mardi 1 novembre 2022

Hébergé dans une grotte chez une top modèle italienne dans la capitale du chocolat

Nous avons atteint le point de notre voyage le plus éloigné de notre point de départ (Copenhague). À Modica, dans le sud-est de la Sicile, nous sommes à 3095 km de la capitale du Danemark, et ce point le plus éloigné tombe bien, puisque le visa touristique valide 90 jours que nous avons eu lors de notre entrée dans l'espace Schengen (zone commune touristique européenne) expirera dans quelques jours. Nous devrons donc sortir de "l'Europe" au sens de ce visa très bientôt.
Avant de planifier les prochains jours de visite, nous avons donc profité de Modica, seconde ville baroque de la Vallée de Noto (après Noto), à peu près entièrement reconstruite après le tremblement de terre de 1693.
Si Noto avait été déplacée à cette occasion, ce ne fut pas le cas de Modica, donc la ville n'a pas subi autant de changement en terme d'urbanisme que Noto qui avait été entièrement repensée. En plus, Modica est située dans une sorte de gorge, donc la ville s'articule à travers quelques quartiers de part et d'autre de cette gorge dont le "fond" contemporain est constitué de son artère principale et son centre historique commercial. En montant dans les quartiers, on a donc des vues absolument incroyables sur la petite ville, mais ça implique des rues étroites en zigzags et des escaliers à n'en plus finir.


L'église de San Pietro, qui occupe la place d'honneur dans le centre historique (Modica Bassa), avec l'escalier monumental entouré de sculptures des douze apôtres. Photo captée d'une arche faisant face à l'église et permettant de grimper par d'autres escaliers dans le quartier opposé (Collina dell'Itria Belvedere).


Sur le Corso Umberto I, la rue principale de Modica, on peut voir quelques édifices historiques, mais surtout le Castello dei Conti en haut de la colline de Modica Bassa, avec la tour d'horloge en avant plan.


Toujours sur le Corso Umberto I, quelques-uns des visages qui ornent le toit de l'auditorium P. Floridia, avec en arrière-plan, le rocher formant la Collina della Giacanta, de l'autre côté de la gorge de Modica.


L'église la plus jolie et la plus élégante est sans conteste San Giorgio, la cathédrale sise au nord-ouest de Modica Bassa, mais à flanc de colline plutôt que sur le Corso principal tout en bas. L'église, érigée entre 1702 et 1738, est accessible via des séries d'escaliers en doubles spirales qui offrent de magnifiques vues et dont les plantes sont encore en fleurs même en ce début novembre.


Le campanile de San Gorgio est ouvert aux visiteurs qui aiment grimper dans des petits escaliers en colimaçons étroits et se retrouver littéralement dans le clocher pour admirer la vue. Dans une ville comme Modica, comprise dans une vallée avec des collines de chaque côté, c'est particulièrement intéressant. Sur cette photo, captée du clocher de San Giorgio, on peut voir une partie des immeubles longeant le Corso Umberto I en contrebas, puis en face, des résidences de Collina dell'Itria Belvedere.


Collina dell'Itria Belvedere vue par les portes de l'église San Giorgio.


La Collina dell'Itria Belvedere offre également de son côté des vues imprenables sur Modica Bassa, mais également sur Modica Alta, le quartier en hauteur complètement au nord-ouest de la ville sur sa propre colline (à l'extrême gauche sur la photo). Sur ce cliché, on peut apercevoir, au centre, la cathédrale San Giorgio et une partie des escaliers en spirales (camouflés en partie par les fleurs).
 

Parlant de fleurs de novembre, en voici un bel exemple: quartier résidentiel de Modica capté à travers une floraison abondante.


Comme plusieurs secteurs de Modica sont à flanc de colline de part et d'autre de la gorge qui traverse la ville, quelques résidences sont assez originales et incorporent des pans de roches de la montagne dans leur architecture. On en voit un exemple ici.


Autre exemple: la cuisine d'un petit studio sis dans une grotte de Modica, un hébergement assez inusité, mais amusant et plutôt confortable - très bien "rénové" en gardant le plus d'éléments originaux possibles. Par exemple, la veine creusée que l'on voit traverser le haut de la photo en diagonale était l'entrée d'eau originale de l'endroit. L'eau descendait par cette veine vers une citerne-puit sise sous le plancher et à laquelle on accédait par un trou/puit encore visible aujourd'hui par une fenêtre de plancher. La corde et le seau qui servaient à y puiser l'eau sont encore dans le studio.

Ces derniers détails, vous l'aurez compris, sont en relation directe avec le titre de ce billet - lui aussi un peu inusité, il faut bien s'amuser - car ce studio, où nous sommes hébergés, est celui de Caterina, une top modèle italienne sympathique (qui travaille à Milan, Paris, Los Angeles, etc. pour toutes les marques renommées; on l'a vue dans les magazines Elle, Vogue, Vanity Fair, etc.).

Et le chocolat dans tout ça? Modica est la capitale italienne du chocolat pour une raison assez amusante et elle aussi inusité: la fabrication du chocolat de Modica diffère complètement de la méthode habituelle impliquant beurre de cacao et cuisson. Ici, le cacao est moulu à froid et sans ajout autre que du sucre et parfois, une saveur (comme du zeste d'orange, par exemple). Cette méthode aurait été implantée ici par les espagnols (le Royaume de Sicile ayant fait partie des conquêtes espagnoles), qui eux-mêmes, l'auraient importés de l'Amérique centrale (certaines sources parlent d'origine Aztèque, d'autre d'origine Maya). Le résultat est très intéressant: un chocolat un peu granuleux (sans cuisson, le sucre ne fond pas), mais au goût prononcé de cacao, et on y prend goût assez vite, je dirais. :-)
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