleurs concernant la question du choix social qui nous préoccupe.

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* Je n'ai souligné que mes liens de sang (les enfants de mes soeurs), mais j'avais aussi en tête mes (autres) neveux et nièces, qui ne sont pas issus de familles des classes économiques moyennes/élevées, et qui sont directement touchés par ces changements sociaux, même si je ne connais pas leur opinion sur la question.
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mardi 13 mars 2012

Carré rouge

Le carré rouge qui orne ma
fenêtre d'appartement.
La question de la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement du Québec fait l'objet de multiples commentaires dans les médias, et, j'imagine, dans plusieurs strates de la société québécoise.
L'imposition de cette hausse par le gouvernement est très importante, puisqu'elle décide unilatéralement de renier un choix social effectué par le Québec depuis des décennies, et ce, sans même débattre de la question auparavant (1).
Bref, il n'y a pas eu de débat de société sur la question, et il devrait en avoir un avant de décider si oui ou non c'est l'orientation que le Québec veut prendre.
La grève étudiante et les manifestations organisées par les étudiants et leurs supporteurs feront peut-être en sorte que ce débat de société aura lieu. Espérons-le.
En attendant, L'Esprit Vagabond porte un carré rouge, signe de soutien au mouvement étudiant (2). Je m'affiche donc contre cette hausse, et voici pourquoi.

Les Universités québécoises sont sous-financées.
En 10 ans, le budget que les universités québécoises consacrent à l'immobilier (construction de pavillons, rénovations) a doublé. L'Université de Sherbrooke a un pavillon à Longueuil, l'Université de Montréal a un nouveau pavillon à Laval, Concordia a érigé deux nouveaux pavillons au centre-ville; quand vient le temps d'agrandir ou de faire compétition aux autres universités québécoises, nos universités ne semblent donc pas manquer d'argent.
Quand Concordia cessera de payer des millions à ses dirigeants (à coup de parachutes dorés, même après seulement deux ans de services), quand Laval annulera l'augmentation récente de 100 000 $ de son recteur, quand on me dira quel cabinet d'ingénieur, quelles compagnies de constructions ou quel autre intervenant a ramassé l'argent gaspillé par l'UQAM dans le fiasco de l'îlot Voyageur, j'accepterai de discuter de l'argument du manque d'argent des universités québécoises. Avant ça, qu'elles apprennent à mieux gérer l'argent public dont elles disposent.
Le gouvernement nous demande de comparer les frais de scolarité avec d'autres provinces canadiennes où ils sont plus élevés. Il omet par contre de mentionner que dans ces provinces, les universités ne sont pas mieux financées pour autant. En Ontario, pour prendre une province aux frais de scolarité élevés, une université reçoit moins, en moyenne, par étudiant, qu'une université au Québec. Et le déficit des universités au Québec n'est pas un phénomène local; les universités de Colombie Britannique, d'Alberta ou d'Ontario sont dans des cas similaires malgré leur frais de scolarité plus élevés.

Le Gouvernement du Québec manque d'argent.
J'ai déjà soulevé cette question sur ce blogue. Le Québec n'est certes pas riche, mais le Québec n'est pas pauvre non plus. Le Québec pourrait revoir une bonne partie de sa fiscalité pour engranger plus de revenus. Un exemple évident est celui de la rémunération sous forme d'option d'achats d'actions, un "abri fiscal" massif réservé aux favorisés de la société qui ont le loisir de toucher leur salaire sous cette forme afin d'éviter la charge fiscale qui leur revient. Évidemment, la manière la plus facile d'augmenter les revenus du Québec serait d'exiger des redevances plus importantes sur nos ressources naturelles, et en exiger sur le minerai extrait et non sur le profit réalisé (qu'il est si facile de réduire grâce à des charges de gestion inter-sociétés bien comptabilisées). Ce gouvernement, qui manque d'argent pour financier l'éducation au Québec, ne manque pourtant pas d'argent pour subventionner à la hauteur de 200 millions la construction d'un aréna à Québec, aréna qui sera opéré par l'entreprise privée qui n'y aura pas mis un sou. Vous comprenez le principe, ce qui précède illustre seulement qu'il s'agit d'un choix du gouvernement d'augmenter les frais, et non d'une nécessité.
Il semble aussi que dans ses calculs, le gouvernement Charest ne mentionne jamais que cette hausse n'est pas un revenu net pour les universités et la province. On parle d'ajuster le régime de prêts et bourse pour compenser la hausse, ce qui sera donc coûteux à la fois pour les étudiants (endettement supplémentaire en prêts) et pour le Québec (en versement de bourses et en paiement des intérêts sur les prêts pendant les études). Aussi, le Québec donne un crédit d'impôts pour les frais de scolarité, ce crédit augmentera d'autant que les frais, ce qui sera aussi coûteux pour la province. L'impact net de la mesure est donc plus faible qu'il ne parait, surtout considérant ses coûts économiques et sociaux.

Que chacun fasse sa part.
Un exemple de choix social ici: Pourquoi les minières qui réaliseront des milliards de dollars de profit en exploitant nos ressources naturelles ne payent pas leur juste part des routes que le Québec s'apprête à construire et dont l'usage est exclusivement pour leur bénéfice?
En ajoutant une strate d'impôts à la structure actuelle, on fera payer leur part à ces universitaires qui feront des revenus très élevés, sans nuire à l'accès universel actuel.
On oublie également de mentionner que les frais de scolarité au Québec ne sont plus gelés depuis longtemps. En réalité, ils ont déjà augmenté de 200% depuis 1989 (et ce sans compter la hausse actuelle imposée par le gouvernement).
En 2007, le gouvernement fédéral a transféré plus de 700 millions $ supplémentaires au Québec. Le gouvernement Charest a accordé des baisses d'impôts aux plus riches de la province avec ces transferts. La hausse actuelle est censée rapporter 325 millions. Encore une fois, un choix a été fait par le gouvernement de qui devait alors "recevoir sa part".

Les études universitaires sont un investissement, alors endettons les étudiants pour financer cet investissement.
L'argument que j'appelle "Universitaire Inc". La pensée économique de droite qui est devenue la norme. L'éducation est un produit financier que l'on doit rentabiliser. Cette rhétorique est devenue habituelle à partir du moment où la valeur numéro un des gens est devenue l'argent. Pour ma part, je pense toujours que l'université devrait encore être un lieu de formation et d'ouverture d'esprit. L'argument de l'investissement étudiant pousse donc ceux-ci à choisir des programmes payants, sinon, ça ne donne rien d'investir dans une formation universitaire. En suivant ce raisonnement, on ne formera plus que des professionnels de la santé, des gens d'affaires et des ingénieurs. Exit les philosophes, les psychologues, les sociologues, les historiens, les physiciens, les mathématiciens, et exit les enseignants, puisque ce n'est pas non plus une profession très payante au Québec. Et les médecins, les ingénieurs, les dentistes, et les comptables que le Québec aura ainsi formé n'auront pas étudié par passion pour ce domaine, mais bien parce que c'était un bon investissement, que c'était payant. Est-ce cela que l'on souhaite au Québec?

La comparaison avec les autres provinces canadiennes.
On se compare toujours aux autres qui font bien pire, comme ça, on accepte mieux notre sort. Pourquoi alors ne pas se comparer aussi à ceux qui font mieux? Aux nombreux pays du globe où l'université est gratuite, par exemple, et se demander comment ils font, où ils trouvent l'argent, pourquoi le font-ils, est-ce que ça réussi? Pourquoi viser la médiocrité des pires au lieu de viser l'excellence des meilleurs? Et si on est pour comparer seulement avec les pires provinces canadiennes ou les états américains, alors pourquoi ne dit-on pas que dans ces endroits, l'accès n'est pas universel, que la qualité de l'enseignement n'est pas meilleure que dans les pays où les frais sont bas ou inexistants (au contraire), et que les étudiants de ces universités sont beaucoup plus endettés qu'au Québec? Au moins, nous saurions à quoi nous attendre en faisant ce choix de société. Enfin, si on veut vraiment se comparer, on devrait aussi mentionner que les provinces canadiennes qui ont emprunté le chemin des frais de scolarité élevés changent justement leur attitude à ce niveau; la Nouvelle-Écosse et l'Ontario baissent maintenant ces frais pour réduire les impacts négatifs des hausses passées.

Un mot sur l'individualisme des étudiants "socialement (ir)responsables".
Je ne m'attarderai pas sur ce groupe d'étudiant pro-hausse, dont les arguments tournent soit autour de la répétition bête des arguments du gouvernement (donc voir ci-haut pour mes réflexions), soit autour de leur nombril ("j'ai droit d'aller à mes cours") allant donc jusqu'au non respect du vote démocratique des étudiants ayant voté pour la grève. Je vous renvoi à l'intervention de leur porte-parole à l'émission Tout le monde en parle; cette intervention était amplement révélatrice de leur point de vue individualiste et non social.

Conclusion: C'est donc un choix de société qui est devant nous.
C'est un choix, nous devrions donc en débattre.
Voilà pourquoi j'appui le mouvement étudiant. Ils forceront éventuellement le débat. Si ce n'est pas un débat immédiat, ils forceront peut-être le gouvernement à reculer, et cette question deviendra un enjeu lors de la prochaine campagne électorale, le débat se fera donc à ce moment, ainsi que le choix de société.
Le choix social en question, il est simple, c'est celui de décider à la naissance de qui peut ou non accéder à de l'éducation universitaire. Point.
L'impact immédiat d'une hausse des frais de scolarité sera peut-être une légère baisse de fréquentation, mais les université compenseront en acceptant d'autres étudiants. Les 7000 étudiants touchés par la hausse, qui n'accéderont pas à l'université, ils seront donc remplacés par de moins bons candidats, mais qui seront issus de familles plus riches. Quel médecin est-ce que je veux, quel ingénieur, quel économiste, quel psychologue, quel professeur, quel journaliste?
Le meilleur candidat ou le fils du plus riche?
Car c'est ça qui est proposé ici, comme orientation de société: Transformer graduellement l'accès à l'éducation en privilège plutôt qu'en droit.
Voilà pourquoi je suis contre cette hausse des frais de scolarité.
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(1) Pour se justifier, le gouvernement Charest s'assoit sur une "majorité" et son élection démocratique; il représenterait donc l'opinion de la majorité. Évidemment, cette rhétorique est totalement fausse, puisque d'une part, le Parti Libéral au pouvoir a obtenu lors des dernières élections 42 % du vote exprimé, et d'autre part, jamais pendant sa campagne électorale le Parti n'avait fait mention de son projet de hausse des frais de scolarité.
(2) Ce billet aborde la question de la hausse des frais de scolarité. Il n'aborde pas l'aspect de la "grève étudiante". Les étudiants ont bien peu de moyens pour se faire entendre, et qu'ils choisissent de mettre en jeu leur session pour ce faire devrait être salué comme courageux plutôt que décrié. Toutefois, on peut très bien comprendre que certains soient contre la hausse sans désirer aller jusqu'à la "grève".
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Sources:
Institut de Recherche et d'informations socio-économiques, Politiques Sociales, La Presse, Le Devoir, Wikipedia (élections provinciales 2008).

dimanche 11 mars 2012

En Russie, au Sénégal, au Myanmar ou en Haïti?

Aujourd'hui, j'ai suivi une manifestation citoyenne. Les gens présents dénonçaient une fraude électorale ayant eu lieu lors des dernières élections.
Une marche de plusieurs kilomètres a été effectuée par quelques centaines de personnes réclamant une enquête policière sur cette fraude, dont l'ampleur et l'importance aurait influencé le résultat même de l'élection.
Pourtant, je ne suis pas en voyage en ce moment. La scène, que l'on imagine facilement se dérouler en Russie, au Sénégal, au Myanmar ou en Haïti, se déroule pourtant... au Canada.
La manifestation à laquelle j'ai pris part ce dimanche à Montréal touchait également plusieurs autres villes dans le ROC. À Montréal, francophones et anglophones, fédéralistes et souverainistes pouvaient être vus dans la marche de cet après-midi.
Quelques personnes ont pris la parole au lieu de rassemblement, le Square Victoria - rebaptisé Place du Peuple l'automne dernier -, rappelant que s'attaquer au droit de vote était essentiellement s'attaquer aux bases mêmes de la démocratie (*).
Puis des représentants et députés du Parti Vert, du NPD et du Parti Libéral sont venus appuyer les manifestants. La "Chorale du peuple" (née du mouvement Occupons Montréal) est venue chanter quelques chansons (dont "Votebusters" et une chanson à répondre "Stephen Harper a le pied militaire").
Les gens présents, armés de leur jambes et de quelques pancartes dénonçant la fraude électorale au Canada, ont ensuite marché à travers le centre-ville, accompagnés de policiers bloquant la rue, jusqu'aux bureaux de la GRC à Westmount pour y déposer leur requête d'une enquête officielle du corps de police, puisque qui dit fraude électorale, dit crime.
Le tout s'est déroulé pacifiquement, nous n'avons donc pas été poivré, ni frappé par les policiers présents. Spécifier ceci semble étrange, mais on dirait que l'autre option existe désormais au Québec, alors je mentionne la bonne tenu des deux corps policiers impliqués cet après-midi.
De toute manière, avoir à marcher pour dénoncer une fraude électorale au Canada, pour réclamer une enquête et des élections justes, ça aussi, c'est étrange, non?
Eh bien c'est là où nous en sommes rendus.
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(*) Si vous n'avez aucune idée de quoi je parle, consultez ce petit billet d'humeur/humour, et les liens qu'il propose.

vendredi 9 mars 2012

Jutras 2012: Quelques choix et quelques prédictions

Même si je ne ferai pas le vrai jeu des prédictions avec les Jutras comme je le fais avec les Oscars, je peux au moins me compromettre en ce qui a trait à mes choix personnels. Si je ne fais quelque deux ou trois prédictions, c'est que les Jutras sont assez difficiles à prévoir, compte tenu des changements de règles dans le temps (ce qui empêche l'analyse de tendances ou de statistiques fiables). Ils sont aussi votés par une "académie" beaucoup plus petite que celle des Oscars, dont je ne connais pas la composition, ce qui rend difficile d'imaginer des effets de masse (quelques vagues ont plus d'influences qu'aux Oscars). Enfin, ils ne font pas partie d'un circuit de prix annuels comme il en existe un aux États-Unis et qui permet souvent de voir se développer des tendances dans l'industrie. Quand à mes choix personnels, je les ferai ici comme aux Oscars, sur la base de nominations, puisque mes choix vraiment personnels comprennent parfois des films/artistes/artisans qui ne sont même pas en nomination.
Je me concentre donc sur huit catégories majeures, soit essentiellement les mêmes qu'aux Oscars (il n'y a qu'une catégorie de scénario aux Jutras).

Devant la caméra
Meilleur acteur: Gilbert Sicotte, dans Le Vendeur. Sicotte porte tout le film sur ses épaules (il n'y a que quelques courtes scènes où il n'apparaît pas), et compose un personnage attachant avec des dialogues minimalistes et des silences souvent évocateurs. C'est l'interprétation la plus difficile et la plus subtile de l'année. Fellag, dans Monsieur Lazhar, offre lui aussi une performance remarquable, mais il est entouré d'une histoire et d'une distribution de soutien que n'a pas Sicotte dans un film où il est l'histoire. Je me risquerais même à faire de ce choix une prédiction également.
Meilleure actrice: Céline Bonnier, dans Côteau Rouge. Une des catégories où j'ai vu le moins de nominées. Bonnier, donc, dans un rôle de composition (une sorte de nunuche décalée, obnubilée par l'argent de son mari, un riche promoteur sans scrupules). Son interprétation de cette excentrique qui feint une grossesse (sa mère est mère-porteuse de son futur bébé), sert à merveille un scénario original et déjanté et son personnage, bien qu'antipathique, n'est pas détestable pour autant.
Meilleure actrice de soutien: Sophie Nélisse, dans Monsieur Lazhar. Gênant à dire, mais je n'ai pas eu l'occasion de voir les prestations des autres nominées. La bande annonce du Sens de l'humour m'a suffit sans me donner le goût de voir le film, La peur de l'eau est sorti alors que je me concentrais sur les Oscars, et j'ai juste raté les deux autres pour le moment. Je me serais abstenu, mais la jeune Sophie était excellente dans le film de Philippe Falardeau, alors ça ne me gêne pas d'en faire mon choix.
Meilleur acteur de soutien: Émilien Nérondans Monsieur Lazhar. Je voulais m'abstenir de remettre un Jutra à qui que se soit d'autres que Paul Doucet, pour sa mémorable et grandiose interprétation dans Funkytown, mais le jury ne l'a même pas mis en nomination ("oubli" que la plupart des critiques cinéma ne comprennent pas plus que moi). Je donne donc le prix à un jeune, qui pour son âge, a composé un personnage difficile avec crédibilité et naturel.

Derrière la caméra
Meilleur réalisateur: Jean-Marc Vallée, Café de Flore. J'aurais normalement hésité très longuement entre Vallée, Daniel Robi (Funkytown), André Forcier (Côteau Rouge), Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar) et Sébastien Pilote (Le Vendeur), qui ont tous effectués à mes yeux un travail de réalisation exceptionnel cette année. Le jury a toutefois limité mes choix à deux, alors j'y vais avec Vallée, dont le film, dans son ensemble, est une réussite artistique plus évidente que Monsieur Lazhar, dont la réalisation est plus conventionnelle. Je choisis donc l'audace d'un montage nerveux et complexe, d'une musique-personnage, d'un entrelacement d'images et de scènes, qui font donc de Vallée le meilleur réalisateur des deux cette année.
Meilleur scénario: Philippe Falardeau, Monsieur Lazhar. Plus difficile qu'il ne semble d'adapter la pièce, dialogues fins et bien écrits, qui sonnent justes, traitement parfait de plusieurs sujets délicats, le scénario de Falardeau est définitivement le meilleur texte cinématographique de 2011 au Québec, et l'un des meilleurs scénarios de l'année, toutes provenances confondues. Sinon, mon second choix aurait définitivement été vers André Forcier, dont Côteau Rouge est un délice original et décalé, une rareté au cinéma Québécois, qui rappelle certains textes des frères Coen dont je suis un grand fan. Si je me risque à une prédiction ici; j'imagine mal comment le Jutra pourrait échapper à Falardeau dans les circonstances.

Films
Film s'étant le plus illustré hors-Québec: Incendies, de Denis Villeneuve. Nommé aux Oscars (États-Unis), aux BAFTA (Angleterre), aux Césars (France), gagnant de huit prix Génies (Canada - ben quoi, c'est "hors-Québec") et plusieurs festivals et prix de critiques étrangers. Difficile de faire mieux. Mon choix, donc, ainsi que ma prédiction. Monsieur Lazhar est sur la même voie, mais avec les décalages, même s'il a mis Sundance à son palmarès, il lui manque les BAFTA et les Césars pour prétendre avoir joué autant qu'Incendies dans la cour des grands. Évidemment, si le film de Falardeau avait remporté l'Oscar, la surprise aurait peut-être été d'assez bonne taille pour le faire devancer le film de Denis Villeneuve (en supposant que les votes ne soient pas tous complétés avant les Oscars).
Meilleur film: Monsieur Lazhar. Parmi les films en nomination, c'est définitivement le meilleur film que j'ai vu cette année. Mon choix est facilité par l'absence inexplicable de Café de Flore dans cette catégorie, mais je pense que j'aurais tout de même choisi Monsieur Lazhar pour ses très nombreuses qualités artistiques ainsi que le grand humanisme de son scénario et sa réalisation en finesse.
Ce choix est également une prédiction, puisque comme l'an dernier avec Incendies, les membres votant des Jutras n'auront d'autre choix s'ils ne veulent pas démolir la crédibilité des prix québécois. En effet, comment pourrait-on justifier que le film que l'on a choisis pour nous représenter aux Oscars, et qui s'y est retrouvé en nomination, ne soit pas le meilleur film de l'année au Québec? Si un film absolument exceptionnel était sorti en toute fin d'année, peut-être, mais ce n'est pas le cas cette année. En fait, parmi les films en nomination, seul Le Vendeur est de la même trempe, même si les autres films sont de très bonne qualité.
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Vos choix? Vos prédictions? Vos grands oubliés de la liste des nominations?

mercredi 7 mars 2012

Entretien post-retour avec Joanie

Joanie est une étudiante du Lac St-Jean qui a effectué un séjour de coopération internationale à Cuba. Joanie vient de revenir de son séjour et comme je l'avais interviewé avant son départ, j'ai voulu répéter l'expérience à son retour afin d'avoir ses commentaires à chaud sur son expérience.

Hugues Morin (HM): Comment s'est déroulée ton arrivée là-bas? As-tu vécu un choc culturel?

Joanie Ouellet (JO): Notre arrivée là-bas s'est fait très rapidement. Nous sommes arrivés dans la nuit, donc la seule chose qu'on sentait de différent était l'humidité, et aussi l'odeur. Par contre, comme j'ai déjà voyagé avant ce stage, je m'y attendais. De même pour le matin suivant où certaines personnes ont eu le choc de voir les habitations et la routines des Cubains. Je pourrais donc dire que je n'ai pas vraiment vécu de choc culturel.

HM: Tu es quelqu'un qui s'adapte bien au changement; la vie à Cuba est pourtant bien différente de celle du Québec. Quelles étaient vos conditions de vie là bas?

JO: En fait, oui j'ai vécu un choc culturel, mais moins apparent que certaines autres personnes, car je savais déjà un peu comment les gens là-bas vivaient. Mais oui, on fait toujours le saut de voir toutes ces habitations pauvres. On se demande toujours comment ces gens réussissent à vivre là dedans. Ce que j'ai trouvé drôle aussi, c'est de voir que presque tout se fait à l'ancienne comme le lavage par exemple. Pas un Cubain n'a de laveuse et de sécheuse; tout se lave à la main et tout sèche à l'extérieur sur des cordes à linge installées sur les toits des habitations. Ce qui m'a marqué aussi, c'est la fierté que ces gens ont. Ils ne veulent pas paraître pauvres. Nos jumeaux Cubains se sont forcés pour s'acheter du beau linge de marque. Au début nous nous disions qu'ils étaient tous des Cubains riches, mais deux puis trois soirées plus tard ils avaient toujours le même gilet sur le dos, on pouvait comprendre qu'ils n'étaient pas si riches qu'on le croyait.
Nos condidtions de vie la-bas étaient quand même bien. Nous avions une chambre pour trois étudiants. Bien sûr, filles et garçons séparés dans deux installations différentes. Dans chaque chambre nous avions un lit simple par personne avec des draps que nous avions apportés et une salle de bain comprenait une douche (quasi sans pression et seulement de l'eau glaciale), un lavabo (eau non potable) et une toilette (sans lunette, donc on ne s'assoit pas quand on fait nos besoins haha). Cette année nous étions chanceux comparé aux autres années, car ils dormaient dans des grand dortoirs et n'avaient qu'une ou deux toilettes pour tout le monde. Pour notre lavage, et bien on le faisait à la cubaine, c'est à dire dans des sceaux avec du savon à linge que nous avions apporté. On l'essorait et on l'étendait sur des cordes à linge qu'on s'était installé.
Côté nourriture, on peut dire que nous étions chanceux. Pour le déjeuner nous avions droit à deux semblant de toast (pain très raide: 30 minutes pour manger les deux tranches) sur lesquelles nous pouvions mettre du nutella que nous avions apporté, un oeuf (à la coque, brouillé ou au poêlon, dépendant des jours), des ananas et un chocolat chaud. Pour les dîners et les souper, nous avions toujours droit à de la viande, soit du boeuf, du porc, du poulet ou du poisson. (il n'était pas rare de trouver de la peau de cochon avec du poil dans notre porc!). Aussi, nous avions droit à une bonne portion de riz, blanc ou avec des frijoles, et à une soupe soit au frijoles ou une soupe jaune qu'on n'a jamais su le nom des légumes servis dedans. Ça c'est ce que nous avions à chaque fois. Pour les accompagnement ça changeait plus souvent. Par exemple, nous avons eu droit à des boñatos, des betteraves, des carottes, de la salade, des tomates, des frites, etc. Nos repas se terminaient toujours avec un dessert; de la crème glaçée au chocolat ou des ananas.

HM: Comment as-tu trouvé l’accueil de la communauté dans laquelle vous êtes allé?

JO: L'accueil?!? Un mot: MAGIQUE! La direction de l'école où nous dormions nous a fait un accueil très chaleureux, et ensuite, en soirée, les étudiants (adultes) de cette école nous ont fait une soirée de danse. Pour ce qui est de l'école de nos jumeaux Cubains ça a été encore plus magique. Tout le monde était rassemblé à l'extérieur. Danse, chant, poèmes... tout était au rendez-vous. Durant tout le voyage nous avons eu des accueils extraordinaires. Une fois nous étions 10 pour aller réparer des livres dans une école primaire et celle-ci nous a accueilli avec une fanfare!! Bref, les Cubains sont vraiment chaleureux et accueillant!!

HM: Quel genre de travail de coopération avez-vous effectué sur place, et auprès de qui?

JO: Là-bas, nous avions 5 tâches pour 8 jours que nous pouvions faire, car nous étions 5 brigades de 10 personnes. La première tâche était les boñatos. Une sorte de patate douce. Nous devions les ramasser en tas pour ensuite les mettre dans des sacs. Cela se faisait dans une copérative. Par contre, au milieu des 8 jours de tâches, les boñatos ont changé pour des patates, mais c'était les mêmes maniplations.
La deuxième tâche était aussi dans une copérative, mais cette fois nous devions désherber un champ d'ail. (Ma brigade n'a pas fait cette tâche, car le jour où nous étions censés y aller nous sommes allés aider dans un champ de bananes de l'école où nous dormions, c'était une école d'agriculture).
La troisième tâche était la réparation de livres dans les écoles. À chaque jour, c'était une école différente. Ma brigade, nous avons été chanceux, car nous sommes allés les deux fois dans une école primaire, ce qui faisait qu'on pouvait jouer avec les enfants durant les récréations!!
Quatrième tâche: le ménage de toutes nos chambres... Personnellement, j'ai trouvé cette tâche très inutile. Nous avions l'impression de déranger les dames qui le faisaient. Pas mal tout le monde qui était avec nous ne trouvait pas que nous aidions en faisant cette tâche.
Pour ce qui est de la cinquième tâche, c'était de travailler dans les champs de l'école où nous dormions. Ma brigade, nous avons fait du désherbage dans un champ de malanga et la deuxième fois, nous avons ramassé des grosses branches, des roches et des déchets dans un champ qui n'était pas entretenu, pour ensuite, dans le même avant-midi, ramasser des roches dans un champ.
Pour ce qui est de nos jumeaux Cubains, ils sont venus seulement pour le premier jour de tâches, sinon, ils venaient seulement quand la tâche de leur brigade était dans un champ.

HM: Vous étiez un groupe assez important, comment s’est passé la collaboration et le travail d’équipe?

JO: Avant de partir, on ne se parlait pas tous. Nous étions plus séparés en gang. Au début je croyais que nous serions jamais capable de travailler tous ensemble, mais à la grande surprise de tout le monde, tout le monde s'entraidait et s'encourageait. Dans les chambres, quelqu'un manquait de savon, tout le monde se proposait pour lui en prêter. Dans les champs, quelqu'un est fatigué, tout le monde l'encourage pour qu'il continue. À chaque problème, moral ou physique, tout le monde se soutenait.

HM: As-tu eu l'occasion de faire des visites? Si oui, lesquelles ont retenu ton attention?

JO: En deux semaines, nous avons fait plusieurs visites, si je réfléchis bien, nous en avions une par jour, soit à chaque après-midi, car nous faisions nos tâches les matins. Entre autres, nous avons visité des musées sur la révolution, une école d'art, une garderie, un foyer pour femmes enceintes, une maison de la culture, la plage et deux fois la capitale, La Havana. Nous sommes même allés dans un restaurant plus chic à La Havana où on nous a servi des pâtes napolitaines et de la pizza pour ensuite aller assister au coup de canon qui se faisait à 21h dans une genre de forteresse. Nous sommes aussi allés dans deux ferias.
Une fois à La Havana où c'était un peu plus pour les touristes, mais l'autre fois à Güira de Melena même, et c'était pour les paysans. Cette journée, qui était la dernière, nous étions libres pour visiter la cité avec nos jumeaux Cubains. Moi j'ai eu la chance d'aller visiter la maison de la grand-mère d'un jumeau. C'est là que j'ai eu un petit choc personnel, car je savais à quoi ressemblait l'extérieur des maisons, mais l'intérieur j'en avais aucune idée. C'était très sombre et sale. Par contre, cela ne leur empêche pas de nous accueillir à bras ouverts. J'ai rencontré sa grand-mère et sa tante qui était avec son bébé de 4 mois.

HM: Tu avais visité des parties du Honduras et de la Jamaïque auparavant; as-tu pu observer des éléments de comparaison avec tes précédents séjours en Amérique latine continentale?

JO: Côté comparaison c'est plus difficile, car pour mes voyages au Honduras et en Jamaïque j'étais plus dans des lieux touristiques et je n'avais pas le temps de créer des liens avec les gens. C'est donc compliqué de dire si les gens de Cuba sont plus ou moins accueillants. Par contre, je sais pas si j'ai raison, mais j'ai trouvé le Honduras et la Jamaïque plus riches que Cuba. Peut-être que c'est parce que dans ces deux pays j'étais plus dans des coins touristiques, on sait jamais. Tout ce que je sais, c'est que je n'avais jamais vu un pays aussi "slow motion" que la Jamaïque, haha. À Cuba, si nous avons un problème, ils s'empressaient de le régler. En Jamaïque, il n'y a jamais de problèmes, la vie est trop belle pour en avoir.

HM: As-tu appris des choses que tu ignorais sur Cuba et la culture cubaine grâce à tes rencontres?

JO: Avant de partir j'en avais déjà une bonne idée. Ce qui m'a le plus marqué, c'est que je croyais entendre parler de Che à tout moment, mais au contraire, José Marti est beaucoup plus populaire.

HM: Ce projet a-t-il répondu à tes attentes?

JO: Ce stage à répondu à beaucoup plus que mes attentes. J'ai amélioré mon espagnol de beaucoup, j'ai renforcé des liens avec mes ami(e)s, j'ai créé des liens avec des personnes avec qui je ne croyais jamais parler, etc. Je peux seulement dire du positif. J'ai cherché à me souvenir si j'ai vécu quelque chose de négatif et sérieusement je ne trouve aucun point!!

HM: Que retires-tu de ce projet concernant ton intérêt pour la coopération internationale?

JO: Haha, LA question. En fait, c'est en faisant ce stage que j'ai réalisé que plus tard, et dans un avenir proche, je ferai des voyages de ce genre. Toute ma vie. Plus jamais je ne vais aller dans un hôtel chic pour faire seulement de la plage et de la piscine. Je voyagerai pour vivre la culture de chaque pays que je visiterai. Vivre la culture et créer des liens! À mon retour j'ai dit à ma mère de chercher des études après mon secondaire qui me feraient étudier pour être capable de voyager comme ça toute ma vie. Mon rêve est de faire le tour du monde en vivant, à chaque voyage, dans une culture différente, pour avoir des sensations de toutes sortes. Tellement j'ai aimé mon expérience, je suis entrain de chercher pour un projet de ce genre à faire durant cet été, mais qui serait pour plus de 2 semaines. Justement, j'ai la semaine de relâche pour trouver le projet parfait!!

HM: Comment a été le retour? As-tu expérimenté un choc du retour?

JO: Mon retour à été très difficile et il l'est encore un peu aujourd'hui. C'est après avoir vu là où tous ces gens vivent et après avoir vu leur façon de voir les choses, on se rend compte qu'ici, au Québec, nous pensons seulement à notre personne. À Cuba, les gens ne jugent jamais et tout le monde s'entraide. Ici, il faut penser 5 fois avant de mettre un gilet pour aller à l'école, pour ensuite se faire juger par tout le monde. Et quand nous avons un problème, c'est démerde toi tout seul. Je m'ennuie vraiment de Cuba: marcher dans la rue et se faire dire "Hola" ou "Buen Día" par chaque personnes dont on croise le regard, même si elle est de l'autre côté de la rue et qu'elle est en pleine discussion. Ici je marche dans la rue, seule, je croise quelqu'un qui marche, seul aussi, et la seule chose qui se passe, c'est que cette personne chercher à éviter mon regard, et quand je la croise elle regarde le sol...

HM: Merci Joanie, je te souhaite un bon retour au pays, et d'autres départs bientôt.
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Entretien réalisé par échanges de courriels, mars 2012.
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Photos: Joanie Ouellet 2012.
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mardi 6 mars 2012

Le célèbre cousin de Vladimir

Il y a quelques semaines, je publiais un billet sur la dictature qui s'installe au Canada.
Quelques jours plus tard, on faisait la découverte du cousin de Vladimir, un gars de Joliette prénommé Pierre.
Quelques jours après ça, Vladimir faisait la manchette pour avoir "remporté" ses élections.
Il a certainement reçu les félicitations de son cousin Pierre, fier collaborateur des régimes à la démocratie élastique.
Depuis, tous parlent de ce Pierre, devenu une célébrité.
Tout ça vous étonne-t-il vraiment? Vraiment?
Si oui, j'envie votre naïveté.
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Et on traite la population de cynique.
Et on se demande pourquoi les gens ne vont plus voter.
Et on se demande pourquoi les jeunes ne sont pas politisés.
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Tiens, pour en rire (jaune), j'ai déniché une photo de Pierre Poutine...

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dimanche 4 mars 2012

En attendant The Avengers

Les studios Marvel annoncent à grand renfort de publicités la sortie prochaine du film The Avengers. La projection de la bande-annonce pendant le récent Super Bowl montre bien l'ampleur de la campagne et le attentes du studio.
Dire que Marvel rêve de ce film depuis des lustres seraient déjà minimiser la réalité.
Au cours des 10 dernières année, Marvel a co-produit à peu près 30 films à partir de son catalogue de comic books. Plusieurs de ces films s'avèrent de niveau moyen, comme Daredevil, Wolverine ou The Incredible Hulk. D'autres sont franchement mauvais, comme Elektra, Ghost Rider ou les deux Fantastic Four. Par contre, Marvel a engendré la trilogie Spider-Man de Sam Raimi et les films de la franchise X-Men, qui ont tous été relativement bien reçus et montrent de réelles qualités dans leur genre.
Avec la sortie de Iron Man en 2008, Marvel annonçait déjà son intention de présenter dans un avenir proche The Avengers*. Iron Man 2 a suivi, et récemment, Thor et Captain America sont venus compléter une série de prequels à The Avengers. En terme de projet de franchise cinéma, c'est définitivement ambitieux, et rares sont les studios à être arrivé à mener à terme un tel projet avec succès.
Le succès des films de super-héros était pourtant loin d'être assuré il y a dix ans. Car avant la sortie de Spider-Man en 2002, Marvel n'avait vu que 4 films adaptés de son univers au cinéma; soient deux Blade, le premier X-Men et Howard the Duck (près de vingt ans auparavant). Et avec les franchises Batman et Superman qui semblaient mortes au début des années 2000, il fallait de l'audace pour envisager la perspective de mener à bien un projet de film sur The Avengers, précédé d'une série de films à gros budget consacrés à chacun des personnages majeurs.
Si Spider-Man n'avait pas été un succès, il y a fort à parier que l'univers de Marvel au cinéma ne se serait pas développé de la sorte. Certainement pas à ce rythme soutenu, et probablement au détriment du grand projet de The Avengers. On n'insistera donc jamais assez sur l'importance de Spider-Man dans la réussite subséquente de Marvel. Et pourtant, comme j'en faisais état dans une chronique en 2002, Spider-Man a failli ne jamais voir le jour, malgré vingt ans d'annonces et des décennies d'effort de la part de son créateur, Stan Lee, pour voir se concrétiser ce rêve.
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The Avengers verra donc le jour en début d'été 2012, dix ans après Spider-Man.
Le film, librement adapté de la série de comic book du même nom, regroupe six super-héros, dont quatre se sont vus récemment mis en premier plan dans six films.
Les héros de The Avengers sont donc en grande partie déjà connus du public amateur du genre. Iron Man (dans deux films), Thor et Captain America ont tous été des succès publics et critiques pour la niche qu'ils occupent dans le cinéma de divertissement. Seuls les deux films consacrés à Hulk n'ont pas réussi à obtenir du succès. Banner est d'ailleurs le seul personnage de The Avengers a s'être vu interprété par deux acteurs différents auparavant dans le projet, et ce n'est ni l'un ni l'autre qui prendra le rôle de Bruce Banner dans The Avengers. Il représente donc la faiblesse de la franchise jusqu'à maintenant.
Le projet The Avengers était ambitieux, certes, mais il aura permis de développer une série de film d'une rare cohérence. Car l'ensemble ne constitue pas une banale panoplie hétéroclite de films regroupés ensemble sur le tard. La stratégie derrière The Avengers était visible dès la sortie de Iron Man en 2008, le premier film que Marvel finançait entièrement sans l'aide d'un autre studio.
Dans Iron Man, on voyait déjà l'agent Phil Coulson, de S.H.I.E.L.D., qu'on allait revoir dans Thor et Iron Man 2. On voit aussi,  dans une scène post-générique, une conversation entre Tony Stark et Nick Fury, annonçant clairement l'initiative The Avengers.
Dans Iron Man 2, on peut apercevoir un moniteur télé, qui diffuse les informations sur un cataclysme déclenché par Hulk dans The Incredible Hulk, on revoit également Nick Fury et on fait la connaissance de Natasha Romanov, Black Widow, une des super-héros de The Avengers.
Dans Thor, outre la présence de l'agent Coulson, on voit également Nick Fury faire son apparition. On mentionne également le nom de Tony Stark ainsi qu'un scientifique expert en rayons gamma que l'on a perdu de vue (Bruce Banner/Hulk). C'est également dans Thor que l'on peut apercevoir l'archer Clint Barton, Hawkeye, un des héros de The Avengers.
Enfin, dans Captain America, en plus de voir apparaître Nick Fury à la fin, un des importants protagonistes et partenaire de Steve Rogers dans les années 40 est nulle autre que Howard Stark, le père de Tony Stark et fondateur de Stark Industries dans Iron Man. On peut le voir faire une démonstration de son projet anti-gravité qui anticipe le système de propulsion développé par Tony Stark pour Iron Man. Aussi, le "cube cosmique" qui confère certains pouvoirs à Red Skull provient en fait d'une scène post-générique de Thor, et on mentionne dans Captain America qu'il appartient à Odin.
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La table est donc mise pour la sortie de The Avengers, le septième film du projet et le premier à regrouper les héros. Les attentes sont élevées. Toutefois, s'il n'est pas rare, dans le monde des comics, de mélanger les univers et les héros - ou de les faire s'affronter - la recette a très rarement été réussie au cinéma.
Le succès des prequels reposent souvent sur des éléments qui ne seront pas nécessairement présents dans The Avengers - je pense aux personnages féminins joués par Gwyneth Paltrow, Nathalie Portman et Hayley Hatwell, qui seront soit absentes ou remisées au second plan, par exemple. Les univers des prequels étaient également différents et on voit difficilement comment combiner le patriotisme des années '40 de Captain America au royaume d'Asgard de Thor. Par contre, les nombreux liens établis dès les prequels aident à unifier l'ensemble dans un univers cohérent, ce qui n'aurait pas été réellement possible autrement. Il y a également la question du "vilain" de service, qui doit appartenir à l'univers de ces personnages. L'affiche permet de comprendre que le film mettra en scène Loki, issu de Thor, mais je ne suis pas attardé à trop lire sur le scénario, question de conserver un peu de surprise pour le visionnement. On pourrait également craindre que trop de super-héros risquent de mal cohabiter dans un même film, mais la franchise X-Men a prouvé que c'était faisable. The Avengers profite par contre du fait qu'il n'a pas à faire un gros travail d'introduction de ses héros puisque celui-ci a déjà été fait dans les prequels. Pour ma part, la principale crainte vient de la réalisation. Les prequels - incluant les deux Hulk semi-ratés, étaient réalisés par des cinéastes ayant une certaine expérience. Le travail de Kenneth Brannagh sur Thor était d'ailleurs absolument remarquable. Et si Jon Farveau et Joe Johnston ne sont pas nécessairement les réalisateurs les plus renommés, ils avaient plus d'expérience que Joss Weddon, qui est en charge de The Avengers, et qui est essentiellement connu pour son travail à la télé. Il y a également le risque de fatigue qui atteint parfois les franchises. On l'a vu avec Spider-Man 3, qui était déjà moins stimulant et nouveau que le premier opus. The Avengers sera le troisième film mettant en scène Iron Man et Hulk. Heureusement, il y aura tout de même des nouveaux personnages à se mettre sous la dent et l'ensemble de la distribution est également prometteuse, avec le retour de Robert Downey Jr, pilier du groupe, et l'arrivée ou le retour de Jeremy Renner, Scarlett Johansson** et Samuel L. Jackson, dans des rôles de premier plan (Et c'est Mark Ruffalo s'attaque au rôle de Bruce Banner).
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Contrairement à mon habitude de cinéphile averti, je n'ai pas suivi de près le développement et l'évolution du projet The Avengers. J'avoue que je ne croyais pas nécessairement à l'aboutissement du projet tel qu'on le verra dans quelques mois. J'ai souvent imaginé que la franchise s'essoufflerait en cours de route, que des acteurs quitteraient le navire, que la qualité n'y serait plus - surtout après les ratés de Hulk -, mais le film qui est annoncé a le mérite d'avoir évité la plupart de ces problèmes. J'ai donc apprécié quatre des films de la franchise jusqu'à maintenant - Iron Man et Thor étant les deux plus solides. Et si je ne me promets pas de faire la file à la sortie du film, j'envisage définitivement d'aller le visionner dans ses premières semaines sur grand écran.
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* The Avengers a beau être l'aboutissement d'un projet de franchise ambitieux, Marvel ne s'arrêtera pas là, pusique le studio a annoncé les projets de Iron Man 3, Thor 2, Captain America 2 et The Avengers 2. Il y a également des rumeurs de film sur Nick Fury. Si tous ces projets se réalisent, on comptera alors douze films dans cette méga-franchise.
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** Vous aurez compris du visuel accompagnant ce billet que j'ai un personnage favori dans la série :-)
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samedi 3 mars 2012

Bratislav-Zonin

J'ai quelqu'un à vous présenter.
Bratislav-Zonin de Prekrasne, c'est le nom d'un nouveau coloc qui partage mon appartement depuis mon retour des Balkans.
Mais avant de vous le présenter officiellement, j'ai une devinette:
Qu'est-ce qui a des oreilles de lynx, des pattes de lapin et une queue de raton-laveur? (Photo ci-contre).
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Réponse: Un chat sibérien.
C'est que, voyez-vous, mon amie Suze a adopté un chat sibérien. Elle cherchait un nom qui lui rappelle à la fois ses origines d’Europe de l’est et notre voyage chez les slaves de l’été dernier, voyage au cours duquel elle a fait l’adoption du félin en question.
Bratislav, faisant écho à Bratislava, semblait donc idéal.
Quand à Zonin, c'était son nom de baptême chez l’éleveuse. Elle fonctionne par thématique, en était à la lettre Z, et sa thématique était le vignoble italien. Et par une amusante coïncidence, il se trouve que la famille Zonin qui possède un vignoble en Italie est d'origine... russe.
Bratislav-Zonin était donc le nom parfait cherché par Suze pour son chat sibérien.
Prekrasne, c'est le nom de la chatterie d'où il vient. C'est un mot slave qui signifie "magnifique" (rien pour réduire l'ego du chaton). Si vous suivez le lien, vous découvrirez que c'est une éleveuse d'Arizona. C'est que le sibérien est un chat relativement rare. Dans le cas qui nous occupe, l'éleveuse venait justement livrer une chatte à Montréal quelques jours avant notre retour de Prague, Zonin a donc fait le voyage en sa compagnie.
Les lecteurs de ce blogue connaissent mon amour des animaux, grands et petits, et savent que certains de mes meilleurs amis avaient quatre pattes. Ils savent aussi que je suis un grand amateur de chats quand vient le temps de faire de la photographie.
Pour ma part, comme je revenais de pays slaves également, j'avais encore la structure de ces langues en tête quand j'ai simplement imaginé un diminutif pour mon nouvel ami: B-Zo, ou Bozo, en Croate ou en Tchèque :-).
C'est donc avec plaisir que je vous présente en quelques photos, mon ami Bratislva-Zonin, dit Bozo, ou Z, pour les intimes.
Né en Arizona d'ancêtres Sibériens mais d'un père habitant la Norvège, Zonin, dont le nom Russe est aussi celui d'un vignoble Italien, porte aussi un nom évoquant la capitale de la Slovaquie. Comme il avait déjà pris l'avion avant que je ne le rencontre pour la première fois, je n'aurais pas pu tomber sur un ami félin aussi international et déjà adapté à mon mode de vie.


Comme c'est un félin, Bozo adore son confort et une couverture de polar semble l'idéal pour ses soirées et nuits d'hiver.


Un petit hommage à ses origines, avec quelques bouteilles qui seront toutefois réservées à ses colocs.


Photo prise alors qu'il était encore tout chaton. Le sibérien est un chat costaud, qui peut atteindre facilement plus de douze livres. Adulte, son poil est long et soyeux, et il se pavane avec une crinière large et dense.


Amateur de jeux et jouets divers, Z range ses balles dans une boite d'oeufs idéale pour l'occasion. (En fait, je dis "range" mais il a plus tendance à sortir les jouets de la boite d'oeufs qu'à les y ranger).


Un peu plus âgé, mais pas encore adulte (photo prise à presque 11 mois), on voit déjà ses couleurs se préciser et sa crinière prendre de l'ampleur.


Voilà, c'était donc mon nouvel ami sibérien. Dommage qu'il fasse si froid là-bas, ça pourrait être intéressant à aller visiter...
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